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Numéro 91 - 31 mai
2013
Justice pour les travailleurs
accidentés
Journée annuelle des travailleurs
accidentés
devant le parlement ontarien
Justice
pour
les
travailleurs
accidentés
• Journée annuelle des travailleurs
accidentés devant le parlement ontarien
• Opposons-nous à la multiplication des
attaques contre les travailleurs accidentés - Jim
Nugent
• Les infirmières s'opposent à
devenir les dommages collatéraux de l'austérité
• Les travailleurs accidentés de
l'Alberta lancent une pétition
Opposition à
l'offensive antisociale en Ontario
• Entente conclue pour imposer
l'austérité
• La reddition de comptes est à l'ordre
du jour - Enver Villamizar
Justice pour les travailleurs
accidentés
Journée annuelle des travailleurs
accidentés
devant le parlement ontarien
Le
Marxiste-Léniniste appelle tous les
travailleurs à appuyer la journée d'action que les
travailleurs accidentés de l'Ontario tiennent chaque
annnée devant l'édifice du parlement provincial à
Queen's Park. Cela fait maintenant 30 ans que les travailleurs
accidentés et leurs supporters se rassemblement le 1er juin
à Queen`s Park pour
réclamer justice. Appuyons les travailleurs accidentés
dans leur lutte contre les employeurs, la Commission de la
sécurité professionnelle et de l'assurance contre les
accidents du travail, et le gouvernement libéral qui a recours
aux fraudes de toutes sortes pour violer les droits des travailleurs
accidentés et les faire sombrer dans la pauvreté.
La lutte des travailleurs accidentés pour une
juste compensation, des soins médicaux et des services de
réadaptation est celle de tous les travailleurs de l'Ontario et
de toute la classe ouvrière canadienne. Pour les travailleurs,
le principe à l'effet qu'aucun travailleur ne devrait être
réduit à la pauvreté à cause d'un accident
de travail a été établi il
y a maintenant plus de 100 ans. Aujourd'hui, en vertu du mot d'ordre
néolibéral de « garantir la
compétitivité des industries » les employeurs
et leurs représentants politiques tentent de renverser ce
principe qui selon les travailleurs est à la base même de
la relation employeur/travailleur à une époque moderne.
Employeurs et gouvernements tentent de retourner
à la sombre époque où les travailleurs
blessés étaient jetés à la rue et devaient
subvenir à leurs propres besoins et où les familles des
travailleurs tués au travail étaient sans recours. La
classe ouvrière ne peut pas tolérer et ne tolérera
pas une telle rétrogression. Les travailleurs s'opposent de
façon catégorique au fait que des employeurs puissent
manquer à leur responsabilité de rendre leurs endroits de
travail sécuritaires et d'assurer une pleine compensation aux
travailleurs blessés au travail. Aux yeux des travailleurs et de
la vaste majorité du peuple, tout gouvernement ou parti
politique qui ne presse pas les employeurs d'assumer leurs
responsabilités ne sont rien de moins qu'illégitimes.

Opposons-nous à la multiplication des attaques
contre les travailleurs accidentés
- Jim Nugent -
Des centaines de
travailleurs ont manifesté devant les bureaux du ministre du
Travail de l'Ontario à Toronto le 14 décembre pour exiger
que justice soit faite pour les travailleurs blessés au travail.
Au moment où les travailleurs et leurs
alliés se rassemblent à Queen's Park cette année
pour la Journée des travailleurs accidentés, les
systèmes de compensation des travailleurs en Ontario et ailleurs
au pays sont dans la mire de l'offensive globale des riches pour
abaisser les conditions de vie des travailleurs. Partout où les
régimes de
négociations collectives sont démantelés par le
gouvernement et que les mesures antiouvrières et antisyndicales
se succèdent à toute vitesse, on observe aussi le
démantèlement des systèmes de compensation des
travailleurs et les droits à la compensation et à la
réadaptation des travailleurs accidentés sont
bafoués.
Le programme antiouvrier des conservateurs de Hudak
contient un appel explicite aux compagnies d'assurances les invitant
à participer au « marché » des
compensations des travailleurs. Au cours de la présente session
de l'Assemblée législative un projet de loi d'initiative
parlementaire a été déposé en ce sens et il
vise aussi à
éliminer un grand nombre de travailleurs prestataires du
régime d'assurance des accidentés du travail. Les
libéraux vont exactement dans le même sens en transformant
à petit bruit le programme social des travailleurs
accidentés présentement financé par les employeurs
en un régime d'assurances au service les intérêts
privés étroits des
employeurs.
Au mois de janvier
2013, le gouvernement
libéral a créé une loi par directive
ministérielle pour couper des milliards $ du régime
de compensation après plusieurs années de
réduction des contributions des employeurs et de manoeuvres de
la part de la Commission des accidentés du travail pour
supprimer les réclamations et couper
dans les prestations. Ceci est fait au nom d'une fraude de
comptabilité gouvernementale selon laquelle la Commission aurait
un déficit actuariel de 14 milliards $. La
présidente de la Commission, Elizabeth Witmer, s'est
récemment vantée lors d'une conférence des
monopoles de la construction à l'effet que cette fraude de
déficit
actuariel avait déjà servi à siphonner 500
millions $ à même les prestations destinées
aux travailleurs accidentés au cours des deux dernières
années. Elle a promis aux employeurs que la Commission
imposerait d'autres « restrictions de
prestations » pour être conforme à la loi des
libéraux exigeant l'élimination du prétendu
déficit
actuariel de la Commission.
Au moment où les droits des travailleurs
accidentés sont violés, les médias et les
représentants politiques de l'élite dominante font des
pieds et des mains pour que les travailleurs accidentés et leurs
réclamations pour une juste compensation soient
marginalisés politiquement. L'illusion est créée
à l'effet que les conditions modernes de production
comprennent en principe des mesures de sécurité pour
protéger les travailleurs et donc que cette question n'affecte
qu'un nombre infime de personnes et devrait être
abandonnée. Les accidents de travail, cependant, sont en fait un
phénomène qui se produit sur une vaste échelle.
Ils sont une préoccupation pour tous les travailleurs et
demeurent une
préoccupation centrale pour tout le mouvement ouvrier.
Il y a 250 000 nouvelles réclamations de la
Commission des accidentés du travail qui sont faites à
chaque année, ce qui veut dire que chaque travailleur en Ontario
court un risque à 100 % de faire une demande à la
Commission au cours de chaque période de vingt ans de sa vie de
travailleur. Les statistiques de la Commission révèlent
que sur une base quotidienne en Ontario, 1 000 travailleurs sont
blessés au travail, dont plus de 200 accidents impliquant des
pertes de journées de travail. Un travailleur en moyenne
décède chaque jour en Ontario suite à des
blessures traumatiques. Ces chiffres ne tiennent pas compte des
milliers de demandes que la Commission et les
employeurs s'emploient en commun à nier et rejeter.
Le risque de se blesser ou de se tuer à l'ouvrage
existe encore aujourd'hui pour un très grand nombre de
travailleurs et la violation de leur droit à une juste
compensation, à des soins médicaux et à la
réadaptation est également chose courante. La lutte pour
des conditions de travail sécuritaires et salubres et pour la
défense des droits des
travailleurs accidentés demeure aujourd'hui une bataille
centrale dans la lutte entre le capital et le travail et elle est un
élément essentiel du programme de la classe
ouvrière de résistance à l'offensive antisociale
des riches et de lutte pour une nouvelle direction pour la
société sur la base de la défense des droits de
tous.

Les infirmières s'opposent à devenir les
dommages collatéraux de l'austérité
Le 1er juin, Journée des travailleurs
accidentés, l'attention se porte sur les accidents du travail
qui sont une préoccupation majeure de tous les travailleurs et
pour lesquels il faut tout faire pour protéger la santé
et la sécurité des travailleurs. Un rapport récent
publié par l'Association des infirmières et infirmiers de
l'Ontario (AIIO) montre
comment la santé physique et mentale des infirmières et
d'autres travailleurs aux premières lignes des soins de
santé est sacrifiée en raison des compressions dans le
système de soins de santé. Le rapport se
réfère à ce qu'il appelle un cycle des sacrifices
qui incluent le manque de personnel, le surmenage, le stress,
l'épuisement professionnel et les
blessures chez les infirmières des hôpitaux ainsi que
celles des secteurs de soins communautaires et des soins de
santé de longue durée. Le rapport est une contribution
importante à la Journée des travailleurs
accidentés qui souligne quelques-unes des causes des accidents
du travail et des problèmes sociaux qui doivent être
résolus. Afin d'apporter
des solutions, l'AIIO lance l'appel au gouvernement de l'Ontario
d'investir dans l'embauche de 15 000 nouvelles infirmières
et de consulter l'AIIO, d'autres organisations d'infirmières
ainsi que les experts sur le terrain.

Plaque à la
mémoire des infirmières qui ont perdu la vie
en soignant des personnes contaminées du SRAS.
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Le rapport intitulé Le cycle du
sacrifice : la santé des infirmières et le
système de santé de l'Ontario, met en lumière
que la santé des infirmières est sacrifiée pour le
système de soins de santé et que cela représente
de sérieuses contradictions pour la sécurité des
travailleurs dans les hôpitaux. Utilisant les dernières
statistiques
et des études de cas, le rapport souligne que « la
santé des infirmières autorisées (IA) de
première ligne est sacrifiée au sein du système de
santé de l'Ontario, bien que les infirmières de
première ligne soient les professionnels de la santé
auxquels on fait le plus constamment appel pour fournir des soins
spécialisés dans tous les domaines du
système de santé, les hôpitaux, les
établissements de soins à long durée et les
services de santé communautaire ». Le rapport se
réfère à l'épidémie du SRAS il y a
près de dix ans lorsque les infirmières ont
été sacrifiées, deux ont même perdu la vie,
tandis que les gouvernements à différents niveaux ont
affirmé que l'épidémie était sous
contrôle afin de protéger l'économie locale et
provinciale. Le rapport révèle que les leçons
tirées de cette période n'ont pas été
prises au sérieux. Comme le souligne le rapport :
« Cet acte de sacrifier les infirmières pour des
intérêts plus importants est perçu comme un exemple
flagrant d'une pratique régulière mais
sous-estimée en
Ontario. Plus que toute autre profession de la santé, en tant
que société, nous comptons sur les soins constants des
infirmières pour maintenir la santé de l'ensemble de la
société et pourtant la santé des
infirmières est dans un état grave et des cures
systémiques ne sont pas à l'ordre du jour. »
Le rapport indique que les compressions dans les soins
de santé et le cycle de sacrifice qui en résulte sont un
problème chronique qui remonte à plusieurs années
et que le gouvernement actuel continue d'essayer de rejeter le fardeau
des soins de santé sur les infirmières. Il
souligne : « Comme le ministère de la
Santé et de soins de
longue durée de l'Ontario (MSSLD) tente d'augmenter les
programmes de prévention et de promotion de la santé sans
allouer de fonds pour le nouveau travail, ... l'essentiel des
coûts est supporté par les infirmières de la
santé publique sous la forme d'augmentation de la charge de
travail et des heures supplémentaires non
rémunérées. Compte tenu
de cette réalité, entre 1997 et 2008, les heures
supplémentaires non rémunérées pour les
infirmières dans tous les secteurs de l'Ontario, ont
doublé, passant de 7142 jours à
14 284 jours au cours de cette période de 10 ans
seulement ». Le résultat est que les
infirmières sont confrontées à des
problèmes de santé
physique et mentale. Selon le rapport, « Les
infirmières sont les travailleurs les plus blessés en
Ontario. » En réponse à cette situation,
l'AIIO exige un plan à moyen terme pour créer et combler
15 500 nouveaux postes d'infirmières dans différents
secteurs du système de santé. Ce plan doit être mis
en ouvre, en consultation avec
l'AIIO et d'autres organisations en soins infirmiers qui sont les
experts sur le terrain.
Dans son plus récent budget, le gouvernement
libéral a déclaré quatre années
d'austérité. Cela signifie que les infirmières et
les autres travailleurs de la santé vont continuer à
assumer le fardeau de la détérioration des soins de
santé par des heures de travail plus longues et des charges de
travail plus lourdes. C'est une préoccupation pour les
autres travailleurs de l'Ontario qui sont confrontés aux
mêmes conditions. Ces préoccupations seront
présentées le 1er juin pour exiger une solution juste aux
problèmes entourant les accidents du travail. Le rapport de
l'AIIO dans sa version originale en anglais, peut être
consulté en
cliquant
ici.

Les travailleurs accidentés de l'Alberta
lancent une pétition
L'Association canadienne des travailleurs
accidentés de l'Alberta (CIWAA) a lancé une campagne de
pétition pour exiger une enquête judiciaire sur le
régime d'indemnisation des travailleurs. La pétition
propose de nombreux changements au régime afin de faire
respecter les droits des travailleurs blessés.
La campagne de pétition a
été officiellement inaugurée lors d'une
réunion publique de levée de fonds tenue le 16 mai. Lors
de la réunion, des orateurs ont parlé et le film «
Leur seul pouvoir est moral », une histoire de la lutte des
travailleurs accidentés de l'Ontario pour la justice, a
été projeté.
La CIWAA explique dans le texte qui accompagne la
pétition que « la Commission des accidents du travail de
l'Alberta (CAT) a la responsabilité de protéger la
santé et le bien-être des travailleurs accidentés
et de faire respecter leurs droits. Ces droits comprennent le maintien
de niveau de vie que les travailleurs avaient avant leur
lésion, une formation adaptée pour ceux qui ne peuvent
plus travailler à leur ancien métier, l'obligation pour
les employeurs de réintégrer les travailleurs
accidentés et une couverture complète pour tous les
besoins de santé de ces travailleurs.
« Ces droits sont quotidiennement bafoués.
La CAT évalue son succès par la rapidité avec
laquelle elle peut déclarer un travailleur blessé apte
à retourner au travail et ainsi mettre fin aux
indemnités, et non par le bien-être du travailleur
blessé. »
Pétition
À l'Assemblée législative de
l'Alberta
Nous, soussignés, résidants de l'Alberta,
pétitionnons l'Assemblée législative pour exhorter
le gouvernement de l'Alberta de protéger les droits des
travailleurs accidentés en modifiant la Loi sur
l'indemnisation des travailleurs afin d'atteindre les objectifs
suivants:
1. Veiller à ce que toutes les décisions
prises en ce qui concerne les travailleurs accidentés
soient fondées sur des preuves médicales provenant de
médecins traitants ou de professionnels de la santé et
non pas sur l'avis d'administrateurs ou de médecins
rémunérés par la CAT.
2. Rouvrir toutes les demandes rejetées des
travailleurs blessés lorsque la décision a
été fondée sur la différence d'opinion de
médecins rémunérés par la CAT et d'un jury
médical de la CAT, qui contredisent l'observation et les
résultats cliniques, les examens directs permanents et les
preuves médicales à l'appui du médecin traitant
et/ou des professionnels de la santé.
3. Fournir au CAT un mandat clair que les
décisions doivent être fondées sur des preuves
médicales de médecins traitants et/ou de praticiens
cliniques. Rétablir l'objectivité médicale en
remplaçant le commissaire du Collège médical et
les comités d'expertise médicale par des médecins
légistes véritablement indépendants choisis sur
une liste établie par un organisme professionnel des
médecins possédant les qualifications appropriées,
telles que la Canadian Medical Evaluators Society.
4. Garantir le droit des requérants à se
faire entendre, y compris: le droit de contre-interroger les
médecins et le personnel sous serment, le droit de
présenter des preuves, le droit à des audiences
personnelles équitables devant une commission d'appel, ouvertes
aux médias et au public à la demande du requérant,
le droit d'accès à tous les documents du dossier d'un
requérant, suite à une demande, sans protection
accordée aux déclarations faites ou fournies par
quiconque, y compris les médecins.
5. Éliminer tous les programmes d'incitation qui
donnent des primes ou toute autre forme de paiements, que ce soit aux
gestionnaires des dossiers, aux autres employés de la CAT ou aux
fournisseurs de soins de santé, en ce qui a trait aux
décisions sur l'opportunité ou non pour un travailleur
d'être apte à retourner au travail ou si sa
réclamation doit être acceptée ou refusée.
6. Interdire la pratique de la «
présomption » qu'un travailleur est apte à
travailler ou capable de gagner un revenu à un niveau
particulier, même si le travailleur n'est pas en mesure d'obtenir
ou d'effectuer un tel travail et/ou le travail n'existe pas.
7. Accroître les prestations dans le cas d'une
invalidité permanente et d'un décès ( pour
compenser pour des pertes autres qu’économiques) afin de
refléter l'impact réel de l'invalidité sur la vie
d'un travailleur.
8. À la section 38 (4) de la Loi sur la CAT, qui
stipule que « Si un examen médical est effectué en
vertu du paragraphe (3), la Commission peut verser une indemnité
au travailleur malgré le fait que le droit du travailleur
à telle indemnité n'a pas encore été
déterminée. », changer « peut » par
« doit », afin de s'assurer que l'aide médicale ne
soit pas retardée.
9. Fournir aux travailleurs agricoles une couverture de
la CAT.
10. Mener une enquête judiciaire sur le traitement
des travailleurs par la CAT. Cela garantirait qu'aucune personne
impliquée dans la conduite de l'enquête a des affiliations
passées ou de l'expérience de travail auprès de la
CAT.

Opposition à l'offensive
antisociale en Ontario
Entente conclue pour imposer l'austérité
Le 21 mai, le NPD a annoncé qu'il votera en
faveur du budget du gouvernement libéral de Kathleen Wynne en
échange des concessions. Or, entre
autres mesures le budget impose quatre années
d'austérité aux Ontariens alors que rien n'est fait pour
résoudre les problèmes de l'économie. Au lieu de
cela,
la situation du peuple ne fait qu'empirer avec toutes les mesures
prises pour garantir les paiements aux prêteurs qui
détiennent la dette et le déficit de l'Ontario.
Pendant ce temps, la création du poste de vérificateur du
budget, une des concessions demandées par le NPD, permettra de
détourner l'attention des scandales
de corruption qui ont frappé le gouvernement libéral de
Dalton McGuinty. Cela laisse entendre que le gouvernement Wynne ne sera
pas corrompu, ce qui est
en fait un voeu pieux.
S'exprimant lors d'une conférence de presse, la
chef du NPD, Andrea Horwath, a déclaré :
« Nous sommes prêts à appuyer ce budget dans le
cadre d'un processus qui garantit que le projet de loi pour la
création du bureau de l'imputabilité financière
soit adopté en tant que législation dès le
début de
l'automne. Nous allons adopter ce budget sur la base des engagements
que le gouvernement a faits et nous demeurons vigilants pour nous
assurer qu'il tienne
ses promesses. » On rapporte que le poste de directeur de
l'imputabilité financière sera calqué sur celui du
directeur parlementaire du budget fédéral.
Le 8 mai, Horwath a été la
première à soulever à l'assemblée
législative la question d'un directeur de l'imputabilité
financière dans le cadre des
scandales à propos des centrales électriques au gaz, des
services ambulanciers aériens de l'Ontario (Ornge) et
E-santé ainsi que la nécessité de ce qu'elle
appelle
« une approche équilibrée pour
équilibrer le budget ». Elle a dit :
« Les gens se font dire qu'ils doivent faire des sacrifices
durant les
moments difficiles, qu'il n'y a pas assez d'argent pour tout le monde
alors que nous essayons d'équilibrer les livres. Ils voient des
centaines de millions de dollars
gaspillés pour Ornge, E-santé et les centrales au gaz,
alors que leur gouvernement prétend qu'il doit faire des
compressions dans les hôpitaux afin d'investir dans
les soins à domicile. Est-ce que le ministre est prêt
à admettre que c'est un problème et à prendre des
mesures concrètes pour y faire face ? »
Le 17 mai, le gouvernement libéral a
publié une déclaration de la première ministre sur
son acceptation de la proposition du NPD : « Le
gouvernement améliorerait l'imputabilité et la
transparence des finances de l'Ontario en donnant suite à
l'entrée en fonction d'une personne responsable de
l'imputabilité financière. Ce nouveau responsable serait
indépendant du gouvernement. Le gouvernement présentera
un projet de loi à l'automne 2013 pour
créer cette fonction et en définir le mandat. Le
responsable aurait pour tâche de fournir de l'analyse et des
conseils aux députés de l'Assemblée
législative de
l'Ontario et des comités législatifs sur les finances de
l'Ontario et les coûts des initiatives proposées sur une
base prospective », a indiqué le
communiqué.
Dans leur déclaration contre l'entente entre les
libéraux et le NPD, les conservateurs ont saisi l'occasion pour
appeler à une intensification des attaques contre
les travailleurs de l'Ontario et l'adoption de lois
anti-ouvrières. « Nous avons perdu des semaines
à regarder deux partis qui ont coupé-collé un
budget
qui augmente les dépenses, empile encore plus les dettes et nous
coûte des emplois - tout cela pour protéger leurs propres
emplois à la charge de tout le
monde », a déclaré M. Hudak, chef du Parti
conservateur de l'Ontario. « Je reste
déterminé à mettre sur pied un gouvernement que
nous pouvons
nous payer, qui protège les choses que nous chérissons le
plus. Nous allons nous battre pour moins de dépenses, un gel des
salaires des employés de la fonction
publique, moins d'impôts, de l'énergie abordable, des lois
modernes du travail et moins de réglementation »,
a-t-il ajouté.

La reddition de comptes est à l'ordre du jour
- Enver Villamizar -
L'entente conclue entre les
libéraux et le NPD
pour l'adoption du budget repose sur une nouveauté, un Directeur
de responsabilité comptable pour l'Ontario,
dont le rôle serait de tenir le gouvernement redevable. La
reddition de comptes est à l'ordre du jour. Les Ontariens
travaillent déjà d'arrache-pied pour forcer
le gouvernement à rendre des comptes pour ses violations des
droits des travailleurs, en particulier pour son projet de loi
115 visant à imposer des contrats
de travail aux enseignants et aux travailleurs de l'éducation.
Qui plus est, les révélations à l'effet que les
centaines de millions qu'on s'appropriera au détriment
des Ontariens pour payer les intérêts privés des
monopoles de l'énergie comme compensation pour l'annulation des
usines à gaz soulève l'ire du peuple, d'autant
plus que les travailleurs se font dire qu'ils doivent accepter
l'austérité pour permettre aux bailleurs de fonds
d'être payés. Ainsi la question de rendre des comptes
est au centre des préoccupations du peuple en Ontario, comme au
Canada et dans le monde. Comment avoir des gouvernements qui rendent
des comptes à la
volonté populaire et qui oeuvrent à transformer la
volonté publique en volonté légale est en effet
à l'ordre du jour. La création des moyens d'exercer un
contrôle
sur le gouvernement au nom du peuple contribuerait à maintenir
le gouvernement sur la bonne voie. C'est ce que la classe
ouvrière a réussi à faire lorsqu'elle
a défait les libéraux dans Kitchener-Waterloo. Elle a
tenu le gouvernement responsable pour ses attaques contre les droits et
lui a passé un message qu'il n'a
pu ignorer.
Le fait que les libéraux aient proposé un
Directeur de responsabilité comptable qui est une copie conforme
du Directeur parlementaire du budget au fédéral,
doit-on le dire, n'inspire aucunement confiance. Malgré
l'existence de cette fonction au fédéral, le gouvernement
Harper continue d'être le gouvernement le plus
secret, le plus trompeur et le moins enclin à rendre des comptes
dans toute l'histoire du Canada. Ce directeur du budget ne peut
même pas obtenir l'information
dont il a besoin pour accomplir la tâche qu'on lui a
confiée. L'agent responsable des budgets, Kevin Page, a dû
traîner le gouvernement devant les tribunaux
pour obtenir les informations voulues. Dans un tel contexte, comment le
gouvernement a-t-il été tenu de rendre quelques comptes
que ce soit au peuple ?
Aucunement. Au contraire, ce qui en est ressorti est que les
institutions du gouvernement sont impuissantes à exercer un
quelconque contrôle sur l'exécutif qui
lui-même s'accorde des pouvoirs arbitraires de plus en plus
étendus.
Ce n'est pas tout. Le gouvernement lui-même n'est
que le produit d'une décision des délégués
du Parti libéral lors du congrès libéral suite
à la démission
de McGuinty. Il n'est pas l'expression légitime de la
volonté populaire. Cette état de fait soulève une
question importante : envers qui et selon quelles
normes le gouvernement serait-il tenu de rendre des comptes ?
Le peuple ne joue aucun rôle dans la
sélection ni dans l'élection de ce gouvernement, ni
a-t-il joué un rôle dans la formulation du programme que
le
gouvernement lui impose présentement pour payer les riches.
L'ordre du jour que le gouvernement impose sert les
intérêts privés, lesquels veulent s'approprier
tout le produit social possible afin de maintenir leurs profits
élevés face à l'incertitude mondiale affectant les
marchés financiers. Au peuple, par contre, on
répète
qu'il n'y a pas d'alternative. En ce sens, si l'agence de
responsabilité comptable ne fait que veiller à ce que le
gouvernement mette en oeuvre ce à quoi il s'était
engagé, alors le gouvernement ne sera tenu responsable que
devant les intérêts privés, ceux-là
mêmes qui imposent leur programme à toute la
société. Seulement
de démontrer à quel point le gouvernement réussit
à mettre en oeuvre son faux programme d'austérité
ne mènera nulle part. Cela ne fait que répandre la
confusion et inciter le peuple à se mobiliser pour exiger
l'application d'un programme qui est contre ses intérêts.
Un prérequis fondamental pour la reddition de
comptes est que le peuple participe d'abord à la
sélection et à l'élection du gouvernement sur la
base d'un
programme que lui-même a fixé. Tenir le gouvernement
responsable deviendrait désormais une question de veiller
à ce que les représentants gouvernementaux
mettent en pratique le programme fixé d'un commun accord. Les
intérêts partisans des élus seraient de
défendre les intérêts du peuple en paroles et dans
les faits.
En bâtissant les organisations nécessaires pour choisir et
pour élire des politiciens ouvriers, le peuple pourrait plus
facilement tenir ces politiciens responsables
envers un programme qui le sert puisqu'ils seraient issus de ses
propres rangs. L'expérience qu'il en retirerait lui permettrait
d'éventuellement élire ses propres
représentants et, ce faisant, établir une conception
moderne de ce qu'est la reddition de comptes. Cela peut se faire !

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