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Numéro 89 - 29
mai
2013
De gigantesques projets pour
payer
les riches en Colombie-Britannique
La réalité des
redevances
sur le gaz naturel
De
gigantesques projets pour payer les riches en
Colombie-Britannique
• La réalité
des redevances sur
le gaz naturel
• Le projet d'exportation
de gaz naturel
liquifié de Clark
• Non à l'expansion
de l'oléoduc
Kinder Morgan!
Pillage
à
Madagascar par Rio Tinto et la Banque mondiale
• Les activistes de
l'association Fagnomba
mènent une lutte militante à la
défense de la
population de la région
De gigantesques projets pour payer
les
riches en Colombie-Britannique
La réalité des redevances sur le
gaz
naturel
Les
gens de
Colombie-Britannique n'ont qu'à jeter un
coup d'oeil sur ce qui
se passe en Alberta pour se faire une bonne
idée de ce que
cachent les grandes phrases de Christy Clark sur
les redevances sur le
gaz naturel. En Alberta, le gouvernement Redford a
imposé son
programme d'austérité en utilisant
le prétexte de
la baisse des redevances.
Un facteur qui a fait baisser les revenus en
redevances en Alberta a
justement été le plafonnement des
prix de gros du gaz
naturel. Le gouvernement de l'Alberta a revu le
régime de
redevances sur le gaz naturel pour donner un
congé de redevances
aux nouveaux puits comme elle l'a fait sur les
redevances des sables
bitumineux.
Le prix du pétrole n'a pas connu le
même
déclin que le prix du gaz naturel.
Même si le prix du
pétrole est un peu en dessous des prix
records de 2008 et
de 2011, il est plus élevé que le
prix moyen des dix
dernières années. Le déclin
rapide des redevances
en Alberta est lié à la chute des
prix du gaz naturel.
Avant le boom de la
production du gaz de schiste par fracturation, les
redevances sur le
gaz naturel en Alberta s'élevaient à
8,4 milliards $ en 2005-2006 et
5,9 milliards $ en 2006-2007. En
2011-2012, les redevances
sur le gaz naturel n'ont été que de
1.3 milliard $, une chute de plus de
7 milliards $.
La baisse drastique des redevances reflète
la baisse du prix du
gaz naturel, d'un haut point de 14 $ par
millier de pieds cubes
à environ
3,50 $.
Les barons du pétrole de Calgary ne
cachent pas
leur appui à Christy Clark et ont fourni
des fonds aux
libéraux de Colombie-Britannique pour les
faire
réélire. Un vice-président de
Canadian Resources
Ltd. était l'un des organisateurs d'une
soirée de
levée de fonds tenue par les
libéraux de
Colombie-Britannique en janvier à Calgary.
Le discours frauduleux de la première
ministre de
l'Alberta Alison Redford au sujet de la
« bulle du
bitume » pourrait bien être une
façon de
masquer la bulle du gaz de schiste qui est
déjà en train
d'éclater. Les gens de Colombie-Britannique
devraient se
demander quelles intrigues ont été
manigancées
pour faire en sorte que les
médias ne soulèvent pas la question
de la chute des
redevances sur le gaz naturel en Alberta. Le
gouvernement albertain a
été silencieux sur le sujet
préférant
soulever la fraude de la soi-disant bulle du
bitume pour promouvoir les
pipelines et l'austérité
plutôt qu'un plan
d'ensemble pour fournir une nouvelle direction
à
l'économie albertaine.
Tout semble démontrer l'existence d'une
entente
au sein de l'élite économique et
politique à
l'effet que cela nuirait aux libéraux de
Colombie-Britannique si
on parlait de ce qui se passe avec les redevances
sur le gaz naturel ou
si on examinait l'affirmation à l'effet que
de jeter de grandes
quantités de gaz naturel sur les
marchés mondiaux va
faire augmenter les prix et les redevances.
Si Christy Clark va de l'avant avec les pipelines
de gaz
naturel et les usines et terminaux d'exportation
de gaz naturel
liquéfié, c'est plus que probable
que les redevances sur
le gaz naturel vont être bien
inférieures aux
prédictions qui sont faites. La province va
quand même se
retrouver avec un fardeau de dette accru
occasionné par
l'infrastructure de pipelines et de gaz
liquéfié et
d'autres projets pour payer les monopoles de
l'énergie.
Qu'est-ce que le gouvernement
néolibéral va dire quand
cela va arriver ? Il va dire la même
chose que tous les
autres et sortir la massue de
l'austérité pour le peuple.
Cela va certainement être le cas parce qu'on
ne cesse de nous
répéter
qu'il faut repayer la dette aux financiers
mondiaux qui nous a mis dans
ce pétrin sinon les riches vont être
mécontents et
ruiner l'économie comme ils l'ont fait en
Grèce, à
Chypre, au Portugal, en Espagne et ailleurs. Il
faut discuter d'une
alternative pour ne pas se faire prendre dans une
autre fraude
libérale.

Le projet d'exportation de gaz naturel
liquifié
de Clark
Une
des principales
« solutions » mises de
l'avant par le
gouvernement Christy Clark pour répondre
aux problèmes
économiques et sociaux auxquels les gens de
Colombie-Britannique
font face est une immense manoeuvre de gaz naturel
liquifié
(GNL) destinée à payer les riches.
Le gouvernement
libéral propose d'ouvrir les fonds
publics et de simplifier les règlements
afin de satisfaire les
monopoles privés de l'énergie
cherchant à
exploiter les ressources de gaz de schiste de la
Colombie-Britannique.
Ils veulent exporter le GNL vers les
marchés étrangers,
en particulier en Asie, se servant
d'oléoducs dans le nord et de
navires-citerne, transportant le GNL tout le long
de la
côte à partir de Kitimat.
La première ministre se vantait ces
derniers mois
que des gigantesques retombées de 100
milliards $ des GNL
étaient à portée de la main
pour hausser les
revenus provinciaux. Cette chimère n'est
rien d'autre qu'une
tentative cynique de manipuler l'opinion publique
pour donner en cadeau
les ressources et les fonds publics aux monopoles
mondiaux de l'énergie. Le corps politique a
le devoir et la
responsabilité sociale d'enquêter au
moyen d'actes de
découvertes conscients pour faire toute la
lumière sur
cette manoeuvre libérale ainsi que sur
d'autres du genre.
L'énorme projet des GNL a récemment
fait
l'objet d'une publication du ministère de
l'Énergie et
des Mines de la Colombie-Britannique, Le Gaz naturel
liquifié : une stratégie pour
une industrie
naissante de la Colombie-Britannique. En
guise d'introduction, le
ministre de l'Énergie de la
Colombie-Britannique, Rich Coleman,
affirme : « Au cours des prochains
vingt ans la demande
mondiale pour le gaz naturel devrait croître
de façon
phénoménale, alimentée par
une croissance
économique accélérée
en Asie. Avec le
développement du GNL, une forme
expédiable de gaz
naturel, la Colombie-Britannique serait bien
placée pour saisir
une part de ce marché
lucratif. » On lit aussi dans la
publication du
ministère que la source de ce gaz naturel
serait les ressources
de gaz de schiste de la Colombie-Britannique, qui
sont
développées depuis 2005 sur la
base de technologies
pétrolières telles le forage
horizontal et la
méthode de fracturation hydraulique qui est
très
controversée.
Le 11 décembre 2012, Coleman a
tenté
de donner un nouveau coup de pouce au projet de
GNL en demandant au
ministre fédéral des Finances James
Flaherty d'inclure
dans le budget fédéral de
2013 une modification
fiscale permettant de reclassifier les usines de
GNL dans la
catégorie des usines
manufacturières, faisant en sorte
que ces usines bénéficieraient d'un
allégement
fiscal de l'ordre de 2 milliards $. Cet
allégement
s'ajouterait à une déduction pour
amortissement
non-manufacturière du fédéral
dont
bénéficient déjà les
usines de GNL,
lesquelles convertissent le gaz naturel en forme
liquide pour des
besoins d'entreposage et de transport.
Les usines de GNL enlèvent les
impuretés
et transforment le gaz naturel en liquide afin
d'en faciliter le
transport. Si on leur accordait la
déduction pour amortissement
manufacturière
accéléré, les monopoles de
l'énergie visés pourraient se
rembourser 90 % de
leur investissement en sept ans plutôt qu'en
27 ans,
réduisant ainsi la
réclamation des gouvernements de
75 à 100
millions $ sur chaque milliard de dollars
investis pour un total
de 1,5 à 2 milliards $ sur
sept ans. Le budget
fédéral du 21 mars
2013 n'a pas tenu compte de
la demande de Coleman.
Le barrage du site C et les installations
hydroélectriques
Un aspect de cette manoeuvre gigantesque de GNL
pour
payer les riches est la promotion par Clark du
barrage du site C de
Hydro-Colombie-Britannique et d'installations
hydroélectriques
sur la rivière Peace sous prétexte
que ces derniers sont
nécessaires pour
approvisionner le projet de GNL en
électricité. Les
usines de GNL demandent d'énormes montants
d'énergie pour
rabaisser de beaucoup les températures des
gaz et pouvoir les
liquéfier.
Les commentaires de Clark ont été
faits
lors d'une entrevue à Global Television en
mars où elle
déclarait que l'énergie disponible
à
l'année longue dans la province n'est pas
suffisante pour
suffire au besoin des installations de GNL
proposées. Pour elle,
la solution toute indiquée est le site C,
une proposition qui a
été rejetée deux fois et qui
inonderait une section de 100 km de la
vallée Peace dans le
nord-est de la Colombie-Britannique.
L'électricité du
site C, si on se fie à la tradition, serait
offerte aux
monopoles du gaz à des prix rabais par
rapport aux coûts
de production, ce qui veut dire que le
trésor public paie les
frais d'une partie de la valeur
transférée
(l'électricité) dans la
production de GNL sans pour autant être le
propriétiaire
de ce GNL ni le contrôler ni
récupérer la valeur
transférée lorsque le GNL sera
vendu.
Les grandes entreprises utilisatrices, comme le
veut la
tradition, déboursent pour
l'hydroélectricité la
moitié de ce que paient les clients
résidentiels et les
petites entreprises. À moins que le projet
de Clark n'envisage
d'exiger que l'industrie de GNL paie les
coûts de production pour
cette nouvelle électricité, ce qui
est peu probable,
c'est clair
que c'est le peuple de la Colombie-Britannique qui
va payer.
Hydro-Colombie-Britannique sera responsable
d'investir le premier 10
milliards $ dans le site C, mais n'en
bénéficiera pas
pleinement lorsque l'électricité
sera vendue aux usines
de GNL. Le manque à gagner sera
comblé par les factures
d'hydro à la hausse pour les
résidences et
les entreprises, par des taxes individuelles plus
élevées, etc. Et c'est sans parler
de l'opposition au
site C de la part des Premières Nations qui
se feront prendre
leurs terres et nier leurs droits, de la perte de
terres agricoles par
les agriculteurs locaux, etc.
Cette proposition de Clark pour permettre aux
monopoles
de GNL d'être payés tandis que le
peuple de
Colombie-Britannique finance l'infrastructure sous
forme de barrage,
tout cela pour que les monopoles privés
puissent exploiter le
gaz de schiste de la province, démontre
encore une fois que la
question centrale pour le peuple c'est
« Qui
décide ? ». En aucun temps
les
gens de la Colombie-Britannique n'ont-ils
été
consultés sur la direction que doit prendre
l'économie.
Plutôt, des manoeuvres gigantesques pour
payer les riches sont
mises de l'avant dans l'intérêt des
intérêts
privés des monopoles, assorties de
balivernes sur le revenu qui
supposément sera
généré pour le peuple de la
province, sans
approche scientifique de la question ni mesures
pour empêcher que
des torts irréparables à
l'environnement social et
naturel ne soient commis.
Si on prend l'Alberta comme exemple, le montant
de
revenu provenant des ressources et servant
éventuellement les
intérêts du peuple est
négligeable. Ces projets
contrôlés par les monopoles mondiaux
de l'énergie
ne contribuent aucunement au développement
d'une économie
durable et viable puisque ce n'est tout simplement
pas leur but. Ils
visent avant tout à servir les
intérêts
étrangers, les monopoles privés qui
réclament
leurs profits sous formes de dividendes pour la
construction et la
performance des projets et ceux qui
réclament leurs profits en
intérêt sur le financement des
projets, puisque,
règle générale, ceux-ci se
traduisent en dette
gouvernementale. Les monopoles de l'énergie
accroissent ainsi leur emprise sur les ressources
naturelles du Canada
et leur utilisation, ce qui mène à
une plus grande
emprise sur les affaires économiques,
politiques et sociales des
Canadiens.

Non à l'expansion de l'oléoduc
Kinder
Morgan!
Les
monopoles du
pétrole, les grandes banques avec
lesquelles ils sont
fusionnés, les groupes de
spécialistes à la solde
des riches ainsi que les gouvernements Harper,
Clark et Redford, ont
mené une vaste campagne de relations
publiques pour tenter de
convaincre le peuple de la Colombie-Britannique et
de l'Alberta de
l'importance de
l'exportation du bitume des sables bitumineux pour
la
prospérité. Il semblerait, selon les
riches, que le plus
grand obstacle que doit surmonter le Canada est la
pénurie
d'oléoducs permettant d'exporter le bitume
et qu'il
relève des gouvernements d'agir en commis
vendeurs pour les
monopoles d'oléoducs tels que Kinder
Morgan, Enbridge et Trans
Canada.
Christy Clark et les libéraux de la
Colombie-Britannique prétendent qu'ils sont
ceux sur qui on peut
compter pour « gérer
l'économie »
et que toute opposition à l'oléoduc
Kinder Morgan serait
nuisible à l'économie. Le dirigeant
du NPD, Adrian Dix, a
récemment annoncé que le NPD
« n'appuie pas la
transformation
radicale des ports du district régional du
Grand Vancouver en
importantes installations d'exportation
pétrolière ». Dix a fait
valoir que
« la nouvelle proposition de Kinder
Morgan augmenterait de
façon importante la navigation de
pétroliers à
proximité du parc Stanley ».
Les intérêts privés de Kinder
Morgan
et des compagnies pétrolières en
grande partie
étrangères qui dominent les sables
bitumineux ne
concordent pas avec l'intérêt public.
Les faits
démontrent que la construction
d'oléoducs pour exporter
le bitume ne résout aucun problème
de l'économie.
Les oléoducs permettent bien sûr aux
monopoles
pétroliers, en grande partie
étrangères, qui
dominent le secteur des sables bitumineux, de
s'enrichir sans
contribuer à l'édification d'une
économie diverse,
vibrante et autosuffisante sur la base d'une
industrie
manufacturière et de services publics
stables. La
capacité de raffinage elle-même s'en
trouve menacée.
En quoi l'oléoduc Kinder Morgan
est
mauvais
pour l'économie de la Colombie-Britannique
L'oléoduc Kinder Morgan part d'Edmonton et
s'étend jusqu'au terminal portuaire
Westbridge à Burnaby.
Il existe depuis 1953 en tant que
l'oléoduc Trans-Mountain.
Kinder Morgan s'est emparé de
l'oléoduc en 2005 et
s'en sert de plus en plus pour transporter du
bitume dilué en
provenance des sables bitumineux. Ce
que Kinder Morgan propose est de jumeler la ligne
actuelle pour faire
passer la capacité de 300 000 à 750
000 barils par jour.
L'exploitation des oléoducs requiert
seulement
35 emplois permanents. Aussi, la feuille de
route de Kinder Morgan
indique qu'un déversement de pétrole
peut être
envisagé, lequel mettrait de nombreuses
autres industries en
péril. Le Syndicat canadien des
communications, de
l'énergie et du papier (SCCEP)
soulève à son tour
une autre
préoccupation du fait qu'une expansion des
oléoducs
rendrait la Colombie-Britannique encore plus
dépendante envers
l'essence et les raffinés importés.
Vancouver a
déjà eu quatre raffineries. Il ne
reste plus que la
raffinerie Chevron, qui produit environ
55 000 barils d'essence,
de combustible pour moteur à
réaction, de diésel
et d'autres
produits et qui compte 400 emplois. La raffinerie
Chevron est
approvisionnée par l'oléoduc
Trans-Mountain.
Depuis que Kinder Morgan a fait l'achat de
l'oléoduc, il a augmenté la
quantité de
pétrole expédié par
pétroliers aux
États-Unis et en Asie de 22 à
plus de 60
pétroliers par an. Le SCEP indique que la
raffinerie Chevron
devra sans doute réduire sa production du
fait qu'elle ne peut
se procurer le pétrole nécessaire au
maintien du taux de
production actuel suite à ces exportations
accrues. Selon les
données de Kinder Morgan, en 2010 seulement
25 % du
pétrole expédié par le biais
du système
Trans-Mountain a été raffiné
pour les besoins de
la vallée du Bas-Fraser. 4 % du
pétrole est
resté à Kamloops, 44 % a
été
expédié vers l'État de
Washington par voie
d'oléoduc et 27 % a été
expédié
par pétrolier aux États-Unis et en
Asie.
Avec son expansion, Kinder Morgan compte
accroître
ses exportations maritimes à près de
80 % de la
capacité totale de ses oléoducs.
Près de la
totalité de ces exportations viendraient du
bitume dilué
provenant des sables bitumineux de l'Alberta.
L'exportation de bitume
prive le Canada d'emplois à valeur
ajoutée dans les
domaines de
l'amélioration, du raffinage et des
industries
pétrochimiques connexes, menace le
raffinage actuel et augmente
la dépendance du Canada d'un bout à
l'autre du pays aux
produits pétroliers dispendieux et
importés.
Navigation pétrolière dans le
port de
Vancouver
Si
l'expansion de
l'oléoduc Kinder Morgan était
approuvée, le nombre
de postes d'accostage du terminal de Burnaby
passerait de un à
trois pour accommoder 400 pétroliers
à chaque
année alors que le nombre actuel est de 60.
Les
pétroliers Aframax associés aux
oléoducs sont d'une longueur d'environ
245 mètres et
ont une capacité de 879 000 barils.
Présentement,
leur cargaison n'est pas à pleine
capacité dû aux
contraintes du tirant d'eau. Kinder Morgan compte
naviguer à
draguer sous le pont Ironworkers Memorial,
permettant aux
pétroliers Suezmax encore plus grands
d'avoir accès au
terminal. Les pétroliers Suezmax sont longs
de
275 mètres et ont une capacité
de
1 759 200 barils.
Les déversements de bitume ne
requièrent
pas les mêmes interventions que les
déversements de
pétrole conventionnel, surtout si le bitume
s'introduit dans la
colonne d'eau et dans le sol. Au cours des
audiences sur
l'oléoduc du Northern Gateway, il devenait
clair qu'Enbridge
n'avait pas soumis de plans de nettoyage pour les
déversements
de
bitume, mais seulement pour les
déversements de pétrole.
Il est peu probable que Kinder Morgan agira
différemment
lorsqu'il soumettra sa demande. Les efforts
déployés par
les chercheurs principaux dans le domaine pour
poursuivre leurs
recherches pour pallier à ces
déversements ont
été obstrués par le
gouvernement Harper.
Les gouvernements Harper et Clark ont fait
obstacle au
peuple, y compris les Premières Nations,
pour empêcher
toute discussion rationnelle de ces questions qui
préoccupent
grandement le peuple, et surtout toute discussion
sur quelle direction
doit prendre l'économie. Les
considérations des
intérêts des monopoles privés
tels Kinder Morgan et
Enbridge sont des plus étroites et
intéressées. La
destruction environnementale et les
conséquences sur la
santé du peuple ne sont, pour eux, qu'un
dommage
collatéral. Ces monopoles et ceux qui en
sont les
propriétaires et qui les contrôlent
ne tiennent pas compte
des effets d'un tel développement sur
l'économie dans son
ensemble et de la
nécessité d'une industrie
manufacturière et de
l'investissement dans un service public vibrant et
stable ainsi que
dans les programmes sociaux. Leur
préoccupation s'arrête
au rendement sur leur propre capital et aux
rapports trimestriels de
leurs compagnies. Ces monopoles tels Kinder Morgan
et Enbridge ne
peuvent pas être laissés à
eux-mêmes
pour décider. Ils doivent être soumis
aux restrictions
gouvernementales. La feuille de route du
gouvernement libéral de
Clark et de Campbell en termes de servir les
intérêts
privés des monopoles et non les
intérêts du peuple
parle d'elle-même. Tous ceux qui s'opposent
à l'expansion
de l'oléoduc Kinder Morgan doivent
travailler fort afin de
s'assurer
que les libéraux ne retournent pas au
pouvoir le 14 mai. Ce
serait d'un bon point de départ pour
assurer une nouvelle
direction pour l'économie.
À titre d'information : Kinder
Morgan
Kinder Morgan est un monopole étasunien de
l'énergie mis sur pied en 1997 par
deux anciens cadres
dirigeants d'Enron, Richard Kinder et William
Morgan, alors qu'ils ont
acheté des oléoducs et d'autres
actifs d'Enron. Depuis
16 ans, Kinder Morgan a
accumulé d'énormes actifs,
prétendant ainsi
être la troisième compagnie
énergétique en
importance en Amérique du Nord. Il
prétend détenir
en propriété privée 80 000
milles
d'oléoducs, 180 terminaux et deux champs de
pétrole au
Texas. Il opère par le biais de quatre
compagnies pour une
valeur de marché boursière
combinée de
115 milliards $. Kinder Morgan a fait
l'acquisition du
système d'oléoduc Trans-Mountain en
2005.
Kinder Morgan a aussi accumulé un nombre
important de déversements depuis
16 ans, dont quatre le
long du Trans-Mountain depuis 2005. La feuille de
route de Kinder
Morgan en est une de pollution, d'infractions et
de dissimulation.
Kinder Morgan s'est vu imposer des amendes par le
gouvernement des
États-Unis pour avoir volé du
charbon de stocks destinés aux
consommateurs, pour avoir menti
aux organismes de contrôle de la pollution
de l'air, avoir
introduit de façon illégale des
déchets toxiques
dans l'essence et avoir versé
illégalement des produits
chimiques afin d'éviter les frais
d'enfouissement. Il a aussi
été reconnu coupable de nombreuses
infractions au code du
travail, par exemple de n'avoir pas
respecté le temps
supplémentaire et d'avoir enfreint de
façon
répétée aux règlements
de
sécurité au travail.
Le PDG William Kinder était un des
principaux
financiers des deux campagnes électorales
de George W. Bush et
donateur aux candidats et aux comités
républicains.

Pillage à Madagascar par
Rio Tinto
et la Banque mondiale
Les activistes de l'association Fagnomba
mènent
une lutte militante à la défense de
la population
de la région
Cela fait
maintenant plus de trois
ans que la population de l'Anosy et son
organisation de défense
Fagnomba dans le sud-est de Madagascar en
Afrique
subsaharienne mènent une lutte militante
à la
défense de la population de la
région contre les attaques
de QIT Minerals Madagascar (QMM, filiale de Rio
Tinto)
et la répression aux mains de
l'armée, de la police et
des tribunaux. L'association a mis de l'avant de
nombreuses demandes
depuis que Rio Tinto, avec l'appui
du gouvernement malgache et de la Banque
mondiale, a entrepris
d'extraire de l'ilménite des sables
minéralisés de
la région, mettant en danger les moyens
de
subsistance de la population de la
région.
Les activistes de Fagnomba demandent entre autres
choses
une indemnisation adéquate pour les gens
qui ont
été expropriés de leurs
terres (plusieurs n'ont
rien reçu) et ont perdu leur moyen de
subsistance qui reposait
en particulier sur la pêche ; ils demandent
que Rio Tinto engage
en priorité des jeunes de la
région, ils s'opposent à la
dégradation
environnementale qui est causée par le
complexe minier et ils
demandent l'arrêt de la répression de
l'État contre
ceux
qui se battent pour que les gens aient un pouvoir
de décision
sur le genre de développement
économique qui va avoir
lieu dans la région et au pays.

Barrage
de la
route qui mène au complexe minier
en janvier 2013 |
L'État a utilisé beaucoup de
répression pour protéger le droit de
monopole de Rio
Tinto de piller les ressources du pays et d'y
faire la loi.
L'armée et la
police ont souvent été
appelées pour
réprimer les actions populaires, les
grèves, les
manifestations et les blocus routiers. En mars
dernier, la
présidente de
Fagnomba, Perle Zafinandro-Fourquet, et d'autres
membres de
l'organisation ont été
arrêtés sous des
accusations de vandalisme et de vol dans un bureau
électoral
(une élection présidentielle est
prévue pour
juillet). Les activistes de l'organisation ont
dénoncé
ces accusations comme une fabrication totale qui
vise à les
faire
taire. Plusieurs activistes de Fagnomba dont sa
présidente font
aussi face à des accusations en rapport
à leurs actions
et blocus routiers. Le 30 avril, la dirigeante
de l'association et plusieurs de ses camarades ont
été
libérés après 50 jours de
prison lorsque le juge a
statué que les accusations de vol et de
vandalisme ne
méritaient pas l'incarcération. Le
même jour elle a
été déclarée coupable
d'avoir
organisé un blocus routier jugé
illégal et elle a
été condamnée à un an
de prison
avec sursis et n'a pas le droit de participer
à des actions
contre QMM-Rio Tinto pendant les prochains cinq
ans (si elle le fait,
elle devra faire un an de prison).
QIT Madagascar Minerals, ou QMM,
propriété
de Rio Tinto à 80 % et du gouvernement
malgache à 20 %, est
une opération d'extraction de sables
minéralisés
à forte teneur d'ilménite
près de Fort Dauphin
dans le sud-est du Madagascar. Elle comprend une
mine, une usine de
séparation et un port. Elle a
commencé
à produire de l'ilménite à la
fin de 2008 et est
en train d'atteindre sa pleine capacité de
production. Selon Rio
Tinto, le complexe minier produit en ce moment
environ 750 000 tonnes d'ilménite par
année ainsi que 60
000 tonnes de zirsill (un mélange de zircon
et de sillimanite).
QMM-Rio Tinto entend extraire
l'ilménite et le zircon des sables
minéralisés sur
une superficie d'environ 6000 hectares le long de
la côte pendant
40 ans. L'ilménite extrait des sables
minéralisés
est exporté vers les usines de Rio Tinto
Fer et Titane à
Sorel-Tracy, pour la production de dioxyde de
titane qui est
utilisé comme pigment dans les peintures
et d'autres produits.
C'est en 1986 que le gouvernement malgache et QIT
Fer et
Titane, aujourd'hui Rio Tinto, ont formé
une
société de participation. Le projet
faisait partie
d'un projet d'ensemble piloté par la Banque
mondiale pour
accroître les investissements
étrangers à
Madagascar, notamment dans ses vastes ressources
minérales.
Pour réaliser cet afflux de capitaux
étrangers, la Banque
mondiale a fait pression sur le gouvernement
malgache pour qu'il amende
son code minier et sa
législation minière pour les rendre
plus attrayants aux
monopoles miniers. La Banque mondiale a mis de
l'avant ce projet en
disant que c'était la seule façon
d'intégrer l'économie malgache
à l'économie
mondiale et d'assurer le développement
économique du
pays. Le projet prévoyait que la Banque
mondiale et d'autres
institutions internationales prêtent de
l'argent au gouvernement
de Madagascar pour que celui-ci modernise
l'infrastructure du pays et
sa gouvernance pour créer
un soi-disant climat propice à
l'investissement. L'idée
derrière cela est que Madagascar devienne
un exportateur de
ressources minérales non
transformées vers
les grandes métropoles et le
détenteur d'une dette
énorme envers les grandes institutions
internationales.
On estime que Madagascar en vertu de ce projet ne
touche
à peu près rien en taxes, redevances
et droits de douane
pour l'exploitation de ses ressources
naturelles alors qu'il s'endette par centaines de
millions de dollars
qu'il ne pourra rembourser qu'en abaissant les
conditions de vie et de
travail du peuple qui
sont déjà très basses. Juste
pour bâtir le
port en eau profonde près de Fort Dauphin,
la capitale de
l'Anosy, qui est nécessaire à
l'exportation des minerais
bruts,
la Banque mondiale a fait un prêt de 35
millions $ au
gouvernement malgache alors que QMM selon le site
web de l'entreprise a
versé 110 millions $ pour
la construction du port.
Toute la pression a été faite
à
l'effet qu'il n'y avait pas d'autre voie de
développement
économique possible pour le pays. La Banque
mondiale et QMM
ont dit de ce développement qu'il reposait
sur la croissance
économique (c'est-à-dire la mise
à la disposition
des monopoles de toutes les richesses du pays
alors
que le pays est mis à la merci des grandes
institutions
financières internationales), la lutte
à la
pauvreté (alors que très peu de
personnes de la
région vont
travailler au complexe minier tandis que des
milliers de personnes
perdent leur moyen de subsistance traditionnel) et
la viabilité
environnementale. La Banque
mondiale et QMM disent que l'état primitif
de l'économie
a entraîné la déforestation
des forêts et le
brûlage des terres agricoles tandis que leur
projet
établirait
supposément un cadre assurant un
développement
environnemental durable. Dans ce cadre de
développement tant
vanté, même l'approvisionnement des
gens
de la capitale en électricité
dépend de la
centrale électrique de Rio Tinto.
Les activistes de Fagnomba disent que la lutte
continue
en dépit de la criminalisation et de la
répression de
leur lutte. Lors de sa remise en liberté le
30
avril, la dirigeante de l'association a dit que
celle-ci allait
réfléchir aux formes d'actions les
plus
appropriées dans les circonstances
actuelles pour poursuivre
la mobilisation et la défense des droits du
peuple de la
région.

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Marxiste-Léniniste
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