Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 89 - 29 mai 2013

De gigantesques projets pour payer les riches en Colombie-Britannique

La réalité des redevances sur le gaz naturel


De gigantesques projets pour payer les riches en Colombie-Britannique
La réalité des redevances sur le gaz naturel
Le projet d'exportation de gaz naturel liquifié de Clark
Non à l'expansion de l'oléoduc Kinder Morgan!

Pillage à Madagascar par Rio Tinto et la Banque mondiale
Les activistes de l'association Fagnomba mènent une lutte militante à la défense de la population de la région


De gigantesques projets pour payer les riches en Colombie-Britannique

La réalité des redevances sur le gaz naturel

Les gens de Colombie-Britannique n'ont qu'à jeter un coup d'oeil sur ce qui se passe en Alberta pour se faire une bonne idée de ce que cachent les grandes phrases de Christy Clark sur les redevances sur le gaz naturel. En Alberta, le gouvernement Redford a imposé son programme d'austérité en utilisant le prétexte de la baisse des redevances. Un facteur qui a fait baisser les revenus en redevances en Alberta a justement été le plafonnement des prix de gros du gaz naturel. Le gouvernement de l'Alberta a revu le régime de redevances sur le gaz naturel pour donner un congé de redevances aux nouveaux puits comme elle l'a fait sur les redevances des sables bitumineux.

Le prix du pétrole n'a pas connu le même déclin que le prix du gaz naturel. Même si le prix du pétrole est un peu en dessous des prix records de 2008 et de 2011, il est plus élevé que le prix moyen des dix dernières années. Le déclin rapide des redevances en Alberta est lié à la chute des prix du gaz naturel. Avant le boom de la production du gaz de schiste par fracturation, les redevances sur le gaz naturel en Alberta s'élevaient à 8,4 milliards $ en 2005-2006 et 5,9 milliards $ en 2006-2007. En 2011-2012, les redevances sur le gaz naturel n'ont été que de 1.3 milliard $, une chute de plus de 7 milliards $. La baisse drastique des redevances reflète la baisse du prix du gaz naturel, d'un haut point de 14 $ par millier de pieds cubes à environ 3,50 $.

Les barons du pétrole de Calgary ne cachent pas leur appui à Christy Clark et ont fourni des fonds aux libéraux de Colombie-Britannique pour les faire réélire. Un vice-président de Canadian Resources Ltd. était l'un des organisateurs d'une soirée de levée de fonds tenue par les libéraux de Colombie-Britannique en janvier à Calgary.

Le discours frauduleux de la première ministre de l'Alberta Alison Redford au sujet de la « bulle du bitume » pourrait bien être une façon de masquer la bulle du gaz de schiste qui est déjà en train d'éclater. Les gens de Colombie-Britannique devraient se demander quelles intrigues ont été manigancées pour faire en sorte que les médias ne soulèvent pas la question de la chute des redevances sur le gaz naturel en Alberta. Le gouvernement albertain a été silencieux sur le sujet préférant soulever la fraude de la soi-disant bulle du bitume pour promouvoir les pipelines et l'austérité plutôt qu'un plan d'ensemble pour fournir une nouvelle direction à l'économie albertaine.

Tout semble démontrer l'existence d'une entente au sein de l'élite économique et politique à l'effet que cela nuirait aux libéraux de Colombie-Britannique si on parlait de ce qui se passe avec les redevances sur le gaz naturel ou si on examinait l'affirmation à l'effet que de jeter de grandes quantités de gaz naturel sur les marchés mondiaux va faire augmenter les prix et les redevances.

Si Christy Clark va de l'avant avec les pipelines de gaz naturel et les usines et terminaux d'exportation de gaz naturel liquéfié, c'est plus que probable que les redevances sur le gaz naturel vont être bien inférieures aux prédictions qui sont faites. La province va quand même se retrouver avec un fardeau de dette accru occasionné par l'infrastructure de pipelines et de gaz liquéfié et d'autres projets pour payer les monopoles de l'énergie. Qu'est-ce que le gouvernement néolibéral va dire quand cela va arriver ? Il va dire la même chose que tous les autres et sortir la massue de l'austérité pour le peuple. Cela va certainement être le cas parce qu'on ne cesse de nous répéter qu'il faut repayer la dette aux financiers mondiaux qui nous a mis dans ce pétrin sinon les riches vont être mécontents et ruiner l'économie comme ils l'ont fait en Grèce, à Chypre, au Portugal, en Espagne et ailleurs. Il faut discuter d'une alternative pour ne pas se faire prendre dans une autre fraude libérale.

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Le projet d'exportation de gaz naturel liquifié de Clark

Une des principales « solutions » mises de l'avant par le gouvernement Christy Clark pour répondre aux problèmes économiques et sociaux auxquels les gens de Colombie-Britannique font face est une immense manoeuvre de gaz naturel liquifié (GNL) destinée à payer les riches. Le gouvernement libéral propose d'ouvrir les fonds publics et de simplifier les règlements afin de satisfaire les monopoles privés de l'énergie cherchant à exploiter les ressources de gaz de schiste de la Colombie-Britannique. Ils veulent exporter le GNL vers les marchés étrangers, en particulier en Asie, se servant d'oléoducs dans le nord et de navires-citerne, transportant le GNL tout le long de la côte à partir de Kitimat.

La première ministre se vantait ces derniers mois que des gigantesques retombées de 100 milliards $ des GNL étaient à portée de la main pour hausser les revenus provinciaux. Cette chimère n'est rien d'autre qu'une tentative cynique de manipuler l'opinion publique pour donner en cadeau les ressources et les fonds publics aux monopoles mondiaux de l'énergie. Le corps politique a le devoir et la responsabilité sociale d'enquêter au moyen d'actes de découvertes conscients pour faire toute la lumière sur cette manoeuvre libérale ainsi que sur d'autres du genre.

L'énorme projet des GNL a récemment fait l'objet d'une publication du ministère de l'Énergie et des Mines de la Colombie-Britannique, Le Gaz naturel liquifié : une stratégie pour une industrie naissante de la Colombie-Britannique. En guise d'introduction, le ministre de l'Énergie de la Colombie-Britannique, Rich Coleman, affirme : « Au cours des prochains vingt ans la demande mondiale pour le gaz naturel devrait croître de façon phénoménale, alimentée par une croissance économique accélérée en Asie. Avec le développement du GNL, une forme expédiable de gaz naturel, la Colombie-Britannique serait bien placée pour saisir une part de ce marché lucratif. » On lit aussi dans la publication du ministère que la source de ce gaz naturel serait les ressources de gaz de schiste de la Colombie-Britannique, qui sont développées depuis 2005 sur la base de technologies pétrolières telles le forage horizontal et la méthode de fracturation hydraulique qui est très controversée.

Le 11 décembre 2012, Coleman a tenté de donner un nouveau coup de pouce au projet de GNL en demandant au ministre fédéral des Finances James Flaherty d'inclure dans le budget fédéral de 2013 une modification fiscale permettant de reclassifier les usines de GNL dans la catégorie des usines manufacturières, faisant en sorte que ces usines bénéficieraient d'un allégement fiscal de l'ordre de 2 milliards $. Cet allégement s'ajouterait à une déduction pour amortissement non-manufacturière du fédéral dont bénéficient déjà les usines de GNL, lesquelles convertissent le gaz naturel en forme liquide pour des besoins d'entreposage et de transport.

Les usines de GNL enlèvent les impuretés et transforment le gaz naturel en liquide afin d'en faciliter le transport. Si on leur accordait la déduction pour amortissement manufacturière accéléré, les monopoles de l'énergie visés pourraient se rembourser 90 % de leur investissement en sept ans plutôt qu'en 27 ans, réduisant ainsi la réclamation des gouvernements de 75 à 100 millions $ sur chaque milliard de dollars investis pour un total de 1,5 à 2 milliards $ sur sept ans. Le budget fédéral du 21 mars 2013 n'a pas tenu compte de la demande de Coleman.

Le barrage du site C et les installations hydroélectriques

Un aspect de cette manoeuvre gigantesque de GNL pour payer les riches est la promotion par Clark du barrage du site C de Hydro-Colombie-Britannique et d'installations hydroélectriques sur la rivière Peace sous prétexte que ces derniers sont nécessaires pour approvisionner le projet de GNL en électricité. Les usines de GNL demandent d'énormes montants d'énergie pour rabaisser de beaucoup les températures des gaz et pouvoir les liquéfier.

Les commentaires de Clark ont été faits lors d'une entrevue à Global Television en mars où elle déclarait que l'énergie disponible à l'année longue dans la province n'est pas suffisante pour suffire au besoin des installations de GNL proposées. Pour elle, la solution toute indiquée est le site C, une proposition qui a été rejetée deux fois et qui inonderait une section de 100 km de la vallée Peace dans le nord-est de la Colombie-Britannique. L'électricité du site C, si on se fie à la tradition, serait offerte aux monopoles du gaz à des prix rabais par rapport aux coûts de production, ce qui veut dire que le trésor public paie les frais d'une partie de la valeur transférée (l'électricité) dans la production de GNL sans pour autant être le propriétiaire de ce GNL ni le contrôler ni récupérer la valeur transférée lorsque le GNL sera vendu.

Les grandes entreprises utilisatrices, comme le veut la tradition, déboursent pour l'hydroélectricité la moitié de ce que paient les clients résidentiels et les petites entreprises. À moins que le projet de Clark n'envisage d'exiger que l'industrie de GNL paie les coûts de production pour cette nouvelle électricité, ce qui est peu probable, c'est clair que c'est le peuple de la Colombie-Britannique qui va payer. Hydro-Colombie-Britannique sera responsable d'investir le premier 10 milliards $ dans le site C, mais n'en bénéficiera pas pleinement lorsque l'électricité sera vendue aux usines de GNL. Le manque à gagner sera comblé par les factures d'hydro à la hausse pour les résidences et les entreprises, par des taxes individuelles plus élevées, etc. Et c'est sans parler de l'opposition au site C de la part des Premières Nations qui se feront prendre leurs terres et nier leurs droits, de la perte de terres agricoles par les agriculteurs locaux, etc.

Cette proposition de Clark pour permettre aux monopoles de GNL d'être payés tandis que le peuple de Colombie-Britannique finance l'infrastructure sous forme de barrage, tout cela pour que les monopoles privés puissent exploiter le gaz de schiste de la province, démontre encore une fois que la question centrale pour le peuple c'est « Qui décide ? ». En aucun temps les gens de la Colombie-Britannique n'ont-ils été consultés sur la direction que doit prendre l'économie. Plutôt, des manoeuvres gigantesques pour payer les riches sont mises de l'avant dans l'intérêt des intérêts privés des monopoles, assorties de balivernes sur le revenu qui supposément sera généré pour le peuple de la province, sans approche scientifique de la question ni mesures pour empêcher que des torts irréparables à l'environnement social et naturel ne soient commis.

Si on prend l'Alberta comme exemple, le montant de revenu provenant des ressources et servant éventuellement les intérêts du peuple est négligeable. Ces projets contrôlés par les monopoles mondiaux de l'énergie ne contribuent aucunement au développement d'une économie durable et viable puisque ce n'est tout simplement pas leur but. Ils visent avant tout à servir les intérêts étrangers, les monopoles privés qui réclament leurs profits sous formes de dividendes pour la construction et la performance des projets et ceux qui réclament leurs profits en intérêt sur le financement des projets, puisque, règle générale, ceux-ci se traduisent en dette gouvernementale. Les monopoles de l'énergie accroissent ainsi leur emprise sur les ressources naturelles du Canada et leur utilisation, ce qui mène à une plus grande emprise sur les affaires économiques, politiques et sociales des Canadiens.

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Non à l'expansion de l'oléoduc Kinder Morgan!

Les monopoles du pétrole, les grandes banques avec lesquelles ils sont fusionnés, les groupes de spécialistes à la solde des riches ainsi que les gouvernements Harper, Clark et Redford, ont mené une vaste campagne de relations publiques pour tenter de convaincre le peuple de la Colombie-Britannique et de l'Alberta de l'importance de l'exportation du bitume des sables bitumineux pour la prospérité. Il semblerait, selon les riches, que le plus grand obstacle que doit surmonter le Canada est la pénurie d'oléoducs permettant d'exporter le bitume et qu'il relève des gouvernements d'agir en commis vendeurs pour les monopoles d'oléoducs tels que Kinder Morgan, Enbridge et Trans Canada.

Christy Clark et les libéraux de la Colombie-Britannique prétendent qu'ils sont ceux sur qui on peut compter pour « gérer l'économie » et que toute opposition à l'oléoduc Kinder Morgan serait nuisible à l'économie. Le dirigeant du NPD, Adrian Dix, a récemment annoncé que le NPD « n'appuie pas la transformation radicale des ports du district régional du Grand Vancouver en importantes installations d'exportation pétrolière ». Dix a fait valoir que « la nouvelle proposition de Kinder Morgan augmenterait de façon importante la navigation de pétroliers à proximité du parc Stanley ».

Les intérêts privés de Kinder Morgan et des compagnies pétrolières en grande partie étrangères qui dominent les sables bitumineux ne concordent pas avec l'intérêt public. Les faits démontrent que la construction d'oléoducs pour exporter le bitume ne résout aucun problème de l'économie. Les oléoducs permettent bien sûr aux monopoles pétroliers, en grande partie étrangères, qui dominent le secteur des sables bitumineux, de s'enrichir sans contribuer à l'édification d'une économie diverse, vibrante et autosuffisante sur la base d'une industrie manufacturière et de services publics stables. La capacité de raffinage elle-même s'en trouve menacée.

En quoi l'oléoduc Kinder Morgan est mauvais
pour l'économie de la Colombie-
Britannique

L'oléoduc Kinder Morgan part d'Edmonton et s'étend jusqu'au terminal portuaire Westbridge à Burnaby. Il existe depuis 1953 en tant que l'oléoduc Trans-Mountain. Kinder Morgan s'est emparé de l'oléoduc en 2005 et s'en sert de plus en plus pour transporter du bitume dilué en provenance des sables bitumineux. Ce que Kinder Morgan propose est de jumeler la ligne actuelle pour faire passer la capacité de 300 000 à 750 000 barils par jour.

L'exploitation des oléoducs requiert seulement 35 emplois permanents. Aussi, la feuille de route de Kinder Morgan indique qu'un déversement de pétrole peut être envisagé, lequel mettrait de nombreuses autres industries en péril. Le Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier (SCCEP) soulève à son tour une autre préoccupation du fait qu'une expansion des oléoducs rendrait la Colombie-Britannique encore plus dépendante envers l'essence et les raffinés importés. Vancouver a déjà eu quatre raffineries. Il ne reste plus que la raffinerie Chevron, qui produit environ 55 000 barils d'essence, de combustible pour moteur à réaction, de diésel et d'autres produits et qui compte 400 emplois. La raffinerie Chevron est approvisionnée par l'oléoduc Trans-Mountain.

Depuis que Kinder Morgan a fait l'achat de l'oléoduc, il a augmenté la quantité de pétrole expédié par pétroliers aux États-Unis et en Asie de 22 à plus de 60 pétroliers par an. Le SCEP indique que la raffinerie Chevron devra sans doute réduire sa production du fait qu'elle ne peut se procurer le pétrole nécessaire au maintien du taux de production actuel suite à ces exportations accrues. Selon les données de Kinder Morgan, en 2010 seulement 25 % du pétrole expédié par le biais du système Trans-Mountain a été raffiné pour les besoins de la vallée du Bas-Fraser. 4 % du pétrole est resté à Kamloops, 44 % a été expédié vers l'État de Washington par voie d'oléoduc et 27 % a été expédié par pétrolier aux États-Unis et en Asie.

Avec son expansion, Kinder Morgan compte accroître ses exportations maritimes à près de 80 % de la capacité totale de ses oléoducs. Près de la totalité de ces exportations viendraient du bitume dilué provenant des sables bitumineux de l'Alberta. L'exportation de bitume prive le Canada d'emplois à valeur ajoutée dans les domaines de l'amélioration, du raffinage et des industries pétrochimiques connexes, menace le raffinage actuel et augmente la dépendance du Canada d'un bout à l'autre du pays aux produits pétroliers dispendieux et importés.

Navigation pétrolière dans le port de Vancouver

Si l'expansion de l'oléoduc Kinder Morgan était approuvée, le nombre de postes d'accostage du terminal de Burnaby passerait de un à trois pour accommoder 400 pétroliers à chaque année alors que le nombre actuel est de 60. Les pétroliers Aframax associés aux oléoducs sont d'une longueur d'environ 245 mètres et ont une capacité de 879 000 barils. Présentement, leur cargaison n'est pas à pleine capacité dû aux contraintes du tirant d'eau. Kinder Morgan compte naviguer à draguer sous le pont Ironworkers Memorial, permettant aux pétroliers Suezmax encore plus grands d'avoir accès au terminal. Les pétroliers Suezmax sont longs de 275 mètres et ont une capacité de 1 759 200 barils.

Les déversements de bitume ne requièrent pas les mêmes interventions que les déversements de pétrole conventionnel, surtout si le bitume s'introduit dans la colonne d'eau et dans le sol. Au cours des audiences sur l'oléoduc du Northern Gateway, il devenait clair qu'Enbridge n'avait pas soumis de plans de nettoyage pour les déversements de bitume, mais seulement pour les déversements de pétrole. Il est peu probable que Kinder Morgan agira différemment lorsqu'il soumettra sa demande. Les efforts déployés par les chercheurs principaux dans le domaine pour poursuivre leurs recherches pour pallier à ces déversements ont été obstrués par le gouvernement Harper.

Les gouvernements Harper et Clark ont fait obstacle au peuple, y compris les Premières Nations, pour empêcher toute discussion rationnelle de ces questions qui préoccupent grandement le peuple, et surtout toute discussion sur quelle direction doit prendre l'économie. Les considérations des intérêts des monopoles privés tels Kinder Morgan et Enbridge sont des plus étroites et intéressées. La destruction environnementale et les conséquences sur la santé du peuple ne sont, pour eux, qu'un dommage collatéral. Ces monopoles et ceux qui en sont les propriétaires et qui les contrôlent ne tiennent pas compte des effets d'un tel développement sur l'économie dans son ensemble et de la nécessité d'une industrie manufacturière et de l'investissement dans un service public vibrant et stable ainsi que dans les programmes sociaux. Leur préoccupation s'arrête au rendement sur leur propre capital et aux rapports trimestriels de leurs compagnies. Ces monopoles tels Kinder Morgan et Enbridge ne peuvent pas être laissés à eux-mêmes pour décider. Ils doivent être soumis aux restrictions gouvernementales. La feuille de route du gouvernement libéral de Clark et de Campbell en termes de servir les intérêts privés des monopoles et non les intérêts du peuple parle d'elle-même. Tous ceux qui s'opposent à l'expansion de l'oléoduc Kinder Morgan doivent travailler fort afin de s'assurer que les libéraux ne retournent pas au pouvoir le 14 mai. Ce serait d'un bon point de départ pour assurer une nouvelle direction pour l'économie.

À titre d'information : Kinder Morgan

Kinder Morgan est un monopole étasunien de l'énergie mis sur pied en 1997 par deux anciens cadres dirigeants d'Enron, Richard Kinder et William Morgan, alors qu'ils ont acheté des oléoducs et d'autres actifs d'Enron. Depuis 16 ans, Kinder Morgan a accumulé d'énormes actifs, prétendant ainsi être la troisième compagnie énergétique en importance en Amérique du Nord. Il prétend détenir en propriété privée 80 000 milles d'oléoducs, 180 terminaux et deux champs de pétrole au Texas. Il opère par le biais de quatre compagnies pour une valeur de marché boursière combinée de 115 milliards $. Kinder Morgan a fait l'acquisition du système d'oléoduc Trans-Mountain en 2005.

Kinder Morgan a aussi accumulé un nombre important de déversements depuis 16 ans, dont quatre le long du Trans-Mountain depuis 2005. La feuille de route de Kinder Morgan en est une de pollution, d'infractions et de dissimulation. Kinder Morgan s'est vu imposer des amendes par le gouvernement des États-Unis pour avoir volé du charbon de stocks destinés aux consommateurs, pour avoir menti aux organismes de contrôle de la pollution de l'air, avoir introduit de façon illégale des déchets toxiques dans l'essence et avoir versé illégalement des produits chimiques afin d'éviter les frais d'enfouissement. Il a aussi été reconnu coupable de nombreuses infractions au code du travail, par exemple de n'avoir pas respecté le temps supplémentaire et d'avoir enfreint de façon répétée aux règlements de sécurité au travail.

Le PDG William Kinder était un des principaux financiers des deux campagnes électorales de George W. Bush et donateur aux candidats et aux comités républicains.

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Pillage à Madagascar par Rio Tinto et la Banque mondiale

Les activistes de l'association Fagnomba mènent
une lutte militante à la défense de la population
de la région

Cela fait maintenant plus de trois ans que la population de l'Anosy et son organisation de défense Fagnomba dans le sud-est de Madagascar en Afrique subsaharienne mènent une lutte militante à la défense de la population de la région contre les attaques de QIT Minerals Madagascar (QMM, filiale de Rio Tinto) et la répression aux mains de l'armée, de la police et des tribunaux. L'association a mis de l'avant de nombreuses demandes depuis que Rio Tinto, avec l'appui du gouvernement malgache et de la Banque mondiale, a entrepris d'extraire de l'ilménite des sables minéralisés de la région, mettant en danger les moyens de subsistance de la population de la région.

Les activistes de Fagnomba demandent entre autres choses une indemnisation adéquate pour les gens qui ont été expropriés de leurs terres (plusieurs n'ont rien reçu) et ont perdu leur moyen de subsistance qui reposait en particulier sur la pêche ; ils demandent que Rio Tinto engage en priorité des jeunes de la région, ils s'opposent à la dégradation environnementale qui est causée par le complexe minier et ils demandent l'arrêt de la répression de l'État contre ceux qui se battent pour que les gens aient un pouvoir de décision sur le genre de développement économique qui va avoir lieu dans la région et au pays.


Barrage de la route qui mène au complexe minier en janvier 2013

L'État a utilisé beaucoup de répression pour protéger le droit de monopole de Rio Tinto de piller les ressources du pays et d'y faire la loi. L'armée et la police ont souvent été appelées pour réprimer les actions populaires, les grèves, les manifestations et les blocus routiers. En mars dernier, la présidente de Fagnomba, Perle Zafinandro-Fourquet, et d'autres membres de l'organisation ont été arrêtés sous des accusations de vandalisme et de vol dans un bureau électoral (une élection présidentielle est prévue pour juillet). Les activistes de l'organisation ont dénoncé ces accusations comme une fabrication totale qui vise à les faire taire. Plusieurs activistes de Fagnomba dont sa présidente font aussi face à des accusations en rapport à leurs actions et blocus routiers. Le 30 avril, la dirigeante de l'association et plusieurs de ses camarades ont été libérés après 50 jours de prison lorsque le juge a statué que les accusations de vol et de vandalisme ne méritaient pas l'incarcération. Le même jour elle a été déclarée coupable d'avoir organisé un blocus routier jugé illégal et elle a été condamnée à un an de prison avec sursis et n'a pas le droit de participer à des actions contre QMM-Rio Tinto pendant les prochains cinq ans (si elle le fait, elle devra faire un an de prison).

QIT Madagascar Minerals, ou QMM, propriété de Rio Tinto à 80 % et du gouvernement malgache à 20 %, est une opération d'extraction de sables minéralisés à forte teneur d'ilménite près de Fort Dauphin dans le sud-est du Madagascar. Elle comprend une mine, une usine de séparation et un port. Elle a commencé à produire de l'ilménite à la fin de 2008 et est en train d'atteindre sa pleine capacité de production. Selon Rio Tinto, le complexe minier produit en ce moment environ 750 000 tonnes d'ilménite par année ainsi que 60 000 tonnes de zirsill (un mélange de zircon et de sillimanite). QMM-Rio Tinto entend extraire l'ilménite et le zircon des sables minéralisés sur une superficie d'environ 6000 hectares le long de la côte pendant 40 ans. L'ilménite extrait des sables minéralisés est exporté vers les usines de Rio Tinto Fer et Titane à Sorel-Tracy, pour la production de dioxyde de titane qui est utilisé comme pigment dans les peintures et d'autres produits.

C'est en 1986 que le gouvernement malgache et QIT Fer et Titane, aujourd'hui Rio Tinto, ont formé une société de participation. Le projet faisait partie d'un projet d'ensemble piloté par la Banque mondiale pour accroître les investissements étrangers à Madagascar, notamment dans ses vastes ressources minérales. Pour réaliser cet afflux de capitaux étrangers, la Banque mondiale a fait pression sur le gouvernement malgache pour qu'il amende son code minier et sa législation minière pour les rendre plus attrayants aux monopoles miniers. La Banque mondiale a mis de l'avant ce projet en disant que c'était la seule façon d'intégrer l'économie malgache à l'économie mondiale et d'assurer le développement économique du pays. Le projet prévoyait que la Banque mondiale et d'autres institutions internationales prêtent de l'argent au gouvernement de Madagascar pour que celui-ci modernise l'infrastructure du pays et sa gouvernance pour créer un soi-disant climat propice à l'investissement. L'idée derrière cela est que Madagascar devienne un exportateur de ressources minérales non transformées vers les grandes métropoles et le détenteur d'une dette énorme envers les grandes institutions internationales.

On estime que Madagascar en vertu de ce projet ne touche à peu près rien en taxes, redevances et droits de douane pour l'exploitation de ses ressources naturelles alors qu'il s'endette par centaines de millions de dollars qu'il ne pourra rembourser qu'en abaissant les conditions de vie et de travail du peuple qui sont déjà très basses. Juste pour bâtir le port en eau profonde près de Fort Dauphin, la capitale de l'Anosy, qui est nécessaire à l'exportation des minerais bruts, la Banque mondiale a fait un prêt de 35 millions $ au gouvernement malgache alors que QMM selon le site web de l'entreprise a versé 110 millions $ pour la construction du port.

Toute la pression a été faite à l'effet qu'il n'y avait pas d'autre voie de développement économique possible pour le pays. La Banque mondiale et QMM ont dit de ce développement qu'il reposait sur la croissance économique (c'est-à-dire la mise à la disposition des monopoles de toutes les richesses du pays alors que le pays est mis à la merci des grandes institutions financières internationales), la lutte à la pauvreté (alors que très peu de personnes de la région vont travailler au complexe minier tandis que des milliers de personnes perdent leur moyen de subsistance traditionnel) et la viabilité environnementale. La Banque mondiale et QMM disent que l'état primitif de l'économie a entraîné la déforestation des forêts et le brûlage des terres agricoles tandis que leur projet établirait supposément un cadre assurant un développement environnemental durable. Dans ce cadre de développement tant vanté, même l'approvisionnement des gens de la capitale en électricité dépend de la centrale électrique de Rio Tinto.

Les activistes de Fagnomba disent que la lutte continue en dépit de la criminalisation et de la répression de leur lutte. Lors de sa remise en liberté le 30 avril, la dirigeante de l'association a dit que celle-ci allait réfléchir aux formes d'actions les plus appropriées dans les circonstances actuelles pour poursuivre la mobilisation et la défense des droits du peuple de la région.

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