|
Numéro 88 - 28
mai
2013
La mémoire des
patriotes de
1837-1838 vit dans la lutte d'aujourd'hui
Des actions à travers le
Québec
commémorent la Journée des patriotes
La
mémoire des patriotes de 1837-1838 vit
dans la lutte
d'aujourd'hui
• Des actions à
travers le Québec
commémorent la Journée des
patriotes
Un statut
pour tous et
toutes !
• Manifestation à
Montréal
pour exiger le plein statut pour les personnes
migrantes -
Serge
Lachapelle
210e
anniversaire du
Jour du drapeau haïtien
• Le peuple haïtien
poursuit sa lutte pour
s'investir du pouvoir
• Demande de
réparations pour
l'esclavage et le colonialisme
La mémoire des patriotes de
1837-1838 vit dans la lutte d'aujourd'hui
Des actions à travers le Québec
commémorent la Journée des patriotes
Du 16 au 20 mai dernier, de nombreuses
célébrations ont eu lieu partout au
Québec
à l'occasion de la Journée nationale
des patriotes. De
Québec à Trois-Rivières,
Sherbrooke à
Napierreville, en passant par
Saint-Denis-sur-Richelieu jusqu'à
Matane, des assemblées, marches,
cérémonies du
drapeau, conférences, visites de lieux
historiques,
ont été organisées pour
rendre hommage aux
patriotes de 1837-1838 qui ont combattu pour
affirmer le droit
d'être de la jeune nation du Québec.
Plus de 50
activités ont été
organisées, notamment des
visites des hauts-lieux patriotes, que ce soit les
lieux historiques de
grandes batailles comme Saint-Denis-sur-Richelieu
ou Saint-Eustache ou
les lieux des grandes assemblées
populaires, notamment dans le
Vieux-Montréal. Le thème cette
année était
l'hommage aux Patriotes et la poursuite de leur
lutte pour une
République souveraine de défense des
droits.
À Montréal, plus de 1500 personnes
se sont
rassemblées à la Place du Canada
pour la grande marche
patriotique organisée conjointement cette
année par les
Jeunes patriotes du Québec, la
Société Saint-Jean
Baptiste de Montréal et le mouvement
populaire souverainiste
Carré Bleu. Il y avait des travailleurs,
des femmes, beaucoup de
jeunes et
d'étudiants, des familles, des activistes
de nombreuses
organisations et de partis politiques dont un
contingent du Parti
marxiste-léniniste du Québec (PMLQ).
Avant le
départ de la
marche, il y a eu plusieurs prises de parole. Au
coeur des
interventions, le rappel qu'il y a plus de
175 ans, le peuple
s'est levé contre l'oppression des
élites dominantes et
la suspension des droits civils et le fait
qu'aujourd'hui la lutte se
continue pour la souveraineté investie dans
le peuple et la
défense des droits
pour lesquels les Patriotes se battaient
déjà, tel le
droit à l'éducation.
Puis, la marche s'est mise en branle dans les
rues du
centre-ville pour descendre ensuite vers le sud
jusque dans le
Vieux-Montréal. Salué par les
nombreux passants, le
contingent a traversé le
Vieux-Montréal sur le
pavé d'époque, rejoignant un autre
contingent qui avait
organisé une tournée des lieux du
quartier marqués
par l'histoire des
patriotes. Des bannières et pancartes ont
mis de l'avant les
demandes des marcheurs accompagnées des
nombreux drapeaux des
patriotes qui flottaient au vent.
« Vive les patriotes
modernes ! »,
« Québec demain sera
républicain ! »,
« Pour un
Québec moderne qui défend les droits
de
tous ! », « Pour le
renouveau des
institutions
démocratiques ! » La marche
a
été suivie par un spectacle avec
d'autres prises de
parole, sketchs et chansons.

Un statut pour tous et toutes !
Mille manifestants à Montréal
demandent
plein
statut pour les personnes migrantes
- Serge Lachapelle -
Le 18 mai, en début d'après-midi,
plus
d'un millier de personnes ont manifesté
dans les rues de
Montréal pour réclamer la
reconnaissance des droits
humains
pour tous et toutes, y compris les migrants. La
manifestation
était organisée par Dignidad
Migrante, le Centre des
travailleurs et travailleuses immigrants,
Mexicains unis pour la régularisation,
Personne n'est
illégal et Solidarités sans
frontières.
Quatre
contingents sont partis de
différents
coins de la ville, un est parti du sud-ouest qui
provenait des
quartiers de Verdun, Pointe-Sainte-Charles,
Saint-Henri et
Petite-Bourgogne, du nord-ouest qui provenait des
quartiers de Ville
Saint-Laurent, Notre-Dame-de-Grâce et
Côte-des-Neiges; du nord-est qui provenait
des quartier d'Ahuntsic, Villeray,
Parc-Extension, Saint-Michel,
Rosemont-Petite-Patrie et Mile-End, et
finalement
de l'est qui provenait du quartier Hochelaga et
Centre-Sud. Tous se
sont retrouvés pour un pique-nique et une
fête au
Carré Phillips situé au coeur du
centre-ville.
Les orateurs ont déclaré : «
Nous
manifestons en soutien aux luttes des immigrants
vivant à
Montréal, au Québec et au Canada.
Nous demandons un
statut
pour tous et toutes ce qui signifie que toutes les
personnes qui vivent
sans la citoyenneté ou la résidence
permanente peuvent
rester ici dans la dignité et avec
les mêmes droits que les autres. Nous nous
opposons aux
déportations et aux détentions,
ainsi qu'à la
double peine pour les immigrants qui ont un
dossier
criminel
», souligne la déclaration
émise pour l'occasion.
»
On estime que des dizaines de milliers de
personnes
vivent sans statut à Montréal et
plus d'un million dans
tout le Canada. Le 15 décembre 2012, le
gouvernement fédéral a
contribué à
détériorer la situation en
déposant le projet de
loi C-31 dite Loi d'exclusion des
réfugiés. Cette
législation établit un
système
de sélection des réfugiés qui
discrimine les
immigrants selon leur nationalité. Les
immigrants qui arrivent
d'un pays dit sécuritaire (un pays qui
selon le
gouvernement Harper ne viole pas les droits
humains) verront plus
souvent qu'autrement leur demande déboucher
sur la
déportation, les demandes humanitaires
sont restreintes et leur accès à la
section d'appel des
réfugiés refusé. Mentionnons
également que
la loi C-31 du gouvernement Harper établit
des règlements
spécifiques qui peuvent être
invoqués à la
discrétion du ministère de
l'Immigration pour les
migrants arrivant au Canada de manière
«
irrégulière ». Ceux-ci
peuvent être détenus pendant de longs
mois.
Comme le mentionne Solidarité sans
Frontières: « Les migrants et les
réfugiés
occupent les emplois les plus précaires et
les plus dangereux.
L'économie
canadienne ne peut survivre sans cette
main-d'oeuvre aisément
exploitable et hyper-vulnérable en raison
du statut permanent
dont ces personnes sont privées
et en raison de la menace de déportation
qui pèse sur
elles. »
« Tout le monde devrait avoir accès
aux
soins de santé, à
l'éducation, au logement social,
aux banques alimentaires, à l'aide
financière aux
chômeurs et
chômeuses et à toute forme de
protection sociale, peu
importe son statut migratoire. Les normes du
travail et les droits
humains devraient être accessibles à
toutes et tous sans exception », ajoute
l'organisme.
Les manifestants mettent de l'avant quatre
revendications principales :
UN STATUT POUR TOUTES ET TOUS : La revendication
«
Un statut pour toutes et tous » veut dire
que toute personne
habitant au Canada pourra obtenir
les documents nécessaires pour avoir
accès aux
mêmes services et aux mêmes droits que
toute autre personne.
NON AUX DÉPORTATIONS : Nous affirmons
notre
solidarité avec celles et ceux qui
résistent à
leur déportation ou à leur ordre de
renvoi. Nous
dénonçons
la violence des déportations, qui divisent
les familles et
arrachent les gens de leurs communautés.
NON AUX DÉTENTIONS: Nous exigeons la
libération immédiate de toutes les
personnes
détenues dans des établissements de
détention pour
immigrantEs
et luttons également pour la fermeture de
tous les centres de
détention.
NON À LA DOUBLE PEINE : La « double
peine
» est un terme qui décrit la
politique injuste
utilisée contre les personnes
non-citoyennes qui font face
à la déportation après avoir
purgé une
peine faisant suite à une condamnation
criminelle. La double
peine est le résultat direct du profilage
racial.

210e anniversaire du Jour du
drapeau
haïtien
Le peuple haïtien poursuit sa lutte
pour s'investir du pouvoir
Le 8 mai, des dizaines de milliers
d'Haïtiens ont
envahi les rues pour escorter
l'ex-président Jean-Bertrand
Aristide au Palais de justice à
Port-au-Prince
où il a été sommé de
se présenter en
lien avec le meurtre du journaliste de
réputation internationale
Jean Leopold Dominique. Dominique a
été tué
à l'extérieur
de sa station de radio en 2000. Aristide a
été
« invité » à
comparaître par le juge
Ivikiel Dabrezil, le dixième juge
nommé depuis 2000 dans
le cadre de l'enquête
sur le meurtre.
Jean-Bertrand Aristide a été
renversé par un coup d'État
organisé et
financé par les États-Unis, le
Canada et la France en
mars 2004. Il est revenu à Haïti
en janvier 2011 après avoir
été forcé
à
l'exil en Afrique du Sud, illégalement
selon la constitution
haïtienne.
La comparution en cour d'Aristide était la
deuxième fois seulement qu'il quittait sa
résidence
depuis son retour en Haïti. Deux mois plus
tôt il avait
dû
comparaître en cour pour une autre affaire.
Ces sommations
à comparaître sont
considérées comme une
tentative de discréditer sa
réputation au moment
où le
gouvernement haïtien actuel, appuyé
par la présence
militaire États-Unis/Nations unies, est en
train de
rétablir les institutions
répressives du régime
Duvalier,
notamment les forces paramilitaires et
l'armée haïtienne.
Les efforts pour lier Aristide à
l'assassinat de Jean Dominique,
un journaliste très aimé par le
peuple
pour sa critique résolue de
l'ingérence des
États-Unis en Haïti, sont une
tentative de miner
l'unité des Haïtiens contre la
domination
étrangère et leur cohérence
en tant que force organisée. Les sommations
suivent
également de peu la tournée qu'a
faite un sénateur
haïtien en Argentine et au Brésil pour
demander
l'arrêt
immédiat de la mission MINUSTAH de l'ONU
parce qu'elle sert
à imposer les intérêts
impérialistes
américains.
En
dépit de ces
efforts pour diviser les Haïtiens et des
interdictions de
manifester contre ces sommations à
comparaître, le peuple
haïtien est descendu dans
la rue en grand nombre à Port-au-Prince et
dans d'autres villes
du pays pour avertir le gouvernement qu'il ne va
pas permettre qu'on
persécute ses dirigeants.
Les Haïtiens ont escorté la voiture
d'Aristide
jusqu'à la cour et pendant son voyage de
retour à la
maison. Des centaines de gens ont même
couché près
de sa
maison pour le protéger.
Selon le Comité d'action d'Haïti qui
travaille en solidarité avec Haïti
à partir des
États-Unis et maintient des liens
étroits avec le peuple
haïtien, les actions
sont le début d'une campagne visant
à assurer la pleine
participation du peuple à la gouvernance de
son pays.
Le drapeau haïtien
 
Toussaint
L'Ouverture (à gauche) et
Jean-Jacques
Dessalines, chefs
légendaires de la Révolution
haïtienne.
|
Le 18 mai 1803, les principaux chefs du peuple
en
révolte contre l'armée
française à
Saint-Domingue (aujourd'hui Haïti) furent
convoqués au
quartier général de l'Arcahaie par
leur commandant, le
général Jean-Jacques Dessalines.
L'heure était
grave. Il s'agissait ni plus ni moins de
créer un signe de
ralliement qui signifierait d'une part le
détachement définitif de la
France, d'autre part le rejet
de tout ce qui, de près ou de loin, put
rappeler
l'asservissement d'Haïti. En
présence de tous ses
généraux, Jean-Jacques Dessalines
se fit apporter un
drapeau français et, d'un geste, en
arracha violemment la
couleur blanche. Une certaine Suzanne Flon
cousit bout à bout
les couleurs restantes,
le bleu et le rouge, lesquelles, dans l'esprit
de tous les
assistants, devaient symboliser l'union des
noirs et des
mulâtres. Le drapeau haïtien
était né.

Le drapeau haïtien et le Jour du drapeau
représentent donc plus de 200 ans de
luttes pour l'affirmation
définitive de la souveraineté
haïtienne. En 2010, le
drapeau et ce qu'il représente prennent
une importance toute
particulière dans l'effort du peuple
haïtien pour se
remettre du tremblement de terre du 12 janvier
à l'heure
où les États-Unis, le
Canada, la France et d'autres cherchent à
tirer avantage de
cette tragédie.

Demande de réparations pour
l'esclavage et le colonialisme
Manifestation à Paris en mars
2013 pour
exiger des réparations de la France
pour ses crimes d'esclavage
et pour avoir forcé
des esclaves affranchis à lui verser
des
« dédommagements »
après qu'Haïti
ait
conquis son indépendance
Le 18 mai 2013 était le 210e
anniversaire de la Journée du drapeau
haïtien, une date
importante dans la lutte révolutionnaire du
peuple haïtien
pour se libérer de l'esclavage.
L'anniversaire est marqué
cette année au milieu d'un effort
renouvelé pour forcer
la France à payer des réparations
aux descendants
d'esclaves qui vivent en Haïti et dans les
territoires
français d'outre-mer. Dans le cas
d'Haïti, les
réparations s'imposent non seulement pour
le crime de
l'esclavage,
mais pour les indemnités écrasantes
que la France a
imposées à Haïti sous le
prétexte qu'elle
avait « perdu » sa
main-d'oeuvre esclave et son
accès
aux ressources naturelles d'Haïti.
Le 10 mai, le président français
François Hollande a honteusement
profité de l'occasion de
la Journée nationale de
commémoration des abolitions de
l'esclavage pour rejeter la juste demande de
réparations.
« Ce qui s'est passé, s'est
passé », a déclaré
Hollande dans un
discours à Paris pour marquer
la journée. « L'histoire ne
s'efface pas. On ne la
gomme pas. Elle ne peut faire l'objet de
transactions au terme d'une
comptabilité qui serait en tous points
impossible à établir. »
La prétention
de Hollande que les actions passées de la
France sont choses du
passé et que rien ne saurait être
gagné à
s'y attarder
vise à masquer la responsabilité de
la France dans les
crimes qui sont commis aujourd'hui contre le
peuple haïtien. La
France a été un co-conspirateur avec
les
États-Unis et le Canada du coup
d'État par lequel le
président Aristide a été
kidnappé et qui a
causé de grands malheurs au peuple. Avant
cela, la France a
maintenu au pouvoir la dictature meurtrière
des Duvalier, tout
d'abord Papa Doc puis Baby Doc. Le crime de
l'esclavage et le vol des
richesses d'Haïti ne sont
pas des crimes du passé, mais du
présent également.
Les propos de Hollande exposent clairement la
vision coloniale et
raciste impénitente des cercles dirigeants
de la France. Cette vision a également
guidé
l'intervention militaire récente de la
France au Mali.
Le Conseil représentatif des associations
noires
de France (CRAN) a dénoncé les
remarques arrogantes du
président Hollande. « Il y a
pourtant mille
et une façons de réparer les choses.
Le musée de
l'esclavage serait, par exemple, une
réparation morale. Nous le
voulons, François Hollande s'y
refuse »,
a déclaré à FRANCE 24,
Louis-Georges Tin,
président du CRAN.
CRAN a déclaré qu'il ira de l'avant
avec
son plan de poursuivre la Caisse des
dépôts et
consignations appartenant à l'État
pour les profits
qu'elle a tirés de
la traite des esclaves de l'époque
coloniale et les
« réparations » que
la France a
extorquées de Haïti. Après que
les esclaves se
soient libérés et
que Haïti ait proclamé son
indépendance de la France
en 1804, Haïti a été
forcée de verser au
gouvernement français 90 millions de
francs-or en échange
de
la reconnaissance de son autonomie et elle a
été
obligée de dédommager les
propriétaires d'esclaves
européens pour leurs pertes
financières. La banque est
accusée d'avoir prélevé ces
paiements.
« Haïti a été
victime d'un
double crime. D'abord le crime de l'esclavage,
puis cette
'rançon' pour son
indépendance », a
déclaré Tin, ajoutant
que les soi-disant réparations, qui ont
continué
d'être payées jusqu'en 1946, sont
équivalentes
à 90 milliards $.
Tin a déclaré que son organisation
a
reçu en octobre 2012 une promesse du
premier ministre
français Jean-Marc Ayrault que le
gouvernement va
poursuivre une politique de réparation
envers Haïti, mais
cela s'est avéré un engagement sans
lendemain.
« C'est pourquoi nous avons
décidé de
résoudre
ce problème politique devant les
tribunaux », a
déclaré Tin à propos du
procès imminent.
Dans une entrevue avec The Local, un
journal
de langue anglaise en France, Tin a
ajouté :
« Payer des réparations est une
simple
question de justice. Quand un crime a
été commis, il est
nécessaire de payer des réparations.
C'est le cas pour
tout crime. »
« Les Français ont commis un
crime
contre l'humanité par leur rôle dans
la traite
négrière, de sorte que des
réparations sont
nécessaires. En refusant
de payer, François Hollande démontre
qu'il manque
d'humanité.
« L'histoire d'un pays comme
Haïti est
évidente. Elle a été
dévastée par la
France. À un moment, elle était la
colonie la plus riche
du monde, mais
sous la France, elle est devenue le pays le plus
pauvre au monde et
Hollande pense que les gens seront heureux si on
leur offre juste
quelques mots ?
C'est une claque au visage. Ces gens sont pauvres,
ils n'ont rien
à manger. C'est inacceptable. [...]
« Les Français disent que nous
sommes
isolés dans nos demandes, mais 63 %
des gens dans les
anciennes colonies exigent une indemnisation.
Nous avons aussi Martin Luther King, Abraham
Lincoln et Malcolm X de
notre côté. Nous ne sommes pas
isolés, c'est juste
que les Français ne sont pas à
l'écoute.
« Nous avons beaucoup de moyens pour y
arriver, dont celui d'aller devant les tribunaux.
Même si nous
n'obtenons pas un résultat positif contre
les
banques françaises qui ont
été impliquées
dans la traite des esclaves, nous allons au moins
nuire à leur
image.
« Nous avons la vérité
de notre
côté et c'est toujours la meilleure
façon de mettre
la pression sur les gens. »
Deux jours après les propos de
François
Hollande, la ministre française de la
Justice Christiane Taubira
a exprimé son accord avec l'une des
demandes de
réparations du CRAN, à savoir que le
gouvernement
français s'engage à redistribuer des
terres dans les
territoires des Caraïbes pour tenter de
compenser les
descendants d'esclaves français.
« Dans les territoires d'outre-mer, il
y a eu
un accaparement des terres, le résultat
général
est que les descendants d'esclaves ont
été laissés
sans accès
à la terre, il faudrait donc envisager,
sans ouvrir de guerre
civile, des remembrements fonciers, des politiques
foncières et
la réforme agraire. », a
déclaré
Taubira.
« Il y a des choses à mettre en
place
sans expropriation, en expliquant très
clairement quel est le
sens d'une action publique qui consisterait
à acheter
des terres », a-t-elle ajouté.
Taubira, en tant que représentante de sa
Guyane
française natale au Parlement, a
piloté la loi
française qui en 2001 a
désigné l'esclavage
comme un
crime contre l'humanité.
Tin avait ceci à dire à ce
sujet :
« C'est très simple à
mettre en oeuvre. Il
serait très facile de distribuer des
terres. Tout ce que vous
devez faire
est de faire une liste des terrains disponibles
qui appartiennent
à l'État et disons que nous allons
en donner un certain
montant pour les populations les plus
pauvres. Il n'en coûtera rien, il s'agit
d'une mesure
simple ». Il a ajouté que la
proposition de
réforme agraire de Taubira ne conduira pas
à des
expropriations puisque l'État
français possède de
vastes étendues de terres
inexploitées dans ses
territoires d'outre-mer.
Il a poursuivi en décrivant la politique
du
gouvernement français envers ses
territoires d'outre-mer :
« La politique de la France envers ses
territoires d'outre-mer est honteuse et il y a
plus qu'un
élément de racisme en cause. En
2008, Eurostat, l'agence
des données de l'UE, a
révélé que les
quatre départements les plus pauvres en
Europe ne sont pas en
Grèce ou au Portugal, mais en France et
bien sûr, ils sont
ses départements d'outre-mer.
« Les Français parlent de la
pauvreté dans les
« banlieues », mais sur
l'île de la Réunion le chômage
des jeunes est de
60 %.
« Les gens parlent de logement social
en
France, mais en Martinique on parle de
bidonvilles. La seule base de
comparaison des conditions de vie
de certaines personnes en Martinique est la
situation des Roms vivant
dans des camps de fortune et squats en
France. »
« Nos collègues d'outre-mer ont
entendu l'annonce haut et fort et nous
espérons tous être
contactés rapidement par Mme Taubira et que
le
gouvernement va annoncer comment il entend mettre
en oeuvre cette
politique », a déclaré
Tin à PressTV.
Il a ajouté que la nouvelle annonce ne va
aucunement dissuader son groupe de poursuivre en
cour la Caisse des
dépôts.
« Le
nègre marron »,
Port-au-Prince, Haïti. La jambe
étendue porte la
chaîne brisée de
l'esclavage et la main droite porte la
machette. La coquille était
souvent utilisée comme
trompette pour rassembler la foule.
C'est l'oeuvre du sculpteur
haïtien Albert Mangones à la
mémoire des esclaves
qui se sont révoltés
contre la France de 1791 à
1804.

Lisez Le
Marxiste-Léniniste
Site web: www.pccml.ca
Courriel: redaction@cpcml.ca
|