Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 87 - 27 mai 2013

45e anniversaire de l'historique réorganisation des Internationalistes

25 mai 1968: l'arrivée à Montréal


45e anniversaire de l'historique réorganisation des Internationalistes
25mai 1968: l'arrivée à Montréal - Réminiscences de Hardial Bains

33e anniversaire du Soulèvement populaire de Gwangju
La lutte du peuple coréen pour la démocratie et pour mettre fin au diktat étasunien est toujours vivante
Le soulèvement populaire de Gwangyu


45e anniversaire de l'historique réorganisation des Internationalistes

25 mai 1968: l'arrivée à Montréal


Hardial Bains
Fondateur et dirigeant du PCC(M-L)

Nous sommes arrivés à Montréal le 1er mai 1968. Inconfortable est le mot qui décrit sans doute le mieux la situation de celui qui arrive dans une ville avec un handicap, une obstruction dans la forme d'un proche collaborateur qui à ce moment particulier n'était pas totalement engagé envers l'objectif pour lequel nous étions venus. Cet inconfort sur l'objectif allait devenir une source continuelle d'agacement et de perturbation durant les années à venir. Il est important de bien choisir les personnes avec qui on va au combat, mais l'histoire ne nous a pas donné la possibilité de choisir à ce moment-là.

La ville nous sembla inhospitalière en cet après-midi sur le trajet de l'aéroport de Dorval vers Le Reine-Élizabeth au centre-ville et la lente marche vers le ghetto de l'Université McGill. Chargés comme des mulets de tout ce que nous possédions, nous sentions comme si tout le monde nous regardait, comme si tous se demandaient pourquoi nous étions venus à Montréal. Certains diront que je suis trop sensible ou soucieux des apparences, mais j'espère ne jamais revivre cette expérience. Après une nuit difficile chez des émigrés transplantés de Vancouver, nous nous mîmes au travail.

Les rues qui nous avaient semblé si inhospitalières la veille nous semblaient maintenant accueillantes. Un appel retentissait dans les rues caverneuses : « Les Internationalistes sont là ! Les Internationalistes sont là ! » Notre organisation se mit à grossir en quelques jours. Des individus venus d'aussi loin que Vancouver se joignirent à nous, mais la meilleure réponse vint des Montréalais.

La veille maison sur la rue Jeanne-Mance bourdonnait d'activités le jour de notre première réunion publique, le 25 mai 1968. Il n'y avait plus de place dans la salle à manger et salon et le long corridor et beaucoup ne purent entrer. Le vieux cliché « rien ne réussit comme la réussite » s'appliquait très bien dans ce cas, mais, comme la plupart des clichés, il omet une certaine réalité, à savoir que notre succès dépendait, entre autres facteurs, du travail sérieux, honnête et conscient que nous avions fait au préalable. La réussite ne vient pas sans une planification sérieuse basée sur les conditions réelles. La réunion sur la rue Jeanne-Mance était cruciale, elle allait décider de la profondeur et du succès de notre travail d'organisation initial à Montréal et au Québec. Nous étions sûrs de nous, mais on ne peut jamais présumer de rien des gens dans le feu de l'instant. Mis à part la présence de tant de nouveaux visages, la réunion fut caractérisée par l'enthousiasme pour Les Internationalistes et les très nombreuses questions que les participants voulaient nous poser.

Après l'historique rencontre de Montréal le 25 mai, le murmure se répandit dans toute la ville que Les Internationalistes sont partout, par centaines ! La deuxième réunion, tenue la semaine suivante, fut encore une fois un succès retentissant. À l'intérieur une discussion sur l'offensive idéologique menée par l'entremise d'une culture décadente, à l'extérieur une manifestation contre nous organisée par des hippies à la défense de l'offensive idéologique. Un des organisateurs de cette manifestation était non sans coïncidence un transplanté de Victoria, en Colombie-Britannique, très fâché que Les Internationalistes lui aient volé la vedette. Il voulait perturber notre réunion pour montrer qu'il était « brave » mais nous voulions éviter ce type d'altercations. Ils quittèrent après quelques bravades sans réussir à gagner les jeunes venus nous entendre. Il faut par contre noter le comportement de la police parce que cela allait devenir un trait caractéristique de ces temps-là. Les policiers n'intervinrent pas contre les manifestants et à partir de ce moment-là ils n'étaient jamais là quand des gens venaient perturber nos réunions. Ils apparaissaient seulement quand nous agissions pour mettre les perturbateurs à leur place et c'est contre nous qu'ils intervenaient.

La politique révolutionnaire prit rapidement de l'ampleur cet été-là et les rangs des Internationalistes se gonflèrent. Près de 70 délégués participèrent à notre Première Conférence nationale à la fin de décembre 1968 et nous avions des organisations établies dans toutes les provinces sauf dans les Maritimes. La plupart des forces vives s'unirent autour des Internationalistes et beaucoup d'autres allaient leur emboîter le pas. Cette progression rapide avait une base objective. Ceux et celles qui se joignirent à nous provenaient des mêmes conditions que Les Internationalistes, ils gravitaient vers une organisation qui était stable, idéologiquement et organisationnellement forte et possédant une ligne politique solide. De plus, l'organisation conviait tout le monde à s'engager sur la voie marxiste-léniniste qui nous appartenait à tous. Les Internationalistes n'étaient pas une secte mais bien une organisation de la classe ouvrière se consacrant la victoire de la révolution et du socialisme.

Les Internationalistes étaient une organisation nationale appelée « mouvement de la jeunesse et des étudiants marxistes-léninistes », mais possédait tous les attributs d'un véritable Parti communiste marxiste-léniniste. Le marxisme-léninisme était la base idéologique de l'organisation, le centralisme démocratique le principe organisationnel et l'internationalisme prolétarien le coeur de sa pratique. Les Internationalistes ne s'étaient pas encore constitués en Parti parce que nous voulions gagner à nous d'autres groupes qui se disaient marxistes-léninistes pour fonder un seul Parti de la classe ouvrière. Nous ne voulions pas déclarer le Parti unilatéralement. Cela aurait été considéré comme une entrave au mouvement et en rétrospective l'histoire a entièrement corroboré cette opinion.


En octobre 1968, le Mouvement étudiant de l'Université Sir
George Williams a joué un rôle important dans la lutte
contre les activités racistes des autorités universitaires

Ces jours de mai à Montréal nous sont très chers. C'était une situation à la fois difficile et délicate et Les internationalistes devaient faire preuve de circonspection. Il n'y avait pas de groupe carrément marxiste-léniniste à Montréal. La pratique du dirigeant de l'une des meilleures organisations reflétait la confusion idéologique dont il souffrait. Nous devions être prudents avec ce groupe car nous savions que la plupart de ses membres avaient un bon sentiment, mais la pression de la confusion idéologique était énorme. Nous devions lever cette confusion idéologique résolument mais en faisant preuve de responsabilité et de camaraderie envers eux.

Ce groupe nous invita à une réunion de l'un de ses comités. Nous assistâmes sans trop intervenir. Les échanges confirmaient notre opinion que ce groupe souffrait de confusion idéologique. C'était particulier et c'était dû à une absence de distinction entre les intérêts personnels et les buts du mouvement, de sorte que l'intérêt personnel devient le but du mouvement. À la fin de la réunion, on m'a littéralement ordonné de donner mes impressions et mon opinion sur la réunion et sur l'organisation. Je répondis poliment et calmement qu'il fallait m'excuser parce qu'exprimer une opinion sur une autre organisation est une affaire délicate et que nous aurions l'occasion d'échanger les opinions bientôt à une rencontre entre délégués des deux organisations.

Mais certains ne voulurent rien savoir. L'atmosphère dégénéra et quelques individus m'accusèrent d'avoir peur de dire ma pensée devant eux. Je fus forcé de dire quelque chose. Et bien entendu, quand vous êtes en compagnie de gens exaltés, tout ce que vous faites ou dites se retourne contre vous. Je commençai :

« Votre sentiment est très bon et votre but est très bon... »

« Viens-en aux faits ! », s'exclama un grossier individu au fond de la salle.

Je restai calme. Très gentiment, je leur laissai savoir que leur idéologie était bourgeoise libérale mais avant que je ne termine quelqu'un s'écria : « Nous allons te tuer si tu répètes cela. »

Je me dis à moi-même : « trotskyste, typiquement petit-bourgeois » et me levant de toute ma grandeur je rétorquai à celui qui avait proféré la menace : « Ce serait tout un exploit pour un petit-bourgeois comme toi ! » Je tentai ensuite par tous les moyens de calmer la situation.

La personne qui fit preuve de tant d'arrogance à cette réunion devint plus tard un vrai carriériste, un professeur de psychologie ou autre domaine du genre, et est vite disparue de la politique progressiste. Par contre dans le feu de l'action politique cet été 1968 à Montréal, lui et tous les autres membres de cette organisation se joignirent aux Internationalistes.

D'autres à Montréal qui se disaient marxistes-léninistes étaient liés au Mouvement ouvrier progressiste de Vancouver. Ils passèrent tout 1968 à chercher en vain à détourner les gens des Internationalistes et à provoquer des divisions dans nos rangs. Par ailleurs le Front de libération nationale du Québec (FLQ) s'était dissipé tandis que les unilinguistes cherchaient à créer une hystérie raciste.

L'opposition principale aux Internationalistes durant l'été était centrée à l'Université McGill. Le groupe Étudiants pour une université démocratique (SDU) se décomposait après une vague d'occupations à l'automne 1967. S'il y avait une certaine nostalgie pour les événements de l'automne, le groupe était en proie à des récriminations et les éléments positifs gravitaient autour de nous. De cette organisation à l'agonie surgit un groupe « socialiste ». Le mot « socialiste » était devenu l'apanage de tous ceux qui ne voulaient pas vraiment s'attaquer à la question du socialisme ou organiser pour le réaliser par la révolution. Cette opposition anti-léniniste aboutit avec la diversion que fut la campagne « McGill français », dont un des leaders disparut après la Loi des mesures de guerre d'octobre 1970.


En octobre 1968, les Internationalistes se joignent aux
travailleurs dans la lutte des chauffeurs de taxi
de Murray Hill à l'aéroport de Dorval.

Ces journées de 1968 à Montréal furent cruciales pour la construction du Parti. On ne peut imaginer un Parti communiste marxiste-léniniste canadien sans les travailleurs du Québec. En plus d'unir les différents groupes, l'élément manquant pour bâtir le Parti lorsque nous sommes arrivés à Montréal était précisément les travailleurs québécois. L'été semblait avoir un air de grands événements en préparation et si le temps s'écoulait au compte-goutte, les événements se succédaient rapidement. Un jour, un après-midi ou même une heure pouvait faire la différence, pouvait faire pivoter la situation d'une façon significative. Il s'écoula à peine six jours entre notre arrivée le 1er mai et la réorganisation des Internationalistes le 7 mai. La bataille éclata sur le principe organisationnel du centralisme démocratique. Le débat centrait sur le point essentiel, à savoir la subordination de l'individu au collectif. Nous étions solidement en faveur de la subordination de l'individu à l'organisation, un principe que nous appliquions en pratique. Bien que nous fussions une petite organisation à l'époque, nous savions qu'il était crucial de défendre nos principes. Cette défense des principes allait plus tard devenir essentielle à la construction et l'expansion de l'organisation.

La réunion du 25 mai eut lieu à peine 24 jours après notre arrivée. Les Internationalistes avaient déjà un attrait de masse. Ils étaient un sujet de discussion dans tous les cercles, un point de ralliement de tous les marxistes-léninistes au Canada pour fonder le nouveau Parti. Le 26 juillet fut une autre date importante : des centaines de personnes participèrent à notre conférence de fin de semaine à l'Université Sir-George-Williams (qui s'est depuis fusionnée au Collège Loyola pour former l'Université Concordia), où notre programme politique et idéologique reçut l'approbation populaire.

Cet été tumultueux de 1968 entraîna beaucoup d'autres événements et pour ceux et celles qui en ont fait directement l'expérience, leur parfum reste toujours frais dans la mémoire. Si on nous demandait ce que cet été en particulier a de si important, il faudrait invoquer toutes les facettes. Les Internationalistes furent renforcés dans tous les sens : idéologiquement, organisationnellement, politiquement et quantitativement. Ils étaient un attrait irrésistible pour tous ceux et celles qui jonglaient avec la décision de se joindre aux marxistes-léninistes révolutionnaires. Ils semblaient n'attendre rien d'autre que Les Internationalistes. C'était la solution mère qui se cristallise dès qu'elle se fusionne à l'élément manquant. Telle était la fraîcheur et la pureté des événements de l'été 1968. Notre direction en fut consolidée et notre conviction renforcée. Il confirmait la voie que nous travaillions à formuler depuis plus de cinq ans, la conclusion d'une période transformée en un progrès réel, la réorganisation et la consolidation des Internationalistes en une organisation marxiste-léniniste dans tous les sens du mot.

L'été 1968 eut un tel impact qu'encore aujourd'hui, celui qui veut trahir doit d'aborder violer les décisions et l'esprit de cette période. On a pu observer avec le temps que les individus qui deviennent passifs ou qui trahissent l'organisation vont d'abord tenter de diffamer cette période et la période précédente et deviennent émotionnellement instables en conséquence à cause de cela. Il n'est pas possible de se purger de la vérité et se remplir de faussetés sans en subir de graves séquelles émotivement.

(Manuscript inédit écrit en 1989 © 2013 Archives commémoratives Hardial Bains. Tous droits réservés.)

Haut de page


33e anniversaire du Soulèvement populaire de Gwangju

La lutte du peuple coréen pour la démocratie et pour mettre fin au diktat étasunien est toujours vivante


Une des manifestations lors du soulèvement démocratique de Gwangju en Corée, en mai 1980

Le 18 mai 2013 était le 33e anniversaire du Soulèvement populaire héroïque de Gwangju, en Corée du sud, du 18 au 28 mai 1980. Pendant ces dix jours, les étudiants, les travailleurs, les femmes et les jeunes, des gens de tous les milieux sociaux, ont pris le contrôle de la ville et ont tenu tête, par la force des armes, à la dictature militaire du général Chun Doo-hwan, qui avait accédé au pouvoir grâce à un coup d'État orchestré par les États-Unis. Ce coup avait renversé le gouvernement du président Choi Kyu-hah qui n'était en place que depuis trois mois. Le Soulèvement populaire de Gwangyu a porté un coup décisif à l'impérialisme étasunien, à son asservissement et à son oppression du peuple coréen dans les conditions où les États-Unis avaient divisé le pays par la force au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale. Le soulèvement populaire de Gwangyu en est venu à personnifier la détermination du peuple sud-coréen dans sa résistance à la domination de la Corée du sud par les États-Unis, domination qui se poursuit jusqu'à ce jour. Il a donné une nouvelle vigueur à la lutte collective pour l'autodétermination, la démocratie, l'indépendance et la réunification de son pays démembré. Le soulèvement populaire de Gwangyu est aussi une source d'inspiration pour tous ceux qui s'unissent dans la lutte pour débarrasser le monde du fléau de l'impérialisme étasunien et qui aspirent à édifier un monde moderne sans guerres d'agression et d'oppression.

L'esprit du Soulèvement populaire de Gwangyu, qu'on nomme aussi Mouvement de démocratisation de Gwangyu, est toujours vivant aujourd'hui dans les actions collectives du peuple en Corée du sud contre l'asservissement aux intérêts étasuniens. Il vit aujourd'hui dans le mouvement d'opposition aux exercices militaires et dans la demande que les États-Unis concluent un traité de paix mettant fin à la guerre de Corée. Il vit aussi dans la lutte pour empêcher la construction d'une base navale sur l'île de Jeju et dans la demande que les États-Unis retirent leurs 28 000 soldats et leur arsenal d'armes de la Corée du sud, y compris leurs armes nucléaires.

De cette lutte est née une chanson bien connue en Corée du Sud, Imeul wihan Haengjingog (« Marche pour les bien-aimés ») qui a été composée et dédiée à un couple tué par les troupes gouvernementales déployées par les États-Unis contre le Soulèvement de Gwangyu au cours duquel près de 2 000 personnes ont perdu la vie. Cette chanson est de tous les rassemblements ouvriers et manifestations populaires, souvent interprétée par les participants le poing levé. Cette année, le gouvernement récemment élu de Park Geun-hye a refusé d'autoriser que la chanson Marche pour les bien-aimés soit chantée en choeur par les participants à la cérémonie commémorative du Soulèvement populaire de Gwangyu , une cérémonie d'État, et a insisté pour qu'elle soit chantée exclusivement par une chorale. Cette interdiction de chanter en public ce chant patriotique populaire démontre l'antipathie que ce gouvernement nourrit à l'égard non seulement des travailleurs, mais également des aspirations sociales, politiques et économiques du peuple coréen, dont l'aspiration à la réunification nationale et à l'arrêt de la domination de l'impérialisme étasunien sur la Corée du sud et de son ingérence dans les affaires coréennes.


Le 18 mai 2013, environ 3 000 travailleurs de partout au pays rassemblés à Gwangyu pour souligner l'anniversaire.
(Tongil News)

De 2003 à 2008, l'interprétation par toute la foule de la Marche pour les bien-aimés est devenue la norme lors des cérémonies commémoratives du Soulèvement de Gwangyu, lesquelles ont été organisées par l'État à partir de 2003 sous l'administration du président Roh Moo-hyun. L'élection de Lee Myung-bak en 2009 a mis fin à cette pratique. L'administration de Lee Myung-bak s'est rendue notoire par ses nombreux actes de trahison nationale et de servitude absolue aux intérêts étasuniens qui ont porté atteinte à l'honneur et à la dignité de la nation coréenne et sabordé tous les efforts pour favoriser la réunification nationale. Un porte-parole du gouvernement, cité dans Yonhap News, a trahi la tradition établie par la première cérémonie d'État en disant : « Nous avons jugé ne pas pouvoir accepter que le chant soit chanté en choeur parce que certains ont soulevé des objections à l'effet qu'il est inapproprié pour des participants à une cérémonie d'État d'entonner ce chant en brandissant le poing. »

Les groupes pour les droits des victimes ont vigoureusement contesté cette décision et ont promis de boycotter la cérémonie. D'autres organisations civiles de Gwangyu ont tenu des sit-in et ont entrepris d'autres actions pour contester la décision. L'administration de la ville de Gwangyu a aussi annoncé que la chorale municipale, qui devait chanter la « Marche des bien-aimés » pendant la cérémonie, ne participerait pas à l'évènement et que le ministère des Affaires patriotiques allait devoir se trouver une nouvelle chorale. Le Parti démocratique, d'autres partis d'opposition et des personnes provenant de tous les milieux ont dénoncé la décision gouvernementale comme une profanation de l'histoire.

Le Rodong Sinmun, l'organe officiel du Parti des travailleurs de Corée de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), a condamné la décision du gouvernement Park et, chose pire encore, que « la clique fantoche exerce une pression pour que l'assassinat des braves résistants aux mains de la clique militaire fasciste ne soit pas dépeint dans les oeuvres littéraires et artistiques ».

À l'occasion du 33e anniversaire du Soulèvement populaire de Gwangyu, Le Marxiste-Léniniste appelle la classe ouvrière du Canada à appuyer l'héroïque peuple coréen dans sa juste contre l'occupation militaire de la Corée du sud par les États-Unis, à s'opposer résolument au chantage nucléaire exercé par les États-Unis ainsi qu'aux provocations militaires contre la RPDC et à exiger que les États-Unis concluent un traité de paix permanent. Appuyons le peuple coréen dans ses plus profondes aspirations et dans sa lutte pour faire la réunification indépendante et pacifique de son pays sur la base de ses propres efforts !


Des résidents de Gwangyu lors d'un sit-in au Portail de la démocratie menant au cimetière national 5.18 pour exprimer leur opposition à la décision du gouvernement d'empêcher la pleine performance du chant « Marche pour les bien-aimés». (Tongil News)

Vidéo du Soulèvement de Gwangju au son de La Marche pour les bien-aimés

Haut de page


Le soulèvement populaire de Gwangyu


18 mai 1980 à Gwangju: les soldats sont déployés contre le peuple pour réprimer brutalement le Soulèvement démocratique de Gwangju

Le Soulèvement populaire de Gwangyu a eu lieu dans la ville de Gwangyu, en Corée du sud, du 18 au 28 mai 1980. Ce fut une action révolutionnaire grandiose menée contre la dictature militaire brutale du général Chun Doo-hwan. Chun avait accédé au pouvoir grâce à un coup militaire orchestré par les États-Unis qui avait renversé le gouvernement du président Choi Kyu-hah et imposé la loi martiale en Corée du sud en mai 1980.

Selon des reportages et des témoignages de gens sur place, le Soulèvement populaire de Gwangyu a débuté le matin du 18 mai alors que les étudiants ont tenu des manifestations, bravant un décret martial visant à fermer les universités et à écraser toute dissension politique. La police ne pouvant contenir la résistance organisée du peuple, le régime a fait appel à une unité des Forces spéciales de l'armée formée pour des missions d'assaut pour écraser le soulèvement. Les Forces spéciales ont eu recours aux gaz lacrymogènes, aux matraques et aux balles de caoutchouc pour tenter de supprimer le soulèvement ce qui a poussé les travailleurs, les commerçants et les parents à descendre dans la rue pour défendre leurs enfants. Les militaires ont alors ouvert le feu, tuant près de deux cent personnes et en blessant des centaines d'autres.


Monument commémoratif à Gangyu dédié à ceux qui ont
sacrifié leur vie au cours du soulèvement démocratique
de mai 1980. (ChrisJ/TrekEarth)

Le 20 mai, près de 10 000 personnes ont manifesté à Gwangwu. Dans le contexte de la militarisation très poussée de la société, il y avait de nombreuses caches d'armes dans les principaux endroits de travail en Corée du sud. Les manifestants ont saisi ces armes de même que des autobus, des taxis et même des véhicules blindés, formant des milices armées engageant le combat contre l'armée. Le 21 mai, les Forces spéciales ont été forcées de se retirer et la ville est restée entre les mains des résidents.

Les cinq jours qui ont suivi sont sans précédent dans l'histoire de la Corée du sud. La population s'est organisée en comités de citoyens pour assurer le bien-être et la sécurité de tous. Un système d'approvisionnement alimentaire, médical et de transport a été organisé, le tout alimenté par de vives discussions politiques alors que les gens se rassemblaient pour discuter de leur avenir et de leur opposition à l'occupation de la Corée du sud par les États-Unis ainsi qu'à la dictature militaire.

Le 24 mai, 15 000 personnes ont participé à une cérémonie tenue à la mémoire des victimes des Forces spéciales tombées dès le premier jour du soulèvement. Le 25 mai, près de 50 000 personnes se sont rassemblées à Gwangyu et ont adopté une résolution exigeant le retrait de la loi martiale et la libération de Kim Dae Jung. (Kim, qui est décédé en août 2009, était au moment du soulèvement un prisonnier politique et une personnalité connue. Il allait devenir éventuellement le huitième président de la République de Corée et jouer un rôle important dans l'établissement du dialogue nord-sud pour la réunification. Avec son homologue, le dirigeant de la République populaire démocratique de la Corée, Kim Jong Il, Kim Dae Jung a signé l'historique Déclaration conjointe Nord-Sud du 15 juin qui a constitué un nouveau jalon dans la lutte pour la réunification de la Corée.)

Peu après, le gouvernement de Jimmy Carter est intervenu parce qu'il a vu dans le Soulèvement de Gwangyu une menace aux intérêts stratégiques des États-Unis dans la péninsule coréenne et en Asie. Les États-Unis ont alors ordonné au régime Chun de déplacer des troupes de la Zone démilitarisée séparant la Corée du Nord de la Corée du sud et de les déployer pour réoccuper Gwangyu. Le 27 mai, à 3 h 30, l'armée a pris Gwangyu d'assaut dans une opération nommée « Fascinating Vacations ». La population de Gwangyu a résisté courageusement à cet acte de terrorisme d'État.

Dans la bataille qui a suivi, des milliers de civils ont été tués et près de 15 000 personnes blessées. Plus de 1 500 personnes ont été arrêtées et plusieurs ont été torturés. Sept personnes ont été exécutées et 14 ont été condamnées à des peines d'emprisonnement à vie pour avoir pris position contre la dictature militaire appuyée par les États-Unis et pour avoir affirmé leurs droits.

Le Soulèvement populaire de Gwangyu a porté un coup décisif à l'impérialisme étasunien et à sa présence sur la péninsule coréenne. Il a marqué un tournant décisif dans la lutte et la volonté populaire du peuple coréen visant à libérer son pays de l'occupation militaire de la Corée du sud par les États-Unis.

Ce fut aussi une bataille décisive pour le projet de réunification nationale du peuple coréen, pour sa lutte pour des réformes démocratiques et pour mettre fin aux dictatures militaires installées par les États-Unis au pays.

Haut de page


Lisez Le Marxiste-Léniniste
Site web:  www.pccml.ca   Courriel: redaction@cpcml.ca