45e anniversaire de l'historique
réorganisation des Internationalistes
25 mai 1968: l'arrivée à Montréal
- Réminiscences de Hardial Bains -
Hardial Bains Fondateur et
dirigeant du PCC(M-L)
Nous sommes arrivés à Montréal le
1er mai 1968. Inconfortable est le mot qui décrit sans doute le
mieux la situation de celui qui arrive dans une ville avec un handicap,
une obstruction dans la forme d'un proche collaborateur qui à ce
moment particulier n'était pas totalement engagé envers
l'objectif pour lequel nous étions venus. Cet inconfort sur
l'objectif allait devenir une source continuelle d'agacement et de
perturbation durant les années à venir. Il est important
de bien choisir les personnes avec qui on va au combat, mais l'histoire
ne nous a pas donné la possibilité de choisir à ce
moment-là.
La ville nous sembla inhospitalière en cet
après-midi sur le trajet de l'aéroport de Dorval vers Le
Reine-Élizabeth au centre-ville et la lente marche vers le
ghetto de l'Université McGill. Chargés comme des mulets
de tout ce que nous possédions, nous sentions comme si tout le
monde nous regardait, comme si tous se demandaient pourquoi nous
étions venus à Montréal. Certains diront que je
suis trop sensible ou soucieux des apparences, mais j'espère ne
jamais revivre cette expérience. Après une nuit difficile
chez des émigrés transplantés de Vancouver, nous
nous mîmes au travail.
Les rues qui nous avaient semblé si
inhospitalières la veille nous semblaient maintenant
accueillantes. Un appel retentissait dans les rues caverneuses :
« Les Internationalistes sont là ! Les
Internationalistes sont là ! » Notre
organisation se mit à grossir en quelques jours. Des individus
venus d'aussi loin que Vancouver se joignirent à nous, mais la
meilleure réponse vint des Montréalais.
La veille maison sur la rue Jeanne-Mance bourdonnait
d'activités le jour de notre première réunion
publique, le 25 mai 1968. Il n'y avait plus de place dans la salle
à manger et salon et le long corridor et beaucoup ne purent
entrer. Le vieux cliché « rien ne réussit
comme la réussite » s'appliquait très bien
dans ce cas, mais, comme la plupart des clichés, il omet une
certaine réalité, à savoir que notre succès
dépendait, entre autres facteurs, du travail sérieux,
honnête et conscient que nous avions fait au préalable. La
réussite ne vient pas sans une planification sérieuse
basée sur les conditions réelles. La réunion sur
la rue Jeanne-Mance était cruciale, elle allait décider
de la profondeur et du succès de notre travail d'organisation
initial à Montréal et au Québec. Nous
étions sûrs de nous, mais on ne peut jamais
présumer de rien des gens dans le feu de l'instant. Mis à
part la présence de tant de nouveaux visages, la réunion
fut caractérisée par l'enthousiasme pour Les
Internationalistes et les très nombreuses questions que les
participants voulaient nous poser.
Après l'historique rencontre de Montréal
le 25 mai, le murmure se répandit dans toute la ville que
Les Internationalistes sont partout, par centaines ! La
deuxième réunion, tenue la semaine suivante, fut encore
une fois un succès retentissant. À l'intérieur une
discussion sur l'offensive idéologique menée par
l'entremise d'une culture décadente, à l'extérieur
une manifestation contre nous organisée par des hippies à
la défense de l'offensive idéologique. Un des
organisateurs de cette manifestation était non sans
coïncidence un transplanté de Victoria, en
Colombie-Britannique, très fâché que Les
Internationalistes lui aient volé la vedette. Il voulait
perturber notre réunion pour montrer qu'il était
« brave » mais nous voulions éviter ce
type d'altercations. Ils quittèrent après quelques
bravades sans réussir à gagner les jeunes venus nous
entendre. Il faut par contre noter le comportement de la police parce
que cela allait devenir un trait caractéristique de ces
temps-là. Les policiers n'intervinrent pas contre les
manifestants et à partir de ce moment-là ils
n'étaient jamais là quand des gens venaient perturber nos
réunions. Ils apparaissaient seulement quand nous agissions pour
mettre les perturbateurs à leur place et c'est contre nous
qu'ils intervenaient.
La politique révolutionnaire prit rapidement de
l'ampleur cet été-là et les rangs des
Internationalistes se gonflèrent. Près de 70
délégués participèrent à notre
Première Conférence nationale à la fin de
décembre 1968 et nous avions des organisations
établies dans toutes les provinces sauf dans les Maritimes. La
plupart des forces vives s'unirent autour des Internationalistes et
beaucoup d'autres allaient leur emboîter le pas. Cette
progression rapide avait une base objective. Ceux et celles qui se
joignirent à nous provenaient des mêmes conditions que Les
Internationalistes, ils gravitaient vers une organisation qui
était stable, idéologiquement et organisationnellement
forte et possédant une ligne politique solide. De plus,
l'organisation conviait tout le monde à s'engager sur la voie
marxiste-léniniste qui nous appartenait à tous. Les
Internationalistes n'étaient pas une secte mais bien une
organisation de la classe ouvrière se consacrant la victoire de
la révolution et du socialisme.
Les Internationalistes étaient une organisation
nationale appelée « mouvement de la jeunesse et des
étudiants marxistes-léninistes », mais
possédait tous les attributs d'un véritable Parti
communiste marxiste-léniniste. Le marxisme-léninisme
était la base idéologique de l'organisation, le
centralisme démocratique le principe organisationnel et
l'internationalisme prolétarien le coeur de sa pratique. Les
Internationalistes ne s'étaient pas encore constitués en
Parti parce que nous voulions gagner à nous d'autres groupes qui
se disaient marxistes-léninistes pour fonder un seul Parti de la
classe ouvrière. Nous ne voulions pas déclarer le Parti
unilatéralement. Cela aurait été
considéré comme une entrave au mouvement et en
rétrospective l'histoire a entièrement corroboré
cette opinion.
En octobre 1968, le
Mouvement étudiant de l'Université Sir
George Williams a joué un rôle important dans la lutte
contre les activités racistes des autorités universitaires
Ces jours de mai à Montréal nous sont
très chers. C'était une situation à la fois
difficile et délicate et Les internationalistes devaient faire
preuve de circonspection. Il n'y avait pas de groupe carrément
marxiste-léniniste à Montréal. La pratique du
dirigeant de l'une des meilleures organisations reflétait la
confusion idéologique dont il souffrait. Nous devions être
prudents avec ce groupe car nous savions que la plupart de ses membres
avaient un bon sentiment, mais la pression de la confusion
idéologique était énorme. Nous devions lever cette
confusion idéologique résolument mais en faisant preuve
de responsabilité et de camaraderie envers eux.
Ce groupe nous invita à une réunion de
l'un de ses comités. Nous assistâmes sans trop intervenir.
Les échanges confirmaient notre opinion que ce groupe souffrait
de confusion idéologique. C'était particulier et
c'était dû à une absence de distinction entre les
intérêts personnels et les buts du mouvement, de sorte que
l'intérêt personnel devient le but du mouvement. À
la fin de la réunion, on m'a littéralement ordonné
de donner mes impressions et mon opinion sur la réunion et sur
l'organisation. Je répondis poliment et calmement qu'il fallait
m'excuser parce qu'exprimer une opinion sur une autre organisation est
une affaire délicate et que nous aurions l'occasion
d'échanger les opinions bientôt à une rencontre
entre délégués des deux organisations.
Mais certains ne voulurent rien savoir.
L'atmosphère dégénéra et quelques individus
m'accusèrent d'avoir peur de dire ma pensée devant eux.
Je fus forcé de dire quelque chose. Et bien entendu, quand vous
êtes en compagnie de gens exaltés, tout ce que vous faites
ou dites se retourne contre vous. Je commençai :
« Votre sentiment est très bon et
votre but est très bon... »
« Viens-en aux faits ! »,
s'exclama un grossier individu au fond de la salle.
Je restai calme. Très gentiment, je leur laissai
savoir que leur idéologie était bourgeoise
libérale mais avant que je ne termine quelqu'un
s'écria : « Nous allons te tuer si tu
répètes cela. »
Je me dis à moi-même :
« trotskyste, typiquement petit-bourgeois » et me
levant de toute ma grandeur je rétorquai à celui qui
avait proféré la menace : « Ce serait
tout un exploit pour un petit-bourgeois comme toi ! »
Je tentai ensuite par tous les moyens de calmer la situation.
La personne qui fit preuve de tant d'arrogance à
cette réunion devint plus tard un vrai carriériste, un
professeur de psychologie ou autre domaine du genre, et est vite
disparue de la politique progressiste. Par contre dans le feu de
l'action politique cet été 1968 à
Montréal, lui et tous les autres membres de cette organisation
se joignirent aux Internationalistes.
D'autres à Montréal qui se disaient
marxistes-léninistes étaient liés au Mouvement
ouvrier progressiste de Vancouver. Ils passèrent tout
1968 à chercher en vain à détourner les gens
des Internationalistes et à provoquer des divisions dans nos
rangs. Par ailleurs le Front de libération nationale du
Québec (FLQ) s'était dissipé tandis que les
unilinguistes cherchaient à créer une hystérie
raciste.
L'opposition principale aux Internationalistes durant
l'été était centrée à
l'Université McGill. Le groupe Étudiants pour une
université démocratique (SDU) se décomposait
après une vague d'occupations à l'automne 1967. S'il y
avait une certaine nostalgie pour les événements de
l'automne, le groupe était en proie à des
récriminations et les éléments positifs
gravitaient autour de nous. De cette organisation à l'agonie
surgit un groupe « socialiste ». Le mot
« socialiste » était devenu l'apanage de
tous ceux qui ne voulaient pas vraiment s'attaquer à la question
du socialisme ou organiser pour le réaliser par la
révolution. Cette opposition anti-léniniste aboutit avec
la diversion que fut la campagne « McGill
français », dont un des leaders disparut après
la Loi des mesures de guerre d'octobre 1970.
En octobre 1968,
les Internationalistes se joignent aux
travailleurs dans la lutte des chauffeurs de taxi
de Murray Hill à l'aéroport de Dorval.
Ces journées de 1968 à
Montréal furent cruciales pour la construction du Parti. On ne
peut imaginer un Parti communiste marxiste-léniniste canadien
sans les travailleurs du Québec. En plus d'unir les
différents groupes, l'élément manquant pour
bâtir le Parti lorsque nous sommes arrivés à
Montréal était précisément les travailleurs
québécois. L'été semblait avoir un air de
grands événements en préparation et si le temps
s'écoulait au compte-goutte, les événements se
succédaient rapidement. Un jour, un après-midi ou
même une heure pouvait faire la différence, pouvait faire
pivoter la situation d'une façon significative. Il
s'écoula à peine six jours entre notre arrivée le
1er mai et la réorganisation des Internationalistes le
7 mai. La bataille éclata sur le principe organisationnel
du centralisme démocratique. Le débat centrait sur le
point essentiel, à savoir la subordination de l'individu au
collectif. Nous étions solidement en faveur de la subordination
de l'individu à l'organisation, un principe que nous appliquions
en pratique. Bien que nous fussions une petite organisation à
l'époque, nous savions qu'il était crucial de
défendre nos principes. Cette défense des principes
allait plus tard devenir essentielle à la construction et
l'expansion de l'organisation.
La réunion du 25 mai eut lieu à peine
24 jours après notre arrivée. Les Internationalistes
avaient déjà un attrait de masse. Ils étaient un
sujet de discussion dans tous les cercles, un point de ralliement de
tous les marxistes-léninistes au Canada pour fonder le nouveau
Parti. Le 26 juillet fut une autre date importante : des
centaines de personnes participèrent à notre
conférence de fin de semaine à l'Université
Sir-George-Williams (qui s'est depuis fusionnée au
Collège Loyola pour former l'Université Concordia),
où notre programme politique et idéologique reçut
l'approbation populaire.
Cet été tumultueux de
1968 entraîna beaucoup d'autres événements et
pour ceux et celles qui en ont fait directement l'expérience,
leur parfum reste toujours frais dans la mémoire. Si on nous
demandait ce que cet été en particulier a de si
important, il faudrait invoquer toutes les facettes. Les
Internationalistes furent renforcés dans tous les sens :
idéologiquement, organisationnellement, politiquement et
quantitativement. Ils étaient un attrait irrésistible
pour tous ceux et celles qui jonglaient avec la décision de se
joindre aux marxistes-léninistes révolutionnaires. Ils
semblaient n'attendre rien d'autre que Les Internationalistes.
C'était la solution mère qui se cristallise dès
qu'elle se fusionne à l'élément manquant. Telle
était la fraîcheur et la pureté des
événements de l'été 1968. Notre direction
en fut consolidée et notre conviction renforcée. Il
confirmait la voie que nous travaillions à formuler depuis plus
de cinq ans, la conclusion d'une période transformée en
un progrès réel, la réorganisation et la
consolidation des Internationalistes en une organisation
marxiste-léniniste dans tous les sens du mot.
L'été 1968 eut un tel impact
qu'encore aujourd'hui, celui qui veut trahir doit d'aborder violer les
décisions et l'esprit de cette période. On a pu observer
avec le temps que les individus qui deviennent passifs ou qui
trahissent l'organisation vont d'abord tenter de diffamer cette
période et la période précédente et
deviennent émotionnellement instables en conséquence
à cause de cela. Il n'est pas possible de se purger de la
vérité et se remplir de faussetés sans en subir de
graves séquelles émotivement.
33e anniversaire du Soulèvement
populaire de Gwangju
La lutte du peuple coréen pour la
démocratie et pour mettre fin au diktat étasunien est
toujours vivante
Une des manifestations
lors du soulèvement démocratique de Gwangju en
Corée, en mai 1980
Le 18 mai 2013 était le 33e
anniversaire du Soulèvement populaire héroïque de
Gwangju, en Corée du sud, du 18 au 28 mai 1980.
Pendant ces dix jours, les étudiants, les travailleurs, les
femmes et les jeunes, des gens de tous les milieux sociaux, ont pris le
contrôle de la ville et ont tenu tête, par la force des
armes, à la dictature militaire du général Chun
Doo-hwan, qui avait accédé au pouvoir grâce
à un coup d'État orchestré par les
États-Unis. Ce coup avait renversé le gouvernement du
président Choi Kyu-hah qui n'était en place que depuis
trois mois. Le Soulèvement populaire de Gwangyu a porté
un coup décisif à l'impérialisme étasunien,
à son asservissement et à son oppression du peuple
coréen dans les conditions où les États-Unis
avaient divisé le pays par la force au lendemain de la
Deuxième Guerre mondiale. Le soulèvement populaire de
Gwangyu en est venu à personnifier la détermination du
peuple sud-coréen dans sa résistance à la
domination de la Corée du sud par les États-Unis,
domination qui se poursuit jusqu'à ce jour. Il a donné
une nouvelle vigueur à la lutte collective pour
l'autodétermination, la démocratie, l'indépendance
et la réunification de son pays démembré. Le
soulèvement populaire de Gwangyu est aussi une source
d'inspiration pour tous ceux qui s'unissent dans la lutte pour
débarrasser le monde du fléau de l'impérialisme
étasunien et qui aspirent à édifier un monde
moderne sans guerres d'agression et d'oppression.
L'esprit du
Soulèvement populaire de Gwangyu, qu'on nomme aussi Mouvement de
démocratisation de Gwangyu, est toujours vivant aujourd'hui dans
les actions collectives du peuple en Corée du sud contre
l'asservissement aux intérêts étasuniens. Il vit
aujourd'hui dans le mouvement d'opposition aux exercices militaires et
dans la demande que les États-Unis concluent un traité de
paix mettant fin à la guerre de Corée. Il vit aussi dans
la lutte pour empêcher la construction d'une base navale sur
l'île de Jeju et dans la demande que les États-Unis
retirent leurs 28 000 soldats et leur arsenal d'armes de la
Corée du sud, y compris leurs armes nucléaires.
De cette lutte est née une chanson bien connue en
Corée du Sud, Imeul wihan Haengjingog (« Marche
pour
les bien-aimés ») qui a été
composée et dédiée à un couple tué
par les troupes gouvernementales déployées par les
États-Unis contre le Soulèvement de Gwangyu au cours
duquel près de 2 000 personnes ont perdu la vie. Cette
chanson est de tous les rassemblements ouvriers et manifestations
populaires, souvent interprétée par les participants le
poing levé. Cette année, le gouvernement récemment
élu de Park Geun-hye a refusé d'autoriser que la chanson Marche
pour
les bien-aimés soit chantée en choeur par les
participants à la cérémonie commémorative
du Soulèvement populaire de Gwangyu , une
cérémonie d'État, et a insisté pour qu'elle
soit chantée exclusivement par une chorale. Cette interdiction
de chanter en public ce chant patriotique populaire démontre
l'antipathie que ce gouvernement nourrit à l'égard non
seulement des travailleurs, mais également des aspirations
sociales, politiques et économiques du peuple coréen,
dont l'aspiration à la réunification nationale et
à l'arrêt de la domination de l'impérialisme
étasunien sur la Corée du sud et de son ingérence
dans les affaires coréennes.
Le 18 mai 2013, environ 3
000 travailleurs de partout au pays rassemblés à Gwangyu
pour souligner l'anniversaire. (Tongil News)
De 2003 à 2008, l'interprétation par
toute la foule de la Marche pour les bien-aimés est
devenue la norme lors des cérémonies
commémoratives du Soulèvement de Gwangyu, lesquelles ont
été organisées par l'État à partir
de 2003 sous l'administration du président Roh Moo-hyun.
L'élection de Lee Myung-bak en 2009 a mis fin à
cette pratique. L'administration de Lee Myung-bak s'est rendue notoire
par ses nombreux actes de trahison nationale et de servitude absolue
aux intérêts étasuniens qui ont porté
atteinte à l'honneur et à la dignité de la nation
coréenne et sabordé tous les efforts pour favoriser la
réunification nationale. Un porte-parole du gouvernement,
cité dans Yonhap News, a trahi la tradition
établie par la première cérémonie
d'État en disant : « Nous avons jugé ne
pas pouvoir accepter que le chant soit chanté en choeur parce
que certains ont soulevé des objections à l'effet qu'il
est inapproprié pour des participants à une
cérémonie d'État d'entonner ce chant en
brandissant le poing. »
Les groupes pour les droits des victimes ont
vigoureusement contesté cette décision et ont promis de
boycotter la cérémonie. D'autres organisations civiles de
Gwangyu ont tenu des sit-in et ont entrepris d'autres actions pour
contester la décision. L'administration de la ville de Gwangyu a
aussi annoncé que la chorale municipale, qui devait chanter la
« Marche des bien-aimés » pendant la
cérémonie, ne participerait pas à
l'évènement et que le ministère des Affaires
patriotiques allait devoir se trouver une nouvelle chorale. Le Parti
démocratique, d'autres partis d'opposition et des personnes
provenant de tous les milieux ont dénoncé la
décision gouvernementale comme une profanation de l'histoire.
Le Rodong Sinmun, l'organe officiel du Parti
des travailleurs de Corée de la République populaire
démocratique de Corée (RPDC), a condamné la
décision du gouvernement Park et, chose pire encore, que
« la clique fantoche exerce une pression pour que
l'assassinat des braves résistants aux mains de la clique
militaire fasciste ne soit pas dépeint dans les oeuvres
littéraires et artistiques ».
À l'occasion du 33e anniversaire du
Soulèvement populaire de Gwangyu, Le
Marxiste-Léniniste appelle la classe ouvrière du
Canada à appuyer l'héroïque peuple coréen
dans sa juste contre l'occupation militaire de la Corée du sud
par les États-Unis, à s'opposer résolument au
chantage nucléaire exercé par les États-Unis ainsi
qu'aux provocations militaires contre la RPDC et à exiger que
les États-Unis concluent un traité de paix permanent.
Appuyons le peuple coréen dans ses plus profondes aspirations et
dans sa lutte pour faire la réunification indépendante et
pacifique de son pays sur la base de ses propres efforts !
Des résidents de
Gwangyu lors d'un sit-in au Portail de la démocratie menant au
cimetière national 5.18 pour exprimer leur opposition à
la décision du gouvernement d'empêcher la pleine
performance du chant « Marche pour les bien-aimés». (Tongil News)
Vidéo du Soulèvement de
Gwangju au son de La Marche pour les
bien-aimés
Le soulèvement populaire de Gwangyu
18 mai 1980 à
Gwangju: les soldats sont déployés contre le peuple pour
réprimer brutalement le Soulèvement démocratique
de Gwangju
Le Soulèvement populaire de Gwangyu a eu lieu
dans la ville de Gwangyu, en Corée du sud, du 18 au
28 mai 1980. Ce fut une action révolutionnaire grandiose
menée contre la dictature militaire brutale du
général Chun Doo-hwan. Chun avait accédé au
pouvoir grâce à un coup militaire orchestré par les
États-Unis qui avait renversé le gouvernement du
président Choi Kyu-hah et imposé la loi martiale en
Corée du sud en mai 1980.
Selon des reportages et des témoignages de gens
sur place, le Soulèvement populaire de Gwangyu a
débuté le matin du 18 mai alors que les
étudiants ont tenu des manifestations, bravant un décret
martial visant à fermer les universités et à
écraser toute dissension politique. La police ne pouvant
contenir la résistance organisée du peuple, le
régime a fait appel à une unité des Forces
spéciales de l'armée formée pour des missions
d'assaut pour écraser le soulèvement. Les Forces
spéciales ont eu recours aux gaz lacrymogènes, aux
matraques et aux balles de caoutchouc pour tenter de supprimer le
soulèvement ce qui a poussé les travailleurs, les
commerçants et les parents à descendre dans la rue pour
défendre leurs enfants. Les militaires ont alors ouvert le feu,
tuant près de deux cent personnes et en blessant des centaines
d'autres.
Monument commémoratif à Gangyu dédié
à ceux qui ont
sacrifié leur vie au cours du soulèvement
démocratique
de mai 1980. (ChrisJ/TrekEarth)
Le 20 mai, près de 10 000 personnes ont
manifesté à Gwangwu. Dans le contexte de la
militarisation très poussée de la société,
il y avait de nombreuses caches d'armes dans les principaux endroits de
travail en Corée du sud. Les manifestants ont saisi ces armes de
même que des autobus, des taxis et même des
véhicules blindés, formant des milices armées
engageant le combat contre l'armée. Le 21 mai, les Forces
spéciales ont été forcées de se retirer et
la ville est restée entre les mains des résidents.
Les cinq jours qui ont suivi sont sans
précédent dans l'histoire de la Corée du sud. La
population s'est organisée en comités de citoyens pour
assurer le bien-être et la sécurité de tous. Un
système d'approvisionnement alimentaire, médical et de
transport a été organisé, le tout alimenté
par de vives discussions politiques alors que les gens se rassemblaient
pour discuter de leur avenir et de leur opposition à
l'occupation de la Corée du sud par les États-Unis ainsi
qu'à la dictature militaire.
Le 24 mai, 15 000 personnes ont
participé à une cérémonie tenue à la
mémoire des victimes des Forces spéciales tombées
dès le premier jour du soulèvement. Le 25 mai,
près de 50 000 personnes se sont rassemblées à
Gwangyu et ont adopté une résolution exigeant le retrait
de la loi martiale et la libération de Kim Dae Jung. (Kim, qui
est décédé en août 2009, était au
moment du soulèvement un prisonnier politique et une
personnalité connue. Il allait devenir éventuellement le
huitième président de la République de
Corée et jouer un rôle important dans
l'établissement du dialogue nord-sud pour la
réunification. Avec son homologue, le dirigeant de la
République populaire démocratique de la Corée, Kim
Jong Il, Kim Dae Jung a signé l'historique Déclaration
conjointe Nord-Sud du 15 juin qui a constitué un nouveau
jalon dans la lutte pour la réunification de la Corée.)
Peu après, le gouvernement de Jimmy Carter est
intervenu parce qu'il a vu dans le Soulèvement de Gwangyu une
menace aux intérêts stratégiques des
États-Unis dans la péninsule coréenne et en Asie.
Les États-Unis ont alors ordonné au régime Chun de
déplacer des troupes de la Zone démilitarisée
séparant la Corée du Nord de la Corée du sud et de
les déployer pour réoccuper Gwangyu. Le 27 mai,
à 3 h 30, l'armée a pris Gwangyu d'assaut dans une
opération nommée « Fascinating
Vacations ». La population de Gwangyu a
résisté courageusement à cet acte de terrorisme
d'État.
Dans la bataille qui a suivi, des milliers de civils ont
été tués et près de 15 000 personnes
blessées. Plus de 1 500 personnes ont été
arrêtées et plusieurs ont été
torturés. Sept personnes ont été
exécutées et 14 ont été
condamnées à des peines d'emprisonnement à vie
pour avoir pris position contre la dictature militaire appuyée
par les États-Unis et pour avoir affirmé leurs droits.
Le Soulèvement populaire de Gwangyu a
porté un coup décisif à l'impérialisme
étasunien et à sa présence sur la péninsule
coréenne. Il a marqué un tournant décisif dans la
lutte et la volonté populaire du peuple coréen visant
à libérer son pays de l'occupation militaire de la
Corée du sud par les États-Unis.
Ce fut aussi une bataille décisive pour le projet
de réunification nationale du peuple coréen, pour sa
lutte pour des réformes démocratiques et pour mettre fin
aux dictatures militaires installées par les États-Unis
au pays.
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