Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 85 - 22 mai 2013

Non au « droit d'être esclave »! Pour la dignité du travail!

Les conservateurs de l'Ontario déposent des
projets de loi qui bafouent les droits des travailleurs


Les employés de la Régie des alcools de l'Ontario manifestent en appui à leurs revendications, à Toronto le 19 avril.

Non au « droit d'être esclave »! Pour la dignité du travail!
Les conservateurs de l'Ontario déposent des projets de loi qui bafouent les droits des travailleurs - Mira Katz
Coup de force électoral en préparation - Enver Villamizar

68e anniversaire de la libération de l'Europe
Un anniversaire marqué par des crimes impérialistes contre la paix
Le gouvernement Harper exploite la guerre antifasciste pour promouvoir l'agression fasciste et la guerre aujourd'hui - Enver Villamizar


Non au « droit d'être esclave »! Pour la dignité du travail!

Les conservateurs de l'Ontario déposent des
projets de loi qui bafouent les droits des travailleurs

Le projet de loi 63 est intitulé Loi modifiant la Loi de 1995 sur les relations de travail en ce qui concerne la Commission des relations de travail de l'Ontario et d'autres questions. Ce projet de loi élimine la section de la Loi de 1995 qui définit les objets de la loi.

Les objets de la loi de 1995 sont les suivants :

1. Faciliter la négociation collective entre les employeurs et les syndicats qui sont les représentants volontairement désignés des employés.

2. Reconnaître l'importance de l'adaptation au changement des parties dans le lieu de travail.

3. Promouvoir la flexibilité, la productivité ainsi que la participation des employés dans le lieu de travail.

4. Encourager la communication entre les employeurs et les employés dans le lieu de travail.

5. Reconnaître l'importance de la croissance économique comme fondement de rapports mutuellement favorables entre employeurs, employés et syndicats.

6. Encourager les employeurs et les syndicats à collaborer afin de régler les questions relatives au lieu de travail.

7. Promouvoir le règlement rapide des différends relatifs au lieu de travail. 1995, chap. 1, annexe A, art. 2.

En éliminant les objets de la loi, le projet de loi aurait comme effet de consolider les pouvoirs de l'exécutif (le premier ministre et le cabinet) puisqu'on ne pourrait plus contester leurs actions en invoquant qu'elles enfreignent les objectifs de la loi. En éliminant les objets, le projet de loi annule également le mandat de la Commission des relations de travail de l'Ontario (CRTO) de faciliter la négociation collective, ce qui élimine le rôle même de la CRTO en tant que mécanisme de règlement des conflits de façon officiellement indépendante du gouvernement. La commission pourra servir de mécanisme servant à appliquer purement et simplement le diktat gouvernemental.

Le projet de loi ajoute le pouvoir suivant aux pouvoirs du lieutenant-gouverneur de passer des règlements concernant la commission des relations de travail : « régir les pratiques et la procédure de la Commission ainsi que l'exercice des ses pouvoirs et prescrire les formulaires qui doivent être utilisés dans le cadre des instances devant la Commission ».

Les travailleurs bien sûr savent par expérience que la Commission des relations de travail est manipulée par les gouvernements afin de criminaliser leur résistance, mais le projet de loi proposé par le PC va encore plus loin en donnant au pouvoir exécutif le contrôle direct sur la Commission en autorisant le lieutenant-gouverneur en conseil à fixer les règles de la Commission à la place de la Commission elle-même. L'équilibre établi de longue date dans les relations de travail serait détruit.

Dans le sommaire du projet de loi il est dit : « La pratique et la procédure de la Commission des relations de travail de l'Ontario ne sont plus régies par les règles adoptées par la Commission mais par les règlements pris par le lieutenant-gouverneur en conseil en vertu de la Loi.»

Il est clair que les conservateurs ontariens veulent usurper le pouvoir de la CRTO et en faire un instrument de diktat direct sur les travailleurs des secteurs privés et publics. Si adopté, ce projet de loi autoriserait un employeur à saborder les négociations sous prétexte que la CRTO, dorénavant sous contrôle de l'exécutif, est maintenant en mesure d'imposer un contrat et de criminaliser les travailleurs qui s'y opposent.

Le projet de loi affirme aussi : « À l'heure actuelle, une partie visée par une décision de la Commission des relations de travail de l'Ontario n'a pas le droit d'interjeter appel. Le projet de loi prévoit un droit d'appel devant la Cour divisionnaire conformément aux règles de pratique. Il fait également des membres de la Commission et des autres membres de son personnel des personnes contraignables à témoigner en cas d'appel ou de révision judiciaire se rapportant à des instances introduites devant la Commission et fait du ministre du Travail et d'autres personnes travaillant au ministère des personnes contraignables à témoigner devant un tribunal judiciaire ou administratif.» Cet article semble accorder davantage de pouvoirs aux parties leur permettant d'aller devant les tribunaux suite à une décision de la CRTO. Cependant, puisque les objets de la Loi des relations de travail sont désormais éliminés, le ministre peut aisément déclarer que les décisions arbitraires de la Commission relèvent de sa prérogative advenant qu'elles soient contestées par les syndicats.

Le projet de loi 64

Le projet de loi 64 est intitulé Loi modifiant la Loi de 1995 sur les relations de travail pour protéger les droits des employés à la négociation collective et les intérêts financiers des membres des syndicats. Il y est dit très clairement dans la note explicative qu' « un employé compris dans une unité de négociation pour laquelle existe une convention collective entre l'employeur et un syndicat n'est pas tenu d'être membre du syndicat. » C'est le projet de loi du « droit d'être esclave » des progressistes-conservateurs qui rend facultative l'adhésion dans l'unité de négociation d'un syndicat accrédité et met fin à la formule Rand qui prévoit que tous les employés dont l'emploi est couvert par une convention collective doivent verser des cotisations syndicales même lorsqu'être membre du syndicat ne fait pas partie des conditions d'embauche. Qui plus est, avec le projet de loi 64, la convention collective ne s'appliquerait qu'aux employés qui auront choisi d'être membres du syndicat. Dans la note explicative il est dit textuellement : « Un employé qui n'est pas membre du syndicat n'est pas visé par la convention collective. » De cette façon, les progressistes-conservateurs s'en prennent à l'essence même de la négociation collective puisqu'un employeur serait en mesure de diviser les travailleurs accomplissant les mêmes tâches en offrant aux personnes qui refusent d'être membres du syndicat ou qui ont été influencées à s'en retirer des salaires et des conditions de travail différentes de celles des membres du syndicat protégés par une convention collective. Évidemment, l'employeur peut aussi persécuter, harceler et agir de façon discriminatoire envers les travailleurs syndiqués du fait qu'ils ont choisi de devenir membres d'une organisation de défense collective.

Dans un effort pour restreindre encore davantage le pouvoir d'un syndicat et pour, d'autre part, investir l'État et l'employeur d'encore plus de pouvoir, le projet de loi cherche à empêcher les syndicats d'utiliser leurs ressources pour participer à la vie politique. Le projet de loi 64 « limite les cotisations syndicales ordinaires d'un membre d'un syndicat aux cotisations qui se rapportent à la négociation collective, et à aucune autre fin, à moins que le membre n'ait explicitement autorisé le syndicat à inclure des montants à cette fin ». Le projet de loi tente particulièrement d'empêcher les syndicats de participer à la vie politique en amendant la définition de cotisations syndicales ordinaires. Selon l'amendement :

« ‘cotisations syndicales ordinaires' signifie la part des cotisations qu'un employé membre du syndicat verse à ce dernier uniformément et régulièrement, conformément à l'acte constitutif du syndicat et à ses règlements administratifs, et qui se rapporte à :

a) la négociation d'une convention collective par le syndicat ;

b) le paiement de montants qui se rapportent à une pension, à la retraite, à une assurance-maladie ou à d'autres prestations auxquelles les membres du syndicat ont droit ;

c) l'exercice d'un pouvoir ou d'une fonction par le syndicat en vertu de la présente loi ;

d) toute autre question prescrite par les règlements pris en vertu de la présente loi. »

Tout comme le projet de loi C-377 d'initiative parlementaire du gouvernement Harper, le projet de loi 64 exigerait que les syndicats « déposent auprès du ministre un relevé annuel qui indique les cotisations qui lui sont payables aux termes de la convention et le détail des dépenses engagées pendant l'année, accompagné d'une ventilation des dépenses de 5 000 $ ou plus », ce qui permettrait au ministre de décider quel montant de revenu syndical pourra être perçu en tant que « cotisations syndicales ordinaires ».

Le projet de loi 62

Le troisième projet de loi est le projet de loi 62, la Loi modifiant la Loi de 1995 sur les relations de travail pour accroître les droits des membres des syndicats relativement à l'accréditation des syndicats. Il affecterait la Loi des relations de travail en exigeant un vote dans toutes les accréditations syndicales de la part d'employés qui auraient signé des cartes syndicales indiquant leur volonté d'être membres d'un syndicat. Présentement, un vote de représentation est ordonné si au moins 40 % des travailleurs ont signé une carte. Les travailleurs de la construction font exception. Un syndicat de la construction peut être accrédité sans la tenue d'un scrutin du moment que 55 % des travailleurs ont signé des cartes. Le projet de loi 62 élimine cette exception pour les travailleurs de la construction. De plus, selon la loi actuelle, si on juge qu'un employeur a fait preuve d'ingérence dans la campagne de syndicalisation ou dans le processus de scrutin, le président de la commission des relations de travail peut accorder automatiquement une accréditation à ce syndicat.  Le projet de loi mettrait fin au pouvoir de dissuasion de la CRTO qui lui permettait d'empêcher des employeurs de s'ingérer dans la tenue d'un scrutin ou de persécuter des employés parce qu'ils se sont syndiqués.

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Coup de force électoral en préparation

Étant donné les tentatives des libéraux de se présenter comme plus « équilibrés » et « équitables » dans les relations de travail suite à la défaite du projet de loi 115, il est peu probable que les projets de loi 62, 63 et 64 des progressistes-conservateurs soient adoptés par plus qu'un des partis minoritaires à l'Assemblée législative. Cependant, la classe ouvrière doit se demander pourquoi ces projets de loi ont été déposés. Les conservateurs ont initialement planifié de présenter cette législation l'an dernier dans un livre blanc sur les relations de travail intitulé Les chemins vers la prospérité : flexibilité des marchés du travail, argumentant que ceux-ci rendront l'Ontario plus concurrentiel et davantage ouvert aux investissements. Le chef conservateur Tim Hudak sait que la classe ouvrière et les Ontariens en général n'appuient pas une telle législation, comme en témoigne la montée de l'opposition à la loi 115 que les libéraux avaient adoptée avec l'appui des conservateurs, qui a finalement été abrogée. Alors que manigancent Hudak et les intérêts représentés par les conservateurs avec leurs nouveaux projets de loi ?

Au niveau fédéral, dans le cas des conservateurs de Stephen Harper, toutes sortes de mesures antisociales, anti-travailleurs, anti-immigration, annexionnistes pro-américaines ont été déposées à titre de projets de loi quand les conservateurs formaient un gouvernement minoritaire. La plupart n'ont pas été adoptées. Cependant, une fois les conservateurs devenus majoritaires par un coup d'État électoral grâce auquel ils ont obtenu la majorité avec le vote de seulement 24 % des électeurs admissibles, tous les projets de loi ont été de nouveau remis au feuilleton, dans certains cas avec un contenu encore plus réactionnaire que celui présenté à l'origine. Ils ont ensuite été adoptés à toute vitesse dans le cadre de la législation omnibus et des projets de loi budgétaires. La classe dirigeante fait de grands efforts pour rendre les travailleurs et le peuple impuissants dans le domaine électoral. Ils veulent que les travailleurs demeurent passifs et/ou divisés, ouvrant la voie à un gouvernement conservateur majoritaire ou minoritaire par un coup de force électoral grâce aux techniques de microciblage. Ils pourront ensuite imposer ces dispositions antiouvrières et réactionnaires en prétendant qu'ils ont un mandat populaire.

Le contenu de leur projet de loi démontre clairement que les conservateurs ontariens mettent directement au défi la capacité des travailleurs à se défendre et s'investir du pouvoir par le biais de leurs syndicats et de participer à la vie politique. Une grande partie de ce qui est dans les projets de loi, en ce qui concerne surtout la Loi sur les relations de travail, rendrait permanent ce qui a été mis à l'essai par les libéraux et les conservateurs avec le projet de loi 115. Dans le projet de loi 115, ils ont essayé d'usurper le pouvoir de la Commission des relations de travail de l'Ontario, invoquant une « période d'austérité et de restriction » pour le justifier. Le projet de loi 64 des conservateurs usurperait de manière permanente les pouvoirs de la Commission en la plaçant sous le contrôle direct du pouvoir de réglementation du lieutenant-gouverneur de l'Ontario.

Cela montre que la lutte contre la législation antiouvrière comme le projet de loi 115 a réussi à mobiliser une opposition unie contre le programme néolibéral anti-travailleur, mais que des tentatives se préparent pour marginaliser les travailleurs et le peuple. Il faut demeurer vigilant et intensifier la participation aux affaires politiques pour défendre nos intérêts et retourner la situation en notre faveur.

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68e anniversaire de la libération de l'Europe

Un anniversaire marqué par des crimes
impérialistes contre la paix


Le drapeau de la victoire soviétique est hissé sur le Reichstag à Bertain par les soldats de l'Armée rouge, le 30 avril
1945, peu avant la reddition des forces allemandes et la victoire décisive contre les fascistes le 9 mai 1945.
(RIA Novosti)

Il y a 68 ans, les 8 et 9 mai 1945, avec la capitulation inconditionnelle de l'Allemagne hitlérienne ainsi que de l'Italie quelque temps auparavant, la Deuxième Guerre mondiale était officiellement déclarée terminée en Europe.[1] Les forces antifascistes du monde avec l'Union Soviétique et les communistes de tous les pays à la tête du mouvement de résistance, remportèrent la victoire contre les hitlériens. Des célébrations eurent lieu partout dans le monde quand on apprit que l'Allemagne fasciste, battue par l'Armée rouge et les troupes et combattants de la résistance des pays alliés, admit la défaite.

« Nous avons à présent toutes les raisons d'affirmer qu'est enfin venu le jour historique de la défaite définitive de l'Allemagne, le jour de la grande victoire de notre peuple sur l'impérialisme allemand », déclara Staline.


Le maréchal soviéatique Georgy Zhukov (centre) signe
l'acte de capitulation militaire de l'Allemagne nazie
le 8 mai 1945.

« Les grands sacrifices que nous avons consentis au nom de la liberté et de l'indépendance de notre Patrie, les privations et les souffrances sans nom que notre peuple a connues dans cette guerre, le labeur intense à l'arrière et au front offert sur l'autel de la Patrie, n'ont pas été en vain; ils ont été couronnés par la victoire complète sur l'ennemi. »

Aujourd'hui, les impérialistes américains aiment donner l'impression qu'ils furent la force décisive dans la libération de l'Europe et, avec la collaboration des fauteurs de guerre au Canada, ils répandent la désinformation au sujet des causes de la guerre, des conditions créées après la guerre et de leur propre refus de permettre à l'humanité de consolider sa victoire en s'assurant que de telles souffrances ne lui soient plus jamais infligées. La propagande pour déformer l'histoire de l'alliance antifasciste et la signification des événements qui ont suivi la fin de la guerre est faite pour justifier les crimes qu'ils commettent contre la paix aujourd'hui et pour cacher la nécessité de bâtir un nouveau front uni des peuples du monde pour vaincre les notions criminelles selon lesquelles la force fait le droit et que l'agression est permise sous prétexte d'intervention humanitaire et de défense de la paix et de la démocratie.



Célébrations du Jour de la victoire en Europe cette année en Russie. Rangée du haut: Parade du jour de la victoire à
Moscou, avec le déploiement du drapeau de la victoire (gauche) et de nombreuses délégations étrangères. Rangée du
bas: Des anciens combattants marchent dans la parade à Yekaterinbourg, dans l'Oural; les familles de ceux qui ont
combattu dans la guerre antifasciste portent leur photo à Vladivostok. (RIA Novosti)

Les représentants de l'impérialisme, y compris les médias monopolisés, déforment l'expérience de la Deuxième Guerre mondiale en persistant à maintenir les définitions de la Guerre froide. Ils le font pour présenter la démocratie de l'impérialisme américain et les impérialistes américains comme les sauveurs de l'humanité. Ils cachent les crimes qu'ils commettent depuis la Deuxième Guerre mondiale. Ils font de la désinformation sur le rôle de l'Union soviétique, allant jusqu'à affirmer que les pires crimes contre l'humanité ont été commis par Staline. Certains vont jusqu'à dire que les États-Unis avaient commis une erreur en s'alliant à l'Union soviétique durant la guerre. C'est pour prétendre que le communisme est un crime haineux et qu'il représente à ce titre la plus grande menace pour l'humanité. Selon eux, le système impérialiste qui a plongé le monde dans un état d'anarchie et de violence où sont commis des crimes encore pires que ceux des nazis représente la liberté et l'espoir de l'humanité. Tout cela pour cacher que le communisme moderne est la source des idées qui ouvrent la voie au progrès de la société et qu'il faut des gouvernements qui s'opposent à la guerre impérialiste. Un gouvernement anti-guerre défend nécessairement le principe que toutes les nations, grandes et petites, sont égales et ont le droit à l'autodétermination. Le but du gouvernement Harper en présentant une caricature du communisme, qu'il déclare l'équivalent du totalitarisme et du fascisme, est d'amener les peuples à accepter de se soumettre au diktat des États-Unis et des grandes puissances et à leur « démocratie » impérialiste.

La victoire sur le nazisme, le fascisme et le militarisme japonais en 1945 n'a pas apporté la paix. Les impérialistes américains et ceux sous leur diktat ont refusé de procéder à la dénazification en Allemagne et à la démilitarisation au Japon. Dans leurs sphères d'influence, toutes les structures économiques et politiques qui favorisaient le pouvoir de l'oligarchie financière, qui avait engendré le fascisme, ont été restaurées. Les luttes pour le socialisme, la libération nationale, la paix et la liberté ont été férocement attaquées et ont été la cible de guerres d'agression et de coups d'État. Les crimes commis contre l'humanité au nom de la « démocratie » et du « refoulement du communisme » ont tué plus de femmes et d'hommes au cours des 68 dernières années que durant les deux guerres mondiales prises ensemble.


Des délégués de Russie et Biélorussie et des anciens combattants de l'Armée rouge tiennent la bannière et le drapeau de
la guerre antifasciste devant le Musée germano-russe à Karlshorst, Berlin, le 8 mai 2013, dans le cadre des
célébrations du Jour de la victoire en Europe cette année.

La période d'effervescence révolutionnaire inaugurée par la Grande Révolution socialiste d'Octobre de 1917 s'est terminée en 1989-1990 avec la fin de la division bipolaire du monde, après la chute de l'Union soviétique, marquant le début d'une période de repli de la révolution. Depuis, les impérialistes et toute la réaction connaissent une profonde crise de légitimité. La « démocratie » au nom de laquelle ils ont commis des crimes innombrables s'est avérée illusoire non seulement sur le plan économiqu, mais aussi sur le plan politique. Elle est la loi brutale de l'oligarchie financière à l'échelle mondiale, elle accroît la misère des peuples, y compris les peuples de leur propre pays, et cause d'autres guerres et conflits.

Aujourd'hui, le monde est à un point tournant. Les 68 années écoulées depuis la Deuxième Guerre mondiale ont été une continuation de la lutte pour la libération de l'humanité toute entière. Quelle voie le monde prendra-t-il maintenant ? La voie des vingt années durant lesquelles la révolution a été mise en échec et le monde a été plongé dans le gouffre du nihilisme et l'absence de perspectives d'avenir ? Ou doit-il tracer la voie du renouveau démocratique où le peuple fixe lui-même son ordre du jour et peut exercer un contrôle sur les gouvernements qui cherchent à l'entraîner dans l'agression et la guerre ? Les crimes que commettent ces forces impérialistes contre les peuples du monde doivent cesser.

Les problèmes du peuple n'auront de solution que si le peuple se gouverne lui-même et prend contrôle de sa vie. C'est cette lutte qui était au coeur de la Deuxième Guerre mondiale. Aujourd'hui, il est crucial de reconnaître d'abord qu'il est possible de résoudre les problèmes auxquels le peuple est confronté. Les dangers du fascisme et de l'impérialisme peuvent être éliminés et la lutte pour unir le peuple dans l'action pour le renouveau politique, un gouvernement anti-guerre et une société faite pour l'être humain est possible. Cela peut se faire ! Cela doit se faire !



Grandes célébrations du Jour de la victoire en Europe en 1945, sur la Place rouge, à Moscou (haut gauche); à Times
Square, New York (haut droite); sur la Place Trafalgar à Londres (bas gauche) et à l'Arc de Triomphe à Paris

Note

1. Le 30 avril 1945, Hitler s'est suicidé durant la Bataille de Berlin, après quoi la capitulation de l'Allemagne fut autorisée par son successeur, le président de l'Allemagne Karl Dönitz. L'acte de reddition préliminaire fut signé le 7 mai 1945 à Reims, en France, et les documents officiels le 8 mai à Berlin, signés par Wilhelm Keitel, commandant militaire suprême de l'Allemagne, et le maréchal Georgy Zhukov au nom de l'Union soviétique et des forces alliées. Puisque l'Union soviétique était à l'est de l'Allemagne, c'était le 9 mai heure de Moscou quand la capitulation militaire entra en vigueur. C'est pourquoi la Russie et la plupart des anciennes républiques soviétiques célèbrent le jour de la victoire le 9 mai plutôt que le 8 mai.

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Le gouvernement Harper exploite la guerre
antifasciste pour promouvoir l'agression
fasciste et la guerre aujourd'hui


Le 9 mai, le bureau du premier ministre Stephen Harper a émis un communiqué à l'occasion de l'anniversaire de la défaite du fascisme en Europe, aussi connu sous le nom de Jour de la victoire en Europe. Le premier ministre conclut sa déclaration en disant :

« En cet anniversaire du jour de la Victoire en Europe, réfléchissons à la fière et énorme contribution de ces Canadiens et Terre-Neuviens qui ont combattu si courageusement en Europe de même qu'aux sacrifices consentis par les Alliés qui ont combattu à leurs côtés.

« Pensons également aux membres des Forces armées canadiennes qui continuent de faire honneur à notre pays en suivant la même fière tradition, en défendant ce qui est juste dans le monde, sur terre et en mer, entre autres en Afghanistan, au Moyen-Orient et en Afrique, et plus récemment en Libye et au Mali. »

Les Canadiens qui ont pris part aux combats de la Deuxième Guerre mondiale et contribué à l'ouverture d'un deuxième front contre l'Allemagne nazie ont beaucoup aidé à la défaite du régime fasciste et aux puissances de l'axe. Ils ont combattu pour arrêter l'agression fasciste. Beaucoup provenaient de familles ayant fui l'Europe après la Première Guerre mondiale, y compris en provenance de l'Allemagne, et qui voulaient libérer leur patrie du joug du fascisme. Ils voulaient également aider la résistance héroïque, avec l'Union soviétique en tête, qui appelait le monde entier à s'unir dans l'action pour vaincre le fascisme. Les internationalistes comme Norman Béthune, qui contribua de ses talents de médecin dans la lutte contre le fascisme en Espagne et en Chine avant l'éclatement de la guerre mondiale, représentaient les meilleurs sentiments du peuple, ici au Canada, qui se voyait comme faisant partie d'une seule humanité menant une seule et même lutte pour les droits de tous.

Quand Stephen Harper invoque ce passé héroïque pour faire la promotion de l'agression impérialiste des puissances de l'OTAN aujourd'hui, il attaque la mémoire de ceux qui ont combattu le fascisme durant la Deuxième Guerre mondiale et contredit le verdict de l'histoire que l'agression impérialiste d'un pays contre un autre, peu importe le prétexte, est le plus grand crime qu'on puisse commettre contre la paix. C'est aussi pour tenter de cacher le fait que le gouvernement Harper est une des forces principales dans le monde aujourd'hui qui incitent à des actes d'agression et commettent des actes d'agression contre des pays souverains, aidant à créer les conditions d'une troisième guerre mondiale. Durant un débat d'urgence à la Chambre des communes sur la situation en Syrie récemment, pas un seul député n'a dénoncé les bombardements d'Israël contre ce pays. Au contraire, certains ont dit qu'Israël était la victime d'agression tandis que les Syriens et leur gouvernement étaient accusés de tous les crimes. Le gouvernement Harper a réussi à créer au parlement un climat dans lequel toute prise de position contre l'agression par les puissances impérialistes est de facto assimilée à un appui aux violations des droits humains, tandis que la résistance à l'agression et l'ingérence étrangères par les grandes puissances est assimilée au terrorisme.

La tentative d'associer la guerre antifasciste à ce que le Canada fait en Afghanistan, en Libye et au Mali aujourd'hui est méprisable. La participation du Canada à l'invasion de l'Afghanistan dans le cadre des opérations de l'OTAN était un acte d'agression contre un pays souverain en utilisant un faux prétexte, soit l'attentat contre le World Trade Centre dans lequel l'Afghanistan n'a joué aucun rôle. L'invasion lancée par l'OTAN pour soutenir une cinquième colonne qu'elle avait financée et armée en Libye était également un acte d'agression visant à remplacer un régime par un autre sous son contrôle. L'appui du Canada à l'intervention de la France dans son ancienne colonie le Mali montre clairement que les leçons de la Deuxième Guerre mondiale n'ont pas été apprises par les grandes puissances coloniales qui continuent, comme les nazis fascistes, à agresser les peuples dont elles convoitent les ressources et la terre.

Les Canadiens doivent rejeter avec le plus grand mépris les tentatives d'exploiter l'esprit de ceux qui ont participé à la guerre antifasciste au nom de l'humanité en présentant l'agression impérialiste comme un acte de libération.



Célébrations du jour de la victoire en 1945 à Montréal (haut gauche), Val d'Or (haut droite), Toronto (bas gauche) et Ottawa

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