Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 81 - 15 mai 2013

Nouveau budget en Ontario

Urgent besoin de la politique indépendante
de la classe ouvrière


Nouveau budget en Ontario
Ugent besoin de la politique indépendante de la classe ouvrière
Il y a une alternative! Non à l'austérité!
L'attaque inacceptable du gouvernement contre la négociation collective

Le frauduleux programme d'austérité en Alberta
Les profits des monopoles énergétiques mettent de nouveau à nu la frauduleuse «bulle bitumineuse» - George Allen


Nouveau budget en Ontario

Urgent besoin de la politique indépendante
de la classe ouvrière

Le budget Ontario 2013 donne les grandes lignes du plan du gouvernement libéral d'imposer 4 ans d'austérité de plus au peuple de l'Ontario. Le budget poursuit le sous-financement de la santé, de l'éducation et des autres programmes sociaux de même que la dégradation des services publics qui se trouvaient déjà dans les deux budgets d'austérité précédents des libéraux. Comme c'était le cas avec ces budgets, les travailleurs du secteur public et les services qu'ils dispensent sont la cible privilégiée de l'austérité avec le gel de salaires et de nouveaux mécanismes de négociation collective qui les abandonnent à leur sort.

Lorsque ce budget antisocial a été présenté au parlement ontarien le 2 mai dernier, personne ne s'est levé pour défendre le droit de la classe ouvrière et du peuple de l'Ontario d'établir eux-mêmes la direction de l'économie ou pour soutenir le principe que le trésor public ne doit pas être utilisé pour payer les riches, ou n'a pris la défense des travailleurs du secteur public ou dénoncé l'hystérie sur la réduction du déficit qui est propagée pour justifier les mesures d'austérité.

Les grandes manoeuvres ont tout de suite commencé. Même si les conservateurs de Tim Hudak s'opposent au budget dans l'espoir d'en tirer quelque avantage politique partisan, ils sont totalement d'accord avec la demande d'austérité qui est dictée par la minorité riche. Leur objectif avec le débat sur le budget comme avec toute leur politique est de prendre la place des libéraux en tant que champions des riches pour l'imposition de l'austérité. Le NDP pour sa part s'est fait l'avocat de « la taxation équitable » et des mesures incitatives aux entreprises tout en se faisant le champion de la cause des gens les plus vulnérables qui se font attaquer par la méthode consistant à leur enlever des choses pour ensuite leur redonner d'autres choses qui leur avaient été enlevées. En fait, ce que le budget accomplit vraiment est voilé derrière toute une propagande diversionnaire qui vise à arranger les fraudes de « l'équité » et de «l'équilibre » que les libéraux mettent de l'avant pour cacher leur assaut brutal contre le niveau de vie des travailleurs.

Malgré les intérêts partisans très différents qui distinguent le parti au pouvoir et les partis de l'opposition, ils semblent tous être d'accord que pour réduire le déficit fiscal du gouvernement, il faut abaisser le niveau de vie des travailleurs. Cette demande provient de la minorité privilégiée et de l'oligarchie financière internationale qui cherche à résoudre la crise économique et financière mondiale sur le dos des travailleurs. Sur la question de l'austérité, tous les représentants de l'élite privilégiée parlent d'une seule voix: il n'y a pas d'alternative à l'austérité. Le budget 2013 et les manoeuvres politiques partisanes qui l'entourent au parlement montrent que la classe ouvrière a besoin plus que jamais de sa voix politique indépendante.

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Il y a une alternative! Non à l'austérité!

L'élite dirigeante semble confiante qu'elle peut duper les travailleurs et démobiliser l'opposition ouvrière à l'austérité en saupoudrant un peu d'argent ici et là et avec de belles phrases sur « l'équilibre » et « l'équité ». Cette élite aimerait bien que le baratin de la première ministre Kathleen Wynne sur son respect des négociations et son partenariat avec les travailleurs du secteur public puisse éteindre l'opposition ouvrière. Le discours du budget du ministre des Finances Charles Sousa ne contient peut-être pas les mêmes menaces ouvertes que son prédécesseur Dwight Duncan a proférées en 2012, mais on sait tous que derrière le « respect de la négociation collective » de Sousa il y a la menace d'imposer les conventions collectives.

En même temps que le gouvernement persiste à demander aux travailleurs et au peuple d'accepter l'austérité, il continue de mettre en oeuvre son plan de retirer 3 milliards $ des programmes sociaux afin de payer les riches. C'est inacceptable et voué à l'échec à plus ou moins long terme. À mesure que le gouvernement libéral poursuit la mise en oeuvre de son programme antisocial d'austérité, il va soulever de plus en plus d'opposition parmi les travailleurs, non seulement ceux qui dispensent les services publics mais ceux qui en dépendent et n'ont aucun intérêt dans la privatisation, dans l'anarchie et la violence qui frappent l'économie et la société. Une tempête d'opposition se prépare, où les travailleurs de la santé vont se joindre aux enseignants et travailleurs de l'éducation qui se battent déjà depuis un bon moment. Avec la limitation des dépenses dans la santé contenues dans les budgets précédents et l'expansion des services de santé privés par lesquels on a cherché à enrichir une petite minorité et à se gagner la faveur de ceux qui ont les moyens de payer plutôt que de bâtir un système vraiment public, on a créé une situation intenable dans le système de santé. On le voit aux grandes restrictions qui sont faites à l'accès aux soins, dans un système de santé régressif qui repose sur le privilège de classe et dans les attaques aux conditions des travailleurs qui dispensent les services. Cette situation n'est pas viable et dépasse toutes les bornes.

Les travailleurs n'ont d'autre choix que de résister à l'austérité et faire échec à cette tentative de poursuivre l'austérité pendant 4 autres années. Ce budget confirme plus que jamais que la classe ouvrière doit prendre des positions politiques indépendantes qui défendent ses intérêts et bâtissent l'alternative. Il faut renforcer l'opposition ouvrière pour qu'on soit capable de changer la situation et de faire en sorte que la crise globale du capitalisme et les problèmes économiques, politiques et sociaux qu'elle a créés sont résolus au bénéfice des travailleurs et du peuple.

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L'attaque inacceptable du gouvernement
contre la négociation collective


Des enseignants et travailleurs de l'éducation devant le bureau de circonscription de la première ministre de l'Ontario
Kathleen Wynne à Toronto lors du dépôt du budget provincial le 3 mai 2013 (D. Chiarelli)

Comme le fait le gouvernement Harper en utilisant les budgets pour obtenir l'approbation du parlement pour un ordre du jour qui n'a pas l'assentiment du peuple canadien, le gouvernement de Kathleen Wynne a inclus dans son budget du 2 mai un ensemble de mesures politiques qu'il est en train de prendre pour transformer l'Ontario et, en particulier, de nouveaux arrangements en ce qui concerne la négociation collective des travailleurs du secteur public. Même s'il n'attaque pas ouvertement les syndicats comme le fait le gouvernement Harper avec sa loi de droit au travail qui s'en prend à la Formule Rand, le budget libéral cherche à faire approuver des changements antiouvriers au régime de négociation collective en vertu desquels tout ce qui est permis aux travailleurs c'est de négocier comment le programme antisocial d'austérité va s'appliquer dans leur secteur. Le budget présente aux travailleurs une façon plus « équitable » et «équilibrée » d'attaquer leurs droits.

Ce budget de 364 pages comprend 5 chapitres: Chapitre I : Un Ontario prospère et équitable; Chapitre II : Perspectives économiques et plan financier de l'Ontario; Chapitre III : Relations fédérales-provinciales; Chapitre IV : Fiscalité, régimes de retraite et services financiers; Chapitre V : Emprunts et gestion de la dette.

Dans le chapitre premier « Un Ontario prospère et équitable », on lit que le rôle du gouvernement Wynne est de mettre les ressources naturelles et humaines de la province à la disposition des monopoles, ceux qui sont basés en Ontario et ceux qui sont basés ailleurs dans le monde et veulent investir en Ontario pour maximiser leur taux de rendement.

« L'Ontario fait face à d'importants défis économiques. Travaillant de concert avec ses partenaires clés, le gouvernement propose un plan économique en six points qui aidera l'économie résiliente de l'Ontario à saisir les nouvelles occasions de croître et de créer des emplois. L'aspect central du plan du gouvernement est l'élimination du déficit, puisque c'est une condition essentielle pour raffermir la confiance des investisseurs et des marchés financiers. » (Les caractères gras sont de LML)

Afin de réaliser cet objectif, le budget déclare arbitrairement que le gouvernement ne va pas croître tant que le déficit n'aura pas été éliminé, ce qui est prévu pour 2017-2018, après quoi les dépenses croîtront seulement d'un pour cent par année et cela pour une période de temps indéfinie. Cela prolonge donc le programme d'austérité de 5 ans et indéfiniment.

À partir de cette conception de la prospérité, le budget présente diverses mesures que le gouvernement de l'Ontario va prendre pour transformer l'économie d'une façon qui limite les dépenses pour les programmes sociaux de manière permanente et empêche les travailleurs qui fournissent les services de faire quelque progrès que ce soit. C'est en faisant cela que le gouvernement espère libérer la quantité de richesse dont il a besoin pour éliminer le déficit et donner confiance aux investisseurs et marchés financiers.

Ces nouveaux arrangements comprennent de nouveaux mécanismes de négociation collective qui imposent le retrait d'investissements dans les programmes sociaux comme point de départ des négociations. C'est précisément cela que les enseignants et les travailleurs de l'éducation ont rejeté en Ontario et c'est cela que le gouvernement Harper essaie d'imposer aux sociétés d'État fédérales et là aussi les travailleurs le rejettent.

« Tous les partenaires du secteur public devront continuer de collaborer pour gérer efficacement les coûts de rémunération en respectant le cadre financier actuel de l'Ontario, qui ne prévoit pas de fonds au titre de l'augmentation progressive de la rémunération dans les nouvelles conventions collectives. »

Pour réaliser cet objectif, le gouvernement dit vouloir consulter « les agents de négociation et les groupes d'employeurs dans l'ensemble du secteur parapublic pour déterminer les meilleurs moyens de parvenir à un processus de négociation plus efficient et efficace, notamment par la création de tables sectorielles, s'il y a lieu ». La recommandation de rendre le processus de négociation plus efficace vise directement à centraliser toute la négociation collective au niveau provincial et à éliminer la négociation au niveau local. Cela nie le droit des sections locales des syndicats de dire Non! que ce soit par des grèves ou autrement. Le gouvernement cherche à créer une situation où il tente de reconnaître et de négocier uniquement avec les syndicats qui sont d'accord avec ses paramètres antisociaux. Ces fausses conventions vont alors être imposées aux autres syndicats et travailleurs. Si elles sont rejetées, les conventions seront imposées par loi ou par de nouvelles formes d'arbitrage et le droit de grève sera criminalisé. C'est probablement pour cela que le budget prétend être en faveur de la négociation collective. Il reconnaît la négociation seulement si elle prend comme point de départ la mise en oeuvre du programme d'austérité et ne porte pas sur l'austérité elle-même. C'est la négation même du principe de négociation collective.

Les nouveaux arrangements qui visent à éliminer le droit des travailleurs de négocier leurs salaires et conditions de travail comprennent également des changements aux pensions du secteur public. En vertu de ces changements, les participants aux fonds de pension doivent accepter de ne pas demander que le gouvernement investisse de nouveaux montants dans les fonds pour les rendre solvables, mais accepter plutôt une baisse de prestations pour les retraités actuels et futurs. La première ronde de ces arrangements s'est jouée quand le gouvernement Wynne a imposé que divers fonds de pension à gestion conjointe dont celui des enseignants acceptent que le gouvernement ne les indexe pas pour les deux prochaines années. Le budget demande que le gouvernement ait le contrôle des fonds de pension conjoints probablement pour utiliser les fonds comme capital pour l'infrastructure ou d'autres projets que les monopoles demandent.

Autre élément du budget: « Le gouvernement prévoit d'établir un groupe technique ayant une expertise dans les questions de conception, de gouvernance et de transition liées à une nouvelle entité de surveillance de la gestion commune des actifs des régimes de retraite du secteur public. »

En prétendant que son budget est « équitable » et « socialement juste », le gouvernement Wynne essaie de cacher la direction antisociale et antiouvrière que l'Ontario est en train de prendre.

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Le frauduleux programme d'austérité en Alberta

Les profits des monopoles énergétiques mettent de nouveau à nu la frauduleuse «bulle bitumineuse»

Les monopoles énergétiques de l'Alberta, le gouvernement conservateur qui les défend et leurs médias ont propagé la désinformation que l'Alberta est en récession en raison de l'état de l'économie mondiale, en particulier à cause des prix faibles du pétrole, et qu'en conséquence, tout le monde sauf les monopoles doivent se soumettre à l'austérité budgétaire. Le 1er septembre 2012, le ministre albertain des Finances Doug Horner a déclaré lors de la première mise à jour financière trimestrielle de son parti que « si les prix des produits de base (c'est-à-dire, les prix du pétrole) ne s'améliorent pas, cela pourrait entraîner un déficit provincial de 2,3 à 3 milliards $ », même si au cours de l'élection de mars 2012 les conservateurs ont promis que l'Alberta atteindrait un surplus en 2013-14.

La déclaration de Horner a été suivie six mois plus tard par le budget de mars 2013, dans lequel le financement des programmes sociaux a été réduit de beaucoup dans le cadre de la frauduleuse austérité budgétaire en raison de ce que la première ministre Redford a qualifié de « bulle bitumineuse » (c'est-à-dire, les prix faibles des sables bitumineux bruts de l'Alberta par rapport aux prix plus élevés du brut mondial). Il convient de noter que dans le budget du 7 mars 2013, les recettes perçues par le gouvernement auprès des sociétés d'énergie ont chuté de 34 %, ce qui fait de l'impôt sur le revenu des particuliers la plus grande source de revenus de la province. La propagande du gouvernement sur la nécessité d'une « austérité budgétaire » vient d'être de nouveau démasquée maintenant que les rapports financiers trimestriels (janvier à mars 2013) des sociétés d'énergie se révèlent être positifs. C'est évident lorsqu'on examine les rapports du premier trimestre des cinq grands opérateurs de sables bitumineux : Suncor, Imperial (propriétaire de 25 % de Syncrude), Shell, Cenovus et Canadian Natural Resources Limited (CNRL).

Suncor a annoncé « une hausse de 54 % de ses dividendes pour le premier trimestre, un rachat d'actions de 2 milliards $ et un meilleur bénéfice d'exploitation lors du premier trimestre causé en partie par une hausse de la production et des marges de raffinage des sables bitumineux. Suncor a enregistré un bénéfice d'exploitation de 1,37 milliard $, soit 90 cents par action, comparativement à 1,32 milliards $, soit 84 cents par action, au cours de la même période un an plus tôt. Le bénéfice net de Suncor a légèrement diminué, mais principalement dû à une perte au taux de change après impôt de 146 millions $ et une charge de 127 millions $ liée à sa décision de ne pas aller de l'avant avec l'usine de traitement des sables bitumineux Voyageur ». Le pdg de Suncor Steve Williams s'est vanté que « La force de notre modèle d'affaires intégré a permis à l'entreprise de réaliser de solides résultats malgré un environnement de prix très difficile pour les sables bitumineux bruts. » L'activité de raffinage de la compagnie « a plus que compensé » les prix faibles du pétrole brut des sables bitumineux.

Le revenu brut d'Imperial Oil, une filiale d'Exxon des États-Unis, a été de 8,0 milliards $, comparativement à 7,5 milliards $ pour la même période en 2012. Le bénéfice net en aval de l'Imperial provenant des opérations après production a été de 478 millions $ au premier trimestre, 23 millions $ de plus qu'au premier trimestre de 2012.

Royal Dutch Shell, la société mère de Shell Canada, a généré un bénéfice net de 8,18 milliards $, ce qui n'est que légèrement inférieur à son bénéfice net de 8,74 milliards $ au premier trimestre de 2012. Les profits provenant du raffinage et marketing ont augmenté de 65 % en raison principalement de marges élevées provenant de la transformation.

L'encaisse de Cenovus provenant des opérations après production a presque doublé à 524 millions $ au cours des trois premiers mois de 2013 par rapport à la même période en 2012. Cela a permis à son encaisse globale de s'élever à 971 millions $, en hausse de 7 %, « démontrant clairement la valeur de notre stratégie intégrée », a déclaré Brian Ferguson, président et chef de la direction.

Les opérations de CNRL ont généré une encaisse d'environ 1,57 milliard $ au premier trimestre de 2013 comparativement à environ 1,28 milliard $ au premier trimestre de 2012. Le bénéfice net d'exploitation ajusté a augmenté à 401 millions $, comparativement à 300 millions $ au premier trimestre de 2012.

Il est évident qu'il n'y a pas d'austérité budgétaire pour les monopoles des sables bitumineux et que la bulle bitumineuse est un canular depuis le début. C'était juste une autre excuse du gouvernement pour demander des revenus moindres des monopoles de l'énergie, augmentant ainsi leurs profits. Ce qui est aussi scandaleux, c'est que même pendant ce qu'on appelle l'austérité budgétaire, le gouvernement continue de payer les monopoles énergétiques de plusieurs façons, utilisant l'excuse que « les engagements envers les monopoles doivent être respectés ». Un exemple est le programme du gouvernement de l'Alberta de capture et de stockage du carbone, mettant de côté 2 milliards $ pour les monopoles qui leur seront entièrement versés. Un autre exemple est le programme Innovative Energy Technologies (IETP), qui verse aux monopoles des millions de dollars pour développer de nouvelles technologies, un programme mis de l'avant pour détourner les critiques publiques face aux hausses des niveaux d'émission de carbone. En même temps, des compressions drastiques ont été imposées aux programmes sociaux comme l'éducation, y compris une réduction de 7,2 % pour les budgets de fonctionnement des établissements d'enseignement postsecondaires.

Dans ce contexte, les monopoles, en particulier les monopoles de l'énergie, ont tous les droits et le peuple n'a pas de droit sauf celui de se faire vider les poches. Pour renverser cette situation, les travailleurs, qui sont les véritables producteurs de la richesse dans l'économie socialisée, doivent s'unir pour défendre leurs droits et leur sécurité ainsi que la reproduction de l'économie qui est cruciale pour eux et la société. Cela peut être fait en privant les monopoles énergétiques et leur autorité politique incarnée par le régime Redford du pouvoir de priver le peuple de ses droits. Arrêtez de payer les riches ! Augmentez les investissements dans les programmes sociaux !

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