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Numéro 80 - 13
mai
2013
L'offensive antisociale du
gouvernement Harper
Assaut inacceptable contre la
négociation
collective au sein des sociétés
d'État
L'offensive
antisociale
du
gouvernement
Harper
• Assaut inacceptable
contre la
négociation collective au sein des
sociétés
d'État
• La transformation du
Centre national de
recherche: une approche myope, malavisée
et
déséquilibrée -
Association canadienne
des professeures et
professeurs d'université
Privatisation
à
Postes Canada
• Le Rapport annuel 2012:
À fond de
train vers la privatisation - Louis
Lang
Base
manufacturière oui! Destruction nationale
non!
• Caterpillar ferme une
autre usine de
fabrication de machinerie de production lourde
en Ontario -
Jim
Nugent
L'offensive antisociale du
gouvernement
Harper
Assaut inacceptable contre la négociation
collective au sein des sociétés
d'État
Le 29 avril, le gouvernement Harper a
présenté le
projet de loi C-60 qui vise à mettre en
oeuvre les mesures
contenues dans son budget de mars 2013. Le projet
de loi C-60 contient
des amendements à la Loi sur la
gestion des finances
publiques. Ces amendements
représentent de nouvelles
attaques de la part du gouvernement
Harper contre le droit de négociation
collective des
travailleurs. Ils donnent au cabinet Harper le
pouvoir de
s'ingérer directement dans les
négociations entre les
sociétés d'État et leurs
employés. Ces
pouvoirs ministériels accrus permettant de
s'ingérer dans
certaines entreprises d'État seront
exercés par le biais
du Conseil du Trésor nommé par le
gouvernement.
Les nouveaux pouvoirs du cabinet autoriseraient
le
gouvernement à dicter les salaires et
autres conditions
contractuelles en établissant les
paramètres de la
négociation collective. Les amendements
proposés
stipulent que les sociétés
d'État doivent
respecter ces paramètres dans leurs
négociations. Toutes
les conventions collectives devront être
approuvées par le gouvernement qui obtient
ainsi un droit de
véto sur toutes les conventions collectives
négociées par une
société d'État. En
plus, des fonctionnaires du Conseil du
Trésor pourraient
participer aux négociations à titre
d'observateurs. En ce
qui concerne les employés non
syndiqués des
sociétés d'État, le Conseil
du Trésor
aurait le
pouvoir de fixer directement leurs salaires, leurs
conditions de
travail et toutes leurs autres conditions
d'emploi.
La Loi sur la gestion des finances publiques
accordait
déjà
au
gouvernement
le pouvoir de donner des
instructions à la plupart des
sociétés
d'État. La Loi actuelle dit :
« Sur
recommandation du ministre de tutelle, le
gouverneur en conseil peut
donner des instructions à une
société
d'État mère, s'il estime qu'il est
d'intérêt public de le
faire. »
La seule restriction au pouvoir gouvernemental
d'émettre des instructions à un
grand nombre de
sociétés d'État est
l'obligation de faire rapport
de ces instructions au parlement. Le projet de loi
actuel dit :
« Le ministre de tutelle fait
déposer le texte des
instructions qui sont données à une
société
d'État mère devant chaque chambre
du Parlement dans les quinze premiers jours de
séance de
celle-ci suivant la date de
l'information. »

Bannière de l'Alliance de la
Fonction
Publique
du Canada contre les mises à pieds
dans
les services publics
fédéraux
|
La Loi sur la gestion des finances publiques
actuelle exempte certaines sociétés
d'État des
provisions autorisant le gouvernement de donner
des instructions
administratives. Parmi ces sociétés
d'État il y
a : la Société Radio-Canada,
l'Office
d'investissement du régime de pensions du
Canada, le Conseil des
Arts du Canada, le
Centre de recherches pour le développement
international, la
Société du Centre national des Arts,
la Banque du Canada,
Téléfilm Canada, l'Office
d'investissement des
régimes de pensions du secteur public et la
Fondation canadienne
des relations raciales. Les amendements
qu'apportent le projet de loi
C-60 ne changeraient rien à ces exemptions
à
l'exception des questions liées aux
salaires et à
d'autres conditions d'emploi des employés
des
sociétés d'État.
Nous publions ci-dessous les principaux articles
des
amendements apportés à la Loi
sur la gestion des
finances publiques contenus dans la Loi
d'exécution du
budget.
Projet de loi C-60, Section 17:
Décrets en matière de conditions
d'emploi
Décret - employés
syndiqués
89.8 (1) Le gouverneur en conseil peut, par
décret, ordonner à une
société
d'État de faire approuver son mandat de
négociation par
le Conseil du Trésor en vue de la
conclusion d'une convention
collective entre elle et l'agent
négociateur d'une unité
de négociation.
Pouvoir du Conseil du Trésor
(2) Le Conseil du Trésor peut imposer
à la
société d'État visée
par le décret
des exigences relatives au mandat de
négociation.
Présence et observation
(3) Le Conseil du Trésor peut exiger que
des
fonctionnaires subordonnés à son
secrétaire
assistent aux négociations collectives
entre la
société d'État visée
par le décret
et l'agent négociateur et observent
celles-ci ; ils ont
alors le droit d'y assister et de les observer.
Convention collective
(4) La société d'État
visée
par le décret ne peut, sans l'approbation
du Conseil du
Trésor, conclure de conventions collectives
visées par ce
décret.
Décret — employés non
syndiqués
89.9 (1) Le gouverneur en conseil peut, par
décret, ordonner à une
société
d'État d'obtenir l'approbation du Conseil
du Trésor avant
de fixer les conditions d'emploi de ses
employés non
syndiqués qui ne sont pas nommés par
le gouverneur en
conseil.
Pouvoir du Conseil du Trésor
(2) Le Conseil du Trésor peut imposer
à la
société d'État visée
par le décret
des exigences relatives aux conditions d'emploi
des employés
concernés.
Obligation des administrateurs
89.91 (1) Les administrateurs de la
société d'État visée
par un décret
pris en vertu des paragraphes 89.8(1) ou 89.9(1)
veillent à
l'observation du paragraphe 89.8(4), du
décret et de toute
exigence imposée en vertu des paragraphes
89.8(2) ou 89.9(2),
mais ils ne peuvent être tenus pour
responsables des
conséquences qui découlent de cette
observation si ce faisant ils observent l'article
115.
Intérêts de la
société
d'État
(2) La société d'État qui
observe
le paragraphe 89.8(4), le décret et les
exigences est
présumée agir au mieux de ses
intérêts.
Statut du Conseil du Trésor
89.92 Il est entendu, notamment pour
l'application
du Code canadien du travail, que le Conseil du
Trésor n'est ni
l'employeur des employés de la
société
d'État visée par un décret
pris en vertu des
paragraphes 89.8(1) ou 89.9(1), ni un
représentant patronal de
cette société, ni une personne
agissant pour le compte de
celle-ci.
Liste des sociétés
d'État du
gouvernement fédéral
Administration canadienne de la
sûreté du
transport aérien
Administration de pilotage de l'Atlantique
Administration de pilotage des Grands Lacs
Administration de pilotage des Laurentides
Administration de pilotage du Pacifique
Administration du pont Blue Water
Banque de développement du Canada
Banque du Canada
Centre de recherches pour le développement
international
Commission canadienne du lait
Commission canadienne du tourisme
Commission de la capitale nationale
Conseil canadien des normes
Conseil des Arts du Canada
Construction de Défense (1951)
Limitée
Corporation commerciale canadienne
Corporation d'investissements au
développement du Canada
Énergie atomique du Canada Limitée
Exportation et développement Canada
Financement agricole Canada
Fondation canadienne des relations raciales
Institut de la statistique des Premières
nations
Marine Atlantique S.C.C.
Monnaie royale canadienne
Musée canadien de l'immigration du Quai 21
Musée canadien de la nature
Musée canadien des civilisations
Musée canadien des droits de la personne
Musée des beaux-arts du Canada
Musée national des sciences et de la
technologie
Office d'investissement des régimes de
pensions du secteur public
Office d'investissement du régime de
pensions du Canada
Office de commercialisation du poisson d'eau douce
Office de financement de l'assurance-emploi du
Canada
Parc Downsview Park Inc
PPP Canada
Ridley Terminals Inc
Société canadienne
d'hypothèques et de logement
Société canadienne des postes
Société
d'assurance-dépôts du Canada
Société d'atténuation des
répercussions du
projet gazier Mackenzie
Société d'expansion du Cap Breton
Société des ponts
fédéraux Limitée,
La
Société du Centre national des Arts
Société du Vieux-Port de
Montréal inc.
Société immobilière du Canada
limitée
Société Radio-Canada
Téléfilm Canada
VIA Rail Canada Inc.

La transformation du Centre national de
recherche: une
approche myope, malavisée et
déséquilibrée
- Association canadienne des
professeures
et
professeurs d'université, le 7 mai 2013 -
La
restructuration du
Conseil national de recherches annoncée par
le gouvernement
fédéral en vue de répondre
aux besoins à
court terme de l'industrie au
détriment des priorités en
matière de recherche
fondamentale est un grave coup porté au
progrès
scientifique au Canada, met en garde l'organisme
représentant
les chercheurs universitaires au pays.
« La décision du gouvernement
de
convertir le CNRC en centre d'appels au service de
l'industrie
relève d'une approche à la fois
myope, malavisée
et
déséquilibrée », a
déclaré James L. Turk, directeur
général de
l'Association canadienne des professeures et
professeurs
d'université. « Le
gouvernement Harper refuse systématiquement
de reconnaître
que la valeur d'une véritable
démarche scientifique ne
s'affirme ni par des diktats politiques ni
par l'assujettissement de la recherche aux besoins
immédiats du
marché, mais qu'elle repose en fait sur la
capacité des
scientifiques à se consacrer à ce
qui est
important sur le plan scientifique. »
Bon nombre des scientifiques en poste dans les
établissements universitaires et
collégiaux travaillent
de concert avec leurs homologues du CNRC et
comptent
sur les installations de cet organisme pour mener
à bien leurs
travaux, fait observer M. Turk. Les mesures
annoncées
aujourd'hui vont mettre cette collaboration
en péril.
« La recherche fondamentale en tant
que force
motrice de toutes les avancées et
innovations scientifiques est
assiégée »,
prévient M. Turk.
« Il est fallacieux de la part du
ministre Goodyear
d'affirmer que les universités combleront
le vide que
créera l'abandon du volet de recherche
fondamentale au CNRC, quand on sait que son
gouvernement sabre
radicalement dans le financement de la recherche
fondamentale
universitaire. »

Privatisation à Postes
Canada
Le Rapport annuel 2012:
À fond de train vers la privatisation
- Louis Lang -
Le 17 avril dernier, le Groupe d'entreprises
de
Postes Canada publiait son Rapport annuel 2012. Le
rapport couvre le
secteur Postes Canada, Purolator,
le Groupe SCI et Innovaposte.
Dans le communiqué de presse qui
résume le
rapport, on lit que bien que le Groupe
d'entreprises ait
enregistré un profit avant impôt de
127 millions $, et que le secteur Postes
Canada ait
affiché un profit avant impôt de
98 millions $,
ce ne sont pas là réellement des
profits. Selon le communiqué,
« ce résultat
provient des ajustements hors trésorerie
non récurrents
qui se chiffrent à environ
152 millions $.
Ces ajustements découlent en grande partie
des réductions
des coûts futurs des avantages liés
aux congés de
maladie et aux soins médicaux
postérieurs à
l'emploi ». Ces résultats
proviennent des grandes
concessions que le Syndicat des travailleurs et
travailleuses des
postes a acceptées dans la convention
collective signée le
21 décembre 2012.
Selon le communiqué, « sans ces
ajustements hors trésorerie », le
secteur Postes Canada aurait
affiché une perte de
54 millions $ en
2012.
En annonçant les conclusions du rapport
annuel,
les représentants de Postes Canada
continuent de faire les
prédictions les plus pessimistes sur la
viabilité
du service postal en exagérant et en
dressant un faux portrait
de ce qu'ils appellent « le
déclin rapide des volumes
de courrier ».
Une des affirmations les plus
déconcertantes
à ce sujet est à l'effet que
« par rapport
à 2008, Postes Canada livre actuellement
23,6 % de moins
de courrier transactionnel par adresse. En
conséquence, Postes
Canada s'attend à accuser une perte
financière
considérable en 2013. Postes Canada doit
continuer
à explorer et à poursuivre les
occasions visant à
réinventer son entreprise et à
redresser ses coûts
de main-d'oeuvre. »
Lorsque Postes Canada prétend livrer
« 23,6 % de moins de courrier
transactionnel par
adresse », elle déforme la
réalité des
volumes
de courrier. Elle ne dit pas qu'elle arrive
à ce pourcentage de
23,6 % en divisant le montant total de
courrier par le nombre
total d'adresses. À chaque
année, des centaines de milliers de
nouvelles adresses
s'ajoutent. En 2012 par exemple, 157 000
nouvelles adresses
se sont ajoutées, ce qui fait
que même si le volume total de courrier
était resté
le même, le pourcentage de courrier par
adresse aurait
diminué.
En fait, la baisse réelle du volume de
courrier
de première classe depuis l'an dernier est
d'environ 6 % et
les revenus des opérations sont
malgré tout
demeurés relativement stables à
environ
7,5 milliards $. C'est clair que
l'augmentation des colis
combinée aux diminutions drastiques
d'effectifs
ont plus que compensé la baisse du courrier
de première
classe.
Ce ne sont pas les volumes de courrier qui
expliquent la
situation actuelle. Nous savons que les pertes de
revenus attribuables
à l'Internet, au courrier
électronique, etc., ne sont pas la cause
des coupures de
services et des attaques contre les travailleurs
des postes. Les plans
de la Transformation postale ont
été mis en place avec la nomination
de Moya Greene au
poste de PDG de Postes Canada en 2005.
Elle avait dit à ce moment-là que
le but
de la Société des postes
était « de
moderniser et de revitaliser Postes
Canada » afin de la
réorienter
et de la mettre au service de la grande
entreprise. En ce qui concerne
les postiers, Moya Greene avait dit que
l'investissement de
2 milliards $ qui
serait fait dans les prochaines années
visait à tirer
profit du fait qu'un tiers des employés
allaient prendre leur
retraite pendant la même période.
« C'est
l'occasion pour nous, avait-elle dit, de
synchroniser les projets de
modernisation avec le rythme des
retraites. » Postes Canada
n'a cessé depuis d'appliquer
son plan d'ensemble qui est de
systématiquement
dérèglementer et privatiser le
service postal afin de
rendre plus facile aux monopoles internationaux du
service
postal de s'accaparer de ses secteurs les plus
profitables.
La nomination de Deepak Chopra par Stephen Harper
à la tête de Postes Canada en
2011 n'a fait
qu'accélérer la destruction du
service postal
public.
Le rapport annuel se délecte des attaques
sans
précédent qui ont été
menées contre
les travailleurs des postes. Le fait
qu'après
l'élimination de milliers de
positions et les fermetures de centres de tri et
de comptoirs de
services au détail les revenus soient
demeurés stables
montre jusqu'à quel point l'exploitation
des travailleurs a été
intensifiée. Même en
déformant les données, les
dirigeants de Postes Canada ne
sont pas capables de camoufler leurs intentions
malveillantes.
En 2011, les revenus des opérations ont
été de 7,48 milliards $
alors que les
coûts des opérations ont atteint
7,71 milliards $. En
2012, les revenus ont atteint
7,53 milliards $ face à
des coûts de 7,40 milliards $. La
diminution des coûts
d'opérations est de
312 millions $. Cela en dit long sur les
conditions de
travail intenables que vivent les travailleurs
internes et sur les
réorganisations de routes
impossibles qui ont été
imposées aux facteurs et
factrices. N'oublions pas que dans les
13 grands centres où
la Transformation postale a été mise
en
oeuvre, les courriers des services postaux ont
pratiquement
été éliminés. Tout le
travail de soutien et
de livraison de colis qui était
effectué par les MSC a
été
passé aux facteurs.
La situation est intenable. Les blessures ont
augmenté dramatiquement et les suspensions
disciplinaires
pleuvent sur les facteurs pour les forcer à
continuer
à livrer leur courrier bien au-delà
de la durée
normale de leurs quarts de travail. Malgré
la fausse bonne
impression que le rapport annuel essaie de donner
avec
sa soi-disant « amélioration du
service à la
clientèle », la
réalité est que c'est
impossible de donner un bon service à la
population dans de
telles
conditions. En fait, le courrier s'empile souvent
pendant des jours
dans les dépôts à cause du
manque d'effectifs. Il y
a tellement de quarts de travail de
travailleurs internes qui ont été
éliminés
que le courrier s'accumule dans des
camions-remorques jusqu'à ce
qu'il soit trié par des travailleurs de
nuit.
Les mensonges et la tromperie que véhicule
le rapport annuel ne peuvent masquer la situation
à laquelle les
travailleurs font face chez Postes Canada.
Lorsque le rapport parle de prendre des mesures
pour accroître
« la flexibilité
opérationnelle afin de mieux
servir les Canadiens », ce que cela
signifie c'est l'imposition de salaires à
deux paliers,
l'élimination des congés de maladie
et toujours plus
d'attaques contre les salaires et les avantages
sociaux
à la retraite. C'est la recherche
irrationnelle du maximum de
profits. Cela ne doit pas passer !

Base manufacturière oui!
Destruction nationale non!
Caterpillar ferme une autre usine de fabrication
de machinerie de production lourde en Ontario
- Jim Nugent -
21
janvier 2012: journée d'action contre la
fermeture de l'usine
Electro-Motive Diesel à London, en
Ontario
Le monopole américain Caterpillar Inc. a
annoncé qu'il ferme une autre usine en
Ontario qui fabrique des
équipements de production lourds. Le
4 mai,
Caterpillar a remis des avis de cessation d'emploi
à 330
travailleurs à sa filiale Caterpillar
Corporation Tunneling
Canada (Lovat). Caterpillar fermera au
début
de 2014 l'usine de fabrication de tunneliers
(TBM) de Lovat,
à Toronto. La fermeture de cette usine par
Caterpillar est une
autre expression du droit de
monopole qui s'affirme. Il causera du tort aux
travailleurs
concernés et aux intérêts de
tous les Canadiens en
minant et réduisant encore plus la base de
production de l'économie du Canada.
C'est la deuxième fois en un peu plus d'un
an que
Caterpillar ferme une usine en Ontario produisant
de la machinerie de
production lourde et élimine des
centaines d'emplois aux salaires selon les
standards canadiens. En
février 2012, après des demandes de
concessions de
50 % en réduction des salaires
et un frauduleux lockout, Caterpillar a
fermé l'usine
Electro-Motive Diesel (EMD), à London en
Ontario, et
déplacé la production aux
États-Unis. La fermeture
de l'usine EMD a entraîné le
licenciement de
461 travailleurs et la moitié de ces
travailleurs peinent
encore à trouver un emploi dans un
marché du travail
inondé par un demi-million de
chômeurs en Ontario.
Maintenant, avec la fermeture de leur usine, les
travailleurs de Lovat
et leur famille seront livrés à une
plus grande insécurité encore.
Les travailleurs de Lovat produisent des
tunneliers
complets d'un diamètre variant entre
2,5 et 50
mètres. Les tunneliers sont les principales
machines
utilisées pour l'excavation de tunnels pour
des projets de
métro, chemin de fer, route, égout,
aqueduc, conduite
forcée, accès à une mine,
câbles souterrains
à
haute tension et de
télécommunications. L'usine EMD
était le même genre d'entreprise.
Avant que leur usine
soit fermée, les travailleurs d'EMD ont
assemblé
des locomotives complètes et
fabriqué certaines
pièces de locomotives.
La perte de la capacité de fabriquer un
bien
d'équipement industriel tel que les
locomotives et les
tunneliers entraîne l'économie dans
une mauvaise
direction.
Les intérêts de la classe
ouvrière et de la grande
majorité de la population exigent un
développement tous
azimuts d'une économie nationale qui suffit
à tous
ses besoins, y compris la production de biens
d'équipement
industriel. Une telle économie est
nécessaire pour
assurer le plein emploi avec des salaires selon
les standards canadiens et soutenir les programmes
sociaux
nécessaires dans une société
moderne.
Tant l'usine de Lovat que l'usine EMD ont
été fermées peu après
avoir
été achetées par Caterpillar.
EMD a
été rachetée en 2010 par le
groupe industriel
financier Caterpillar et fermée en 2012.
Caterpillar a
acheté Lovat en 2008 et la ferme cinq
ans plus tard. Il y a
des raisons évidentes pour lesquelles
Caterpillar a acheté les usines d'EMD et de
Lovat. Les deux
entreprises ont été rentables par le
fait que des
travailleurs hautement qualifiés utilisent
les dernières
technologies produisant des équippements de
production lourds
à la fine pointe de la technologie et d'une
haute valeur
ajoutée. Toutefois, la raison de leur
fermeture
semble être plus liée aux
stratégies mondiales de
Caterpillar qu'aux usines elles-mêmes.
Selon les médias, la fermeture de l'usine
Lovat
fait partie d'un repli mondial de Caterpillar, qui
cherche à
maintenir sa position en tant que producteur
mondial dominant de l'équipement minier
dans un marché en
contraction. Le repli est nécessaire, selon
les
dépêches, parce que l'industrie
minière mondiale
annule les dépenses en équipements,
en réponse
à
l'instabilité du cours des produits de
base. Dans le cadre de
cette réorganisation, Caterpillar a mis
à pied depuis
février 460 travailleurs dans ses usines
américaines et
1400 dans ses usines belges. Certains tunneliers
Lovat sont
utilisés dans les mines, mais la plupart
sont
vendus à des fins de projets
d'infrastructure. Malgré
cela, les travailleurs de Lovat et
l'économie de l'Ontario sont
touchés en tant que dommages
collatéraux
des décisions stratégiques de
Caterpillar.
Le président du groupe Caterpillar, Stu
Levenick,
a énoncé de manière
éloquente le point de
vue étroit de ce monopole agressif par ses
déclarations
lors
de l'achat et de la fermeture de Lovat. Lorsque
Caterpillar a
acheté Lovat en 2008, il a dit :
« Cette
acquisition est la porte d'entrée de
Caterpillar
dans le marché en pleine expansion des
tunneliers et il
représente pour nos entreprises un
excellent complément
stratégique. » Lors de l'annonce
de la
fermeture de l'usine Lovat, le 4 mai, la
seule explication de
Levenick a été que « les
perspectives d'avenir
de cette entreprise ne sont plus conformes
à nos attentes ».
Quand les monopoles rivalisent farouchement pour
la
domination mondiale, ils sont capables de faire ce
qu'ils veulent, des
usines comme Lovat et EMD
ne sont que des jetons dans leur match de poker
à
l'échelle mondiale. L'effet que leurs
fermetures d'usines aura
sur les travailleurs, les communautés
où les usines
sont situées et l'économie locale,
ne joue aucun
rôle dans les calculs antisociaux des
oligarques de Caterpillar.
Il appartient aux gouvernements de restreindre
les opérations de ces monopoles en vue
d'assurer les moyens de
subsistance des travailleurs ainsi que le
développement des
économies nationales et locales.
Au lieu de faire ce qu'ils doivent, le
gouvernement
fédéral et les gouvernements des
provinces et du
Québec soutiennent le droit des monopoles
d'agir à leur
guise.
Dans le cas de l'achat et de la fermeture
éventuelle de Lovat par Caterpillar, les
gouvernements
permettent non seulement à Caterpillar
d'opérer en toute
impunité, les gouvernements se sont mis au
service de ce
monopole agressif pour qu'il encaisse un gros
butin dans un très
court laps de temps. Au cours des
cinq dernières années durant
lesquelles il a
été propriétaire de Lovat,
des dizaines de
millions de dollars ont été
versés à
Caterpillar par le gouvernement
fédéral
et par d'autres gouvernements pour des contrats
d'achat,
d'approvisionnement et de services des tunneliers
Lovat.
Quand Lovat a été achetée en
2008,
elle avait déjà produit depuis 40
ans des tunneliers
à Toronto. Elle nageait dans les
liquidités fournies par
les
gouvernements du Canada et de la
Colombie-Britannique pour un tunnelier
et des têtes de coupe pour les travaux
d'excavation du
système de transport en
commun de la ligne Canada à Vancouver.
Immédiatement
après que Caterpillar ait acheté
Lovat, son carnet de
commandes s'est rempli avec d'autres contrats
gouvernementaux, y compris un tunnelier pour
excaver les tunnels
d'égouts pluviaux à Edmonton, quatre
tunneliers pour une
ligne principale d'égout principal
dans la grande région de Toronto et un
contrat de quatre
tunneliers pour construire le prolongement de la
ligne de métro
Spadina à Toronto.
Le projet de prolongement de la ligne de
métro
Spadina vaut à lui seul
58 millions $ pour les
tunneliers et des millions de plus pour des
têtes
de coupe de remplacement. Immédiatement
avant que Caterpillar
annonce la fermeture de l'usine, deux tunneliers
Lovat d'une valeur de
40 millions $
ont été remis à l'agence
gouvernementale de
l'Ontario Metrolinx pour les travaux d'excavation
de tunnels sur la
ligne de train léger (LTR) Eglinton
évaluée
à
8,4 milliards $. Même après
que l'usine soit
fermée, Caterpillar continuera de fournir
des services et
entretenir des têtes de coupe pour le projet
LTR Eglinton.
Caterpillar se voit accorder tous les droits
d'acheter
une entreprise de fabrication d'importance au
Canada, de l'utiliser
pour encaisser d'immenses profits
sur les marchés publics, puis de la fermer.
Cela montre comment
le droit de monopole affaiblit l'économie
de l'Ontario et du
Canada. La fermeture de l'usine
Lovat, après le parachèvement de
projets d'infrastructure
valant des dizaines de millions $, est un
gaspillage de
l'énorme potentiel de ces types de projets
à pouvoir élargir et
développer la base
industrielle nécessaire à une
économie moderne
tous azimuts. Sous le contrôle de
Caterpillar, la base
manufacturière
est affaiblie plutôt que renforcée
par des projets
d'infrastructure.
Le droit de monopole est de nouveau
utilisé pour
bloquer la réalisation d'objectifs
économiques nationaux
importants. Il s'agit d'une considération
importante
pour les travailleurs à un moment où
les gouvernements du
Canada, des provinces et du Québec
s'engagent à investir
des dizaines de milliards $ de fonds
publics pour des projets d'infrastructure. En
tenant compte des
récents budgets de l'Ontario et du
fédéral, une
somme totale de 81 milliards $ en
dépenses d'infrastructure a
été annoncée.
Comment le peuple peut-il s'assurer que ces
projets soient menés
d'une manière qui renforce
l'économie au lieu
d'être détournés pour
prêter main forte aux
bandits internationaux
comme Caterpillar qui pillent et saccagent ?
Une autre considération sont les
milliards $
que tous les niveaux de gouvernement remettent aux
monopoles au nom du
soutien à la recherche et
développement (R & D) et l'innovation.
En plus des actifs
physiques de Lovat, Caterpillar est libre de
retirer le savoir-faire
technique et scientifique que les
travailleurs de la production et les techniciens
de Lovat ont
accumulé au cours des nombreuses
années. Si les
gouvernements sont vraiment
intéressés à soutenir
la R & D et l'innovation, ils peuvent
arrêter les monopoles
comme Caterpillar de détruire les
entreprises
manufacturières comme Lovat et EMD qui ont
déjà
un niveau élevé de succès
dans l'application de la
recherche, le développement et l'innovation
mis en place depuis
de nombreuses années.

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