|
|||||||||||
Le Marxiste-Léniniste : Encore une fois, toutes nos condoléances à la famille, aux amis et collègues de travail de Cyndie Lavoie décédée le 30 avril dernier. Hugues Villeneuve : Merci beaucoup. Soyez certains que nous allons transmettre l'expression de vos sentiments à la famille de même que les sentiments de tous ceux qui ont exprimé leurs condoléances suite à ce décès. LML : La famille a accueilli les gens au salon funéraire et tenu des funérailles. HV : Oui, ce furent des cérémonies pleines de dignité et l'émotion était à son comble. Je dois te dire que pendant le lockout nous avons fait face à des épreuves et à des peines, mais ce n'est rien à côté de ce que nous vivons suite au décès de Cyndie. Nous avons beaucoup de consoeurs et confrères qui sont décédés dans notre vie mais au travail comme cela c'est la seule fois et on va tout faire pour que cela ne se reproduise pas. On va produire dans les semaines ou les mois qui viennent quelque chose de commémoratif à la mémoire de notre soeur. On va faire cela pour la garder en mémoire, elle qui était la joie de vivre personnifiée, la soeur que tout le monde rêverait d'avoir dans sa famille. Depuis cet événement tragique, on s'assure que les gens qui ont été impliqués directement aient le support nécessaire pour passer à travers cette période. On s'assure que les gens qui sont le plus affectés et ne se sentent pas capables de rentrer au travail n'y sont pas et s'il y en a qui veulent rentrer, qui en ont exprimé le désir parce que de revoir leurs compagnons de travail ça leur permet de laisser sortir la pression de toutes ces émotions, alors ils y retournent sur une base volontaire. On s'est assuré que les gens du secteur et surtout du secteur où le décès s'est produit soient à l'aise d'y retourner, qu'il n'y ait aucune pression de mise sur eux et que les gens y retournent de leur propre gré. LML : Tu as dit récemment que chez Rio Tinto Alcan à Alma on est maintenant à la croisée des chemins. Peux-tu nous expliquer en quoi c'est le cas ? HV : Le régime de pression, d'intimidation, la pression qui est mise indûment sur les travailleurs en vertu des nouvelles organisations de travail qui n'ont pas été évaluées notamment du point de vue de la santé et de la sécurité, les nouvelles pratiques qui n'ont pas été évaluées de long en large, toute cette pression qui est mise sur les gens, c'en est assez, c'est cela qui est terminé en autant que les gens sont concernés. J'ai avisé la direction qu'on était à la croisée des chemins, qu'on ne va plus en avant, un tournant est inévitable. Le mot qui a été lancé a été bien clair. Ou bien on fait un tournant vers un climat de travail favorable et acceptable, c'est sûr qu'on aura toujours des divergences d'opinion, mais on va avoir une manière de se parler, et une manière par laquelle les gens vont pouvoir exécuter leur travail en paix, de façon respectueuse, dans un climat sain ; ou bien on va prendre l'autre tournant et sachons bien que si on a un prix à payer alors eux autres vont aussi avoir un prix à payer et ce sera la confrontation de notre côté. Ils vont devoir prendre des décisions parce que c'est certain que le rendement va en souffrir. J'ai présenté cette position ouvertement au directeur de l'usine et des rencontres avec la direction sont prévues pour en discuter. Nous voulons des réponses, nous voulons qu'ils nous disent ce qu'ils font et où ils s'en vont. La pression, qu'on le veuille ou non, est un élément qui a joué dans le décès qu'on vient de vivre. On ne veut plus que cela arrive. On est une grande famille dans cette usine-là, en tant que syndiqués, on s'est solidifié dans le conflit. On va se protéger les uns les autres. On ne tolérera plus aucun geste de répression et d'intimidation, ou des événements impliquant la santé et la sécurité où il y a des oeillères de mises, on les dénonce, c'est inacceptable. On va faire les démarches nécessaires, on va faire respecter nos droits par rapport à ces appareils-là qui sont défectueux ou les procédures qui ne sont pas adéquates. Pour ce qui est de la pression de la direction, soit qu'ils enterrent leur hache de guerre ou encore on sort la nôtre. On veut avoir un climat de travail sain. On se fait souvent dire par les cadres qu'on n'est pas ici à l'usine d'Alma pour faire du bonheur, c'est bien de valeur mais ce n'est pas vrai. Les gens ont le droit de rentrer travailler avec le sourire et d'avoir du plaisir en équipes de travail à travailler, c'est permis au Québec et on a le droit de le faire. LML : Peux-tu nous en dire plus sur cette pression qui est exercée sur vous ? HV : Par exemple,
on a
organisé la semaine dernière une
pause comme on en
prenait depuis 12 ans. Le matin, nous autres,
les pauses de
travail on les faisait à la
cafétéria tous
ensemble depuis des années. C'est certain
qu'il restait des gens
dans les secteurs pour s'assurer que
l'opération continue. On
peut dire
qu'entre 50 et 70 % des gens le matin
venaient prendre leur pause
dans la cafétéria mais
l'après-midi le contrat de
travail nous oblige à prendre la pause sur
le lieu de travail.
Depuis le retour au travail, la compagnie barre la
cafétéria alors les gens ne peuvent
plus prendre leur
pause ensemble. Jeudi passé le
25 avril, on a appelé
à une
pause tous ensemble, c'était fait sur une
base volontaire, on a
demandé aux gens de s'assurer que les
opérations
continues soient effectuées, ce
n'était pas un
débrayage, ce n'était pas une
manifestation mais bien une
pause comme on faisait auparavant. La compagnie
s'est virée de
bord, elle est venue prendre les noms des gens qui
étaient
là, et elle
a donné une mesure disciplinaire à
12 personnes sur
la centaine qui étaient là. Selon
l'employeur c'est une
manifestation. Tous les travailleurs qui
étaient là ont
reçu un avis disciplinaire écrit
mais 12 d'entre eux
ont reçu une journée de suspension.
Des griefs ont
été levés contre cela. Rio
Tinto veut faire
déclarer que c'est un débrayage
illégal mais ce n'est pas le cas du tout. La pression, c'est les superviseurs qui suivent pas à pas les travailleurs, qui s'attellent sur un travailleur en particulier, vont le suivre pas à pas pendant tout le quart de travail, y allant de leurs commentaires comme « allez, travaille, tu n'es pas vite, je pense que tu ne me donnes pas ton 110 % », etc. C'est un superviseur qui surveille les gens qui prennent leur pause, chronomètre le moment où ils reviennent de leur pause, va les chercher dans la salle et leur dit « vous sortez de là, vous allez retourner travailler ». C'est comme cela continuellement. Les gens ont droit à 15 minutes de pause, le contremaître va se présenter à la 12e ou 13e minute pour surveiller le travailleur ; des superviseurs qui s'installent à la porte de la cafétéria pour dire aux gens tu as une demi-heure pour manger, je veux te revoir dans 30 minutes exactement avec ton chapeau sur la tête pour aller travailler. C'est plein de gestes comme cela : surveiller les gars qui vont à la douche, prendre les noms continuellement, dire au travailleur « tu ne m'as pas donné ton 110 % hier, ce soir tu vas me faire tant d'anodes ». Il y a des équipes qui se mobilisent, qui ont remis le superviseur à sa place. Je ne te cacherai pas que ces équipes-là présentement en général ont la paix. LML : Tu as parlé aussi de la question des équipements et des procédures de sécurité. HV : Des dénonciations vont être faites sur la question des appareils. Par exemple, la loi concernant la protection-machine à l'effet que tu ne dois pas avoir accès à une machine en mouvement. Depuis des années à ce sujet il y a des lacunes à l'usine d'Alma. Le décès que nous venons de vivre doit être placé directement dans ce contexte. Il y a plusieurs secteurs aujourd'hui qui ont des lacunes. C'est certain que des fois, quand ça fait des mois ou 2-3 ans que tu travailles dans le même département, avec la pression qui est mise sur toi, qu'on te pousse encore et encore, et que si tu n'obéis pas à ton superviseur c'est par la suspension qu'ils vont te faire comprendre, c'est certain que les gens vont finir par accepter des façons de faire, des procédures émises par les patrons qui ne sont pas validées par les gens qui ont de l'expérience. C'est cela les oeillères dont je parlais, alors maintenant les oeillères vont tomber. Parallèlement à l'enquête de la CSST qui est maintenant en cours concernant le décès, il y a beaucoup de secteurs de l'usine où les gens s'affairent à s'assurer que les choses marchent à la fine pointe de la sécurité, que ce soit au niveau du cadenassage, de la protection-machine. On s'assure que toutes les règles de l'art soient respectées. LML : Que veux-tu dire à nos lecteurs en conclusion ? HV : Un conflit de
travail comme on l'a vécu, comme tout
conflit de travail, c'est
en famille qu'on le passe. C'est en solidifiant
nos liens, en serrant
les coudes qu'on passe à travers.
Après un conflit il ne
faut pas s'imaginer que c'est terminé,
surtout pas avec des
grandes compagnies assoiffées comme Rio
Tinto, il
y a toujours un lendemain. C'est encore une fois
en se solidifiant tous
ensemble qu'on va passer à travers ces
nouvelles épreuves. ![]() Le contingent des travailleurs de l'aluminium d'Alma à la marche du Jour de la terre à Montréal le 22 avril 2012
Nouveau régime de redevances et nouvelle loi sur les mines Nos ressources, nous décidons!
Le ministre Marceau a d'abord fait une mise en contexte de la venue de ce nouveau régime de redevances minières, avec le ralentissement de l'économie mondiale, la diminution depuis 2011 des prix des métaux sur les marchés de 25 % et un niveau d'investissements miniers qui est maintenant tombé à celui de 2008. Il a aussi mentionné que la moitié des 25 mines présentement en exploitation au Québec n'affichent pas de profits et ne paient donc pas de redevances dans le régime actuel. Le nouveau régime minier instaure un impôt minimum de 4 % sur le volume du minerai extrait du sous-sol québécois. Pour les 80 premiers millions $, l'impôt minier sera de 1 %. Cette mesure s'adresse spécifiquement aux petites mines, a dit Marceau. Pour plus de 80 M $ de minerai extrait, le taux de l'impôt sera de 4 %. Ainsi toutes les mines en exploitation vont verser des redevances. De plus le nouveau régime minier instaure un impôt progressif sur les profits des mines et non des entreprises minières. De 0 à 35 % de profit, le taux sera de 16 % ; de 35 % à 50 % de profit le taux sera de 17,8 % ; pour plus de 50 % de profit le taux atteindra 22,9 %. En 2015, ce nouveau régime doit rapporter 50 millions $ de plus que présentement, a dit le ministre. De 2013 à 2020 ce sont des montants de 73 M $ à 210 M $ par année de plus dans les coffres du gouvernement, ce qui veut dire selon le ministre entre 770 millions $ et 1,8 milliard $ sur une période de huit ans. Le ministre Marceau a déclaré que tous les montants des redevances minières iront exclusivement au service de la dette du Québec.
Elle a dit qu'avec le nouveau régime de redevances et la future loi sur les mines, « nous avons fait des avancées importantes » et que « nous désirons atteindre la sécurité sociale, environnementale et économique ». S'adressant à un groupe de gens d'affaires dans le cadre d'une conférence sur le développement du Nord du Québec le 23 avril dernier, Martine Ouellet, avait dit : « Il y a différents mécanismes qui peuvent être utilisés au niveau du gouvernement. Ce que je veux dire, c'est qu'il s'agira d'une formule hybride... Je peux également vous dire qu'il y aura un élément de redevances sur la matière brute et un élément pour le partage sur les profits exceptionnels. »
La ministre avait aussi exprimé son intention de « désenclaver le Nord » en suggérant la réalisation d'un « lien ferroviaire vers le Nord » qui deviendra « l'épine dorsale du développement nordique ». Elle avait écarté le projet du CN, car trop dispendieux : « Il faut définir un nouveau concept, à coût plus modique, qui garantira un accès équitable pour tous les acteurs et financé par ceux qui en bénéficieront. Nous pensons au modèle du port de Sept-Îles, une infrastructure publique financée par les minières avec un accès partagé et garanti pour tous. » De son côté, le lobby de l'industrie minière maintient la pression sur le gouvernement Marois et la ministre Ouellet, en brandissant « la menace que fait peser sur l'industrie le climat d'incertitude actuel, l'absence de prévisibilité économique pour les investisseurs et d'un climat de confiance. » [1]
Pour aider à développer la politique indépendante de la classe ouvrière sur la question des ressources et sur ce que doit contenir la loi sur les mines au Québec, Le Marxiste-Léniniste présentera des rapports sur ce que disent les représentants du gouvernement et de l'opposition et ce que disent les travailleurs et les gens des régions les plus touchées ainsi que des informations sur la Loi sur les mines d'hier et d'aujourd'hui et sur les principes économiques de base qui nous permettront de déterminer quelles mesures sont nécessaires pour restreindre le droit de monopole et faire prévaloir le droit public. Note1. Communiqué de presse de la firme de consultants Hatch Mott Macdonald
Les redevances, les royautés, la rente,
|
| Mine |
Propriétaires |
Substances |
Région |
| LaRonde
(LaRonde
Extension) Goldex Langlois Mine Jeffrey Black Lake Mont Wright Lac Bloom IOC Fermont Canadian Malartic Éléonore de Les Mines Opinaca Xstrata Cuivre Canada 65% & Donner Metal 35% Westwood Doyon TIO Scully Niobec Québec Lithium Corp Raglan Renard Nunavik Nickel (Canadian Royalties) Casa Berardi |
Mines
Agnico-Eagle Mines Agnico-Eagle Nystar NV Mine Jeffrey Lab Chysotile ArcelorMittal Cliff Natural Resouces IOC Corp. minière Osisko Goldcorp Inc. Bracemac-McLeod IAMGOLD Corp IAMGOLD Corp Rio Tint, Fer&Titane Cliff Natural Resources IAMGOLD Corp Canada Lithium Xstrata Nikel Canada Stornoway Diamonds Corp Jilin Jien Nickel Industry Co. Mines Aurizon |
Or Or Zinc-Cuivre Chysotile Chysotile Fer Fer Fer Or Or Zinc-Cuivre Or Or Ilménite Fer Ferro-niobium Lithium Nickel Diamant Nickel Or |
Abitibi Abitibi Abitibi Estrie Estrie Côte-Nord Côte-Nord Côte-Nord Abitibi Nord du Québec Abitibi Abitibi Abitibi Côte-Nord Québec-Labrador Lac-Saint-Jean Abitibi Nord du Québec Nord du Québec Nord du Québec Nord du Québec |
Les compagnies minières juniors et publiques ont investi 487,1 millions $ en 2011. Les compagnies majeures ont pour leur part investi 346,8 millions $ durant la même année.
Bien que les petites sociétés d'exploration (sociétés juniors) conservent leur mainmise sur les travaux d'exploration avec 53 % des montants investis, les grandes sociétés (sociétés majeures) ont doublé leur importance au cours des quatre dernières années, passant de 20,3 % en 2007 à 41,6 % en 2011.
En fixant le seuil minimal des travaux d'exploration à 50 000 $, en 2011 on a répertorié 510 projets différents, gérés par 216 établissements.
Lisez Le
Marxiste-Léniniste
Site web: www.pccml.ca
Courriel: redaction@cpcml.ca