Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 78 - 8 mai 2013

Pour donner une nouvelle direction à la Colombie-Britannique

Battre les libéraux et investir le peuple du pouvoir


Pour donner une nouvelle direction à la Colombie-Britannique
Battre les libéraux et investir le peuple du pouvoir
Dire non à la kleptocratie du secteur de l'hydro-électricité - Charles Boylan

Des manifestations partout dans le monde le Premier Mai
En Europe, en Afrique et en Asie


Pour donner une nouvelle direction à la Colombie-Britannique

Battre les libéraux et investir le peuple du pouvoir

La classe dominante a-t-elle décidé qu'elle souhaite une victoire des libéraux aux élections en Colombie-Britannique ? Tout semble indiquer que c'est le cas.

L'élection a débuté avec la perception d'une vaste opposition aux libéraux. Cette opposition grandissait de façon systématique sur la base de l'expérience directe du peuple, d'abord avec Gordon Campbell et ensuite avec Christy Clark. Les gens ont saisi l'ampleur de la corruption et de la kleptocratie — un pouvoir de voleurs.

De prime abord, il semblait que l'élite dominante voulait que l'opposition soit en position de gouverner mais cela ne semble plus être le cas. À une semaine des élections, l'élite dominante semble avoir décidé qu'elle tirerait mieux son épingle du jeu avec les libéraux qu'avec le NPD, ce qui permet de voir que la société est de moins en moins en mesure de régler ses problèmes.

Il est clair que l'élite dominante était confrontée d'entrée de jeu à de nombreux problèmes dans cette élection à date fixe. Le Parti libéral était en désarroi, beaucoup de harpériens dans ses rangs étant en révolte ouverte contre Clark et se laissant tenter par les conservateurs dirigés par un ancien ministre du Cabinet Harper, John Cummins. L'autre problème était de réussir à éteindre le sentiment antilibéral grandissant au sein du corps politique plutôt que le laisser aller vers le gouvernement en attente, l'opposition néodémocrate.

Le premier problème semble avoit été réglé à huis clos par les capitalistes monopolistes les plus en vue. Nous avons vu les harpériens ordonner un terme à la défection vers les conservateurs, lesquels ont chuté soudainement à moins de 10% dans les intentions de vote. Il est peu probable maintenant que les conservateurs emportent une seule circonscription.

Le deuxième problème a été réglé avec une campagne massive de désinformation qui présente la dirigeante libérale Christy Clark comme l'étoile montante, la « petite nouvelle», et Adrian Dix du NPD comme étant la vieille garde dont le seul et unique but serait d'accumuler les dettes et les déficits. Cette tactique a réussi à mettre l'opposition aux libéraux sur la défensive et de la faire paraître comme inapte, laissant du même coup le corps politique impuissant et démoralisé.

Un des éléments de cette désinformation est la démagogie néolibérale à l'effet que Clark, son parti et tout ce qu'ils accomplissent représentent l'avenir, tandis que le NPD représenterait le passé. Clark nous annonce : oui, la douleur d'aujourd'hui est réelle, mais l'avenir sera mieux. Il faut donc couper dans les dépenses, hausser les impôts et tout brader si nous voulons une économie saine. Le NPD et son dirigeant vont rendre cet avenir impossible.

Clark est même présentée comme étant prosociale. Récemment elle a présenté son régime d'épargne personnel de 1 200 $ en éducation comme étant un merveilleux programme social auquel le NPD s'oppose. Il n'y a pas lieu d'être défensif devant de telles prétentions et une telle désinformation. Le 1 200 $ ne changera rien aux frais d'inscription, sans compter que ces régimes d'épargne avec crédits d'impôt sont des guet-apens conçus par l'oligarchie financière. Mais surtout, il est nécessaire d'unir les travailleurs et la jeunesse étudiante dans la défense de l'éducation en tant que droit dont les êtres humains ont besoin pour s'épanouir et dont la société a besoin pour ouvrir la voie au progrès. L'éducation ne peut servir de prétexte à de nouveaux programmes pour payer les riches tandis que la nouvelle génération est criblée de dettes, angoissée et dotée uniquement de compétences axées sur le marché et totalement déshumanisantes.

Alors que la campagne électorale entre dans sa dernière semaine, tout semble indiquer que l'élite dominante a décidé que ses intérêts seront le mieux servis avec encore plus de rétrogression, de corruption et de kleptocratie, et que les libéraux semblent les mieux placés pour livrer la marchandise. Pour le confirmer, l'ancien chef libéral Gordon Wilson, qui avait quitté avec fracas les rangs libéraux pour devenir membre du gouvernement néodémocrate de Glen Clark, a fait un coup de théâtre avec une sortie publique contre le chef actuel du NPD, Adrian Dix, notamment parce que celui-ci s'oppose à l'oléoduc Kinder Morgan. Wilson a déclaré que le monopole ferait à sa tête peu importe, qu'il construira son oléoduc dans le Deltaport s'il le faut, ou, pire encore, dans l'État de Washington et la Colombie-Britannique ne recevrait pas un sou.

Les médias jouent un rôle majeur à créer l'impression que l'opposition aux libéraux sur la base de la colère accumulée contre Campbell et Clark disparaît à vue d'oeil. En créant l'impression que tout ce que peut faire le NPD c'est ramener la Colombie-Britannique en arrière, aux jours sombres des dépenses folles comme avec le projet de traversiers rapides, les médias croient que leur ruse a réussi à détourner l'opposition aux libéraux en une opposition aux politiques préconisées par le NPD.

Par ailleurs, les médias font beaucoup de place au Parti vert pour réduire les préoccupations environnementales des Britanno-Colombiens à une question de voter vert si on ne peut les persuader de voter libéral ou de ne pas voter du tout. Autrement dit, votez pour n'importe qui sauf NPD est devenu leur mot d'ordre et c'est le résultat qu'ils visent pour le 14 mai.

L'élite dominante croit avoir ainsi mis la table pour un retour fracassant de Clark, comme elle l'a fait pour Redford en Alberta. Clark prétendra alors qu'elle veut tourner la page et rompre avec le passé des libéraux de Campbell.

Tout cela montre que la classe ouvrière et ses alliés doivent faire échouer cette tentative de réduire l'électorat à l'impuissance par un autre coup d'État électoral. Il reste encore suffisamment de temps pour tout mettre en oeuvre dans ce sens. Cela peut se faire en faisant valoir les revendications du peuple pour dire non à une nouvelle vague de rétrogression, de corruption et de kleptocratie.

Douze ans d'offensive antisociale des libéraux, c'est assez ! Faisons tous les efforts pour donner une nouvelle direction à la Colombie-Britannique ! Battons les libéraux ! Investissons le peuple du pouvoir de décider!

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Dire non à la kleptocratie du
secteur de l'hydro-électricité

La loi sur l'énergie propre a reçu la sanction royale le 3 juin 2010. Cinq mois plus tard, le 3 novembre 2010, Gordon Campbell, qui était premier ministre libéral de la Colombie-Britannique depuis 2001, a démissionné. Un électorat en colère a rejeté son projet de Taxe de vente harmonisée au référendum d'août 2011. Le même mois, l'ex-premier ministre a accepté le poste de haut-commissaire à Londres, un poste très convoité et grassement rémunéré dans le coeur de l'empire, que lui a offert son coconspirateur Stephen Harper. Ainsi agit la kleptocratie d'État.

Pour bien comprendre la nature du vol monté par les riches dans le secteur de l'énergie, il faut examiner le rôle joué par la société d'État BC Hydro. BC Hydro s'est chargé de tous les travaux de recherche pour déterminer quelles rivières peuvent produire de l'électricité et quels sites sont les meilleurs pour l'énergie éolienne. Le résultat de ces études a été remis à des groupes de spéculateurs. Ces derniers ont mis à profit cet investissement public dans le savoir pour obtenir du gouvernement des contrats garantis d'alimentation en électricité à partir d'endroits choisis. Puis ils se sont servis des contrats à long terme garantis par le gouvernement pour emprunter sur les marchés financiers pour les travaux de construction. Beaucoup ont ensuite vendu les projets ou les contrats à de grands monopoles comme General Electrique, empochant un généreux profit. Le gain privé par des manoeuvres préparées et menées par l'État, les représentants du gouvernement et les agences gouvernementales, c'est de la kleptocratie d'État.

Les Britanno-Colombiens se sont fait passer cette magouille enveloppée dans un discours à propos de l'énergie verte. La loi sur l'énergie propre fait porter à BC Hydro l'onéreux des contrats d'achat d'électricité avec des producteurs privés d'électricité au nom de l'« indépendance énergétique » de la province. On dit que les 3 000 GWh provenant des centrales de propriété privée et de contrôle privé, bâtie sur des rivières qui appartiennent à tout le monde, feront en sorte que la province sera un exportateur net d'électricité propre d'ici 2020. Le discours sur l'énergie verte crée l'impression que ces projets visent autre chose que la satisfaction de l'avidité d'entrepreneurs privés aux dépens du droit public.

Durant les années précédentes, la production publique de la richesse énergétique par les travailleurs de BC Hydro a permis de verser au trésor public 800 millions $ de revenus annuels nets, c'est-à-dire après que tout le monde ait fait ses réclamations. Aujourd'hui BC Hydro est liée par des contrats qui l'oblige à acheter de l'électricité d'entreprises privées pour une somme totale de 40 milliards $, ce qui veut dire que moins de réclamations iront au trésor public et que la majorité des consommateurs seront appelés à accepter une hausse des tarifs.

Ces magouilles pour payer les riches sont montées par des individus privilégiés au sein des gouvernements et agences d'État qui agissent pour le compte des grands monopoles, de leurs riches patrons et de certains individus mêlés à la fraude de près ou de loin. Cela n'a rien à voir avec l'édification nationale, avec la reconnaissance des droits des travailleurs qui produisent la richesse, avec un quelconque souci pour l'environnement ou l'indépendance énergétique. C'est la dégénérescence de l'État en kleptocratie. La classe ouvrière est chargée par l'histoire de mobiliser le peuple pour y mettre fin.

Arrêtez de payer les riches !

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Des manifestations partout dans le monde le Premier Mai

En Europe, en Afrique et en Asie

Angleterre



Londres

Le Premier Mai a vu des manifestations dans toutes les grandes villes d'Angleterre sous la bannière de l'unité internationale de la classe ouvrière et dans l'esprit d'unité dans l'action des travailleurs et peuples opprimés du monde pour réclamer un changement de direction de la société. Les nombreuses manifestations étaient constituées de contingents des syndicats marchant sous leurs bannières. L'esprit convié était que seule la classe ouvrière peut sauver la situation et que le mensonge néolibéral qu'il n'y a pas d'alternative au programme d'austérité imposé par les riches doit être réfuté.

Comme c'est maintenant la tradition, il y a eu une grande manifestation à Londres et des marches, rassemblements et réunions à Tyne and Wear, Manchester, Chesterfield, Bridgwater, Plymouth, Bristol, Exeter, Swansea, Croydon, Nottingham et ailleurs.

Des milliers de personnes ont participé à la marche de Londres qui est partie de Clerkenwell Green (photo du haut), un endroit associé aux forces progressistes et aux révolutionnaires comme Lénine, pour se rendre à la place Trafalgar, passant par le coeur de Londres. Un contingent du Parti communiste révolutionnaire de Grande-Bretagne (marxiste-léniniste) portait la bannière : « Pour une alternative ! Arrêtez de payer les riches ! Augmentez les investissements dans les programmes sociaux ! » La marche était marquée par l'esprit de l'internationalisme prolétarien et de lutte contre le programme d'austérité, pour les services publics et pour une alternative prosociale. Parmi les orateurs, il y avait des représentants syndicaux, des députés et des représentants d'organisations sociales engagées dans la défense des services de santé publics.



Tyne and Wear

À Tyne and Wear le 4 mai, des centaines de personnes ont participé à la marche annuelle. Tyne and Wear est située dans le nord-est de l'Angleterre, une région historiquement connue pour ses mines de charbon. À la tête de la marche se trouvait l'orchestre des travailleurs du charbon, le Backworth Colliery Band. À la fin de la marche, les participants ont entendu des représentants syndicaux, des enseignants, des travailleurs du transport et des chantiers navals et d'organisations contre la guerre.

Irlande


Dublin

Ci-dessus le contingent du syndicat des professionnels et techniciens des services industriels à la marche du Premier Mai à Dublin. À la tête du contingent se trouvaient dix bannières historiques représentant le lockout de 1913, une page de l'histoire héroïque de la classe ouvrière irlandaise. Il y avait aussi un contingent important de jeunes activistes du « Youth Bloc » qui dénoncent l'impact de l'exode sur la société irlandaise.

France

Paris

Suisse

Genève

Portugal


Lisbonne

Quelque 10 000 personnes ont participé au rassemblement du Premier Mai à Lisbonne pour protester contre les mesures d'austérité du gouvernement. Des rassemblements ont également eu lieu dans une cinquantaine de villes du pays. Il y a eu de nombreuses protestations en Irlande depuis la signature d'un plan de secours de 78 milliards d'euros par la troïka (Union européenne, Fonds monétaire international et Banque centrale européenne) en mai 2011 qui s'est traduit par un train de mesures d'austérité antisociale et néolibérale pour les peuples.

Espagne


Madrid

Il y a eu des manifestations dans plus de 80 villes d'Espagne, où un taux de chômage de 27 % fait ses ravages, particulièrement parmi les jeunes. Les manifestants ont vigoureusement dénoncé les politiques économiques néolibérales qui détruisent les institutions du pays.

Grèce


Athènes


Piraeus; Thessaloniquei

Le Premier Mai à Athènes a été marqué par une grève générale contre les mesures d'austérité brutale imposées au peuple. Des milliers d'employés du secteur public ont débrayé pendant 24 heures, fermant le service ferroviaire, le réseau d'autobus, les traversiers et les hôpitaux. Les travailleurs ont également pris position contre les tentatives de les diviser sur une base raciale. Sur la bannière ci-dessus : « Travailleurs grecs et étrangers, unissez-vous ! » et « Solidarité avec les immigrants ! ». Comme partie des mesures d'austérité néolibérale, le gouvernement grec a annoncé la mise à pied de 180 000 employés de l'État au cours des deux prochaines années.

Turquie


Istanbul

À Istanbul, on a interdit aux travailleurs de manifester sur la place Taksim, le lieu de rassemblement traditionnel du Premier Ville en Turquie. La police anti-émeute s'est servi de gaz lacrymogènes et de canons à eau pour repousser les manifestants venus quand même manifester.

Russie


Moscou

Pakistan

Lahore

Inde

Hyderabad


Pune

Bangladesh



Dhaka

Il y a eu des manifestations partout au Bangladesh le Premier Mai où les travailleurs ont réclamé le respect de leurs droits, au lendemain du carnage de Savar et demandé justice pour les victimes de l'effondrement, le respect des normes de sécurité, de meilleurs salaires et la fin du harcèlement dont sont la cibles les organisateurs syndicaux.

Partout dans le monde, les travailleurs ont porté des pancartes et des bannières qui dénonçaient le massacre de Savar.

Cambodge

Phnom Penh

Des milliers de travailleurs du textile ont marché dans les rues du Cambodge pour exprimer leur solidarité avec les travailleurs du Bangladesh et exiger que leur industrie du vêtement hausse le salaire minimum et les normes sécurité au travail.

Indonésie

Jakarta

Environ 55 000 travailleurs se sont rassemblés à Jakarta. Il s'agirait de la plus grande manifestation du Premier Mai depuis plusieurs années. Les agences de nouvelles rapportent que les protestations contre les conditions de travail se sont multipliées ces dernières années à cause des bas salaires, de l'absence d'avantages sociaux et de la négation des droits des travailleurs.

Philippines

Manille

Chine

Beijing

Taïwan

Taipei

Corée



Pyongyang

Différentes célébrations ont marqué le Premier Mai partout en République populaire démocratique de Corée. Il y a eu une assemblée nationale au complexe sidérurgique Hwanghae (photo du haut) à laquelle ont participé le premier ministre Pak Pong Ju, le vice-président du Comité pour la réunification pacifique de la patrie et le vice-président du présidium de l'assemblée populaire de la RPDC ainsi que des représentants du gouvernement local. Dans la capitale Pyongyang, un concert a été donné par l'orchestre Unhasu au Théâtre du peuple (rangée du milieu). Les gens se sont également rassemblés dans les parcs d'amusement et les parcs de la ville pour assister à des spectacles et des joutes sportives.

Les travailleurs de la centrale hydro-électrique Huichon et des complexes d'énergie thermique de Pyongyang et Pukchang, des complexes sidérurgiques de Kangson, Songjin et Kiam Chaek, les mineurs du charbon d'Anju et des travailleurs de différents secteurs de l'industrie légère et de l'agriculture ont contribué à l'atmosphère festive aux événements sportifs et culturels de la journée.


Séoul

Des milliers de travailleurs de la Confédération des syndicaux coréens se sont rassemblés à la Place de la cité à Séoul le Premier Mai pour demander une révision des lois du travail et exiger que le gouvernement veille à la stabilité d'emploi des travailleurs temporaires.

Zimbabwe


(Photos : LML, Non au Saccage, M. Giroux, J. Pope, Eyes of New York, AFL-CIO, Progress Illinois, S. Rhodes, J. Nack, C. Arif, L. Ohanesian, SME, CubaDebate, Granma, AIN, Alterpresse, Resistencia Honduras, FMLN, Voz del Sandinismo, Telesur, MinCI, Polo Democrático Alternativo, Presidency of Ecuador, Indymedia, ANDINA, ABI, CUT Chile, Industriall, Presidency of Uruguay, Xinhua, Workers' Weekkly, SIPTU, Popinicio, KKE, Birlesik Metal Is, RIA Novosti, A.S. Kumar, bdnews24, Licadho, Rodong Sinmun)

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