Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 76 - 7 mai 2013

447 arrestations à une manifestation du Premier Mai

Non à la violence et à l'impunité policières!


Le 1er mai à Montréal: Résultat du «kettling», la méthode policière qui consiste à petit à petit encercler et isoler les
manifestations pour ensuite faire des arrestations et obliger tout le monde à se disperser. C'est une des raisons pour lesquelles
les organisateurs de manifestations refusent de donner l'itinéraire à l'avance.

447 arrestations à une manifestation du Premier Mai
Non à la violence et à l'impunité policières!
Répression, discrimination et grève étudiante: un rapport accablant qui illustre l'urgente nécessité d'une enquête publique

Premier Mai 2013
Manifestations des travailleurs aux Etats-Unis


447 arrestations à une manifestation du Premier Mai

Non à la violence et à l'impunité policières!

Une manifestation du Premier Mai appelée par la Convergence des luttes anticapitalistes a brutalement été réprimée par la police de Montréal. La police rapporte avoir arrêté 447 manifestants et leur avoir donné des billets de contravention de 634 $ chacun. Six personnes pourraient aussi se retrouver avec des accusations au criminel.

La raison invoquée pour les arrestations est que la manifestation contrevenait au sinistre Règlement municipal P-6 puisque les manifestants n'avaient pas communiqué le parcours de la manifestation à la police avant sa tenue. Selon le P-6, si la police décide qu'une manifestation n'a pas suivi le processus requis pour être autorisée, tous ceux qui y prennent commettent de facto une violation au règlement. Ce règlement municipal est une arme de l'État pour empêcher le peuple d'exprimer ses opinions sur une base de masse, ce qui constitue une violation très sérieuse des droits de tous.

La CLAC rapporte que la police savait depuis des semaines où la manifestation se rendait. Les organisateurs ont rendu public depuis longtemps que la manifestation partirait de la Place Jacques-Cartier pour se rendre au club privé 357C dans le Vieux-Montréal. Pendant les audiences de la Commission Charbonneau, ce club a été mentionné à plusieurs reprises comme un lieu de rencontres et d'organisation de manoeuvres illégales d'attributions de contrats dans l'industrie de la construction entre des élus municipaux, des entrepreneurs et des représentants de firmes d'ingénierie.

Après quelques discours, la manifestation s'est dirigée vers le club 357C et les policiers l'ont vite déclarée illégale. La police a immédiatement cerné des centaines de manifestants selon la méthode du « kettling », emprisonnant littéralement les manifestants dans un quadrilatère fermé par la police, demandant à tout le monde de se disperser tout en empêchant plusieurs de le faire et procédant finalement à des arrestations en masse. Les manifestants arrêtés n'ont été relâchés qu'au milieu de la nuit.


C'est maintenant devenu monnaie courante pour la police de violer avec impunité les droits des manifestants. Les arrestations en masse, la violence physique contre les manifestants et les passants sont maintenant chose courante et une façon pour l'État de faire du profilage, de la terreur et de nier les droits. C'est une tentative de l'État de dissuader les gens de participer à des manifestations, une façon d'intimider et de créer une peur face aux autorités étatiques et leur impunité quand elles se livrent à leurs activités répressives.

En vertu du Règlement P-6, des manifestations comme celle que les travailleurs d'Aveos ont organisées sur le champ en 2012 quand le centre d'entretien de Montréal a fermé ses portes sans avis seraient illégales, comme le serait toute action de masse qui répondrait immédiatement à une injustice ou une attaque commise contre les droits du peuple.

Le Marxiste-Léniniste condamne ces arrestations de masse et la violence organisée par l'État et demande au gouvernement du Québec de mettre fin à l'impunité de la police et à son assaut contre les droits. Le gouvernement québécois ne peut pas se cacher derrière sa satisfaction d'avoir retiré les scandaleuses sections anti-manifestation de la loi répressive que le gouvernement Charest a passée en 2012 contre la lutte des étudiants du Québec. Le règlement municipal P-6 est un instrument répressif et rétrograde qui criminalise les manifestations et le droit de conscience en permettant à la police de décider si une manifestation est acceptable ou non. Cela sent l'État policier où les autorités peuvent priver en toute impunité le peuple de ses droits. Le règlement P-6 est une insulte à la dignité du Québec et il doit être retiré immédiatement !

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Répression, discrimination et grève étudiante:
un rapport accablant qui illustre l'urgente
nécessité d'une enquête publique

Lors d'un point de presse tenu en avant-midi le 29 avril, la Ligue des droits et libertés, l'Association des juristes progressistes et l'Association pour une solidarité syndicale étudiante ont procédé au lancement de leur rapport intitulé Répression, discrimination et grève étudiante: analyse et témoignages. Il s'agit du premier rapport sur la grève étudiante basé sur des témoignages de victimes et témoins de violations de droits.

On se souviendra que le Québec a connu en 2012 la plus longue et la plus importante grève étudiante de son histoire. Ce mouvement de grève et de contestation sociale a donné lieu à la plus grande vague d'arrestations de l'histoire du Québec, dépassant par son ampleur la crise d'octobre 70.

Le rapport est basé sur l'analyse de 384 témoignages, dont la majorité reçue suite à l'appel aux témoignages lancé en juillet 2012. « L'objectif du projet était de dresser un portrait plus complet de l'ampleur de la répression policière, judiciaire et politique, de documenter les événements et de les analyser sous l'angle du respect des droits et libertés de la personne, a expliqué Émilie Breton-Côté du Comité légal de l'ASSÉ. C'est une démarche très importante pour la mémoire collective. »

Parmi les témoignages analysés, on compte notamment des cas d'intimidation et de mépris, de brutalité policière, de représailles et de profilage. Le rapport fait aussi ressortir les conséquences de ces violations de droits pour les victimes: humiliation, peur, colère, perte de confiance envers la police et l'État de droit, etc. Le travail de recherche a par ailleurs permis de découvrir que 3509 arrestations ont eu lieu à travers le Québec dans le cadre des manifestations étudiantes du 16 février au 3 septembre 2012.

Le rapport conclut à de nombreuses violations des droits et libertés, à une incohérence dans la discrétion policière, « mais aussi à la judiciarisation du politique et la politisation du judiciaire, toutes deux dangereuses pour la liberté d'expression et le droit de réunion pacifique ». Selon Lucie Lemonde, de la Ligue des droits et libertés, « c'est une véritable machine à répression qui a été mise en place au printemps dernier. Un tel recours à la répression pour étouffer la contestation sociale ne peut se justifier dans une société libre et démocratique. »

Le résumé du rapport souligne que: « Selon ces témoignages, les policiÈres ont fait usage de violence verbale et de 'force plus grande que nécessaire' envers des manifestantEs qui exerçaient leurs droits fondamentaux selon les chartes. Plusieurs affirment avoir été bousculés, poussés, matraqués, étranglés. Frappés, piétinés, plaqués contre des murs et traînés sur le sol. Dans certains cas, plusieurs policiers immobilisaient la victime pendant que leurs collègues la brutalisaient. »

Plusieurs personnes détenues ont dû attendre des heures sans pouvoir boire, manger ou aller aux toilettes. D'autres personnes ont souffert de déshydratation et de coup de chaleur. D'autres, dont beaucoup de femmes, ont été victimes de fouilles intrusives et abusives.

Les témoignages rapportent également de nombreux propos injurieux, racistes, sexistes, homophobes, méprisants, dégradants, paternalistes et condescendants.

Les trois organisations interpellent maintenant les élus pour qu'ils mettent en oeuvre les recommandations du rapport. « Ce rapport contient des révélations-chocs qui nous démontrent que l'incident vécu avec la matricule 728 est loin d'être un cas isolé, affirme Marie-Claude St-Amant de l'Association des juristes progressistes. Force est de constater qu'il semble avoir un problème de répression policière qui n'est pas anecdotique. Il faut que le gouvernement agisse. »

Toujours selon le résumé du rapport: « Certains types d'individus semblent avoir été systématiquement ciblés, notamment les manifestants connus, les journalistes indépendants, les personnes qui filmaient ou prenaient des photos, d'autres portant des masques, des foulards, des sacs à dos, des carrés rouges, des vêtements noirs. L'une d'elle a été arrêtée sous prétexte qu'elle avait 'des vêtements de gens qui commettent des actes criminels'. Ces personnes ont été arrêtées d'abord et avant tout pour ce qu'elles paraissaient être et non pour ce qu'elles avaient fait. Il s'agit là de profilage discriminatoire. »

On a dénombré 1616 contraventions émises en vertu de différents règlements municipaux, concernant la paix et l'ordre sur le domaine public. Mentionnons aussi que certaines personnes ont témoigné avoir reçu des constats d'infraction pour avoir traversé à un feu rouge, pour flânage ou pour avoir « émis un bruit audible ».

Le Code de la sécurité routière qui interdit « une action concertée destinée à entraver de quelque manière la circulation des véhicules routiers sur un chemin public » a également été largement utilisé.

Mentionnons pour finir que 471 accusations ont été portées en vertu du Code criminel: 22 accusations d'entrave au travail des policiers, 248 accusations de méfaits, 53 accusations de voies de fait et 10 accusations d'agression armée sur un agent de la paix.

Les organisations demandent entre autres:

L'abandon des accusations portées en vertu des règlements municipaux et du Code de la sécurité routière et l'arrêt des procédures pour ceux et celles dont les droits ont été violés;

L'interdiction immédiate de l'usage de balles de plastique, des grenades assourdissantes et autres armes à « létalité réduite » comme technique de contrôle de foule;

La tenue d'une enquête publique sur les événements du printemps dernier;

La mise en place d'un mécanisme totalement indépendant des corps policiers, chargé d'enquêter dans tous les cas où des interventions policières ont pour conséquence de causer la mort ou d'infliger des blessures à une personne et qui aura le pouvoir d'initier des enquêtes systémiques sur le comportement des policiers.


L'assaut brutal des forces policières contre les manifestations étudiantes à Victoriaville en mai 2012

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Premier Mai 2013

Manifestation des travailleurs aux États-Unis

Il y a eu des manifestations du Premier Mai dans 85 villes des États-Unis. Les manifestations cette année ont connu une mobilisation très large pour demander la réforme de l’immigration, affirmer les droits des travailleurs sans papiers et leur accorder la citoyenneté dans le contexte de la défense des droits de tous. Les travailleurs ont signifié clairement qu’ils refusent d'être divisés sur la base de qui a un statut et qui n’en a pas. On compte environ 11 millions de travailleurs sans papiers aux États-Unis. Les travailleurs se sont aussi opposés au Projet de réforme de l’immigration qui est débattu au Sénat et qui enclencherait un processus par lequel cela prendrait 13 ans pour certains travailleurs sans papiers d'accéder à la citoyenneté. En s’opposant à ce projet de loi, les travailleurs mettent l’accent sur le fait qu’il va entre autres choses criminaliser encore plus les sans papiers et accroître la militarisation de la frontière. Parmi les pus grandes manifestations on compte celles de New York, Chicago et Los Angeles où des milliers de personnes ont pris la rue avec bannières et pancartes dont plusieurs exprimaient leur solidarité avec les travailleurs du vêtement au Bangladesh.

New York




New Hampshire


Chicago





Milwaukee




Madison


St-Paul



Salem


San Francisco



Oakland


Orange County


Los Angeles


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