Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 74 - 3 mai 2013

40e élection générale en Colombie-Britannique

L'enjeu de cette élection


Les enseignants de la Colombie-Britannique s'engagent dans la campagne électorale pour défaire les libéraux.
Ci-dessus: lors du passage de la caravane de la première ministre Christy Clark à Cranbrooke le 1er mai 2013.

40e élection générale en Colombie-Britannique
L'enjeu de cette élection
Le rejet de la vision centrée sur le capital des monopoles
La santé est un droit!
Qui decide? Il faut un contrôle public des ressources naturelles

Frauduleux programme d'austérité en Alberta
Une autre manoeuvre scandaleuse pour payer les monopoles de l'énergie - Dougal MacDonald

Opposition à l'ordre du jour antiouvrier en Ontario
Les travailleurs du LCBO défendent leur droit à un moyen de subsistance
Comment se joue l'ordre du jour antiouvrier au parlement - Jim Nugent


40e élection générale en Colombie-Britannique

L'enjeu de cette élection


L'élection du 14 mai arrive juste deux semaines après les actions du Premier Mai. Les travailleurs de la Colombie-Britannique ont exprimé leurs préoccupations dans ces actions. La campagne électorale actuelle ne reflète pas ces préoccupations. Cela révèle le problème que cette élection soulève, à savoir si elle va transformer la volonté populaire en volonté légale sous la forme d'un nouveau parlement ou si c'est quelque chose d'autre qui va se passer. Cette question surgit parce que ce n'est pas le peuple qui fixe l'ordre du jour, mais les soidisant grands partis qui parlent à travers les médias monopolisés. Fidèles à leurs propriétaires, les médias monopolisés mettent de l'avant les intérêts monopolistes et le droit de monopole. Tout ce qui les intéresse c'est de faire des campagnes de relations publiques en faveur de ces intérêts et non de former ce qu'on appelle l'opinion publique en informant le corps politique de ce qui est en jeu de façon à défendre l'intérêt public. La société civile qui reposait sur ce qu'on définissait comme étant l'intérêt public a été jetée par-dessus bord. Elle a été formée au tournant du siècle dernier par les intérêts des possédants, les hommes blancs jouissant de propriété. Elle a mis toutes les ressources de la société à la disposition de ces intérêts, en opposition à toute autre forme de propriété ou tout autre mode de vie, tels ceux des Premières Nations, les gens d'origine « orientale », etc. Les individus qui avaient de la propriété, les colons et les petits et moyens entrepreneurs ont été amenés à croire que pour défendre leurs intérêts, ils devaient craindre l'usurpation de leurs droits par les Premières Nations et non par les intérêts monopolistes, bien que ce soient ces derniers qui les aient usurpés.

Il est clair aujourd'hui que ce sont les intérêts monopolistes qui constituent le gouvernement et ont usurpé le pouvoir décisionnel. La société civile basée sur ce qu'on appelait le droit public n'existe plus. C'est pourquoi l'histoire a chargé la classe ouvrière de Colombie-Britannique, du Canada et du monde de créer un corps politique à son image, une société faite pour les travailleurs qui créent la richesse et dépendent de la société pour leur existence et leur bien-être. Le programme de la classe ouvrière ne peut pas être autre chose que d'humaniser l'environnement naturel et social et pour cela il faut que les travailleurs deviennent un pouvoir organisé qui arrête de payer les riches et augmente les investissements dans les programmes sociaux.

Accomplir ce programme pendant cette élection signifie se mobiliser pleinement pour défaire les libéraux, y compris défaire la première ministre Christy Clark dans son comté. C'est possible si une force organisée est déterminée à défaire la machine libérale, qui travaille à la faire réélire, en mobilisant suffisamment de gens pour voter contre elle, en agissant avec l'ampleur requise pour une élection générale et non ce qu'on voit dans une élection partielle. Il est important aussi de consolider le vote de l'opposition aux libéraux dans les comtés où le candidat libéral ou de l'opposition a gagné de justesse lors de la dernière élection. Tout le monde doit mettre la main à la pâte ! Nous devons former des comités pour défaire les libéraux et continuer à défendre l'intérêt public, y compris après l'élection en forçant le nouveau gouvernement quel qu'il soit à être redevable ! Votre député ne doit pas être actif uniquement au parlement. Il doit vous faire rapport de l'ordre du jour qui se joue au parlement, que le parti auquel il appartient l'appuie ou non. Les affaires politiques de la province appartiennent à tout le monde. Elles ne sont pas le domaine privé des partis politiques ou des députés pris individuellement.

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Le rejet de la vision centrée
sur le capital des monopoles

La veille du Premier Mai, les quatre partis politiques que les médias monopolisés considèrent comme pouvant être élus ont été invités à un débat télévisé et radiodiffusé en direct. L'objectif des médias monopolisés était de s'assurer qu'une alternative centrée sur l'être humain visant une nouvelle direction de l'économie serait totalement absente du discours politique officiel et le débat a certainement été une réussite à cet égard. Ce qui est également ressorti, c'est l'effort de la cabale néolibérale de Christy Clark pour la faire réélire sur la base d'un ordre du jour et d'une pratique qui ont déjà endetté massivement la Colombie-Britannique aux oligarques financiers, qui ont remis les ressources et les infrastructures de la province aux monopoles étrangers du pétrole et du gaz naturel et ont refusé de s'attaquer aux nombreux problèmes auxquels la province fait face.

Il faut rejeter la vision centrée sur le capital

Lors d'une entrevue à la radio de CBC le 30 avril, Jock Finlayson, le vice-président exécutif et responsable des politiques du Business Council de Colombie-Britannique, a présenté la vision centrée sur le capital des monopoles. Il a dit que l'économie de la Colombie-Britannique est très petite, avec un PIB de 240 milliards $ et un budget gouvernemental de 42 milliards $, une économie plus petite que celle du Dallas métropolitain au Texas. En plus, Finlayson a dit que de son point de vue de porte-parole des monopoles, le gouvernement a une sphère d'action limitée parce que le sort de l'économie de la province est déterminé de l'extérieur. Selon lui, les facteurs cruciaux sont les marchés financiers, les taux d'intérêts et les marchés d'exportation, toutes des choses contrôlées par l'oligarchie financière internationale. Il en conclut que ça n'a pas trop d'importance qui formera le gouvernement. Le vrai problème, a-t-il ajouté, est que la productivité de la main-d'oeuvre est en déclin et selon lui les travailleurs de la Colombie-Britannique sont responsables de la pression à la baisse qui est faite sur le taux de rendement des investisseurs de capital en Colombie-Britannique.

Tous ces préjugés et ces dogmes intéressés au sujet du caractère décisif des facteurs externes sur ce qui se passe dans la province sont propagés pour créer la passivité. En plus, la prétention que les travailleurs sont un « coût de production trop élevé » et une force productive qui génère trop peu de profits est non scientifique, régressive et antisociale. Ses opinions reflètent l'intérêt privé des propriétaires du capital dont la mission dans la vie, dans les conditions des crises continuelles du système capitaliste, est de préserver le taux de rendement sur leur capital au détriment des travailleurs et sans égard à la destruction de l'environnement naturel et social. Finlayson articule l'obsession d'une classe dirigeante finie, en contradiction complète avec les besoins de la société, un frein au progrès et au développement et à la constitution du peuple en un pouvoir qui lui permet de contrôler sa vie, sa politique et son économie.

Les travailleurs de Colombie-Britannique s'opposent à la vision centrée sur le capital du Business Council de Finlayson et d'autres organisations du même acabit. Ils peuvent exprimer leur rejet de cette vision hostile en devenant une force qui commande le respect dans cette élection. À chaque progrès qu'ils font dans l'organisation de la défaite de l'ordre du jour néolibéral dans cette élection, ils affirment leur droit d'exercer leur contrôle sur les affaires économiques et politiques de la province et du pays.

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La santé est un droit!


La vaste majorité des Britanno-Colombiens sont d'opinion que les services de santé pour tous sont un droit et que le gouvernement a le devoir de l'affirmer. Le gouvernement de Christy Clark n'est évidemment pas du même avis. On le voit entre autres par le manque de financement dans ce secteur. Les dépenses en santé sont limitées à une certaine hausse annuelle peu importe les besoins de la population.

Dans son budget de février 2013, le gouvernement libéral a réduit les dépenses en santé de 234 millions $ alors que le budget de la santé était déjà très loin de répondre aux besoins. Le gouvernement a également haussé les cotisations au régime d'assurance-maladie de la province, le Medical Services Plan. C'est la sixième fois que ces cotisations sont augmentées en cinq ans et elles sont maintenant 90 % plus élevées que lorsque les libéraux ont pris le pouvoir en 2011.

Le terrain avait déjà été préparé par le gouvernement Harper avec la limite qu'il a imposée aux paiements de transfert aux provinces en matière de santé. Lors d'une rencontre avec les premiers ministres provinciaux à Calgary en décembre 2011, le ministre des Finances du Canada Jim Flaherty a annoncé une nouvelle formule de transferts fédéraux, ajoutant que c'était à prendre ou à laisser. Selon le Service du budget, la nouvelle formule signifiera 30 milliards $ de moins pour les provinces entre 2014 et 2024. Les transferts seront limités à une hausse de 6 % jusqu'à mars 2017 et à une indexation aux coûts de la vie plus le taux de croissance du PIB jusqu'en 2024, sans considération pour les coûts encourus par les provinces et le Québec.

La formule imposée par Flaherty comprend aussi des mesures pour calculer le transfert strictement sur la base de la croissance démographique. Les premiers ministres des provinces atlantiques, où la croissance des dépenses en santé per capita est relativement élevée à cause de la taille de la population et l'exil des jeunes travailleurs, ont réagi vivement.

Les services de santé pour tous sont un droit et le gouvernement de la Colombie-Britannique a le devoir de le garantir. Garantir des investissements adéquats pour les soins de santé ne peut pas être ramené à un énoncé de politique ou soumis à des définitions intéressées de ce qui est nécessaire médicalement. Les services de santé ne peuvent pas être sacrifiés à ce que le gouvernement estime être un objectif supérieur, comme satisfaire la demande de l'oligarchie financière internationale qui réclame une réduction du déficit. Les Britanno-Colombiens rejettent cette approche antisociale. Ils exigent que la satisfaction du droit de tous aux meilleurs services de santé possible soit la considération première et que le prochain gouvernement garantisse ce droit en pratique.

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Qui décide? Il faut un contrôle public
des ressources naturelles

Le Parti libéral de Christy Clark en Colombie-Britannique prétend que la province recevra une abondance de richesse en redevances minières si l'on permet la construction d'usines de gaz naturel liquéfié pour l'exportation vers l'Asie. Les redevances sont présentées comme une forme de taxe sur les ressources ou de loyer.

Selon le gouvernement, cette part des revenus de la vente des ressources de gaz naturel est une compensation suffisante pour les résidents de la Colombie-Britannique et les Premières Nations quand ils doivent remettre le contrôle de ces ressources à des intérêts privés, principalement les grands cartels étrangers du pétrole et du gaz naturel. S'il parle ainsi de « juste compensation », c'est pour détourner l'attention de la braderie des ressources naturelles publiques et cacher le fait que l'État verse de grandes quantités de fonds publics aux intérêts privés engagés dans la construction et la gestion de ces projets.

Le développement des ressources naturelles doit être une décision du corps politique, y compris les Premières Nations, et la richesse que cela génère doit aller directement dans le trésor public au profit de l'ensemble de la population, y compris les Premières Nations, et dans l'intérêt général de la société. Les ressources naturelles sont un bien public et rien ne justifie qu'elles se retrouvent dans les mains ou sous le contrôle d'intérêts privés. Ce principe inclut le contrôle public de tous les aspects de l'extraction des ressources, de leur transformation en produits utilisables, de la détermination des prix de production et de leur distribution et vente au pays et à l'étranger.

Le gaz naturel en Colombie-Britannique

Non seulement les ressources naturelles sont-elles remises à des monopoles mondiaux en échange de très peu, mais la classe ouvrière et le peuple sont forcés de verser aux cartels de l'énergie, principalement étrangers, l'argent nécessaire en infrastructures, investissement ou co-entreprise.

Par exemple, les entreprises qui exploitent le gaz de schiste par fracturation dans la région de Montney, dans le nord-est de la province, paient moins de la moitié du coût de production de l'électricité que leur fournit BC Hydro. Il s'agit d'une subvention de 150 millions $ par année versée aux monopoles gaziers. Les pertes qu'encourt ainsi BC Hydro sont compensées en haussant les tarifs pour les foyers et certains usagers commerciaux, soit la plupart des petites entreprises. D'autre part, BC Hydro fait construire des lignes de haute tension dans la région des gaz de schiste au coût de 255 millions $, une autre forme de subvention.

Pour l'année budgétaire 2012-2013, le gouvernement prévoit obtenir seulement 144 millions $ en redevances sur l'exploitation de 1,2 milliards de pieds carrés de gaz naturel.

Parmi les autres stratagèmes pour payer les riches, il y a le Crédit en redevances pour infrastructure pour les investissements dans les routes et gazoducs. En février 2013, la première ministre a annoncé que 120 millions $ seront versés aux entreprises aux termes de ce programme pour l'année.

Puis avec le Programme d'amélioration des routes rurales, le gouvernement investit dans la construction de routes et de ponts utilisés ou requis par l'industrie du pétrole et du gaz naturel. Le projet routier Sierra Yoyo Desan est une entreprise en partenariat public-privé (P3) pour l'amélioration de la route qui mène à la rivière Horn et aux bassins de Cordova. Tout cela profite surtout, et parfois exclusivement, aux monopoles du forage dans la région de Montney.

À qui les ressources ? Au peuple !

Les ressources naturelles appartiennent au peuple. L'exploitation et l'utilisation des ressources naturelles doivent se faire sous le contrôle du peuple et servir ses intérêts et l'intérêt général de la société. Le peuple doit profiter entièrement de l'exploitation, de la transformation et de la distribution des ressources naturelles. De pair avec le facteur humain, les ressources naturelles sont le fondement de la vie moderne et de la société d'aujourd'hui. L'idée de propriété privée des ressources ou de contrôle privé du sol où elles se trouvent est toute aussi dépassée et révoltante que la propriété privée d'êtres humains.

Le contrôle privé de la terre et des ressources crée des monopoles et une classe privilégiée, lesquels exigent ensuite le droit d'interdire leur utilisation par la vaste majorité de la population et de priver le peuple et la société des bienfaits de leur exploitation socialement responsable. Ce contrôle monopoliste a des conséquences négatives sur la société et l'environnement. Pour imposer le droit de monopole, le gouvernement libéral de la Colombie-Britannique, de concert avec la dictature Harper, a politisé les intérêts privés des monopoles et dépolitisé l'intérêt public.

Une des grandes contradictions de la propriété privée des ressources naturelles est que leur exploitation nécessite de vastes infrastructures publiques et autres investissements publics. Sans les fonds publics et l'aide de l'État sous d'autres formes, les propriétaires privés ne pourraient pas exploiter les ressources naturelles et pourtant ils persistent à vouloir exercer un contrôle sur leur exploitation et sur la valeur qui en ressort.

D'autre part, personne ne s'occupe, du moins pas de façon socialement responsable, des conséquences sociales et naturelles de cette exploitation puisque l'objectif est le gain privé. L'assaut de la dictature Harper contre la réglementation environnementale et la politique du régime libéral de Christy Clark favorable à l'exploitation minière et aux gaz de schiste pour le compte des monopoles sont en contradiction avec la notion de responsabilité sociale dans l'exploitation des ressources. La responsabilité sociale comprend la nécessité d'enquêter, de prédire et de résoudre tous les impacts sociaux et naturels négatifs avant qu'ils ne se produisent.

Le peuple réclame une nouvelle direction pour l'économie, une direction prosociale, et cela comprend un contrôle public de l'exploitation des ressources naturelles. Un pas dans cette direction vers l'harmonisation de l'environnement naturel et de l'environnement social est de dire Non ! à la braderie et aux stratagèmes pour payer les riches du gouvernement libéral de Christy Clark en Colombie-Britannique à l'élection du 14 mai.

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Frauduleux programme d'austérité en Alberta

Une autre manoeuvre scandaleuse pour
payer les monopoles de l'énergie

Le gouvernement Redford et ses prédécesseurs conservateurs ont une longue tradition de payer les riches. Des milliards de dollars ont été versés aux monopoles de l'Alberta au cours des ans, en particulier aux monopoles de l'énergie. La quantité de revenu que les monopoles sont tenus de verser au trésor provincial continue de baisser, ce qui affecte à la baisse et de façon draconienne les investissements dans les programmes sociaux, les services publics et l'entreprise publique. Le budget du 7 mars a réduit les revenus que touche le gouvernement « des ressources non renouvelables » d'un bon 34 %. Les monopoles bénéficient en surcroît de milliards additionnels par le biais de subventions, d'incitatifs, de construction d'infrastructure nécessaire à leurs projets et d'autres manoeuvres qui n'ont pas de fin. Le montant réel des sommes qui sont systématiquement remises entre les mains des monopoles (il faut exiger qu'ils soient rendus publics) est gardé secret par les élites dirigeantes, mais nul doute qu'il se chiffre en milliards de dollars.

Le gouvernement albertain continue également d'inventer de nouveaux « programmes spéciaux » qui sont en fait de nouvelles manoeuvres pour payer les riches en remettant des milliards additionnels aux monopoles. Un de ces programmes, le « Programme d'innovation des technologies de l'énergie » (PITE), remet de l'argent aux monopoles pour qu'ils développent de nouvelles technologies, dans le but avoué de détourner les critiques qui sont faites des niveaux croissants d'émissions de carbone. La semaine dernière, Imperial Oil, une filiale d'Exxon et l'un des propriétaires du monopole des sables bitumineux Syncrude, a bénéficié d'une « indemnité » (une subvention) de redevances de 10 millions $ pour son projet de processus d'injection cyclique de solvant (PICS) de Cold Lake. On prétend que le PICS réduira la quantité d'eau servant à produire le bitume à partir des sables bitumineux. Un autre monopole à avoir été choyé avec une indemnité de redevances de 2,5 millions $ pour sa technologie de traitement de l'eau est le Canadian Natural Resources Limited (CNRL), un autre monopole exploitant les sables bitumineux. Un troisième monopole, Cenovus, a reçu une subvention de 10 millions $ pour son générateur à vapeur à boucle chimique servant à isoler le dioxyde de carbone des autres gaz. Cenovus a aussi reçu un financement provincial additionnel pour un autre projet technologique visant à améliorer la récupération du pétrole dans les champs conventionnels.

Quelque temps avant ces versements d'argent, au nom de l' « austérité fiscale », le budget provincial du 7 mars a annoncé une coupure de 7,2 % à l'éducation postsecondaire, une réduction de près de 147 millions $. Tout en poursuivant ses réductions dans l'éducation postsecondaire et dans d'autres programmes sociaux, le gouvernement Redford, par ses faits et gestes, ne laisse planer aucun doute sur le fait que malgré les conditions d' « austérité fiscale », les monopoles de l'énergie vont toujours être payés. Lorsque questionné au sujet des effets de l' « austérité fiscale » sur le programme d'entreposage de carbone du gouvernement Redford destiné à payer les riches, l'attaché de presse du ministre albertain de l'Énergie a déclaré : « Ce sont des engagements que nous avons pris il y a quelque temps et, bien sûr, il est important que nous respections nos engagements. » En d'autres mots, l'austérité fiscale imposée au peuple ne peut pas être remise en question, mais pour ce qui est des monopoles, les généreuses subventions vont se poursuivre. Peu importe les montants promis aux monopoles, ils seront payés sans faute, tandis que les montants devant être consacrés aux programmes sociaux peuvent être retirés à tout moment. Les engagements envers les monopoles de l'énergie seront respectés, mais les engagements envers le peuple seront rompus à volonté.

On peut voir avec le programme du PITS que le gouvernement Redford continuera de payer les riches peu importe ce qui adviendra. Cela montre une fois de plus que le gouvernement Redford est le champion des monopoles et non du peuple de l'Alberta et que payer les riches est au coeur de ses activités. Cela démontre aussi que les problèmes confrontant la société ne seront jamais résolus par le gouvernement Redford et que les Albertains devront eux-mêmes prendre les choses en main. Les travailleurs, qui sont les producteurs véritables de la richesse au sein de l'économie socialisée, doivent s'unir pour défendre leurs droits et assurer la sécurité et la reproduction de l'économie dont les travailleurs et la société dépendent. C'est possible de le faire en privant les monopoles énergétiques et leur autorité politique du pouvoir de priver le peuple de ses droits. Le premier pas vers une société moderne planifiée reposant sur une économie qui subvient à ses besoins et sert le peuple, c'est un programme économique et politique qui arrête de payer les riches et augmente les investissements dans les programmes sociaux.

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Opposition à l'ordre du jour antiouvrier en Ontario

Les travailleurs de la LCBO défendent leur droit
à un moyen de subsistance


Manifestation en appui aux travailleurs de LCBO pendant le congrès annuel du Syndicat des employés
de la fonction publique de l'Ontario à Toronto le 25 avril 2013

Les travailleurs de la Régie des alcools de l'Ontario (LCBO) continuent de gagner de l'appui à leurs justes demandes. Le 25 avril, pendant le congrès annuel du Syndicat des employés de la fonction publique de l'Ontario (SEFPO), plus de 300 personnes ont marché dans les rues de Toronto jusqu'au bureau central de la Régie pour les appuyer dans leurs négociations. Ces travailleurs, qui sont membres de la Division des employés de la Régie des alcools (DERA) du SEFPO, ont fixé la date de déclenchement de la grève au 19 mai.

Les travailleurs de la LCBO demandent que l'Ontario soit une province qui garantit des emplois à temps plein dans des milieux de travail sécuritaires, avec des avantages sociaux et des régimes de retraite qui leur permettent de vivre dans la dignité à la retraite. Ils ne veulent plus du travail précaire à temps partiel et de conditions de travail dangereuses. Ils font leur réclamation à l'immense valeur qu'ils produisent dans ce secteur pour la province de l'Ontario.

Soixante pour cent des travailleurs de la LCBO sont des employés occasionnels. Ils gagnent en moyenne 26 000 $ par année avant impôts, un montant en deçà du seuil de pauvreté établi par Statistique Canada. Leur demande pour un avenir digne de ce nom est juste et bénéficie à toute la classe ouvrière. Voilà pourquoi elle se gagne de plus en plus d'appui.

À la manifestation, le président du SEFPO Warren (Smokey) Thomas a dit que la lutte de la DERA à la table de négociations est celle de milliers de familles ouvrières en Ontario. « La question centrale dans ces négociations est : 'Quelle sorte d'Ontario voulons- nous ?' Voulons-nous d'un Ontario qui offre de bons emplois permanents avec des salaires et des avantages sociaux décents, ou accepterons-nous des emplois à temps partiel, sans sécurité, qui ne permettent pas à nos familles de vivre de façon décente ni à nos enfants d'avoir des possibilités d'emploi ni à nos membres de prendre une retraite dans la dignité et avec un revenu adéquat ? », a-t-il demandé.

La LCBO a refusé de répondre avec sérieux aux demandes des travailleurs même si elle a déclaré publiquement la semaine dernière qu'elle avait hâte de retourner à la table de négociations pour négocier un contrat équitable. Bien que les négociations se poursuivent, le comité syndical de négociations constate que l'employeur est déterminé à leur refuser le droit à des emplois décents et à leur soutirer des concessions. Le vote de grève à 95 % témoigne amplement de l'esprit des travailleurs à vouloir défendre leurs droits.

Piquetages d'informations dans toute la province

Les employés de la LCBO ont organisé des piquetages d'information le 19 avril devant les succursales de la LCBO de Sudbury, Ottawa, Thunder Bay, Peterborough, Toronto, Hamilton et London. Le but était de briser la désinformation véhiculée au sujet de leurs demandes et de s'adresser directement au public pour expliquer le pourquoi de leur lutte.


Sudbury


Ottawa


Peterborough


Toronto


Hamilton


London

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Comment se joue l'ordre du jour
antiouvrier au parlement

Les travailleurs de l'Ontario sont outrés que les conservateurs dans l'opposition se servent de Queen's Park comme lieu d'intimidation pour constamment attaquer les travailleurs ainsi que leurs droits. Depuis la reprise des travaux à l'Assemblée législative en février, on a vu un projet de loi antiouvrier après l'autre être présenté par les conservateurs sous forme de projets de loi d'initiative parlementaire. L'opposition ouvrière à cette campagne s'est exprimée dans des manifestations à répétition devant le bureau de comté du chef conservateur Tim Hudak à Beamsville.

Alors que les politiques antiouvrières des conservateurs ont soulevé la colère des travailleurs, les libéraux au pouvoir tentent d'exploiter cette situation à leur avantage en prétendant avoir une approche plus « équilibrée » que les conservateurs. Le gouvernement libéral est bien heureux de laisser les conservateurs se faire attaquer pour leur rhétorique antiouvrière tandis que lui, mine de rien, prépare ses propres mesures contre tout le secteur public. Il invoque les politiques ouvertement antiouvrières et antisyndicales des conservateurs comme menace pour dire aux travailleurs qu'ils feraient mieux d'« accepter volontairement » le plan d'austérité.

L'ordre du jour législatif antiouvrier de Hudak et ses tirades contre les travailleurs assistent les libéraux à se sortir du labyrinthe politique : comment surmonter leur crise de légitimité auprès de l'électorat tout en continuant de mettre en oeuvre l'ordre du jour d'austérité exigé par les riches ? La crise de légitimité des libéraux a connu de nouveaux soubresauts lorsque l'ordre du jour d'austérité des libéraux et des conservateurs a été défait à l'élection partielle de Kitchener-Waterloo et avec l'opposition massive au projet de loi 115. En dépeignant Hudak en extrémiste, ce qui n'est pas trop difficile à faire, les libéraux espèrent rétablir la fraude de l' « équilibre » libéral qui a été réduite en miettes par l'opposition aux plans d'austérité.

Les libéraux exploitent l'agressivité que Hudak exprime envers les travailleurs comme d'une arme pour faire en sorte que les travailleurs acceptent « volontairement » l'ordre du jour d'austérité. Les libéraux brandissent le « spectre de Hudak » comme un fusil à la tête des travailleurs du secteur public lors des négociations, tout comme ils se sont servis du projet de loi 115 et du projet de loi draconien de l'ancien ministre des Finances Dwight Duncan, la Loi visant à protéger les services publics, 2012.

La méthode de prédilection des libéraux dans toute leur campagne d'austérité a été de feindre de prôner les « négociations et les partenariats » dans le secteur public tout en menaçant les travailleurs de législations visant à priver les travailleurs de leurs droits s'ils résistent à « l'acceptation volontaire ». Les stratégistes libéraux semblent maintenant avoir décidé de laisser les conservateurs faire le sale boulot de menacer les travailleurs tandis qu'eux restent les mains propres tout en brandissant les menaces de Hudak pour imposer leur chantage aux travailleurs.

En affirmant les droits de tous dans la société et en mobilisant tout le monde derrière son programme prosocial, l'Opposition ouvrière réussira à défaire ces tentatives de division dans ses rangs en fonction des politiques fractionnelles des cercles dominants de l'Ontario.

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