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Numéro 70 - 29
avril
2013
28 avril, Jour de deuil pour
les
travailleurs blessés ou tués au
travail
Dénonçons le
massacre des
travailleurs
des usines textiles du Bangladesh
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Nous
honorons
leur
mémoire
De
gauche
à droite: Escuminac,
au Nouveau-Brunswick,
monument aux
pêcheurs; Lunenburg en
Nouvelle-Écosse,
monument aux
pêcheurs perdus en
mer; Bathurst au
Nouveau-Brunswick,
monument aux travailleurs de
la forêt, des mines et
des fonderies.
 
De gauche à
droite: Pictou, en
Nouvelle-Écosse,
monument aux travailleurs
tués lors du
désastre de la
mine Westray; New Waterford
en Nouvelle-Écosse,
monument en
hommage à Bill Davis
tué durant
une manifestation de mineurs
en grève; Valleyfield
au
Québec, en hommage
aux travailleurs irlandais
tués
pendant leur grève
pour de meilleures
conditions de travail
pendant la construction du
canal de Beauharnois.
De gauche
à droite: Buckingham au
Québec, en hommage aux
travailleurs forestiers
tués pendant leur
lutte pour syndiquer les
moulins MacLaren; Ottawa,
monument aux
travailleurs morts pendant la
construction du Canal Rideau.

De
gauche à droite:
monument aux mineurs de
Sudbury en hommage aux
travailleurs tués
dans la
catastrophe de Falconbridge
 
De gauche
à droite: Kirkland Lake
en Ontario, monument aux
mineurs; Blind
River en Ontario, monument aux
bûcherons; Port Elgin en
Ontario,
monument aux travailleurs de
l’automobile

De
gauche à droite:
Toronto, monument aux
travailleurs tués
dans le désastre de
Hoggs Hollow en
construisant un tunnel
souterrain; Toronto, plaque
commémorative
aux infirmières
mortes au travail
pendant
l’épidémie du
SRAS .
  
De gauche à droite:
monument aux travailleurs
chinois du rail;
en hommage aux jeunes
travailleurs tués
à l’ouvrage;
Hamilton, monument du Jour
de deuil
De gauche
à droite: murale en
hommage à la
Grève de Winnipeg
de 1919; Monument au Jour de
deuil à Edmonton;
monument au Jour
de deuil à Fort
McMurray
 
De gauche
à droite: pierres
tombales des mineurs de
charbon d’Estavan en
Saskatchewan et de
l’organisateur des mineurs
Ginger Goodwin de Cumberland
en
Colombie-Britannique, tous
tués en
défendant
le droit des travailleurs de
s’organiser; Vancouver,
monument aux
monteurs d’acier tués
en 1958 lors
de l’effondrement d’une partie
du pont Second Narrows.

De gauche
à droite: monument aux
pêcheurs au filet
à
Steveston en
Colombie-Britannique; Lake
Cowichan en
Colombie-Britannique, monument
aux travailleurs forestiers
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28
avril, Jour de deuil pour les travailleurs
blessés ou
tués au travail
• Dénonçons
le massacre des
travailleurs des usines textiles du Bangladesh
• Les gouvernements
doivent garantir le droit
à des conditions de travail saines et
sécuritaires
• Entrevues
• Tueries en milieu de
travail au Bangladesh - Pritilata
Waddedar
À
titre
d'information
• Un peu d'histoire et
quelques chiffres
28 avril, Jour de deuil pour les
travailleurs blessés ou tués au
travail
Dénonçons le massacre des
travailleurs
des usines textiles du Bangladesh
Action militante
des
travailleurs du Bangladesh à Dhaka le 26
avril contre la tuerie
des travailleurs du textile dans un effondrement
d'édifice et
contre l'exploitation brutale des travailleurs
par les employeurs
locaux et les monopoles étrangers
Le
Marxiste-Léniniste se joint aux
travailleurs
du Bangladesh et du monde pour exprimer son
horreur et sa condamnation
de la tuerie de masse des
travailleurs des usines de textile du Bangladesh.
Le 24 avril, un
immeuble de 8 étages abritant
plusieurs usines de textile
au Bangladesh s'est
effondré alors que des milliers de
travailleurs s'y trouvaient.
Selon les médias du Bangladesh, il y avait
près de 5000
travailleurs à l'intérieur de
l'édifice quand
il s'est effondré. Dans son rapport du
26 avril,
l'armée du Bangladesh confirme que plus de
300 travailleurs ont
été tués et plus de 1000
blessés. Des
centaines d'autres sont portés disparus et
ne seront
peut-être jamais retrouvés. Les
enfants qui se trouvaient
dans la crèche d'enfants dans
l'édifice ont
peut-être
été tués ou blessés
eux aussi.
Les travailleurs du textile de partout au
Bangladesh ont
quitté le travail pour tenir des
manifestations pour exiger que
le propriétaire de l'édifice et les
dirigeants des usines soient arrêtés
et traduits en
justice et qu'on arrête le carnage au
travail. Le jour suivant
l'effondrement de l'édifice, des milliers
de travailleurs
ont manifesté à Savar dans le
quartier des usines,
bloquant les routes, fermant les usines et
affrontant la police dans le
cours de la manifestation. Toutes les
usines du textile de Dhaka, Savar, Ashulia,
Gazipur, Narayanganj et
Maona, qui représentent 60 % de
l'industrie textile, ont
été fermées par les
grèves
et les manifestations.
En cette occasion du Jour de deuil pour les
travailleurs
blessés ou tués au travail et
à l'approche
du Premier Mai, Journée internationale de
la classe
ouvrière, l'attention des travailleurs se
tourne vers ce
massacre au Bangladesh. Le
Marxiste-Léniniste dénonce
l'oligarchie
financière
internationale,
les
monopoles mondiaux de la vente de détail et
leurs laquais au
Bangladesh qui ont perpétré le
massacre des travailleurs.
Nous dénonçons également la
désinformation faite par les médias
canadiens qui versent
des larmes de crocodile pour les victimes mais
excusent les
responsables en disant que les Canadiens
veulent des vêtements à bon
marché et que le
carnage est le prix à payer pour les
obtenir.

Les gouvernements doivent garantir le droit
à
des conditions de travail saines et
sécuritaires
Le 28 avril 2013 est le 29e
anniversaire du
Jour de deuil pour les travailleurs blessés
ou tués au
travail. Encore une fois cette année, les
travailleurs ont organisé des
cérémonies, des
réunions et observé des minutes de
silence aux endroits de travail pour
pleurer les morts et combattre pour les vivants.
Au Québec, les syndicats ont
organisé des minutes de
silence dans les endroits de travail vendredi le
26 et une minute de silence a aussi
été observée par
les 50 000 participants à la manifestation
du 27 avril
à Montréal contre les changements
régressifs faits
par le gouvernement Harper au régime de
l'assurance-emploi.
Selon l'Organisation internationale du travail
(OIT),
6300 travailleurs meurent chaque jour dans le
monde des suites de
blessures au travail ou de maladies
professionnelles, pour un total de
2,3 millions par année.
Les décès et les blessures frappent
avec une violence
particulière les travailleurs d'Asie,
d'Afrique,
d'Amérique latine et des Caraïbes
à cause de leur
surexploitation aux mains des monopoles. Selon
l'OIT, sur les
2,3 millions de décès
reliés au travail qui
se produisent dans le monde chaque année,
environ 321 000 sont causés par des
blessures au travail et
2,02 millions par des maladies
professionnelles.
Au Canada, environ 1000 travailleurs
décèdent chaque année
à la suite de
blessures au travail et de maladies
professionnelles. Ce chiffre
officiel est bien
en deçà de la réalité
parce que les
gouvernements et les commissions de compensation
refusent de
reconnaître bon nombre de maladies
professionnelles surtout
celles qui relèvent de l'exposition
à des produits
toxiques. On essaie de faire croire aux gens que
le nombre de blessures
au travail est en baisse au point où,
selon les données officielles pour le
Canada, entre 2005 et
2011 le nombre des blessures aurait
baissé de plus de
25 %, soit de 337 000
à 249 511. Personne ne va croire que
c'est
mathématiquement possible que le nombre de
décès
reste le même pendant que celui des
blessures baisse de
25 %. Ces chiffres ne correspondent pas
à ce que vivent les
travailleurs non plus. Ce n'est pas le nombre des
blessures qui
diminue, mais le nombre de
celles qui sont déclarées et
reconnues comme étant
reliées au travail par les diverses
commissions de compensation.
La baisse du nombre des blessures
déclarées
vient du fait que la santé et la
sécurité au
travail sont devenues un terrain
privilégié des monopoles
pour prendre des actions disciplinaires et
criminaliser les
travailleurs. Ils punissent ceux qui rapportent
des blessures ou
demandent des conditions sécuritaires et
récompensent
ceux qui ne déclarent pas de blessures.
Chose encore plus importante, le thème de
la
santé et de la sécurité sert
de plus en plus de
prétexte aux entreprises pour attaquer les
organisations de
défense
collective des travailleurs et laisser les
travailleurs à
eux-mêmes et les forcer à traiter
avec les entreprises en
tant qu'individus isolés. De la même
manière, les
politiques déclarées de
« zéro
accident » que proclament plusieurs
monopoles sont des
politiques antiouvrières qui consistent
à faire de la
désinformation sur ce qui se passe
réellement dans les
endroits de travail et à saper la
capacité des travailleurs de se
défendre collectivement.
Les décès par maladies
professionnelles
couvrent une grande gamme de maladies, allant des
cancers, de la
tuberculose et diverses maladies pulmonaires
causés par l'exposition à des
produits toxiques jusqu'au
stress, à l'anxiété et
à la
dépression qui mènent aux crises
cardiaques et même
aux suicides. Dans les
sept dernières années et demie, sept
travailleurs des
postes se sont enlevé la vie dans la
région de
Montréal. Dans certains cas, ils se sont
confiés à
leurs
collègues de travail et à leurs
proches avant de
s'enlever la vie ; ils leur ont dit qu'ils
n'en pouvaient plus des
conditions de travail inhumaines chez Postes
canada.
L'intervention des gouvernements pour garantir le
droit
de monopole plutôt que le droit public est
un facteur majeur qui
contribue à créer une
atmosphère
de chaos au travail, ce qui a des
conséquences
dévastatrices pour les travailleurs et
leurs communautés.
Les grèves et les lockouts sont devenus une
occasion
pour les grandes entreprises d'opérer les
endroits de travail en
violation des normes et procédures de
sécurité,
avec un personnel non formé et en
expérimentant
de soi-disant nouvelles méthodes en
violation des normes en
vigueur,
méthodes qu'ils essaient d'imposer aux
travailleurs une fois de
retour au
travail. Les gouvernements donnent
carte blanche aux monopoles qui enfreignent les
normes de
sécurité notamment en
périodes de conflits de
travail en prétendant que ce sont là
des
« décisions
d'affaires » qui ne regardent
pas les travailleurs ou la société.
Le climat de
criminalisation qui a envahi les places de travail
autour des
questions de santé et de
sécurité n'est possible
que parce que les gouvernements abdiquent leurs
responsabilités
envers la santé et la
sécurité des travailleurs.
Le refus des gouvernements de défendre le
droit
public se voit également à la guerre
de tranchée
qu'ils livrent aux travailleurs accidentés
qui se battent pour
une compensation adéquate comme quelque
chose qui leur revient
de droit. Les gouvernements prétendent que
les régimes
d'indemnisation sont dans un état
de crise financière
appréhendée et que par
conséquent les prestations des travailleurs
accidentés
doivent être réduites ou
coupées si l'on veut que
le système
soit toujours en place pour les
générations futures.
Pendant ce temps, des centaines de millions de
dollars qui devraient
revenir aux travailleurs accidentés sont
détournés dans les coffres des
monopoles.
Lors des cérémonies du
28 avril, les
travailleurs ont une fois de plus fait le point
que c'est la
responsabilité des gouvernements de
défendre le droit
public en garantissant le droit à des
conditions de travail
saines et sécuritaires et non de
défendre le droit de
monopole au péril de la santé et de
la vie des
travailleurs.

Entrevues

Ron Thomas, président de la section
5795 du
Syndicat des Métallos,
Compagnie Minière IOC (Iron Ore du Canada),
Terre-Neuve-Labrador
Nous
avons beaucoup de nos membres qui contractent la
silicose. Encore
aujourd'hui la question d'abaisser les niveaux de
poussière
à l'endroit
de travail est un grand problème. Il faut
toujours harceler l'entreprise pour s'assurer que
les
équipements de
sécurité fonctionnent, que les
capteurs de
poussière fonctionnent bien
et que les niveaux de poussière baissent.
Uniquement depuis janvier, nous avons deux cas de
silicose qui ont
été acceptés par la
commission d'indemnisation. Un
des deux
travailleurs est déjà
décédé tandis
que l'autre lutte toujours pour sa
vie. J'essaie en ce moment de faire accepter le
cas de
8 travailleurs
pour qu'ils reçoivent une indemnisation, la
majorité pour
la silicose
et les
autres l'amiantose.
La chose la plus importante pour nous le
28 avril
c'est d'honorer la
mémoire de ceux qui sont morts et d'honorer
ceux qui se battent
toujours pour leur vie. Dans mon travail, ma
priorité c'est de
m'assurer que les travailleurs travaillent dans un
endroit qui est
salubre et sécuritaire, que les niveaux de
poussière
sont bas. Ce ne
sont pas
des demi-mesures que nous demandons mais des
solutions aux
problèmes.
Le mieux c'est de prendre des mesures
préventives pour abaisser
les
niveaux de poussière.
En fin de compte, ce dont nous voulons nous
assurer
c'est que tous
les travailleurs, syndiqués ou non,
rentrent chez eux le soir
sains et
saufs. On a besoin d'un environnement qui est
sécuritaire.
Un travailleur de la fonderie de cuivre Xstrata
à Rouyn-Noranda
Xstrata
fait de plus en plus de relations publiques dans
les médias pour
montrer comment ils sont bons, qu'ils respectent
l'environnement, ils
mettent même des annonces dans les journaux
locaux pour montrer
qu'ils
sont de notre bord.
À la fonderie, ils ont établi un
système complexe en
santé/sécurité.
D'un côté ils ont les
récompenses, des certificats-cadeaux chez
Canadian
Tire. Si les travailleurs ne se blessent pas
à l'ouvrage, ils
obtiennent des certificats-cadeaux. Ils les
reçoivent
individuellement,
mais si un travailleur se blesse c'est toute
l'équipe qui est
pénalisée. En plus,
on a des bonus qui sont basés sur
l'évaluation des
travailleurs. La
compagnie évalue ce qu'elle appelle la
performance individuelle,
la
performance opérations et la performance en
santé/sécurité. Chaque
travailleur est évalué
individuellement. La performance
individuelle
c'est une évaluation de son comportement.
Les
contremaîtres décident si
le
travailleur se comporte bien. L'évaluation
en
santé/sécurité est
basée
sur des choses comme la participation aux meetings
de
santé/sécurité.
Le contremaître va dire au travailleur que
toute l'équipe
doit rester
après son quart de travail pour un meeting
en
santé/sécurité. La
convention collective dit pourtant que les
travailleurs ne peuvent pas
être
forcés de faire du temps
supplémentaire. Le
contremaître va dire au
travailleur que s'il ne reste pas pour le meeting,
il ne va pas
satisfaire aux objectifs que le contremaître
a établis du
point de vue
santé/sécurité. Cette demande
est une violation
de la convention
collective. Cette évaluation est
liée au bonus que le
travailleur
touche sur la base de
sa performance, performance individuelle,
opérations et en
santé/sécurité.
Puis il y a la question des permis de travail.
C'est une
façon pour
Xstrata d'éviter d'être tenu
responsable pour les
violations en santé
et sécurité. Les permis de travail
sont des formulaires
qui comprennent
toutes sortes de données et ils sont
signés par deux
travailleurs. Le
premier est celui qui travaille déjà
dans un secteur
donné et le second
est
celui qui s'en vient travailler dans le secteur
(c'est souvent un
travailleur à contrat). Le premier
travailleur signe le permis,
ce qui
veut dire qu'il reconnaît avoir rempli sa
responsabilité
de montrer à
l'autre où sont les outils et les
équipements de
sécurité dont il va
avoir besoin. Le deuxième signe lui aussi,
reconnaissant qu'il
sait où
sont les
équipements de sécurité,
qu'il est au courant des
procédures de
sécurité, etc. Si un accident
survient, la
responsabilité pour
l'accident retombe sur le travailleur du secteur
qui a reconnu que le
deuxième travailleur savait tout ce qu'il
devait savoir pour
pouvoir
travailler de façon sécuritaire.
Ça pourrait aller
aussi loin qu'une
poursuite légale, si la
famille d'un travailleur qui s'est blessé
ou même est
décédé entame une
poursuite. Xstrata se considère comme
étant
protégé puisque c'est un
travailleur qui a signé que tout
était en ordre et que
l'autre savait
ce qu'il avait à faire. La compagnie
elle-même ne signe
pas le permis.
C'est seulement les travailleurs qui le signent.
Certains matins, il y
a
peut-être 20 travailleurs qui attendent en
ligne pour signer leur
permis dans un département donné.
Les travailleurs
attendent pour faire
leur quart de travail et ils n'ont pas le temps de
tout lire
attentivement pour s'assurer que toutes les
exigences du permis ont
été
remplies.
Autre chose aussi, Xstrata a ses propres
infirmières et son propre
docteur à la fonderie. Le syndicat a
toujours
déconseillé aux
travailleurs d'aller les voir et de plutôt
aller à la
clinique ou à
l'urgence, mais il y a une telle pénurie de
médecins en
Abitibi que les
travailleurs vont les voir. Une fois que le
médecin de la
compagnie a
vu le travailleur,
il peut se dire le médecin de famille du
travailleur et demander
d'avoir accès à son dossier
médical. Je ne dis pas
qu'il le fait mais
il peut le faire, alors la compagnie risque de se
retrouver avec le
dossier médical du travailleur en sa
possession.
Xstrata dit atteindre des records en fait
d'heures
travaillées sans
accidents mais nous, nous voyons des travailleurs
se faire blesser et
se faire sortir de la production. On ne sait pas
exactement comment la
compagnie s'y prend pour dire qu'il n'arrive pas
d'accidents mais c'est
certain qu'ils doivent contester
systématiquement les
déclarations
d'heures de temps perdues pour cause d'accidents.
En ce qui me concerne ce que nous vivons ce n'est
pas de
la vraie
santé/sécurité. Xstrata ne
prend pas sur lui la
responsabilité de la
santé et de la sécurité des
travailleurs. Il
reporte cette
responsabilité sur le dos des travailleurs.
Gary Howe, vice-président de la section
1005 du Syndicat des Métallos
représentant les
travailleurs de US Steel à Hamilton
US
Steel dépense beaucoup d'argent en
santé/sécurité mais la raison
première pourquoi il fait cela c'est pour
éviter
d'être tenu
responsable. Ils ont mis en place des
systèmes complexes qui
sont
organisés de façon à
blâmer les
travailleurs. C'est un sérieux
problème
pour nous. La façon dont ils le font c'est
qu'ils ont un
formulaire
d'enquête généré par
ordinateur sur les
accidents qui vous donne un
certain nombre de choix en rapport à ce qui
peut avoir
causé
l'accident. Très souvent, aucun des choix
qui sont donnés
ne correspond
à ce qui
a causé l'accident. Le système est
organisé de
façon à ce que le
travailleur choisisse une des réponses et
toute l'orientation
c'est que
l'accident est de sa faute, il a fait quelque
chose de pas correct,
plutôt que de chercher à
résoudre les
problèmes qui ont causé
l'accident.
Dans le passé, lorsqu'un accident se
produisait,
nous allions dans
une salle pour discuter de ce qui s'était
passé et
comment ça s'était
passé et de là, on faisait des
recommandations pour que
cela ne se
reproduise plus. Cette méthode a
été
remplacée par tout un système
bureaucratique de règles que le travailleur
doit suivre pour
déclarer
l'accident
et en fin de compte c'est lui qui est
blâmé. Le
résultat est que les
travailleurs ne déclarent plus les
accidents comme ils le
faisaient
dans le passé.
US Steel fait également passer des tests
de
drogues et d'alcool. Ce
ne sont pas des tests faits au hasard mais des
tests suite à un
incident. Si quelqu'un brise une pièce
d'équipement par
exemple, ils
peuvent lui faire passer un test. L'orientation du
test est de mesurer
jusqu'à quel point le travailleur
était privé de
ses facultés.
US Steel utilise maintenant à Hamilton un
système standard d'enquête
qui est le même dans toutes ses usines des
États-Unis et
du Canada. Ça
nous rend la tâche plus difficile quand un
accident survient. Les
contremaîtres ont des tas de choses à
remplir qui leur
sont dictées
directement du quartier général de
US Steel à
Pittsburgh. En plus, leur
salaire est lié à la performance en
santé et en
sécurité, jusqu'à quel
point ils agissent à la satisfaction de la
compagnie.
La chose principale est que notre philosophie, la
philosophie de la
section locale et des Métallos est
totalement différente
de celle de US
Steel en ce qui concerne la santé et la
sécurité.
Selon nous le
meilleur système de
santé/sécurité c'est un
système qui part de la base
et va vers le haut parce que les travailleurs sont
ceux qui savent le
mieux
ce qu'il faut faire pour que le travail soit
sécuritaire. La
compagnie
croit qu'un bon système de
santé/sécurité
vient d'en haut et est imposé
de haut en bas. C'est elle qui dicte le programme
de santé et
sécurité.
C'est un membre de la direction, qui ne fait pas
le travail
assigné,
qui écrit le manuel de santé et de
sécurité
pour celui qui fait le
travail.
Le meilleur programme de santé selon moi
c'est que je vais
parler aux
travailleurs et ils me disent quelle est la
façon
sécuritaire de le
faire. Nous parlons très ouvertement
à la compagnie de
ces choses-là.
Les superviseurs ne sont pas en désaccord
mais selon eux ils
n'ont pas
d'autre choix que de suivre les ordres du quartier
général de
Pittsburgh.
Ils ont établi un énorme
système
bureaucratique en
santé/sécurité.
Nous, nous croyons exactement le contraire. Nous
rencontrons les
travailleurs, parlons avec eux, essayons de
trouver la meilleure
façon
de régler les problèmes. La
meilleure façon de
procéder est de
continuer à discuter des problèmes
en souhaitant en
arriver à la
meilleure
solution.
Je connais également beaucoup de
travailleurs qui
ont des maladies
professionnelles comme le cancer et plusieurs
d'entre eux souffrent en
silence. Ils n'essaient même pas d'obtenir
une indemnisation.
C'est
quelque chose que nous devons prendre en main,
faire quelque chose pour
aider les travailleurs atteints de maladies
professionnelles parce
qu'il y a beaucoup de souffrance parmi eux.
L'impact psychologique sur
ces travailleurs est lui aussi énorme. Il
faut faire
reconnaître ces
maladies professionnelles et briser le silence
à leur sujet.
Alain Duguay, président de la
section
de Montréal du Syndicat des travailleurs
et travailleuses des
postes
À Postes Canada, on est pris avec un
nouveau
système. Avant, on
avait des crédits de congés de
maladie. Maintenant c'est
un programme
d'invalidité de courte durée. On
sait que chez Postes
Canada il y a
beaucoup d'accidents de travail. L'employeur vient
de trouver une
nouvelle stratégie qui est totalement
indécente. Si tu
déclares
un accident de travail, et que cela est
refusé, en principe tu
as le
droit de contester, c'est la loi qui veut
ça. Par contre
à Postes
Canada, si tu contestes la décision du
refus, ils
t'empêchent d'avoir
accès au programme
d'assurance-invalidité. C'est une
façon détournée
pour que les gens ne déclarent plus leurs
accidents ou
arrêtent leur
droit de
contester. Après cela, cela devient la
stratégie pour
pouvoir dire que
toutes les implantations de nouvelles
méthodes de travail qu'ils
font,
cela ne cause pas plus d'accidents de travail, au
contraire cela va
mieux ! C'est indécent. Après
les mineurs au niveau
fédéral, ce sont les
postiers qui sont les pires du point de vue
accidents de travail. Ils
implantent des méthodes de travail qui sont
excessivement
dangereuses,
avec du travail 12 heures par jour, du
travail le soir, à
la noirceur
même pendant l'hiver. C'est certain que les
accidents de travail
ont
augmenté depuis ce temps-là, ils ne
sont pas toujours
acceptés à la
première étape et là c'est la
stratégie de
Postes Canada, que si tu
veux contester tu n'as plus droit à
l'assurance-invalidité.
C'est flagrant que dans les emplois qui sont
réorganisés par de
nouvelles méthodes, il y a une grosse
augmentation de la charge
de
travail et les accidents augmentent.
Il y a aussi beaucoup plus de burnout qu'avant,
des gens
qui sont en
arrêt de travail pour cause psychologique.
La pression qu'ils
mettent
pour que les gens fassent du surtemps dans leurs
itinéraires,
c'est fou.
Nous avons été actifs sur cette
question
récemment. Le 2 mars, nous
avons fait une manifestation dans les rues de
Montréal. On a
réussi du
point de vue couverture médiatique et nous
recevons des messages
d'encouragement de la population.
On fait du travail avec nos
délégués pour faire des
actions de
plancher. On met de la pression sur Postes Canada
sur le plancher de
travail. Localement les superviseurs ne sont plus
décisionnels
de rien,
c'est Postes Canada au niveau national qui prend
toutes les
décisions.
Plus tu cherches la solution, plus tu es
éloigné du
problème moins la
solution est à ta portée. C'est ce
qu'on vit
présentement. Il n'y a
plus de décisions qui se prennent à
Montréal, ou
à Québec ou à Toronto.
On fait un travail sur le plancher pour tenter de
résoudre les
problèmes.
On n'a pas fini de se battre. On a toujours
l'intention
de combattre
Harper, c'est certain. Son gouvernement a pris
beaucoup de
décisions
qui ont fait en sorte que la santé et la
sécurité
des travailleurs est
affectée.
Dany Blackburn, représentant en
prévention, Syndicat des travailleurs de
l'aluminium d'Alma, Rio
Tinto Alcan
Le
gros problème que nous rencontrons c'est
toujours une question
d'argent. Chez Rio Tinto, c'est coupures
par-dessus coupures, c'est
tout le temps une question d'argent. À
chaque fois que nous
apportons
des
propositions pour améliorer les
procédures en
santé et en sécurité, il
faut tout le temps analyser combien ça
coûte, comment on
pourrait faire
pour que cela ne coûte pas cher.

On a vécu un conflit en 2012 et
à
notre retour, il y a eu beaucoup de
choses qui ont changé, notamment en
santé et en
sécurité. Il y a eu
beaucoup de choses qui ont changé qui ont
affecté la
santé des gens
quand on est revenu du lockout. Ils veulent faire
beaucoup de
changements dans les mentalités, dans les
manières de
travailler, dans
les techniques. Ils veulent aussi justifier
beaucoup de coupures qu'ils
ont faites. Dans le lockout on a eu beaucoup de
gains, mais à
travers
cela ils ont fait des réorganisations pour
obtenir à peu
près 80
coupures de positions. Cela occasionne beaucoup de
changements
organisationnels. Il y a moins de monde sur le
plancher, les charges de
travail ont
augmenté beaucoup. On travaille dans un
milieu très
difficile en
aluminerie, on a des contaminants, on a de grands
efforts physiques
à
faire, des atteintes musculo-squelettiques, il y
en a beaucoup. En
2011, il y avait un certain nombre d'accidents par
rapport à des
lésions musculo-squelettiques.
Récemment, j'ai fait un
rapport à ce
sujet, on en avait
4 fois plus qu'en 2011. On a aussi beaucoup
de problèmes
psychologiques, je n'avais jamais vu cela, des
gens atteints
psychologiquement au travers des changements, des
choses dures à
vivre à cause de la pression que
l'entreprise met sur les
travailleurs.
80 postes c'est à peu près 10 %
de la main-d'oeuvre.
On est chronométré en nos temps de
pause,
ils gèrent les secondes.
Par exemple, les personnes travaillent avec des
équipements de
protection, ils passent 10 heures et demie de
temps avec leurs
équipements à passer du balai,
travailler avec des
pieds-de-biche, des
équipements pesants à soulever. Par
exemple, ils peuvent
soulever 300
panneaux
dans une journée. Quand ils disent au
contremaître qu'ils
sont
fatigués, qu'ils ont besoin d'un temps de
pause, d'avoir des
variations
dans leur travail, la pression des patrons, c'est
non, c'est de leur
dire de retourner à leur travail, qu'ils
sont payés pour
accomplir ces
tâches-là, que pas question d'avoir
une pause, ils ont des
pauses
réglementaires
pendant leur quart de travail et c'est tout.
Et cela c'est sans compter les problèmes
de
relations de travail qui
se mêlent au travers de cela. Je n'avais pas
eu à
gérer des choses
comme ça avant. On se sent regardé,
comme si on
était un criminel, un
bandit.
À l'usine nous sommes trois
représentants
en prévention libérés
à temps plein pour environ 750
travailleurs. On surveille le
système et
on le remet en question. Ce qui est important
c'est d'avoir un oeil sur
tout, on essaie de participer à toutes les
enquêtes, on
est impliqué
dans tous les comités, on est proche des
travailleurs. On fait
beaucoup
de
plancher, on va voir les travailleurs, on se
promène dans les
secteurs,
on rencontre le maximum de gens possible, pour que
les gens nous disent
exactement ce qui se passe sur le plancher, cela
nous permet de
remettre en question le système. C'est
important d'être
proches des
gens. Quand on est capable de leur apporter des
solutions, ils savent
qu'ils ne sont pas tout seuls.
Le problème ce n'est pas seulement Rio
Tinto. Je
pense que c'est
toutes les grandes entreprises en ce moment pour
qui le principe c'est
tout à l'investisseur, les travailleurs
arrivent en dernier.
Autant en
relations de travail qu'en santé et en
sécurité,
c'est ensemble qu'on
va réussir à faire valoir nos
droits. Le système
est trop pesant pour
une
personne seule.
Geneviève Royer, enseignante au
secondaire,
membre de la Fédération autonome de
l'enseignement
Ce
qu'on affronte c'est la destruction et la
désorganisation qui
est créée
par l'ensemble des besoins qui ne sont pas
satisfaits, que ce soit au
niveau des élèves ou des
enseignants. C'est ce climat de
violence qui
est installé quand tu
as des besoins qui ne sont pas satisfaits et sont
laissés en
plan, que
ce soit des besoins en aide pour obtenir le
succès scolaire ou
pour
bien comprendre la matière en classe ou de
l'aide par rapport
à
l'insécurité dans la famille, les
parents
séparés, etc.
Il y a tellement de besoins et si peu de
ressources pour
y répondre,
des ressources si inadéquates que cela
crée une forme de
violence. Et
ça n'est pas la violence dont les journaux
vont parler quand
cela
explose, que c'est individu contre individu. Selon
nous, les
enseignants, l'expérience qu'on a c'est que
c'est terriblement
violent
quand on sait
combien nos jeunes ont besoin de support pour leur
santé,
physique ou
mentale, et que la réponse qu'on se fait
donner est qu'il y a un
an
d'attente. Il y a peut-être un an d'attente
mais pour nous
à chaque
jour le jeune entre en classe et ses besoins
restent sans
réponse. En
tant qu'enseignant tu n'arrives jamais à
répondre
à ces besoins-là.
C'est une
pression énorme sur les enseignants.
Certains experts disent que la question en est
une de
gestion de
classe, d'apprendre à être plus
sévères ou
plus compréhensifs. Selon
moi, cela n'a rien à voir avec les
difficultés que les
enseignants
vivent, le nombre d'enseignants qui doivent
quitter le travail pour
quelques semaines, une année au complet ou
pour toujours. C'est
un
phénomène
très fréquent parce que les
conditions de travail
deviennent
intenables. Comment les enseignants pourraient-ils
être sans
réponse
lorsqu'un étudiant arrive en classe et dit
qu'il n'a plus de
logis parce
que les huissiers viennent de les expulser. Ils
doivent répondre
quelque chose au jeune tout en étant sans
réponses devant
un tel
problème. C'est une
pression quotidienne qui ne fait que
s'accroître à mesure
que la crise
du système économique et politique
s'approfondit. On est
loin de la
gestion de classe !
On sait aussi que le gouvernement Charest a
passé
une loi contre
l'intimidation à l'école. Ce qu'elle
vient faire c'est
que dès qu'un
parent ou un élève ou quelqu'un
souligne être
victime d'une
intimidation, il doit obligatoirement y avoir un
geste de posé.
En plus
d'augmenter la tâche de l'enseignant qui
doit expliquer comment
et
pourquoi il
est intervenu, est-ce que cela donne bonne
conscience à
quelqu'un
d'avoir un cartable qui montre qu'il a fait
17 interventions
contre
l'intimidation alors qu'en même temps on ne
traite pas du
phénomène de
l'intimidation, ce qui le crée. Cela
bureaucratise les relations
entre
les êtres humains au lieu de s'assurer qu'on
traite du
problème de
créer un climat de sécurité
notamment par des
activités, en ayant les
ressources nécessaires pour accompagner les
étudiants,
pour résoudre
les problèmes. On parle aussi de
judiciarisation des relations
entre
les êtres humains. On prend la loi sur le
harcèlement
psychologique
dans les milieux de travail. Oui, les tensions
existent dans les
milieux de
travail, les différends existent mais le
mécanisme de
résolution des
problèmes qui est proposé c'est
toujours de
déposer une plainte contre
ton collègue pour harcèlement au
travail.
Plus de 2 enseignants sur 5 quittent
l'enseignement dans leurs
5 premières années. On prend
différentes
mesures dans notre école pour
essayer d'améliorer la situation. Par
exemple, on s'assure
d'accueillir
les nouveaux enseignants, des enseignants avec
plus d'expérience
les
familiarisent avec les lieux physiques et les
gens. On
veille les uns sur les autres, si quelqu'un a des
problèmes on
va le
voir tout de suite pour le soutenir. Il y a un
service aussi qui est
beaucoup utilisé au niveau du syndicat,
c'est le PAE, le
Programme
d'aide aux employés, qui offre
jusqu'à une dizaine de
rencontres
gratuites avec un psychologue. Le programme est
défrayé
par le syndicat
et la
commission scolaire.
Au niveau syndical on revendique des choses pour
humaniser les
relations de travail dans les écoles, moins
d'élèves en classe, les
ressources professionnelles et pédagogiques
nécessaires
au moment où
elles sont demandées.
Russ Day, section 601 du Syndicat canadien
des
communications
de l'énergie et du papier, travailleur
à
la raffinerie
Chevron à
Burnaby en Colombie-Britannique
Le 28 avril est une
journée importante ici dans la
région. Le mouvement
syndical est très
actif localement et organise plusieurs
cérémonies. Le
28 avril pour nous est toujours l'occasion de
nous rappeler
l'effondrement du pont Second Narrows à
Vancouver en
1958 où
19 travailleurs ont perdu la vie. Dès
le moment de la
tragédie, nous
avons baptisé le pont le Iron Workers
Memorial Bridge, mais en
1994 il a
été officiellement rebaptisé
sous ce nom. C'est
une
erreur d'ingénierie qui a causé son
effondrement. Cette
tragédie est
toujours bien vivante dans l'esprit des
travailleurs et de la
population.
Le 28 avril est aussi l'occasion pour nous
de nous
rappeler combien
nous devons être vigilants pour nous assurer
que les droits qui
nous
sont reconnus dans la loi de la province sur
l'indemnisation des
travailleurs sont respectés. En 2012, plus
de 130 travailleurs
sont
décédés en
Colombie-Britannique alors les choses
n'ont pas tellement
changé depuis les années 1950
à cet égard.
En plus, travaillant dans
une raffinerie, les travailleurs sont sujets
à de grands risques
dans
une industrie qui est très dangereuse. Nous
devons compter sur
l'employeur pour nous faire travailler dans des
conditions
sécuritaires
parce que les procédés
eux-mêmes sont
potentiellement très dangereux.
Il faut
s'assurer que les standards de
sécurité et toutes choses
attenantes à
une opération sécuritaire y soient.
Nous avons aujourd'hui en Colombie-Britannique
des tink
tanks comme
le Business Council de Colombie-Britannique dont
le Chevron fait partie
qui propagent le point de vue que tout a
été fait pour
rendre les
endroits de travail de la province
sécuritaires et que ce sont
les
travailleurs qui souvent doivent être
blâmés pour
les accidents qui s'y
produisent. Ils essaient d'amender la loi
provinciale de
l'indemnisation pour qu'elle exprime les valeurs
de la conception
behaviouriste de la sécurité et
fasse porter le fardeau
de la
responsabilité sur les travailleurs. Cela
n'est pas acceptable.
Si on parle de l'industrie du pétrole et
du gaz,
lorsque des
accidents se produisent et que des travailleurs
décèdent,
nous pouvons
souvent retracer des problèmes dans les
processus de
sécurité qui en
sont la source, des processus sur lesquels les
travailleurs n'ont aucun
contrôle. Qu'on pense à des
problèmes
métallurgiques ou d'ingénierie.
C'est
la responsabilité de l'employeur de faire
en sorte que les
travailleurs
ne sont pas sujets à de tels types de
risques. Cela ne veut pas
dire
que les travailleurs ne doivent pas être
vigilants et s'assurer
de
travailler de façon sécuritaire. Non
seulement c'est leur
droit mais
c'est leur devoir de le faire. Je pense qu'on
assiste à un
changement
de culture,
qu'on fait face à des efforts
concertés pour amender la
loi provinciale
d'indemnisation pour qu'elle épouse les
conceptions
behaviouristes de
sécurité.
Les travailleurs doivent demeurer vigilants sur
une base
quotidienne
et réaliser qu'ils ont le droit de refuser
un travail
dangereux.
Ils n'ont pas besoin d'avoir raison quand ils
disent que c'est
dangereux, ils ont juste besoin d'en avoir la
conviction et ils ne
doivent pas avoir peur de recourir à leur
droit de refus. Faire
une
fausse évaluation ce
n'est pas un problème mais c'est un
problème que de faire
quand même le
travail qu'on juge dangereux et de prendre des
risques.
Évidemment
c'est quelque chose qui est plus difficile
à faire si vous
n'êtes pas
syndiqué. C'est pour cela que la loi doit
demeurer très
claire au sujet
du droit de refus et que le personnel
d'enquêteurs du
gouvernement
doit se rendre sur les lieux de travail et
s'assurer qu'ils sont
sécuritaires. Pour que cela se produise, il
faut que le pouvoir
syndical soit là en tout temps pour appuyer
les travailleurs.

Tueries en milieu de travail au Bangladesh
- Pritilata Waddedar -
La récente tuerie des travailleurs de
l'industrie
du vêtement le 24 avril, tout comme
d'autres tueries en
milieu de travail au Bangladesh et dans d'autres
pays à bas salaires, est le résultat
direct des crimes
commis par les monopoles au nom du
libre-échange et de
l'objectif de dominer les marchés mondiaux.
Ces
décès constituent un crime contre
l'humanité et un
crime contre la dignité du travail
perpétrés par
l'oligarchie financière internationale et
les monopoles du
commerce de détail avec la
complicité du gouvernement du
Bangladesh ainsi que des élites locales
à leur
disposition.
L'édifice qui s'est écroulé
est
situé à Savar, une ville de banlieue
de la capitale,
Dhaka. Pas moins de cinq usines de fabrication s'y
trouvaient,
où sont
fabriqués des vêtements pour les
monopoles du commerce de
détail mondiaux. L'édifice est la
propriété
de Sohel Rana, qui est aussi le dirigeant du parti
politique au pouvoir, la Ligue Awami. Selon
diverses sources, le jour
précédant l'effondrement, des
inspecteurs avaient
informé Rana et les divers exploiteurs
d'usines des vices de construction affectant
l'édifice. Suite
à cet avertissement, on a fermé la
banque et les bureaux
au rez-de-chaussée. Par contre, par
mépris
total pour la vie des travailleurs du textile, le
travail des usines
aux étages supérieurs n'a pas
été suspendu
et des menaces ont été
proférés par
l'employeur à
l'effet que les travailleurs se feraient couper
leur salaire s'ils ne
se présentaient pas, les forçant
ainsi à
travailler.

Les opérations de sauvetage se
poursuivent
sur le
site de l'usine effondrée le
25 avril 2013, pendant que les
membres de la famille attendent des
nouvelles de leurs proches.
Ce n'est pas le premier effondrement d'un
édifice
au Bangladesh ces dernières années
lié au milieu
de travail, mais aussi aux logements des
travailleurs de
l'industrie du vêtement. Il y a eu un autre
effondrement d'usine
de textile à Savar en 2005 causant la
mort de
23 travailleurs. Savar est l'une des
huit villes du Bangladesh où des zones
économiques
spéciales existent sous l'égide des
Zones franches
d'exportation du Bangladesh (BEPZA). Ces zones
sont
sous contrôle direct du bureau du premier
ministre. Les lois
régissant le travail et les conditions dans
les usines sont
parmi les plus faibles, mais les BEPZA
voient à ce que les investisseurs locaux et
internationaux
puissent agir en toute impunité, bien
à l'abri même
des minces exigences de ces lois.
Les tueries en milieu de travail de Savar ont
été précédées
par un horrible
incendie dans une usine de textile dans la
région industrielle
d'Ashulia près de
Dhaka le 24 novembre 2012. Plus de 120
travailleurs y
laissèrent leur vie et des centaines furent
blessés.
Plusieurs travailleurs sont morts parce qu'ils
se sont butés à des portes
verrouillées, une
pratique fréquente des propriétaires
d'usines pour
empêcher les travailleurs de quitter leur
poste. D'autres
travailleurs
ont plongé à leur mort, n'ayant pas
accès aux
escaliers de secours, ceux-ci ayant aussi
été
verrouillés. Presque toutes les victimes,
que ce soit de
l'incendie d'Ashulia ou de ce récent
édifice
effondré à Savar, étaient des
femmes
et des jeunes filles.
De tels incendies et effondrements sont
fréquents
au Bangladesh et dans d'autres pays à bas
salaires mais les
médias internationaux ne rapportent que les
plus horribles. Il y a moins de deux ans, un autre
incendie d'usine
à Ashulia avait causé la mort de
trente travailleurs et
en avait blessé des centaines d'autres.
En une seule semaine en février 2006, il y
a eu des tueries
de travailleurs dans deux incendies d'usines
distincts ainsi que
l'effondrement d'une usine de
neuf étages à Chittagong, au
Bangladesh. Le gouvernement
a caché le nombre de décès et
de blessés
dans ces trois incidents, mais des rapports
d'organisations
syndicales révèlent que 300
travailleurs ont perdu la
vie au cours de cette semaine fatale, y compris un
grand nombre de
filles âgées de seulement douze
ans.

Activité à San
Francisco, le
25 avril
2013, en appui aux
travailleurs du Bangladesh et en
opposition à
l'exploitation
par le monopole du vêtement
étasunien The Gap.
|
Des tels incidents se produisent constamment sur
tout le
sous-continent indien et dans d'autres pays. Au
Pakistan, au total
389 travailleurs ont été
tués dans deux incendies d'usines de
textile à Karachi et
à Lahore le même jour en septembre
dernier. Le même
mois, 40 travailleurs du textile ont
été tués
dans un incendie dans l'État de Tamil Nadu
au sud de l'Inde.
Les tueries des travailleurs du textile au
Bangladesh se
produisent dans les usines fabriquant du
prêt-à-porter
(PAP) pour les monopoles du commerce de
détail internationaux comme Wal-Mart et Gap
Inc. Selon les
informations, certains des travailleurs
tués dans ce
récent effondrement d'édifice
à Sahar fabriquaient
des vêtements pour le commerçant
canadien de détail
Joe Fresh. Les travailleurs du PAP produisent une
immense richesse,
mais la mondialisation néolibérale
fait en sorte que la plus grande partie de cette
richesse va
directement aux groupes de monopoles mondiaux les
plus puissants.
Contrairement aux usines de textile hautement
mécanisées, le sous-secteur du PAP
est un secteur
à forte main-d'oeuvre qui est entre les
mains d'entrepreneurs
locaux à contrat avec les
détaillants mondiaux. La
manipulation monopoliste des prix par les
monopoles du commerce de
détail mondiaux ainsi que les taux
d'intérêts élevés
imposés par les
financiers internationaux freinent aussi les
profits des entrepreneurs
locaux. Pour faire un profit, ceux-ci exploitent
la vaste armée
de travailleurs migrant vers les villes suite
à la destruction
néolibérale des petits producteurs
dans les
régions rurales. L'élite locale a
baissé les
salaires des
travailleurs à des niveaux tels qu'ils sont
insuffisants pour
survivre et les conditions de travail telles
qu'elles mettent
constamment en péril la vie des
travailleurs.
Même les réclamations du
gouvernement sur
la richesse sous forme d'impôts sont
restreintes par des menaces
constantes de la part des puissants monopoles
à l'effet qu'ils déménageront
la production vers
d'autres pays. Par exemple, les usines qui
s'installent dans les
régions contrôlées par les
BEPZA sont exemptes
de taxes pendant cinq ans. Les arrangements mis en
place par la
mondialisation néolibérale font en
sorte que la presque
totalité des immenses montants de
richesse produite par des millions de travailleurs
dans le secteur va
directement dans les coffres des monopoles
mondiaux.
Au Bangladesh, le gouvernement et l'élite
locale
s'assurent de l'expansion du secteur du PAP en
faisant en sorte que les
travailleurs soient les moins bien
payés au monde. Bangladesh est devenu le
deuxième
exportateur de produits PAP au monde après
la Chine, qui
elle-même transfère de plus en plus
sa
production au Bangladesh. Les exportations de
produits PAP du
Bangladesh ont augmenté de
5 milliards $ par
année en 2000 à
19 milliards $ en 2012, constituant
ainsi 80 % des
recettes d'exportation du Bangladesh.
Il y a présentement 2,2 millions de
travailleurs dans les 5000 usines PAP du
Bangladesh, dont plusieurs
sont situées dans les régions sous
contrôle
des BEPZA. Même les usines à
l'extérieur de ces
zones d'exportation sont dans des districts
très
militarisés. Puisque la balance commerciale
du Bangladesh
dépend entièrement de ses
exportations du PAP, le
gouvernement a déclaré toute
résistance
ouvrière à l'exploitation brutale et
aux conditions de
travail
inhumaines une « menace à la
sécurité
économique nationale ». La plus
grande
priorité du gouvernement est donc la
suppression des droits des
travailleurs et de leur résistance.
En 2004, une force policière paramilitaire
armée a été mise sur pied
dans le but de supprimer
la résistance des travailleurs. Le
Bataillon Rapid Action (RAB),
formé par les Britanniques, a
été impliqué
dans de nombreux affrontements avec les
travailleurs et dans de
nombreux assassinats et disparitions des
dirigeants
du mouvement ouvrier.
Malgré la répression exercée
par le
RAB, la résistance des travailleurs s'est
développée parallèlement
à l'expansion du
secteur PAP. En 2010, des centaines
de milliers de travailleurs du textile ont
participé à un
puissant mouvement de grève en
réaction à
l'augmentation des prix des aliments, aux tueries
des
travailleurs dans les usines et aussi au meurtre
et à la
disparition de travailleurs militants par le RAB.

San Francisco, le 25 avril 2013
|
Le gouvernement a tenté de supprimer le
mouvement
gréviste en ayant recours à une
Force policière
industrielle forte de 3000 membres et mise sur
pied
en 2010 pour surveiller et contrôler les
travailleurs dans les
régions industrielles. Un grand nombre de
travailleurs ont
été tués par la police
industrielle et le
RAB au cours de ces manifestations, mais le
gouvernement a quand
même été obligé de
reculer. Suite à
la grève de 2010, le salaire minimum pour
les
travailleurs du textile est passé de
20 $ par mois à
38 $ par mois.
La lutte des travailleurs contre la police et les
propriétaires d'usines se poursuit dans des
actions pour
défendre leurs droits et la dignité
du travail. Suite
à l'incendie de l'usine d'Ashulia en
novembre dernier et aux
mortalités massives, des grèves et
des manifestations de
masse ont éclaté tout comme celles
qui
ont été déclenchées
par l'effondrement
à Savar. Au cours de l'été
dernier, 500 000
travailleurs se sont mis en action pour
défendre les
travailleurs militants qui
sont la cible d'attaques de la police. Au cours de
ces actions, les
travailleurs ont réussi à fermer 350
usines dans le
district d'Ashulia seulement. Des grèves
ont
été déclenchées dans
d'autres
régions industrielles pour contrer les
augmentations de loyers
et des aliments et suite à des incidents
d'abus de travailleuses
par
des patrons d'usines.
Des travailleurs du textile manifestent
pour exiger
des
milieux de travail sécuritaires ainsi que
la détention du
propriétaire de l'usine Tazreen Fashion
Ltée
à Dhaka, au Bangladesh, le 10 janvier
2013. Au moins
112 travailleurs furent tués dans un
incendie dans l'usine
à Ashulia à la
périphérie de Dhaka le
24 novembre 2012.

À titre d'information
Un peu d'histoire et quelques chiffres
Lors du congrès du Congrès du
travail du
Canada (CTC) en 1984, une résolution
présentée par
le comité national de santé et
sécurité du
Syndicat canadien
de la fonction publique (SCFP) recommandait la
création d'une
journée à la mémoire des
travailleurs tués
ou blessés au travail. Cette
résolution a
été adoptée.
La date du 28 avril a été
choisie puisque c'est le
28 avril 1914 que le premier projet de
loi d'indemnisation
des travailleurs a été adopté
par
une assemblée législative.
Le CTC a officiellement déclaré et
reconnu
le 28 avril, Jour national de deuil en 1985.
Depuis, plus de
25 000 travailleurs au Canada ont perdu
la vie en raison d'une blessure liée au
travail ou d'une maladie
professionnelle.
En décembre 1990, après des
années
de représentation par les syndicats
canadiens et le NPD, le
gouvernement fédéral a adopté
le projet de loi
C-223, la Loi sur la journée de deuil
des travailleurs,
qui a fait du 28 avril 1991 la
première journée
de deuil national reconnue par le
gouvernement. La loi est un court document
législatif où
on peut y lire entre autres :
« Partout au Canada, à chaque
année, le 28 avril sera reconnu comme
le Jour de deuil pour
les personnes tuées ou blessées au
travail. »
En 1989, la Fédération
américaine
du travail a reconnu le 28 avril comme le
Jour de
commémoration des travailleurs. La
Journée de
commémoration
des travailleurs a été
adoptée en 1993 par le
Congrès des syndicats écossais
(TUC), en 1999 par le
Congrès des syndicats du Royaume-Uni (TUC)
et en 2000 par la Commission de santé et
sécurité
du Royaume-Uni.
En 1996, l'Organisation internationale du travail
(OIT)
et le TUC international (ITUC) ont
déclaré la
Journée internationale de deuil.
En 2001, l'OIT a déclaré le
28 avril
la Journée mondiale pour la
sécurité et la
santé au travail et a annoncé en
2002 qu'elle
devrait être une
journée officielle au sein des Nations
unies.
Aujourd'hui, la journée de deuil est
observée par environ 100 pays, dont
l'Argentine, la Belgique,
les Bermudes, le Brésil, le Canada, la
République
dominicaine, Gibraltar, le Luxembourg, Panama, le
Pérou, le
Portugal, l'Espagne, la Thaïlande, Taiwan,
les États-Unis
et le Royaume-Uni. Les syndicats dans
d'autres pays tels que le Bénin, la
République
tchèque, la Finlande, la Hongrie, Malte, le
Népal, la
Nouvelle-Zélande, la Roumanie et Singapour
font les
démarches pour obtenir la reconnaissance
gouvernementale.
Quelques faits
Selon l'Association des
commissions des
travailleurs accidentés du Canada environ
1000 travailleurs
meurent au Canada chaque année.
Chaque jour, près de trois travailleurs
meurent.
Chaque année, les travailleurs subissent
250 000 blessures et/ou
maladies liées au travail. Chaque jour, les
travailleurs subissent 685 blessures et /ou
maladies liées
au travail.
À l'échelle internationale, l'OIT
enregistre la mort d'un travailleur toutes les
15 secondes. Cela
signifie que 6 300 travailleurs meurent
chaque
jour et plus de 2,3 millions de travailleurs
meurent chaque
année. Parmi ces décès,
2,02 millions sont
attribuables à une maladie professionnelle.
En outre, chaque année les travailleurs
souffrent
de 317 millions d'accidents du travail, ce
qui représente
870 000 accidents du travail par jour. Chaque
année, les travailleurs souffrent de 160
millions de maladies
professionnelles non mortelles, ce qui
représente 440 000 par
jour.
Statistiques sur les travailleurs
tués
ou blessés
au travail selon les provinces et territoires
Terre-Neuve-et-Labrador
Il y a eu 26 décès au travail
dans la province en 2012, dont six
résultant d'accidents et 20
causés par des maladies professionnelles.
Nouveau-Brunswick
La Fédération des travailleurs du
Nouveau-Brunswick rapporte qu'en 2012 plus de
12 400
travailleurs du Nouveau-Brunswick ont
été blessés
au travail, dont 11 mortellement.
Nouvelle-Écosse
La Fédération des travailleurs de
la Nouvelle-Écosse rapporte qu'il y a eu un
total de
32 décès au travail en
2012 et près de
26 500
blessés. Cela représente une
augmentation de cinq
décès par rapport à 2011.
Parmi les 32 accidents mortels en 2012, dix
Néo-Écossais sont morts au travail
en raison d'un
événement traumatique violent en
milieu de travail.
Cela représente une augmentation de quatre
décès
violents par rapport à 2011. Un tiers des
accidents mortels
violents se sont produits durant la pêche
commerciale.
Vingt-deux Néo-Écossais sont morts
en
raison de conditions chroniques ou liées
à la
santé. Parmi ces 22 accidents mortels
chroniques
liés au travail,
neuf sont morts de maladies professionnelles
causées par
l'exposition passée en milieu de travail et
13 sont morts
en raison d'autres problèmes de
santé,
principalement d'origine cardiaque, qui peuvent ou
ne peuvent pas avoir
été directement liés à
leur travail.
Québec
Au Québec, en 2012, la Commission de
santé et sécurité au travail
(CSST) indique que
211 personnes sont mortes à la suite
d'une maladie
professionnelle ou d'un accident. Sur ces
211 décès,
115 ont été causés par
l'amiante, 26 par
des incidents liés à des
véhicules,
18 causés
par un contact avec un objet ou de
l'équipement, 15 sont
dus à des chutes et 13 à de
l'exposition à la
silice. Il est également indiqué
qu'en 2011,
il y a eu 91 030 lésions
professionnelles. La
Confédération des syndicats
nationaux (CSN) souligne que
ces chiffres ne comprennent pas les cas
rejetés
par la CSST ou qui n'ont pas été
rapportés par les
travailleurs, rappelant que c'est
particulièrement vrai dans le
cas des incidents liés à des
problèmes de
santé
mentale.
Ontario
Selon la Commission de la sécurité
et de l'assurance en milieu de travail, il y a eu,
en 2012,
298 accidents mortels au travail en Ontario.
Des
statistiques plus détaillées
couvrant seulement
jusqu'à la fin de juillet
2012 indiquent qu'au moins
162 de ces décès sont dus
à des maladies
professionnelles.
Manitoba
La Fédération des travailleurs du
Manitoba rapporte qu'en 2012, 10 Manitobains sont
morts au travail et
29 autres sont morts de maladies liées
au travail.
Saskatchewan
WorkSafe Saskatchewan rapporte qu'en 2012, 60
décès en milieu de travail ont
été
enregistrés dans la province, par rapport
à 36 en
2011. Elle
indique également qu'en 2012 il y a eu
le plus grand nombre
de décès au travail depuis les 30
dernières
années. Le secteur de la construction
compte
le plus grand nombre de décès, soit
14 morts. Cinq
décès en milieu de travail ont
impliqué des
jeunes, ce qui est une augmentation de deux
décès
déclarés
par rapport à 2011.
Les maladies professionnelles telles que le
cancer
provoqué par une exposition
antérieure à
l'amiante, ont entraîné
19 décès en
2012. Les crises
cardiaques ont été la cause de
15 décès.
Alberta
WorkSafe Alberta rapporte qu'en 2011, selon les
données disponibles les plus
récentes, il y a eu
123 décès en milieu de travail.
Neuf d'entre
eux ont été des jeunes de moins de
24 ans.
Cinquante-deux décès ont
été
attribués à une maladie
professionnelle. Le secteur le
plus dangereux a été la
construction avec 55 décès
cette
année-là.
Colombie-Britannique
La Fédération des travailleurs de
la Colombie-Britannique rapporte que, selon ce qui
a été
rapporté le 15 mars 2013 à
la Commission des
accidents du travail, 181 travailleurs sont
décédés dont 4 sont des
jeunes travailleurs.
Plus de 100 sont morts à cause de maladies
professionnelles.
Territoires du Nord-Ouest et Nunavut
Dans son message à l'occasion du Jour de
deuil, Mary Lou Cherwaty, la présidente de
la
Fédération des travailleurs des
Territoires du Nord,
rapporte
qu' « en 2005, selon le Centre
d'étude du niveau de
vie, le taux le plus élevé de
mortalité est dans
les Territoires, soit quatre fois supérieur
à la moyenne
nationale. En 2012, il y a eu trois accidents
mortels liés au
travail qui ont été rapportés
dans les Territoires
du Nord-Ouest (TNO) et Nunavut. »
Elle ajoute que « les nouveaux
règlements en matière de
santé et
sécurité au travail pour les TNO et
Nunavut ont
été rédigés il y a
plus d'un an et
sont toujours en attente d'être
approuvés par les
ministres responsables de la santé et
sécurité des
travailleurs et de la Commission
d'indemnisation. »
Le territoire du Yukon
Dans son message à l'occasion de la
Journée de deuil, Vikki Quocksister,
présidente de la
Fédération des travailleurs du
Yukon, écrit :
« Au Yukon, nous avons eu
jusqu'à
quatre décès en un an, et seulement
trois années
sans aucun décès depuis que le Jour
de deuil national a
été célébré
ici pour la première fois en 1993.
« En 2012, on a
répertorié un
total de 1216 incidents liés à
des accidents ou des
maladies en milieu de travail, dont 1025 ont
été
acceptés
par la Commission de santé et
sécurité du travail
du Yukon. Il y a eu 480 cas de temps perdu pour
cause de maladie et de
blessures. Les jeunes travailleurs
représentent encore la part
disproportionnée du
pourcentage de blessures, avec 179 demandes
acceptées sur
la totalité des 1025.
« Les statistiques ne racontent pas
toute
l'histoire. Les faits sont que, depuis 1993,
36 travailleurs du
Yukon ont quitté pour leur travail, sans
jamais revenir chez eux à leurs
familles. »

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