Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 69 - 26 avril 2013

À la défense de notre droit d'être

Tous à la manifestation du 27 avril – Pour le retrait immédiat des changements à l'assurance-emploi




Grande manifestation nationale
Chez nous c'est non au saccage de l'assurance-emploi!
Montréal, le samedi 27 avril 2013
Deux départs, un point d’arrivée
• Départ des gens de Montréal et de la région métropolitaine
Place du Canada, Peel et René Lévesque
13 h 15
• Départ des gens des autres régions du Québec
Parc Lafontaine, Rachel et Papineau
13 h
• Point d’arrivée: Place des Festivals, Sainte-Catherine Ouest et Jeanne-Mance
Tous sont priés d’arriver au point de départ vers midi

Organisée par la Coalition québécoise contre la réforme de l'assurance-emploi
Information:
nonausaccage.com

À la défense de notre droit d'être
Tous à la manifestation du 27 avril – Pour le retrait immédiat des changements à l'assurance-emploi

Le logement est un droit!
Journée des locataires: manifestation à Montréal contre les hausses de loyer - Serge Lachapelle
Les activistes du FRAPRU demandent la construction de nouveaux logements sociaux

Un revenu décent pour tous et toutes!
Les Madelinots refusent leur appauvrissement et se préparent pour la manifestation du 27 avril 


La privatisation se poursuit chez BC Hydro
Opposons-nous aux manoeuvres des libéraux pour payer les riches! - Charles Boylan


À la défense de notre droit d'être

Tous à la manifestation du 27 avril — Pour le retrait immédiat des changements à l'assurance-emploi

Le 27 avril, des gens de partout au Québec convergent vers Montréal pour une journée d'action contre les changements antisociaux que le gouvernement a faits au régime de l'assurance-emploi. Les autobus quittent les régions au matin pour être à Montréal à midi. Des contingents de travailleurs de Montréal et de la Rive-Sud vont y être et des associations étudiantes ont annoncé que les étudiants y seront en grand nombre. Des travailleurs de l'Ontario y seront eux aussi, mobilisés par la section locale 1005 du Syndicat des Métallos représentant les travailleurs de US Steel à Hamilton. Les manifestants se rassemblent en deux points différents et les deux marches débutent à 13 heures 15 et convergent vers la Place des Festivals où se tient un spectacle de solidarité avec des artistes connus. À 12 heures 30, des porte-parole de la Coalition québécoise contre la réforme de l'assurance-emploi tiennent un point de presse à la Place Guy Favreau qui abrite les bureaux de Service Canada et il sera suivi d'un événement impromptu à 13 heures.

Pendant ce temps, les actions contre cette réforme régressive n'ont pas cessé. Le 19 avril, il y a eu une manifestation à Saint-Jean-de-Matha dans la région de Lanaudière où les participants ont dénoncé le fait qu'au fil des années le nombre de chômeurs admissibles à l'assurance-emploi n'a cessé de baisser et que la situation va encore empirer avec les changements. La même journée, une manifestation s'est tenue à Bridgewater en Nouvelle-Écosse où les travailleurs ont dit qu'avec les nouveaux critères tels l'obligation de voyager jusqu'à 100 kilomètres pour un nouvel emploi ou d'accepter un emploi à 70 % du salaire de l'emploi précédent, la pression pour s'exiler de la région va encore augmenter et les travailleurs s'opposent fermement à se faire déraciner.

Pendant ce temps également, le gouvernement Harper pousse les enquêteurs de l'AE à faire tout ce qu'ils peuvent pour couper les prestations d'assurance-emploi. On a rapporté qu'un travailleur s'est fait couper ses prestations parce qu'il n'était pas à la maison lorsque le bureau d'assurance-emploi lui a téléphoné deux fois dans la même journée. Un autre travailleur en chômage s'est fait dire qu'il n'était pas admissible à l'assurance-emploi parce qu'il était impliqué dans un programme de formation et donc l'AE considère qu'il n'était pas en train de chercher un emploi convenable. Le pire exemple est celui des travailleurs de l'usine Fruits de Mer de l'est du Québec à Matane qui se sont fait couper leurs prestations d'assurance-emploi et sont forcés de rembourser deux ans de prestations parce que les enquêteurs de l'AE ont décidé que leur programme de travail partagé qu'ils ont depuis 17 ans et qui a été autorisé par le bureau régional de l'AE est supposément illégal. Près de 50 de ces travailleurs ont immédiatement perdu leur emploi et cela dans une région déjà affectée par un chômage élevé, la destruction du secteur manufacturier et un haut taux de pauvreté. Est-ce que les enquêteurs de l'assurance-emploi vont maintenant faire la chasse à tous les arrangements de travail partagé que les travailleurs avaient avec les bureaux de l'assurance-emploi dans les régions ? Déjà les travailleurs disent que la chasse aux chômeurs est ouverte. Est-ce que c'est cela que le gouvernement Harper voulait dire quand il a parlé de simples « clarifications » aux règlements déjà existants ?

Les travailleurs disent Non à ces changements, Non à leur déracinement là où les monopoles pensent faire un coup de fortune, Non à l'augmentation du chômage et à l'abaissement de toutes les conditions de vie et de travail ! Nous disons Oui à une économie qui nous permet de travailler et de nous bâtir une vie pour nous et nos communautés pour le bénéfice de tous ! Défendons notre droit d'être ! Tous à la manifestation du 27 avril !

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Le logement est un droit!

Journée des locataires: manifestation à Montréal contre les hausses de loyer

À l'occasion de la Journée des locataires le 24 avril, près de 300 personnes se sont donné rendez-vous au métro Préfontaine, situé au coeur du quartier Hochelaga-Maisonneuve. Ce n'est pas un hasard que l'on ait choisi ce quartier rebaptisé HoMa par les spéculateurs et qui est devenu la nouvelle victime de la gentrification qui se manifeste par une hausse vertigineuse des loyers. Les manifestants ont emprunté la promenade Ontario pour se rendre à la Place Valois, symbole de cette gentrification qui pousse les familles ouvrières hors du quartier. Les résidents nombreux en cette belle journée de printemps sont venus donner leur appui aux manifestants et s'entretenir avec eux pendant qu'ils installaient des camps de fortune pour dénoncer l'effet de cette gentrification sur les loyers. Un slogan inscrit sur une pancarte résumait l'effort que mènent depuis des années les activistes oeuvrant pour le droit au logement soit : Le droit de se loger passe avant le droit de propriété !

Le Regroupement des comités logements et associations de locataires du Québec (RCLALQ), organisateur de l'événement, a tenu à rappeler que les loyers ont augmenté de 33 % dans la dernière décennie. Ces fortes hausses de loyer s'expliquent en partie par la prolifération des condos et la spéculation qui font gonfler le prix des propriétés. Cela a pour effet d'augmenter les taxes municipales de toutes les propriétés d'un même quartier faisant ainsi pression sur le coût des loyers et chassant les ménages les plus pauvres vers la périphérie. Selon les chiffres les plus récents de la Société d'habitation du Québec, 245 755 ménages locataires doivent consacrer de 30 à 50 % de leur revenu pour se loger et 203 080 autres ménages locataires en consacrent plus de 50 %.

Le RCLALQ demande au gouvernement de réglementer le marché locatif privé pour mettre un frein aux hausses de loyer et maintenir les populations en place dans leur quartier. « Une augmentation de loyer de 10 $, 20 $ ou 30 $ représente autant d'argent qui ne pourra être consacré dans le budget mensuel à la nourriture, aux vêtements ou aux loisirs » a précisé France Emond, porte-parole de l'organisation.

Le RCLALQ a également témoigné des difficultés auxquelles font face les locataires lors du renouvellement des baux : les locataires doivent absolument refuser par écrit une hausse de loyer alors qu'ils ne disposent pas de l'information nécessaire pour statuer sur une augmentation ; plusieurs acceptent la hausse par crainte de représailles du propriétaire ; enfin, une majorité ignore tout simplement la loi et croit que refuser une hausse de loyer implique de déménager. Selon le RCLALQ, les propriétaires en profitent pour s'enrichir sur le dos des mal logés. Il appartient au gouvernement de réglementer le marché privé afin d'éviter ces situations. Il suffirait de rendre obligatoires et universels les mécanismes de contrôle des loyers déjà en place, soutient France Emond. En attendant, le RCLALQ demande de geler les loyers pour mettre fin aux hausses abusives.

Le logement est un droit !
Exigeons des mesures concrètes pour sa pleine réalisation !

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Les activistes du FRAPRU demandent
la construction de nouveaux logements sociaux

Le matin du 16 avril, une cinquantaine d'activistes du Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) se sont donné rendez-vous devant l'ancienne gare Viger, dans l'arrondissement Ville-Marie pour protester contre la détérioration des conditions de logement des locataires de Montréal au cours de la dernière décennie et demander la construction de nouveaux logements sociaux. Ils ne pouvaient choisir un meilleur symbole de la crise actuelle du logement que la gare Viger, qui a été vendue en 2006 14 millions $ de moins que sa valeur marchande par la Ville de Montréal à des spéculateurs immobiliers et ce, pour y construire des condos.

Le FRAPRU estime que pour résoudre la crise du logement à Montréal, il faudrait construire 23 000 nouveaux logements sociaux. Malheureusement, la Ville de Montréal refuse de répondre à cette demande légitime qui recueille de plus en plus d'appui. Quant aux gouvernements fédéral et provincial, ils demeurent silencieux considérant que le marché privé va résoudre magiquement la crise du logement.

La Société d'habitation et de développement de Montréal avoue dans son dernier rapport annuel avoir changé sa mission. Alors qu'elle était auparavant vouée à fournir des logements aux ménages à faibles et modestes revenus de Montréal, elle se consacre maintenant davantage à la construction et à la vente de condos subventionnés. À ce propos, mentionnons qu'il se construit plus de condos que de logements locatifs à Montréal et cette tendance prend de l'ampleur. Si en 2002, il y avait 2,7 fois plus de condos mis en chantier que de logements locatifs, il y en avait presque dix fois plus en 2012, soit 6306 contre 650 logements locatifs. En installant une bannière sur la façade de l'ancienne propriété municipale, toujours barricadée, les manifestants ont justement dénoncé le laissez-faire de l'administration sortante en matière de droit au logement et ont réclamé des engagements clairs de la part des candidates et des candidats — connus et à venir — qui briguent la mairie.

Dans une brochure produite par les comités logement, intitulée « Montréal : marchandise ou milieu de vie ? », également lancée le 16 avril, on fait le tour des problèmes de logement qui affligent les ménages locataires montréalais : spéculation immobilière et hausses abusives de loyer ; construction frénétique de condos, mais manque criant de logements sociaux et manque de sites pour en construire davantage ; absence quasi complète de nouveaux logements locatifs, itinérance en croissance, surtout chez les femmes ; conversions illégales de logements actuels en condos ; surpeuplement, insalubrité et « taudification » des logements, mais aussi négligence chronique de la Ville à faire respecter son code du logement ; etc. La brochure démontre, chiffres à l'appui, combien tous ces problèmes se sont aggravés sous la gouverne de l'administration sortante.

La porte-parole du regroupement et des comités logement, Marie-Josée Corriveau, a rappelé qu'entre 2001 et 2012, le loyer moyen des locataires a augmenté de 189 $ par mois à Montréal et de 243 $, dans le cas des logements de trois chambres à coucher et plus. Selon la porte-parole, « les familles, qui semblent pourtant au coeur des préoccupations de la classe politique montréalaise, ne trouvent tout simplement plus à se loger, sinon que dans les coopératives d'habitation. Mais celles-ci peinent à sortir de terre tellement les terrains sont devenus chers », ajoute la porte-parole.

Selon les différents comités logement, toutes les réponses à ces problèmes n'ont pas à venir de Montréal uniquement, mais, selon eux, la Ville pourrait contribuer mieux et davantage à la protection des locataires et des logements existants. « Avec ses programmes, comme Accès Condos, et en soutenant la construction de condos, la Ville a choisi d'aider des gens qui peuvent accéder à la propriété privée ; mais ce n'est pas le cas de la majorité de la population de Montréal qui est toujours en grande partie locataire et à très modeste revenu », a affirmé Nathalie Rech, de Projet Genèse, un des organismes ayant contribué à la rédaction de la brochure. « La situation est critique pour les locataires à faible et à modeste revenu ; il faut changer de cap pour protéger les logements actuels et faciliter, par l'achat et la réservation de terrains et de bâtisses, la construction de nouveaux logements sociaux. Montréal doit mieux défendre sa population auprès des gouvernements », a-t-elle insisté.

D'ici le 3 novembre 2013, les comités logement du FRAPRU comptent bien talonner les aspirants à la mairie de Montréal, jusqu'à ce que des engagements satisfaisants soient pris. Des interventions et des actions sont déjà prévues ce printemps et tout au long de l'automne.

Source : Communiqué du FRAPRU

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Un revenu décent pour tous et toutes!

Les Madelinots refusent leur appauvrissement et se préparent pour la manifestation du 27 avril


Manifestation de plus de 4 000 personnes aux Îles-de-la-Madeleine contre la réforme de l'assurance-emploi le 13 janvier

Les Madelinots, qui se préparent à participer en grand nombre à la manifestation montréalaise du 27 avril contre le saccage de l'assurance-emploi, ont réservé un accueil chaleureux à Serge Petitclerc, porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté, le mardi 16 avril. Depuis l'automne 2012, le Collectif a entrepris une tournée d'échanges et d'information sur l'état de la pauvreté au Québec sous le thème : Un scandale qu'on ne peut plus ignorer. Le Collectif, qui a fait le tour du Québec, a constaté que la population refuse son appauvrissement qu'elle voit comme une grave violation de ses droits, dont le droit de se nourrir, se vêtir, se loger et s'éduquer.

Au Québec, on estime que près de 750 000 personnes vivent dans un état de grande pauvreté, soit près de 1 Québécois sur 10.

Stéphanie Arseneau-Bussières, du comité Action pauvreté et inclusion sociale des Îles de la Madeleine, a expliqué que c'était un défi pour l'organisme de profiter de la tournée pour répondre à son objectif de sensibiliser la population quant aux différentes facettes de la pauvreté, mais aussi des préjugés qui l'accompagnent trop souvent.

La forte participation à la rencontre ainsi que les nombreux échanges ont traduit la préoccupation des Madelinots face au saccage de l'assurance-emploi, ainsi qu'aux coupures à l'aide sociale qui signifient leur appauvrissement. Stéphanie a rappelé qu'en décembre dernier, on comptait 2 470 prestataires aux Îles, soit 40 % de la population active. Elle a ajouté que le comité s'attend à ce que 35 % d'entre eux se retrouvent sans aucun revenu d'ici la fin avril, tandis que ce taux grimpera à 50 % à la fin du mois de mai, c'est-à-dire jusqu'à ce que s'amorce la saison touristique.

Pour sa part, Serge Petitclerc a indiqué que la mesure du panier de consommation est un bon indice du montant que doit débourser un individu pour ses besoins de base. Au Québec, pour une personne seule, la mesure du panier de consommation (MPC) est établie à environ 16 000 $ par année. À titre de référence, une personne sur l'aide sociale reçoit tout juste la moitié de ce montant.

S'entame alors une sorte de cercle vicieux : dans de telles conditions, l'état physique de la personne peut se dégrader, son état mental aussi. Il lui devient plus difficile de trouver un emploi, voire d'imprimer un curriculum vitae ou d'aller le porter chez un employeur, faute de moyens financiers.

Mais ce scandale, souligne-t-il, « cache une histoire remplie d'injustices. Une histoire où les riches sont de plus en plus riches, où la classe moyenne s'érode petit à petit et où les plus pauvres demeurent pauvres. Une histoire où, malgré une croissance économique presque continue, les inégalités socioéconomiques augmentent et la richesse, elle, se concentre davantage dans les mains de quelques-uns. Une histoire où les travailleurs et travailleuses occupent de plus en plus d'emplois précaires, à temps partiel et atypiques pour gagner toujours moins et où certains ménages, comme les personnes seules et les couples sans enfants, sont laissés de côté pour des motifs insensés. Bref, une histoire de pauvreté, d'inégalités et de préjugés. Une histoire à corriger pour mettre fin à ce scandale ».

Toujours selon le porte-parole du Collectif, la stratégie du gouvernement semble être de rendre les mesures d'aide sociale tellement peu intéressantes que cela forcera le retour au travail. Or, selon lui, l'histoire démontre bien qu'à l'inverse, c'est en leur offrant davantage de moyens que cette tranche de la population risque le plus de pouvoir se prendre en main et devenir — ou redevenir — autonome. Une situation qui serait donc causée, en partie du moins, par les choix politiques de nos élus, dit-il.

Il s'est dit s'inquiet également des préjugés qui sont véhiculés. On doit s'interroger sur leurs effets ainsi que sur leur origine, a-t-il dit. Selon le Collectif, les préjugés joueraient un rôle important dans la division des classes et l'exclusion de certains groupes ou individus, qui sont l'essence même de la pauvreté et des injustices.

Le Collectif rappelle que seulement 1 % de la population, plus riche, accapare 11 % de tous les revenus au Québec, tandis que les 20 % les plus pauvres n'ont droit qu'à 3,5 % des revenus. Encore une fois, l'histoire démontre que plus le pays est égalitaire, plus cela profite à tout le monde : l'espérance de vie s'en trouve augmentée, la qualité de vie, l'état de santé et l'accès à l'éducation de même.

Pour l'organisme, il apparaît donc clairement qu'il s'agit ici d'une question de choix et de volonté politique. Comment s'y prendre pour changer, alors ? D'après ses propres analyses, le Collectif conclut que le Québec aurait tout avantage à augmenter les revenus, à freiner la baisse des salaires pour la classe moyenne, à assurer un accès universel aux services publics. Il propose enfin de s'attaquer aux mécanismes de concentration de la richesse, mais aussi aux mythes et préjugés qui nous empêchent d'avancer.

Cette rencontre a renforcé la détermination des Madelinots à refuser leur appauvrissement et à réclamer un revenu décent pour tous et toutes.

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La privatisation se poursuit chez BC Hydro

Opposons-nous aux manoeuvres des
libéraux pour payer les riches!


Rassemblement à Kaslo contre la vente de rivières à des producteurs privés d'électricité, le 23 juin 2009,
dans le cadre de la campagne «Sauvons nos rivières » contre la privatisation des ressources publiques et la
destruction de l'environnement.

L'un des crimes perpétrés par le gouvernement néo-libéral Campbell/Clark contre le peuple de la Colombie-Britannique est cette manoeuvre consistant à forcer BC Hydro à s'alimenter en électricité produite de façon privée à des prix bien au-delà de sa valeur. Les grands gagnants de cette manoeuvre pour payer les riches sont les Producteurs d'électricité indépendants (PEI). Le gouvernement libéral de Campbell a imposé cette manoeuvre à BC Hydro en 2002 pratiquement sans aucun débat et avec une opposition au parlement constituée de deux députés seulement. Cette manoeuvre est maintenant défendue par le gouvernement Clark. La manoeuvre libérale, « L'énergie pour notre avenir : un plan pour la Colombie-Britannique » (2002) contient ce qui suit :

1 - Le gouvernement libéral a privatisé la prestation de service de BC Hydro (administration et finances) par sous-traitance à Accenture, un monopole mondial dont le revenu annuel brut global est de 28 milliards $. Accenture est une société issue du monopole de comptabilité Arthur Andersen impliquée dans le scandale d'Enron. Environ 1 000 travailleurs de BC Hydro avaient soit perdu leur emploi ou sont passés à Accenture. En 2012, Accenture a perdu le contrat à un autre monopole et les travailleurs de BC Hydro qui avaient été transférés à Accenture ont perdu leur emploi.

2 - Le gouvernement libéral a empêché BC Hydro de produire toute nouvelle électricité et a restreint ses activités à l'amélioration de barrages existants et possiblement le développement du site C sur la rivière Peace. Toute nouvelle production d'électricité devait être développée par des capitalistes privés et vendue à BC Hydro à contrats à long terme. Cette fraude monumentale a généré une avalanche de spéculateurs demandant des permis pour la production d'électricité sur des centaines de rivières partout dans la province. Ces projets PEI au fil de l'eau ont suscité des plaintes de partout, particulièrement de résidents préoccupés par les ravages écologiques actuels et à venir.


Carte indiquant les projets de génération privés en Colombie-
Britannique. (Cliquer sur l'image pour agrandir)

Les permis se sont vendus pour les modiques sommes de 5 000 $ et 10 000 $, permettant ainsi de céder les rivières de la Colombie-Britannique aux capitalistes privés pour une pitance, alors que ces derniers obtenaient des contrats à long terme avec BC Hydro à prix très élevés. Un contrat PEI moyen prévoit la vente d'électricité à BC Hydro à 124 $ le mégawattheure(MWH), à comparer avec le prix de vente de BC Hydro aujourd'hui de 40 $ le MWH à des industries majeures, des papeteries et des mines. BC Hydro doit ainsi palier à son énorme manque-à-gagner en haussant ses prix aux utilisateurs individuels et en ayant recours aux subventions gouvernementales. Alors que jadis l'entreprise publique était un contributeur positif au trésor public tout en fournissant de l'électricité à des taux parmi les plus bas au monde, BC Hydro aujourd'hui est en train d'être transformé en une source de pillage pour les intérêts privés et en un poids sur le trésor public tandis que les individus et les petites entreprises doivent payer leur électricité de plus en plus cher.

3 - La manoeuvre du gouvernement libéral permet l'électricité produite au charbon.

4 - BC Hydro a dû se plier aux règlements du marché des États-Unis qui donnent aux exportateurs privés accès aux lignes de transmission de BC Hydro pour leur gain personnel.

5 - BC Hydro a dû aussi séparer son système de transmission de son système de génération, ce qui s'est traduit par un fiasco financier de 250 millions de dollars. Le gouvernement libéral a reconnu qu'il s'agissait d'un désastre et a restauré la situation en 2010 avec la Loi sur l'énergie propre.

6 - Le gouvernement libéral a éliminé le gel des taux d'électricité du gouvernement néo-démocrate et a permis aux producteurs privés de vendre directement aux industries.

7 - Même après avoir déboursé des prix exorbitants pour l'électricité PEI, l'entreprise publique qu'est BC Hydro ne bénéficie d'aucun nouvel actif.

8 - Les prix élevés garantis par le gouvernement libéral pour l'électricité contractuelle PEI accordent aux compagnies privées la latitude voulue pour emprunter les sommes nécessaires aux projets. Cette garantie permet aux grandes banques de prêter de l'argent aux intérêts privés à des taux d'intérêts supérieurs à ceux des prêts directs liés au gouvernement ou à BC Hydro. En ce sens, la bourse publique a été dégarnie encore une fois par les intérêts privés. Au cours des années 60 et 70, lorsque le BC Hydro a construit ses principaux barrages, le gouvernement a réussi à contracter des emprunts sur le marché financier à des taux triple A, beaucoup plus bas que ce qui aurait pu être exigé par des producteurs d'électricité privés. Il est à se demander pourquoi les gouvernements canadiens, possédant un tel potentiel de richesse dans les immenses ressources naturelles et dans une classe ouvrière qualifiée, cherchent même à emprunter des financiers privés ou à avoir recours à la sous-traitance de compagnies privées pour des projets publics.

9 - Comme prévu, les capitalistes PEI qui avaient participé au klondike de la production d'électricité au fil de l'eau ont en un clin d'oeil transformé leurs investissements en d'énormes coups d'argent au profit de monopoles géants comme General Electric et d'autres qui sont devenus les joueurs dominants.

Le peuple de la Colombie-Britannique doit répondre d'une seule voix : Arrêtez de payer les riches! Faisons échec au régime néolibéral de Clark le 14 mai!


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