|
Numéro 69 - 26
avril
2013
À la défense de
notre
droit d'être
Tous à la manifestation du
27
avril – Pour le retrait immédiat des
changements à
l'assurance-emploi
|

Grande
manifestation nationale
Chez nous c'est non
au saccage de
l'assurance-emploi!
Montréal,
le
samedi 27 avril 2013
Deux départs, un point
d’arrivée
• Départ des gens de
Montréal et de la
région
métropolitaine
Place du Canada, Peel et
René Lévesque
13
h 15
• Départ des gens des
autres régions du
Québec
Parc Lafontaine, Rachel et
Papineau
13
h
• Point d’arrivée: Place
des Festivals, Sainte-Catherine
Ouest
et Jeanne-Mance
Tous sont priés d’arriver
au point de départ vers
midi
Organisée par la
Coalition
québécoise
contre la réforme de
l'assurance-emploi
Information: nonausaccage.com |
|
|
À
la défense de notre
droit d'être
• Tous à la
manifestation du 27 avril –
Pour le retrait immédiat des changements
à
l'assurance-emploi
Le
logement
est un
droit!
• Journée des
locataires: manifestation
à Montréal contre les hausses de
loyer - Serge
Lachapelle
• Les activistes du FRAPRU
demandent la
construction de nouveaux logements sociaux
Un revenu
décent pour tous et toutes!
• Les Madelinots refusent
leur appauvrissement
et se préparent pour la manifestation du
27 avril
La
privatisation se
poursuit chez BC Hydro
• Opposons-nous aux
manoeuvres des
libéraux pour payer les riches!
- Charles Boylan
À la défense de
notre droit
d'être
Tous à la manifestation du 27 avril —
Pour le
retrait immédiat des changements à
l'assurance-emploi
Le 27 avril, des gens de partout au
Québec
convergent vers Montréal
pour une journée d'action contre les
changements antisociaux que
le
gouvernement a faits au régime de
l'assurance-emploi. Les
autobus
quittent les régions au matin pour
être à
Montréal à midi. Des
contingents de travailleurs
de Montréal et de la Rive-Sud vont y
être et des
associations
étudiantes ont annoncé que les
étudiants y seront
en grand nombre. Des
travailleurs de l'Ontario
y seront eux aussi, mobilisés par la
section locale 1005 du
Syndicat
des Métallos représentant les
travailleurs de US Steel
à Hamilton. Les
manifestants
se rassemblent en deux points différents et
les deux marches
débutent à
13 heures 15 et convergent vers la Place
des Festivals
où se tient un
spectacle de solidarité avec des artistes
connus. À
12 heures 30, des
porte-parole de la Coalition
québécoise contre la
réforme de
l'assurance-emploi
tiennent un point de presse à la Place Guy
Favreau qui abrite
les
bureaux de Service Canada et il sera suivi d'un
événement impromptu à
13 heures.
Pendant ce temps, les actions contre cette
réforme
régressive n'ont
pas cessé. Le 19 avril, il y a eu une
manifestation
à
Saint-Jean-de-Matha dans la
région de Lanaudière où les
participants ont
dénoncé le fait qu'au fil
des années le nombre de chômeurs
admissibles à
l'assurance-emploi n'a cessé de baisser et
que la situation
va encore empirer
avec les changements. La même
journée, une manifestation
s'est tenue à
Bridgewater en
Nouvelle-Écosse où les travailleurs
ont dit qu'avec les
nouveaux
critères tels l'obligation de voyager
jusqu'à 100
kilomètres pour un
nouvel emploi ou d'accepter
un emploi à 70 % du salaire de
l'emploi
précédent, la pression pour
s'exiler de la région va encore augmenter
et les travailleurs
s'opposent fermement
à se faire déraciner.
Pendant
ce temps
également, le gouvernement Harper pousse
les
enquêteurs de l'AE à faire tout ce
qu'ils peuvent pour
couper les
prestations d'assurance-emploi. On a
rapporté qu'un travailleur
s'est
fait couper ses prestations parce qu'il
n'était pas à la
maison lorsque
le bureau d'assurance-emploi lui a
téléphoné
deux fois dans la même journée. Un
autre travailleur en
chômage s'est
fait dire qu'il n'était pas admissible
à
l'assurance-emploi parce qu'il
était impliqué dans
un programme de formation et donc l'AE
considère qu'il
n'était pas en
train de chercher un emploi convenable. Le pire
exemple est celui des
travailleurs de
l'usine Fruits de Mer de l'est du Québec
à Matane qui se
sont fait
couper leurs prestations d'assurance-emploi et
sont forcés de
rembourser deux ans de
prestations parce que les enquêteurs de l'AE
ont
décidé que leur
programme de travail partagé qu'ils ont
depuis 17 ans et
qui a été
autorisé par le bureau
régional de l'AE est supposément
illégal.
Près de 50 de ces
travailleurs ont immédiatement perdu leur
emploi et cela dans
une
région déjà affectée
par un
chômage élevé, la destruction
du secteur
manufacturier et un haut taux
de pauvreté. Est-ce que les
enquêteurs de
l'assurance-emploi vont
maintenant faire la
chasse à tous les arrangements de travail
partagé que les
travailleurs
avaient avec les bureaux de l'assurance-emploi
dans les
régions ? Déjà
les travailleurs
disent que la chasse aux chômeurs est
ouverte. Est-ce que c'est
cela
que le gouvernement Harper voulait dire quand il a
parlé de
simples
« clarifications » aux
règlements
déjà existants ?
Les travailleurs disent Non à ces
changements,
Non à leur
déracinement là où les
monopoles pensent faire un
coup de fortune, Non
à l'augmentation du
chômage et à l'abaissement de toutes
les conditions de vie
et de
travail ! Nous disons Oui à une
économie qui nous
permet de travailler
et de nous bâtir
une vie pour nous et nos communautés pour
le
bénéfice de tous !
Défendons notre droit d'être !
Tous à la
manifestation du
27 avril !

Le logement est un droit!
Journée des locataires: manifestation
à
Montréal contre les hausses de loyer
- Serge Lachapelle -
À
l'occasion de la
Journée des locataires le 24 avril,
près de 300
personnes se sont donné rendez-vous au
métro
Préfontaine, situé au coeur du
quartier
Hochelaga-Maisonneuve. Ce n'est pas un hasard que
l'on ait choisi ce
quartier rebaptisé HoMa par les
spéculateurs et qui est
devenu la nouvelle victime de la
gentrification qui se manifeste par une hausse
vertigineuse des loyers.
Les manifestants ont emprunté la promenade
Ontario pour se
rendre à la Place Valois,
symbole de cette gentrification qui pousse les
familles
ouvrières hors du quartier. Les
résidents nombreux en
cette belle journée de printemps sont venus
donner
leur appui aux manifestants et s'entretenir avec
eux pendant qu'ils
installaient des camps de fortune pour
dénoncer l'effet de cette
gentrification sur les loyers.
Un slogan inscrit sur une pancarte résumait
l'effort que
mènent depuis des années les
activistes oeuvrant pour le
droit au logement soit : Le droit de se
loger passe avant le droit de
propriété !
Le Regroupement des comités logements et
associations de locataires du Québec
(RCLALQ), organisateur de
l'événement, a tenu à
rappeler que les loyers
ont augmenté de 33 % dans la
dernière
décennie. Ces fortes hausses de loyer
s'expliquent en partie par
la prolifération des condos et la
spéculation qui
font gonfler le prix des propriétés.
Cela a pour effet
d'augmenter les taxes municipales de toutes les
propriétés d'un même quartier
faisant ainsi
pression sur
le coût des loyers et chassant les
ménages les plus
pauvres vers la périphérie. Selon
les chiffres les plus
récents de la Société
d'habitation du
Québec,
245 755 ménages locataires
doivent consacrer de 30
à 50 % de leur revenu pour se loger et
203 080 autres
ménages locataires en
consacrent plus de 50 %.
Le RCLALQ
demande au gouvernement
de réglementer le marché locatif
privé pour mettre
un frein aux hausses de loyer et maintenir les
populations en
place dans leur quartier. « Une
augmentation de loyer de
10 $, 20 $ ou 30 $
représente autant d'argent qui
ne pourra être consacré
dans le budget mensuel à la nourriture, aux
vêtements ou
aux loisirs » a précisé
France Emond,
porte-parole de l'organisation.
Le RCLALQ a également
témoigné des
difficultés auxquelles font face les
locataires lors du
renouvellement des baux : les locataires
doivent
absolument refuser par écrit une hausse de
loyer alors qu'ils ne
disposent pas de l'information nécessaire
pour statuer sur une
augmentation ; plusieurs
acceptent la hausse par crainte de
représailles du
propriétaire ; enfin, une
majorité ignore tout
simplement la loi et croit que refuser une hausse
de loyer
implique de déménager. Selon le
RCLALQ, les
propriétaires en profitent pour s'enrichir
sur le dos des mal
logés. Il appartient au gouvernement de
réglementer
le marché privé afin d'éviter
ces situations. Il
suffirait de rendre obligatoires et universels les
mécanismes de
contrôle des loyers déjà en
place, soutient France
Emond. En attendant, le RCLALQ demande de geler
les loyers pour mettre
fin aux hausses abusives.
Le logement est un droit !
Exigeons des mesures concrètes pour sa
pleine
réalisation !

Les activistes du FRAPRU demandent
la construction de nouveaux logements sociaux
Le matin du 16 avril, une cinquantaine
d'activistes
du Front d'action populaire en
réaménagement urbain
(FRAPRU) se sont donné rendez-vous devant
l'ancienne gare Viger, dans l'arrondissement
Ville-Marie pour protester
contre la détérioration des
conditions de logement des
locataires de Montréal au cours
de la dernière décennie et demander
la construction de
nouveaux logements sociaux. Ils ne pouvaient
choisir un meilleur
symbole de la crise actuelle du logement
que la gare Viger, qui a été vendue
en
2006 14 millions $ de moins que sa
valeur marchande par
la Ville de Montréal à des
spéculateurs
immobiliers et ce, pour y construire des condos.
Le FRAPRU estime que pour résoudre la
crise du
logement à Montréal, il faudrait
construire 23 000
nouveaux logements sociaux. Malheureusement,
la Ville de Montréal refuse de
répondre à cette
demande légitime qui recueille de plus en
plus d'appui. Quant
aux gouvernements fédéral et
provincial, ils
demeurent silencieux considérant que le
marché
privé va résoudre magiquement la
crise du logement.
La Société d'habitation et de
développement de Montréal avoue dans
son dernier rapport
annuel avoir changé sa mission. Alors
qu'elle était
auparavant vouée
à fournir des logements aux ménages
à faibles et
modestes revenus de Montréal, elle se
consacre maintenant
davantage à la construction et à la
vente de condos
subventionnés. À ce propos,
mentionnons qu'il se
construit plus de condos que de logements locatifs
à
Montréal et cette tendance prend de
l'ampleur. Si en 2002,
il y avait 2,7 fois plus de condos mis en
chantier que de
logements locatifs, il y en avait presque dix fois
plus en 2012, soit
6306 contre 650
logements locatifs. En installant une
bannière sur la
façade de l'ancienne
propriété municipale,
toujours barricadée, les manifestants ont
justement
dénoncé le
laissez-faire de l'administration sortante en
matière de droit
au logement et ont réclamé des
engagements clairs de la
part des candidates et des candidats —
connus et à venir — qui briguent la mairie.
Dans une brochure produite par les comités
logement, intitulée
« Montréal :
marchandise ou milieu de vie ? »,
également
lancée
le 16 avril, on fait le tour des
problèmes de logement qui
affligent les ménages locataires
montréalais :
spéculation immobilière et hausses
abusives
de loyer ; construction
frénétique de condos, mais
manque criant de logements sociaux et manque de
sites pour en
construire davantage ; absence
quasi complète de nouveaux logements
locatifs, itinérance
en croissance, surtout chez les femmes ;
conversions
illégales de logements actuels en
condos ; surpeuplement, insalubrité et
« taudification » des
logements, mais aussi
négligence chronique de la Ville à
faire respecter son
code
du logement ; etc. La brochure
démontre, chiffres à
l'appui, combien tous ces problèmes se sont
aggravés sous
la gouverne de l'administration sortante.
La porte-parole du regroupement et des
comités
logement, Marie-Josée Corriveau, a
rappelé qu'entre
2001 et 2012, le loyer moyen des locataires a
augmenté de 189 $ par mois à
Montréal et de
243 $, dans le cas des logements de trois
chambres à
coucher et plus. Selon la porte-parole,
« les familles, qui semblent pourtant
au coeur des
préoccupations de la classe politique
montréalaise, ne
trouvent tout simplement plus à se loger,
sinon
que dans les coopératives d'habitation.
Mais celles-ci peinent
à sortir de terre tellement les terrains
sont devenus
chers », ajoute la porte-parole.
Selon les différents comités
logement,
toutes les réponses à ces
problèmes n'ont pas
à venir de Montréal uniquement,
mais, selon eux, la Ville
pourrait
contribuer mieux et davantage à la
protection des locataires et
des logements existants. « Avec ses
programmes, comme
Accès Condos, et en soutenant
la construction de condos, la Ville a choisi
d'aider des gens qui
peuvent accéder à la
propriété
privée ; mais ce n'est pas le cas de
la majorité de
la
population de Montréal qui est toujours en
grande partie
locataire et à très modeste
revenu », a
affirmé Nathalie Rech, de Projet
Genèse, un des
organismes
ayant contribué à la
rédaction de la brochure.
« La situation est critique pour les
locataires à
faible et à modeste revenu ; il faut
changer de cap
pour protéger les logements actuels et
faciliter, par l'achat et
la réservation de terrains et de
bâtisses, la construction
de nouveaux logements sociaux. Montréal
doit mieux défendre sa population
auprès des
gouvernements », a-t-elle
insisté.
D'ici le 3 novembre 2013, les comités
logement du FRAPRU comptent bien talonner les
aspirants à la
mairie de Montréal, jusqu'à ce que
des
engagements satisfaisants soient pris. Des
interventions et des actions
sont déjà prévues ce
printemps et tout au long de
l'automne.

Un revenu décent pour tous
et
toutes!
Les Madelinots refusent leur appauvrissement et
se
préparent pour la manifestation du 27 avril
Manifestation
de
plus de 4 000 personnes aux
Îles-de-la-Madeleine contre la
réforme de l'assurance-emploi le 13
janvier
Les Madelinots, qui se préparent à
participer en grand nombre à la
manifestation
montréalaise du 27 avril contre le
saccage de
l'assurance-emploi,
ont réservé un accueil chaleureux
à Serge
Petitclerc, porte-parole du Collectif pour un
Québec sans
pauvreté, le mardi 16 avril. Depuis
l'automne 2012,
le Collectif a entrepris une tournée
d'échanges et
d'information sur l'état de la
pauvreté au Québec
sous le thème : Un scandale qu'on ne
peut plus ignorer.
Le Collectif, qui a fait le tour du Québec,
a constaté
que la population refuse son appauvrissement
qu'elle voit comme une
grave violation de ses droits, dont
le droit de se nourrir, se vêtir, se loger
et s'éduquer.
Au Québec, on estime que près de
750 000
personnes vivent dans un état de grande
pauvreté, soit
près de 1 Québécois sur
10.
Stéphanie Arseneau-Bussières, du
comité Action pauvreté et inclusion
sociale des
Îles de la Madeleine, a expliqué que
c'était un
défi pour l'organisme de
profiter de la tournée pour répondre
à son
objectif de sensibiliser la population quant aux
différentes
facettes de la pauvreté, mais aussi des
préjugés
qui
l'accompagnent trop souvent.
La forte participation à la rencontre
ainsi que
les nombreux échanges ont traduit la
préoccupation des
Madelinots face au saccage de l'assurance-emploi,
ainsi qu'aux coupures à l'aide sociale qui
signifient leur
appauvrissement. Stéphanie a rappelé
qu'en
décembre dernier, on comptait 2 470
prestataires aux
Îles, soit 40 % de la population
active. Elle a
ajouté que le comité s'attend
à ce que 35 %
d'entre eux se retrouvent sans aucun revenu d'ici
la fin
avril, tandis que ce taux grimpera à
50 % à la fin
du mois de mai, c'est-à-dire jusqu'à
ce que s'amorce la
saison touristique.
Pour sa part, Serge Petitclerc a indiqué
que la
mesure du panier de consommation est un bon indice
du montant que doit
débourser un individu pour ses
besoins de base. Au Québec, pour une
personne seule, la mesure
du panier de consommation (MPC) est établie
à environ
16 000 $ par année. À
titre de référence, une personne sur
l'aide sociale
reçoit tout juste la moitié de ce
montant.
S'entame alors une sorte de cercle vicieux :
dans
de telles conditions, l'état physique de la
personne peut se
dégrader, son état mental aussi. Il
lui
devient plus difficile de trouver un emploi, voire
d'imprimer un
curriculum vitae ou d'aller le porter chez un
employeur, faute de
moyens financiers.

Mais ce scandale, souligne-t-il,
« cache une
histoire remplie d'injustices. Une histoire
où les riches sont
de plus en plus riches, où la classe
moyenne
s'érode petit à petit et où
les plus pauvres
demeurent pauvres. Une histoire où,
malgré une croissance
économique presque continue, les
inégalités
socioéconomiques augmentent et la richesse,
elle, se concentre
davantage dans les mains de quelques-uns. Une
histoire où les
travailleurs et travailleuses
occupent de plus en plus d'emplois
précaires, à temps
partiel et atypiques pour gagner toujours moins et
où certains
ménages, comme les personnes seules et
les couples sans enfants, sont laissés de
côté pour
des motifs insensés. Bref, une histoire de
pauvreté,
d'inégalités et de
préjugés. Une histoire
à corriger pour
mettre fin à ce scandale ».
Toujours selon le porte-parole du Collectif, la
stratégie du gouvernement semble être
de rendre les
mesures d'aide sociale tellement peu
intéressantes que
cela forcera le retour au travail. Or, selon lui,
l'histoire
démontre bien qu'à l'inverse, c'est
en leur offrant
davantage de moyens que cette tranche de la
population
risque le plus de pouvoir se prendre en main et
devenir — ou redevenir
— autonome. Une situation qui serait donc
causée, en partie du
moins, par les choix
politiques de nos élus, dit-il.
Il s'est dit s'inquiet également des
préjugés qui sont
véhiculés. On doit
s'interroger sur leurs effets ainsi que sur leur
origine, a-t-il dit.
Selon le Collectif,
les préjugés joueraient un
rôle important dans la
division des classes et l'exclusion de certains
groupes ou individus,
qui sont l'essence même de la
pauvreté
et des injustices.
Le Collectif rappelle que seulement 1 % de
la
population, plus riche, accapare 11 % de tous
les revenus au
Québec, tandis que les 20 %
les plus pauvres n'ont droit qu'à
3,5 % des revenus. Encore
une fois, l'histoire démontre que plus le
pays est
égalitaire, plus cela profite à tout
le
monde : l'espérance de vie s'en trouve
augmentée, la
qualité de vie, l'état de
santé et l'accès
à l'éducation de même.
Pour l'organisme, il apparaît donc
clairement
qu'il s'agit ici d'une question de choix et de
volonté
politique. Comment s'y prendre pour changer,
alors ?
D'après ses propres analyses, le Collectif
conclut que le
Québec aurait tout avantage à
augmenter les revenus,
à freiner la baisse des salaires pour la
classe
moyenne, à assurer un accès
universel aux services
publics. Il propose enfin de s'attaquer aux
mécanismes de
concentration de la richesse, mais aussi aux
mythes
et préjugés qui nous empêchent
d'avancer.
Cette rencontre a renforcé la
détermination des Madelinots à
refuser leur
appauvrissement et à réclamer un
revenu décent
pour tous et toutes.

La privatisation se poursuit chez
BC Hydro
Opposons-nous aux manoeuvres des
libéraux pour payer les riches!
- Charles Boylan -
Rassemblement
à
Kaslo contre la vente de rivières
à des producteurs
privés d'électricité, le 23
juin 2009,
dans le cadre de la campagne «Sauvons nos
rivières »
contre la privatisation des ressources publiques
et la
destruction de l'environnement.
L'un des crimes perpétrés par le
gouvernement néo-libéral
Campbell/Clark contre le peuple de la
Colombie-Britannique est cette
manoeuvre consistant à
forcer BC Hydro à s'alimenter en
électricité
produite de façon privée à
des prix bien au-delà de sa valeur. Les
grands gagnants de cette
manoeuvre pour payer
les riches sont les Producteurs
d'électricité
indépendants (PEI). Le
gouvernement libéral de Campbell a
imposé cette manoeuvre
à BC Hydro en
2002
pratiquement sans aucun débat et avec une
opposition au
parlement
constituée de deux députés
seulement. Cette
manoeuvre est maintenant
défendue par le
gouvernement Clark. La manoeuvre libérale,
« L'énergie pour
notre avenir
: un plan pour la Colombie-Britannique »
(2002) contient ce qui suit :
1 - Le gouvernement libéral a
privatisé la
prestation de service de
BC Hydro (administration et finances) par
sous-traitance à
Accenture,
un monopole
mondial dont le revenu annuel brut global est de
28 milliards $.
Accenture est une société issue du
monopole de
comptabilité Arthur
Andersen impliquée dans
le scandale d'Enron. Environ 1 000 travailleurs de
BC Hydro avaient
soit perdu leur emploi ou sont passés
à Accenture. En
2012, Accenture a
perdu le contrat
à un autre monopole et les travailleurs de
BC Hydro qui avaient
été
transférés à Accenture ont
perdu leur emploi.
2 - Le gouvernement libéral a
empêché BC Hydro de produire toute
nouvelle électricité et a restreint
ses activités
à l'amélioration de
barrages existants et
possiblement le développement du site C sur
la rivière
Peace. Toute
nouvelle production d'électricité
devait être
développée par des
capitalistes privés et vendue
à BC Hydro à contrats à long
terme. Cette fraude
monumentale a généré
une avalanche de spéculateurs demandant des
permis pour la
production
d'électricité
sur des centaines de rivières partout dans
la province. Ces
projets PEI
au fil de l'eau ont suscité des plaintes de
partout,
particulièrement
de résidents préoccupés
par les ravages écologiques actuels et
à venir.

Carte
indiquant
les projets de génération
privés en Colombie-
Britannique. (Cliquer sur l'image pour
agrandir)
|
Les permis se sont vendus pour les modiques
sommes de 5
000 $ et 10
000 $, permettant ainsi de céder les
rivières de la
Colombie-Britannique
aux
capitalistes privés pour une pitance, alors
que ces derniers
obtenaient
des contrats à long terme avec BC Hydro
à prix
très élevés. Un contrat
PEI moyen prévoit
la vente d'électricité à BC
Hydro à 124 $ le
mégawattheure(MWH), à
comparer avec le prix de vente de BC Hydro
aujourd'hui de 40 $ le MWH
à
des industries
majeures, des papeteries et des mines. BC Hydro
doit ainsi palier
à son
énorme manque-à-gagner en haussant
ses prix aux utilisateurs individuels
et en ayant
recours aux subventions gouvernementales. Alors
que jadis l'entreprise
publique était
un contributeur positif au trésor public
tout en fournissant de
l'électricité à des taux
parmi les plus bas au
monde, BC Hydro
aujourd'hui est en train d'être
transformé en une source de pillage pour
les
intérêts privés et en un
poids sur le trésor public tandis que les
individus et les
petites
entreprises doivent payer
leur électricité de plus en plus
cher.
3 - La manoeuvre du gouvernement libéral
permet
l'électricité produite au charbon.
4 - BC Hydro a dû se plier aux
règlements
du marché des États-Unis
qui donnent aux exportateurs privés
accès aux lignes de
transmission de
BC Hydro
pour leur gain personnel.
5 - BC Hydro a dû aussi séparer son
système de transmission de son
système de génération, ce qui
s'est traduit par un
fiasco financier de
250 millions de
dollars. Le gouvernement libéral a reconnu
qu'il s'agissait d'un
désastre et a restauré la situation
en 2010 avec la Loi
sur
l'énergie propre.
6 - Le gouvernement libéral a
éliminé le gel des taux
d'électricité du gouvernement
néo-démocrate
et a permis aux producteurs
privés de vendre
directement aux industries.
7 - Même après avoir
déboursé
des prix exorbitants pour
l'électricité PEI, l'entreprise
publique qu'est BC Hydro
ne bénéficie
d'aucun nouvel actif.
8 - Les prix élevés garantis par le
gouvernement libéral pour
l'électricité contractuelle PEI
accordent aux compagnies
privées la
latitude voulue pour
emprunter les sommes nécessaires aux
projets. Cette garantie
permet aux
grandes banques de prêter de l'argent aux
intérêts
privés à des taux
d'intérêts supérieurs
à ceux des prêts directs liés
au gouvernement ou
à BC Hydro. En ce
sens, la bourse publique a été
dégarnie encore une
fois par les
intérêts privés. Au cours
des années 60 et 70, lorsque le BC Hydro a
construit ses
principaux
barrages, le gouvernement a réussi à
contracter des
emprunts sur le
marché financier à des
taux triple A, beaucoup plus bas que ce qui aurait
pu être
exigé par
des producteurs d'électricité
privés. Il est
à se demander pourquoi les
gouvernements
canadiens, possédant un tel potentiel de
richesse dans les
immenses
ressources naturelles et dans une classe
ouvrière
qualifiée, cherchent
même à emprunter
des financiers privés ou à avoir
recours à la
sous-traitance de
compagnies privées pour des projets
publics.
9 - Comme prévu, les capitalistes PEI qui
avaient
participé au
klondike de la production
d'électricité au fil de l'eau
ont en un clin
d'oeil transformé leurs
investissements en d'énormes coups d'argent
au profit de
monopoles
géants comme General Electric et d'autres
qui sont devenus les
joueurs
dominants.
Le peuple de la Colombie-Britannique doit
répondre d'une seule voix
: Arrêtez de payer les riches! Faisons
échec au
régime néolibéral de
Clark le 14
mai!

Lisez Le
Marxiste-Léniniste
Site web: www.pccml.ca
Courriel: redaction@cpcml.ca
|