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Numéro 65 - 22
avril
2013
Des travailleurs de Matane
forcés de rembourser
leurs prestations d'assurance-emploi
Le gouvernement Harper nous
plonge encore
plus dans l'anarchie et le chaos
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Grande
manifestation nationale
Chez nous c'est non
au saccage de
l'assurance-emploi!
Montréal,
le samedi
27
avril
2013
Deux départs, un point
d’arrivée
• Départ des gens de
Montréal et de la
région
métropolitaine
Place du Canada, Peel et
René Lévesque
13
h 15
• Départ des gens des
autres régions du
Québec
Parc Lafontaine, Rachel et
Papineau
13
h
• Point d’arrivée: Place
des Festivals, Sainte-Catherine
Ouest
et Jeanne-Mance
Tous sont priés d’arriver
au point de départ vers
midi
Organisée par la
Coalition
québécoise
contre la réforme de
l'assurance-emploi
Information: nonausaccage.com |
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Des
travailleurs
de
Matane forcés de rembourser
leurs prestations d'assurance-emploi
• Le gouvernement Harper
nous plonge encore
plus dans l'anarchie et le chaos -
Pierre Chénier -
• La CSN conteste cette
intimidation
économique - Entrevue avec
André Cloutier,
conseiller
syndical à la Fédération du
commerce de la CSN
Le
réglement
P-6 doit être retiré
• L'opposition prend de
l'ampleur
Pour affirmer
les
droits des Premières Nations
• Manifestation à
Thunder Bay contre les
consultations frauduleuses du gouvernement
Harper sur le projet de Loi sur
l'éducation des
Premières Nations
Des travailleurs de Matane
forcés
de rembourser
leurs prestations d'assurance-emploi
Le gouvernement Harper nous plonge encore
plus dans l'anarchie et le chaos
- Pierre Chénier -
Les médias ont rapporté la semaine
dernière que les 80 travailleurs de l'usine
Fruits de mer de
l'Est du Québec à Matane vont perdre
leurs prestations
d'assurance-emploi et seront forcés de
rembourser les
prestations qu'ils ont supposément
reçues « en
trop » depuis deux ans. Cela fait
17 ans que ces travailleurs ont un
arrangement d'alternance
travail-chômage avec l'assurance-emploi en
vertu duquel ils
travaillent 7 jours pendant
une semaine et touchent de l'assurance-emploi la
semaine suivante. Ce
genre d'entente de travail partagé existe
aussi dans les
secteurs saisonniers dans plusieurs
endroits au Québec et au Canada. Cet
arrangement répartit
les heures de travail sur un plus grand nombre de
travailleurs qui se
trouvent à faire moins d'heures
chacun dans l'ensemble et reçoivent de
l'assurance-emploi qui
compense partiellement pour le salaire manquant.
Si on prend l'exemple
des travailleurs de Matane,
plutôt que d'avoir 40 travailleurs qui
travaillent à temps
plein, l'usine embauche 80 travailleurs qui
travaillent en rotation et
touchent de l'assurance-emploi.
Selon les médias et le syndicat qui
représente les travailleurs de Matane, les
enquêteurs de
l'assurance-emploi ont enquêté sur
cette situation
à la fin de 2012.
Ils ont déclaré en mars que cet
arrangement est
illégal et que les travailleurs doivent
rembourser les montants
qu'ils ont reçus « en
trop » depuis
deux ans, des montants qui se chiffrent entre
2000 $ et
14 000 $ selon le syndicat. En plus, 40
des 80 travailleurs
devraient perdre leur emploi
et ne seront probablement pas admissibles à
l'assurance-emploi.
Le syndicat a annoncé qu'il va contester
cette décision
devant les instances d'appel du programme
de l'assurance-emploi.
Des députés de l'opposition
à
Ottawa ont demandé au gouvernement comment
c'est possible que
des travailleurs vont perdre leurs prestations et
même les
rembourser alors que cela fait 17 ans qu'ils
travaillent selon cet
arrangement d'alternance travail-chômage. La
ministre
anti-Ressources humaines Diane
Finley a répondu que si les travailleurs
ont des plaintes ils
n'ont qu'à faire appel devant les distances
d'appel du
programme. Elle a ajouté qu'une
enquête sérieuse
est en cours et que de fausses déclarations
semblent avoir
été faites dans cette affaire.
C'est plus que probable que cette décision
fait
partie de l'application des changements
régressifs à
l'assurance-emploi que le gouvernement Harper a
faits.
Selon le syndicat des travailleurs de Matane,
l'enquêteur de l'AE
lui a dit que cet arrangement vieux de 17 ans
est illégal
bien qu'il ait été autorisé
par les
autorités de l'assurance-emploi et
appliqué à
l'usine pendant 17 ans. Est-ce que la
ministre Finley est en train
de dire qu'il y eu fraude dans ce dossier
dans le but de faire peur aux travailleurs et
pouvoir éliminer
ce type d'arrangements partout sans rencontrer
d'opposition ?
Le
Marxiste-Léniniste a parlé
à des activistes
qui sont engagés dans la défense des
droits des
chômeurs sur une base quotidienne. Ils
disent
que cela fait des années que des
arrangements comme
celui-là ont été
instaurés et qu'ils
existent encore. Cela n'empêche pas le
gouvernement Harper de
déclarer,
en utilisant ses pouvoirs de prérogative,
que les travailleurs
ont été dans
l'illégalité pendant toutes
ces années et d'utiliser le cas des
travailleurs de Matane comme
un exemple de son diktat que ce type d'entente
doit disparaître
à jamais.
Pendant ce temps, les travailleurs qui
étaient
couverts par ces arrangements à Matane ou
ailleurs vont
vraisemblablement perdre leur emploi parce que
leurs
employeurs ne les auraient pas gardés
à l'ouvrage s'il
n'y avait pas eu l'intervention de
l'assurance-emploi. Tout cela va
abaisser encore plus les conditions de
vie et de travail de tous et endommager encore
plus les
économies locales.
Cela
nous montre encore une
fois qu'une
société qui est dirigée par
les pouvoirs de
prérogative comme c'est le cas actuellement
s'enfonce toujours
plus dans
l'arbitraire, l'anarchie et le chaos. Le
gouvernement Harper nous dit
très ouvertement que son argument à
l'effet que cela
prend des règlements pour qu'une loi
prenne forme et puisse être appliquée
ne veut rien dire
parce qu'il a le pouvoir de changer à sa
guise quelque
règle que ce soit, écrite ou non, et
le pouvoir
de déclarer que les
bénéficiaires de
l'assurance-emploi et le personnel de l'AE qui les
déclare
admissibles aux prestations sont des fraudeurs.
On voit très bien que le gouvernement
Harper ne
va reculer devant rien pour utiliser tous les
moyens pour nier aux gens
leurs prestations d'assurance-emploi.
Il laisse les travailleurs à
eux-mêmes et les force
à rejoindre l'armée des
chômeurs afin d'abaisser
toutes les conditions de vie et de travail et de
s'ajouter à la
masse de main-d'oeuvre disponible pour être
déracinée au gré des
monopoles. En plus
de cela, ces attaques sont faites contre les
travailleurs les plus
vulnérables dans les régions
où les industries ont
déjà été
décimées et
où il y a très peu d'industries
manufacturières
encore debout !
Il n'y a pas d'autre façon de limiter ce
pouvoir
arbitraire que d'intensifier notre
résistance et de travailler
à bâtir un pouvoir qui va priver la
dictature Harper
du pouvoir de tout détruire sur son
passage. Ce pouvoir, nous
allons le bâtir sur la base du principe
qu'il faut
défendre les droits des travailleurs et les
droits
de tous et renouveler la société sur
des bases nouvelles
afin que cela soit possible.

La CSN conteste cette intimidation
économique
- Entrevue avec André
Cloutier,
conseiller syndical à la
Fédération du commerce de
la Confédération des syndicats
nationaux -
Le
Marxiste-Léniniste : Comment
vois-tu ce qui se passe
à Matane où les travailleurs se font
demander de
rembourser deux ans de
prestations d'assurance-emploi ?
André
Cloutier : En 1996,
suite à des baisses
de volume d'opérations dans l'industrie de
la pêcherie,
il y avait eu une permission
qui avait été accordée par le
bureau
québécois de l'assurance-emploi, une
permission
accordée à l'usine pour la faire
fonctionner sur la base
d'équipes rotatives.
Donc il y avait 4 équipes de travail
jour/soir une semaine
et jour/soir l'autre semaine. On appelait cela le
7-7 : sept jours
de travail, 7 jours
de prestation. Ça fonctionne comme cela
à l'usine depuis
17 ans. En fin 2012, on a eu les
enquêteurs de la
Commission de l'assurance-emploi qui
sont venus nous aviser qu'on était sous
enquête. Les
décisions qui sont sorties en
février-mars, c'est cela
qu'on dénonce ; en plus de nous dire
que cela
n'était pas permis par la loi, ils
réclament aux gens
deux ans rétroactifs. Il n'y a pas eu
d'entente écrite,
mais c'était autorisé et cela a
fonctionné pendant
17 ans.
Pendant 17 ans, du mois d'avril au mois de
décembre les
gens remplissaient leurs cartes, 1 semaine de
travail,
1 semaine de prestations, cela
a toujours été comme cela. Il n'y a
jamais personne qui a
dit que ce n'était pas correct. Ce qu'on
entend c'est qu'il y a
d'autres secteurs qui marchent de cette
façon, par exemple au Nouveau-Brunswick
dans plusieurs milieux
de travail il y a des ententes de la même
nature. Tout
était fait au vu et au su de tout le
monde. Pendant 17 ans ils ont rempli leurs
cartes comme cela.
Cette décision va de pair avec les
modifications
que le gouvernement Harper a fait, les consignes
qu'il a données
à ses agents, de s'occuper de
récupérer
et de resserrer l'application de la loi. Ce qui se
passe à
Matane fait partie de cette nouvelle façon
de faire. Cela ne
veut pas dire que c'est écrit quelque part.
On est dans le domaine de l'arbitraire et je
dirais du mépris
pour les travailleurs.
LML : La CSN va
contester
la décision des enquêteurs.
AC : Oui, on a
fait les
contestations au niveau du conseil arbitral de
l'assurance-emploi. On
pense avoir de bonnes chances.
Il n'y a personne là-dedans qui a
caché quoi que ce soit
ou qui a essayé d'obtenir quelque chose
sous de fausses
représentations.
Le
Conseil arbitral est
valide pour toutes les plaintes
qu'on a enregistrées avant le 1er avril.
Les plaintes qui ont
été déposées
après le 1er avril
tombent sous
le nouveau Tribunal de la sécurité
sociale qui a
été créé par le
gouvernement Harper et qui
est opéré par ses amis.
Présentement on a environ
entre 80-85 plaintes d'enregistrées.
Quand j'ai interpellé l'enquêteur
principal
dans ce dossier, je lui ai dit que s'il nous avait
avertisavant, on
aurait fait quelque chose pour changer la
situation,
mais non seulement ils ne nous ont rien dit, mais
maintenant ils nous
demandent deux ans de paiements
rétroactifs. Je lui ai dit
clairement que tout d'abord nous
ne sommes pas d'accord avec la décision
à l'effet que
cette entente est illégale et nous
contestons aussi les demandes
de remboursement. La réponse qu'il nous
a donnée c'est qu'on a des moyens de faire
valoir nos droits par
la contestation des décisions.
Une chose est certaine: quand ils parlent de
clarifications, ils clarifient à leur
avantage et au
détriment des travailleurs. Des
règles non écrites
qu'ils changent
quand ils veulent.
Les travailleurs sont inquiets parce qu'ils sont
des
travailleurs saisonniers. Pour moi tout cela
ressemble à de
l'intimidation économique
Pendant qu'ils inventent des moyens pour gruger
dans le
peu que les gens possèdent, ils
n'enquêtent pas sur les
paradis fiscaux.

Le réglement P-6 doit
être
retiré
L'opposition prend de l'ampleur
La Ligue des droits et libertés a tenu un
point
de presse vendredi le 19 avril avec ses
alliés sur la question
du règlement municipal P-6.
Elle y a annoncé que plus de cinquante
organisations de défense des droits, de
centrales et
organisations syndicales, d'associations et
fédérations
étudiantes
et de groupes alliés se sont au mouvement
d'opposition au
règlement P-6.
Dans une déclaration commune
diffusée le
même jour, les organisations demandent
l'abrogation
immédiate du règlement municipal P-6
dans son ensemble,
et plus particulièrement des articles 2.1
et 3.2 qui ont
été introduits le 19 mai 2012 ainsi
que l'amendement
apporté à l'article 7 à
pareille date. Les
signataires
de la déclaration considèrent que
ces articles violent
les libertés d'expression, d'association et
de réunion
pacifique.
On se rappellera que l'article 2.1 exige la
divulgation
du lieu exact et de l'itinéraire, le cas
échéant,
de toute assemblée, défilé ou
autre attroupement
au
directeur du service de police ou à
l'officier responsable,
à défaut de quoi l'activité
sera
considérée en violation du
règlement, donnant
ouverture à l'amende
prévue à l'article 7. Cette amende
peut être de
500 $ à 1000 $ pour une première
infraction, puis, selon le
nombre de récidives, s'élever au
total à 3000 $.
Ainsi,
l'amendement apporté à l'article 7,
au même moment
où l'on introduisait les articles 2 et 3.1,
aura permis de
tripler et même quintupler les amendes
prévues
auparavant.
Il faut préciser que, contrairement
à la
fameuse loi 12 (projet de loi 78) qui ne visait
que les organisateurs
et organisatrices et avait été
qualifiée de
liberticide par celui qui est aujourd'hui le
ministre responsable de la
région de Montréal,
Jean-François Lisée, ce
règlement vise l'ensemble des participants,
poursuit la déclaration.
Cela signifie que toute assemblée, aussi
pacifique soit-elle, tombe sous le coup de P-6 si
elle n'a pas fait
l'objet d'une divulgation (quant à son lieu
et son
itinéraire) et, le cas
échéant, d'une autorisation
de la part de la police. Puisqu'on ne
prévoit pas de nombre
minimal de personnes contrairement à la loi
12 (projet
de loi 78) qui en prévoyait 50, une
rencontre de trois personnes
dans un parc pourrait techniquement être
visée par le
règlement.
De plus, le Service de police de la Ville de
Montréal (SPVM) a la discrétion de
forcer le changement
de lieu ou d'itinéraire, pour des motifs de
prévention
des troubles de paix, de la sécurité
et de l'ordre
publics. Ces motifs sont plus larges que le motif
qui était
prévu à la loi 12 qui exigeait
« un risque grave
pour
la sécurité ».
Le Service de police de la Ville de
Montréal
(SPVM) a eu recours à l'article 2.1 lors de
plusieurs
manifestations aux mois de mars et avril. Les
manifestations ont été
réprimées avant
qu'elles ne commencent. Près de 800
personnes ont reçu
des constats d'infractions d'au moins 637 $ sans
avoir commis
de méfaits et sans que ces méfaits
ne soient commis par
qui que ce soit.
L'article 3.2 quant à lui « interdit
à quiconque participe ou est présent
à une
assemblée, un défilé ou un
attroupement sur le
domaine public, d'avoir le visage
couvert sans motif raisonnable, notamment par un
foulard, une cagoule
ou un masque ». Cette disposition,
également
critiquée par le Barreau du Québec,
viole
non seulement le droit à la liberté
d'expression puisque
le déguisement d'un individu peut faire
partie du message
exprimé, mais porte également
atteinte à la
vie privée puisqu'elle interdit aux
personnes qui voudraient
prendre part à l'activité dans
l'anonymat, de le faire,
poursuit la déclaration.
Notons aussi que l'article 3.2 n'exige aucune
intention
malveillante. Par conséquent, une personne
qui n'aurait
nullement l'intention de commettre un acte
répréhensible mais qui, par
ailleurs, désire
préserver son anonymat ou désire
s'exprimer de
façon colorée en se
déguisant, risque d'être
passible des amendes
prévues à l'article 7. Quant au
fameux « motif
raisonnable » invoqué par l'article
3.1, il n'est
aucunement défini et repose sur le bon
vouloir de la police. Or,
tel que la Cour supérieure l'a
déjà dit dans
l'affaire Québec (Ville) c. Tremblay[1],
lorsqu'elle a
déclaré inopposable une disposition
similaire qui
était en vigueur dans la Ville de
Québec :
« [45] Les citoyens ont le droit de savoir
quel
comportement est permis ou défendu et il ne
peut être
question, dans une société libre et
démocratique,
de
laisser à l'appréciation des forces
policières la
détermination de ce qui est acceptable ou
pas. Le pouvoir
discrétionnaire des personnes
chargées de l'application
des lois et règlements doit être
limité et
balisé par des normes législatives
claires et explicites,
c'est là une des exigences de la
règle de droit. »
L'exercice de cette discrétion
policière a
d'ailleurs démontré jusqu'à
quel point elle
pouvait être arbitraire lorsque le SPVM a
non seulement
donné un constat
d'infraction à Anarchopanda, mascotte
pacifique des
manifestations du printemps érable, mais a
également
saisi sa tête comme « pièce
à conviction
».
Vue la répression sans
précédent du
droit de manifester qui est faite sous
l'autorité de P-6, vues
les critiques du Barreau du Québec et
d'autres juristes et
défenseurs des droits de la personne
concernant ce
règlement et son utilisation,
considérant
également que la loi 12 a été
abrogée
dès l'entrée en fonction du
gouvernement Marois, il apparaît totalement
inacceptable que les
dispositions de P-6 soient maintenues. De plus,
tel que constaté
durant l'été 2012, la police
n'a jamais eu recours à P-6 pour mettre fin
à de
nombreuses manifestations pacifiques, telles que
les manifestations de
casserole. Or, chacun sait que le trajet
de ces manifestations spontanées ne pouvait
être connu au
préalable, ce qui démontre que la
police n'a pas besoin
du trajet pour être en mesure d'encadrer des
manifestations pacifiques.
Si l'objectif recherché est d'enrayer la
violence, il existe plusieurs dispositions dans le
Code criminel qui
permettent d'arriver à cette fin, dont une
disposition
interdisant le déguisement dans le but de
commettre un acte
criminel et des dispositions concernant les
attroupements
illégaux, les méfaits et les voies
de faits.
P-6 par contre permet la répression de
manifestations
pacifiques, selon le bon vouloir de la police qui
se voit confier le
pouvoir de déterminer ultimement
comment s'exercera le droit de manifester à
Montréal.
Cette situation n'a pas sa raison d'être
dans notre
société qui se veut libre et
démocratique, conclut
la
déclaration.
Non à
l'impunité policière ! Amnistie
pour tous et toutes !
Note
1. 2005 CanLII 100 QCCS ( Institut
canadien
d'information juridique - Cour supérieure
du Québec)

Pour affirmer les droits des
Premières Nations
Manifestation à Thunder Bay contre les
consultations frauduleuses du gouvernement Harper
sur le projet de Loi sur l'éducation des
Premières Nations
Le
11 avril, plus de
cinquante personnes
autochtones et leurs alliés ont
participé à une
manifestation organisée par les chefs de
l'Ontario à
Thunder
Bay pour dénoncer les frauduleuses
« consultations » du
gouvernement Harper
concernant la Loi sur l'éducation des
Premières
Nations.
Le communiqué de presse des chefs de
l'Ontario
déclare : « Dans l'esprit
d'unité, les
Premières Nations de l'Ontario tiennent
aujourd'hui un
rassemblement devant l'endroit où ont lieu
les ' consultations ' fédérales pour
la
région de l'Ontario. Au lieu d'être
assis dans une salle
pleine de
dirigeants et techniciens choisis à la
discrétion des
Affaires indiennes, les Premières Nations
de l'Ontario ont
invité le grand public à se joindre
à eux pour
dénoncer cette mascarade que les Affaires
indiennes appellent
une
« consultation ». Le
rassemblement a eu lieu
devant l'hôtel Victoria Inn, à
Thunder
Bay, où Affaires indiennes et du Nord
Canada (AINC) a tenu une
des nombreuses
« consultations » dans le
cadre
d'un spectacle de dressage visant
à contraindre les Premières Nations
à accepter la Loi
sur
l'éducation
des Premières Nations que le
gouvernement Harper veut faire adopter d'ici
septembre 2014.
L'esprit du rassemblement
était que les Premières Nations de
l'Ontario rejettent
entièrement la Loi sur
l'éducation des
Premières Nations et
que le gouvernement est responsable de faire
respecter les droits
constitutionnels, ancestraux et issus de
traités des
Premières Nations.
L'un des orateurs lors du rassemblement, le grand
chef
Patrick Mafahbee de la nation anishinabek, a
souligné que les
Premières Nations de l'Ontario
s'organiseront sur une base permanente contre la Loi
sur
l'éducation des Premières Nations
du gouvernement
Harper, et « d'aucune façon
allons-nous l'accepter ».
Le chef régional de l'Ontario, Stan
Beardy, a
aussi parlé, soulignant que depuis 1996, il
n'y a eu aucune
augmentation du financement de l'éducation
pour
les écoles des Premières Nations et
qu'actuellement
chaque enfant des Premières Nations de
l'Ontario reçoit
la moitié du financement qu'un enfant
obtient en
allant à une école publique dans la
province. Il a
noté que les enfants des Premières
Nations
représentent la plus forte croissance
démographique au
Canada
et qu'il y a eu une tentative systématique
par les gouvernements
de sous-financer leur éducation et leur
refuser les
possibilités offertes aux autres enfants.
L'une des participantes au rassemblement, Laura
Calmwind
de la première nation Kitchenuhmaykoosib
Inninuwug, une
communauté sans accès routier
d'environ 1500 habitants située à
près de 600
kilomètres au nord de Thunder Bay, a
exprimé la ferme
volonté des Premières Nations et de
leurs alliés
de rejeter
les politiques racistes, coloniales et
d'assimilation du gouvernement
Harper que l'on retrouve dans la Loi sur
l'éducation des
Premières Nations.
Elle a souligné que cette loi viole le
droit à
l'éducation issu des traités
« parce qu'une
fois que vous soumettez un traité (le droit
qui en est issu) aux
lois
d'un autre gouvernement, alors vous sapez la
relation originelle qui a
été une relation de traité
entre la Couronne
britannique et les peuples
autochtones ».
Elle a refusé de donner son consentement
à ce projet de
loi qui portera atteinte à la vie de
« mes enfants et
aux enfants de mes enfants ».
Après le rassemblement, les manifestants
ont
envoyé une délégation
à la rencontre de
l'AINC pour s'objecter au processus et aux
intentions contenues dans
la Loi sur l'éducation des
Premières Nations.

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