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Numéro 61 - 16
avril
2013
L'État s'en prend
à la
propriété privée
Le ministre des Finances annonce
un plan
pouvant mener à la saisie de comptes
bancaires comme à Chypre
L'État
s'en
prend
à la propriété
privée
• Le ministre des Finances
annonce un plan
pouvant mener à la saisie de comptes
bancaires comme à
Chypre - K. C. Adams
• Hypocrisie du
gouvernement sur la question
des épargnes
L'État s'en prend à
la
propriété privée
Le ministre des Finances annonce un plan
pouvant mener à la saisie de comptes
bancaires comme à Chypre
- K. C. Adams -
Dans son dernier budget la dictature Harper
prévoit l'adoption d'une loi qui
permettrait la saisie de
comptes de banques dans certaines circonstances.
La
déclaration du ministre des Finances
à cet effet
étant assez vague (voir ci-dessous),
cela a
provoqué des spéculations sur la
façon dont
l'État s'y
prendrait pour saisir des comptes bancaires
personnels ou d'affaires et
dans quelles circonstances. Mais aussi vague que
soit la menace, les
Canadiens ont raison
de se préparer à résister
à une telle
attaque contre
la société civile, car le
précédent a
déjà été établi
en Europe.
Tout au long du mois de mars, les institutions et
les
représentants les plus puissants de
l'oligarchie
financière internationale ont menacé
les déposants
des
banques de Chypre de saisie des comptes, menace
qu'ils ont finalement
mise à exécution. La Commission
européenne
(l'exécutif de l'Union européenne),
la
Banque centrale européenne et le Fonds
monétaire
international (qu'on appelle la troïka) ont
émis des
déclarations semblables à celle du
ministre hollandais
des Finances Jeroen Dijsselbloem, qui est
également
président de l'Eurogroupe (les États
de l'Union
européenne ayant adopté l'euro comme
devise). Rappelant
l'insistance de l'UE que Chypre accepte un nouveau
plan de
« recapitalisation interne »
(« bail
in » en opposition au plan de sauvetage
appelé « bail out ») face
à la crise
économique, le ministre a dit :
« Les dirigeants
européens [sont] maintenant engagés
à 'repousser
les risques' de financement des banques en
faillite des contribuables
aux investisseurs privés. »
La
crise économique
de 2008 aux États-Unis s'est vite
répandue à
l'Europe avec un nouveau dynamisme et une plus
grande
sévérité à cause du
parasitisme et de la décadence sans
précédent du
système économique. Les leaders de
l'Union de l'Europe
des monopoles, à l'instar de la
troïka, ont forcé
les
Européens à payer pour les crises en
cascade, notamment
dans les États annexés du sud comme
la Grèce,
l'Espagne et Chypre.
Les mesures néolibérales de la
troïka
comprennent les suivantes :
- privatisation forcée et vente des avoirs
publics ;
- destruction des programmes sociaux, des
services
publics et de la production de biens et services
en
général ;
- conversion forcée de l'économie
pour
servir les intérêts des monopoles et
des États les
plus puissants ;
- destruction de la société civile,
de ses
institutions politiques et de sa primauté
du droit en faveur du
droit de monopole et du précepte
médiéval que la
force fait le droit ;
- niveaux élevés de chômage
et de
pauvreté ;
-
pression à la
baisse sur le niveau de vie à mesure que la
richesse est
transférée de la classe
ouvrière et de la petite
bourgeoisie locale vers les élites
économiques et politiques dominantes
d'Europe et des
États-Unis ;
- perte de contrôle des affaires politiques
et
économiques de la plupart des pays de
l'Union européenne
en faveur des monopoles, institutions et
États les
plus puissants d'Europe, comme
l'impérialisme allemand et
français ;
- stratagèmes sans gêne pour payer
les
riches à même le trésor public
pour favoriser les
monopoles les plus puissants et leurs riches
patrons.
Il faut les situer dans le contexte global d'une
concurrence féroce entre les monopoles et
les États au
sein du système impérialiste
d'États, chacun
cherchant
à agrandir sa sphère d'influence,
à voler les
ressources naturelles et à exploiter les
travailleurs du monde,
qui comprend notamment :
- la nouvelle ruée vers l'Afrique qui
oppose les
vieux États impérialistes d'Europe
à eux-mêmes et à ceux des
États-Unis et
des nouveaux venus, comme la Chine ;
- l'usage répandu de blocus
économiques et
l'armement de groupes d'
« opposition » pour
forcer des pays souverains à renoncer
à leur
indépendance dans un climat
général de chantage,
d'anarchie et de violence ;
- l'augmentation des dépenses
militaires ;
- la préparation à la guerre et le
déclenchement de guerres d'agression sous
la conduite de l'OTAN
ainsi que séparément, en particulier
pour ce qui est de
l'Allemagne et de la France ;
-
l'envoi de soldats
européens à l'étranger dans
le cadre
d'opérations de l'OTAN ou
séparément pour piller
et ramener des États souverains dans leur
sphère
d'influence sous contrôle
impérialiste, avec leurs
travailleurs et leurs ressources naturelles, au
mépris des
droits des peuples ciblés ;
- promotion sur une grande échelle de
haine
raciale et de points de vue fascistes pour saper
et diviser le
prolétariat national et international et
affaiblir sa
détermination à régler les
comptes avec sa
bourgeoisie, à confronter
l'impérialisme et à
transformer la situation en sa faveur avec une
nouvelle direction pour
l'économie, une direction prosociale, le
renouveau
démocratique, la souveraineté
nationale et le
contrôle de ses affaires politiques et
économiques, la
défense
des droits de tous et la défense de
l'intérêt
général de la société.
La troïka attaque Chypre

Les Chypriotes
rejettent
les mesures d’austérité
imposées par la
troïka – Nicosie le 26 mars 2013.
La destruction de la société civile
est
portée à un autre niveau avec
l'imposition du plan de la
troïka à Chypre, qui
comprend la saisie de comptes bancaires personnels
et d'affaires. La
troïka considère que la
propriété
privée détenue dans des comptes
bancaires ne doit pas
être immunisée contre l'expropriation
par l'État
pour payer les riches.
La destruction de la société
civile, le
transfert du fardeau de la crise économique
sur le dos du peuple
et de son économie socialisée et
l'imposition du droit
de monopole de la minorité
privilégiée d'Europe en
tant qu'autorité gouvernante sont
présentés par
les médias monopolisés comme une
solution à la
crise
économique et une réforme
nécessaire pour punir
les membres récalcitrants de l'Union
européenne et leur
population pour les problèmes et les crises
de
l'économie impérialiste. Il est
évidemment absurde
de les blâmer pour ces crises
économiques et les
réformes néolibérales ne
résoudront pas les
contradictions
de l'économie d'aujourd'hui, elles ne
feront que prolonger la
misère d'une économie
socialisée et d'une
population en mal de définitions modernes
et d'une
nouvelle direction, une direction prosociale.
Le
quotidien monopoliste
allemand Die Presse crie victoire devant
les souffrances
imposées aux Chypriotes.
« Là où
auparavant les chefs
de gouvernement en Italie, en Grèce et
à Chypre suivaient
le modèle de l' « expropriation
invisible », leurs successeurs sont
désormais
forcés
d'admettre leurs fautes et d'entamer des
réformes
(pénibles). La monnaie unique [...]
révèle aux
peuples les fautes commises par leurs
élites
politiques. »
Elles sont en effet pénibles, la saisie de
comptes personnels et d'affaires et les autres
mesures
néolibérales provoquant le chaos et
des souffrances non
seulement en Chypre, mais dans toute l'Europe. De
nombreuses entreprises
rapportent qu'elles ne pourront pas verser les
salaires et
compléter certaines
transactions puisque leurs comptes bancaires sont
gelés. Des
enseignants, infirmières et autres
travailleurs de
premières lignes de la
société civile se
retrouvent
au chômage. En plus des licenciements
massifs et de la perte
d'accès aux programmes sociaux, les mesures
d'austérité comprennent la baisse
des salaires et des
pensions, l'augmentation de la taxe sur les
produits et services pour
les particuliers, de nouvelles taxes sur le tabac,
l'alcool et
l'essence, sur les gains à la loterie
et sur la propriété et une hausse
des frais d'usagers
pour les services de santé et autres
services publics.
M. Nicolas J. Firzli du World Pensions Council,
réagissant à la saisie de comptes
bancaires chypriotes,
remet en question dans un communiqué du
28 mars la légalité de cette
mesure
unilatérale contre les épargnants et
retraités
chypriotes, britanniques et européens de
l'Est et du
Centre :
« Le comportement inexplicable de la
Banque
centrale européenne et de l'Eurogroupe au
cours des
dernières semaines, suivi de l'imposition
abrupte
de mesures sévères contre Chypre
(dont la
légalité est douteuse), fait en
sorte que des
investisseurs institutionnels ont raison de
craindre un effet domino
qui
se répandra à d'autres pays
européens comme Malta,
l'Espagne et l'Italie. C'est sans compter que des
centaines de milliers
de retraités du Royaume-Uni, d'Irlande
et d'Europe de l'Est verront maintenant leurs
épargnes
déposées dans des banques à
Nicosie soumises
à une imposition injuste. »
Les Canadiens doivent prendre au sérieux
l'attaque des monopoles européens et de
leurs
représentants politiques contre la
société civile.
Sans exagération
ou interprétation mélodramatique,
pour beaucoup de gens
la destruction de la société civile
bourgeoise est ni
plus ni moins qu'une condamnation à la mort
civile.
Sauf pour une tout petite minorité
privilégiée, il
n'est tout simplement pas possible de pourvoir
soi-même à
ses besoins dans une économie
socialisée dominée
par des monopoles mondiaux.
L'inégalité de richesse et de
capacité, le hasard de la naissance,
l'inégalité
de l'État physique font en sorte qu'il est
très difficile
de survivre sans un État moderne qui
restreint le droit de
monopole dans une économie dont les
secteurs de base et les
moyens de subsistance sont sous l'emprise
des monopoles. L'État moderne peut priver
les monopoles de
l'emprise qu'ils exercent sur la vie des
véritables producteurs
et activer le facteur humain/conscience
sociale et garantir les droits de tous et
l'intérêt
général de la société.
Les
événements
en Europe et les actions et menaces de la
dictature Harper au Canada
annoncent la mort de la société
civile bourgeoise, y
compris les droits
de propriété. Depuis que le
marché mondial est
redevenu unifié avec la fin de la division
bipolaire de la
Guerre froide, il est un champ libre où le
droit de
monopole et le pouvoir de monopole règne en
roi et maître.
Il n'y a plus de primauté du droit qui
restreigne l'action de
plus en plus incohérente des riches qui
veulent s'enrichir rapidement, qui ralentisse la
ruée des
investisseurs monopolistes cannibales avec leur
chantage et leurs
assauts militaires contre des pays
souverains et la concurrence
interimpérialiste et
intermonopoliste pour la domination des peuples et
des ressources du
monde.
Le trésor public n'est plus suffisant pour
financer les stratagèmes pour payer les
riches et les
entreprises militaires et aventurières des
monopoles. Les
monopoles mondiaux contrôlés par les
impérialistes
américains, européens et japonais
ont entrepris de piller
même les comptes bancaires des individus et
des
petites entreprises et d'autres
propriétés privées
pour financer leur quête de domination
mondiale. Il faut les
arrêter ! Cela peut se faire !
Cela doit
se faire !

Récentes
manifestations en Europe contre les mesures
d’austérité.
Haut : Madrid, Espagne, en septembre 2012; bas
gauche : manifestation
des syndicats européens devant le
parlement de l’Union
européenne à Bruxelles, le 14 mars
2013; bas droit : des
fonctionnaires portugais manifestent à
Lisbonne le 15 mars 2013.
Organisons-nous et luttons pour une alternative
prosociale
Défendons les droits de tous, y compris
les
droits de propriété personnelle, et
l'intérêt général de la
société. Arrêtez de payer les
riches !
Augmentez les investissements dans les programmes
sociaux !
Organisons-nous pour
avoir un gouvernement antiguerre !
Un programme prosocial comprend la réforme
du
secteur bancaire. Il faut imposer des restrictions
au secteur financier
pour freiner les pratiques parasitaires
de l'oligarchie financière et la
destruction de l'environnement
social et naturel. Cela veut d'abord dire
réorganiser le secteur
bancaire en un service public, avec
des entreprises bancaires publiques à but
non lucratif à
qui les gens peuvent confier leurs épargnes
en toute
sécurité et par l'entremise
desquelles les entreprises
peuvent transiger avec l'assurance que
l'autorité
d'État n'interviendra pas et ne les
expropriera pas.
Une direction prosociale de l'économie
signifie
que les épargnes des citoyens sont
garanties et remises dans
l'économie socialisée, et non pas
utilisées comme
capital de départ dans de folles aventures
quelque part dans le
monde dans le but d'obtenir le rendement le plus
élevé et
le plus rapide possible, comme par
exemple les prêts hypothécaires
à risque aux
États-Unis. L'argent des épargnants
doit être
utilisé pour aider à la reproduction
élargie de
biens et services, à la
construction d'infrastructures et la dispensation
de services publics
pour le bien public, et généralement
dans
l'intérêt des individus et pour le
renforcement de
l'économie socialisée et
l'intérêt
général de la société.
La réalisation d'une alternative
prosociale et
d'une nouvelle direction pour l'économie
requiert la
mobilisation politique de masse de la classe
ouvrière et
de ses alliés dans des actions avec analyse
contre le capital
financier et la destruction de la
société civile. Dans
les conditions concrètes de la domination
impérialiste, une alternative prosociale et
une nouvelle
direction pour l'économie doivent avoir
comme objectif la
protection des droits de tous, y compris les
droits de propriété privée,
contre les maraudeurs
impérialistes. Cela signifie que le
gouvernement doit adopter
des lois qui restreignent le droit de monopole,
protègent la propriété
personnelle et d'entreprise
et défendent les droits de tous, des lois
basées sur des
principes modernes qui ne peuvent être
changées ou
sapées selon le bon vouloir pragmatique des
gouvernements
invoquant des circonstances exceptionnelles. Cela
demande
l'organisation d'un puissant front
prolétarien qui est conscient de son but,
l'élimination
de l'exploitation de l'être humain par
l'être humain, et
conscient de la nécessité du
renouveau
démocratique
pour investir le peuple du pouvoir de
défendre les droits de
tous et l'intérêt
général de la
société dans toutes les conditions
et en toute
circonstance, un front
qui peut ainsi rallier la vaste majorité de
la population. Ce
front prolétarien peut s'allier les
éléments de la
bourgeoisie qui ont intérêt à
ce que la
société ne
soit pas détruite et leurs
intérêts privés
sacrifiés dans ce climat de violence et
d'anarchie
créé aujourd'hui par le capital
financier non restreint.
Le peuple dans sa grande majorité,
dirigé
par la classe ouvrière, peut créer
une alternative
prosociale. Il s'agit de ne pas hésiter et
de s'organiser pour
le
faire !

Hypocrisie du gouvernement
sur la question des épargnes
La citation qui suit est tirée du budget
2013-2014 du gouvernement Harper. Cela fait
partie de la
propagande de ce gouvernement pour préparer
les
gens à accepter la saisie d'épargnes
personnelles et
d'affaires dans le cadre du sauvetage des banques
en cas de crise.
Cette menace de saisir les comptes
bancaires serait risible si ce n'était de
la proclamation
répétée du ministre des
Finances que les Canadiens
ne doivent pas compter sur le gouvernement pour
la sécurité des programmes sociaux
et qu'ils feraient
mieux de prendre les mesures nécessaires
pour pourvoir à
leurs propres besoins et assurer leur propre
sécurité. Il ne se passe pas un jour
sans que le
gouvernement Harper ne promette des crédits
d'impôt
à ceux qui épargnent en vue
d'assurer l'éducation
de leurs
enfants, de prendre soins des leurs en cas de
maladie et de maintenir
un niveau de vie standard à la retraite.
Mais toute l'hypocrisie
de cette injonction est
exposée quand les gouvernements menacent
les épargnes
personnelles, non seulement par les crises
économiques ou le
ralentissement de l'économie, mais
maintenant par une saisie directe
sanctionnée par l'État.
Le gouvernement des riches a cherché
à
faire de la sécurité une question de
répression
militaire et policière et d'épargne
personnelles, des
méthodes qui
sont en contradiction avec la définition
moderne de la
sécurité, qui est que notre
sécurité
à tous est dans la défense des
droits de tous et que
l'économie moderne
de grande production industrielle est
fondée sur la
coopération et l'union des ressources. Au
mépris de toute
définition moderne, des
intérêts individuels de
tous
et de l'intérêt général
de la
société, les gouvernements
néolibéraux
réduisent les programmes sociaux, remettent
toutes les
ressources humaines et naturelles entre
les mains des monopoles et refusent de bâtir
une base
économique publique permettant à
l'État de
garantir les droits de tous, y compris les
pensions. Les
Canadiens doivent voir toute attaque contre la
société
civile, y compris les menaces contre la
propriété
personnelle, comme une attaque contre leurs droits
individuels et contre l'intérêt
général de
la société. Cela ne doit pas
passer !
À la page 160 du budget
fédéral
2013-2014 on lit :
« Le gouvernement propose
d'établir un
régime de recapitalisation interne pour les
banques d'importance
systémique. Ce régime sera
conçu de manière
que, dans le cas peu probable où une banque
d'importance
systémique épuiserait ses fonds
propres, elle pourra
être recapitalisée et redevenir
viable grâce
à la
conversion très rapide de certains de ses
passifs en fonds
propres réglementaires. Cette mesure
réduira les risques
pour les contribuables. Le gouvernement
consultera les intervenants sur la meilleure
façon d'instaurer
un régime de recapitalisation interne au
Canada. Le calendrier
de mise en oeuvre assurera une
transition en douceur pour les institutions
touchées, les
investisseurs et les autres participants au
marché.
« Les banques d'importance
systémique
demeureront assujetties aux exigences existantes
sur la gestion des
risques, y compris une surveillance plus
étroite et l'obligation de préparer
des plans de reprise
des activités et de résolution.
« Ce cadre de gestion des risques
limitera
l'avantage injuste dont profiteraient les banques
canadiennes
d'importance systémique du fait que les
investisseurs et les autres participants au
marché croiraient,
à tort, que ces institutions sont trop
grandes pour faire
faillite. »
(http://www.budget.gc.ca/2013/home-accueil-fra.html)

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