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Numéro 60 - 15 avril
2013
Margaret Thatcher – idéologue de
la tendance antisociale
Il est temps de le
réitérer: Il y a une
alternative!
Hardial Bains, fondateur et dirigeant du Parti
communiste du Canada (marxiste-léniniste) au VIe Congrès
du Parti à Toronto,
le 8 octobre 1993. Le Congrès a rejeté fermement la
destruction nationale et l'anticommunisme représentés par
Margaret
Thatcher, Ronald Reagan et la réaction mondiale. Il a
audacieusement saisi l'occasion pour bâtir l'alternative
prosociale
de défense des droits, de paix et de souveraineté.
• Margaret
Thatcher – idéologue de la tendance antisociale
• Réflexions et commentaires sur
Margaret Thatcher – politicienne et idéologue de la tendance
antisociale
• Il y a une alternative! - Hardial
Bains
Margaret Thatcher – idéologue
de la tendance antisociale
Margaret Thatcher, née Roberts en 1925,
première ministre du Royaume-Uni du 4 mai 1979 au
28 novembre 1990, est décédée le 8 avril
2013. Elle a été une figure marquante en tant
qu'idéologue de la tendance antisociale. Elle a
véhiculé l'illusion qu'il était possible de
réformer le capitalisme et de surmonter ses contradictions
fondamentales au moyen de politiques fiscales et budgétaires
allant dans la plupart des cas dans le sens de réduire les
investissements d'État dans les programmes sociaux et
d'augmenter les sommes versées directement au capital financier.
Elle a affublé sa fraude antisociale et non
scientifique de termes tels « capitalisme
populaire » et « démocratie de
l'actionnariat ». Sur cette base idéologique, au
début des années 80 elle a déclenché une
féroce offensive étatique contre la classe
ouvrière. Elle a été épaulée dans
cette offensive par le magnat de la presse Rupert Murdoch.
Des affiches qui
montrent diverses luttes contre le programme de privatisation sur une
vaste échelle du gouvernement Thatcher qui comprenait la
vente de British Aerospace, du fabricant d’autos British Leyland, de
British Telecom, British Gas et d’autres services publics et l’envoi de
travail en sous-traitance à des entreprises privées.
Margaret Thatcher a aussi prétendu
défendre la Grande-Bretagne. Elle a combattu ceux qui voulaient
à tout prix se fondre dans l'Union européenne. Sa
défense de la Grande-Bretagne n'avait rien à voir avec
défendre la souveraineté du peuple britannique ou des
peuples de l'Europe et du monde. Au contraire, cela faisait partie des
efforts du capitalisme monopoliste britannique pour dominer le monde.
Elle a été succédée en 1990
par John Major et en 1997 par le chef du Parti travailliste Tony
Blair. Blair a repris à son compte les politiques
social-chauvines et impérialistes de Thatcher et de Major tout
en intensifiant la destruction néolibérale. Pour Blair,
la Grande Europe était une « Europe
populaire » que l'un de ses idéologues avait
caractérisée comme étant une
« association libre d'États partageant des
intérêts communs sans sacrifier leur
souveraineté ». La nature de ces
« intérêts communs » demeure un
mystère d'État pouvant être facilement
manipulé par les monopoles les plus puissants cherchant à
dominer l'Europe et à se servir de cette domination comme
tremplin pour dominer le monde. Ces mêmes intérêts
économiques, représentés par la troïka
(la Commission européenne, l'autorité exécutive de
l'Union européenne, la Banque centrale européenne et le
Fonds monétaire international), se servent de la crise
économique pour multiplier les attaques contre les peuples
opprimés de l'Union européenne.
Margaret Thatcher a régné à la fin
des années 80, période qui a connu le repli de la
révolution. Le projet de Thatcher consistait à ce que la
Grande-Bretagne domine une Europe de puissants monopoles tandis que la
classe ouvrière assujettie servirait de réserve pour ces
monopoles, prêts à bondir sur le monde et, par blitzkrieg,
le dominer. Ce projet est devenu on ne peut plus clair lorsque la
Grande-Bretagne, de connivence avec les États-Unis et en
collusion avec les autres puissances d'Europe, s'est mise à
déclencher coup sur coup et avec une intensité croissante
des attaques tant secrètes que manifestes partout dans le monde,
dans l'ancienne Yougoslavie, en Irak, en Afghanistan, en Libye, et
maintenant en Syrie. La méthode hitlérienne de la
victoire par blitzkrieg ne s'est cependant pas
concrétisée bien que ce sera peut-être l'objectif
visé dans la péninsule coréenne. Néanmoins,
un assaut n'attend pas l'autre, causant la destruction et la souffrance
humaine, crimes contre l'humanité qu'on fait passer pour une
lutte pour la démocratie et les droits humains.



Thatcher s’est rendue célèbre entre
autres choses par son appui à ses frères de crime et
leurs violations massives des droits, comme le régime
d’apartheid d’Afrique du Sud (la photo du centre-gauche la montre
avec le premier ministre d’Afrique du
Sud P.W. Botha), la dictature installée par les
États-Unis du Général Augusto Pinochet du Chili
(avec Thatcher sur la photo
du centre-droit pendant son assignation à domicile en
Grande-Bretagne en 1999) et les États-Unis qui ont
perpétré des crimes avec la Grande-Bretagne comme le
bombardement de Tripoli en Libye en 1986.
Une Europe supra-étatique des monopoles
Il suffit de constater le sort réservé
aux peuples d'Europe par les cartels dominants du capitalisme financier
pour comprendre la vision de Thatcher et de Blair d'une Europe unie en
tant qu' « Europe des peuples »,
c'est-à-dire, en essence, une Europe des monopoles. Il s'agit de
créer un grand État européen des monopoles
où les puissants réduisent les faibles à
l'esclavage. Son objectif est de créer un puissant bloc capable
de dominer le monde, en particulier l'Asie et l'Afrique.
Les diverses notions de « maison commune
européenne », d' « Europe des
peuples » et d' « union libre et
égalitaire d'États européens » ne
peuvent se traduire que par l'assujettissement des plus faibles par les
puissants en Europe et par la conquête d'autres régions,
en particulier de l'Asie et de l'Afrique. Margaret Thatcher voulait
faire en sorte que la Grande-Bretagne domine l'Europe et que la
nouvelle conquête de l'Asie et de l'Afrique mène à
la conquête du monde entier. C'est la mission de
« redonner à la Grande-Bretagne sa
splendeur » énoncée plus tard par Tony Blair.
Les individus et la société

« La société n'existe
pas », avait déclaré Margaret Thatcher sur un
ton impérieux. Elle proclamait que dans une
société capitaliste, les intérêts du
collectif n'existent pas, il n'y a que la recherche de
l'intérêt personnel de l'individu. Mais la vie
elle-même refuse de se conformer à cette vision du monde.
Le collectif le plus important et décisif est la
société elle-même et si les intérêts
généraux de celle-ci ne sont pas défendus, il ne
peut y avoir d'intérêts individuels et si la
société, par le biais de ses institutions, en particulier
le gouvernement, ne défend pas les intérêts
individuels, alors la société s'écroule.
L'économie socialisée moderne a rendu la relation entre
l'individu et la société encore plus évidente et
le besoin de l'harmoniser encore plus urgent.

Affiche de la campagne du Congrès des
syndicats pour le
progrès économique et social, contre les politiques
antisociales
et antiouvrières du gouvernement Thatcher.
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Toute société a ses collectifs d'individus
qui de diverses façons sont en lien avec leurs propres membres
et avec d'autres collectifs, d'autres individus et avec la
société dans son ensemble. Les collectifs les plus
importants de la société féodale fondée sur
la petite production étaient les familles, les
confréries, la gentilhommerie, les associations de guerriers,
les aristocrates fonciers, la Cité-État, etc. Ces
collectifs ont trouvé les moyens de définir les relations
entre individus et collectifs, et par le biais de ces collectifs, avec
d'autres collectifs, d'autres individus et la société
dans son ensemble.
Aujourd'hui, avec une économie socialisée
basée sur la production de masse industrielle, les collectifs
les plus importants sont formés selon la façon que les
gens gagnent leur vie. Le fait d'harmoniser les relations entre les
individus et leurs collectifs respectifs, d'une part, et d'autres
collectifs, individus et la société elle-même
constitue le problème le plus important et le plus pressant
à résoudre pour les humains modernes.
L'harmonisation des relations entre humains au sein de
l'économie socialisée ne peut se concrétiser que
par la reconnaissance des droits de tous sur la base que tous ont des
droits du fait qu'ils sont des êtres humains. Par contre, un
obstacle est posé à cette harmonisation quand la
société est divisée en deux classes antagonistes,
le prolétariat et les détenteurs du capital.
L'autorité gouvernementale assumée et dominée par
les détenteurs du capital refuse de reconnaître les droits
de tous en tant que fondement de relations harmonieuses. Le
prolétariat a la responsabilité sociale en tant que
classe composée d'individus et de leurs collectifs de priver les
détenteurs du capital de l'autorité leur permettant de
faire obstacle à l'établissement de relations
harmonieuses.
« Laissons le marché
décider », déclare Thatcher
 
Manifestations récentes en Grande-Bretagne
contre le néolibéralisme thatchérien du
gouvernement Cameron.
L'idée que lorsque les individus poursuivent leur
intérêts personnels, la société s'en porte
mieux est une théorie provenant de l'économiste
britannique Adam Smith (1723-1790) il y a de cela plus de deux cents
ans. Dans sa Recherche sur la nature et les causes de la richesse
des nations, Smith écrit : « Tout homme,
tant qu'il n'enfreint pas les lois de la justice, demeure en pleine
liberté de suivre la route que lui montre son
intérêt, et de porter où il lui plaît son
industrie et son capital, concurremment avec ceux de toute autre classe
d'hommes. Le souverain se trouve entièrement
débarrassé d'une charge qu'il ne pourrait essayer de
remplir sans s'exposer infailliblement à se voir sans cesse
trompé de mille manières, et pour l'accomplissement
convenable de laquelle il n'y a aucune sagesse humaine ni connaissance
qui puissent suffire, la charge d'être le surintendant de
l'industrie des particuliers, de la diriger vers les emplois les mieux
assortis à l'intérêt général de la
société. »
Sans définir davantage ses « lois de
la justice », Smith fait valoir que le souverain ne doit pas
s'ingérer dans le marché. Cela avait un sens à
l'époque puisque les détenteurs du capital étaient
engagés dans une lutte de classe ouverte pour libérer
leur capital des contraintes imposées par les lois
féodales et les privilèges de l'aristocratie
foncière. Les détenteurs du capital ne pouvaient
concrétiser leur droit d'élargir leur capital
« le mieux assorti à l'intérêt
général de la société » qu'en
s'appropriant l'autorité gouvernementale et en édifiant
un État-nation pouvant protéger la
propriété privée.
Depuis l'époque d'Adam Smith, le capital a
conquis l'ensemble du globe. Beaucoup de progrès scientifiques
et technologiques ont été faits et les sciences exactes
ont pris leur essor. Les économistes ont voulu suivre le pas.
Pour se mériter le titre de « science »,
quoi de mieux pour les sciences économiques que de se gaver de
mathématiques. Ainsi des économistes comme Léon
Walras (français : 1834-1910), Vilfredo Pareto
(italien : 1848-1923) et d'autres ont doublé d'efforts pour
prouver la justesse des théories d'Adam Smith. Le hic pour ces
prétendus économistes scientifiques c'est qu'Adam Smith
réagissait à une époque où l'ennemi de
classe était l'autorité féodale, le souverain, et
que le capital avait recours à la politique pratique pour
exproprier l'ancienne autorité et mettre sur pied un État
servant ses intérêts de classe. Déclarer la
justesse des thèses de Smith aujourd'hui fait fi des conditions
actuelles alors que l'autorité gouvernementale, le souverain,
est le capital lui-même, et sa concentration, sa
propriété et son autorité sont dorénavant
entre les mains de quelques privilégiés, une aristocratie
à la fois naturelle et héréditaire. Leur ennemi
dialectique est la classe progressiste émergente, le
prolétariat, pour qui l'objectif est de priver l'autorité
dominante actuelle du pouvoir de le priver de la possibilité
d'assumer sa responsabilité sociale, qui est d'harmoniser les
relations entre humains.

Pendant la grève
des mineurs de 1984-1985, le gouvernement Thatcher a lancé
plusieurs attaques pour briser les organisations de défense des
travailleurs.
La théorie de l'équilibre
général concurrentiel
Manifestation à Liverpool en 1981 pour
dénoncer l’augmentation du chômage causée par les
réformes économiques
antisociales du gouvernement Thatcher.
La « théorie de l'équilibre
général concurrentiel » représente
l'apogée des théories des pseudo-économistes.
Jusqu'à ce jour cette théorie est un incontournable de la
microéconomie et du curriculum des étudiants en
économie. Pour comprendre la théorie de
l'équilibre général concurrentiel, il faut d'abord
s'imaginer un instant un monde parfaitement prévisible et
intemporel. Supposons aussi que ce monde compte d'innombrables agents
économiques (producteurs et consommateurs) sans qu'aucun d'eux,
seul ou en groupe, ne soit en position de dicter les prix des biens et
services. Imaginons de surcroît que chacun de ces agents a une
« fonction d'utilité maximale ». Cela veut
dire que bien que chaque consommateur pourrait retirer un montant
différent d'« utilité » d'un
ensemble spécifique de biens et de services, il arrivera
toujours qu'à mesure que l'individu consomme de plus en plus le
même bien, l'utilité qu'il ou elle soutire d'un bien
identique ira en diminuant.
Ainsi, le premier bol de crème glacée sera
une source de grande joie pour un individu, mais il sera sans doute
rassasié au dixième bol. Dans le jargon
économique, « la consommation tend vers une
diminution des rendements marginaux ».
De même il est assumé que la production
tend vers une diminution des rendements marginaux à une plus
grande échelle. Ainsi une quantité de biens pourraient
être produits à partir d'un ensemble d'intrants – le
capital, la main-d'oeuvre, le terrain, etc. Plus grands sont les
intrants et plus grands seront les résultats produits. Il est
assumé cependant qu'après quelque temps la croissance des
résultats ne correspondra plus à la croissance
d'intrants. Par conséquent, selon ce modèle, il ne serait
pas logique pour des compagnies d'avoir des usines de grande production
ou de prendre de l'expansion puisque la croissance d'intrants requis
pour produire un bien à l'unité devient avec le temps
supérieure à la croissance des produits eux-mêmes.
Une fois toutes ces hypothèses respectées,
la théorie de l'équilibre général
concurrentiel tire les conclusions suivantes. D'abord, le
système de marché libre est
« efficace » dans le sens que toutes les
ressources de l'économie sont pleinement utilisées – rien
ne tombe en désuétude. Ensuite, dans cet
équilibre, on ne peut rendre aucun consommateur ou producteur
meilleur en modifiant l'allocation des ressources dans un sens ou
l'autre, sans faire détériorer la situation d'au moins un
consommateur ou un producteur. Ainsi la distribution du revenu et de la
richesse qui se produit sans l'intervention du souverain est la
situation idéale et toute modification à cet état
de choses via la taxation, les investissements gouvernementaux, etc. ne
peut que détériorer la situation de quelqu'un.
L'attrait de cette théorie pour les capitalistes
monopolistes est évident. Ses tenants proposent que dans un tel
système la demande sera égale à l'offre dans tous
les marchés et en particulier dans le marché de l'emploi.
Ainsi, en théorie, il n'y aura pas de chômage, et s'il y
en a, ce sera sans doute la faute du souverain et de son intervention.
Ils prétendent aussi que l'idéal consiste à
réduire le gouvernement. Le secteur public, quant à lui,
ne devrait même pas exister. La déréglementation
des marchés partout dans le monde, la
« flexibilité » accrue des marchés
de l'emploi (euphémisme pour le droit des capitalistes
d'embaucher et de congédier à volonté et de
transférer selon leur bon vouloir la main-d'oeuvre partout dans
le monde), la privatisation d'industries gouvernementales, les
réductions dans les programmes d'assistance sociale – toutes ces
mesures suivent la logique de l'équilibre concurrentiel.
Que faire de la
théorie elle-même ? Difficile de décider par
où commencer tellement cette prétendue théorie est
sans fondement. De toute évidence, dans un grand nombre de
secteurs il n'y a pas assez de producteurs et pourtant ils peuvent
dicter les prix. En réalité le but premier des
capitalistes monopolistes est d'atteindre une position de dominance
leur permettant de contrôler le marché et les prix, etc.,
même si c'est de façon passagère. Aussi, les
producteurs ne semblent pas affectés par la fonction de
l'utilité marginale alors qu'ils prennent de l'expansion. S'il y
a de quoi, les 100 premières compagnies ou presque dominent non
seulement certaines régions et certains pays, mais
l'économie mondiale en entier.
Par une analyse matérialiste du système,
on ne peut que conclure qu'il est impossible pour des producteurs ou
pour une section de l'économie de rester petits. Le capital
lui-même estime certaines compagnies comme étant
« trop puissantes pour tomber ». La concurrence
est devenue une obsession et le fait de vaincre dans le marché
en prenant le contrôle d'une autre compagnie ou en l'acculant
à la faillite, ou même un autre pays, est
déclaré un objectif admirable. Les vainqueurs deviennent
de plus en plus puissants et cherchent à dominer, convaincus que
de cette façon ils peuvent mieux contrôler leur avenir en
particulier par l'influence qu'ils exercent au sein de la machine
d'État.
Ces failles évidentes dans les hypothèses
à la base de ce modèle ne font pas broncher ses
idéologues qui préconisent quand même les
conclusions qu'ils en tirent, même si celles-ci ne correspondent
tout simplement pas à la réalité. Comment cette
thèse économique peut-elle prétendre être
une science alors qu'un examen et une critique matérialistes
n'en font qu'une bouchée. Par exemple, les pays européens
et le Canada subissent les effets du chômage. Encore
récemment, l'Union européenne a franchi le seuil d'un
taux moyen de chômage de 12 %, et cela, sachant que beaucoup
de chômeurs ne sont pas inclus dans les statistiques. Les
chiffres ne sont pas plus reluisants pour les travailleurs dans les
pays où la mondialisation néolibérale fait loi.
Des études démontrent qu'en fait leur situation est
encore plus désastreuse. L'économie passe par des
« cycles conjoncturels », une façon polie
encore une fois de dire que l'économie est gravement malade et
qu'elle subit les contrecoups de compagnies qui sont incapables de
juger de l'état de la demande, déroutées par
l'anarchie de la production. Voilà ce qui cause les crises
économiques sans parler du recours de ces compagnies aux
pratiques cannibaliques du parasitisme et de la décadence tels
que le scandale des prêts hypothécaires à risque
aux États-Unis, la guerre ainsi que les préparatifs de
guerre. La collusion des prix, les cartels, les interventions
gouvernementales favorables aux capitalistes monopolistes, tous les
faits sont là, à la portée de tous, ne serait-ce
que dans les quotidiens capitalistes. Et pourtant la
« théorie de l'équilibre général
concurrentiel » demeure le point culminant de
l'économie politique et le fondement sur lequel s'appuient des
décideurs dans leurs attaques continues contre les droits des
travailleurs.
La théorie de « laissons les
marchés décider » est fondée sur des
hypothèses que la réalité révèle
fausses. Sur la base de faussetés, d'idées provenant
d'idées et non de la réalité, la théorie
néolibérale tire des conclusions non fondées. Ces
conclusions sont prédéterminées à favoriser
les détenteurs du capital monopoliste et à
défavoriser les travailleurs. Et pourtant l'état actuel
des sciences économiques, que ce soit l'étude du
chômage ou de tout autre domaine, ne démontre aucun effort
sérieux pour s'attaquer aux questions qui sont cruciales pour le
commun des mortels. Les sciences économiques fondées sur
l'étude scientifique et l'analyse des conditions
concrètes sans préjugés ont désormais
été abolies.
De Thatcher à Blair ; de Harris à
Harper
Au Canada, au début des années 90, le
premier ministre de l'Ontario Mike Harris avait tenté d'imiter
Margaret Thatcher et de réaliser ses promesses des années
80 : créer un groupe de personnes qui aurait
intérêt à appuyer ses politiques. En plus d'appuyer
les monopoles les plus puissants, Thatcher avait promis qu'elle
assisterait la « classe moyenne ». Au cours de la
décennie des années 80, le plan pur et simple de piller
l'État par la privatisation a été mis en oeuvre et
il a en définitive favorisé les intérêts
privés qui ont pris le contrôle des avoirs publics. Ce
plan par contre n'a été d'aucun bénéfice
pour les « couches moyennes », les sections
à revenu moyen ou supérieur de la classe ouvrière,
ni pour les petits détenteurs du capital. À la suite des
crises économiques de la fin des années 80 et du
début des années 90, les conservateurs de la
Grande-Bretagne ont sombré dans l'oubli tandis que les membres
de son propre parti se sont révoltés contre Thatcher. Le
Parti travailliste s'est mis à gagner de l'appui lorsque Tony
Blair a créé les « nouveaux
travaillistes » sous la bannière que ceux-ci
réussiraient là où Thatcher avait
échoué.
Un autre plan qui a connu l'échec est celui de
Mike Harris qui devait créer une « classe
moyenne » heureuse et prospère qui chanterait ses
louanges tout en démonisant la classe ouvrière. Le projet
de plaire à la « classe moyenne » et de
créer l'équilibre a été repris par Dalton
McGuinty en Ontario, par le gouvernement Harper au niveau
fédéral. Il est maintenant le plus grand souhait du NPD
de Thomas Mulcair et est au coeur du discours de Justin Trudeau qui
exhorte les Canadiens à l'élire prochain premier ministre
du Canada.
Pourquoi, en fin de compte, Margaret Thatcher a-t-elle
échoué ? La base de son échec réside
dans son affirmation qu'à mesure que de nouveaux secteurs de
l'économie et de l'État s'ouvriraient aux entreprises, le
nombre d'entrepreneurs pouvant faire un coup d'argent augmenterait. Si
on considère cette option en tant que simple abstraction, il est
possible de se bercer d'illusions et de rêver que cela se
produira. En réalité, le processus même qui attire
les entrepreneurs dans le secteur entraîne aussi avec lui la loi
de la concentration du capital et de la production. Le mécanisme
même de la production capitaliste moderne engendre les forces qui
détruisent les entrepreneurs émergents, la couche moyenne
et les petits producteurs et les jettent dans la rue comme il l'a
toujours fait, créant ainsi une classe ouvrière de plus
en plus nombreuse et concentrant l'appropriation de l'économie
et de la richesse dans les mains d'un groupe de plus en plus restreint.
Le mécanisme de la production capitaliste a
semé la pagaille au sein de la couche moyenne ainsi que de la
petite bourgeoisie et en a fait de nouveaux prolétaires à
revenu réduit. Comment ce processus objectif doit-il être
renversé ? Harris pensait qu'en peu de temps le
succès serait au rendez-vous et qu'un nombre suffisant
d'entrepreneurs seraient là pour le dépanner, mais
l'effondrement de la bourse et de plusieurs jeunes compagnies Internet
en 2000-01 a mis fin à son règne. Il est
tombé en 2002. Harper continue de répéter les
mêmes choses, mais la réalité des crises
économiques en cascade depuis 2008 contredit ses
prétentions.
Depuis l'époque de Thatcher en Grande-Bretagne et
de Reagan aux États-Unis, les idéologues
néolibéraux sont affairés à inventer de
nouvelles façons de piller le trésor public par le biais
de manoeuvres pour payer les riches. Ils sont convaincus que la
révolution sera en retraite à jamais et que la classe
ouvrière ne ripostera pas avec une politique indépendante
et ses propres théories. Ils sont tellement arrogants et
incompétents qu'ils ne se donnent même plus la peine
d'expliquer le fondement théorique de leurs mesures. Ils sont
trop occupés à voler. Mais la dialectique vit et il y a
une alternative. La classe ouvrière doit être
disposée à apporter des définitions modernes aux
problèmes importants du monde d'aujourd'hui et à se
bâtir un avenir sur cette base. Les définitions modernes
doivent reconnaître que tous les êtres humains ont des
droits inaliénables du fait qu'ils sont des êtres humains,
sans autre considération.
Des définitions modernes doivent être
données pour les droits humains, pour les droits politiques,
sociaux et économiques et pour toutes les choses et tous les
phénomènes tels qu'ils existent aujourd'hui, dans
l'ici-présent. Puis, par sa lutte pour les droits de tous, la
classe ouvrière peut diriger le peuple dans un mouvement pour
priver ceux qui ont usurpé le pouvoir par la force de leur
capacité de la priver des moyens d'exercer ses droits. C'est
cette volonté d'investir le peuple du pouvoir qui ouvrira la
voie au progrès de la société. Cela peut se
faire ! Cela doit se faire !
Les Canadiens sont avec les peuples du monde
pour le rejet des politiques de Thatcher-Reagan
Des manifestations
de masse ont été tenues contre le chef de file
impérialiste américain Ronald Reagan à sa
première visite au Canada le 10 mars 1981 et à chacune de
ses visites subséquentes. Les visites
répétées d’une personnalité aussi
détestée ont exposé la servilité des
gouvernements canadiens face aux impérialistes américains
que le peuple a aussi rejetée.
 

Manifestations à Ottawa les 20-21 juillet
1981 au Sommet du G7 contre les politiques antisociales
impérialistes de Reagan et Thatcher. Les gens ont tenu un sommet
populaire pour opposer l’ordre du jour néolibéral du G7
et des milliers de personnes ont fait entendre leur voix dans la rue.
Ils ont dénoncé la position réactionnaire du
gouvernement Thatcher sur la question de l’Irlande et son traitement
brutal des grévistes irlandais de la faim dont plusieurs
étaient déjà morts notamment Bobby Sands.
L’administration Reagan a été dénoncée
entre autres choses pour ses sales guerres en Amérique centrale.
Manifestations contre la visite du président
Reagan à Ottawa en avril 1987 qui ont opposé avec
véhémence les politiques du régime Reagan dont sa
promotion du libre-échange impérialiste et son bellicisme
partout dans le monde.

Au Sommet du G7
à Toronto le 20 juin 1988. L’activiste de Toronto Matthew
Behrens a récemment écrit au sujet de ces actions:
« Des milliers de manifestants ont défié la
tentative de la police d’empêcher la manifestation par laquelle
on voulait procéder à l’arrestation citoyenne de Ronald
Reagan et de Margaret Thatcher et d’autres chefs d’État du G7
pour leur complicité dans des crimes comme la torture, les
bombardements de civils, l’appui à l’apartheid et aux
régimes de dictature brutale, la contamination nucléaire
et autres horreurs perpétrées contre les peuples dans les
années 1970-1980. » Ce fut la 5e et dernière visite
de Reagan au Canada en tant que président des États-Unis.

Réflexions et commentaires sur Margaret Thatcher
– politicienne et idéologue de la tendance antisociale
Le Parti communiste du Canada
(marxiste-léniniste) a répondu aux provocations
antisociales des néolibéraux en déclarant
résolument: Il y a une alternative! Le peuple
organisé en société a devant lui des
problèmes qui doivent être résolus, des
problèmes qui ne peuvent pas être mis de côté
et laissés à des énoncés de principe.
Pourquoi la pauvreté existe-t-elle? Pourquoi le chômage
s'aggrave-t-il ? Pourquoi la guerre continue-t-elle d'exister en tant
que forme de résolution des conflits entre les peuples et les
pays, alors que les armes sont devenues tellement destructrices que
c'est l'humanité entière qui en est menacée ?
Les communistes, les marxistes-léninistes, ont le
devoir d'organiser le peuple et de lui faire prendre conscience que ces
problèmes doivent être abordés et résolus.
Tous les obstacles qui bloquent la solution de ces graves
problèmes, comme la théorie et la pratique qu' « il
n'y a pas d'alternative », doivent être balayés.
Margaret Thatcher était l'architecte de la
théorie néolibérale que toutes les mesures qui
font réellement mal aux simples citoyens sont nécessaires
parce qu'« il n'y a pas d'alternative ». Des millions de
personnes dans le monde ont été réduites au
chômage parce que prétendument « il n'y a pas
d'alternative »; des millions de personnes souffrent de la faim
et sont menacées par la famine parce que prétendument
« il n'y a pas d'alternative ».
Thatcher était le genre de «
démocrate » et de « patriote » qui
rêvait de l'époque des anciens maraudeurs, de ceux qui
freinent toute avancée vers une alternative favorable au peuple.

Bien que près d'un
quart de siècle se soit écoulé depuis que Thatcher
a quitté son poste de première ministre, son
héritage antisocial continue d'être condamné par le
peuple jusqu'à ce jour. Sur cette photo: bannière
et pancarte de la manifestation du 20 octobre 2012 à Londres:
"Elle est partie mais ses politiques demeurent."
La prérogative royale
En termes de droits, Margaret Thatcher était un
défenseur de la prérogative royale. En 1989, lorsque la
France a célébré le bicentenaire de la
Révolution française, Thatcher a déclaré
que la Révolution française n'avait rien apporté
au plan des droits démocratiques et des libertés de
l'être humain. Elle a dit qu'avec la Magna Carta, les
Anglais avaient déjà ces droits depuis plusieurs
siècles. La Magna Carta est souvent citée dans
ce sens par ses disciples et autres promoteurs du chauvinisme anglais
pour justifier la négation des droits aujourd'hui.[1]
La Magna Carta est un document que les barons
anglais ont arraché au roi Jean sans terre en 1215. Dans cette
charte, le roi promettait certains droits à ses sujets, les
barons. Cela n'avait rien à voir avec l'octroi de droits
démocratiques au peuple. Les barons ont conçu la charte
pour protéger leurs fiefs et acquérir plus de
privilèges.
Bien que cette charte ait été le premier
document à limiter le pouvoir absolu du roi en Angleterre et
ailleurs en Europe, elle ne donnait de garantie qu'à deux
catégories de droits: ceux que le roi promet aux barons et ceux
que les barons promettent aux hommes libres sous eux.
Certains droits qui proviennent de la Magna Carta,
comme l'habeas corpus, sont bafoués en toute
impunité aujourd'hui. En fait, personne, sauf de purs
réactionnaires comme Thatcher, n'a salué la Magna
Carta comme étant un document qui consacre les droits des
êtres humains. La Magna Carta n'était pas une
mesure progressiste en termes de la naissance des nations modernes. Il
a fallu aux Anglais plus de 300 ans pour en surmonter les
conséquences et commencer à établir à
l'époque élisabéthaine un pouvoir
centralisé au sein de la structure d'un État-nation.
Margaret Thatcher et Friedrich Hayek
Margaret Thatcher était une admiratrice de
l'économiste et philosophe autrichien Friedrich Hayek
(1899-1992). En 1984, elle a honoré Hayek en le décorant
de l'Ordre des compagnons d'honneur du Royaume-Uni.
Hayek était l'idéologue principal du
néolibéralisme dans les années 1980 et 1990, un
ennemi idéologique du socialisme et une source d'inspiration
pour les détenteurs du pouvoir, partisans de la
régression néolibérale.
Entre autres choses, Hayek déclarait que son
idéal était l'individualisme. Il soutenait que
l'initiative d'individus abstraits, leur expérience personnelle,
la connaissance de leurs propres désirs et objectifs devaient
être libérés au maximum pour assurer leurs
objectifs économiques. Le marché, libéré de
toute contrainte, allait spontanément régir les rapports
économiques de la population et mener à la meilleure
utilisation et la meilleure répartition des ressources. Puisque
l'économie est en général inconnaissable, toute
tentative de planification consciente de l'État et de ses
collectifs organisés est vouée à l'échec
et, en tout cas, porte atteinte à la liberté individuelle.
Ce maximum de liberté de l'individu abstrait, le
rejet tant de l'action consciente et collective que de l'harmonisation
des intérêts individuels, des intérêts
collectifs et des intérêts généraux de la
société, signifient en réalité le maximum
de liberté pour les très riches et leurs monopoles et la
négation de toute responsabilité sociale de leur part ou
de l'État envers le bien-être de tous. C'est la ligne du
« chacun pour soi » défendue par Thatcher
poussée à un degré ultime. Dans de telles
circonstances, les très riches et leurs monopoles sont
enchantés de se débrouiller par eux-mêmes et
d'exercer leur liberté individuelle illimitée sauf, bien
sûr, quand ils ont besoin de l'aide de l'État pour
protéger leurs intérêts privés et leurs
empires contre les revendications du mouvement révolutionnaire
de la classe ouvrière, et contre leurs concurrents capitalistes
monopolistes au pays et à l'étranger. Les
conséquences de cette ligne, l'aggravation de la pauvreté
et du chômage, la violence et l'anarchie accrues dans la
société et les guerres de conquête à
l'étranger, ne sont pas difficiles à anticiper non plus,
comme l'a confirmé l'expérience humaine depuis
l'époque du gouvernement de Margaret Thatcher.
Les théories de Hayek, reprises par Thatcher,
reposent toutes sur la thèse de « la fin de l'histoire
» promue lors de la chute de l'Union soviétique et de la
fin de la division bipolaire du monde. Elle a servi à ouvrir le
marché mondial, les sources de matières premières
et de main-d'oeuvre à bon marché et les sphères
d'influence à la domination, à la collusion et à
la concurrence violente des monopoles les plus importants et les plus
puissants et aux intérêts impérialistes.
Selon la thèse de « la fin de l'histoire
», le « marché libre » et la liberté
individuelle du libéralisme classique sont les plus grandes
réalisations de l'humanité. Le vrai rôle de
l'État est de protéger et de faciliter le fonctionnement
sans contrainte de ce merveilleux système qui
génère spontanément la meilleure
répartition possible des biens et des services.
Les idéologues néolibéraux se
concentrent presqu'exclusivement sur l'échange des biens et des
services, sur ce que les individus possèdent et leurs
échanges avec d'autres individus. Peu ou pas d'attention est
portée à l'origine des biens et des services ou à
la distinction entre ce que la nature met à notre disposition et
ce que la classe ouvrière produit par son travail en
transformant les richesses de la Terre-Mère. Ils ignorent
surtout comment ce processus de production a lieu, de la transformation
de la matière première en valeur d'usage ou bien les
arrangements qui existent pour faciliter la production sociale ou bien
la manipuler en faveur des possesseurs du capital monopoliste.
Ils refusent d'enquêter sur les lois naturelles
inhérentes à l'économie socialisée, et
débitent des notions non scientifiques entremêlées
d'idées qui favorisent le statu quo et les intérêts
de la classe privilégiée. Aucune pensée n'est
donnée aux contradictions au sein du processus de production
lui-même, en particulier aux rapports humains qui doivent
être modifiés et modernisés afin de les rendre
conformes au processus de production socialisée moderne.
L'intervention de l'État pour réprimer la
lutte de classe de la classe ouvrière
 
Affiche dénonçant la Loi sur l'emploi, une loi
antisyndicale du gouvernement Thatcher de 1982. Cette loi augmentait
l'indemnisation des travailleurs licenciés en raison de
l'atelier fermé et restreignait l'activité des syndicats
à la défense
des droits des travailleurs. Cliquez sur l'affiche pour l'agrandir.
La lutte de classe pour supprimer les
inégalités, pour garantir les nécessités de
la vie, notamment en interférant avec le marché ou en
limitant ses effets, etc. est considérée comme
insensée et dangereuse par les néolibéraux. Il
s'ensuit que non seulement les luttes sociales, économiques et
autres devraient abandonnées mais qu'elles devraient être
réprimées.
La répudiation des luttes unies de la classe
ouvrière, de la syndicalisation, etc. par les libertariens
s'incrit dans le même ordre d'idée. Pour la cause commune,
la lutte de classe veut restreindre la liberté individuelle
d'exploiter et le fonctionnement libre et sans entraves du
marché du travail.
(Les néolibéraux ne sont pas
différents de ceux qui rejetaient la lutte de classe des
esclaves et refusaient la restriction de la traite libre et sans
entraves des esclaves d'Afrique et d'autres continents durant la longue
période de l'esclavage aux États-Unis. Cette lutte de
classe imposait des limites à la liberté individuelle
d'exploiter et interférait avec le fonctionnement libre et sans
entraves de la traite des esclaves.
Le but et le contenu du marché des esclaves et du
marché de la force de travail sont similaires : la capture et
l'usage de la force de travail ou de la capacité d'autrui de
créer des richesses privées pour une élite
privilégiée qui possède les moyens de production.
La forme est différente, car l'esclavage implique la
propriété de l'être humain qui fournit la force de
travail tandis que l'esclavage salarié entraîne la
propriété de la force de travail mais non celle de
l'être humain qui la fournit. L'être humain qui vend sa
force de travail sur le marché du travail est
considéré comme libre de choisir le propriétaire
de sa force de travail, mais cette force de travail une fois vendue, il
est tout aussi réduit en esclavage que la force de travail de
l'esclave vendus.)
Dans la tradition libérale classique, les actions
collectives de la classe ouvrière pour défendre et faire
avancer ses intérêts sont considérées comme
une conspiration contre la liberté du commerce et doivent
être réprimées par l'État libéral.
Les libertariens veulent que l'État garantisse le bon
fonctionnement du «libre marché », y compris le
marché du travail.
Le rôle de l'État est de garantir le
fonctionnement du marché du travail et de ne permettre à
personne, à aucun collectif de travailleurs et à aucune
loi ou règlement d'interférer dans son fonctionnement
libre et sans entraves. Pour garantir cette conception de la
liberté individuelle, il est nécessaire d'interdire la
résistance organisée de la classe ouvrière qui
défend les droits des toutes les sections de la classe, les
droits de tous et les intérêts généraux de
la société
L'objection de Thatcher au monopole vise en fait
l'action collective de la classe ouvrière et non celle du
capital financier. Tony Blair a poussé cette logique plus loin
en déclarant que le temps de la lutte des classes était
terminé.
Hayek et ses disciples ne croient pas que le capitalisme
monopoliste et le monopole soient liés à la nature du
capitalisme et soient le produit du développement du
capitalisme. Au contraire, pour eux, le monopole est essentiellement un
produit de l'intervention étatique, qui doit être
éliminée afin d'atteindre «la liberté
».
Les attaques contre la société et le
démantèlement
des programmes sociaux
Margaret Thatcher rejette la notion de
société et de justice sociale en empruntant à
Hayek la notion que l'idée même de justice sociale est un
« mirage ». Elle ne fait aucun sens puisque le
fonctionnement impersonnel, spontané du marché ne peut
être ni juste ni injuste. Les concepts de société
et de justice sociale sont des menaces parce que leur défense
mène à imposer des contraintes au marché et
conduit au socialisme.
Cela implique également que les programmes
sociaux publics doivent être démantelés car ils
sont une forme de redistribution des revenus et impliquent
l'interférence avec le marché. Une fois les programmes
sociaux supprimés, il ne reste que la charité: des
individus libres et fortunés qui décident à leur
guise de donner à des organismes de bienfaisance et
décident quel genre d'organisme de bienfaisance doit exister. La
personne riche est totalement autonome, souveraine, et en plein
contrôle de faire ce qu'elle veut de sa richesse.

Le statu quo de l'inégalité et le
système, dans la mesure où il est véritablement
libéral, sont sacrés. Le fait que les individus libres
abstraits qui pourraient entrer dans ce paradis libéral (dans la
mesure où il n'existe pas encore complètement) soient
inégaux en termes de richesses (et d'autres aspects de la vie),
et le fait admis que ceux qui ont des richesses auront un avantage
énorme importe peu à Hayek. Hayek rejette
également la notion d'égalité des chances, qui
pourtant est à la base du rêve américain et de la
société civile américaine, parce qu'elle implique
une intervention de l'État.
Hayek écrit: « Ce qui est d'ordinaire
appelé une économie sociale ou nationale n'est pas en ce
sens une unité économique mais un réseau de
nombreuses économies imbriquées les unes dans les autres.
[...] Pourtant, chaque fois que nous parlons de l'économie d'un
pays, ou du monde, nous employons un terme qui suggère que ces
systèmes devraient être conduits à la
manière socialiste, et dirigés suivant un plan unique de
façon à servir un ensemble unitaire d'objectifs. »
La position de Thatcher que la société
humaine n'existe pas vient de l'idée de Hayek qu'une entreprise,
une ferme, un magasin, les activités économiques d'un
individu sont des économies, mais ce que nous appelons
l'économie d'un pays ne l'est pas. C'est plutôt un simple
agrégat d'innombrables activités qui pour lui sont la
véritable économie.
Ce regroupement d'individus et de familles,
l'organisation et la cohésion sociales ne sont pas le produit de
l'évolution de l'histoire, mais simplement un mirage, une
construction sociale jugée utile à un moment particulier
sous la forme d'un contrat social, mais qui maintenant est
dépassée et devrait être supprimée.
Ce qui existe est un soi-disant agrégat
d'économies que Hayek appelle « catallaxie ». [2]
Le credo de Thatcher: Il n'y a pas d'alternative, alors
taisez-vous

Les émeutes de Brixton en 1981 à
Londres provoquées par l'insécurité sociale et
économique que vivaient les jeunes, en
particulier les jeunes des minorités nationales. Cette situation
était la conséquence de la politique antisociale
thatchérienne
qui les privait de tout avenir.
Le credo de Margaret Thatcher, qui a été
adopté par tous les gouvernements néolibéraux
d'aujourd'hui, était: Il n'y a pas d'alternative! Taisez-vous,
acceptez votre sort, faites ce qu'on vous dit.
Des règles uniformes de juste conduite et
l'excuse « ce n'est qu'équitable », ce que Harper
appelle les «valeurs canadiennes », sont invoquées
pour criminaliser la dissidence et réprimer le droit de
conscience. Tout cela est fait au nom d'un ordre abstrait. Ce
même argument est utilisé pour exiger de ceux qui ne sont
pas directement touchés qu'ils s'opposent à ceux qui font
des réclamations et qu'ils appuient la répression par
l'État libertarien et le recours à des mesures de
coercition contre eux.
Hayek écrit: « Bien entendu, les
intérêts communs de ceux dont la situation est
affectée par les mêmes circonstances engendrent
normalement une puissante communauté d'opinion quant à ce
qui leur est dû, et fournissent un mobile d'action commune; mais
toute action de groupe de cette nature pour assurer à ses
membres un certain revenu ou une certaine position fait obstacle
à l'intégration de la Grande Société
(l'utopie libérale d'Hayek) et donc est, au sens propre du
terme, antisociale. »
Il suffit de lire ce qu'écrit Hayek sur «
la source principale de la richesse » pour voir l'incitatif
idéologique à la base de l'enthousiasme de Margaret
Thatcher à privatiser les actifs publics avec des arrangements
pour payer les riches, à démanteler les programmes
sociaux et à machiner des renflouements, et maintenant des
recapitalisations internes [bail-in en anglais] (la confiscation par
l'État des comptes bancaires personnels et commerciaux), qui,
par la suite, ont été repris par des gens comme Stephen
Harper, tous les premiers ministres provinciaux et même Barack
Obama.
Selon Hayek, la richesse ou la valeur d'usage n'est pas
créée par le temps de travail de la classe
ouvrière appliqué à la transformation de la nature
en utilisant des moyens de production créés par le temps
de travail d'autres travailleurs ou par celui des travailleurs qui les
ont précédés. Évidemment puisque, du point
de vue de ceux qui possèdent et contrôlent
l'économie socialisée, le travail ou le temps de travail
est simplement un apport incontournable, quoique indésirable, et
un coût pour les possesseurs du capital.
Armé de l'assurance que ceux qui dominent les
affaires politiques et économiques et qui possèdent des
privilèges de classe énormes l'applaudiront et le
récompenseront, Hayek écrit: « Ceux qui prennent
pour cible la grande richesse privée n'ont pas compris que ce
qui en est la principale source n'est ni l'effort physique ni le simple
fait d'épargner et d'investir, mais l'aptitude à orienter
les ressources vers leur emploi le plus productif. Il est indubitable
que la majorité de ceux qui ont édifié de grandes
fortunes sous forme de nouvelles industries ont plus efficacement servi
leurs semblables en créant des possibilités plus
nombreuses d'emplois plus rémunérateurs, que s'ils
avaient distribué aux pauvres leur superflu. C'est une
absurdité de présenter comme nuisant aux travailleurs les
gens qui dans des cas de ce genre leur ont fait le plus de bien. »
La classe ouvrière devrait être
reconnaissante que la valeur qu'elle crée par son temps de
travail va à «la grande richesse privée » et
non pas aux travailleurs individuels, à la reproduction
élargie de l'économie socialisée afin de garantir
les droits et la sécurité de tous et les
intérêts généraux de la
société.
Un argument fondamental de Hayek et al est que la connaissance des
phénomènes économiques complexes et changeants est
largement dispersée parmi des millions d'individus. Par
conséquent, l'État ou les collectifs de travailleurs des
différents secteurs de l'économie ne peuvent jamais
savoir ce dont ils ont besoin pour élaborer un plan conscient et
précis de l'économie. À cause de ce manque
possible d'une vue d'ensemble de l'économie ou de ses secteurs
de base - et à cause de certains autres facteurs, comme
l'inégalité inhérente des êtres humains qui
sert à justifier l'exploitation accrue des «
inégaux » par ceux qui sont « plus égaux
» et à nier que toutes les personnes quelles que soient
leur position sociale et leurs capacités ont des droits à
cause de leur humanité - le seul rôle de l'État
doit être de favoriser le « libre marché »,
qui permet aux individus d'utiliser leurs bribes de connaissances, et
la connaissance de leurs propres désirs et objectifs, comme bon
leur semble. Ainsi, spontanément, chaque individu en tirera le
bénéfice maximum. C'est la meilleure, voire la seule
voie, à suivre.
Il y a une alternative; il y a toujours eu une
alternative
pour les êtres humains au cours de l'histoire!
Thatcher a été une pionnière de la
tendance antisociale contemporaine, qui a ses origines dans la
contre-révolution bourgeoise conçue par l'Association
démocratique internationale (IDA). Thatcher a été
l'un de ses dirigeants avec Ronald Reagan et Helmut Kohl.
La tendance antisociale est justifiée par la
logique perverse de la bourgeoisie qu'il n'y a pas d'alternative. Cette
théorie est totalement intéressée puisqu'elle est
fondée sur la considération que pour assurer la
continuité du système capitaliste la seule alternative
est d'être antisocial.
Cette tendance antisociale à comme base:
- L'inviolabilité de la propriété
privée;
- La glorification de l'intérêt individuel
au détriment des intérêts collectifs, des
intérêts de la société et de
l'intérêt individuel de ceux qui ne font pas partie de
l'élite privilégiée; et
- le déni des droits de tous et de toute
responsabilité sociale envers les individus, les collectifs et
la société en général.
Selon les idéologues de cette tendance
antisociale, la société n'existe pas. Pour eux, la
famille est l'unique et seule fin de la vie. L'individu idéal
est celui qui se consacre entièrement à la famille.
Les gouvernements qui suivent cette tendance antisociale
prennent des mesures budgétaires et fiscales contraires aux
intérêts généraux de la
société. Ils justifient ces mesures clairement
dangereuses pour les intérêts de la grande majorité
du peuple en disant qu'elles sont dans son intérêt et que
cette tendance antisociale sera bénéfique à long
terme.
Le PCC(M-L) a combattu la grande influence de cette
tendance antisociale dans le mouvement ouvrier et sa propension
à limiter les luttes des travailleurs aux objectifs les plus
étroits. Alors que la grande production est la principale
caractéristique de la société moderne, les
travailleurs sont encore appelés à ne considérer
que leurs propres intérêts. Mais cela n'est pas possible
dans une société moderne qui a une économie
socialisée, sauf pour l'élite privilégiée
qui possède et contrôle les moyens de production et la
richesse que produit la classe ouvrière.
L'individualisme est encouragé dans la classe
ouvrière pour créer le plus de division possible dans ses
rangs et étouffer son aspiration à une
société libre de l'esclavage salarié et de toute
exploitation. Cela a également des conséquences
désastreuses pour la grande majorité des travailleurs
dont les intérêts ne sont pas garantis, que ce soit
pendant leur vie active ou lorsqu'ils sont privés de moyens de
subsistance parce qu'à la retraite, malades ou accidentés.
Alors que les travailleurs vivent dans une
société moderne qui a une économie
socialisée, leurs rêves et leurs aspirations à une
vie cultivée et à la sécurité ne sont pas
garanties par la société néolibérale. Ils
sont écrasés par l'idéal néolibéral
comme personnes qui ont des besoins et des désirs individuels,
comme membres de leurs collectifs, car ces collectifs sont en
contradiction avec le libre marché, et comme membres socialement
responsables et conscients de la société qui veulent
faire une contribution à ses intérêts
généraux.
Nombre d'idées visant à renforcer le
facteur anti-humain / anti-conscience sociale sont imposées
à classe ouvrière, comme celle qui veut que le seul
problème qui se pose pour les travailleurs est la mauvaise
gestion de l'économie ou la répartition
inéquitable des ressources et de la production, ou celle qui
veut que l'économie pourrait être mieux
gérée si les bonnes politiques étaient
appliquées plutôt que les mauvaises.
Pour empêcher les travailleurs d'exiger la fin de
l'esclavage salarié et de l'exploitation des personnes par des
personnes, ils sont entraînés dans d'interminables
débats sur des objectifs de politiques, qui peuvent se
matérialiser ou ne pas se matérialiser, sur lesquels ils
n'ont aucun contrôle. Ils sont poussés à demander
une redistribution plus équitable des ressources
économiques et à ne pas s'attaquer au problème de
qui décide de la direction de l'économie et pourquoi les
véritables producteurs n'ont aucun contrôle sur ces
décisions, quelles qu'elles soient.
Le facteur humain/conscience sociale
Le facteur humain/conscience sociale est le produit
spécifique de la production à grande échelle. Le
facteur humain/conscience sociale au sens objectif est la force humaine
sensorielle et matérielle qui contrôle la
société. Il signifie l'émancipation
complète de la classe ouvrière et de l'humanité
tout entière. À l'inverse, la tendance antisociale
signifie l'élimination de toute perspective
d'émancipation et l'intensification de l'exploitation de la
classe ouvrière et de tous les travailleurs.
Le facteur humain/conscience sociale constitue un tout
unique axé sur l'ouverture de la voie du progrès de la
société. Les êtres humains et leurs familles ne
sont pas séparés de lui. L'objectif de la tendance
antisociale est précisément de couper les êtres
humains et leurs familles de la tâche historique
d'émanciper la classe ouvrière et l'humanité tout
entière. La tendance antisociale est la tendance antipeuple la
plus pernicieuse et destructrice qui est apparue au cours de cette
période de repli de la révolution.
La classe ouvrière et tous les travailleurs
luttent objectivement contre cette tendance antisociale en
résistant au rejet du fardeau de la crise sur leur dos et en
faisant avancer le programme pro-social: Arrêtez de payer les riches!
Augmentez les investissements dans les programmes sociaux! Pour un
gouvernement antiguerre! Il est nécessaire
d'élever la conscience et l'organisation des travailleurs pour
qu'ils soient capables de renverser la situation. Ils doivent saisir la
nature de cette tendance antisociale et que son objectif historique est
l'asservissement total de la classe ouvrière et de
l'humanité tout entière. Le PCC(M-L) s'est saisi de la
nécessité immédiate de fournir une explication
théorique complète de cette tendance antisociale tout en
menant la lutte idéologique la plus résolue, en
organisant la classe ouvrière pour la défense de ses
objectifs à court et à long terme et en fournissant une
direction pratique.
Notes
1. Le chauvinisme anglais de
Thatcher était tel qu'elle niait l'évolution historique
des autres pays comme l'Inde, la Chine. Thatcher n'en connaissait pas
l'histoire. Par exemple, au Japon, les lois écrites limitant le
pouvoir absolu de l'empereur sont apparues à l'ère
moderne du VIIIe siècle, bien avant la Magna Carta. Cela a
coïncidé avec la montée en puissance et
l'augmentation de la production dans les 58 comtés et les trois
îles du Japon. L'arrivée au pouvoir du clan samouraï
Genji en 1185 a marqué la fin de la puissance absolue de
l'empereur shinto et de l'ancien arrangement communal. Le Shogunat de
Kamakura, la montée en puissance des samouraïs (et de la
religion féodale bouddhiste) et l'affaiblissement des pouvoirs
de l'empereur Shinto et de l'aristocratie (kizoku -
littéralement « nobles ») a ouvert la voie aux
arrangements de type féodal décentralisés dans
tout le Japon. Ces arrangements disparus au début du XIXe
siècle avec le développement des forces productives, le
passage à la fabrication moderne et à la production de
masse, et devant les menaces d'invasion de l'impérialisme
américain et européen. La Restauration Meiji de 1868 a
instauré des rapports de production capitalistes, un pouvoir
national centralisé, et créé une armée
nationale et d'autres institutions nationales. La dynastie des anciens
empereurs Shinto a été restaurée comme symbole
d'un Japon uni autour d'un projet d'édification nationale.
2. « Une catallaxie est ainsi
l'espèce particulière d'ordre spontané produit par
le marché à travers les actes de gens qui se conforment
aux règles juridiques concernant la propriété, les
dommages et les contrats », écrit Hayek . Il
définit la catallaxie comme un jeu de production de la richesse
dans lequel: « Il n'y a pas lieu de fournir une justification
morale pour des répartitions objectives de revenus ou de
richesses qui n'ont pas été engendrées
délibérément, mais qui sont le résultat
d'un jeu que l'on a pratiqué parce qu'il augmente les chances de
tous les joueurs. [Et] alors que le gain de chaque joueur dans le jeu
de catalIaxie sera déterminé en partie par son
habileté et en partie par sa chance, le contenu de cette part
allouée à ce joueur par ce jeu mixte de hasard et
d'habileté constituera réellement un maximum.
« Il serait évidemment
déraisonnable d'attendre davantage du fonctionnement d'un
système dans lequel les nombreux acteurs ne servent pas une
commune hiérarchie de fins, mais coopèrent les uns avec
les autres seulement parce que ainsi ils s'entraident en fait dans la
poursuite individuelle de leurs fins respectives. Rien d'autre n'est en
réalité possible dans un ordre où les participants
sont libres, en ce sens que rien ne les empêche d'employer ce
qu'ils savent par eux-mêmes, pour des buts choisis par
eux-mêmes. Aussi longtemps que l'on joue ce jeu - le seul par
lequel toutes ces connaissances peuvent être utilisées et
toutes ces fins prises en compte -, il serait illogique et injuste de
détourner une partie du flux de biens vers tel ou tel groupe de
joueurs qui, aux yeux de quelque autorité, le mériterait.
« Dans un ordre spontané, des
déceptions imméritées ne peuvent pas ne pas se
produire. Elles provoquent forcément de l'amertume et un
sentiment d'avoir été traité injustement, alors
cependant que personne n'a agi injustement. Les
intéressés élèvent
généralement, en toute bonne foi et au nom de la justice,
des demandes d'indemnisation. Mais si l'on veut cantonner la contrainte
dans la sanction de règles uniformes de juste conduite, il est
essentiel que le gouvernement ne possède pas le pouvoir
d'accéder à de telles exigences. Ceux dont la position se
trouve rabaissée et qui s'en plaignent en sont là pour
avoir couru les mêmes chances par qui d'autres se trouvent
maintenant favorisés, et dont eux-mêmes
précédemment avaient bénéficié.
C'est uniquement parce que d'innombrables autres personnes supportent
de voir leurs raisonnables espérances déçues, que
tout le monde a le haut niveau de revenu atteint de nos jours; et, par
conséquent, il n'est que normal d'accepter le cours des
événements lorsqu'ils vous sont défavorables. Ce
qui est vrai d'un individu à cet égard l'est tout autant
des membres d'un groupe nombreux de gens qui éprouvent ce
sentiment d'amertume et qui font bloc pour protester - auquel cas l'on
en vient à regarder le changement intervenu comme un «
problème social ». »
(Sources: Archives du LML, Centre de
ressources Hardial Bains. Citations de Hayek: Le mirage de la justice
sociale. Photos: LML, Workers' Weekly, TUC)

Il y a une alternative!
- Hardial Bains -
Prenant la parole à un plénum
élargi du Comité central en novembre 1992, le dirigeant
du PCC(M-L) Hardial Bains a proposé « Il y a une
alternative! » comme thème du VIe Congrès du Parti
qui allait avoir lieu en 1993. Dans le cours des
délibérations, il a expliqué que contre la notion
qu'« il 'y a pas d'alternative » il est nécessaire
d'opposer une alternative pro-sociale.
« Le Parti communiste du Canada
(marxiste-léniniste), la classe ouvrière et les masses
populaires n'acceptent pas la notion qu'il n'y a pas d'alternative
à l'«économie de marché», sinon le
malheur et la destruction, a dit Hardial Bains. Ce n'est pas parce que
les conservateurs sont incapables d'avancer, qu'ils ont la nostalgie
d'un passé qu'ils aiment peindre tout en rose, qu'il n'y a pas
d'autre voie », a-t-il précisé. Faisant
référence à la façon dont les médias
parlent de radicaux et de conservateurs de l'ancienne Union
soviétique et des pays d'Europe de l'Est qui ont
abandonné le socialisme, il a fait remarquer que « c'est
aussi le cas des radicauxqui ferment les yeux sur le vécu de
l'humanité face au fardeau de l'exploitation capitaliste et de
la misère qu'elle engendre, et prétendent qu'il n'y a pas
d'autre voie que l'économie de marché capitaliste et ses
ravages. »
Le camarade Bains a poursuivi:
« Or il existe une alternative, c'est celle de donner un pouvoir
réel à la classe ouvrière et au peuple, la voie de
l'abolition des privilèges de classe et du renouveau du
fédéralisme et de la démocratie. C'est la voie qui
place les femmes et les hommes au centre de la solution des
problèmes auxquels ils font face. En s'affirmant, ils peuvent
s'assurer que le système économique les serve et que leur
idéal se réalise, celui de l'abolition des classes
exploiteuses.
Les radicaux et les conservateurs, ceux qui
réclament l'économie de marché et ceux qui ont la
nostalgie de ce qu'on appelle l'économie dirigée,
oublient une chose: ils parlent à partir du passé et ne
voient pas l'avenir.
Il est crucial de repartir à zéro. Le
nouveau départ doit être solidement ancré dans le
présent. Les femmes et les hommes doivent avoir les deux pieds
solidement plantés dans le sol du présent. C'est la
voie qui d'un nouveau départ tout en préservant le
passé en conjurant sa nostalgie.
L'alternative de la classe ouvrière est de se
donner un programme pour son émancipation. Les couches moyennes
ont aussi une voie: se donner un programme pour leur
émancipation.
La classe capitaliste est au pouvoir. Elle est
déjà libre dans le vrai sens du mot. Elle jouit de tous
les meilleurs acquis de la société. Elle n'a pas d'autre
voie que de perpétuer son pouvoir.
Sachant très bien que le radicalisme et le
conservatisme sont au service de la classe capitaliste, elle dit aux
travailleurs et aux couches moyennes que le radicalisme et le
conservatisme sont la voie de l'avenir. La classe ouvrière et
les couches moyennes sont perplexes: comment peuvent-ils
représenter la voie de l'avenir?
Les conservateurs faisaient la pluie et le beau temps
auparavant. Ils n'ont pas trouvé les moyens de donner le pouvoir
à la classe ouvrière. Ils n'ont pas créé
les conditions pour l'abolition des privilèges de classe et des
classes exploiteuses.
Les radicaux, d'autre part, déclarent que la
voie de l'avenir est de rétablir les privilèges de classe
et les classes exploiteuses. Comment la classe ouvrière et le
peuple peuvent-ils accepter cela comme avenir de la
société?
Au Canada, les gens par milliers ont proclamé
leur désir d'être au centre des développements. Ils
veulent participer au processus politique et ils veulent apporter des
changements en se rendant maîtres de la situation. Ils demandent
que des mécanismes soient mis en place qui leur permettent
d'exercer le pouvoir. Ils cherchent une autre voie et on peut dire
qu'ils ouvrent l'autre voie. Dire non aux plans des radicaux et des
conservateurs est l'autre voie.
Lorsque l'électorat canadien a battu l'Accord de
Charlottetown au référendum de 1992, il a proclamé
qu'il ne suivrait plus ceux qui ont le pouvoir au Canada et qui
jouissent des privilèges pour perpétuer le statu quo. Il
déclarait fort et en pratique qu'il a une alternative.
Ceux qui forment l'establishment au Canada ont
été atterrés. Ils n'avaient jamais vu une chose
pareille. Irrités, ils ont voulu gronder l'électorat:
«Nous vous avons fait confiance, a dit Bob Rae. Maintenant c'est
à vous de nous faire confiance.» Mais les gens ont
préféré ne pas leur faire confiance, ce qui montre
en pratique qu'il y a une alternative.
Si l'establishment était uni comme un seul homme
durant la campagne référendaire, maintenant il est
divisé sur toutes les questions sur une base partisane. Ces
forces ne sauraient unir le peuple autour de leurs propositions de
préserver le statu quo. Beaucoup durant la campagne
référendaire ont proposé de ne pas participer,
mais la classe ouvrière et les masses du peuple ont
trouvé leur voie. Ils ont proclamé cette voie en votant
Non.
Les statistiques sur le vote montrent que les
travailleurs et les jeunes ont voté Non plus que tous les autres
groupes sociaux, prouvant de façon concrète que l'autre
voie est du côté de ceux qui représentent l'avenir
de la société.
Partant du présent et en analysant le
passé, il est clair pourquoi cette voie est la voie de l'avenir.
Par qui le pouvoir doit-il être exercé aujourd'hui? Qui
doit pouvoir profiter du suffrage universel? Qui doit exercer la
volonté juridique de la société? Ne faut-il pas
harmoniser la volonté juridique et la volonté populaire?
Ainsi l'autre voie se fait-elle entendre clairement. Il ne fait pas de
doute qu'il y existe une autre voie.
[...] Ce qu'il faut, c'est vigoureusement ouvrir la
voie en théorie et en pratique pour que le peuple puisse avancer
et effectuer le renouveau de la société qui est à
l'ordre du jour. C'est cela l'autre voie, la voie qui ne consiste pas
à rester dans l'ombre du passé.
L'histoire a prouvé que, sauf quelques
exceptions, tous ceux qui dans le monde ont fait des promesses au cours
des quarante dernières années n'ont pas tenu leurs
promesses. Le capitalisme avait commencé par promettre
l'élimination du chômage et a fini par dire que le
chômage était « un mal nécessaire ».
Les programmes sociaux qui étaient autrefois
considérés comme « sacrés» sont
maintenant menacés de disparition.
Les radicaux prétendent pouvoir éliminer
les maux de l'économie dirigée en adoptant des mesures
qui ont déjà plongé des pays comme le Canada dans
une grave crise. Il y avait la promesse que l'édification du
socialisme passerait à une étape supérieure,
à l'étape d'un socialisme développé qui
serait le prélude du communisme. Mais cette étape a
été remplacée par le pseudo-socialisme sous lequel
les privilèges de classe ont été restaurés,
puis on est passé à l'élimination du socialisme,
et ce sont les classes elles-mêmes qui ont été
restaurées.
Les conservateurs parlent des gains
réalisés par les travailleurs sous le socialisme, gains
qu'ils ont maintenant perdus, mais ils ne parlent pas des conditions
actuelles et n'ont pas d'autre voie à proposer que le
passé.
Lorsque Margaret Thatcher proclamait qu'il n'y a pas
d'alternative, elle parlait au nom des radicaux et des conservateurs
pour qui la voie vers l'avant de donner le pouvoir au peuple et de
placer les êtres humains au centre du développement est
une abomination.
Ils parlent d'idées et d'institutions, de
structures et de superstructures comme si ces choses étaient
tout ce qui compte. Pour eux, les êtres humains sont sans
importance, ils ne sont qu'un moyen de réaliser leurs plans pour
conserver leurs privilèges de classe et préserver les
classes exploiteuses à jamais.
Le VIe Congrès du Parti communiste du Canada
(marxiste-léniniste), sous le thème: IL Y A UNE
ALTERNATIVE!, ferait ressortir la force vive des propositions
théoriques provenant de l'analyse du présent et servant
à donner le pouvoir à la classe ouvrière et au
peuple pour qu'ils puissent participer à la résolution
des problèmes de leur environnement social et naturel. Dans ce
contexte, ils peuvent affirmer leur humanité en humanisant la
société.
En dernière analyse, l'autre voie consiste
à humaniser l'environnement, l'idéal hérité
du passé auquel aspire l'humanité depuis des
générations, auquel ont oeuvré tous ceux qui ont
refusé de se laisser intimider par ceux qui ont cherché
à vivre dans le passé et qui veulent relever les
défis du futur.
Ce thème permettrait entre autres aux
délégués et observateurs et à tout le monde
de délibérer sur les caractéristiques les plus
importantes des conditions actuelles et de s'affirmer en s'assurant que
le Congrès prenne les décisions qui s'imposent.
Le VIe Congrès sera un congrès de
l'affirmation des êtres humains, de leurs aspirations et de leurs
efforts pour humaniser l'environnement. Il mettra fin une fois pour
toutes à la notion voulant que les partis politiques sont
l'instrument d'une poignée d'individus qui cherchent à
placer leurs idées sur un piédestal de sorte à
éliminer toute possibilité de progrès.
Les congrès et les conventions que tiennent les
partis capitalistes placent les ambitions de l'individu ou du groupe
d'individus au centre et ces derniers, forts de leurs privilèges
et de leur pouvoir, créent un climat d'exaltation
générale qui les favorise. Le Congrès du Parti
sera un congrès au service du peuple, un congrès qui lui
ouvrira une voie pour se bâtir un avenir.
En présentant cette proposition, je suis
également convaincu que ce thème: Il y a une
alternative!, accroîtra encore plus l'espace politique et
idéologique dans lequel opère le Parti, de sorte qu'il
demeure toujours à l'avant-garde de la société.
Après tout, le Parti communiste du Canada
(marxiste-léniniste) n'a pas d'autre but que de transformer la
société par les méthodes qui donnent le pouvoir au
peuple.
Trouver les moyens de donner le pouvoir au peuple est
un pas de géant vers toute transformation
révolutionnaire. C'est aussi une nécessité
aujourd'hui. Ce pouvoir appartient à l'ensemble du peuple et il
est essentiel que ce dernier participe à l'invention des moyens
de se donner le pouvoir. Le Parti est l'instrument de cet effort.
À mesure que ce travail progresse et que se
produisent des changements concrets, les conditions elles-mêmes
proclameront: Il y a une alternative!

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Marxiste-Léniniste
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