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Numéro 59 - 12
avril
2013
Nouveau Parti
démocratique et
Parti libéral
Les deux congrès
  
Nouveau
Parti
démocratique
et Parti libéral
• Les deux congrès
• Congrès biennal
du Nouveau Parti
démocratique à Montréal
• La course à la
direction du Parti
libéral du Canada
Nouveau Parti démocratique
et
Parti libéral
Les deux congrès
Le Parti libéral du Canada et le Nouveau
Parti
démocratique tiennent tous deux leur
congrès en fin de
semaine.
Le NPD tient un congrès d'orientation du
12 au 14 avril à Montréal.
C'est son premier
congrès national depuis que Thomas Mulcair
a été
élu chef le 24 mars 2012 suite
à la mort de
Jack Layton.
Par ailleurs le Parti libéral tient un
congrès à la chefferie le
14 avril à Ottawa.
Ce sera la conclusion de la course à la
chefferie et du vote par
téléphone et courrier
électronique
débuté le 6 avril après
la
présentation des candidats à
Toronto. Les libéraux
sont sans chef officiel depuis la démission
de Michael Ignatieff
suite à la défaite
subie à l'élection
fédérale du 2 mai
2011.
À l'élection fédérale
2011,
le Parti conservateur mené par Stephen
Harper a gagné sa
première majorité avec
166 sièges. Le NPD est
devenu l'Opposition officielle avec
103 sièges, dont
59 au Québec, et les libéraux
ont été
réduits à 34 sièges. Les
conservateurs ont pu
obtenir leur majorité grâce à
un faible taux de
participation, à l'incapacité du
mouvement ouvrier de
défaire Harper dans la grande région
métropolitaine de Toronto et à
l'utilisation par les conservateurs
d'un système avancé de micro-ciblage
basé sur une
banque de données contenant une grande
quantité de
renseignements personnels sur les
électeurs. La nature non
représentative du système
politique du Canada a fait en sorte que les
conservateurs ont pu
prendre le pouvoir avec le vote de seulement
24,3 % des
électeurs inscrits.
Au
lieu de se donner un
programme pour le renouveau démocratique
pour investir
l'électorat du pouvoir, ces partis ne
s'intéressent
qu'à s'investir eux-mêmes du pouvoir.
Les mesures qu'ils
prennent dans ce sens ont pour effet d'approfondir
la crise du
système de gouvernement de parti. On a pu
voir dans la
préparation du congrès comment le
Parti libéral et le NPD adoptent les
techniques des
conservateurs et maintenant celles de Obama pour
la collecte de fonds,
faire sortir le vote, les attaques personnelles ou
les moyens de les
éviter et la création d'une
atmosphère
générale à l'effet
d'être
« jeune »,
« moderne » et
« connecté », tout
cela pour gagner l'élection
générale de 2015.
Pendant ce temps, les gens au Canada entendent
des
discours à propos du
« renouveau » et du
« changement ». Les partis
rivalisent pour
être les champions de ce qu'ils appellent
les
« vraies » valeurs
canadiennes pour gagner.
Harper prétend qu'il représente les
valeurs
modérées de la « classe
moyenne », les valeurs canadiennes
mitoyennes, comme les
libéraux. Avec Mulcair, le NPD
s'éloigne de
l'identification aux travailleurs et veut
également attirer ce
qu'il appelle la classe moyenne, comme si c'est
là qu'on
trouvait la majorité des Canadiens.
Le National Post décrit comment
les
libéraux cherchent à battre les
conservateurs à ce
jeu (établir leurs bases de données
pour des campagnes de
micro-ciblage et gagner la prochaine
élection), le tout
basé sur le modèle établi par
la campagne Obama.
Expliquant que la campagne Trudeau est
modelée sur la campagne
Obama, le Post écrit :
« La campagne
Obama a utilisé Internet pour recueillir
des données sur
les électeurs potentiels : de courts
sondages en ligne qui
mènent à des envois postaux plus
détaillés
et ensuite les renseignements sont colligés
pour envoyer aux
électeurs des messages qui correspondent
à leurs
convictions et intérêts.
L'argent recueilli (650 millions $ ne
serait-ce que par le
comité de campagne) a ensuite
été utilisé
pour des campagnes télévisées
avec le slogan 'Un
changement dans lequel nous pouvons croire', un
avantage qui a
propulsé M. Obama à la Maison
blanche. »
« L'équipe de M. Trudeau est la
meilleure de toute l'industrie (Gerald Butts a
été au
centre de la campagne pour l'élection et la
réélection de Dalton McGuinty depuis
2003) et elle a
appris les leçons de la campagne Obama. M.
Trudeau semble parti
non seulement pour gagner la course à la
direction, mais aussi
pour renflouer les coffres
du parti qui sont à sec. »
Dans un autre article : « Les
bénévoles font la ligne pour offrir
leur temps ce qui,
comme le sait tout organisateur politique, veut
dire de l'argent. Des
jeunes gens de la Génération C (pour
« Connectée ») qui
n'ont peut-être
pas d'argent eux-mêmes offrent d'aider
à cibler les femmes
qui regardent Grey's Anatomy,
c'est-à-dire celles qui ont de l'argent et
ont de bonnes
dispositions pour le jeune M.
Trudeau. »
« Quiconque a suivi la campagne de
Barack
Obama en 2008 sait que la campagne de M.
Trudeau est très
semblable. Le candidat à la
présidence avait uni la
technologie et une imposante organisation de
jeunes de 18-29 ans
sur le terrain.
« M. Obama a établi un rapport
avec
les jeunes électeurs par Facebook et My
Space en parlant de
choses qui les préoccupent. Mais il n'a pas
compté sur
eux pour le vote ou pour les dons, il s'est servi
d'eux pour inspirer
et rallier d'autres secteurs par des initiatives
comme le programme
Voisin à Voisin. Plus d'un million d'appels
ont
été faits par des gens qui voulaient
faire
connaître M. Obama à leurs voisins
avec des portables et
des ordinateurs de bureau à partir de la
maison. »
La
politique
électorale de style américain peut
se voir aussi au NPD.
Un des 14 orateurs invités au
congrès est Jeremy
Bird, directeur national sur le terrain de la
campagne
« Obama pour l'Amérique
2012 ». Le NPD dit
que Bird est un des architectes de la victoire
décisive du
président Obama à l'élection
de 2012, qu'il l'a
aidé « à bâtir ce
que The Guardian
appelle une opération historique sur le
terrain qui fournira le
modèle aux campagnes politiques en
Amérique et dans le
monde pour les années qui
viennent ».
Les médias associent le renouveau à
être « jeune »,
« moderne » et
« connecté ». Par
exemple, dans un article
on lit : « En date du 3 mars,
M. Trudeau
était suivi par 189 888 personnes
sur Twitter, tandis
que M. Garneau n'était suivi que par
12 032 abonnés et
l'ancienne députée Martha Hall
Findlay par seulement
7 600.
« Renforçant la notion que
Justin
Trudeau est en train de rassembler les jeunes et
les électeurs
désenchantés, la Presse canadienne
rapporte que les mots
qui reviennent le plus souvent dans les profils de
la base digitale de
M. Trudeau sont 'amour', 'étudiant' et
'écrire'. D'autres
sont associés à des termes dits plus
traditionnels, comme
'politique'. »
Le NPD dit également qu'il veut renouveler
ce que
le parti représente, en partie en changeant
les
références au socialisme dans ses
statuts. Sur cette base
il espère attirer une plus grande base
d'électeurs et les
Canadiens de « classe
moyenne ». Mais aucun de
ces processus de
« renouveau » et aucun des
partis ne touchent
à la question fondamentale d'investir
l'électorat du
pouvoir de décider.
Le problème fondamental des institutions
canadiennes aujourd'hui, qui est d'investir les
citoyens du pouvoir
politique pas les partis, n'est pas même
effleuré.

Congrès biennal du Nouveau Parti
démocratique à Montréal
Le Nouveau Parti démocratique tient son
congrès d'orientation à
Montréal du 12 au
14 avril. Environ 2000
délégués y
participent. Dans son appel aux membres, le chef
du Parti Thomas
Mulcair décrit le thème du
congrès comme
étant de « préparer le
terrain pour
défaire Stephen Harper à la
prochaine élection et
former le
premier gouvernement néodémocrate du
Canada ».
En pratique cela veut dire conserver sa base au
Québec,
c'est-à-dire ses députés
québécois
qui représentent la moitié de sa
députation au
parlement. Sans eux il n'y aura pas d'opposition
officielle
néodémocrate, sans parler d'un
gouvernement
néodémocrate. Le parti veut aussi se
débarrasser
de toute association au socialisme et à la
politique de gauche
qui, selon la direction du parti, le rend non
attrayant
pour les élites d'affaire et donc
« non
électable ».
Le Congrès est censé discuter de
résolutions regroupées dans six
catégories
correspondant aux thèmes du congrès.
Dans ces
congrès, il n'y a pas de discussion
significative. Puis le vote a
lieu sur la base de blocs regroupés pour
obtenir des
résultats précis.
Les six catégories sont :
- Innover et prospérer au sein d'une
économie basée sur l'énergie
renouvelable
- Bâtir un Canada écologique et
durable
- Gouverner au sein d'un Canada ouvert et juste
- Renforcer les droits de la personne et
l'identité canadienne
- Investir dans un Canada où personne n'est
abandonné
à son sort
- Redéfinir la place du Canada dans le
monde
Ces résolutions touchent à
plusieurs
sujets, dont la défense des droits des
travailleurs et les
droits des Premières Nations, la
défense de
l'environnement, contre le musèlement des
scientifiques et
autres employés de la fonction publique par
le gouvernement
Harper. Puis il y a une série de
résolutions sur le
thème « Bâtir sur les
gains
obtenus » qui seront votées
à la fin du
congrès. Elles portent sur les questions
constitutionnelles et
sur les moyens de défaire le gouvernement
Harper à la
prochaine élection. Dans cette
catégorie entrent des
propositions sur la coopération avec les
libéraux et le
Parti vert pour éviter une division du vote
qui donnerait une
autre victoire à
Harper.
Le taux de participation aux élections
fédérales, qui a atteint un sommet
de 79,4 % en
1958, ne cesse de chuter depuis quelque temps. Il
n'était que de
58,8 % à l'élection de
2008 et de 61,1 %
en 2011. Les sondages varient beaucoup en fonction
de quel parti fait
les manchettes mais dans l'ensemble le Parti
conservateur, le Parti libéral et le NPD se
partagent grosso
modo 30 % des intentions de vote, ce qui veut
dire qu'aucun
d'entre eux n'a vraiment une majorité
à sa portée.
Les conservateurs sont évidemment heureux
quand le vote est
divisé. Au lieu de trouver comment unir les
travailleurs pour
défaire Harper, les partis d'opposition
rivalisent
entre eux et sont incapables d'unir le peuple
contre Harper. Chacun de
ces trois partis risque d'être
éliminé
complètement avec cette rivalité.
La coopération entre le Parti
libéral et
le NPD nécessiterait que l'un ou l'autre
accepte de ne pas
présenter de candidats dans les
circonscriptions où il
est possible de battre les conservateurs si le
vote anti-Harper n'est
pas divisé. Une des raisons pour lesquelles
les partis ne
veulent pas le faire est qu'ils ont besoin des
subventions
gouvernementales qui sont proportionnelles au
nombre de vote
reçus. Ne pas présenter de candidat
dans certaines
circonscriptions veut dire se priver de revenus
importants. Le
système est devenu si anarchique qu'il ne
laisse pas de place
à une discussion rationnelle sur comment
faire pour que
ça fonctionne. La seule véritable
façon d'avancer
est de
répondre au besoin de renouveau
démocratique et de
trouver les moyens de donner un pouvoir à
l'électorat,
pas de faire des campagnes de
désinformation publique.
Le congrès se termine dimanche à
13 h
après les résolutions dites
d'urgence.
Les points forts sont censés être
les
orateurs invités et le vote de confiance
pour Thomas Mulcair,
une session intitulée « En
conversation — le
leadership vu de l'intérieur »
et une autre
« Convictions + leadership — le NPD au
Québec, hier
et aujourd'hui », tout cela le samedi
13 avril.
Parmi les orateurs internationaux il y a Jeremy
Bird,
directeur de la campagne « Obama pour
l'Amérique
2012 », Joseph Stiglitz, lauréat
du prix Nobel en
économie et ancien conseiller du
président Bill Clinton,
et Bill Shorten, ministre de l'Emploi et des
Relations de travail du
gouvernement travailliste d'Australie. Parmi les
députés néodémocrates
qui prendront la
parole, il y a Murray Rankin (Victoria,
Colombie-Britannique),
Françoise Boivin (Gatineau, Québec),
Alexandre Boulerice
(Rosemont—La Petite-Patrie, Québec) et
Jinny Sims (Newton—North
Delta, Colombie-Britannique). Le premier ministre
de la
Nouvelle-Écosse Darrell Dexter, la chef du
NPD de l'Ontario
Andrea Horwath et la présidente
fédérale du NPD
Rebecca Blaikie sont également sur la liste
des intervenants.
Pour couvrir tous les buts, on a également
invité Ken Georgetti, président du
Congrès du
travail du Canada, Laure Waridel, fondatrice du
groupe
écologiste québécois
Équiterre, Ruma Bose,
directrice d'entreprise dans l'industrie de la
consommation et auteure
du livre Mother Theresa, CEO, Ghislaine
Cleret de Langavant,
présidente
de la Société canadienne de
bioéthique, Diego F.
Osorio, chercheur à la Chaire
Raoul-Dandurand en études
stratégiques et diplomatiques de
l'Université du
Québec à Montréal, et
l'olympienne Sylvie
Fréchette.
Une question importante que l'establishment du
NPD
espère régler sans trop de heurts
est la modification du
préambule des statuts du parti pour
éliminer le mot
« socialisme ». La Presse
canadienne écrit
qu'au dernier congrès, « les
membres n'ont pu
s'entendre sur l'amendement au préambule,
bien que l'idée
avait l'aval de
l'ancien chef du parti Jack Layton ».
L'amendement
proposé a encore une fois été
envoyé aux
membres avant le début du congrès.
Selon la Presse
canadienne, l'objectif est de tout faire pour
gagner la prochaine
élection et pour cela les haut
placés du NPD vont faire
une deuxième tentative de larguer le bagage
socialiste qui selon
plusieurs,
y compris le chef Thomas Mulcair, retient le
parti... »
La proposition d'amendement à la mission
du NPD
sera le moindre des problèmes puisque tant
que l'objectif unique
reste de se faire porter au pouvoir par tous les
moyens possible,
plutôt que de s'attaquer au problème
d'investir le peuple
du pouvoir de décider, la fraude continue.
Avec la moitié
de sa députation au Québec bien que
le parti ne
compte que 12 000 membres dans cette
province, le NPD risque de
perdre son statut de parti de l'opposition
à la Chambre des
communes dans sa course au pouvoir.

La course à la direction du Parti
libéral
du Canada
Le congrès à la chefferie du Parti
libéral du Canada a lieu dimanche
le 14 avril à Ottawa. Le vote pour le
nouveau chef a
commencé le
6 avril
après le dernier débat des candidats
à Toronto. Le
vote se fait par
téléphone et en ligne.
Une nouvelle catégorie de supporters
Il y a un
nouveau processus et une nouvelle catégorie
de votes pour la
direction
du PLC. Suivant la
prétention du parti qu'il veut se
renouveler en engageant plus
de
Canadiens dans les affaires politiques, il a
créé une
nouvelle catégorie
de membres ayant droit
de vote appelés
« supporters ». Pour
devenir supporter, une personne
doit s'inscrire en fournissant nom, adresse
électronique ou
adresse
postale. Cela
s'est fait directement sur le site Web du parti et
par les campagnes
des candidats à la direction. À
l'origine, pour pouvoir
voter les
supporters devaient s'inscrire
avant le 14 mars, mais
l'échéance a été
reportée au 21 mars puisque,
même si le parti dit avoir 300 000 nouveaux
membres et
supporters,
seulement
100 000 s'étaient inscrits pour voter
à la fermeture
officielle. Il y
aurait maintenant 127 000 personnes
d'inscrites. De ce nombre on
estime
qu'environ
37 500 sont des membres et 89 500 des
supporters.
Malgré tout le
brouhaha médiatique à propos de la
croissance du Parti
libéral durant
la
campagne, selon les rapports de presse la course a
commencé avec
entre
45 000 - 55 000 membres, comparativement
à 250 000
membres en 2003.[1]
Le camp Trudeau affirme avoir inscrit 160 000
nouveaux
supporters et avoir une organisation de 10 000
bénévoles.
Le vote par préférence
Un autre nouvel aspect du vote
pour un nouveau chef est le vote par
préférence. Les
membres sont
invités à énumérer
leurs préférences sur le bulletin de
vote. Ils peuvent ou
bien choisir
un seul candidat, ou bien en choisir plusieurs et
les inscrire dans
l'ordre de préférence.
Chaque district électoral a 100 points
alloués en
proportion du nombre
de premières préférences
reçues. Si aucun
candidat ne reçoit
15 401 points
(50 % de 308 circonscriptions x 100
points +1) au premier
tour, alors
le vote de ceux qui avaient choisi comme
première
préférence le
candidat
qui est arrivé dernier au premier tour est
redistribué en
fonction du
deuxième choix, ce qui donne une nouvelle
distribution du vote
pour les
candidats restants.
Ce n'est pas clair ce qui advient du vote et des
points de ceux qui ne
votent que pour un candidat ou qui n'indiquent pas
de deuxième
préférence. Il est clair
qu'il y aura une pression pour que tous
énumèrent des
préférences sous
peine de voir son vote ne pas compter ou
être redistribué
à d'autres
candidats. Cela
continue tant qu'aucun candidat n'obtient
52 401 points.
D'autre part
les circonscriptions ont toutes un poids
égal. Une
circonscription de
1 000
électeurs du parti a le même poids
que celle qui ne compte
que 50
membres.
C'est exactement avec ce système que
Stephen
Harper a gagné la
direction du nouveau Parti conservateur en
rivalité avec Tony
Clement
et Belinda Stronach
au congrès de 2004, celui qui a suivi la
fusion du Parti
progressiste
conservateur et de l'Alliance canadienne. À
l'époque on a
dit que
l'adoption de ce système
était une condition à la fusion,
pour tenter
d'égaliser les chances
entre l'Alliance canadienne, qui avait beaucoup
plus de membres, et le
Parti progressiste
conservateur.
Ce système est également
utilisé
pour choisir les chefs du Parti travailliste et du
Parti
démocratique libéral au Royaume-Uni.
Le vote préférentiel est une autre
façon d'enlever le pouvoir
décisionnel au corps politique et il est un
exemple de comment
les
partis politiques ne
fonctionnent pas comme des mécanismes par
lesquels les membres
peuvent
contrôler les prises de décisions du
parti. On dit que ce
système dans
lequel la
première préférence de
certains peut être
attribuée à un autre candidat
(leur deuxième choix s'il y en a un) permet
d'élire le
candidat le plus
populaire, qui a
la plus grande base. C'est une forme de
manipulation du vote sous
couvert de popularité. Imaginez par exemple
que sur un vol
d'avion on
vous offre trois repas
au menu : du poulet, du poisson ou du boeuf.
On vous demande de
les
mettre en ordre de préférence. Vous
choisissez le boeuf
en premier, le
poisson
en deuxième et le poulet en dernier. La
majorité des
passagers mettent
le poulet en dernier mais ni le boeuf ni le
poisson n'est la
préférence
majoritaire. La
compagnie élimine le boeuf et le poisson
parce que le poulet
était le
plus populaire comme dernier choix ! On
crée ainsi
l'impression d'un
choix, mais
c'est une manipulation.
Cela ouvre la porte à plusieurs manoeuvres
possibles. Par exemple,
prenez un district qui n'a que 50 membres ayant
droit de vote. S'ils
choisissent tous le
même candidat comme premier choix et que ce
candidat arrive
dernier au
premier tour, les 100 points du district sont
transférés
au deuxième
choix de ces 50
membres. Ils peuvent donc choisir de mettre leur
candidat
préféré en
deuxième place pour lui donner plus de
chance. Bref, cela donne
lieu à
toutes sortes de
calculs sans véritable garantie d'avoir un
impact.
Avec la nouvelle catégorie de membre
appelée supporter, une bonne
partie de ceux qui élisent le nouveau chef
ne jouent aucun
rôle dans
les affaires du
parti ou dans les prises de décisions.
L'idée que cela
« élargit la
base » est absurde. Cela permet tout
simplement aux
candidats qui ont
les moyens
de faire du microciblage et d'user d'autres
technologies de pointe de
mobiliser des milliers de
« supporters » pour
prendre le contrôle du
parti.
Ensuite des procédés semblables sont
utilisés pour
devenir le
gouvernement dans une élection nationale,
comme l'ont fait les
conservateurs avec Stephen Harper.
Les candidats qui peuvent acheter suffisamment de
publicité pour
créer
une image et livrer le vote dominent le processus,
peu importe le taux
de participation.
Puis une fois le coup accompli, les supporters
n'ont plus aucun
rôle à
jouer, sans parler des membres véritables
dont le choix est
dilué dans
une mer de
supporters. La direction du parti se soustrait
ainsi à toute
redevabilité envers les membres. C'est un
reflet de la crise
dans
laquelle est plongé tout le système
politique canadien.
Les candidats à la chefferie du Parti
libéral
Il reste six candidats en lice à la
chefferie du
Parti libéral :
Martin Cauchon :
Ancien député dans la
circonscription d’Outremont
à Montréal. Il fut
député de 1993 à
2004 et a été membre du cabinet de
Jean Chrétien.
Son poste le plus important a été
celui de ministre de la
Justice. Cauchon a été candidat
libéral dans
Outremont lors des élections
fédérales de 2011,
mais a été défait par le
néodémocrate Thomas Mulcair. Il est
présentement
un associé du bureau d’avocats Heenan
Blaikie, un important
bureau d’avocats sur les affaires
interprovinciales.
Deborah Coyne :
Avocate, professeure et auteure à Toronto,
elle fut candidate
libérale dans la circonscription de
Toronto-Danforth lors des
élections fédérales de 2006.
Elle a
travaillé au sein du bureau du premier
ministre dans les
années 80 et entre 1989 et 1991 elle fut
conseillère
constitutionnelle auprès du premier
ministre de Terre-Neuve
Clyde Wells.
Martha Hall
Findlay : Élue
à la chambre des Communes en tant que
députée
libérale dans la circonscription de
Willowdale à Toronto
lors d’une élection partielle tenue le 17
mars 2008 suite
à la démission de l’ancien
député
libéral Jim Peterson, elle fut
réélue lors des
élections générales de 2008,
mais a perdu son
siège lors des élections de 2011.
Elle a travaillé en tant que directrice
juridique
et présidente de Bell Mobilité et
Mobilité Canada,
et plus tard en tant que vice-présidente et
directrice juridique
du Rider Group. Ayant
déménagé à
Collingwood, en Ontario en 1996, elle fonda le
General Councel Group,
un groupe de conseillers juridiques et de gestion
d’entreprise dans le
domaine de la haute-technologie et des
télécommunications
au Canada et en Europe. En 2007, elle s’est jointe
au bureau d’avocats
de Gowlings Lafleur Henderson LLP en tant que
conseillère
juridique. Après avoir perdu son
siège lors des
élections de 2011, Hall Findlay a
été
nommée directrice des affaires juridiques
de EnStream LP et
cadre titulaire au programme de politique publique
de
l’Université de Calgary.
Karen McCrimmon
: Candidate
libérale dans la circonscription de
Carleton-Mississippi Mills
près d’Ottawa pendant les élections
de 2011, elle a perdu
devant le candidat sortant conservateur et
ministre de la
Défense Gordon O’Connor. McCrimmon est
lieutenant-colonel
à la retraite. Elle a été la
première femme
à commander un escadron des forces
aériennes canadiennes
(Escadron de transport 429). McCrimmon a
participé à la
première guerre du Golfe et avec les forces
armées de
l’OTAN pendant les guerres en Yougoslavie et la
guerre en Afghanistan.
Joyce Murray : Députée
libérale
pour Vancouver Quadra depuis 2008 ; porte-parole
du
Parti libéral en matière de Petites
entreprises et de
Tourisme, de la Porte Asie-Pacifique et de la
Diversification
économique de l’Ouest (de 2011 à
aujourd’hui) ;
députée libérale de New
Westminster à
l’assemblée législative de la
Colombie-Britannique
(2001-2005) ; ministre de la Protection des eaux,
des terres et de
l’air pour la Colombie-Britannique ; ministre des
Services de gestion
de la Colombie-Britannique (2004-2005).
Murray appuie des mises en nomination «
run-off » avec le NPD et les Verts dans
certaines circonscriptions
afin de choisir des candidats communs lors des
élections de
2015. Selon certaines sources elle se sert des
contacts des ONG Leadnow
et Avaaz pour sa campagne à la chefferie.
Elle est co-fondatrice, avec son conjoint, de
Brimkman
and Associates Reforestation Ltd. Son conjoint est
co-fondateur de The
Earth Partners LP qui entreprend les projets de
restauration des sols
privés et de l’écosystème les
plus importants au
États-Unis.
Justin Trudeau :
Député
de Papineau à Montréal depuis 2008,
il est porte-parole
libéral en matière
d’Éducation postsecondaire, de la
Jeunesse et du Sport amateur (de 2011 à
aujourd’hui) et fils de
l’ancien premier ministre Pierre Trudeau.
Suite à ses études, Trudeau a
travaillé en tant qu’enseignant de
français et des
sciences humaines à West Point Grey Academy
et à
l’école secondaire Sir Winston Churchill
à Vancouver, en
Colombie-Britannique. De 2002 à 2004 il a
étudié
l’ingénierie à l’Université
de Montréal. Il
a aussi entrepris un magistère en
géographie
environnementale à l’Université
McGill, l’abandonnant
pour se porter candidat aux élections.
Trudeau a
présidé le programme Katimavik pour
les jeunes de 2002
à 2006. Katimavik a été mis
sur pied par Jacques
Hébert, un ami intime de longue date de la
famille Trudeau.
Trudeau avait offert son appui au candidat
à la
chefferie Gerard Kennedy en 2006 et a
présenté celui-ci
lors des discours de conclusion des candidats.
Lorsque Kennedy a
abandonné après le deuxième
tour, Trudeau et
Kennedy ont offert leur appui à celui qui
devait sortir
vainqueur, Stéphane Dion.
L'équipe Trudeau
Trudeau se présente comme le dirigeant
nécessaire pour provoquer le renouvellement
du Parti
libéral. Son équipe de campagne
révèle que
derrière lui se trouvent
des personnes clés au sein du Parti
libéral à
l'échelle nationale et plus
particulièrement au sein du
gouvernement McGuinty en Ontario. Selon les
rapports, l'équipe
de campagne
de Trudeau est composée de:
Katie Telford: directrice de campagne et
consultante chez la firme Strategy Corporation de
Toronto. Selon le
site Web de l'entreprise, « Telford a fourni
des conseils
de haut niveau sur toute une gamme de questions
fédérales
et provinciales pour le Parti libéral du
Canada et le
gouvernement McGuinty. » Telford a
été directrice
de la campagne
nationale de 2006 de Gerard Kennedy pour la
direction du Parti
libéral.
Gerry Butts: un ancien architecte de la
politique
du gouvernement McGuinty de l'Ontario, Butts est
un gouverneur de
l'Université McGill et président et
chef de la
direction du Fonds mondial pour la nature, au
Canada.
Mike McNair: gérant de la division
de
consultants chez Deloitte. Ancien directeur du
Bureau de recherche du Parti libéral et
conseiller politique auprès de
Stéphane
Dion et Michael Ignatieff, McNair est un
ancien banquier
spécialisé en investissement avec la
division des
Marchés mondiaux de la BCIC et un
diplômé de la
London
School of Economics.
Ben Chin: ancien journaliste à la
télévision de la CBC et
collaborateur auprès du Parti
libéral de l'Ontario, il vit maintenant en
Colombie-Britannique.
Navdeep Bains: ancien député
ontarien.
Omar Alghabra: ancien
député
ontarien.
Sacha Trudeau: cinéaste et
frère de
Justin Trudeau.
Ted Johnson: adjoint administratif
auprès
de Pierre Trudeau dans les années 1980.
Robert Asselin: analyste politique et
professeur
de l'Université d'Ottawa.
Bruce Young: ancien conseiller sur les
questions
de la Colombie-Britannique auprès de Paul
Martin.
Jon Moser: ancien collaborateur de Paul
Martin,
il vit maintenant en Alberta.
Chris MacInnes: organisateur principal au
sein du
Parti libéral de la Nouvelle-Écosse
Danielle Dansereau: consultante en
communication
basée au Québec.
Note
1. Les conservateurs ne divulguent pas le
nombre
de membres, mais en 2004 ils ont pretendu
avoir environ 250 000
membres.
Le
NPD a un peu plus de 130 000 membres inscrits en
préparation
pour le
congrès à la direction, dont
environ la moitié a
voté en ligne ou au
congrès.

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Marxiste-Léniniste
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