Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 59 - 12 avril 2013

Nouveau Parti démocratique et Parti libéral

Les deux congrès

Nouveau Parti démocratique et Parti libéral
Les deux congrès
Congrès biennal du Nouveau Parti démocratique à Montréal
La course à la direction du Parti libéral du Canada


Nouveau Parti démocratique et Parti libéral

Les deux congrès

Le Parti libéral du Canada et le Nouveau Parti démocratique tiennent tous deux leur congrès en fin de semaine.

Le NPD tient un congrès d'orientation du 12 au 14 avril à Montréal. C'est son premier congrès national depuis que Thomas Mulcair a été élu chef le 24 mars 2012 suite à la mort de Jack Layton.

Par ailleurs le Parti libéral tient un congrès à la chefferie le 14 avril à Ottawa. Ce sera la conclusion de la course à la chefferie et du vote par téléphone et courrier électronique débuté le 6 avril après la présentation des candidats à Toronto. Les libéraux sont sans chef officiel depuis la démission de Michael Ignatieff suite à la défaite subie à l'élection fédérale du 2 mai 2011.

À l'élection fédérale 2011, le Parti conservateur mené par Stephen Harper a gagné sa première majorité avec 166 sièges. Le NPD est devenu l'Opposition officielle avec 103 sièges, dont 59 au Québec, et les libéraux ont été réduits à 34 sièges. Les conservateurs ont pu obtenir leur majorité grâce à un faible taux de participation, à l'incapacité du mouvement ouvrier de défaire Harper dans la grande région métropolitaine de Toronto et à l'utilisation par les conservateurs d'un système avancé de micro-ciblage basé sur une banque de données contenant une grande quantité de renseignements personnels sur les électeurs. La nature non représentative du système politique du Canada a fait en sorte que les conservateurs ont pu prendre le pouvoir avec le vote de seulement 24,3 % des électeurs inscrits.

Au lieu de se donner un programme pour le renouveau démocratique pour investir l'électorat du pouvoir, ces partis ne s'intéressent qu'à s'investir eux-mêmes du pouvoir. Les mesures qu'ils prennent dans ce sens ont pour effet d'approfondir la crise du système de gouvernement de parti. On a pu voir dans la préparation du congrès comment le Parti libéral et le NPD adoptent les techniques des conservateurs et maintenant celles de Obama pour la collecte de fonds, faire sortir le vote, les attaques personnelles ou les moyens de les éviter et la création d'une atmosphère générale à l'effet d'être « jeune », « moderne » et « connecté », tout cela pour gagner l'élection générale de 2015.

Pendant ce temps, les gens au Canada entendent des discours à propos du « renouveau » et du « changement ». Les partis rivalisent pour être les champions de ce qu'ils appellent les « vraies » valeurs canadiennes pour gagner. Harper prétend qu'il représente les valeurs modérées de la « classe moyenne », les valeurs canadiennes mitoyennes, comme les libéraux. Avec Mulcair, le NPD s'éloigne de l'identification aux travailleurs et veut également attirer ce qu'il appelle la classe moyenne, comme si c'est là qu'on trouvait la majorité des Canadiens.

Le National Post décrit comment les libéraux cherchent à battre les conservateurs à ce jeu (établir leurs bases de données pour des campagnes de micro-ciblage et gagner la prochaine élection), le tout basé sur le modèle établi par la campagne Obama. Expliquant que la campagne Trudeau est modelée sur la campagne Obama, le Post écrit : « La campagne Obama a utilisé Internet pour recueillir des données sur les électeurs potentiels : de courts sondages en ligne qui mènent à des envois postaux plus détaillés et ensuite les renseignements sont colligés pour envoyer aux électeurs des messages qui correspondent à leurs convictions et intérêts. L'argent recueilli (650 millions $ ne serait-ce que par le comité de campagne) a ensuite été utilisé pour des campagnes télévisées avec le slogan 'Un changement dans lequel nous pouvons croire', un avantage qui a propulsé M. Obama à la Maison blanche. »

« L'équipe de M. Trudeau est la meilleure de toute l'industrie (Gerald Butts a été au centre de la campagne pour l'élection et la réélection de Dalton McGuinty depuis 2003) et elle a appris les leçons de la campagne Obama. M. Trudeau semble parti non seulement pour gagner la course à la direction, mais aussi pour renflouer les coffres du parti qui sont à sec. »

Dans un autre article : « Les bénévoles font la ligne pour offrir leur temps ce qui, comme le sait tout organisateur politique, veut dire de l'argent. Des jeunes gens de la Génération C (pour « Connectée ») qui n'ont peut-être pas d'argent eux-mêmes offrent d'aider à cibler les femmes qui regardent Grey's Anatomy, c'est-à-dire celles qui ont de l'argent et ont de bonnes dispositions pour le jeune M. Trudeau. »

« Quiconque a suivi la campagne de Barack Obama en 2008 sait que la campagne de M. Trudeau est très semblable. Le candidat à la présidence avait uni la technologie et une imposante organisation de jeunes de 18-29 ans sur le terrain.

« M. Obama a établi un rapport avec les jeunes électeurs par Facebook et My Space en parlant de choses qui les préoccupent. Mais il n'a pas compté sur eux pour le vote ou pour les dons, il s'est servi d'eux pour inspirer et rallier d'autres secteurs par des initiatives comme le programme Voisin à Voisin. Plus d'un million d'appels ont été faits par des gens qui voulaient faire connaître M. Obama à leurs voisins avec des portables et des ordinateurs de bureau à partir de la maison. »

La politique électorale de style américain peut se voir aussi au NPD. Un des 14 orateurs invités au congrès est Jeremy Bird, directeur national sur le terrain de la campagne « Obama pour l'Amérique 2012 ». Le NPD dit que Bird est un des architectes de la victoire décisive du président Obama à l'élection de 2012, qu'il l'a aidé « à bâtir ce que The Guardian appelle une opération historique sur le terrain qui fournira le modèle aux campagnes politiques en Amérique et dans le monde pour les années qui viennent ».

Les médias associent le renouveau à être « jeune », « moderne » et « connecté ». Par exemple, dans un article on lit : « En date du 3 mars, M. Trudeau était suivi par 189 888 personnes sur Twitter, tandis que M. Garneau n'était suivi que par 12 032 abonnés et l'ancienne députée Martha Hall Findlay par seulement 7 600.

« Renforçant la notion que Justin Trudeau est en train de rassembler les jeunes et les électeurs désenchantés, la Presse canadienne rapporte que les mots qui reviennent le plus souvent dans les profils de la base digitale de M. Trudeau sont 'amour', 'étudiant' et 'écrire'. D'autres sont associés à des termes dits plus traditionnels, comme 'politique'. »

Le NPD dit également qu'il veut renouveler ce que le parti représente, en partie en changeant les références au socialisme dans ses statuts. Sur cette base il espère attirer une plus grande base d'électeurs et les Canadiens de « classe moyenne ». Mais aucun de ces processus de « renouveau » et aucun des partis ne touchent à la question fondamentale d'investir l'électorat du pouvoir de décider.

Le problème fondamental des institutions canadiennes aujourd'hui, qui est d'investir les citoyens du pouvoir politique pas les partis, n'est pas même effleuré.

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Congrès biennal du Nouveau Parti
démocratique à Montréal

Le Nouveau Parti démocratique tient son congrès d'orientation à Montréal du 12 au 14 avril. Environ 2000 délégués y participent. Dans son appel aux membres, le chef du Parti Thomas Mulcair décrit le thème du congrès comme étant de « préparer le terrain pour défaire Stephen Harper à la prochaine élection et former le premier gouvernement néodémocrate du Canada ». En pratique cela veut dire conserver sa base au Québec, c'est-à-dire ses députés québécois qui représentent la moitié de sa députation au parlement. Sans eux il n'y aura pas d'opposition officielle néodémocrate, sans parler d'un gouvernement néodémocrate. Le parti veut aussi se débarrasser de toute association au socialisme et à la politique de gauche qui, selon la direction du parti, le rend non attrayant pour les élites d'affaire et donc « non électable ».

Le Congrès est censé discuter de résolutions regroupées dans six catégories correspondant aux thèmes du congrès. Dans ces congrès, il n'y a pas de discussion significative. Puis le vote a lieu sur la base de blocs regroupés pour obtenir des résultats précis.

Les six catégories sont :

- Innover et prospérer au sein d'une économie basée sur l'énergie renouvelable
- Bâtir un Canada écologique et durable
- Gouverner au sein d'un Canada ouvert et juste
- Renforcer les droits de la personne et l'identité canadienne
- Investir dans un Canada où personne n'est abandonné à son sort
- Redéfinir la place du Canada dans le monde

Ces résolutions touchent à plusieurs sujets, dont la défense des droits des travailleurs et les droits des Premières Nations, la défense de l'environnement, contre le musèlement des scientifiques et autres employés de la fonction publique par le gouvernement Harper. Puis il y a une série de résolutions sur le thème « Bâtir sur les gains obtenus » qui seront votées à la fin du congrès. Elles portent sur les questions constitutionnelles et sur les moyens de défaire le gouvernement Harper à la prochaine élection. Dans cette catégorie entrent des propositions sur la coopération avec les libéraux et le Parti vert pour éviter une division du vote qui donnerait une autre victoire à Harper.

Le taux de participation aux élections fédérales, qui a atteint un sommet de 79,4 % en 1958, ne cesse de chuter depuis quelque temps. Il n'était que de 58,8 % à l'élection de 2008 et de 61,1 % en 2011. Les sondages varient beaucoup en fonction de quel parti fait les manchettes mais dans l'ensemble le Parti conservateur, le Parti libéral et le NPD se partagent grosso modo 30 % des intentions de vote, ce qui veut dire qu'aucun d'entre eux n'a vraiment une majorité à sa portée. Les conservateurs sont évidemment heureux quand le vote est divisé. Au lieu de trouver comment unir les travailleurs pour défaire Harper, les partis d'opposition rivalisent entre eux et sont incapables d'unir le peuple contre Harper. Chacun de ces trois partis risque d'être éliminé complètement avec cette rivalité.

La coopération entre le Parti libéral et le NPD nécessiterait que l'un ou l'autre accepte de ne pas présenter de candidats dans les circonscriptions où il est possible de battre les conservateurs si le vote anti-Harper n'est pas divisé. Une des raisons pour lesquelles les partis ne veulent pas le faire est qu'ils ont besoin des subventions gouvernementales qui sont proportionnelles au nombre de vote reçus. Ne pas présenter de candidat dans certaines circonscriptions veut dire se priver de revenus importants. Le système est devenu si anarchique qu'il ne laisse pas de place à une discussion rationnelle sur comment faire pour que ça fonctionne. La seule véritable façon d'avancer est de répondre au besoin de renouveau démocratique et de trouver les moyens de donner un pouvoir à l'électorat, pas de faire des campagnes de désinformation publique.

Le congrès se termine dimanche à 13 h après les résolutions dites d'urgence.

Les points forts sont censés être les orateurs invités et le vote de confiance pour Thomas Mulcair, une session intitulée « En conversation — le leadership vu de l'intérieur » et une autre « Convictions + leadership — le NPD au Québec, hier et aujourd'hui », tout cela le samedi 13 avril.

Parmi les orateurs internationaux il y a Jeremy Bird, directeur de la campagne « Obama pour l'Amérique 2012 », Joseph Stiglitz, lauréat du prix Nobel en économie et ancien conseiller du président Bill Clinton, et Bill Shorten, ministre de l'Emploi et des Relations de travail du gouvernement travailliste d'Australie. Parmi les députés néodémocrates qui prendront la parole, il y a Murray Rankin (Victoria, Colombie-Britannique), Françoise Boivin (Gatineau, Québec), Alexandre Boulerice (Rosemont—La Petite-Patrie, Québec) et Jinny Sims (Newton—North Delta, Colombie-Britannique). Le premier ministre de la Nouvelle-Écosse Darrell Dexter, la chef du NPD de l'Ontario Andrea Horwath et la présidente fédérale du NPD Rebecca Blaikie sont également sur la liste des intervenants.

Pour couvrir tous les buts, on a également invité Ken Georgetti, président du Congrès du travail du Canada, Laure Waridel, fondatrice du groupe écologiste québécois Équiterre, Ruma Bose, directrice d'entreprise dans l'industrie de la consommation et auteure du livre Mother Theresa, CEO, Ghislaine Cleret de Langavant, présidente de la Société canadienne de bioéthique, Diego F. Osorio, chercheur à la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques de l'Université du Québec à Montréal, et l'olympienne Sylvie Fréchette.

Une question importante que l'establishment du NPD espère régler sans trop de heurts est la modification du préambule des statuts du parti pour éliminer le mot « socialisme ». La Presse canadienne écrit qu'au dernier congrès, « les membres n'ont pu s'entendre sur l'amendement au préambule, bien que l'idée avait l'aval de l'ancien chef du parti Jack Layton ». L'amendement proposé a encore une fois été envoyé aux membres avant le début du congrès. Selon la Presse canadienne, l'objectif est de tout faire pour gagner la prochaine élection et pour cela les haut placés du NPD vont faire une deuxième tentative de larguer le bagage socialiste qui selon plusieurs, y compris le chef Thomas Mulcair, retient le parti... »

La proposition d'amendement à la mission du NPD sera le moindre des problèmes puisque tant que l'objectif unique reste de se faire porter au pouvoir par tous les moyens possible, plutôt que de s'attaquer au problème d'investir le peuple du pouvoir de décider, la fraude continue. Avec la moitié de sa députation au Québec bien que le parti ne compte que 12 000 membres dans cette province, le NPD risque de perdre son statut de parti de l'opposition à la Chambre des communes dans sa course au pouvoir.

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La course à la direction du Parti libéral du Canada

Le congrès à la chefferie du Parti libéral du Canada a lieu dimanche le 14 avril à Ottawa. Le vote pour le nouveau chef a commencé le 6 avril après le dernier débat des candidats à Toronto. Le vote se fait par téléphone et en ligne.

Une nouvelle catégorie de supporters

Il y a un nouveau processus et une nouvelle catégorie de votes pour la direction du PLC. Suivant la prétention du parti qu'il veut se renouveler en engageant plus de Canadiens dans les affaires politiques, il a créé une nouvelle catégorie de membres ayant droit de vote appelés « supporters ». Pour devenir supporter, une personne doit s'inscrire en fournissant nom, adresse électronique ou adresse postale. Cela s'est fait directement sur le site Web du parti et par les campagnes des candidats à la direction. À l'origine, pour pouvoir voter les supporters devaient s'inscrire avant le 14 mars, mais l'échéance a été reportée au 21 mars puisque, même si le parti dit avoir 300 000 nouveaux membres et supporters, seulement 100 000 s'étaient inscrits pour voter à la fermeture officielle. Il y aurait maintenant 127 000 personnes d'inscrites. De ce nombre on estime qu'environ 37 500 sont des membres et 89 500 des supporters. Malgré tout le brouhaha médiatique à propos de la croissance du Parti libéral durant la campagne, selon les rapports de presse la course a commencé avec entre 45 000 - 55 000 membres, comparativement à 250 000 membres en 2003.[1]

Le camp Trudeau affirme avoir inscrit 160 000 nouveaux supporters et avoir une organisation de 10 000 bénévoles.

Le vote par préférence

Un autre nouvel aspect du vote pour un nouveau chef est le vote par préférence. Les membres sont invités à énumérer leurs préférences sur le bulletin de vote. Ils peuvent ou bien choisir un seul candidat, ou bien en choisir plusieurs et les inscrire dans l'ordre de préférence. Chaque district électoral a 100 points alloués en proportion du nombre de premières préférences reçues. Si aucun candidat ne reçoit 15 401 points (50 % de 308 circonscriptions x 100 points +1) au premier tour, alors le vote de ceux qui avaient choisi comme première préférence le candidat qui est arrivé dernier au premier tour est redistribué en fonction du deuxième choix, ce qui donne une nouvelle distribution du vote pour les candidats restants. Ce n'est pas clair ce qui advient du vote et des points de ceux qui ne votent que pour un candidat ou qui n'indiquent pas de deuxième préférence. Il est clair qu'il y aura une pression pour que tous énumèrent des préférences sous peine de voir son vote ne pas compter ou être redistribué à d'autres candidats. Cela continue tant qu'aucun candidat n'obtient 52 401 points. D'autre part les circonscriptions ont toutes un poids égal. Une circonscription de 1 000 électeurs du parti a le même poids que celle qui ne compte que 50 membres.

C'est exactement avec ce système que Stephen Harper a gagné la direction du nouveau Parti conservateur en rivalité avec Tony Clement et Belinda Stronach au congrès de 2004, celui qui a suivi la fusion du Parti progressiste conservateur et de l'Alliance canadienne. À l'époque on a dit que l'adoption de ce système était une condition à la fusion, pour tenter d'égaliser les chances entre l'Alliance canadienne, qui avait beaucoup plus de membres, et le Parti progressiste conservateur.

Ce système est également utilisé pour choisir les chefs du Parti travailliste et du Parti démocratique libéral au Royaume-Uni.

Le vote préférentiel est une autre façon d'enlever le pouvoir décisionnel au corps politique et il est un exemple de comment les partis politiques ne fonctionnent pas comme des mécanismes par lesquels les membres peuvent contrôler les prises de décisions du parti. On dit que ce système dans lequel la première préférence de certains peut être attribuée à un autre candidat (leur deuxième choix s'il y en a un) permet d'élire le candidat le plus populaire, qui a la plus grande base. C'est une forme de manipulation du vote sous couvert de popularité. Imaginez par exemple que sur un vol d'avion on vous offre trois repas au menu : du poulet, du poisson ou du boeuf. On vous demande de les mettre en ordre de préférence. Vous choisissez le boeuf en premier, le poisson en deuxième et le poulet en dernier. La majorité des passagers mettent le poulet en dernier mais ni le boeuf ni le poisson n'est la préférence majoritaire. La compagnie élimine le boeuf et le poisson parce que le poulet était le plus populaire comme dernier choix ! On crée ainsi l'impression d'un choix, mais c'est une manipulation.

Cela ouvre la porte à plusieurs manoeuvres possibles. Par exemple, prenez un district qui n'a que 50 membres ayant droit de vote. S'ils choisissent tous le même candidat comme premier choix et que ce candidat arrive dernier au premier tour, les 100 points du district sont transférés au deuxième choix de ces 50 membres. Ils peuvent donc choisir de mettre leur candidat préféré en deuxième place pour lui donner plus de chance. Bref, cela donne lieu à toutes sortes de calculs sans véritable garantie d'avoir un impact.

Avec la nouvelle catégorie de membre appelée supporter, une bonne partie de ceux qui élisent le nouveau chef ne jouent aucun rôle dans les affaires du parti ou dans les prises de décisions. L'idée que cela « élargit la base » est absurde. Cela permet tout simplement aux candidats qui ont les moyens de faire du microciblage et d'user d'autres technologies de pointe de mobiliser des milliers de « supporters » pour prendre le contrôle du parti. Ensuite des procédés semblables sont utilisés pour devenir le gouvernement dans une élection nationale, comme l'ont fait les conservateurs avec Stephen Harper. Les candidats qui peuvent acheter suffisamment de publicité pour créer une image et livrer le vote dominent le processus, peu importe le taux de participation. Puis une fois le coup accompli, les supporters n'ont plus aucun rôle à jouer, sans parler des membres véritables dont le choix est dilué dans une mer de supporters. La direction du parti se soustrait ainsi à toute redevabilité envers les membres. C'est un reflet de la crise dans laquelle est plongé tout le système politique canadien.

Les candidats à la chefferie du Parti libéral

Il reste six candidats en lice à la chefferie du Parti libéral :

Martin Cauchon : Ancien député dans la circonscription d’Outremont à Montréal. Il fut député de 1993 à 2004 et a été membre du cabinet de Jean Chrétien. Son poste le plus important a été celui de ministre de la Justice. Cauchon a été candidat libéral dans Outremont lors des élections fédérales de 2011, mais a été défait par le néodémocrate Thomas Mulcair. Il est présentement un associé du bureau d’avocats Heenan Blaikie, un important bureau d’avocats sur les affaires interprovinciales.

Deborah Coyne : Avocate, professeure et auteure à Toronto, elle fut candidate libérale dans la circonscription de Toronto-Danforth lors des élections fédérales de 2006. Elle a travaillé au sein du bureau du premier ministre dans les années 80 et entre 1989 et 1991 elle fut conseillère constitutionnelle auprès du premier ministre de Terre-Neuve Clyde Wells.

Martha Hall Findlay : Élue à la chambre des Communes en tant que députée libérale dans la circonscription de Willowdale à Toronto lors d’une élection partielle tenue le 17 mars 2008 suite à la démission de l’ancien député libéral Jim Peterson, elle fut réélue lors des élections générales de 2008, mais a perdu son siège lors des élections de 2011.

Elle a travaillé en tant que directrice juridique et présidente de Bell Mobilité et Mobilité Canada, et plus tard en tant que vice-présidente et directrice juridique du Rider Group. Ayant déménagé à Collingwood, en Ontario en 1996, elle fonda le General Councel Group, un groupe de conseillers juridiques et de gestion d’entreprise dans le domaine de la haute-technologie et des télécommunications au Canada et en Europe. En 2007, elle s’est jointe au bureau d’avocats de Gowlings Lafleur Henderson LLP en tant que conseillère juridique. Après avoir perdu son siège lors des élections de 2011, Hall Findlay a été nommée directrice des affaires juridiques de EnStream LP et cadre titulaire au programme de politique publique de l’Université de Calgary.

Karen McCrimmon : Candidate libérale dans la circonscription de Carleton-Mississippi Mills près d’Ottawa pendant les élections de 2011, elle a perdu devant le candidat sortant conservateur et ministre de la Défense Gordon O’Connor. McCrimmon est lieutenant-colonel à la retraite. Elle a été la première femme à commander un escadron des forces aériennes canadiennes (Escadron de transport 429). McCrimmon a participé à la première guerre du Golfe et avec les forces armées de l’OTAN pendant les guerres en Yougoslavie et la guerre en Afghanistan.

Joyce Murray : Députée libérale pour Vancouver Quadra depuis 2008 ; porte-parole du Parti libéral en matière de Petites entreprises et de Tourisme, de la Porte Asie-Pacifique et de la Diversification économique de l’Ouest (de 2011 à aujourd’hui) ; députée libérale de New Westminster à l’assemblée législative de la Colombie-Britannique (2001-2005) ; ministre de la Protection des eaux, des terres et de l’air pour la Colombie-Britannique ; ministre des Services de gestion de la Colombie-Britannique (2004-2005).

Murray appuie des mises en nomination « run-off » avec le NPD et les Verts dans certaines circonscriptions afin de choisir des candidats communs lors des élections de 2015. Selon certaines sources elle se sert des contacts des ONG Leadnow et Avaaz pour sa campagne à la chefferie.

Elle est co-fondatrice, avec son conjoint, de Brimkman and Associates Reforestation Ltd. Son conjoint est co-fondateur de The Earth Partners LP qui entreprend les projets de restauration des sols privés et de l’écosystème les plus importants au États-Unis.

Justin Trudeau : Député de Papineau à Montréal depuis 2008, il est porte-parole libéral en matière d’Éducation postsecondaire, de la Jeunesse et du Sport amateur (de 2011 à aujourd’hui) et fils de l’ancien premier ministre Pierre Trudeau.

Suite à ses études, Trudeau a travaillé en tant qu’enseignant de français et des sciences humaines à West Point Grey Academy et à l’école secondaire Sir Winston Churchill à Vancouver, en Colombie-Britannique. De 2002 à 2004 il a étudié l’ingénierie à l’Université de Montréal. Il a aussi entrepris un magistère en géographie environnementale à l’Université McGill, l’abandonnant pour se porter candidat aux élections. Trudeau a présidé le programme Katimavik pour les jeunes de 2002 à 2006. Katimavik a été mis sur pied par Jacques Hébert, un ami intime de longue date de la famille Trudeau.

Trudeau avait offert son appui au candidat à la chefferie Gerard Kennedy en 2006 et a présenté celui-ci lors des discours de conclusion des candidats. Lorsque Kennedy a abandonné après le deuxième tour, Trudeau et Kennedy ont offert leur appui à celui qui devait sortir vainqueur, Stéphane Dion.

L'équipe Trudeau

Trudeau se présente comme le dirigeant nécessaire pour provoquer le renouvellement du Parti libéral. Son équipe de campagne révèle que derrière lui se trouvent des personnes clés au sein du Parti libéral à l'échelle nationale et plus particulièrement au sein du gouvernement McGuinty en Ontario. Selon les rapports, l'équipe de campagne de Trudeau est composée de:

Katie Telford: directrice de campagne et consultante chez la firme Strategy Corporation de Toronto. Selon le site Web de l'entreprise, « Telford a fourni des conseils de haut niveau sur toute une gamme de questions fédérales et provinciales pour le Parti libéral du Canada et le gouvernement McGuinty. » Telford a été directrice de la campagne nationale de 2006 de Gerard Kennedy pour la direction du Parti libéral.

Gerry Butts: un ancien architecte de la politique du gouvernement McGuinty de l'Ontario, Butts est un gouverneur de l'Université McGill et président et chef de la direction du Fonds mondial pour la nature, au Canada.

Mike McNair: gérant de la division de consultants chez Deloitte. Ancien directeur du Bureau de recherche du Parti libéral et conseiller politique auprès de Stéphane Dion et Michael Ignatieff,  McNair est un ancien banquier spécialisé en investissement avec la division des Marchés mondiaux de la BCIC et un diplômé de la London School of Economics.

Ben Chin: ancien journaliste à la télévision de la CBC et collaborateur auprès du Parti libéral de l'Ontario, il vit maintenant en Colombie-Britannique.

Navdeep Bains: ancien député ontarien.

Omar Alghabra: ancien député ontarien.

Sacha Trudeau: cinéaste et frère de Justin Trudeau.

Ted Johnson: adjoint administratif auprès de Pierre Trudeau dans les années 1980.

Robert Asselin: analyste politique et professeur de l'Université d'Ottawa.

Bruce Young: ancien conseiller sur les questions de la Colombie-Britannique auprès de Paul Martin.

Jon Moser: ancien collaborateur de Paul Martin, il vit maintenant en Alberta.

Chris MacInnes: organisateur principal au sein du Parti libéral de la Nouvelle-Écosse

Danielle Dansereau: consultante en communication basée au Québec.

Note

1. Les conservateurs ne divulguent pas le nombre de membres, mais en 2004 ils ont pretendu avoir environ 250 000 membres. Le NPD a un peu plus de 130 000 membres inscrits en préparation pour le congrès à la direction, dont environ la moitié a voté en ligne ou au congrès.

 

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