Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 55 - 8 avril 2013

Jour de la Terre 2013

Marche pour la Terre à Montréal le 21 avril




Vue aérienne de la manifestation de 250 000 personnes à Montréal le Jour de la Terre 2012, avec en
encart l'esprit indomptable des étudiants et des travailleurs d'Alma
.

Montréal
21 avril 2013 - 14 heures

Place des festivals: Sainte-Catherine Ouest et Jeanne-Mance

LE 21 AVRIL, RÉGLEZ VOTRE ALARME POUR 14 H!
Organisée par Marche pour la www.marchepourlaterre.org

Jour de la Terre 2013
Marche pour la Terre à Montréal le 21 avril

Oui au droit public! Non au droit de monopole!
À fond de train pour éliminer ce qui reste du service postal public aux États-Unis - Louis Lang
Pitney Bowes finance une étude promouvant la privatisation des services postaux américains

Venezuela
La campagne électorale pour l'élection d'un nouveau président est en marche - Claude Brunelle

Paraguay
Vaincre les complots et la fraude par l'organisation et l'unité du peuple dans l'action


Jour de la Terre 2013

Marche pour la Terre à Montréal le 21 avril

Déclaration

Nous, Québécoises, Québécois et peuples autochtones, joignons notre voix à celle des citoyens qui, partout sur la planète, se mobilisent pour la défense de la Terre et des prochaines générations.

Nous savons que les changements climatiques sont la plus grande menace à notre sécurité, à notre santé, à notre environnement et qu'ils mettent en péril notre prospérité future.

La science est claire, si nous n'agissons pas immédiatement et avec conviction, nous nous dirigeons vers un réchauffement planétaire irréversible et porteur de conséquences et d'incertitudes si graves qu'il remet en cause les fondements mêmes de notre civilisation.

Alors que des millions de citoyens partout dans le monde se mobilisent pour faire éclore une société libre des énergies fossiles, nous avons la conviction qu'il est encore possible de limiter les effets néfastes du réchauffement planétaire.

Nous affirmons qu'il y a urgence d'agir.

Nous devons dès maintenant nous tourner vers des énergies propres et n'accepter aucun projet d'exploitation des énergies fossiles qui pourrait mettre à mal notre environnement. L'expansion des pipelines, des sables bitumineux, des gaz et pétrole de schistes et de toutes autres infrastructures pétrolières et gazières nous préoccupe au plus haut point.

Notre choix est clair : pour le bien des générations futures, nous privilégions l'économie d'énergie et le développement d'énergies propres.

Cette décision nous appartient. Elle ne doit pas être laissée aux seules compagnies pétrolières et gazières, ni aux gouvernements qui les subventionnent massivement.

C'est pourquoi nous demandons :

- Que le gouvernement du Québec s'oppose à l'expansion des sables bitumineux et au passage en sol québécois de pipelines albertains qui menaceraient notre eau et nos milieux naturels.

- Que le gouvernement du Québec adopte avant la fin de l'année des plans ambitieux et crédibles pour réduire notre consommation de pétrole de 30 % et nos émissions de gaz à effet de serre d'au moins 25 % d'ici 2020.

- Que le gouvernement du Canada mette un prix sur les émissions de gaz à effet de serre, se dote d'un plan afin de réduire ses émissions de GES et cesse immédiatement d'accroître la production des sables bitumineux et de verser les 1,3 milliard de dollars en subventions annuelles à l'industrie pétrolière et gazière.

- Que le gouvernement du Canada réinstaure les protections environnementales qu'il a démantelées au profit de l'industrie et au mépris des citoyens et des droits ancestraux autochtones, et qu'il respecte ses engagements internationaux en matière de lutte aux changements climatiques qu'il a reniés en se retirant du Protocole de Kyoto.

Nous nous opposerons avec vigueur à tout projet énergétique qui aura pour effet d'aggraver la crise climatique.

Il est temps que le Québec et le Canada sortent de l'ère des énergies fossiles et engagent la transition vers une économie écologique et sociale qui n'épuise pas les ressources qui appartiennent aux prochaines générations.

Nos enfants et les générations à venir ont des droits inaliénables et nous sommes déterminés à les faire respecter.

Nous avons confiance que nous saurons trouver ensemble la sagesse nécessaire pour préserver l'extraordinaire diversité de la vie sur Terre.

En solidarité avec les peuples de la Terre et les prochaines générations.

Pour la suite du monde.

Et pour libérer l'avenir.

La Marche pour la Terre du 21 avril 2013 est une initiative de l'AQLPA, Environnement Jeunesse, Équiterre, la Fondation David Suzuki, Greenpeace, le Jour de la Terre Québec et Nature Québec supportée par plusieurs organisations et personnalités.

Haut de page


Oui au droit public! Non au droit de monopole!

À fond de train pour éliminer ce qui reste
du service postal public aux États-Unis

Le Service postal des États-Unis (USPS) a récemment produit son rapport financier pour janvier 2013. Comme le fait Postes Canada, qui a déclaré plus tôt cette année une perte de 327 millions $ pour l'année 2012, le USPS affirme avoir encouru une perte de 436 millions $ pour le mois de janvier et une perte de 1,7 milliard $ pour les quatre premiers mois de l'année fiscale.

Dans les deux pays, les médias monopolisés et les politiciens, qui sont les porte-parole des entreprises, ont saisi l'occasion pour remettre en question la viabilité du service postal public. Ils y vont des prédictions les plus pessimistes sur le déclin des volumes de courrier à cause de l'Internet et d'autres technologies modernes et se servent de cela pour demander de nouvelles coupures de services et de nouvelles fermetures de bureaux de poste dans les deux pays.

Un examen détaillé des faits révèle que les hurlements au sujet de l'effondrement du service postal sont un tissu de mensonges servant à cacher que les monopoles et les gouvernements travaillent main dans la main pour privatiser les composantes les plus profitables du service postal. [1]

En examinant de plus près le rapport financier de USPS pour janvier 2013, on voit que la perte de 436 millions $ en janvier est en réalité un profit de 261 millions $.

Le rapport montre que les revenus de courrier de première classe aux États-Unis ont connu une baisse de moins de 1 % tandis que les revenus du courrier régulier ont augmenté de 2,6 %. Les périodiques ont connu une hausse de près de 3 % et les colis de plus de 4 %. Le revenu total pour le mois a augmenté de 4,4 % et de près de 1 % d'octobre à janvier.

Dans le contexte de la faiblesse de l'économie américaine en ce moment, ça n'a rien d'étonnant que les revenus des postes suivent les aléas de l'économie comme c'est le cas de toutes les entreprises.

Le USPS alimente son rapport alarmiste sur ses pertes financières en incluant deux données pour lesquelles il ne dit pas en quoi elles concernent les volumes de courrier et la performance du service postal. La première est une dépense de 467 millions $ en prépaiement qui est requis par le Congrès au fonds de prestations de soins de santé des retraités. Ce paiement, qui se chiffre à 5,5 milliards $ par année, est un mécanisme qui est imposé par le Congrès pour pousser le USPS à la faillite en le forçant à payer à l'avance sur une période de 10 ans les montants correspondant à 75 ans de prestations des travailleurs. C'est une loi déraisonnable et non nécessaire et le Service postal ne devrait pas avoir à payer un montant aussi énorme dans ce fonds.

L'autre dépense qui demeure inexpliquée est un montant de 231 millions $ en mesures incitatives à la retraite qui vise des dizaines de milliers de travailleurs des postes dont le USPS veut éliminer les emplois. C'est malhonnête d'inclure cette dépense dans le budget de fonctionnement parce que ces mesures incitatives sont une dépense effectuée une seule fois et non un coût régulier de fonctionnement.

Le USPS utilise cette « crise financière » de sa fabrication pour accélérer les fermetures de bureaux de poste. Le syndicat des travailleurs des postes des États-Unis (APWU) a dénoncé les plans de USPS d'accélérer la fermeture de 71 stations de tri qui avaient été ciblées pour une possible fermeture en 2014. « Ces fermetures, écrit le syndicat dans un communiqué, vont éliminer des emplois, affaiblir les communautés et causer des délais dans la livraison quotidienne du courrier, du lundi au samedi. Ces fermetures vont réduire dramatiquement le tri local du courrier et éliminer à toutes fins pratiques la livraison de nuit. » Le 26 mars, le USPS a averti le syndicat qu'il va procéder cette année à 53 fermetures qui étaient prévues pour 2014. En janvier, le USPS a dit vouloir en devancer 18 autres. C'est le comble de l'hypocrisie de la part de USPS d'éliminer des dizaines de milliers d'emplois, de vendre des comptoirs de services au détail, de fermer des stations de tri, de donner en sous-traitance une part toujours plus grande du travail qui est normalement effectué par les travailleurs des postes, ce qui force les postiers qui restent à faire plus de travail avec beaucoup moins d'effectifs. Dans ce contexte, l'annonce d'une augmentation des revenus de 4,4 % en janvier 2013 est attribuable à une augmentation significative de l'exploitation des travailleurs des postes des États-Unis et montre comment il est important d'exposer les mensonges des monopoles qui veulent privatiser davantage et intensifier l'exploitation des travailleurs.

Note

1. Lire à ce sujet « À fond de train vers la privatisation »  dans Le Marxiste-Léniniste du 29 janvier 2013 — Numéro 11.

Haut de page


Pitney Bowes finance une étude promouvant la privatisation des services postaux américains

Un think tank de droite a récemment publié un rapport proposant la création d'un système postal « hybride public-privé ». Selon la proposition, les deux tiers des services postaux seraient privatisés, soit les composantes du traitement du courrier et du service au détail, ne laissant que la livraison du courrier au Service postal des États-Unis (USPS).

Afin de donner plus d'impact à la proposition, Pitney Bowes, l'une des plus grandes entreprises dans le monde directement impliquées dans les services postaux, a financé l'Académie nationale d'administration publique (NAPA) aux États-Unis pour examiner la proposition et en publier « un examen indépendant et rigoureux ».

La NAPA se décrit comme suit sur la page d'accueil de son site web :

« Fondée en 1967 et instituée par le Congrès, l'Académie nationale d'administration publique est une coalition indépendante à but non lucratif de hauts dirigeants de la gestion et de l'administration publique qui s'attaquent aux défis les plus sérieux et complexes de la nation.»

En d'autres termes, la NAPA travaille pour le compte de l'élite financière et politique aux États-Unis et le but de son « examen indépendant et rigoureux » est de promouvoir le programme de ses maîtres.

Le fait que Pitney Bowes, qui est basé au Connecticut, ait financé cette étude montre clairement que la campagne de désinformation et de mensonges au sujet de la viabilité du service postal public aux États-Unis et au Canada est menée par les monopoles qui veulent mettre la main sur les activités les plus rentables de l'USPS et de Postes Canada.

Un mot tout d'abord sur Pitney Bowes Inc. C'est une entreprise mondiale en technologie des communications et de courrier évaluée à 6 milliards $ avec plus de deux millions de clients à travers le monde. Elle est l'un des principaux fournisseurs de machines d'affranchissement postal dans le monde et offre également des services de préparation du courrier et de pré-tri, des kiosques électroniques et de nombreux autres services postaux connexes.

Selon Bloomberg News, Pitney Bowes a fait 30 millions $ en contrats de sous-traitance avec l'USPS. Avec 36 grands centres de traitement du courrier à travers les États-Unis, Pitney Bowes possède le plus grand réseau national de pré-tri. Sur un chiffre d'affaires total de 6 milliards $ en 2012, 567 millions $ proviennent de ce que ses états financiers décrivent comme des « services postaux », c'est-à-dire l'entreprise du pré-tri.

Nous savons par exemple qu'en 2011, Pitney Bowes a traité 14 milliards de pièces de courrier. Le volume total de courrier traité par l'USPS en 2012 a été d'environ 160 milliards de pièces de courrier. Le coût de main-d'oeuvre pour le traitement de ce courrier a été d'environ 12 milliards $. Si Pitney Bowes devait traiter le tiers de ce volume de courrier, elle pourrait facturer 4 milliards $ par an pour ce service, soit sept fois ce qu'elle reçoit maintenant pour son entreprise de pré-tri. En encourageant la privatisation du traitement du courrier Pitney Bowes s'attend à faire des milliards $ en bénéfices. En outre, en obtenant de l'USPS la fermeture de plus de comptoirs postaux de services de détail, Pitney Bowes pourrait installer ses kiosques électroniques dans des dizaines de milliers d'entreprises à travers le pays, empochant encore plus de bénéfices.

On doit se rappeler aussi que Deepak Chopra, qui a travaillé pour Pitney Bowes pendant presque toute sa carrière et est devenu le PDG de Pitney Bowes du Canada et d'Amérique latine, a été nommé PDG de Postes Canada par Stephen Harper en février 2011. Faisant fi du conflit d'intérêts évident que représente sa nomination, Chopra défend activement et met en oeuvre des politiques favorisant la privatisation et la déréglementation en faveur des entreprises comme Pitney Bowes, UPS, FedEx et d'autres au détriment des travailleurs des postes et de tous les Canadiens.

Il n'est donc pas surprenant que le rapport de la NAPA intitulé « Un examen indépendant d'une proposition d'un leader d'opinion pour la réforme du service postal américain », vise à promouvoir la poursuite de la privatisation de l'USPS en tentant de rendre crédible la proposition outrageante d'un système postal « hybride public-privé ». Aucun argument rationnel ne peut soutenir une telle proposition, mais le rapport de la NAPA financé par Pitney Bowes fournit à l'entreprise une occasion de faire valoir son programme pour discussion.

Un bref résumé en introduction au rapport commence par la même incantation répétée par les médias monopolisés au Canada et aux États-Unis. « Une diminution rapide du volume de courrier et une gamme d'autres facteurs financiers et d'exploitation exercent sur le service postal américain une pression financière importante qui menace sa viabilité à long terme. » Le groupe de la NAPA conclut que même si ce n'est pas à lui d'endosser le concept d'un système hybride, « il mérite un examen sérieux dans le cadre d'une réforme plus globale de l'institution ».

Comme les travailleurs des postes n'ont cessé de le souligner, les demandes continuelles des entreprises et de leurs politiciens visant à réformer, transformer ou moderniser le service postal au Canada et aux États-Unis n'ont rien à voir avec l'érosion du volume de courrier. Le plus récent rapport financier de l'USPS montre clairement que les volumes de courrier sont stables et que la plus grande pression financière sur le service postal est la promotion irresponsable d'une plus grande privatisation par les entreprises et les politiciens à leur service. Cela conduit à l'élimination de dizaines de milliers d'emplois, à la vente des comptoirs de détail, à la fermeture et à la consolidation des centres de tri du courrier, à la sous-traitance accrue du travail normalement effectué par les travailleurs des postes et à la suppression d'un nombre toujours plus grand de services comme la livraison du samedi aux États-Unis.

La lutte des travailleurs des postes des États-Unis et du Canada pour le droit à un salaire et à des avantages sociaux décents, à des conditions de travail viables qui respectent les droits à la santé et à la sécurité des travailleurs est un élément important pour bloquer les tentatives des entreprises d'imposer à la société leur obsession du profit maximum. Dans leur lutte, les postiers soulignent que ce dont l'économie a besoin c'est d'une poste publique qui fournit un service universel et ils disent que les actifs générés par le sang et la sueur des travailleurs ne doivent pas être accaparés par les entreprises. C'est le problème que la société tout entière doit prendre en main.

(Source : www.savethepostoffice.com)

Haut de page


Venezuela

La campagne électorale pour l'élection d'un nouveau président est en marche


Rassemblement lors du lancement de la campagne du candidat à la présidence Nicolas Maduro le 4 avril 2013

Sur décision du Conseil électoral national et en conformité avec la Constitution du pays, une campagne électorale à la présidence du Venezuela a débuté le 2 avril dernier. Cette campagne sera de dix jours, se terminera le 11 avril et le scrutin aura lieu le 14 avril. La Constitution exige le déclenchement d'une élection présidentielle dans les trente jours suivant le décès ou le départ d'un président. Le président Hugo Chavez est décédé le 5 mars dernier.

Le Conseil national électoral a confirmé sept des huit candidats qui se sont enregistrés comme candidats à la présidence du pays. Selon les maisons de sondages International Consulting Services et Estudios de Opinión Meganálisis, des sept candidats, deux se partagent 98 % des intentions de votes. Ainsi Nicolás Maduro, actuel président par intérim et candidat du Gran Polo Patriotico (Grand pôle patriotique) avec à sa tête le Parti socialiste unifié du Venezuela, obtiendrait 56,6 % des intentions de votes. Il devancerait de 15,8 points son plus proche rival Henrique Capriles, candidat pro-impérialiste et néolibéral de la Mesa de la Unidad Democrática, (Table de l'unité démocratique) qui obtiendrait 41,1 % des votes.

Nicolas Maduro a lancé sa campagne à la présidence le 2 avril à partir de la maison natale du président Chavez dans la ville de Sabaneta, dans l'État de Barinas. S'adressant au peuple vénézuélien, il a déclaré qu'il ne manquera pas à son devoir de poursuivre le travail que lui a laissé le président Chavez pour consolider la souveraineté et l'indépendance du pays. Il a appelé à construire une direction collective pour assurer le plein développement du programme Plan de la Patria (Plan pour la patrie) le programme élaboré et mis de l'avant par le président Chavez et entériné par le peuple vénézuélien lors de sa réélection le 7 octobre 2012.

Le 3 avril, s'adressant à des centaines de milliers de militants à Táchira, Maduro a réitéré ce message. Il a appelé les Vénézuéliens à faire « un grand effort pour consolider l'indépendance politique, pour développer l'indépendance économique et l'indépendance culturelle. » Il a également mentionné l'importance de poursuivre la construction du socialisme bolivarien comme objectif stratégique élaboré par le président Chavez dans le programme Plan de la Patria et a appelé à « le construire avec un puissant pouvoir populaire à travers les Communes ». « Nous devons renforcer le travail pour consolider les conseils communaux, les villes communales, afin que notre peuple puisse commencer à vivre dans le socialisme, en paix, en convivialité dans une vraie humanité. » Il a terminé en affirmant que « nous devons développer le socialisme dans l'économie afin que notre classe ouvrière et tous les travailleurs puissent prendre les rênes de la production et des richesses ».

Dans le cours de la campagne, en sa capacité de président en exercice, Maduro développe une initiative gouvernementale appelée Mouvement pour la paix et pour la vie. Celle-ci vise à mobiliser le peuple, les jeunes et les communautés, de concert avec les organisations de l'État, pour combattre l'insécurité sociale et bâtir des alternatives à la criminalité et à la violence, surtout dans les régions les plus pauvres du pays.

De son côté, le candidat de la droite, Henrique Capriles, multiplie les déclarations provocatrices et irresponsables à chaque jour de campagne. Il a déclaré par exemple que s'il est élu, il va mettre fin à l'accord en vertu duquel le Venezuela fournit du pétrole à Cuba en échange de son expertise médicale et dans d'autres domaines et que le personnel médical et humanitaire cubain sera expulsé du pays.

Face à ces provocations, Maduro, en tant que président par intérim, appelle le peuple vénézuélien à ne pas permettre la déstabilisation du pays. Il assure par ailleurs que l'armée sera déployée dans tout le pays le jour du scrutin afin d'assurer que le peuple puisse exercer son droit de vote dans les meilleures conditions possibles le 14 avril.

Haut de page


Paraguay

Vaincre les complots et la fraude par l'organisation
et l'unité du peuple dans l'action

Le 21 avril se tiendront des élections générales au Paraguay. En plus du président et vice-président, seront élus les 45 sénateurs au Sénat, les 80 députés de la Chambre des députés, les 17 gouverneurs de département ainsi que les représentants au Parlasur[1]. Au total onze partis ou alliance de partis présentent des candidats à la présidence de même qu'aux différentes fonctions législatives. Parmi ceux-ci, trois organisations politiques se retrouvent en tête de liste quant aux possibilités de faire élire le plus de candidats possibles et de remporter la présidence.

L'une de ces organisations est le Partido Colorado et son candidat Horacio Manuel Cartes Jara, un homme d'affaire bien connu pour ses activités dans le blanchiment d'argent provenant du trafic de la drogue de même que dans la production et la contrebande de cigarettes. Ce parti conservateur, qui s'est maintenu au pouvoir pendant 60 ans et a imposé au peuple paraguayen un régime dictatorial et fasciste parmi les plus criminels qu'ait connus la région, a été chassé du pouvoir en 2008 par la victoire de l'Alliance patriotique pour le changement qui a permis l'élection de Fernando Lugo au poste de président. Il y a l'Alianza Paraguay Alegre et son candidat Pedro Efrain Alegre Sasiain. Cette Alliance est dirigée par le Partido Liberal Radical Autentico, principal auteur (avec le Partido Colorado) du coup d'État parlementaire du 22 juin 2012 qui a destitué le président Fernando Lugo et l'a remplacé par Frederico Franco, alors vice-président. La troisième force politique en importance est la Concertacion Nacional Frente Guasu[1] avec comme candidat à la présidence le docteur Anibal Enrique Carrillo Iramain et Fernando Lugo qui est en tête de liste des candidats au sénat (la constitution du Paraguay ne permet pas à une personne de se représenter au poste de président pour un second mandat consécutif).


Des manifestants dénoncent l'opportunisme politique de ceux qui ont destitué le président paraguayen,
Fernando Lugo, le 22 juin 2012.

Le parti Colorado et le parti libéral sont les formations politiques « traditionnelles » qui occupent le pouvoir politique depuis plus de 150 ans. Leurs programmes politiques ont en commun d'être néolibéral, pro-impérialiste étasunien et protecteur des intérêts des grands propriétaires terriens. Les deux sont pour une politique agro-exportatrice du soya en alliance avec la multinationale Monsanto et ses produits transgéniques et toxiques. Ils agissent en complices pour le développement de projets dévastateurs de multinationales comme Rio Tinto Alcan qui cherche à implanter une usine d'aluminium aux conséquences néfastes sur le plan économique et environnemental pour le pays. Les deux sont pour la garantie du maintien d'une distribution obscène de la terre telle qu'elle existe actuellement. À cet effet, un recensement de 2008 indique que 2 % de la population détient 85.5 % des terres cultivables du pays. Ces deux organisations utilisent des millions en sommes d'argent provenant du soutien des multinationales, d'agences sous la coupe des États-Unis et des coffres de l'État, pour inonder de manière agressive tout le pays d'une propagande intensive et mensongère sur tous les fronts cherchant à faire peur, à confondre et à déstabiliser au maximum la population.

De son côté, la Concertacion Nacional Frente Guasu, avance un programme prosocial qui favorise un développement de programmes sociaux en santé et en éducation, une réforme agraire intégrale, la défense de la souveraineté du pays et l'appui aux gouvernements progressistes de la région de même qu'aux projets d'intégration régionale. La création de la Concertacion Nacional Frente Guasu représente une avancée très importante dans l'histoire du Paraguay. En effet, la population de ce petit pays de moins de sept millions d'habitants a vécu sous une politique anticommuniste des plus sanguinaires pendant des décennies où la chasse aux sorcières était la politique d'État et s'étendait à quiconque parlait de défense des droits, et où sortir du pays pour visiter Cuba, la Chine ou tout autre pays du genre signifiait risquer sa vie au retour. Dans ces circonstances, l'unification des forces progressistes allant du Parti communiste, aux sociaux démocrates, aux socialistes, aux souverainistes et aux nombreux mouvements populaires représente un tour de force considérable quand on connaît le niveau de la machine répressive de l'État en alliance avec les institutions ecclésiastiques, les grands propriétaires terriens, les monopoles étrangers et les agences impérialistes étasuniennes.

Ceci étant, les forces du Frente Guasu ne se font aucune illusion sur le déroulement des prochaines élections. Les deux partis traditionnels contrôlent l'appareil d'État, le Tribunal électoral, la Cour suprême et les forces de police. De plus, la manière dont ils ont orchestré la destitution du président Lugo, ne respectant aucune règle constitutionnelle ou judiciaire reconnue dans le pays, ne laisse aucun doute sur comment ces mêmes gens sont àen train d'organiser une grande fraude au soir du 21 avril prochain. C'est pourquoi le Frente Guasu et ses organisations membres ne vont rien laisser au hasard et vont mobiliser tout le monde dans le travail politique et l'organisation du peuple dans l'unité d'action pour l'avancement du programme mis de l'avant par le Frente Guasu et ainsi faire en sorte qu'au lendemain du 21 avril, le peuple paraguayen détienne une force organisée à l'intérieur comme à l'extérieur des assemblées législatives qui couvre tous les secteurs de la société. De même, conscient que les impérialistes désirent maintenir le pays comme une enclave servant à ses activités déstabilisatrices contre tous les gouvernements de la région qui ne se conforment pas à sa domination et de l'importance de briser ce rôle imposé au Paraguay pour l'avancement des projets d'intégration régionale, le Frente Guasu en appelle aux forces progressistes d'Amérique latine d'envoyer le maximum d'observateurs pour la période électorale et particulièrement pour les journées entourant le jour du scrutin. Ce travail large et intense du Frente Guasu fait en sorte que les maisons de sondages du pays, reconnues pour être en faveur des partis traditionnels, sont maintenant obligées de dire que la Concertacion Nacional Frente Guasu occupe actuellement la troisième position dans les intentions de votes et que ses appuis ne cessent de se développer.

Notes

1. Le Parlasur est le parlement formé de représentants du Mercosur dont les membres sont l'Argentine, le Brésil, le Paraguay, l'Uruguay et le Venezuela.
2. Frente Guasu : Front large des forces progressistes et démocratiques du Paraguay regroupant Partido comunista Paraguayo, Pais Solidario,Tekojoja, Movimiento Patriótico Popular, Frente Amplio,Partido de la Unidad Popular, Convergencia Popular Socialista et Participación Cuidadana

Haut de page


Lisez Le Marxiste-Léniniste
Site web:  www.pccml.ca   Courriel: redaction@cpcml.ca