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Numéro 55 - 8 avril
2013
Jour de la Terre 2013
Marche pour la Terre à Montréal le 21
avril
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Vue
aérienne de la manifestation de 250 000 personnes à
Montréal le Jour de la Terre 2012, avec en
encart l'esprit indomptable des étudiants et des travailleurs
d'Alma.
Montréal
21 avril 2013 - 14 heures
Place des festivals: Sainte-Catherine Ouest et Jeanne-Mance
LE 21 AVRIL, RÉGLEZ VOTRE ALARME POUR 14 H!
Organisée par Marche pour
la www.marchepourlaterre.org
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Jour
de la Terre 2013
• Marche pour la Terre à Montréal
le 21 avril
Oui au droit public!
Non au droit de monopole!
• À fond de train pour éliminer
ce qui reste du service postal public aux États-Unis -
Louis Lang
• Pitney Bowes finance une étude
promouvant la privatisation des services postaux américains
Venezuela
• La campagne électorale pour
l'élection d'un nouveau président est en marche
- Claude Brunelle
Paraguay
• Vaincre les complots et la fraude par
l'organisation et l'unité du peuple dans l'action
Jour de la Terre 2013
Marche pour la Terre à Montréal le 21
avril
Déclaration
Nous, Québécoises, Québécois
et peuples autochtones, joignons notre voix à celle des citoyens
qui, partout sur la planète, se mobilisent pour la
défense de la Terre et des prochaines générations.
Nous savons que les changements climatiques sont la plus
grande menace à notre sécurité, à notre
santé, à notre environnement et qu'ils mettent en
péril notre prospérité future.
La science est claire, si nous n'agissons pas
immédiatement et avec conviction, nous nous dirigeons vers un
réchauffement planétaire irréversible et porteur
de conséquences et d'incertitudes si graves qu'il remet en cause
les fondements mêmes de notre civilisation.
Alors que des millions de citoyens partout dans le monde
se mobilisent pour faire éclore une société libre
des énergies fossiles, nous avons la conviction qu'il est encore
possible de limiter les effets néfastes du réchauffement
planétaire.
Nous affirmons qu'il y a
urgence d'agir.
Nous devons dès maintenant nous tourner vers des
énergies propres et n'accepter aucun projet d'exploitation des
énergies fossiles qui pourrait mettre à mal notre
environnement. L'expansion des pipelines, des sables bitumineux, des
gaz et pétrole de schistes et de toutes autres infrastructures
pétrolières et gazières nous préoccupe au
plus haut point.
Notre choix est clair : pour le bien des
générations futures, nous privilégions
l'économie d'énergie et le développement
d'énergies propres.
Cette décision nous appartient. Elle ne doit pas
être laissée aux seules compagnies
pétrolières et gazières, ni aux gouvernements qui
les subventionnent massivement.
C'est pourquoi nous demandons :
- Que le gouvernement du Québec s'oppose à
l'expansion des sables bitumineux et au passage en sol
québécois de pipelines albertains qui menaceraient notre
eau et nos milieux naturels.
- Que le gouvernement du Québec adopte avant la
fin de l'année des plans ambitieux et crédibles pour
réduire notre consommation de pétrole de 30 % et nos
émissions de gaz à effet de serre d'au moins 25 % d'ici
2020.
- Que le gouvernement du Canada mette un prix sur les
émissions de gaz à effet de serre, se dote d'un plan afin
de réduire ses émissions de GES et cesse
immédiatement d'accroître la production des sables
bitumineux et de verser les 1,3 milliard de dollars en subventions
annuelles à l'industrie pétrolière et
gazière.
- Que le gouvernement du Canada réinstaure les
protections environnementales qu'il a démantelées au
profit de l'industrie et au mépris des citoyens et des droits
ancestraux autochtones, et qu'il respecte ses engagements
internationaux en matière de lutte aux changements climatiques
qu'il a reniés en se retirant du Protocole de Kyoto.
Nous nous opposerons avec vigueur à tout projet
énergétique qui aura pour effet d'aggraver la crise
climatique.
Il est temps que le Québec et le Canada sortent
de l'ère des énergies fossiles et engagent la transition
vers une économie écologique et sociale qui
n'épuise pas les ressources qui appartiennent aux prochaines
générations.
Nos enfants et les générations à
venir ont des droits inaliénables et nous sommes
déterminés à les faire respecter.
Nous avons confiance que nous saurons trouver ensemble
la sagesse nécessaire pour préserver l'extraordinaire
diversité de la vie sur Terre.
En solidarité avec les peuples de la Terre et les
prochaines générations.
Pour la suite du monde.
Et pour libérer l'avenir.
La Marche pour la Terre du
21 avril 2013 est une initiative de l'AQLPA, Environnement Jeunesse,
Équiterre, la Fondation David Suzuki, Greenpeace, le Jour de la
Terre Québec et Nature Québec supportée par
plusieurs organisations et personnalités.

Oui au droit public! Non au droit de
monopole!
À fond de train pour éliminer ce qui reste
du service postal public aux États-Unis
- Louis Lang -
Le Service postal des États-Unis (USPS) a
récemment produit son rapport financier pour janvier 2013. Comme
le fait Postes Canada, qui a déclaré plus tôt cette
année une perte de 327 millions $ pour l'année 2012, le
USPS affirme avoir encouru une perte de 436 millions $ pour le mois de
janvier et une perte de 1,7 milliard $ pour les quatre premiers mois de
l'année fiscale.
Dans les deux pays, les médias monopolisés
et les politiciens, qui sont les porte-parole des entreprises, ont
saisi l'occasion pour remettre en question la viabilité du
service postal public. Ils y vont des prédictions les plus
pessimistes sur le déclin des volumes de courrier à cause
de l'Internet et d'autres technologies modernes et se servent de cela
pour demander de nouvelles coupures de services et de nouvelles
fermetures de bureaux de poste dans les deux pays.
Un examen détaillé des faits
révèle que les hurlements au sujet de l'effondrement du
service postal sont un tissu de mensonges servant à cacher que
les monopoles et les gouvernements travaillent main dans la main pour
privatiser les composantes les plus profitables du service postal. [1]
En examinant de plus près le rapport financier de
USPS pour janvier 2013, on voit que la perte de 436 millions $ en
janvier est en réalité un profit de 261 millions $.
Le rapport montre que les revenus de courrier de
première classe aux États-Unis ont connu une baisse de
moins de 1 % tandis que les revenus du courrier régulier ont
augmenté de 2,6 %. Les périodiques ont connu une hausse
de près de 3 % et les colis de plus de 4 %. Le revenu total pour
le mois a augmenté de 4,4 % et de près de 1 % d'octobre
à janvier.
Dans le contexte de la faiblesse de l'économie
américaine en ce moment, ça n'a rien d'étonnant
que les revenus des postes suivent les aléas de
l'économie comme c'est le cas de toutes les entreprises.
Le USPS alimente son
rapport alarmiste sur ses pertes financières en incluant deux
données pour lesquelles il ne dit pas en quoi elles concernent
les volumes de courrier et la performance du service postal. La
première est une dépense de 467 millions $ en
prépaiement qui est requis par le Congrès au fonds de
prestations de soins de santé des retraités. Ce paiement,
qui se chiffre à 5,5 milliards $ par année, est un
mécanisme qui est imposé par le Congrès pour
pousser le USPS à la faillite en le forçant à
payer à l'avance sur une période de 10 ans les montants
correspondant à 75 ans de prestations des travailleurs. C'est
une loi déraisonnable et non nécessaire et le Service
postal ne devrait pas avoir à payer un montant aussi
énorme dans ce fonds.
L'autre dépense qui demeure inexpliquée
est un montant de 231 millions $ en mesures incitatives à la
retraite qui vise des dizaines de milliers de travailleurs des postes
dont le USPS veut éliminer les emplois. C'est malhonnête
d'inclure cette dépense dans le budget de fonctionnement parce
que ces mesures incitatives sont une dépense effectuée
une seule fois et non un coût régulier de fonctionnement.
Le USPS utilise cette « crise financière
» de sa fabrication pour accélérer les fermetures
de bureaux de poste. Le syndicat des travailleurs des postes des
États-Unis (APWU) a dénoncé les plans de USPS
d'accélérer la fermeture de 71 stations de tri qui
avaient été ciblées pour une possible fermeture en
2014. « Ces fermetures, écrit le syndicat dans un
communiqué, vont éliminer des emplois, affaiblir les
communautés et causer des délais dans la livraison
quotidienne du courrier, du lundi au samedi. Ces fermetures vont
réduire dramatiquement le tri local du courrier et
éliminer à toutes fins pratiques la livraison de nuit.
» Le 26 mars, le USPS a averti le syndicat qu'il va
procéder cette année à 53 fermetures qui
étaient prévues pour 2014. En janvier, le USPS a dit
vouloir en devancer 18 autres. C'est le comble de l'hypocrisie de la
part de USPS d'éliminer des dizaines de milliers d'emplois, de
vendre des comptoirs de services au détail, de fermer des
stations de tri, de donner en sous-traitance une part toujours plus
grande du travail qui est normalement effectué par les
travailleurs des postes, ce qui force les postiers qui restent à
faire plus de travail avec beaucoup moins d'effectifs. Dans ce
contexte, l'annonce d'une augmentation des revenus de 4,4 % en janvier
2013 est attribuable à une augmentation significative de
l'exploitation des travailleurs des postes des États-Unis et
montre comment il est important d'exposer les mensonges des monopoles
qui veulent privatiser davantage et intensifier l'exploitation des
travailleurs.
Note
1. Lire à ce sujet « À fond
de train vers la privatisation » dans Le
Marxiste-Léniniste du 29 janvier 2013 — Numéro 11.

Pitney Bowes finance une étude promouvant la
privatisation des services postaux américains
Un think tank de droite a
récemment publié un rapport proposant la création
d'un système postal « hybride public-privé ».
Selon la proposition, les deux tiers des services postaux seraient
privatisés, soit les composantes du traitement du courrier et du
service au détail, ne laissant que la livraison du courrier au
Service postal des États-Unis (USPS).
Afin de donner plus d'impact à la proposition,
Pitney Bowes, l'une des plus grandes entreprises dans le monde
directement impliquées dans les services postaux, a
financé l'Académie nationale d'administration publique
(NAPA) aux États-Unis pour examiner la proposition et en publier
« un examen indépendant et rigoureux ».
La NAPA se décrit comme suit sur la page
d'accueil de son site web :
« Fondée en 1967 et instituée par le
Congrès, l'Académie nationale d'administration publique
est une coalition indépendante à but non lucratif de
hauts dirigeants de la gestion et de l'administration publique qui
s'attaquent aux défis les plus sérieux et complexes de la
nation.»
En d'autres termes, la NAPA travaille pour le compte de
l'élite financière et politique aux États-Unis et
le but de son « examen indépendant et rigoureux »
est de promouvoir le programme de ses maîtres.
Le fait que Pitney Bowes, qui est basé au
Connecticut, ait financé cette étude montre clairement
que la campagne de désinformation et de mensonges au sujet de la
viabilité du service postal public aux États-Unis et au
Canada est menée par les monopoles qui veulent mettre la main
sur les activités les plus rentables de l'USPS et de Postes
Canada.
Un mot tout d'abord sur Pitney Bowes Inc. C'est une
entreprise mondiale en technologie des communications et de courrier
évaluée à 6 milliards $ avec plus de deux millions
de clients à travers le monde. Elle est l'un des principaux
fournisseurs de machines d'affranchissement postal dans le monde et
offre également des services de préparation du courrier
et de pré-tri, des kiosques électroniques et de nombreux
autres services postaux connexes.
Selon Bloomberg News, Pitney Bowes a fait 30 millions $
en contrats de sous-traitance avec l'USPS. Avec 36 grands centres de
traitement du courrier à travers les États-Unis, Pitney
Bowes possède le plus grand réseau national de
pré-tri. Sur un chiffre d'affaires total de 6 milliards $ en
2012, 567 millions $ proviennent de ce que ses états financiers
décrivent comme des « services postaux »,
c'est-à-dire l'entreprise du pré-tri.
Nous savons par exemple qu'en 2011, Pitney Bowes a
traité 14 milliards de pièces de courrier. Le volume
total de courrier traité par l'USPS en 2012 a été
d'environ 160 milliards de pièces de courrier. Le coût de
main-d'oeuvre pour le traitement de ce courrier a été
d'environ 12 milliards $. Si Pitney Bowes devait traiter le tiers de ce
volume de courrier, elle pourrait facturer 4 milliards $ par an pour ce
service, soit sept fois ce qu'elle reçoit maintenant pour son
entreprise de pré-tri. En encourageant la privatisation du
traitement du courrier Pitney Bowes s'attend à faire des
milliards $ en bénéfices. En outre, en obtenant de l'USPS
la fermeture de plus de comptoirs postaux de services de détail,
Pitney Bowes pourrait installer ses kiosques électroniques dans
des dizaines de milliers d'entreprises à travers le pays,
empochant encore plus de bénéfices.
On doit se rappeler aussi que Deepak Chopra, qui a
travaillé pour Pitney Bowes pendant presque toute sa
carrière et est devenu le PDG de Pitney Bowes du Canada et
d'Amérique latine, a été nommé PDG de
Postes Canada par Stephen Harper en février 2011. Faisant fi du
conflit d'intérêts évident que représente sa
nomination, Chopra défend activement et met en oeuvre des
politiques favorisant la privatisation et la
déréglementation en faveur des entreprises comme Pitney
Bowes, UPS, FedEx et d'autres au détriment des travailleurs des
postes et de tous les Canadiens.
Il n'est donc pas surprenant que le rapport de la NAPA
intitulé « Un examen indépendant d'une proposition
d'un leader d'opinion pour la réforme du service postal
américain », vise à promouvoir la poursuite de la
privatisation de l'USPS en tentant de rendre crédible la
proposition outrageante d'un système postal « hybride
public-privé ». Aucun argument rationnel ne peut soutenir
une telle proposition, mais le rapport de la NAPA financé par
Pitney Bowes fournit à l'entreprise une occasion de faire valoir
son programme pour discussion.
Un bref résumé en introduction au rapport
commence par la même incantation répétée par
les médias monopolisés au Canada et aux
États-Unis. « Une diminution rapide du volume de courrier
et une gamme d'autres facteurs financiers et d'exploitation exercent
sur le service postal américain une pression financière
importante qui menace sa viabilité à long terme. »
Le groupe de la NAPA conclut que même si ce n'est pas à
lui d'endosser le concept d'un système hybride, « il
mérite un examen sérieux dans le cadre d'une
réforme plus globale de l'institution ».
Comme les travailleurs des postes n'ont cessé de
le souligner, les demandes continuelles des entreprises et de leurs
politiciens visant à réformer, transformer ou moderniser
le service postal au Canada et aux États-Unis n'ont rien
à voir avec l'érosion du volume de courrier. Le plus
récent rapport financier de l'USPS montre clairement que les
volumes de courrier sont stables et que la plus grande pression
financière sur le service postal est la promotion irresponsable
d'une plus grande privatisation par les entreprises et les politiciens
à leur service. Cela conduit à l'élimination de
dizaines de milliers d'emplois, à la vente des comptoirs de
détail, à la fermeture et à la consolidation des
centres de tri du courrier, à la sous-traitance accrue du
travail normalement effectué par les travailleurs des postes et
à la suppression d'un nombre toujours plus grand de services
comme la livraison du samedi aux États-Unis.
La lutte des travailleurs des postes des
États-Unis et du Canada pour le droit à un salaire et
à des avantages sociaux décents, à des conditions
de travail viables qui respectent les droits à la santé
et à la sécurité des travailleurs est un
élément important pour bloquer les tentatives des
entreprises d'imposer à la société leur obsession
du profit maximum. Dans leur lutte, les postiers soulignent que ce dont
l'économie a besoin c'est d'une poste publique qui fournit un
service universel et ils disent que les actifs
générés par le sang et la sueur des travailleurs
ne doivent pas être accaparés par les entreprises. C'est
le problème que la société tout entière
doit prendre en main.

Venezuela
La campagne électorale pour l'élection
d'un nouveau président est en marche
- Claude Brunelle -
Rassemblement lors du
lancement de la campagne du candidat à la présidence
Nicolas Maduro le 4 avril 2013
Sur décision du Conseil électoral national
et en conformité avec la Constitution du pays, une campagne
électorale à la présidence du Venezuela a
débuté le 2 avril dernier. Cette campagne sera de dix
jours, se terminera le 11 avril et le scrutin aura lieu le 14 avril. La
Constitution exige le déclenchement d'une élection
présidentielle dans les trente jours suivant le
décès ou le départ d'un président. Le
président Hugo Chavez est décédé le 5 mars
dernier.
Le Conseil national électoral a confirmé
sept des huit candidats qui se sont enregistrés comme candidats
à la présidence du pays. Selon les maisons de sondages
International Consulting Services et Estudios de Opinión
Meganálisis, des sept candidats, deux se partagent 98 % des
intentions de votes. Ainsi Nicolás Maduro, actuel
président par intérim et candidat du Gran Polo Patriotico
(Grand pôle patriotique) avec à sa tête le Parti
socialiste unifié du Venezuela, obtiendrait 56,6 % des
intentions de votes. Il devancerait de 15,8 points son plus proche
rival Henrique Capriles, candidat pro-impérialiste et
néolibéral de la Mesa de la Unidad Democrática,
(Table de l'unité démocratique) qui obtiendrait 41,1 %
des votes.
Nicolas Maduro a lancé sa campagne à la
présidence le 2 avril à partir de la maison natale du
président Chavez dans la ville de Sabaneta, dans l'État
de Barinas. S'adressant au peuple vénézuélien, il
a déclaré qu'il ne manquera pas à son devoir de
poursuivre le travail que lui a laissé le président
Chavez pour consolider la souveraineté et l'indépendance
du pays. Il a appelé à construire une direction
collective pour assurer le plein développement du programme Plan
de la Patria (Plan pour la patrie) le programme élaboré
et mis de l'avant par le président Chavez et
entériné par le peuple vénézuélien
lors de sa réélection le 7 octobre 2012.
Le 3 avril, s'adressant
à des centaines de milliers de militants à
Táchira, Maduro a réitéré ce message. Il a
appelé les Vénézuéliens à faire
« un grand effort pour consolider l'indépendance
politique, pour développer l'indépendance
économique et l'indépendance culturelle. » Il a
également mentionné l'importance de poursuivre la
construction du socialisme bolivarien comme objectif stratégique
élaboré par le président Chavez dans le programme
Plan de la Patria et a appelé à « le construire
avec un puissant pouvoir populaire à travers les Communes
». « Nous devons renforcer le travail pour consolider les
conseils communaux, les villes communales, afin que notre peuple puisse
commencer à vivre dans le socialisme, en paix, en
convivialité dans une vraie humanité. » Il a
terminé en affirmant que « nous devons développer
le socialisme dans l'économie afin que notre classe
ouvrière et tous les travailleurs puissent prendre les
rênes de la production et des richesses ».
Dans le cours de la campagne, en sa capacité de
président en exercice, Maduro développe une initiative
gouvernementale appelée Mouvement pour la paix et pour la vie.
Celle-ci vise à mobiliser le peuple, les jeunes et les
communautés, de concert avec les organisations de l'État,
pour combattre l'insécurité sociale et bâtir des
alternatives à la criminalité et à la violence,
surtout dans les régions les plus pauvres du pays.
De son côté, le candidat de la droite,
Henrique Capriles, multiplie les déclarations provocatrices et
irresponsables à chaque jour de campagne. Il a
déclaré par exemple que s'il est élu, il va mettre
fin à l'accord en vertu duquel le Venezuela fournit du
pétrole à Cuba en échange de son expertise
médicale et dans d'autres domaines et que le personnel
médical et humanitaire cubain sera expulsé du pays.
Face à ces provocations, Maduro, en tant que
président par intérim, appelle le peuple
vénézuélien à ne pas permettre la
déstabilisation du pays. Il assure par ailleurs que
l'armée sera déployée dans tout le pays le jour du
scrutin afin d'assurer que le peuple puisse exercer son droit de vote
dans les meilleures conditions possibles le 14 avril.

Paraguay
Vaincre les complots et la fraude par l'organisation
et l'unité du peuple dans l'action
Le 21 avril se tiendront des élections
générales au Paraguay. En plus du président et
vice-président, seront élus les 45 sénateurs
au Sénat, les 80 députés de la Chambre des
députés, les 17 gouverneurs de département
ainsi que les représentants au Parlasur[1]. Au total onze partis
ou alliance de partis présentent des candidats à la
présidence de même qu'aux différentes fonctions
législatives. Parmi ceux-ci, trois organisations politiques se
retrouvent en tête de liste quant aux possibilités de
faire élire le plus de candidats possibles et de remporter la
présidence.
L'une de ces organisations est le Partido Colorado et
son candidat Horacio Manuel Cartes Jara, un homme d'affaire bien connu
pour ses activités dans le blanchiment d'argent provenant du
trafic de la drogue de même que dans la production et la
contrebande de cigarettes. Ce parti conservateur, qui s'est maintenu au
pouvoir pendant 60 ans et a imposé au peuple paraguayen un
régime dictatorial et fasciste parmi les plus criminels qu'ait
connus la région, a été chassé du pouvoir
en 2008 par la victoire de l'Alliance patriotique pour le
changement qui a permis l'élection de Fernando Lugo au poste de
président. Il y a l'Alianza Paraguay Alegre et son candidat
Pedro Efrain Alegre Sasiain. Cette Alliance est dirigée par le
Partido Liberal Radical Autentico, principal auteur (avec le Partido
Colorado) du coup d'État parlementaire du 22 juin
2012 qui a destitué le président Fernando Lugo et
l'a remplacé par Frederico Franco, alors vice-président.
La troisième force politique en importance est la Concertacion
Nacional Frente Guasu[1] avec comme candidat à la
présidence le docteur Anibal Enrique Carrillo Iramain et
Fernando Lugo qui est en tête de liste des candidats au
sénat (la constitution du Paraguay ne permet pas à une
personne de se représenter au poste de président pour un
second mandat consécutif).
Des manifestants
dénoncent l'opportunisme politique de ceux qui ont
destitué le président paraguayen,
Fernando Lugo, le 22 juin 2012.
Le parti Colorado et le parti libéral sont les
formations politiques « traditionnelles » qui
occupent le pouvoir politique depuis plus de 150 ans. Leurs programmes
politiques ont en commun d'être néolibéral,
pro-impérialiste étasunien et protecteur des
intérêts des grands propriétaires terriens. Les
deux sont pour une politique agro-exportatrice du soya en alliance avec
la multinationale Monsanto et ses produits transgéniques et
toxiques. Ils agissent en complices pour le développement de
projets dévastateurs de multinationales comme Rio Tinto Alcan
qui cherche à implanter une usine d'aluminium aux
conséquences néfastes sur le plan économique et
environnemental pour le pays. Les deux sont pour la garantie du
maintien d'une distribution obscène de la terre telle qu'elle
existe actuellement. À cet effet, un recensement de
2008 indique que 2 % de la population détient
85.5 % des terres cultivables du pays. Ces deux organisations
utilisent des millions en sommes d'argent provenant du soutien des
multinationales, d'agences sous la coupe des États-Unis et des
coffres de l'État, pour inonder de manière agressive tout
le pays d'une propagande intensive et mensongère sur tous les
fronts cherchant à faire peur, à confondre et à
déstabiliser au maximum la population.
De son côté, la Concertacion Nacional
Frente Guasu, avance un programme prosocial qui favorise un
développement de programmes sociaux en santé et en
éducation, une réforme agraire intégrale, la
défense de la souveraineté du pays et l'appui aux
gouvernements progressistes de la région de même qu'aux
projets d'intégration régionale. La création de la
Concertacion Nacional Frente Guasu représente une avancée
très importante dans l'histoire du Paraguay. En effet, la
population de ce petit pays de moins de sept millions d'habitants a
vécu sous une politique anticommuniste des plus sanguinaires
pendant des décennies où la chasse aux sorcières
était la politique d'État et s'étendait à
quiconque parlait de défense des droits, et où sortir du
pays pour visiter Cuba, la Chine ou tout autre pays du genre signifiait
risquer sa vie au retour. Dans ces circonstances, l'unification des
forces progressistes allant du Parti communiste, aux sociaux
démocrates, aux socialistes, aux souverainistes et aux nombreux
mouvements populaires représente un tour de force
considérable quand on connaît le niveau de la machine
répressive de l'État en alliance avec les institutions
ecclésiastiques, les grands propriétaires terriens, les
monopoles étrangers et les agences impérialistes
étasuniennes.
Ceci étant, les forces du Frente Guasu ne se font
aucune illusion sur le déroulement des prochaines
élections. Les deux partis traditionnels contrôlent
l'appareil d'État, le Tribunal électoral, la Cour
suprême et les forces de police. De plus, la manière dont
ils ont orchestré la destitution du président Lugo, ne
respectant aucune règle constitutionnelle ou judiciaire reconnue
dans le pays, ne laisse aucun doute sur comment ces mêmes gens
sont àen train d'organiser une grande fraude au soir du
21 avril prochain. C'est pourquoi le Frente Guasu et ses
organisations membres ne vont rien laisser au hasard et vont mobiliser
tout le monde dans le travail politique et l'organisation du peuple
dans l'unité d'action pour l'avancement du programme mis de
l'avant par le Frente Guasu et ainsi faire en sorte qu'au lendemain du
21 avril, le peuple paraguayen détienne une force
organisée à l'intérieur comme à
l'extérieur des assemblées législatives qui couvre
tous les secteurs de la société. De même, conscient
que les impérialistes désirent maintenir le pays comme
une enclave servant à ses activités
déstabilisatrices contre tous les gouvernements de la
région qui ne se conforment pas à sa domination et de
l'importance de briser ce rôle imposé au Paraguay pour
l'avancement des projets d'intégration régionale, le
Frente Guasu en appelle aux forces progressistes d'Amérique
latine d'envoyer le maximum d'observateurs pour la période
électorale et particulièrement pour les journées
entourant le jour du scrutin. Ce travail large et intense du Frente
Guasu fait en sorte que les maisons de sondages du pays, reconnues pour
être en faveur des partis traditionnels, sont maintenant
obligées de dire que la Concertacion Nacional Frente Guasu
occupe actuellement la troisième position dans les intentions de
votes et que ses appuis ne cessent de se développer.
Notes
1. Le Parlasur est le parlement formé de
représentants du Mercosur dont les membres sont l'Argentine, le
Brésil, le Paraguay, l'Uruguay et le Venezuela.
2. Frente Guasu : Front large des forces progressistes et
démocratiques du Paraguay regroupant Partido comunista
Paraguayo, Pais Solidario,Tekojoja, Movimiento Patriótico
Popular, Frente Amplio,Partido de la Unidad Popular, Convergencia
Popular Socialista et Participación Cuidadana

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