Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 54 - 5 avril 2013

Spectacle en appui à la lutte contre les changements
régressifs à l'assurance-emploi

Un NON! ferme aux attaques
contre les travailleurs et l'économie




Grande manifestation nationale
Chez nous c'est non au saccage de l'assurance-emploi!
Montréal, samedi le 27 avril 2013
Deux départs, un point d’arrivée
• Départ des gens de Montréal et de la région métropolitaine
Place du Canada, Peel et René Lévesque
13 heures 15
• Départ des gens des autres régions du Québec
Parc Lafontaine, Rachel et Papineau
13 heures
• Point d’arrivée: Place des Festivals, Sainte-Catherine ouest et Jeanne-Mance
Tous sont priés d’arriver au point de départ vers midi

Organisée par la Coalition québécoise contre la réforme de l'assurance-emploi
Information:
nonausaccage.com

Poursuite du mouvement contre les changements à l'assurance-emploi
Un NON! ferme aux attaques contre les travailleurs et l'économie - Pierre Chénier
Les actions continuent

Coupures à l'aide sociale au Québec
La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse demande au gouvernement de respecter la Charte - Serge Lachapelle
Garantir les droits de tous: un projet de nation qui inspire et mobilise


Poursuite du mouvement contre les changements à l'assurance-emploi

Un NON! ferme aux attaques contre
les travailleurs et l'économie


À la salle La Tulipe à Montréal le 4 avril. De gauche à droite: le comédien Paul Ahmarani et le président de l'UPA Marcel Groleau;
la cinéaste Ève Lamont et le représentant de la Coalition de l'Est du Québec Saul Clark-Gagnon

Le 4 avril, la Coalition québécoise contre la réforme de l'assurance-emploi tenait un spectacle à la salle La Tulipe à Montréal en appui à la lutte qui se mène pour forcer le gouvernement Harper à retirer les changements antisociaux qu'il a faits au programme de l'assurance-emploi. Le spectacle était un préambule à la grande manifestation qui se tiendra à Montréal le 27 avril où convergeront des gens de tout le Québec. La salle était bondée de monde pour le spectacle de solidarité, environ 700 personnes venues principalement de Montréal mais également d'aussi loin que le Saguenay-Lac-St-Jean et les Îles-de-la-Madeleine. La soirée était retransmise en direct sur le site web de la coalition et pouvait être suivie sur écran ailleurs au Québec notamment à Rimouski et aux Îles-de-la-Madeleine. La soirée était faite de numéros de groupes musicaux, chanteurs et humoristes entrecoupés de brèves interventions de représentants d'organisations actives dans cette lutte. L'animation de l'événement était assurée par la comédienne Chantal Lamarre. Sébastien Plante, chanteur du groupe Les Respectables, Paul Cargnello, Joëlle St-Pierre, Oztara, les Zapartistes se sont joints aux Porn Flakes pour dénoncer en musique et en humour le saccage de l'assurance-emploi par le gouvernement Harper.

Après les mots de bienvenue de Chantal Lamarre, Raymond Legault, le président de l'Union des Artistes et l'animatrice Pénélope McQuade, entourés d'artistes, ont lu la déclaration de la Coalition québécoise contre la réforme de l'assurance-emploi qui dit notamment:

«L'assurance-emploi est fondamentalement un régime d'assurance qui doit offrir une protection aux assurés contre le risque du chômage. Le chômage est un phénomène social qui exige des solutions collectives. Personne n'est à l'abri du chômage. Avant même votre réforme, moins d'un chômeur sur deux avait droit à des prestations et elle en réduira encore d'avantage l'accès...

Non au déracinement des travailleuses et des travailleurs causé par l'obligation d'accepter des emplois éloignés de leurs proches. Non à la dévitalisation des régions. Non à l'appauvrissement des travailleuses et des travailleurs et à la dégradation de leurs conditions de travail. Non à l'obligation de quitter son emploi régulier parce qu'il est saisonnier. Non à la discrimination envers les travailleuses et travailleurs au statut précaire et à contrat. Non à l'acharnement envers les travailleuses et travailleurs des industries saisonnières. Non à l'individualisation de la problématique du chômage et à l'imposition de solutions individuelles plutôt que collectives. Non à l'intimidation, à la stigmatisation, à la surveillance et à un contrôle abusif des chômeuses et chômeurs. Non à vos quotas, à vos intrusions dans la vie privée des citoyennes et des citoyens. »

Michel Lagacé, porte-parole de la Coalition de l'Est du Québec contre la réforme de l'assurance-emploi, qui, de concert avec des organisations similaires au Nouveau-Brunswick, s'est mise en action dès les premiers jours de la publication officielle des changements à l'automne 2012, a dénoncé « cette réforme inhumaine qui a été imposée sans consulter qui que ce soit et sans même avoir été soumise à des études d'impacts ». Il a dit que les gens de l'Est du Québec subissent déjà l'impact de ces changements régressifs, donnant notamment l'exemple de ceux qui font face au trou noir, cette période de l'année où ils n'ont pas d'emploi et sont sans revenus parce que leur période de prestations d'assurance-emploi est terminée. Il a aussi donné l'exemple d'une dame dans la soixantaine qui travaille dans le secteur saisonnier du tourisme et est maintenant forcée de travailler comme pompiste dans un garage pendant la saison morte.


Au nom de la coalition québécoise, René Boyer, le secrétaire général de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec, a dénoncé le gouvernement Harper qui prouve son refus de s'attaquer au problème du chômage en s'attaquant aux chômeurs.

Marcel Groleau, le président de l'Union des producteurs agricoles du Québec, a relaté une conversation renversante que lui et d'autres représentants d'organisations de producteurs agricoles ont eue récemment avec une commissaire à l'assurance-emploi où ils ont démontré les nombreux problèmes que la réforme va causer aux travailleurs et au secteur. Ils se sont fait répondre par la commissaire que les producteurs agricoles devraient penser à prolonger la saison des récoltes ou encore à différer les heures des travailleurs saisonniers pour prolonger leur période d'admissibilité au programme, ce qui est illégal !

Au nom de Solidarité rurale du Québec, son vice-président André Genest a cité la chanson de Félix Leclerc « 100 000 façons de tuer un homme » dans laquelle Félix écrit que « c'est de l'empêcher de travailler en lui donnant de l'argent ». Si c'est là la meilleure façon de tuer un homme, a-t-il ajouté « la meilleure façon de tuer un village c'est de le priver de ses services de proximité, dont son bureau de poste, son école, alouette. L'économie de nos économies rurales est basée sur l'exploitation de nos richesses naturelles dont la première est l'humain. Depuis plus de 20 ans, les ruraux à force de militantisme et de travail ont redonné leur vie à une portion essentielle du territoire québécois. La réforme antidémocratique, odieuse de fourberie représente une menace à la volonté des ruraux d'occuper le territoire et de contribuer à la prospérité de tout le Québec. » Il a lancé l'appel à toutes les communautés rurales du Canada à s'unir et se joindre à la lutte pour faire échec à cette réforme.

Au nom de la Coalition de l'est du Québec, Saul Clark-Gagnon, un travailleur sylvicole des Îles-de-la-Madeleine, après avoir rappelé les débuts de la mobilisation dans l'est et les liens qui ont été tissés avec la population de la péninsule acadienne au Nouveau-Brunswick, a eu ces mots au sujet de la réforme et de la bataille qui se mène: « C'est une attaque directe, cinglante et injuste envers nos travailleurs et notre économie. Chaque personne, famille et communauté est ou sera affectée par un point ou l'autre de la réforme. C'est la réforme dans son entièreté qui doit être abolie... Ce n'est pas une guerre syndicale ou une campagne politique. C'est une lutte populaire, un mouvement social dont l'enjeu est de la plus haute importance. Nous nous devons en tant que peuple de dénoncer ces mesures mises en place par le gouvernement Harper qui ciblent les droits fondamentaux et l'intégrité des travailleurs et de notre société. Ces gens qui ont à oeuvrer dans l'exploitation de nos ressources naturelles, la forêt, l'agriculture, la mer et dernièrement le tourisme ainsi que dans d'autres secteurs d'activités, n'oublions pas que ce sont eux qui ont bâti cette nation et qui sont à l'origine de notre peuple. Nous devons leur faire honneur, tous unis, solidaires pour crier haut fort et clairement que chez nous aussi c'est non au saccage de l'assurance emploi. »

Plusieurs artistes ont aussi pris la parole dont le comédien Paul Ahmarani qui a dénoncé l'ordre du jour antiouvrier et militariste du gouvernement Harper, et la cinéaste Ève Lamont qui a dénoncé les compressions budgétaires de ce gouvernement dans la culture et les communications. Le chanteur Paul Cargnello, en guise d'introduction à son numéro, a dénoncé les campagnes qui se mènent pour attaquer les pauvres et les chômeurs plutôt que de s'attaquer à la pauvreté et au chômage, ajoutant que tout gouvernement qui agit de la sorte, y inclus le gouvernement du Parti québécois avec ses attaques contre les gens sur l'aide sociale, doit être dénoncé.

Les gens se sont quittés en se promettant bien de tout faire pour faire de la manifestation du 27 avril le plus grand succès possible.

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Les actions continuent


Le 2 avril à Alma.

D'autres actions se sont tenues récemment pour forcer le retrait des changements à l'assurance-emploi imposés par le gouvernement Harper en dépit de l'opposition populaire.

À la fin mars, environ soixante personnes d'organisations syndicales et de groupes communautaires de l'Outaouais ont distribué 3 000 tracts à l'une des intersections les plus achalandées de Gatineau pour dénoncer les changements annoncés par le gouvernement fédéral et l'imposition de nouvelles restrictions rendant l'accès aux prestations d'assurance-emploi encore plus difficile. Les organisateurs ont dit que le gouvernement attaque un régime qui est payé à 100 % par les travailleurs et les employeurs et dans lequel le gouvernement ne met pas un sou. Ils ont fait valoir que les travailleurs se sont battus pendant des décennies pour travailler dans des conditions décentes et sécuritaires et qu'ils n'accepteront pas un retour en arrière en acceptant n'importe quel emploi. Ils ont aussi fait valoir que dans la région de l'Outaouais, les travailleurs saisonniers comme les travailleurs de la construction, les travailleurs dans l'industrie récréotouristique ainsi que ceux dans le domaine de l'éducation, entre autres, seront définitivement touchés. Ils ont lancé l'appel pour que tous et toutes participent à la manifestation à Montréal le samedi 27 avril prochain.

Plusieurs manifestations ont été organisées sur la question des changements aux procédures d'appel que font les chômeurs contre les décisions qui leur sont défavorables. Le premier avril, le nouveau Tribunal de la sécurité sociale (TSS) a commencé à remplacer les tribunaux arbitraux qui traitaient les demandes d'appel pour les décisions gouvernementales liées à l'assurance-emploi, le Régime de pensions du Canada et à la Sécurité de la vieillesse.

Jusqu'à maintenant, trois personnes participaient au processus d'appel, soit un représentant du monde syndical, un autre des employeurs et un juge nommé par le gouvernement. Désormais, le TSS sera dirigé par une seule personne. De plus, le nouveau TSS sera centralisé à Ottawa et les audiences, où les plaignants pouvaient se présenter en personne dans leur région, disparaîtront graduellement.

Le 2 avril, une soixantaine de personnes ont manifesté à Alma pour protester contre la réforme de l'assurance-emploi et spécifiquement contre les changements dans les procédures d'appel. Les manifestants ont marché derrière un cercueil avant de se rendre au bureau de l'assurance-emploi.


À Tracadie-Sheila, Nouveau-Brunswick, le 4 avril 2013

La coordonnatrice du Mouvement Action Chômage de la région, France Simard, a dit aux médias que le nouveau tribunal va entre autres choses occasionner des délais beaucoup plus longs dans le traitement des appels : « Ils (les chômeurs qui faisaient appel) venaient me voir à mon bureau, ça prenait un mois avant qu'on passe, a-t-elle dit aux médias. On va partir d'un mois de délai à peut-être un an ».

Le 4 avril, la population de Tracadie-Sheila dans la péninsule acadienne au Nouveau-Brunswick a manifesté contre les changements aux processus d'appel. Le 5 avril, c'était au tour des gens de Moncton de manifester sur le même sujet. La manifestation s'est tenue devant le bureau de comté du député conservateur Robert Goguen, qui est demeuré verrouillé pendant toute la manifestation.

(Photos: France Paradis, Acadie Nouvelle)

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Coupures à l'aide sociale au Québec

La Commission des droits de la personne et
des droits de la jeunesse demande au
gouvernement de respecter la Charte

Au moment où le Front commun des personnes assistées sociales du Québec (FCPASSQ) entame une série d'actions pour exiger le retrait des nouvelles coupures à l'aide sociale, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse a émis le 3 avril un communiqué demandant au gouvernement de respecter la Charte des droits et libertés de la personne. Pour la Commission, les principales modifications au Règlement sur l'aide aux personnes et aux familles sont susceptibles de contrevenir à plusieurs dispositions de la Charte et demande au gouvernement du Québec de ne pas les édicter.

À défaut de hausser les prestations afin d'assurer un niveau de vie décent aux personnes admises au programme d'aide sociale, la Commission recommande de maintenir l'allocation pour contraintes temporaires et de réévaluer les mesures proposées pour favoriser l'intégration en emploi.

« Il importe de bien faire la distinction entre les mesures d'aide à l'emploi, dont l'objectif est louable par ailleurs, et le droit à des mesures d'aide financière susceptibles d'assurer un niveau de vie décent garanti par la Charte », précise la Commission.

Ainsi, la Commission conclut que les trois principales modifications proposées, soit celle visant à restreindre l'admissibilité à l'allocation pour contraintes temporaires pour enfants à charge pour les familles biparentales, celle visant à repousser l'admissibilité à cette allocation de 55 à 58 ans et celle visant à restreindre le remboursement des frais de transport et d'hébergement des personnes ayant recours aux services d'un centre de traitement en toxicomanie, sont contraires aux droits protégés par la Charte, une loi de nature quasi constitutionnelle.

Ces modifications contreviennent notamment au droit à la vie, à la sûreté et à l'intégrité physique et psychologique ; au droit à la sauvegarde de sa dignité ; au droit à l'égalité ; au droit d'un enfant à la protection, à la sécurité et à l'attention et au droit à des mesures d'assistance financière et à des mesures sociales, susceptibles d'assurer un niveau de vie décent.

« Un niveau de vie décent, garanti au besoin par des mesures sociales, est un prérequis à l'exercice effectif des droits et libertés de la personne qui ne peut être conditionné par des mesures d'aide à l'emploi », précise la Commission dans ses commentaires.

Depuis plus de 30 ans, la Commission s'est prononcée à maintes reprises sur le système québécois de sécurité du revenu ou sur des questions connexes et constate encore une fois que la pauvreté et l'exclusion sociale sont des obstacles importants à l'exercice des droits et libertés garantis dans la Charte.

Dans son analyse, la Commission rappelle que la discrimination et les préjugés jouent un rôle déterminant quant aux possibilités d'insertion ou de réinsertion au travail, notamment des femmes, des personnes en situation de handicap, des personnes racisées ou encore des personnes de 55 ans et plus. En effet, la participation de certains groupes au travail rémunéré est plus difficile indépendamment du contexte économique.

La Commission souligne que les préjugés sur les prestataires de l'aide sociale, souvent bien ancrés, peuvent donner lieu à de la stigmatisation et de l'exclusion de la part d'employeurs potentiels. « L'insertion socio-économique n'est dès lors plus un simple problème d'employabilité ni une question de capacité individuelle de se prendre en main. »

Quant aux modifications proposées visant à restreindre l'allocation pour les familles ayant un enfant à charge, elles portent atteinte au droit à l'égalité puisqu'il s'agit de discrimination fondée sur l'état civil qui compromet entre autres, le droit à des mesures d'aide financière visées par l'article 45 de la Charte.

Enfin, les modifications proposées au Règlement visent des gens en situation de pauvreté pour qui les frais de transport et d'hébergement relatifs à un traitement dans un centre offrant des services en toxicomanie constituent un obstacle qui risque d'être insurmontable dans la plupart des cas. La Commission rappelle que la jurisprudence a confirmé que la dépendance devant mener à des traitements en toxicomanie est une maladie pouvant être associée à un handicap au sens de la Charte.

Ces modifications risquent donc d'avoir pour effet de créer des distinctions entre les types de toxicomanie et de rendre certaines personnes inadmissibles à une prestation spéciale en raison de la gravité de leur handicap. Pour la Commission, il ne fait aucun doute qu'une telle distinction ou exclusion compromettrait le droit des personnes visées à des mesures sociales, mais aussi leur droit à la vie, à la sûreté et à l'intégrité physique ou psychologique.

La Commission réitère que ces nouvelles coupures à l'aide sociale ne respectent pas non plus l'esprit du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, auquel le Québec a souscrit.

Mentionnons que la Commission a transmis la semaine dernière son analyse et ses recommandations à la ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Agnès Maltais.

La ministre a réagi par voie de communiqué en affirmant prendre acte de ces commentaires, qui « seront analysés en collaboration avec les avocats du ministère de la Justice responsables du droit public. »

Elle a répété que son projet de loi vise à « favoriser la participation au marché du travail ».

Un revenu décent pour tous et toutes !

Source : Communiqué de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse

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Garantir les droits de tous: un projet
de nation qui inspire et mobilise

Le gouvernement du Parti québécois semble avoir beaucoup de difficulté à arriver à ses fins. Son projet de loi qui s'en prend aux personnes recevant de l'aide sociale le met en contradiction avec tous ceux qui ont à coeur la défense des droits des plus vulnérables, et cela comprend les femmes, les travailleurs, les jeunes et tous ceux qui caressent un idéal de justice sociale. Son geste le place dans une situation embêtante par rapport au gouvernement fédéral de Stephen Harper et l'empiètement sur les juridictions provinciales, puisqu'il se retrouve à faire la même chose que lui. En effet, c'est difficile dans ces conditions de dire qu'on veut rapatrier nos pouvoirs pour « faire différemment ».

Ce n'est pas tout. Pour justifier sa mesure après-coup, la ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale Agnès Maltais tombe dans les mêmes contresens qu'utilisent le gouvernement Harper et tous les gouvernements du Canada dans leur offensive antisociale. Elle dit que l'amélioration du sort des personnes qui reçoivent de l'aide sociale passe par l' « intégration à l'emploi ». Et comment entend-elle faire cela ? En « donnant une impulsion nouvelle à l'emploi avec les partenaires », c'est-à-dire en apportant « un soutien important à toutes les entreprises du Québec » et en appuyant « quelque 3000 projets visant le développement des compétences et l'amélioration de la main-d'oeuvre en entreprise ».

Le hic est qu'on est censé remettre le sort des plus vulnérables entre les mains des entreprises qui créent prétendument des emplois, mais aussi qui déménagent quand les profits ne sont plus là et qui ne sont généralement pas liées au sort de la nation ou même de la majorité des gens qui vivent dans les communautés où elles s'installent.

On ne peut pas bâtir un Québec moderne avec un moyen de subsistance garanti pour tous et toutes sur un fondement aussi volatile. Cela a été prouvé maintes et maintes fois. En fait, cette volatilité est la raison pour laquelle nous avons des programmes comme l'assurance-emploi et l'aide sociale, qui sont franchement des anachronismes dans une société moderne aussi riche en ressources naturelles et humaines, avec une population aussi instruite et des besoins infinis à satisfaire.

Les Québécois doivent se pencher sur ce problème sérieusement. Le problème se pose exactement de la même façon quand on prend par exemple le développement des ressources naturelles. Pouvons-nous miser notre avenir sur l'intérêt passager d'entreprises mondiales qui dans la plupart de cas sont gérées par des administrateurs qui vivent à l'étranger et pour qui cela ne fait aucune différence qu'il y ait un développement régional ou pas ? Ce n'est pas très sage.

Bâtir une nation, cela prend du courage. Et aujourd'hui, là où la société en est dans son développement historique, coincée entre des notions d'État providence qui ont fait faillite et les visées rapaces de ceux qui ont proclamé que la société n'existe plus, que dorénavant chacun est responsable de pourvoir à ses besoins, en plus du courage il faut aussi une définition moderne des droits. Une définition moderne des droits est que tous ont des droits du fait qu'ils sont humains et la responsabilité du gouvernement est de garantir ces droits en pratique. À l'heure où les sociétés paralysent sous le poids des monopoles mondiaux qui réclament que toutes les ressources naturelles et humaines soient mises à leur disposition pour « créer de l'emploi », que les êtres humains soient à leur disposition, la voie au progrès réside au contraire dans l'affirmation des droits de tous comme moteur de développement de la société, comme façon d'ouvrir la voie au progrès de la société.

Les politiques sociales doivent être basées sur la définition moderne que le droit à un moyen de subsistance est un droit fondamental et inaliénable que les gouvernements ont le devoir de réaliser. De là nous regardons tout le produit social disponible, pas seulement les revenus gouvernementaux mais toute la richesse qui est créée, et nous trouvons ce qui est nécessaire pour garantir que tous aient de quoi se loger, se nourrir, se vêtir, se soigner et s'éduquer.

Le projet de loi sur l'aide sociale doit être retiré. Notre sécurité est dans la défense des droits de tous.

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