Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 50 - 28 mars 2013

Retrait immédiat des changements antisociaux à l'assurance-emploi!

Le mouvement continue de grandir -
tous aux actions du mois d'avril !




Soirée de solidarité avec la lutte contre les changements du gouvernement Harper à l'assurance-emploi

Montréal, jeudi le 4 avril 2013, 19 heures
Salle de spectacle le La Tulipe
4530 rue Papineau, coin Mont-Royal
(Le spectacle sera aussi webdiffusé en direct à l'adresse suivante www.webtv.coop/live)

Grande manifestation nationale
Montréal, samedi le 27 avril 2013
(L'heure et l'endroit seront annoncés sur le site de la Coalition)

Organisées par la Coalition québécoise contre la réforme de l'assurance-emploi
Information:
nonausaccage.com

Retrait immédiat des changements antisociaux à l'assurance-emploi!
Le mouvement continue de grandir! Tous aux actions du mois d'avril!

Affirmons les droits des Premières Nations et les droits de tous
Le Cercle de feu en Ontario: exigeons un développement centré sur l'être humain
Journée internationale pour l'élimination de la discrimination raciale sous la bannière de Idle No More à Ottawa
Appel à l'action de Idle No More et des Défenseurs de la Terre
Déclaration d'une femme innue de Uashat Mak Mani-Utenam, en grève de la faim depuis le 1er janvier 

Note aux lecteurs


Retrait immédiat des changements antisociaux à l'assurance-emploi!

Le mouvement continue de grandir -
tous aux actions du mois d'avril!

Le mouvement ne cesse de grandir pour forcer le gouvernement Harper à retirer immédiatement ses changements au régime d'assurance-emploi. Les travailleurs refusent de se laisser déplacer là où les riches pensent faire des coups de fortune rapides et les travailleurs s'opposent à ce que le gouvernement Harper facilite cette dislocation de leur vie et de leur communauté en leur coupant l'assurance-emploi. Dans les nombreuses manifestations et réunions qui ont lieu, les travailleurs et leurs alliés mettent de l'avant qu'il faut construire une économie qui permet aux gens de vivre, travailler et prospérer là où ils sont.

Un des événements importants depuis mars est la création de la Coalition québécoise contre la réforme de l'assurance-emploi qui comprend toutes les centrales syndicales et les deux principales organisations de défense des chômeurs. Mis à part les actions qu'elle organise au Québec, la coalition entend établir des liens avec les activistes des provinces atlantiques qui sont en action depuis plusieurs mois sur cette question et avec des organisations dans les provinces de l'ouest, notamment la Colombie-Britannique et l'Alberta. La Coalition organise un spectacle de solidarité le 4 avril à Montréal et une grande manifestation dans les rues de Montréal le 27 avril. Le spectacle de solidarité réunira des artistes connus et d'autres personnalités et sera retransmis sur le web ainsi que sur grand écran dans d'autres villes du Québec. Des gens viendront de partout au Québec manifester dans les rues de Montréal contre les changements régressifs du gouvernement Harper. Pendant ce temps les manifestations se poursuivent, et juste dans les deux dernières semaines de mars il y a eu des manifestations au Québec à Sherbrooke, Terrebonne, Gatineau, Forestville, La Malbaie, Joliette, Trois-Rivières et dans nombre d'autres villes.

Les provinces de l'Atlantique ne sont pas en reste et la population de la péninsule acadienne du Nouveau-Brunswick continue de jouer un rôle des plus actifs dans la mobilisation. Un exemple en est le travail qui se mène dans la ville de Shippagan où il y a eu un forum public de plus de 150 personnes le 19 mars et où le Conseil municipal et la Chambre de commerce se sont prononcés contre la réforme imposée par le gouvernement Harper.

LML appelle tous les travailleurs et tous ceux qui ont à coeur la dignité du travail à s'impliquer dans cette mobilisation pour forcer le gouvernement Harper à reculer et à rendre des comptes de ses attaques contre les travailleurs et l'économie.

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Affirmons les droits des Premières Nations et les droits de tous

Le Cercle de feu en Ontario: exigeons un développement centré sur l'être humain


Dépôt de minéraux de la Terre de feu dans le nord de l'Ontario

Comme des vautours, les monopoles miniers tournoient au-dessus du Cercle de feu des basses terres de la baie James dans le nord de l'Ontario à la recherche de richesses sans précédent. Le monopole américain Cliffs Natural Resources est l'un des principaux monopoles impliqués. Ils ont le soutien sans réserve des gouvernements de l'Ontario et du Canada.

C'est ce qu'a dit Tony Clement, le ministre responsable de l'Initiative fédérale de développement économique pour le Nord de l'Ontario (FedNor) et du Cercle de feu du gouvernement Harper au congrès annuel de l'Association canadienne des prospecteurs et des entrepreneurs (ACPE), auquel participaient plus de 125 sociétés minières canadiennes et étrangères, le 3 mars 2013 à Toronto. « Fidèle aux traditions légendaires des grandes découvertes, comme le Klondike, la promesse de richesses a rassemblé des mineurs audacieux de partout dans cette région éloignée. En fait, à ce jour il y a 30 000 claims dans la région. Quelque 30 entreprises explorent activement les fondrières et les marais des basses terres, elles dépensent quelque 80 millions $ pour découvrir les richesses du sous-sol. Et ce qu'elles ont trouvé est assez impressionnant. Le Cercle de feu, tout simplement, est potentiellement le plus grand développement minier que connaîtra le Nord de l'Ontario », a déclaré Tony Clement.

Il a également souligné que « le Cercle de feu, dont l'ensemble des gisements ont une valeur estimée de l'ordre de 30 à 50 milliards $, pourrait entraîner la création de 5 000 emplois directs et indirects dans la seule région du Nord de l'Ontario, et avoir d'importantes retombées dans toute la province ». Ce qui n'est pas dit est que le but de cette ruée sur le gisement de chromite, un ingrédient clef dans la fabrication de l'acier inoxydable, du Cercle de feu est de nourrir l'appétit insatiable de la machine de guerre des États-Unis.

Plus loin dans son allocution, Tony Clement dit : « En collaboration avec nos partenaires des Premières Nations, les acteurs sont nombreux à considérer. Il y a aussi des défis à relever, tels que les infrastructures et les considérations environnementales » et que « le gouvernement Harper comprend cela. Et je suis ici aujourd'hui pour vous dire que nous allons faire notre part pour contribuer à faire avancer ce développement. » Il déclare : « À titre de principal responsable fédéral pour cette initiative, j'accueille l'occasion de travailler en coordination avec mes collègues des Affaires autochtones, de l'industrie, des Ressources naturelles et des 12 autres ministères fédéraux, pour nous assurer de parler d'une seule voix lorsque nous dialoguons. » C'est ce qu'il appelle « l'approche intégrale » du gouvernement.

Clement avait annoncé sa conception de ce « dialogue » dans une allocution à Thunder Bay en juin 2012. Il avait déclaré alors que la Commission d'examen conjoint d'évaluation environnementale que demandaient les Premières Nations du Cercle de feu avant que toute exploitation minière puisse procéder ne ferait que soulever « des questions sans rapport » et retarderait le développement du Cercle de feu. En réponse, quatre des neuf Premières Nations du Cercle de feu avaient publié un communiqué de presse dans lequel elles dénonçaient le ministre et disaient que ses commentaires « renvoyaient 100 ans en arrière les relations entre le Canada et les Premières Nations ». Ainsi, la nomination de Tony Clément comme responsable de ce projet pour le gouvernement fédéral a été une provocation délibérée de Harper contre les Premières Nations et les Canadiens. Depuis sa nomination à son nouveau rôle, il a déclaré à plusieurs reprises à des réunions de chambres de commerce et à des réunions d'affaires, ainsi que dans les médias monopolisés, que le projet du Cercle de feu était trop important pour la prospérité du Canada et la « sécurité financière » des Canadiens pour être entravé par la « bureaucratie » et les « incertitudes ». Cette pression supplémentaire imposée aux Premières Nations du Cercle de feu, en les présentant comme l'obstacle à la prospérité du Canada, a pour but de les criminaliser et d'inciter à l'hystérie raciste contre elles.

Il est évident que l'approche centrée sur le capital du gouvernement Harper et du gouvernement ontarien de Kathleen Wynne est très nuisible pour l'environnement et ses habitants. Leurs tentatives de supprimer les préoccupations et les objections légitimes des Premières Nations montrent leur opposition implacable à une approche du développement minier du Cercle de feu centrée sur l'être humain. Les Premières Nations du Cercle de feu sont la cible d'énormes pressions pour les forcer à signer des accords avec les monopoles miniers sous prétexte de résoudre les nombreux problèmes sociaux qu'elles vivent alors que ceux-ci sont la conséquence du traitement colonial raciste de la part de l'État canadien du gouvernement Stephen Harper et du gouvernement ontarien de Kathleen Wynne. En imposant des décisions unilatérales sur les questions environnementales et les conséquences à long terme de cette initiative tout en se prononçant en faveur de « consultations » avec les Premières Nations, ces gouvernements nient aux Premières Nations le droit d'avoir leur mot à dire sur le développement du Cercle de feu qui se trouve sur leurs territoires.

Le modèle centré sur le capital s'est avéré être un désastre, historiquement et actuellement, comme le montre la situation de la première nation d'Attawapiskat au nord du Cercle de feu où se trouve la mine de diamants Victor de DeBeers qui fait des profits fabuleux de l'ordre de 500 millions $ par an. DeBeers ne verse aucune redevance et ne paie aucun impôt alors que la première nation d'Attawapiskat, qui connaît une multitude de problèmes sociaux et exige une plus grande part de la richesse retirée de leurs terres, ne reçoit que 2 millions $ pour une population de près de 2000 personnes ! Imaginez ce qui va se passer pour cette communauté quand, dans 12 ans, DeBeers fermera et laissera un environnement contaminé et une mine à ciel ouvert qui aura plus de 200 mètres de profondeur et plus de 2 kilomètres de diamètre !

Les Premières Nations, la classe ouvrière et le peuple de l'Ontario et du Canada ne font qu'un. Les richesses minières du Cercle de feu appartiennent d'abord aux Premières Nations sur les terres où elles se trouvent, et, par leur entremise, au peuple canadien. Les Premières Nations et les Canadiens doivent affirmer leurs droits en rejetant l'approche centrée sur le capital prise par l'État canadien au service des monopoles miniers et de l'impérialisme américain dans le Cercle de feu. Ils doivent exiger que soit adoptée une approche centrée sur l'être humain ayant comme un principe fondamental la reconnaissance des droits issus de traités, des droits ancestraux et des droits constitutionnels des Premières Nations sur leurs territoires, y compris l'exploitation minière. Cela permettra de garantir que les Premières Nations bénéficient du développement économique et industriel sur leurs terres. Ces droits comprennent forcément leur droit d'opposer leur veto à des politiques ou des projets nuisibles à leur bien-être.

Le développement minier centré sur l'être humain reconnaît le droit des travailleurs (tant autochtones que non autochtones) d'établir leurs réclamations comme facteur clé de la création de richesses et ne considère pas le travail comme un coût de production tandis que les propriétaires des mines et des industries usurpent la richesse créée par les travailleurs. Lorsque la classe ouvrière investit le peuple du pouvoir souverain, le but des institutions devient d'assurer que les décisions soient prises en faveur du peuple. Les travailleurs et leur famille doivent se voir garantir le droit à un niveau de salaires, d'avantages sociaux et de conditions de travail modernes et le droit à l'éducation, aux services de santé et autres services sociaux. Le développement minier centré sur l'être humain reconnaît le droit des collectivités du Nord de décider de leur avenir. C'est ce qui est nécessaire au progrès dans le Cercle de feu, pour que les intérêts contradictoires et concurrents des différents acteurs et revendicateurs de la richesse puissent être harmonisés sans recours à la force et à l'avantage réciproque de tous.

(Sources : www.miningwatch.ca, netnewsledger.com, www.republicofmining.com)

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Journée internationale pour l'élimination
de la discrimination raciale sous la bannière
de Idle No More à Ottawa

Le 21 mars, des activistes des Premières Nations, de nombreux supporteurs et plusieurs chefs venus à Ottawa pour l'occasion se sont rassemblés sur la colline du parlement pour marquer la Journée internationale pour l'élimination de la discrimination raciale sous la bannière du mouvement Idle No More. La journée internationale est en commémoration du massacre de Sharpeville qui a été perpétré en 1960 par le régime raciste d'apartheid en Afrique du Sud en 1960 et où 69 manifestants ont été abattus par la police.

Cette action a mis en lumière la nature raciste des rapports que le gouvernement canadien entretient avec les Premières Nations, en particulier avec les lois omnibus du gouvernement Harper qui attaquent les droits de tous les Canadiens et poursuivent l'ordre du jour génocidaire de l'État canadien à l'égard des Premières Nations.

La manifestation exprimait visuellement que la solution nécessaire aux arrangements coloniaux actuels est l'affirmation des droits ancestraux, issus de traités et constitutionnels des Premières Nations.

On lisait sur les pancartes : « Nos droits », « Nos traités », « On nous enlève notre culture », « On nous enlève notre terre et notre eau » et d'autres slogans illustrant comment la négation par le gouvernement canadien des droits des Premières Nations mène au génocide et à la dégradation environnementale.

Après les discours, les participants qui portaient les pancartes les ont tournées, faisant apparaître le message : « Souveraineté maintenant ! », une façon frappante d'affirmer la nécessité de nier la négation des droits des Premières Nations que fait l'État canadien.

Bridget Tolley de Familles des soeurs en esprit a dit : « Cela fait environ dix ans que je m'efforce d'aider les familles de femmes disparues ou assassinées. J'ai vu beaucoup de racisme. La journée d'aujourd'hui est l'occasion de parler de ces choses afin d'en finir avec le racisme. Selon la police, si ma mère est morte c'est parce qu'elle n'était qu'une Indienne en état d'ivresse. Cela doit cesser. Nous ne sommes pas des Indiennes ivres, nous ne sommes pas des Indiennes droguées, nous ne sommes pas toutes des travailleuses du sexe, nous sommes des êtres humains qui voulons la justice ! Aujourd'hui nous honorons les femmes disparues et tuées qui ont connu tout cela — toute cette violence, tout le racisme qu'on nous fait vivre. Nous voulons que cela cesse. Nous voulons la justice ! Nous sommes des gens normaux qui voulons vivre comme tout le monde. Nous ne demandons rien de spécial. Ce que nous voulons c'est être égaux, pouvoir nous entraider et vivre heureux. Nous voulons nous occuper de nos soeurs et en finir avec les attaques racistes contre quiconque d'entre elles. Ce n'est pas seulement une question d'être attaquée par la police, parce que le gouvernement et tout le monde d'ailleurs est au courant de ce qui se passe au Canada. Arrêtez de fermer les yeux, monsieur Harper, nous sommes ici, nous allons y rester, vous ne vous débarrasserez pas de nous ! »

Gladys Radek, dont la nièce Tamara est portée disparue depuis 2005, a également pris la parole. « Je désire remercier les Algonquins de me permettre de parler sur leur territoire. Je suis originaire du territoire Gitksan Wet'suwet'en dans le nord de la Colombie-Britannique. Je fais de la conscientisation à propos des femmes disparues ou assassinées le long de l'Autoroute des larmes où ma nièce a été portée disparue. Cela fait sept ans maintenant. Lorsqu'elle est disparue j'ai commencé des recherches et je me suis rendue compte que le racisme est bel et bien vivant au Canada. Il y a plus de 3 000 femmes autochtones portées disparues ou assassinées au Canada. C'est par manque de volonté politique et par manque de protection adéquate de la part des forces policières que ces femmes disparaissent ou sont tuées. Il y a des pédophiles et des tueurs en série qui sèment la terreur partout au pays. En Colombie-Britannique, nous avons maintenant cinq tueurs en série. À quand le moment où nous allons dire que ça suffit ? Nos femmes sont aimées. Nos femmes sont respectées. Nos femmes sont sacrées en tant que donneuses de vie à la société et nous ne pouvons pas survivre sans elles. Nous devons éliminer le racisme envers nos femmes. C'est comme cela qu'ils essaient de nous éliminer. Ils commettent un génocide silencieux et c'en est assez ! »

Clayton Thomas-Muller des Défenseurs de la Terre a dit : « Il y a tellement de choses qui se passent sur cette terre qu'on appelle le Canada. Il y a tellement de choses qui se passent qui exposent les plaies qui corrompent ce pays et le rendent indigne. Idle No More a réellement mis à nu le racisme qui est toujours prêt à frapper, le racisme systémique, individuel et interpersonnel ici au Canada. Et nous le voyons à tous les jours, avec chaque sénateur conservateur ou personne de droite qui croule devant la force de l'amour de ce mouvement Idle No More. Regardez nos messages aujourd'hui, le message principal que nous apportons, et j'ajouterai celui des Familles des soeurs en esprit : 'Souveraineté maintenant !' Nous portons ce message très haut aujourd'hui, en cette Journée pour l'élimination de la discrimination raciale. Les problèmes auxquels le Canada fait face, le racisme qu'expose Idle No More, les plans du gouvernement fédéral, tout cela refait surface. Qu'il le veuille ou non, le Canada passe aujourd'hui par un processus de réconciliation. Idle No More va traîner ce pays à son corps défendant dans un processus de réconciliation et de cicatrisation. »

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Appel à l'action de Idle No More et
des Défenseurs de la Terre

Idle No More a provoqué un éveil des peuples autochtones et non autochtones du monde pour la démocratie, les droits humains et la protection de l'environnement. En moins de trois mois, le mouvement a réussi à provoquer une prise de conscience mondiale par l'éducation, la résurgence culturelle et l'activisme politique démocratique. Nous avons ébranlé les fondements de l'inégalité au Canada et invité les communautés à s'unir dans un mouvement pour la justice sociale et environnementale. Nous avons maintenant besoin que d'autres, beaucoup d'autres, se joignent à nous.

L'ordre du jour du gouvernement Harper est clair : affaiblir les droits collectifs et la protection de l'environnement pour faire du Canada un lieu d'extraction qui donne aux grandes sociétés le pouvoir non restreint de détruire nos communautés et notre environnement pour le profit. Il essaie d'éteindre les droits inhérents, ancestraux et de traités des peuples autochtones parce que ces droits sont la meilleure et dernière protection pour tous ceux qui vivent au Canada.

Idle No More a confronté ces politiques et les supporteurs de Harper comme l'ex-ministre des Affaires autochtones John Duncan, le sénateur suspendu Patrick Brazeau, le ministre démissionnaire Peter Penashue et Tom Flanagan ont été interpellés par les gens à la base.

Idle No More aidera à rebâtir le rapport de nation-à-nation qui est le fondement de ce pays. Cela veut dire approfondir la démocratie, respecter la souveraineté autochtone et protéger la terre et l'eau contre l'extraction des ressources sans le contentement libre, préalable et éclairé des peuples autochtones.

Nous savons qu'il faudra beaucoup plus pour vaincre Harper et l'ordre du jour des grandes entreprises. Au pouvoir de leur argent et de leurs armes, nous opposons le pouvoir de nos corps et de nos esprits. Rien ne peut égaler le pouvoir de l'action pacifique collective à la défense du peuple et de la Terre Mère.

Idle No More et les Défenseurs de la Terre, un réseau de communautés autochtones engagées dans la lutte pour la terre, lancent d'un commun accord cet appel à intensifier l'action. Nos revendications sont claires et conformes aux principes de la coexistence et du respect mutuel entre autochtones et non autochtones. Nous demandons que le Canada, les provinces et les territoires :

1. abrogent les dispositions de la loi C-45 (y compris les modifications à la Loi sur les Indiens et à la Loi sur la protection des eaux navigables) et abandonnent tout projet de loi allant dans le même sens ;

2. approfondissent la démocratie au Canada par des pratiques comme la représentation proportionnelle et la consultation sur tous les projets de loi qui affectent les droits collectifs et les protections environnementales, et adoptent des lois qui restreignent les intérêts des entreprises privées ;

3. respectent le droit des peuples autochtones de dire non au développement sur leur territoire conformément à la Déclaration de l'ONU sur le droit des peuples autochtones au principe du consentement préalable, libre et éclairé ;

4. cessent leur politique d'élimination du droit du titre ancestral et reconnaissent et affirment le titre ancestral et les droits ancestraux tel que le stipule l'article 35 de la Constitution canadienne et tel que le recommande la Commission royale sur les peuples autochtones ;

5. honorent l'esprit et l'intention des traités historiques ; répudient officiellement la doctrine raciste de la Découverte et la doctrine de terra nullius et cessent de s'y référer pour justifier l'appropriation des terres et des richesses des nations autochtones ;

6. résistent activement à la violence faite aux femmes et établissent une enquête nationale sur les femmes et jeunes filles autochtones portées disparues ou tuées, et engagent les femmes autochtones dans la conception, la décision, le processus et la mise en oeuvre de cette enquête comme une étape vers l'initiation d'un plan d'action national global et coordonné.

Appels à l'action

- 21 mars, Journée internationale pour l'élimination de la discrimination raciale. Nous appelons à des actions décentralisées partout au pays.

- 22 avril, Jour de la Terre. Les peuples autochtones et les droits autochtones sont à bien des égards la meilleure défense contre la destruction de l'environnement par le développement industriel avide et non restreint. Ce Jour de la Terre, nous appelons à des protestations locales autonomes à la grandeur du pays et à une grande action directe non violente à Ottawa dont les détails seront annoncés, pour mettre en lumière l'importance des droits autochtones dans la lutte contre l'ordre du jour du gouvernement Harper et des grands monopoles. Nous demandons aux gens de donner une place de premier plan au message sur les droits autochtones et de traités dans leurs actions.

- L'été de la souveraineté. Les communautés autochtones ont le droit de décider du développement sur leurs territoires traditionnels et couverts par des traités. Pour défendre leur droit de dire « Non » au développement indésirable, les Premières Nations comme celles de Lac Barrière, de KI, de Gassy Narrows et plusieurs autres proposent des alternatives qui nous aident à ré-imaginer notre rapport avec l'environnement. Partout au pays l'appui grandit pour les Premières Nations qui cherchent à protéger la terre, l'eau et l'air pour tout le monde et à obtenir la reconnaissance des protections maritimes, de la forêt durable, de l'économie locale équitable et du principe que nous devons respecter l'environnement dont nous faisons partie.

Nous appelons les non-autochtones à joindre les communautés autochtones dans des actions directes non violentes et coordonnées durant l'été. Des alternatives verront le jour seulement si nous intensifions nos actions, avec une action directe non violente qui conteste le pouvoir illégitime des grandes sociétés qui dictent les politiques gouvernementales.

Pour la liste des signataires, cliquer ici

(Traduction: LML)

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Déclaration d'une femme innue de Uashat Mak Mani- Utenam, en grève de la faim depuis le 1er janvier

En ce qui concerne la conduite récente autant du gouvernement Harper que de la première ministre Pauline Marois, à savoir de prendre des décisions de façon unilatérale, sans le consentement des Premières Nations, moi, Jeannette Pilot, une femme innue de Uashat Mak Mani-Utenam [situé près de Sept-Îles, Québec — ndlr], je fais une grève de la faim depuis le 1er janvier 2013, ce qui signifie 72 jours [en date du 2 mars]. Le 11 mars, je vais cesser de m'hydrater, un jeûne complet. Je suis prête à aller jusqu'au bout pour que les droits des Premières Nations soient reconnus, et me battre aux côtés du mouvement IDLE NO MORE pour le peuple et les générations futures. Je demande que le gouvernement conservateur de Stephen Harper arrête de modifier certaines lois et d'en imposer d'autres sans d'abord consulter ceux qui seront touchés. Voici la liste des lois auxquelles je m'oppose :

- Loi sur la protection des eaux navigables
- Loi canadienne sur l'évaluation environnementale
- Loi sur la transparence des Premières Nations en matière financière
- Projet de loi C-45 sur l'emploi et la croissance économique (2012)
- Loi concernant les foyers familiaux situés dans les réserves des Premières Nations et les droits ou intérêts matrimoniaux
- Loi électorale des Premières Nations
- Loi sur la salubrité de l'eau potable des Premières Nations
- Loi modifiant la Loi sur les Indiens et prévoyant le remplacement de cette loi
- Loi modifiant la Loi d'interprétation (maintien des droits autochtones ancestraux ou issus de traités)
- Loi prévoyant la reconnaissance de l'autonomie gouvernementale des Premières Nations.

Je déplore que le gouvernement Harper ait modifié des lois sans consulter les peuples autochtones. Considérant que ces nations ont le droit à l'autodétermination, fondé sur le droit international qui reconnaît le droit des peuples à choisir librement leur système politique, indépendamment de toute ingérence extérieure, nous exigeons que tous les amendements et modifications aux lois soient suspendus, et qu'une consultation et un référendum aient lieu dans toutes les bandes qui n'ont signé aucun traité et dont les terres sont non cédées.

Gaz Métro a finalement commencé à agir avec son projet de prolongement de gazoduc long de 450 km s'étendant entre Jonquière et Sept-Îles, ils ont déjà dépensé 10 millions $ à cette fin. Les chefs et leurs conseillers ont tenu des consultations techniques avec la société en 2012. Je demande que ce projet soit suspendu immédiatement. Il n'est pas acceptable de poursuivre ce projet sans consulter le peuple innu par voie de référendum. J'exige que les deux conseils de bande et le gouvernement mettent un terme à ce projet si la majorité des Innus sont contre.

Je demande que tous les projets d'exploitation minière dans la province de Québec soient suspendus. Avant que des projets d'exploitation minière de l'uranium ou de toute autre chose démarrent, les nations autochtones qui sont touchées par ces projets doivent être consultées dans un référendum. Les conseils de bande et le gouvernement doivent mettre un terme à ces projets si la majorité des gens sont contre eux.

Je demande un moratoire sur la déforestation massive de la forêt boréale du Nitassinan et de la province de Québec. L'état des forêts, le rythme de la déforestation et de l'incurie des conseils de bande et du gouvernement rappellent les tragédies de la Malaisie ou de l'Amazonie. Pour satisfaire la soif insatiable des entreprises, le gouvernement continue d'émettre des permis d'exploitation forestière. Ces permis peuvent mettre en danger les écosystèmes fragiles et menacent les modes de vie traditionnels des peuples autochtones. Parce qu'en tant qu'Innus, nous devons préserver le lien entre Pappassik et Atik, nous condamnons le fait que le gouvernement du Québec, le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador et le gouvernement fédéral du Canada menacent notre ancienne relation avec Atik en faisant du Labrador une zone interdite, nous interdisant de chasser le caribou sur ce territoire. Je demande que cette interdiction soit levée et qu'il nous soit permis de pratiquer notre droit à la chasse de subsistance sur l'ensemble du Nitassinan. Face à cette demande du peuple, j'espère que vous accorderez à la fois la compréhension et l'amnistie.

(Idle No More)

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Note aux lecteurs

Le Marxiste-Léniniste ne publiera pas du 29 mars au 2 avril. Il reprendra sa parution le mercredi 3 avril.

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