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Numéro 50 - 28
mars
2013
Retrait immédiat des
changements antisociaux à
l'assurance-emploi!
Le mouvement continue de grandir
-
tous aux actions du mois d'avril !
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Soirée de
solidarité avec la
lutte contre
les changements du
gouvernement Harper à
l'assurance-emploi
Montréal,
jeudi
le
4
avril
2013, 19 heures
Salle de spectacle le La Tulipe
4530 rue Papineau, coin Mont-Royal
(Le spectacle sera aussi
webdiffusé en direct
à l'adresse
suivante www.webtv.coop/live)
Grande manifestation
nationale
Montréal,
samedi
le
27
avril
2013
(L'heure et l'endroit seront
annoncés sur le site de la
Coalition)
Organisées par la
Coalition
québécoise contre
la réforme de
l'assurance-emploi
Information: nonausaccage.com |
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Retrait
immédiat
des
changements
antisociaux à l'assurance-emploi!
• Le mouvement continue de
grandir! Tous aux
actions du mois d'avril!
Affirmons les
droits
des Premières Nations et les droits de
tous
• Le Cercle de feu en
Ontario: exigeons un
développement centré sur
l'être humain
• Journée
internationale pour
l'élimination de la discrimination
raciale sous la
bannière de Idle No More à Ottawa
• Appel à l'action
de Idle No More et
des Défenseurs de la Terre
• Déclaration d'une
femme innue de
Uashat Mak Mani-Utenam, en grève de la
faim depuis le 1er janvier
• Note
aux
lecteurs
Retrait immédiat des
changements
antisociaux à l'assurance-emploi!
Le mouvement continue de grandir -
tous aux actions du mois d'avril!
Le mouvement ne cesse de grandir pour forcer le
gouvernement Harper à retirer
immédiatement ses
changements au régime d'assurance-emploi.
Les travailleurs
refusent de se laisser déplacer là
où les riches
pensent faire des coups de fortune rapides et les
travailleurs
s'opposent à ce que le gouvernement Harper
facilite cette
dislocation de leur
vie et de leur communauté en leur coupant
l'assurance-emploi.
Dans les nombreuses manifestations et
réunions qui ont lieu, les
travailleurs et leurs alliés mettent de
l'avant qu'il faut
construire une économie qui permet aux gens
de vivre, travailler
et prospérer là où ils sont.
Un des événements importants depuis
mars
est la création de la Coalition
québécoise contre
la réforme de l'assurance-emploi qui
comprend toutes les
centrales syndicales et les deux principales
organisations de
défense des chômeurs. Mis à
part les actions
qu'elle organise au Québec, la coalition
entend établir des liens avec les
activistes des provinces
atlantiques qui sont en action depuis plusieurs
mois sur cette question
et avec des organisations dans les provinces de
l'ouest, notamment la
Colombie-Britannique et l'Alberta. La Coalition
organise un spectacle
de solidarité le 4 avril à
Montréal et une
grande manifestation dans les rues
de Montréal le 27 avril. Le spectacle
de solidarité
réunira des artistes connus et d'autres
personnalités et
sera retransmis sur le web ainsi que sur grand
écran dans
d'autres villes du Québec. Des gens
viendront de partout au
Québec manifester dans les rues de
Montréal contre les
changements régressifs du gouvernement
Harper. Pendant ce
temps les manifestations se poursuivent, et juste
dans les deux
dernières semaines de mars il y a eu des
manifestations au
Québec à Sherbrooke, Terrebonne,
Gatineau, Forestville,
La Malbaie, Joliette, Trois-Rivières et
dans nombre d'autres
villes.
Les provinces de l'Atlantique ne sont pas en
reste et la
population de la péninsule acadienne du
Nouveau-Brunswick
continue de jouer un rôle des plus actifs
dans la mobilisation.
Un exemple en est le travail qui se mène
dans la ville de
Shippagan où il y a eu un forum public de
plus de 150 personnes
le 19 mars et où le Conseil
municipal et la Chambre de commerce se sont
prononcés contre la
réforme imposée par le gouvernement
Harper.
LML appelle tous les travailleurs et
tous ceux
qui ont à coeur la dignité du
travail à
s'impliquer dans cette mobilisation pour forcer le
gouvernement Harper
à reculer et à rendre des comptes de
ses attaques contre
les travailleurs et l'économie.

Affirmons les droits des
Premières
Nations et les droits de tous
Le Cercle de feu en Ontario: exigeons un
développement centré sur
l'être humain
Dépôt
de
minéraux de la Terre de feu dans le nord
de l'Ontario
Comme des vautours, les monopoles miniers
tournoient
au-dessus du Cercle de feu des basses terres de la
baie James dans le
nord de l'Ontario à la recherche
de richesses sans précédent. Le
monopole américain
Cliffs Natural Resources est l'un des principaux
monopoles
impliqués. Ils ont le soutien sans
réserve des
gouvernements de l'Ontario et du Canada.
C'est ce qu'a dit Tony Clement, le ministre
responsable
de l'Initiative fédérale de
développement
économique pour le Nord de l'Ontario
(FedNor) et du Cercle
de feu du gouvernement Harper au congrès
annuel de l'Association
canadienne des prospecteurs et des entrepreneurs
(ACPE), auquel
participaient plus de
125 sociétés minières
canadiennes et
étrangères, le 3 mars
2013 à Toronto.
« Fidèle aux traditions
légendaires des
grandes découvertes,
comme le Klondike, la promesse de richesses a
rassemblé des
mineurs audacieux de partout dans cette
région
éloignée. En fait, à ce jour
il y a 30 000 claims
dans la région. Quelque 30 entreprises
explorent activement les
fondrières et les marais des basses terres,
elles
dépensent quelque 80 millions $ pour
découvrir les richesses du sous-sol. Et ce
qu'elles ont
trouvé est assez impressionnant. Le Cercle
de feu, tout
simplement, est potentiellement le plus grand
développement minier que connaîtra le
Nord de
l'Ontario », a déclaré
Tony Clement.
Il a également souligné que
« le Cercle de feu, dont l'ensemble des
gisements ont une
valeur estimée de l'ordre de 30 à 50
milliards $,
pourrait
entraîner la création de 5 000
emplois directs et
indirects dans la seule région du Nord de
l'Ontario, et avoir
d'importantes retombées dans toute la
province ». Ce qui n'est pas dit est
que le but de cette
ruée sur le gisement de chromite, un
ingrédient clef dans
la fabrication de l'acier inoxydable, du
Cercle de feu est de nourrir l'appétit
insatiable de la machine
de guerre des États-Unis.
Plus loin dans son allocution, Tony Clement
dit :
« En collaboration avec nos partenaires
des Premières
Nations, les acteurs sont nombreux
à considérer. Il y a aussi des
défis à
relever, tels que les infrastructures et les
considérations
environnementales » et que
« le gouvernement
Harper
comprend cela. Et je suis ici aujourd'hui pour
vous dire que nous
allons faire notre part pour contribuer à
faire avancer ce
développement. » Il
déclare : « À titre
de principal
responsable fédéral pour cette
initiative, j'accueille
l'occasion de travailler en coordination avec mes
collègues des
Affaires autochtones, de l'industrie, des
Ressources naturelles et des
12 autres ministères
fédéraux, pour nous
assurer de parler d'une seule voix lorsque
nous dialoguons. » C'est ce qu'il
appelle
« l'approche
intégrale » du gouvernement.
Clement avait annoncé sa conception de ce
« dialogue » dans une
allocution à Thunder
Bay en juin 2012. Il avait déclaré
alors que la
Commission d'examen conjoint d'évaluation
environnementale que
demandaient les Premières Nations du Cercle
de feu avant que
toute exploitation minière
puisse procéder ne ferait que soulever
« des
questions sans rapport » et retarderait
le
développement du Cercle de feu. En
réponse, quatre des
neuf
Premières Nations du Cercle de feu avaient
publié un
communiqué de presse dans lequel elles
dénonçaient
le ministre et disaient que ses commentaires
« renvoyaient 100 ans en arrière
les relations entre
le Canada et les Premières
Nations ». Ainsi, la
nomination de Tony Clément comme
responsable
de ce projet pour le gouvernement
fédéral a
été une provocation
délibérée de
Harper contre les Premières Nations et les
Canadiens. Depuis sa
nomination à
son nouveau rôle, il a déclaré
à plusieurs
reprises à des réunions de chambres
de commerce et
à des réunions d'affaires, ainsi que
dans les
médias monopolisés,
que le projet du Cercle de feu était trop
important pour la
prospérité du Canada et la
« sécurité
financière » des
Canadiens pour être entravé par
la « bureaucratie » et les
« incertitudes ». Cette
pression
supplémentaire imposée aux
Premières Nations du
Cercle de feu, en les
présentant comme l'obstacle à la
prospérité
du Canada, a pour but de les criminaliser et
d'inciter à
l'hystérie raciste contre elles.
Il est évident que l'approche
centrée sur
le capital du gouvernement Harper et du
gouvernement ontarien de
Kathleen Wynne est très nuisible pour
l'environnement et ses habitants. Leurs tentatives
de supprimer les
préoccupations et les objections
légitimes des
Premières Nations montrent leur opposition
implacable à une approche du
développement minier du
Cercle de feu centrée sur l'être
humain. Les
Premières Nations du Cercle de feu sont la
cible
d'énormes
pressions pour les forcer à signer des
accords avec les
monopoles miniers sous prétexte de
résoudre les nombreux
problèmes sociaux qu'elles vivent alors que
ceux-ci sont la conséquence du traitement
colonial raciste de la
part de l'État canadien du gouvernement
Stephen Harper et du
gouvernement ontarien de Kathleen
Wynne. En imposant des décisions
unilatérales sur les
questions environnementales et les
conséquences à long
terme de cette initiative tout en se
prononçant
en faveur de
« consultations » avec les
Premières Nations, ces gouvernements nient
aux Premières
Nations le droit d'avoir leur mot à dire
sur le
développement du Cercle de feu qui se
trouve sur leurs
territoires.
Le modèle centré sur le capital
s'est
avéré être un désastre,
historiquement et
actuellement, comme le montre la situation de la
première nation
d'Attawapiskat
au nord du Cercle de feu où se trouve la
mine de diamants Victor
de DeBeers qui fait des profits fabuleux de
l'ordre de 500
millions $ par an. DeBeers
ne verse aucune redevance et ne paie aucun
impôt alors que la
première nation d'Attawapiskat, qui
connaît une multitude
de problèmes sociaux et exige une
plus grande part de la richesse retirée de
leurs terres, ne
reçoit que 2 millions $ pour une
population de
près de 2000 personnes ! Imaginez
ce qui va se passer pour cette communauté
quand, dans
12 ans, DeBeers fermera et laissera un
environnement
contaminé et une mine à ciel ouvert
qui
aura plus de 200 mètres de profondeur et
plus de
2 kilomètres de diamètre !
Les Premières Nations, la classe
ouvrière
et le peuple de l'Ontario et du Canada ne font
qu'un. Les richesses
minières du Cercle de feu appartiennent
d'abord
aux Premières Nations sur les terres où
elles se
trouvent, et, par leur entremise, au peuple
canadien. Les
Premières Nations et les Canadiens doivent
affirmer leurs droits en rejetant l'approche
centrée sur le
capital prise par l'État canadien au
service des monopoles
miniers et de l'impérialisme
américain dans
le Cercle de feu. Ils doivent exiger que soit
adoptée une
approche centrée sur l'être humain
ayant comme un principe
fondamental la reconnaissance des droits
issus de traités, des droits ancestraux et
des droits
constitutionnels des Premières Nations sur
leurs territoires, y
compris l'exploitation minière. Cela
permettra
de garantir que les Premières Nations
bénéficient
du développement économique et
industriel sur leurs
terres. Ces droits comprennent forcément
leur droit
d'opposer leur veto à des politiques ou des
projets nuisibles
à leur bien-être.
Le développement minier centré sur
l'être humain reconnaît le droit des
travailleurs (tant
autochtones que non autochtones) d'établir
leurs
réclamations comme
facteur clé de la création de
richesses et ne
considère pas le travail comme un
coût de production
tandis que les propriétaires des mines et
des industries
usurpent
la richesse créée par les
travailleurs. Lorsque la classe
ouvrière investit le peuple du pouvoir
souverain, le but des
institutions devient d'assurer que les
décisions
soient prises en faveur du peuple. Les
travailleurs et leur famille
doivent se voir garantir le droit à un
niveau de salaires,
d'avantages sociaux et de conditions
de travail modernes et le droit à
l'éducation, aux
services de santé et autres services
sociaux. Le
développement minier centré sur
l'être humain
reconnaît le droit
des collectivités du Nord de décider
de leur avenir.
C'est ce qui est nécessaire au
progrès dans le Cercle de
feu, pour que les intérêts
contradictoires et
concurrents des différents acteurs et
revendicateurs de la
richesse puissent être harmonisés
sans recours à la
force et à l'avantage réciproque de
tous.
(Sources :
www.miningwatch.ca,
netnewsledger.com, www.republicofmining.com)

Journée internationale pour
l'élimination
de la discrimination raciale sous la
bannière
de Idle No More à Ottawa
Le 21 mars, des activistes des
Premières
Nations, de nombreux
supporteurs et plusieurs chefs venus à
Ottawa pour l'occasion se
sont
rassemblés sur la colline du parlement pour
marquer la
Journée
internationale pour l'élimination de la
discrimination raciale
sous la
bannière du mouvement Idle No More. La
journée
internationale est en
commémoration du massacre de Sharpeville
qui a été
perpétré en 1960 par
le régime raciste d'apartheid en Afrique du
Sud en 1960 et
où
69 manifestants ont été abattus
par la police.
Cette action a mis en lumière la nature
raciste
des rapports que le
gouvernement canadien entretient avec les
Premières Nations, en
particulier avec les lois omnibus du gouvernement
Harper qui attaquent
les droits de tous les Canadiens et poursuivent
l'ordre du jour
génocidaire de l'État canadien
à l'égard
des Premières Nations.
La manifestation exprimait visuellement que la
solution
nécessaire
aux arrangements coloniaux actuels est
l'affirmation des droits
ancestraux, issus de traités et
constitutionnels des
Premières Nations.

On lisait sur les pancartes :
« Nos
droits », « Nos
traités »,
« On
nous enlève notre culture »,
« On nous
enlève notre terre et notre
eau » et d'autres slogans illustrant
comment la
négation par le
gouvernement canadien des droits des
Premières Nations
mène au génocide
et à la
dégradation environnementale.
Après les discours, les participants qui
portaient les pancartes les
ont tournées, faisant apparaître le
message :
« Souveraineté
maintenant ! », une façon
frappante d'affirmer
la nécessité de nier la
négation des droits des Premières
Nations que fait
l'État canadien.
Bridget Tolley de Familles des soeurs en esprit a
dit : « Cela fait
environ dix ans que je m'efforce d'aider les
familles de femmes
disparues ou assassinées. J'ai vu beaucoup
de racisme. La
journée
d'aujourd'hui est l'occasion de parler de ces
choses afin d'en finir
avec le racisme. Selon la police, si ma
mère est morte c'est
parce
qu'elle n'était qu'une Indienne en
état d'ivresse. Cela
doit cesser.
Nous ne sommes pas des Indiennes ivres, nous ne
sommes pas des
Indiennes droguées, nous ne sommes pas
toutes des travailleuses
du
sexe, nous sommes des êtres humains qui
voulons la justice !
Aujourd'hui nous honorons les femmes disparues et
tuées qui ont
connu
tout
cela — toute cette violence, tout le racisme qu'on
nous fait vivre.
Nous voulons que cela cesse. Nous voulons la
justice ! Nous sommes
des
gens normaux qui voulons vivre comme tout le
monde. Nous ne demandons
rien de spécial. Ce que nous voulons c'est
être
égaux, pouvoir nous
entraider et vivre heureux. Nous voulons nous
occuper de
nos soeurs et en finir avec les attaques racistes
contre quiconque
d'entre elles. Ce n'est pas seulement une question
d'être
attaquée par
la police, parce que le gouvernement et tout le
monde d'ailleurs est au
courant de ce qui se passe au Canada.
Arrêtez de fermer les yeux,
monsieur Harper, nous sommes ici, nous allons y
rester, vous ne vous
débarrasserez pas de
nous ! »

Gladys Radek, dont la nièce Tamara est
portée disparue depuis 2005,
a également pris la parole. « Je
désire
remercier les Algonquins de me
permettre de parler sur leur territoire. Je suis
originaire du
territoire Gitksan Wet'suwet'en dans le nord de la
Colombie-Britannique. Je fais de la
conscientisation à propos
des
femmes disparues ou
assassinées le long de l'Autoroute des
larmes où ma
nièce a été portée
disparue. Cela fait sept ans maintenant.
Lorsqu'elle est disparue j'ai
commencé des recherches et je me suis
rendue compte que le
racisme est
bel et bien vivant au Canada. Il y a plus de
3 000 femmes
autochtones
portées disparues ou assassinées au
Canada. C'est par
manque de volonté politique et par manque
de protection
adéquate de la
part des forces policières que ces femmes
disparaissent ou sont
tuées.
Il y a des pédophiles et des tueurs en
série qui
sèment la terreur
partout au pays. En Colombie-Britannique, nous
avons maintenant cinq
tueurs en série. À quand le moment
où nous allons
dire que ça
suffit ? Nos femmes sont aimées. Nos
femmes sont
respectées. Nos femmes
sont sacrées en tant que donneuses de vie
à la
société et nous ne
pouvons pas survivre sans elles. Nous devons
éliminer le racisme
envers
nos femmes. C'est comme cela qu'ils essaient de
nous éliminer.
Ils
commettent un génocide silencieux et c'en
est
assez ! »
Clayton Thomas-Muller des Défenseurs de la
Terre
a dit : « Il y a
tellement de choses qui se passent sur cette terre
qu'on appelle le
Canada. Il y a tellement de choses qui se passent
qui exposent les
plaies qui corrompent ce pays et le rendent
indigne. Idle No More a
réellement mis à nu le racisme qui
est toujours
prêt à frapper, le
racisme systémique, individuel et
interpersonnel ici au Canada.
Et nous
le voyons à tous les jours, avec chaque
sénateur
conservateur ou
personne de droite qui croule devant la force de
l'amour de ce
mouvement Idle No More. Regardez nos messages
aujourd'hui, le message
principal que nous apportons, et j'ajouterai celui
des Familles des
soeurs
en esprit : 'Souveraineté
maintenant !' Nous portons
ce message très
haut aujourd'hui, en cette Journée pour
l'élimination de
la
discrimination raciale. Les problèmes
auxquels le Canada fait
face, le
racisme qu'expose Idle No More, les plans du
gouvernement
fédéral, tout
cela refait surface. Qu'il le veuille ou non, le
Canada passe
aujourd'hui par un processus de
réconciliation. Idle No More va
traîner
ce pays à son corps défendant dans
un processus de
réconciliation et de
cicatrisation. »

Appel à l'action de Idle No More et
des Défenseurs de la Terre
- 18 mars 2013 -
Idle No More a provoqué un éveil
des
peuples autochtones et non
autochtones du monde pour la démocratie,
les droits humains et
la
protection de l'environnement. En moins de trois
mois, le mouvement a
réussi à provoquer une prise de
conscience mondiale par
l'éducation, la
résurgence culturelle et l'activisme
politique
démocratique. Nous
avons ébranlé les fondements de
l'inégalité
au Canada et invité les
communautés à s'unir dans un
mouvement pour la justice
sociale et
environnementale. Nous avons maintenant besoin que
d'autres, beaucoup
d'autres, se joignent à nous.

L'ordre du jour du gouvernement Harper est
clair :
affaiblir les
droits collectifs et la protection de
l'environnement pour faire du
Canada un lieu d'extraction qui donne aux grandes
sociétés le pouvoir
non restreint de détruire nos
communautés et notre
environnement pour
le profit. Il essaie d'éteindre les droits
inhérents,
ancestraux et de
traités des peuples autochtones parce que
ces droits sont la
meilleure
et dernière protection pour tous ceux qui
vivent au Canada.
Idle No More a confronté ces politiques et
les
supporteurs de Harper
comme l'ex-ministre des Affaires autochtones John
Duncan, le
sénateur
suspendu Patrick Brazeau, le ministre
démissionnaire Peter
Penashue et
Tom Flanagan ont été
interpellés par les gens
à la base.
Idle No More aidera à rebâtir le
rapport de
nation-à-nation qui est
le fondement de ce pays. Cela veut dire
approfondir la
démocratie,
respecter la souveraineté autochtone et
protéger la terre
et l'eau
contre l'extraction des ressources sans le
contentement libre,
préalable et éclairé des
peuples autochtones.
Nous savons qu'il faudra beaucoup plus pour
vaincre
Harper et
l'ordre du jour des grandes entreprises. Au
pouvoir de leur argent et
de leurs armes, nous opposons le pouvoir de nos
corps et de nos
esprits. Rien ne peut égaler le pouvoir de
l'action pacifique
collective à la défense du peuple et
de la Terre
Mère.
Idle No More et les Défenseurs de la
Terre, un
réseau de communautés
autochtones engagées dans la lutte pour la
terre, lancent d'un
commun
accord cet appel à intensifier l'action.
Nos revendications sont
claires et conformes aux principes de la
coexistence et du respect
mutuel entre autochtones et non autochtones. Nous
demandons que le
Canada, les provinces et les territoires :
1. abrogent les dispositions de la loi
C-45 (y
compris les modifications à la Loi sur
les Indiens et
à la Loi sur la protection des eaux
navigables) et
abandonnent tout projet de loi allant dans le
même sens ;
2. approfondissent la démocratie au Canada
par
des pratiques comme
la représentation proportionnelle et la
consultation sur tous
les
projets de loi qui affectent les droits collectifs
et les protections
environnementales, et adoptent des lois qui
restreignent les
intérêts
des entreprises privées ;
3. respectent le droit des peuples autochtones de
dire
non au
développement sur leur territoire
conformément à
la Déclaration de
l'ONU sur le droit des peuples autochtones au
principe du consentement
préalable, libre et
éclairé ;
4. cessent leur politique d'élimination du
droit
du titre ancestral
et reconnaissent et affirment le titre ancestral
et les droits
ancestraux tel que le stipule l'article 35 de
la Constitution
canadienne et tel que le recommande la Commission
royale sur les
peuples autochtones ;
5. honorent l'esprit et l'intention des
traités
historiques ;
répudient officiellement la doctrine
raciste de la
Découverte et la
doctrine de terra nullius et cessent de s'y
référer pour
justifier
l'appropriation des terres et des richesses des
nations
autochtones ;
6. résistent activement à la
violence
faite aux femmes et
établissent une enquête nationale sur
les femmes et jeunes
filles
autochtones portées disparues ou
tuées, et engagent les
femmes
autochtones dans la conception, la
décision, le processus et la
mise en
oeuvre de cette enquête comme une
étape vers l'initiation
d'un plan
d'action national
global et coordonné.
Appels à l'action
- 21 mars, Journée internationale
pour
l'élimination de la
discrimination raciale. Nous appelons à des
actions
décentralisées
partout au pays.
- 22 avril, Jour de la Terre. Les peuples
autochtones et les droits
autochtones sont à bien des égards
la meilleure
défense contre la
destruction de l'environnement par le
développement industriel
avide et
non restreint. Ce Jour de la Terre, nous appelons
à des
protestations
locales autonomes à la grandeur du pays et
à une grande
action
directe non violente à Ottawa dont les
détails seront
annoncés, pour
mettre en lumière l'importance des droits
autochtones dans la
lutte
contre l'ordre du jour du gouvernement Harper et
des grands monopoles.
Nous demandons aux gens de donner une place de
premier plan au message
sur les droits autochtones et de traités
dans leurs actions.
- L'été de la souveraineté.
Les
communautés autochtones ont le droit
de décider du développement sur
leurs territoires
traditionnels et
couverts par des traités. Pour
défendre leur droit de
dire « Non » au
développement indésirable, les
Premières Nations
comme celles de Lac
Barrière, de KI, de Gassy Narrows et
plusieurs autres
proposent des alternatives qui nous aident
à ré-imaginer
notre rapport
avec l'environnement. Partout au pays l'appui
grandit pour les
Premières Nations qui cherchent à
protéger la
terre, l'eau et l'air
pour tout le monde et à obtenir la
reconnaissance des
protections
maritimes, de la forêt durable, de
l'économie locale
équitable et du
principe que nous
devons respecter l'environnement dont nous faisons
partie.
Nous appelons les non-autochtones à
joindre les
communautés
autochtones dans des actions directes non
violentes et
coordonnées
durant l'été. Des alternatives
verront le jour seulement
si nous
intensifions nos actions, avec une action directe
non violente qui
conteste le pouvoir illégitime des grandes
sociétés qui dictent les
politiques
gouvernementales.
Pour la liste des signataires, cliquer
ici

Déclaration d'une femme innue de Uashat
Mak
Mani- Utenam, en grève de la faim depuis le
1er janvier
En ce qui concerne la conduite récente
autant du
gouvernement Harper que de la première
ministre Pauline Marois,
à savoir de prendre des décisions de
façon unilatérale, sans le
consentement des
Premières Nations, moi, Jeannette Pilot,
une femme innue de
Uashat Mak Mani-Utenam [situé
près de
Sept-Îles,
Québec — ndlr], je fais
une grève de la
faim depuis le 1er janvier 2013, ce qui signifie
72 jours [en
date du 2 mars].
Le 11 mars, je vais cesser de m'hydrater, un
jeûne complet.
Je suis prête à aller jusqu'au bout
pour que les droits
des Premières Nations soient reconnus,
et me battre aux côtés du mouvement
IDLE NO MORE pour le
peuple et les générations futures.
Je demande que le
gouvernement conservateur de Stephen
Harper arrête de modifier certaines lois et
d'en imposer d'autres
sans d'abord consulter ceux qui seront
touchés. Voici la liste
des lois auxquelles je
m'oppose :
- Loi sur la protection des eaux navigables
- Loi canadienne sur l'évaluation
environnementale
- Loi sur la transparence des Premières
Nations en
matière financière
- Projet de loi C-45 sur l'emploi et la
croissance
économique (2012)
- Loi concernant les foyers familiaux
situés dans les
réserves des Premières Nations et
les droits ou
intérêts matrimoniaux
- Loi électorale des Premières
Nations
- Loi sur la salubrité de l'eau potable
des Premières
Nations
- Loi modifiant la Loi sur les Indiens et
prévoyant le
remplacement de cette loi
- Loi modifiant la Loi d'interprétation
(maintien des droits
autochtones ancestraux ou issus de
traités)
- Loi prévoyant la reconnaissance de
l'autonomie gouvernementale
des Premières Nations.
Je déplore que le gouvernement
Harper
ait modifié des lois sans consulter les
peuples autochtones.
Considérant que ces nations ont le droit
à
l'autodétermination, fondé sur le
droit international qui
reconnaît le droit des peuples à
choisir librement leur
système politique, indépendamment de
toute
ingérence extérieure, nous exigeons
que tous les
amendements et modifications aux lois soient
suspendus, et qu'une
consultation et un référendum aient
lieu
dans toutes les bandes qui n'ont signé
aucun traité et
dont les terres sont non cédées.
Gaz Métro a finalement commencé
à
agir avec son projet de prolongement de gazoduc
long de 450 km
s'étendant entre Jonquière et
Sept-Îles, ils ont
déjà
dépensé 10 millions $ à
cette fin. Les chefs
et leurs conseillers ont tenu des consultations
techniques avec la
société en 2012. Je demande que ce
projet
soit suspendu immédiatement. Il n'est pas
acceptable de
poursuivre ce projet sans consulter le peuple innu
par voie de
référendum. J'exige que les deux
conseils
de bande et le gouvernement mettent un terme
à ce projet si la
majorité des Innus sont contre.
Je demande que tous les projets d'exploitation
minière dans la province de Québec
soient suspendus.
Avant que des projets d'exploitation
minière de
l'uranium ou de toute autre chose
démarrent, les nations
autochtones qui sont touchées par ces
projets doivent être
consultées dans un
référendum. Les conseils
de bande et le gouvernement doivent mettre un
terme à ces
projets si la majorité des gens sont contre
eux.
Je demande un moratoire sur la
déforestation
massive de la forêt boréale du
Nitassinan et de la
province de Québec. L'état des
forêts, le rythme de
la
déforestation et de l'incurie des conseils
de bande et du
gouvernement rappellent les tragédies de la
Malaisie ou de
l'Amazonie. Pour satisfaire la soif insatiable
des entreprises, le gouvernement continue
d'émettre des permis
d'exploitation forestière. Ces permis
peuvent mettre en danger
les écosystèmes fragiles et
menacent les modes de vie traditionnels des
peuples autochtones. Parce
qu'en tant qu'Innus, nous devons préserver
le lien entre
Pappassik et Atik, nous
condamnons le fait que le gouvernement du
Québec, le
gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador et le
gouvernement
fédéral du Canada menacent notre
ancienne relation avec Atik en faisant du Labrador
une zone interdite,
nous interdisant de chasser le caribou sur ce
territoire. Je demande
que cette interdiction
soit levée et qu'il nous soit permis de
pratiquer notre droit
à la chasse de subsistance sur l'ensemble
du Nitassinan. Face
à cette demande du peuple, j'espère
que vous accorderez à la fois la
compréhension et
l'amnistie.

Note aux lecteurs
Le
Marxiste-Léniniste ne publiera pas
du 29 mars au
2 avril. Il reprendra sa parution le mercredi
3 avril.

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