Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 45 - 21 mars 2013

Opposition à l'offensive contre la santé et l'éducation en Ontario et en Alberta


Rassemblement à Ottawa dans le cadre de la journée d'action du 4 mars pour la santé

Opposition aux coupures en santé
La suppression de milliards en soins de santé est inacceptable, disent les travailleurs de la santé de l'Ontario
Les travailleurs de l'Alberta exigent la protection des services de santé

Étudiants et enseignants s'organisent pour défendre leurs droits
Les étudiants et enseignants manifestent contre les coupures à l'éducation à Edmonton
La résistance organisée se développe contre les attaques du gouvernement dans l'éducation postsecondaire - Dougal MacDonald
Les conservateurs de l'Ontario veulent définir les activités parascolaires des enseignants mais blâment le syndicat - Enver Villamizar


Opposition aux coupures en santé

La suppression de milliards en soins de santé
est inacceptable, disent les travailleurs
de la santé de l'Ontario

Le 4 mars, des manifestations et des rassemblements contre le programme d'austérité du gouvernement en matière de soins de santé ont eu lieu dans toutes les régions de l'Ontario. Des centaines de travailleurs de la santé, des professionnels de la santé, des étudiants en sciences de la santé, des travailleurs de nombreux secteurs et des personnes de tous les horizons ont participé aux manifestations. Des actions ont été organisés dans 16 villes, à Thunder Bay et Sudbury, dans le nord, à Ottawa et à Kingston, à l'est, à Windsor, Guelph, London et Niagara dans le sud et le sud-ouest et dans toutes les régions de la province. Le 2 mars, une ligne de piquetage a été organisée à Toronto dans le cadre de la journée d'action. La plupart des manifestations ont eu lieu devant les hôpitaux où des suppressions d'emplois et des réductions de service ont été imposées en raison des contraintes gouvernementales dans la santé, de la privatisation des services et de la réorganisation au sein des hôpitaux.

La journée d'action était organisée par le Coalation santé de l'Ontario (OHC), qui est composée de 400 organisations de personnes liées aux services de santé. L'OHC comprend dans ses rangs des travailleurs de la santé et leurs organisations, les professionnels de la santé et leurs associations, les personnes âgées et les groupes de défense des patients, les universitaires et les étudiants en santé. L'OHC a appelé à la journée d'action pour lancer une campagne d'éducation publique sous la bannière SOS - Save Our Services (SOS - Sauvons nos services).

La campagne S.O.S. vise à contrecarrer la supercherie politique des libéraux au pouvoir. Le gouvernement a imposé des restrictions sévères aux dépenses en santé dans le cadre de son programme d'austérité qui va supprimer 3 milliards $ dans le financement de la santé sur une période de trois ans, mais il essaie de faire passer cela pour une « réforme de la santé ». La campagne cible également la promotion par le gouvernement de la prestation privée à but lucratif, qui gaspille les fonds publics en détournant le financement des services aux patients et des travailleurs qui dispensent ces services et en les canalisant vers les profits privés.

Plus de 60 personnes ont manifesté devant le bureau de circonscription de la députée de London-Centre-Nord, Deb Mathews. Mathews est la ministre de la Santé et la vice-première ministre du nouveau gouvernement de Kathleen Wynne. Les électeurs de sa circonscription n'ont manifestement pas mordu à la propagande à l'effet que la nouvelle première ministre va remettre l'Ontario sur les rails avec une orientation « socialement plus juste ». Les manifestants ont exigé que la ministre rende des comptes pour les mesures d'austérité dans la santé publique qu'elle appelle réforme.

La ministre a répondu aux manifestations par des déclarations à l'assemblée législative et aux médias. Elle a répété que le gouvernement libéral a augmenté les dépenses de santé de 1 milliard $. Cette déclaration est faite pour cacher la réalité vécue dans les hôpitaux et parmi les autres services de santé dans toute la province, soit la fermeture de lits, la réduction de l'accès et la détérioration des services.

Les faits sont énoncés très clairement dans le budget d'austérité des libéraux. Le gouvernement a imposé arbitrairement sur plusieurs années des restrictions à l'augmentation des dépenses d'à peine supérieures au taux d'inflation à un moment où la demande en services de santé augmente à un taux de 6 % par an en raison de la croissance démographique et du vieillissement de la population. Ces mesures d'austérité en santé correspondent aux recommandations de la Commission Drummond qui a conseillé au gouvernement de mettre un obstacle au financement de la santé par des plafonds de dépenses et de laisser les compressions s'administrer d'elles-mêmes à mesure que le sous-financement entre en vigueur dans le système. L'obstacle identifié par Drummond est l'affectation du financement aux hôpitaux qui est la clé de voûte du système de santé public et c'est justement au financement des hôpitaux que le gouvernement a imposé le plus de contraintes.

Les déclarations de la ministre dissimulent également l'étendue du détournement du financement de la santé vers la marchandisation privée. Des fonds de plusieurs milliards de dollars ont été détournés vers des partenariats publics-privés (PPP) aux fins de construction et d'exploitation d'hôpitaux, de cliniques privées et d'autres magouilles à but lucratif.

Les manifestations et rassemblements montrent que les Ontariens continuent de rejeter le programme de prétendue austérité des riches, malgré l'arrivée d'une nouvelle première ministre et sa promesse de « justice sociale ». Les gens veulent que le gouvernement affirme par des gestes et non par des mots le droit de tous aux meilleurs soins de santé possibles et que les autres questions soient réglées en fonction de cet objectif.

Sudbury

Ottawa


Kingston

Welland et Guelph

London


Windsor



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Les travailleurs de l'Alberta exigent
la protection des services de santé


Edmonton le 15 mars 2013

Les travailleurs et les professionnels de la santé et leurs syndicats en Alberta mettent le gouvernement en garde qu'ils ne vont pas tolérer l'attaque contre le droit à la santé et à des soins pour les personnes âgées. Ils exigent que le gouvernement assume sa responsabilité sociale de fournir gratuitement des services de santé publics de qualité là où il y a besoin.

Dans son budget du 7 mars, le gouvernement de l'Alberta renie son engagement à financer invariablement les services de santé. Selon la formule de financement établie précédemment, le financement des services de santé a été calculé sur la base d'une augmentation de 4,5 %. Ce financement sera absent du budget, même si cela suffit à peine à égaler le rythme de croissance de la population et de l'inflation, et encore moins de s'adresser aux questions des longues listes d'attente, de la pénurie de lits pour des soins aigus, du manque de soins publics aux personnes âgées et d'autres graves problèmes qui exigent des solutions. Le financement pour les patients et le personnel qui s'occupent d'eux est également réduit à mesure que le gouvernement remet de plus en plus de services entre les mains d'intérêts privés qui volent le trésor public pour le gain privé.

La Fédération des travailleurs de l'Alberta et les syndicats du secteur public ont tenu une conférence de presse commune le 4 mars pour exiger que les services publics soient protégés.

Le 27 février, les travailleurs de la santé ont organisé deux rassemblements en dehors de l'hôpital Royal Alexandra (RAH) pour protester contre les compressions dans les services aux personnes âgées. Durant l'heure du midi ils se sont rassemblés pour s'opposer à la fermeture d'une unité de lits de transition. L'unité s'occupe des patients, en majorité des personnes âgées, qui attendent d'être placés dans des établissements de soins continus au sein de la communauté.

« Cela n'a aucun sens de fermer cette unité », de déclarer Bill Dechant, secrétaire-trésorier exécutif du Syndicat des employés provinciaux de l'Alberta, qui représente les infirmières auxiliaires autorisées, les aides-soignants et le personnel de soutien de l'hôpital. « Cette unité rendait tout le système plus efficace et assurait aux patients une certaine dignité pendant qu'ils attendaient d'être transférés. »

Un deuxième rassemblement s'est tenu entre 16 h et 17 h pour protester contre les compressions au système de soins pour personnes âgées. Récemment Capital Care, une filiale de l'Alberta Health Services (AHS), a considérablement réduit son personnel infirmier à temps plein, tandis que les employés du Good Samaritan Society, un autre organisme financé par l'AHS, ont reçu cette semaine leur avis de licenciement. Ces compressions se produisent au moment où est mis en place le nouveau système de « financement selon les soins à prodiguer aux patients » de l'Alberta Health Services pour les soins de longue durée. Jusqu'à 50 établissements à l'échelle de la province verront leur financement réduit au cours des trois prochaines années.

Dans une lettre à la rédaction publiée le 28 février dans le Edmonton Journal, la présidente de l'Association des sciences de la santé de l'Alberta, Elisabeth Ballerman, écrit : « Nous ne pouvons pas licencier nos patients ou réduire le nombre de personnes âgées. [...] Les Albertains savent que notre système de santé est déjà près du point de rupture. Des rapports affluent de tous les coins de la province de personnes qui ne reçoivent pas l'aide dont ils ont besoin lorsqu'ils en ont besoin. »

Ballerman souligne : « Vous ne pouvez pas faire ce genre d'économies en tentant de rendre l'administration plus efficace, vous devez couper les services de première ligne .... L'année dernière, les Services ambulanciers d'urgence (EMS), un membre de l'Association des sciences de la santé de l'Alberta a révélé à quel point le système de santé est défaillant. Des équipes d'EMS sont coincées dans les services d'urgence pendant des heures en attendant de remettre les patients au personnel hospitalier trop occupé à les prendre. Pendant ce temps, les Albertains qui ont besoin d'une aide d'urgence doivent attendre durant un temps inexcusable pour une ambulance, puis encore attendre des heures dans les urgences des hôpitaux surpeuplés parce qu'il n'y a pas assez de lits pour soins aigus.

« Soyons clairs. Rien de moins qu'une augmentation de 4,5 % est une compression. Ce montant est destiné à aider le système de services de santé à se stabiliser après la dernière ronde de compressions de dépenses et de fournir un modèle de financement durable et prévisible. »

S'adressant à la prétention du gouvernement qu'il n'a pas d'autres choix, elle déclare : « Le gouvernement a vendu les ressources non renouvelables appartenant à la population à des prix dérisoires, ce qui permet aux entreprises de réaliser des bénéfices en hausse alors que leurs taux d'imposition ont été abaissés. Il n'a même pas réussi à atteindre ses propres cibles pour les redevances et cela, à un coût de plusieurs dizaines de milliards de dollars.

« Les cadeaux faits aux entreprises ont été combinés à des réductions d'impôt aussi insensées pour les individus fortunés. Cela a conduit à des revenus en dents de scie qui ont dévasté les services de santé. Le financement est réduit puis augmenté pour tenter de rattraper le retard, puis à nouveau réduit. La mauvaise gestion financière a conduit à un bouleversement constant et à des réorganisations coûteuses.

« Il est évident qu'un modèle de financement prévisible et durable permettra d'économiser de l'argent à long terme. Cependant, un autre sursaut des prix du pétrole est suffisant pour que notre gouvernement se précipite vers les mauvaises pratiques du passé. Il va réduire les dépenses de nouveau. Cela va entraîner de nouveau le chaos et ajouter au coût des soins à long terme.

« Ce que ceux qui proposent ces compressions ne parviennent pas à comprendre, c'est que nous ne pouvons pas ' mettre à pied ' nos patients ou 'rationaliser ' les personnes âgées. Les services de santé ne peuvent pas être gérés comme une entreprise qui doit supprimer lorsque les ventes sont en baisse. Les Albertains qui ont besoin de services de santé méritent de les obtenir quand ils en ont besoin. »

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Étudiants et enseignants s'organisent pour défendre leurs droits

Les étudiants et enseignants manifestent
contre les coupures à l'éducation à Edmonton

Plus de 500 étudiants, enseignants et employés de soutien se sont rassemblés le 14 mars sur le campus de l'Université de l'Alberta et ont marché vers le parlement albertain pour protester contre les coupures à l'éducation contenues dans le budget du 7 mars du gouvernement Redford.

Au rassemblement sur le campus, tous ont dénoncé les coupures et les attaques contre l'éducation et ont réclamé l'augmentation des investissements dans le système d'éducation. Suite aux discours, les participants se sont réunis en petits groupes de discussion sur les thèmes de la journée pour se rassembler à nouveau peu après et faire état de leur discussion.

Les participants ont alors marché autour du campus, invitant tout le monde à se joindre à eux avant de se diriger malgré le froid vers le parlement provincial. Sur les pancartes et bannières on pouvait lire « L'éducation est un droit ! », « Augmentez les investissements dans l'éducation ! », Arrêtez de payer les monopoles de l'Énergie ! », « L'éducation n'est pas une marchandise ! », « Des redevances plus élevées signifient une meilleure éducation ! », « Arrêtez les coupures ! » et « Le gouvernement Redford a échoué son année ! ». D'autres actions sont prévues contre les coupures à l'éducation.





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La résistance organisée se développe
contre les attaques du gouvernement
dans l'éducation postsecondaire

La résistance organisée se développe rapidement face aux attaques à l'éducation postsecondaire contenues dans le budget impitoyable du 7 mars du gouvernement Redford en Alberta. Le gouvernement invoque un besoin « d'austérité fiscale » en raison de « la baisse des prix du pétrole brut de l'Alberta ». Cette excuse ne tient pas la route quand on regarde les profits considérables que les entreprises de l'énergie touchent du fait qu'elles obtiennent le brut à bas prix pour leurs raffineries.

Le 15 mars dernier, il y a eu un grand rassemblement contre les coupures à l'Université de l'Alberta, à Edmonton, qui s'est terminé par une manifestation militante en marche vers le parlement albertain. Les participants se sont engagés à poursuivre leur mouvement de résistance contre les coupures et à demander plus d'investissements en éducation.

Le ministre des Finances Doug Horner a essayé de justifier les coupures dans l'éducation postsecondaire en déclarant que les institutions d'enseignement supérieur en Alberta sont déjà très bien financées et qu'il y a beaucoup de « gras » à couper. « C'est vrai que ces institutions font face à des coupures, a dit Horner. Je sais qu'il y a de la place pour beaucoup de coupures dans l'éducation postsecondaire parce que ces institutions ont toujours été épargnées dans le passé. »

La bravade de Horner masque le fait que l'éducation postsecondaire en Alberta a été touchée depuis plusieurs années par les gels et les coupures. On a par exemple le sous-financement pendant l'année académique 2010 qui a forcé le personnel à prendre entre cinq et huit « congés non payés ». Un autre exemple est l'impact qui se fait encore ressentir des coupures drastiques faites par le gouvernement provincial conservateur de Ralph Klein qui ont mené à une baisse de salaire de 5 % pour tous les employés provinciaux.

Les premières annonces du gouvernement suite au budget faisaient état d'une coupure du budget du ministère de l'Enseignement supérieur, qui s'occupe de l'éducation postsecondaire, qui serait de l'ordre de « seulement » 3,6 % tandis que la coupure des budgets de fonctionnement des universités, qui couvrent essentiellement les salaires et avantages sociaux du personnel, serait de 7 %. Le recteur de l'Université de l'Alberta a cependant fait remarquer le 14 mars qu'une coupure de 7,3 % dans le budget de fonctionnement est en réalité une coupure de 10 % parce que l'université a besoin d'un 2 % d'augmentation uniquement pour couvrir l'inflation et les ententes salariales négociées. En fait, ce qui va arriver, c'est que l'Université de l'Alberta va faire 65 millions $ de coupures, soit 50 % de plus que la coupure directe de 43 millions $ du gouvernement provincial.

Le recteur de l'Université de l'Alberta a ajouté qu'en raison des coupures gouvernementales, toutes les facultés vont devoir couper leur budget de 1,5 % le printemps prochain et que l'université va quand même connaître un déficit. Le président de l'université a dit aux doyens de facultés d'être prêts à couper leurs budgets de 20 % et à trouver eux-mêmes 10 % de ce manque à gagner. Le doyen de l'éducation mentionne dans un courriel interne que chaque faculté devra planifier une coupure de 20 % pour la période 2014-2016 et que les doyens devront en « regagner » 10 %. Autrement dit, les coupures vont se faire sur le dos du personnel et des étudiants. C'est sans parler des coupures que certaines facultés ont déjà été forcées de faire pour compenser pour le sous-financement imposé par le gouvernement précédent.

Une chose importante à garder en tête, qui devra être examinée sérieusement, c'est que le ministre de l'Enseignement supérieur a dit que les 256 institutions d'enseignement postsecondaire de l'Alberta vont bientôt recevoir des « lettres mandataires », maintenant rebaptisées « lettres qui déterminent des attentes ». On n'est pas certain au juste de ce que ces lettres vont contenir, mais leur objectif déclaré est de transmettre les directives du gouvernement aux universités, aux collèges et aux instituts techniques. C'est certain que le ministre, en tant que roi et maître autoproclamé de l'éducation, va gruger encore plus l'autonomie des universités, qu'il va s'en prendre à l'indépendance des enseignants et des employés et forcer au silence les enseignants et les employés qui critiquent le gouvernement des riches. Peut-être que la prochaine étape sera de forcer le personnel des institutions postsecondaires à prêter un serment d'allégeance au programme économique et politique du gouvernement Redford et aux monopoles qu'il représente.

Le problème fondamental est que les gens sont privés de leur droit de décider de ces questions. Le gouvernement Redford est le champion des monopoles de l'énergie, et non des Albertains, et c'est en leur nom qu'il agit. Le gouvernement Redford ne veut même pas discuter de la possibilité d'augmenter ses réclamations aux monopoles au point de production et de distribution et de les investir dans les programmes sociaux comme la santé et l'éducation même si dans l'esprit de la majorité c'est une alternative logique au sous-financement. Au lieu de cela, les monopoles de l'énergie reçoivent carte blanche pour extraire autant de valeur que possible de l'économie et le gouvernement utilise la désinformation pour voiler ce qui se passe vraiment. Une portion toujours plus grande de la nouvelle valeur qui est produite par les travailleurs de l'Alberta est détournée des programmes sociaux qui sont essentiels à la société et versée dans les coffres des monopoles de l'énergie et des autres secteurs. Il faut mettre un terme à cela. Les Albertains doivent s'unir et, par leur détermination et leur résistance organisée, arracher la direction de l'économie des mains des monopoles de l'énergie et de leurs représentants politiques.

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Les conservateurs de l'Ontario veulent définir
les activités parascolaires des enseignants,
mais blâment le syndicat


Le 26 février le Parti conservateur de l'Ontario, dirigé par le bad cop par excellence Tim Hudak, a tenté sans succès de faire adopter une motion à l'assemblée législative qui définit les responsabilités des enseignants dans la salle de classe et au-delà de la salle de classe. La motion se voulait une tentative d'empêcher toute rupture d'activités scolaires et parascolaires en forçant tout simplement les enseignants à y participer. Les conservateurs ont voulu définir les activités liées à la vie scolaire comme étant « des bulletins complétés en temps opportun, des rencontres avec les parents en dehors des heures de classe, des réunions du personnel, la correction des devoirs et l'aide aux élèves par la récupération, l'aide aux élèves avec des besoins particuliers et le travail supplémentaire après l'école [...] »

C'est tout à fait frauduleux puisque les enseignants participaient déjà à ces activités bien avant qu'ils soient en position de grève ou avant les non-ententes imposées par le gouvernement. En plus, un grand nombre de ces activités, que ce soit les « bulletins complétés en temps opportun », la « correction de devoirs » ou « l'aide aux élèves avec des besoins particuliers et le travail supplémentaire après l'école », sont toutes des tâches accomplies par les enseignants de l'école publique au primaire et au secondaire même pendant la brève période pendant laquelle ils ont été dans une position de grève légale. Prétendre autrement relève d'une attitude irresponsable et malhonnête.

Le Parti conservateur mentionne ces quelques activités parascolaires dans le but de créer une opinion publique négative contre les enseignants et les travailleurs de l'éducation. Il ne s'agit pas de « programmes » qui sont ou qui ont été protégés dans les écoles de l'Ontario, comme le prétend le Parti conservateur, mais d'activités que les enseignants et les travailleurs de l'éducation ont toujours fait leurs, au-delà de leurs tâches professionnelles régulières, parce qu'ils comprennent leur importance pour leurs étudiants et pour leur enseignement. En ce moment, par contre, plusieurs ont décidé de ne plus participer à de telles activités aussi longtemps que leurs droits ne sont pas respectés. Ils tiennent ainsi tête à un gouvernement qui vole des milliards de dollars du système d'éducation et des étudiants, des parents, des travailleurs de l'éducation, des enseignants et de leurs communautés.

La motion du Parti conservateur dit aussi que « les dirigeants syndicaux doivent arrêter de dire aux enseignants de première ligne comment gérer leur temps personnel tant à l'intérieur qu'à l'extérieur des paramètres d'une journée-école, y compris (mais non de façon restrictive) le travail bénévole, l'aide aux élèves, la supervision, la réalisation ou l'organisation d'activités scolaires et parascolaires. La Chambre considérera le fait de contrevenir aux activités ci-haut mentionnées comme un abus de pouvoir de la part du syndicat et que tous ceux ayant recours à de telles tactiques seront assujettis à une enquête menée par le ministère du Travail puisqu'ils auront eu recours à des actions syndicales illégales selon la Loi sur les relations de travail de l'Ontario. Ils sont aussi passibles de contraventions. Si tel est le cas, leur nom devra être remis au Collège des enseignants de l'Ontario où ils seront accusés de harcèlement à l'endroit de travail et de conduite non appropriée pour un professionnel de l'enseignement [...] »

La motion cherche délibérément à créer une division entre « dirigeants syndicaux » et « enseignants de première ligne » alors que ce sont ces derniers qui soutiennent qu'il faut refuser le travail bénévole consacré aux équipes sportives et aux clubs comme moyen de forcer le gouvernement à rendre des comptes pour l'atteinte à leurs droits. Les « enseignants de première ligne » ont eu recours à ce moyen de pression non pas par crainte de représailles de la part des « dirigeants syndicaux », mais parce qu'ils contestent la négation de leurs droits par le gouvernement par le biais du projet de loi 115 et le fait que 2,19 milliards $ soient retirés de l'éducation.

La motion des conservateurs vise un autre objectif quand elle dit que « les dirigeants syndicaux ne devraient plus dire aux enseignants de première ligne comment ceux-ci doivent disposer de leurs temps personnel à l'intérieur et à l'extérieur des paramètres d'une journée-école. » Visiblement, ce sont les conservateurs qui cherchent à dicter ce que les enseignants doivent faire de leur temps personnel à l'intérieur et à l'extérieur d'une journée-école ! C'est un autre exemple du double discours de ceux qui mènent cette offensive contre l'éducation publique en Ontario, ceux-là même qui prétendent « mettre les élèves en premier » mais qui en pratique enlèvent à ce secteur 2,19 milliards $ de financement et remettent une somme équivalente aux monopoles de l'automobile.

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