Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 43 - 19 mars 2013

Ne touchez pas à la Corée!

Les États-Unis en Corée: une succession de crimes


Le pont de Gun Ri: les troupes américaines ont ordonné aux civils coréens de se placer sur la voie ferrée sur le pont
où ils étaient fouillés pour des armes. Les soldats ont ensuite commandé un raid aérien et ont fui les lieux. Du nombre
des rescapés, beaucoup se sont tapis dans le tunnel sous le pont pendant quatre jours, du 26 au 29 juillet, pendant
que continuaient de pleuvoir les tirs. Des équipes de secours américaines sont allées voir les rescapés mais ne leur
ont pas offert d'aide. (www.askasia.org)

LML a interviewé Philip Fernandez sur la grave situation qui s'est créée dans la péninsule coréenne. Philip Fernandez est membre de la Commission du Comité central du PCC(M-L) qui traite de la région de l'Asie-Pacifique et est porte-parole de la Commission de la vérité sur la Corée (Chapitre canadien).

LML : Philip, vous avez participé aux travaux de la Commission de la vérité sur la Corée qui a organisé un tribunal international à New York en 2001. Une délégation canadienne de 100 personnes a participé à ces travaux aux côtés des délégations des États-Unis et de la République de Corée. Vous avez également visité la République populaire démocratique de Corée (RPDC) en 2002 en tant que membre de la Commission de la vérité sur la Corée pour enquêter sur les crimes de guerre commis par les États-Unis pendant la guerre de Corée. Pouvez-vous nous parler du travail de la Commission et de ses conclusions ?

Philip Fernandez : La Commission de la vérité a enquêté sur les massacres et autres crimes de guerre commis par l'armée américaine en Corée avant, pendant et après la guerre de Corée. Elle a créé les conditions pour permettre aux gens de raconter leurs expériences horribles aux mains de l'armée américaine pendant la guerre. Le peuple coréen vit encore aujourd'hui les conséquences de la première arrivée des troupes américaines dans la péninsule coréenne en septembre 1945, après que les Coréens aient combattu pendant si longtemps les occupants japonais et les aient vaincus, contribuant ainsi à la victoire des Alliés sur les puissances de l'Axe pendant la Deuxième Guerre mondiale.

Le nombre de civils tués pendant l'occupation militaire américaine, de 1945 jusqu'au début de la guerre en 1950, a été estimé à près d'un million de personnes, pour la plupart des patriotes coréens qui s'opposaient à la division de leur pays et au gouvernement militaire américain qui tentait, par la force des armes, de recréer un régime colonial en Corée.

La guerre de Corée, déclenchée par les États-Unis pour s'emparer de la Corée qu'ils avaient déjà divisée, a elle-même fait plus de quatre millions de morts parmi les civils et des millions d'autres victimes. Juste dans la partie nord de la Corée, il y a eu plus de trois millions de victimes.

Il est également prouvé que les membres des forces armées des États-Unis ont commis plus de 100 000 offenses criminelles contre les Coréens depuis 1953, soit depuis la signature de l'Accord d'armistice qui a mis fin à la guerre de Corée. Toutefois, en raison de la Convention sur le statut des Forces (SOFA) entre les États-Unis et le régime sud-coréen, moins de un pour cent de ces crimes ont donné lieu à des poursuites en justice.

La preuve établie par les enquêtes de la Commission de la vérité sur la Corée et des tribunaux internationaux qui se sont tenus à New York en 2001, à Pyongyang en 2003 de même qu'à Seoul, suffit à montrer pourquoi la République populaire démocratique de Corée va faire tout ce qu'elle peut pour éviter une réoccupation de la Corée par les États-Unis et les impérialistes étrangers.




Des exécutions sommaires de prisonniers politiques sud-coréens par l'armée et la police de Corée du sud à Daejeon
en juillet 1950. Les exécutions ont duré plusieurs jours. Les photos ont été prises par l'armée américaine. Le lieutenant-colonel Bob E. Edwards, l'attaché militaire des États-Unis responsable de documenter les exécutions, a dit:
« Les
prisonniers de guerre ont généralement été bien traités
après l'évacuation du front. » On estime que 7 000 personnes
ont été tuées à Daejeon et des dizaines de milliers d'autres ailleurs. (Brian Willson)

LML : Que répondez-vous à l'accusation que la RPDC est un « État voyou » ?

PF : Les États-Unis considèrent ceux qui résistent à leur diktat comme des « États voyous ». En fait, les États-Unis sont le pire « État voyou » au monde. Lorsqu'elle était au pouvoir, l'administration Bush, par son bellicisme, a montré la nature agressive des États-Unis d'une façon particulièrement flagrante. Le président Obama quant à lui souscrit à la doctrine de guerre des drones selon laquelle ceux qui sont considérés comme des ennemis de l'État américain, y compris des citoyens américains, peuvent être tués par des drones télécommandés. Selon l'État américain, ces meurtres et ces actes de terrorisme sont légaux !

L'accusation selon laquelle la RPDC est un État voyou vise particulièrement son programme de développement de technologie nucléaire. Posons-nous la question : pourquoi n'a-t-on pas accusé Israël et l'Afrique du Sud, ou encore l'Inde et le Pakistan, d'être des États voyous, et pourquoi n'ont-ils pas fait l'objet de sanctions bien qu'ils possèdent des armes nucléaires ? Comment se fait-il que les grandes puissances ont un monopole nucléaire et sont autorisées à marauder dans les océans avec leurs sous-marins et leurs porte-avions à propulsion nucléaires, et cela en toute impunité ? Qui leur a confié la mission d'être les gendarmes du monde ?

Nous déplorons la logique du deux poids, deux mesures que le Conseil de sécurité des Nations unies utilise. Si vous lisez la résolution 2094 du Conseil de sécurité qui vient d'être adoptée, ça n'a aucun sens de la part des États-Unis, qui sont le plus grand proliférateur nucléaire et balistique, de pointer du doigt la RPDC, mais pourtant c'est bien ce qu'ils font ! Cela pose un problème non seulement à la RPDC, mais au monde entier. Pour que le droit international veuille dire quelque chose, il faut que la loi soit la même pour toutes les nations, grandes ou petites.

TML : Qu'en est-il des accusations selon lesquelles le satellite de télécommunications lancé par la RPDC était un missile balistique ?

PF : Il faut savoir que les Coréens du sud ont également lancé un satellite, en utilisant une fusée porteuse de la Russie, et personne n'a rien dit. Cela montre que le deux poids, deux mesures du système impérialiste d'États n'a pas de limite. La RPDC, à juste titre, a été indignée. Selon certaines estimations, l'industrie spatiale sud-coréenne pourrait engranger 5 milliards de dollars par an une fois sur sa lancée, ce qui la rendrait très concurrentielle avec celle des autres pays.

Derrière l'opposition à l'utilisation pacifique de satellites de communications et météorologiques par la RPDC, on voit non seulement la tentative d'étouffer la RPDC, mais aussi l'effort pour contrôler ce qu'on appelle maintenant la « nouvelle course à l'espace ». Récemment, suite aux lancements de satellites de la RPDC, de la République de Corée, de l'Iran et du Japon, le New York Times publiait une série d'articles sur cette nouvelle course à l'espace. La citation qui suit indique bien la concurrence inter-impérialiste à l'oeuvre et le désir de garder les concurrents hors de ce marché :

« La Chine est au centre du débat qui se tient aux États-Unis sur la coopération internationale et sur la concurrence dans l'espace. Les professionnels commerciaux et scientifiques du secteur spatial aux États-Unis veulent coopérer avec leurs collègues chinois qui vont investir des ressources économiques et techniques considérables dans le développement de l'industrie spatiale mondiale et de la science et de l'exploration spatiales. Mais les leaders politiques et militaires des États-Unis, inquiets de ce que la Chine va faire, cherchent activement à limiter la participation de la Chine à la communauté internationale des nations dans le domaine spatial. La Chine n'est pas autorisée à visiter la Station spatiale internationale. Les lois américaines de contrôle des exportations minent la capacité de la Chine de concurrencer sur les marchés des services reliés aux lancements de satellites. Les experts chinois sont exclus des meetings scientifiques internationaux. Les représentants de la NASA et du Bureau de la politique scientifique et technologique de la Maison blanche n'ont pas le droit de parler à leurs homologues chinois au sujet de la coopération spatiale. [...] Mais la guerre froide dans l'espace qui est en train de naître entre la Chine et les États-Unis menace notre capacité à bâtir un tel environnement [de coopération]. Cela encourage la méfiance et le ressentiment, lesquels réduisent la coopération et augmentent les dangers de conflits. La Chine et les États-Unis doivent trouver le moyen de travailler ensemble dans l'espace comme ils l'ont fait dans d'autres domaines sur la terre. C'est seulement par le dialogue que cela sera possible. Les restrictions imposées par le Congrès qui empêchent les États-Unis et la Chine de discuter de coopération dans l'espace enferment les deux pays dans une relation d'hostilité. Ces restrictions doivent être levées et les leaders des deux pays devraient commencer à travailler ensemble sur la base de nos intérêts communs tant dans l'espace que sur terre. »

LML : Vous venez de soulever la question de la Chine. Une guerre impérialiste américaine dans la péninsule coréenne ne serait certainement pas dans son intérêt. Pourquoi alors appuie-t-elle la résolution de l'ONU ?

PF : C'est certain que la Chine ne veut pas de guerre dans la péninsule coréenne. Ce que dit la Chine c'est que la RPDC ne devrait pas enfreindre le traité de non-prolifération et l'interdiction des essais d'armes nucléaires. Elle dit également vouloir ramener la RPDC à la table des pourparlers à six. Aucune des grandes puissances qui siègent sur le Conseil de sécurité ne semble vouloir qu'une puissance plus petite ait des armes modernes et conteste le système impérialiste d'États. Personne ne semble vouloir que la RPDC agisse comme un État indépendant même si une RPDC forte et militante qui est une puissance militaire et agit sans peur favorise les forces qui veulent la paix en Asie de l'Est. Les développements qui sont en train de se produire témoignent des tensions qui existent et de la complexité de la situation. Tous ceux qui sont réellement préoccupés par cette situation doivent relever le défi de trouver une voie vers l'avant qui va bloquer la voie aventuriste dans laquelle les États-Unis se sont engagés afin d'imposer leur diktat à tous. Il faut sincèrement souhaiter que la Chine va se montrer à la hauteur de la situation et contribuer à résoudre ce problème. Selon nous, les mesures qui isolent la RPDC pour la position juste qu'elle prend n'aident pas à résoudre le problème.

LML : Comment voyez-vous le rôle du Japon ?

PF : L'équipe éditoriale du LML suit attentivement ce qui se passe au Japon. Ce que fait le Japon en ce moment contribue à la création de tensions dans la péninsule coréenne. En plus de cela, le Japon refuse toujours de s'excuser pour les crimes qu'il a commis pendant son occupation de la Corée et pendant la Deuxième Guerre mondiale.

En analysant le déroulement des événements dans la péninsule coréenne, l'équipe éditoriale du LML voit que la Chine fait non seulement face au danger direct que représente l'impérialisme américain, mais au danger qui lui vient de l'allié de l'impérialisme américain, le militarisme japonais.

La Chine semble avoir comme but de s'opposer à l'impérialisme américain en Asie de l'Est (ailleurs aussi, en Afrique par exemple) lorsqu'elle prend fermement position contre les provocations japonaises. La plupart des leaders du Japon d'aujourd'hui (le premier ministre, le vice-premier ministre et d'autres membres du cabinet) sont des descendants directs des familles militaristes qui étaient au pouvoir avant et pendant la Deuxième Guerre mondiale. Ils sont poussés par l'impérialisme américain à créer un climat de guerre afin de saper le mouvement qui veut faire annuler l'alliance militaire États-Unis/Japon et faire sortir toutes les troupes américaines du Japon en commençant par Okinawa. De plus, l'économie japonaise vient de connaître trois semestres consécutifs de contraction. Les provocations japonaises font aussi partie du repositionnement de la puissance militaire des États-Unis en Asie de l'Est qui vise à confronter la Chine dans son arrière-cour.

LML : Les journaux canadiens n'ont pas fait grand bruit sur l'escalade récente du conflit entre la Chine et le Japon au sujet de la possession des Îles Diaoyu/Sensaku.

PF : La couverture médiatique au Canada a des horizons très étroits. La dispute entre le Japon et la Chine s'est envenimée. L'impérialisme américain essaie également d'alimenter la tension parce qu'il cherche à isoler la Chine. Le Japon et la Chine en sont maintenant rendus à s'accuser régulièrement sur la place publique, se traitant l'un l'autre de menteur. Le Japon affirme qu'un navire de guerre chinois a braqué son radar de tir sur un destroyer japonais près des îles qui font l'objet d'un conflit. Un radar braqué sert de guide au tir d'un missile ou d'une pièce d'artillerie sur une cible. Après avoir enquêté sur l'incident, la Chine a dit que le Japon mentait, l'accusant de vouloir dépeindre la Chine comme un agresseur. Lorsque deux grandes puissances ne sont pas capables d'utiliser la diplomatie et se mettent à se traiter publiquement de menteurs, c'est un signe qu'un affrontement militaire s'en vient. Le Département d'État des États-Unis a publiquement déclaré que la Chine mentait et a donné raison au Japon. La Chine a protesté et a dit aux États-Unis de rester neutres et de ne pas se mêler de cette dispute.

LML : La Chine est une grande puissance et ses paroles ont un certain poids quand elle avertit les États-Unis de se mêler de leurs affaires. Quand les grandes puissances n'utilisent plus les canaux diplomatiques pour résoudre les problèmes, cela nous en dit long sur la situation à laquelle un pays comme la RPDC fait maintenant face.

PF : Absolument. C'est le Japon qui a aggravé cette dispute en prétendant avoir acheté plusieurs de ces îles inhabitées. Ces îles sont bonnes pour la pêche et l'océan qui les entoure recèle possiblement du pétrole et du gaz. Elles sont situées à environ 380 kilomètres au sud d'Okinawa, à environ la même distance à l'est de la Chine continentale et à environ 250 kilomètres au nord-est de Taïwan. Des textes chinois anciens en parlent comme étant des îles administrées par diverses dynasties chinoises. Le Japon les a annexées en 1895 peu après avoir annexé Okinawa. Ces événements se sont produits alors que le Japon était en train de devenir un puissant pays impérialiste et que la Chine se désintégrait sous les attaques coloniales et les conflits internes. La première guerre sino-japonaise de 1894-95 s'est terminée par la défaite de la Chine. Le Japon a forcé la Chine à lui céder le contrôle de Taïwan (appelé Formose à l'époque), qu'il a gardé jusqu'à sa défaite dans la Deuxième Guerre mondiale, et il aussi a forcé la Chine à reconnaître le contrôle japonais sur la Corée, lequel est devenu un contrôle colonial complet en 1910. Okinawa est située à 916 kilomètres au sud-ouest de l'île japonaise la plus proche (Kyushu). Elle a elle-même autrefois été un royaume séparé (Ryukyu), avec sa propre langue, un royaume qui a été sous influence d'abord chinoise (autour de 1400) puis japonaise en 1609. Étant située en Mer de Chine orientale, Okinawa a été un point d'accostage utile pour les navires chinois, coréens, japonais et d'autres nations pendant des centaines d'années. Ryuku payait un tribut à la Chine et, à partir de 1609, à la Chine et au Japon, tout en maintenant son indépendance, jusqu'à ce qu'elle soit annexée par le Japon en 1879.

LML : Ces problèmes qui ont été laissés par l'histoire peuvent être résolus de façon pacifique si la volonté politique existe de les résoudre pacifiquement.

PF : Oui. La RPDC n'a jamais attaqué ni menacé personne. Elle n'a jamais eu de troupes d'occupation dans un autre pays. Tout ce qu'elle recherche, c'est la réunification pacifique de la nation coréenne qui repose sur la solution un État/deux systèmes, comme c'est son droit de le faire et comme cela a été fait par la Chine vis-à-vis Hong Kong et Macao et comme la Chine propose de le faire avec Taïwan. Qu'est-ce qu'il y a de mal à cela ? Les États-Unis refusent toujours de signer un traité de paix permanent avec la RPDC et cela depuis qu'ils ont été forcés de signer un armistice pour mettre fin à la guerre de Corée en 1953. Dès le début, ils ont violé les termes de l'armistice en plaçant des armes nucléaires dans toute la Corée du sud, en y construisant et maintenant quelque 40 bases militaires, en utilisant la Corée du sud comme base de guerre et d'agression et en menaçant constamment la RPDC d'une frappe nucléaire préventive. Qui est l'État voyou ici ?

Le Conseil de sécurité est devenu une autorité illégitime en ce qui concerne la préservation de la paix. Ceci est un problème grave non seulement pour la RPDC, mais pour le monde entier. Les États-Unis ont de façon répétée manipulé les événements afin de violer les principes du droit de toutes les nations, grandes ou petites, à l'autodétermination et du droit de vivre sans ingérence dans leurs affaires internes. Les positions que prennent les grandes puissances ne reposent pas sur des principes ou sur l'approche de garantir la paix dans toutes les conditions et en toutes circonstances. Elles se positionnent de manière à bénéficier des guerres d'agression qui selon elles sont inévitables.

LML : Même si la Guerre froide est terminée, les calculs des grandes puissances semblent être les mêmes que pendant la Guerre froide. Quelle est votre opinion là-dessus ?

PF : C'est effectivement ce qui se passe. En ce qui concerne la RPDC, l'anticommunisme est à la base de la désinformation complète qui est faite sur les conditions de vie qui règnent dans le pays et sur la nature du pouvoir populaire. La désinformation présente le pouvoir populaire comme une dictature sanglante où le peuple est une masse opprimée. On nous dépeint la RPDC sous les couleurs les plus racistes, comme un peuple anonyme, qui ne pense pas par lui-même, n'a ni identité, ni coeur ni esprit qui lui soit propre. Selon les impérialistes, quand un peuple est prêt à se sacrifier pour préserver sa liberté et son droit d'être, cela signifie qu'il est inhumain. En fait c'est tout le contraire.

Tous savent que les vrais tyrans sont les milliardaires qui sont prêts à vendre leur mère si ça leur rapporte quelque chose. Ils mettent au pilori les Coréens et voudraient que leur système soit renversé et que le pays soit transformé en une dictature des monopoles et des financiers les plus puissants. C'est une campagne barbare qui non seulement est anticommuniste mais raciste et anti-ouvrière. Ce sont là les composantes de l'idéologie obscurantiste qui est épousée par les hitlériens d'aujourd'hui. Ceux qui défendent leur droit d'être n'ont rien à voir avec une telle idéologie.

LML : Que pouvez-vous nous dire en conclusion sur la position du gouvernement Harper ?

PF : Sa position est inacceptable. Le Canada a des relations diplomatiques avec la RPDC. Pourquoi le gouvernement Harper fait-t-il étalage publiquement de son ignorance en accusant la RPDC de tous les crimes imaginables sur la base de l'anticommunisme plutôt que d'établir des communications par les canaux diplomatiques et de travailler à bâtir l'amitié de peuple à peuple et d'État à État ? On peut voir la vision du gouvernement Harper sur le problème sérieux de la guerre et de la paix en examinant son attitude envers la RPDC.

On sait que lors de l'adoption de la résolution 2094 injuste du Conseil de sécurité de l'ONU, le ministre des Affaires étrangères John Baird a non seulement dit que le Canada « accueille » les nouvelles sanctions élargies contre la RPDC, mais que le Canada est « fier d'avoir été un coparrain de la résolution », et que « le fait que le peuple nord-coréen continue de mourir de faim et ne puisse jouir des droits fondamentaux de la personne au moment même où le régime de Pyongyang gaspille des ressources limitées est tout à fait scandaleux. »

Le gouvernement Harper a demandé que le gouvernement de la RPDC « fasse marche arrière et abandonne ses programmes nucléaire et balistique, pour consacrer ses rares ressources à l'amélioration des conditions de vie de sa population. »

Le ministre Baird, qui prétend parler au nom du peuple canadien, devrait lui dire que la RPDC, et cela depuis le début de la guerre de Corée en 1950, a été frappée de sanctions inhumaines et toujours plus dures sous la direction des États-Unis de même que d'un embargo économique. La RPDC est le pays qui a été sous le coup de sanctions les plus longues. En dépit de cela, elle a rebâti son infrastructure que les impérialistes ont réduite en miettes pendant la guerre de Corée et elle a rebâti toute son économie en utilisant les méthodes et la technique avancées. Elle a consacré toutes ses ressources à la construction d'une industrie et d'une agriculture modernes pour nourrir son peuple et lui a procuré un niveau très avancé d'éducation et de culture. Elle a accompli tout cela en s'appuyant sur ses propres forces, dans un contexte où elle a été empêchée d'établir des relations normales avec plusieurs pays ou de faire du commerce sur la base de l'avantage mutuel avec des pays comme le Canada qui depuis 60 ans suit la politique américaine par rapport à la RPDC. Ni la RPDC ni le Canada n'ont bénéficié de cette situation.

En plus de cela, le gouvernement canadien a déclaré 2013 « l'Année des vétérans de la guerre de Corée » afin de supposément « rendre hommage » aux plus de 26 000 Canadiens qui ont participé dans cette guerre où 516 d'entre eux ont été tués. L'objectif visé est de glorifier la guerre et l'occupation comme la façon de répandre « la démocratie et les droits humains » et de justifier la participation du Canada à une autre guerre de Corée sous la direction des États-Unis. Cela ne doit pas passer ! Les Canadiens doivent être vigilants et s'assurer qu'une autre guerre de Corée illégale ne va pas éclater. Dans les conditions d'aujourd'hui, ce serait une guerre nucléaire aux conséquences très graves pour le peuple coréen et pour l'humanité. Les Canadiens doivent demander que le gouvernement Harper normalise ses relations avec la RPDC afin que des liens commerciaux et d'autres liens puissent être établis entre les deux pays. Il doit cesser de pousser les États-Unis à commettre une agression dans la Péninsule coréenne.

LML : Merci beaucoup.



Haut: Des militaires américains supervisent l'exécution de civils sud-coréens "soupçonnés de collaboration avec les
communistes" près de Taegu, en Corée du sud, en avril 1951. Les photos ont été prises par le Groupe de conseil militaire
sud-coréen des États-Unis (KMAG). Bas: une équipe d'enquête de Corée du sud fait l'excavation de dépouilles humaines
dans une mine de cobalt près de Taegu en juillet 2007.

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