Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 41 - 14 mars 2013

Chavez vit! La lutte continue!

Vibrantes expressions d'amour social aux
funérailles nationales d'Hugo Chavez


À l'Académie militaire nationale, Caracas, Venezuela, le 8 mars 2013

Chavez vit! La lutte continue!
Vibrantes expressions d'amour social aux funérailles nationales d'Hugo Chavez
Nicolas Maduro assermenté président
L'élection présidentielle aura lieu le 14 avril
Nous avons perdu notre meilleur ami - Fidel Castro


Chavez vit! La lutte continue!

Vibrantes expressions d'amour social
aux funérailles nationales d'Hugo Chavez


Des chefs d'État d'Amérique latine et des Caraïbes forment la garde d'honneur.

Le 8 mars était jour de funérailles nationales au Venezuela pour le président disparu, Hugo Chavez. Aux dirigeants de l'État et du gouvernement vénézuélien ainsi qu'à sa mère Éléna, ses frères et soeurs et ses enfants, se sont joints les représentants du peuple vénézuélien ainsi que des personnalités issues de tous les secteurs. Il y avait des dirigeants de partis politiques, des personnalités des domaines académique, sportif et culturel, y compris le chef d'orchestre de renommée mondiale Gustavo Dudamel, le médaillé d'or olympique d'escrime Ruben Limardo et le pilote de Formule 1 Pastor Maldonado, pour ne nommer que ceux-là.

En plus des millions de Vénézuéliens descendus dans la rue ou qui ont suivi la cérémonie à la télévision, comme des millions de personnes partout dans le monde, l'immense appui au président Chavez s'est exprimé par la présence de 54 délégations étrangères, dont 32 dirigées par des chefs d'État ou gouvernementaux, venues rendre hommage au dirigeant de la Révolution bolivarienne. La plupart des pays des Amériques et des Caraïbes étaient présents, représentés par des délégations de plus haut niveau, à l'exception des États-Unis et du Canada, représentés par des délégations de bas niveau. Parmi les chefs d'État, il y avait le président du Bélarus Aleksandr Lukashenko et le président de l'Iran Mahmoud Ahmadinejad.

Les États-Unis étaient représentés par le représentant Gregory Meeks, un démocrate newyorkais, et l'ancien représentant William Delahunt, un démocrate du Massachusetts, celui-là même qui en 2005 avait conclu une entente avec le Venezuela pour que celui-ci fournisse de l'huile de chauffage bon marché aux résidents appauvris du Massachusetts. Parmi les importantes personnalités en provenance des États-Unis, il y avait le révérend Jesse Jackson et l'acteur Sean Penn.

Le Canada a délégué Bob Dechert, secrétaire parlementaire au ministre des Affaires étrangères, John Baird, ainsi que l'ambassadeur canadien au Venezuela. L'ancien premier ministre Jean Chrétien et sa conjointe Aline étaient présents, mais ne faisaient pas partie de la délégation officielle.

Le vice-président Nicolas Maduro a ouvert la cérémonie funèbre en plaçant la réplique de l'épée de Simon Bolivar sur le cercueil. Le nom de chacun des chefs d'État qui étaient présents a été lu à voix haute, à commencer par le président cubain Raul Castro. Ensuite l'orchestre national de la jeunesse du Venezuela, dirigé par Dudamel, ont entonné l'hymne national, suivi d'autres prestations musicales par, entre autres, un membre du Congrès qui a interprété des chansons provenant de Barinas, la région natale de Chavez. Ensuite il y eut un service oecuménique présidé par trois pasteurs.

C'est avec une vive émotion que le vice-président Maduro a ensuite rendu hommage aux actions d'Hugo Chavez. Lorsqu'il a affirmé que « la lutte continue, Chavez vit, longue vie au peuple », les participants ont répondu : « Chavez vit, la lutte continue ! » Maduro a expliqué que dans son dernier combat, celui contre le cancer, Hugo Chavez avait veillé à ne pas quitter avant que tout soit réglé. « Pour notre part, nous avions à décider si nous voulions poursuivre dans la même voie ou pas. Nous disons aujourd'hui au peuple à tout le peuple que nous allons poursuivre », a dit Maduro.

Dans son discours, il a nommé cinq valeurs dont Hugo Chavez a confié la défense au peuple :

- maintenir et consolider l'indépendance réalisée au cours des 14 années de révolution démocratique, populaire et bolivarienne ;

- continuer d'édifier un socialisme qui est diversifié, démocratique et profondément enraciné dans l'Amérique latine ;


Le président cubain Raul Castro fait ses hommages.

- continuer de consolider le pouvoir du Venezuela en tant que partie intégrante d'une Amérique latine plus puissante qui sera bâtie dans les années à venir ;

- édifier un monde d'équilibre, sans empires ni nations hégémoniques, avec des relations fondées sur le respect, la coopération et la paix, respectueuses des lois internationales, un monde qui peut se réunir et coopérer, vivre et être juste en termes d'égalité ;

- contribuer à la préservation de la vie sur la planète et au salut du genre humain.

Maduro a nommément mentionné plusieurs dirigeants présents, les remerciant pour leur amitié continue pour le Venezuela et son peuple.

Plusieurs rangs de gardes d'honneur ont pris leur place pour rendre leurs hommages. Le premier était composé du président de Cuba, Raul Castro, du président du Chili, Sebastian Pinera, du Costa Rica, Laura Chinchilla, de la Bolivie, Evo Morales, du Nicaragua, Daniel Ortega, et de l'Équateur, Rafael Correa.

La deuxième garde d'honneur était composée du président de la Colombie, Juan Manuel Santos, du président de la République dominicaine, Danilo Medina, du Salvador, Mauricio Funes, du Guatemala, Otto Fernandez Pérez et du Honduras, Porfirio Lobo.

La troisième garde d'honneur était composée du premier ministre de la Jamaïque, Portia Simpson Miller, du président du Mexique, Enrique Pena Nieto, du président du Panama, Ricardo Martinellei, du Pérou, Ollanta Humala, de l'Uruguay, José Mujica et du prince Felipe de Bourbon d'Espagne.


Le président du Béolus Alexander Lukashenko et son fils
Nikokay et le président d'Iran Mahmoud Ahmadinejad
rendent hommage au président Chavez.

La quatrième garde était composée d'Aleksandre Lukashenko, président du Bélarus, et de Mahmoud Ahmadinejad, président de l'Iran.

D'autres gardes d'honneur ont suivi, formées de musiciens, d'athlètes et d'autres personnalités connues.

À la fin des funérailles, Maduro a présenté la réplique de l'épée de Bolivar à la famille de Chavez.

Le ministre des Affaires étrangères, Elias Jaua, a dit à la presse après les funérailles que l'immense appui de la part de la communauté internationale « est une victoire de la vérité sur l'infamie ». Les grands médias transnationaux ont tenté de propager l'image d'un Chavez tyrannique, et cette campagne a été défaite, a-t-il ajouté.

La représentativité des dirigeants présents vendredi à Caracas reflète une diversité de points de vue idéologiques et religieux, tous unis autour du dirigeant de la Révolution bolivarienne, et cela démontre que le message de Chavez a surpassé de loin nos quartiers pour résonner partout dans le monde, a-t-il dit.

« Notre grande tâche à l'heure actuelle est de préserver l'héritage du commandant Chavez et nous sommes fiers de ce que nous avons accompli », a dit Jaua.

« Les gens doivent comprendre que nous avons brisé la malédiction qui a commencé quand le libérateur Simon Bolivar a été trahi », a-t-il dit. Chavez est mort en tant que président du Venezuela, personne n'a pu le battre dans une élection, personne n'a pu le tuer ou le détruire moralement. Il a réussi à surmonter les haines parce qu'il a réussi à rétablir une valeur fondamentale qui était depuis longtemps perdue dans notre société, c'est-à-dire la loyauté, a dit Jaua.

D'autres hommages dans le monde

Des cérémonies ont eu lieu partout dans le monde pour rendre hommage au président vénézuélien, avec la participation de gens de tous les milieux, y compris au Canada.

Toronto

Hommage à Hugo Chavez au monument de Simon Bolivar au parc Trinity-Bellwoods le 7 mars 2013

Hamilton

À Hamilton, plusieurs organisations ont participé à l'organisation d'une cérémonie en hommage au président Chavez le 7 mars, avec chants, discours et poésie. Le président de la section locale 1005 du Syndicat des Métallos Rolf Gerstenberger (droite) a transmis les condoléances des travailleurs et informé les participants qu'à l'assemblée hebdomadaire des métallos, 75 travailleurs ont observé une minute de silence et signé une carte à envoyer au peuple vénézuélien. Le poète résidant du 1005 Bill Mahoney (gauche) a récité un poème dédié au président Chavez.

Vancouver

Le 7 mars, le consulat général de la République bolivarienne du Venezuela à Vancouver était l'hôte d'une cérémonie commémorative en hommage à la vie et l'oeuvre du président Chavez.

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Nicolas Maduro assermenté président


Le nouveau président du Venezuela Nicolas Madura (gauche) à l'assermentation en compagnie du président de
l'Assemblée nationale Diosdado Cabello

Le 8 mars, après les funérailles d'État du dirigeant vénézuélien Hugo Chavez, le vice-président exécutif Nicolas Maduro a été assermenté président en exercice du pays. L'assermentation a eu lieu lors d'une session de l'Assemblée nationale à 19 heures dans le Hall d'honneur de l'Académie militaire nationale. Jorge Arreza, le ministre des Sciences et des Technologies, a été désigné vice-président.

Le président Maduro et le président de l'Assemblée nationale Diosdado Cabello ont juré de suivre la voie de Chavez et de poursuivre les changements révolutionnaires que le gouvernement bolivarien a effectués sous son leadership.

Se tenant près du cercueil d'Hugo Chavez, il a dit : « Je jure qu'en loyauté absolue envers le camarade Hugo Chavez, nous allons respecter la Constitution bolivarienne et la défendre avec la main de fer d'un peuple qui est prêt à être libre. »

« Nous nous engageons à garder le cap sur l'unité civique-militaire », a dit Maduro. « Rien ni personne ne va nous enlever l'indépendance qui a été reconquise par le dirigeant de la révolution bolivarienne, Hugo Chavez. »

Parlant de l'ingérence continue des États-Unis dans les affaires du Venezuela, Maduro a dit ceci : « Tôt ou tard, les élites impérialistes qui gouvernent les États-Unis vont devoir apprendre à coexister dans un respect total avec les peuples insurgés de l'Amérique noire et latine et des Caraïbes. »

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L'élection présidentielle aura lieu le 14 avril

Grand rassemblement le 11 mars à l'occasion de la mise en candidature de Nicolas Maduro pour l'élection
à la présidence pour le Parti socialiste unifié du Venezuela

Le samedi 9 mars, le président du Conseil électoral national du Venezuela (CNE), Tibisay Lucena, a annoncé que les élections présidentielles auront lieu le 14 avril. Suite au décès prématuré du président Hugo Chavez, le CNE doit accomplir son mandat constitutionnel qui l'oblige à tenir des élections présidentielles dans les 30 jours qui suivent le décès du président.

Le lundi 11 mars, à 9 heures, sur la place Diego Ibarra, Nicolas Maduro s'est enregistré officiellement comme le candidat du Parti socialiste unifié du Venezuela pour le poste de président de la république. Des milliers de personnes l'ont accompagné pour lui manifester un ferme appui.

Le CNE a décidé que la campagne électorale va durer 10 jours — du 2 au 11 avril. Il a également annoncé qu'une requête a été envoyée à l'Union des nations sud-américaines (l'UNASUR) pour s'assurer de la participation d'une délégation d'observateurs de cette organisation pendant l'élection.


"Avec Chavez et Maduro, le peuple est en sécurité."

Le CNE a finalement annoncé qu'en raison de l'élection présidentielle, il doit remettre à une date ultérieure, à être annoncée bientôt, les élections municipales qui devaient se tenir le 14 juillet.

Lors de sa réélection le 7 octobre dernier, le président Chavez a gagné en remportant 54 % du vote, contre 44,1 % pour son opposant le plus proche Henrique Capriles. Capriles était le candidat des forces réactionnaires d'opposition qui sont soutenues par les États-Unis dans leur effort pour saper la révolution bolivarienne. Il est présentement gouverneur de l'État de Miranda.

Le dimanche 10 mars, Capriles a annoncé qu'il va de nouveau être candidat à l'élection présidentielle le 14 avril. Il a exposé la banqueroute politique de ces forces sclérosées par son incapacité à donner une seule raison pour laquelle il devrait être élu prédisent. Au lieu de cela, il a tenté d'abaisser la culture politique se livrant à des calomnies et viles accusations contre Hugo Chavez et Nicolas Maduro pour tenter de semer de la pagaille parmi le peuple.

Maduro a dénoncé les déclarations de Capriles et dit que c'était une tentative de provoquer de la violence. Il a appelé le peuple à ne pas céder à la provocation. « L'heure n'est pas à la revanche ou la haine, mais à la paix. »

Il a dit que la famille du commandant Hugo Chavez se réserve le droit de poursuivre Capriles en cour pour diffamation.

Maduro a également annoncé que demain vendredi le cercueil de Hugo Chavez va être transporté à la garnison historique de Montana d'où Chavez, alors lieutenant colonel, a dirigé le coup du 4 février 1992.

Il a ajouté que l'Assemblée nationale va être appelée à approuver un amendement à la Constitution — qui sera soumis au peuple par la suite par un référendum — à l'effet de placer Chavez au Panthéon national afin qu'il repose près de Simon Bolivar comme le demande le peuple dans ses manifestations.

Pendant ce temps-là, le bureau de Chavez au Palais Miraflores et d'autres endroits de travail qui ont été utilisés par le dirigeant décédé seront convertis en musées.

(Granma, Agences de nouvelles)

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Nous avons perdu notre meilleur ami


La coopération entre Cuba et le Venezuela a profité à des millions de personnes
dans toute l'Amérique latine et les Caraïbes.

Le 5 mars, dans l'après-midi, le meilleur ami que le peuple cubain ait jamais eu tout au long de son histoire, est mort. Un appel par satellite nous a rapporté cette nouvelle amère. Le sens de l'expression utilisée était sans équivoque. Même si nous savions son état de santé critique, la nouvelle nous a durement frappés. Je me souviens du moment où, plaisantant avec moi, il m'avait dit que lorsque nous aurions tous les deux fini notre tâche révolutionnaire, il m'inviterait à nous promener sur la rivière Arauca au Venezuela qui lui évoquait le repos qu'il n'a jamais eu.

Nous avons l'honneur d'avoir partagé avec le leader bolivarien les mêmes idéaux de justice sociale et de soutien aux exploités. Les pauvres restent les pauvres partout dans le monde.

« Donnez-moi le Venezuela pour le servir : Il a en moi un fils ! », a proclamé notre héros national et apôtre de notre indépendance, José Martí, un voyageur qui avant d'essuyer la poussière de la route, demandait où se trouvait la statue de Bolivar.

Martí connaissait le géant parce qu'il vivait dans ses entrailles. Est-il possible d'ignorer ses paroles profondes écrites dans une lettre inachevée à son ami Manuel Mercado la veille de sa mort au combat : « ... et chaque jour je risque ma vie pour mon pays, et mon devoir, tel que je le conçois et que j'assume, est d'empêcher à temps, avec l'indépendance de Cuba, que les États-Unis s'étendent à travers les Antilles et qu'ils accablent avec cette force supplémentaire nos terres d'Amérique. Tout ce que j'ai fait jusqu'à présent, et ce que je ferai, c'est pour cela. Mais ce devra être fait en silence et indirectement, parce qu'il y a des choses qui doivent restées cachées pour être obtenues ... »

Soixante-six ans se sont écoulés après que le Libérateur Simon Bolivar eut écrit : « ... les États-Unis semblent destinés par la Providence à répandre en Amérique la misère au nom de la liberté. »

Le 23 Janvier 1959, 22 jours après la victoire de la Révolution à Cuba, j'ai visité le Venezuela pour remercier son peuple et le gouvernement au pouvoir après la dictature de Pérez Jiménez, qui nous avait envoyé 150 fusils à la fin de 1958. J'ai dit alors :

« ... Le Venezuela est la patrie du Libérateur où a été conçue l'idée de l'union des peuples d'Amérique. Donc le Venezuela doit être à la tête de l'union des peuples d'Amérique, les Cubains soutiendront nos frères du Venezuela. »

« J'ai parlé de ces idées non par ambition personnelle, ni même pour la gloire, parce que finalement, l'ambition de la gloire n'est que vanité, et que Marti a dit : 'Toute la gloire du monde tient dans un grain de maïs.'

« Par conséquent, en prenant la parole devant le peuple du Venezuela, je l'ai fait en pensant honnêtement et profondément, que si nous voulons sauver l'Amérique, si nous voulons aider à sauver la liberté de chacune de nos sociétés qui, finalement, font partie d'une grande société qui est la société latino-américaine ; si nous voulons sauver la révolution de Cuba, la révolution du Venezuela et la révolution de tous les pays de notre continent, nous devons nous rapprocher et nous soutenir mutuellement solidement, car seuls et divisés nous échouons. »

Je l'ai dit ce jour-là. Aujourd'hui, 54 ans plus tard, je confirme !

Je dois seulement inclure dans cette liste les autres peuples du monde qui depuis plus d'un demi-siècle sont victimes de l'exploitation et du pillage. C'était le combat d'Hugo Chavez.

Pas même lui ne soupçonnait à quel point il était grand.

Jusqu'à la victoire toujours, ami inoubliable !

Fidel Castro Ruz
11 mars 2013
00 h 35

(Traduction : Michel Taupin)

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