|
Numéro 37 - 8
mars
2013
Journée
internationale de la
femme 2013
Victoire à
la lutte des femmes
pour leur émancipation!
Journée
internationale
de
la
femme
2013
• Victoire à la
lutte des femmes pour
leur émancipation! - Parti
communiste du Canada
(marxiste-léniniste)
• Défendons la
dignité et les
droits des femmes! Femmes à la tête
des changements pour
une nouvelle direction au Québec!
- Parti
marxiste-léniniste du Québec
Prenons en mains la politique
indépendante de la classe
ouvrière
• La dignité et
l'avenir des femmes sont
dans la lutte pour les droits de tous!
Entrevues
• Mélanie Tremblay,
secrétaire-archiviste du Syndicat des
travailleurs de
l'aluminium d'Alma
• France Simard,
porte-parole du Mouvement
Action Chômage Lac- Saint-Jean
• Ivy Shaw, travailleuse
des postes à la
retraite, Halifax
• Magali Giroux,
travailleuse des postes
à Montréal
• Marie Jeanne Vandoorne
de l'Alliance des
travailleurs agricoles, coordonnatrice du Centre
d'appui pour les
travailleurs agricoles migrants de
Saint-Rémy
• Sharon DeSousa,
vice-présidente
exécutive régionale de la section
de l'Ontario de
l'Alliance de la fonction publique du Canada
SUPPLÉMENT
• Le peuple
vénézuélien
montre de quoi il est fait: Un océan
bolivarien d'appui au
président Hugo Chavez
Journée internationale de
la femme
2013
Victoire à la lutte des femmes
pour leur émancipation!
- Déclaration du Parti
communiste du Canada (marxiste-léniniste) -
À l’occasion du 8 mars
Journée internationale de la femme 2013, le
Parti communiste du
Canada (marxiste-léniniste) salue les
femmes du Canada et du
monde. Envers toutes nos camarades et sœurs au
Canada et dans le monde,
nous nous engageons à intensifier nos
efforts d’organisation
pour que les femmes occupent les premiers rangs de
toutes les luttes.
La dignité et la sécurité
des
femmes se gagnent
dans la bataille pour défendre les droits
de tous. Avec
l’activation du facteur humain/conscience sociale,
les femmes
deviennent les leaders de la société
sur tous les fronts.
Les femmes leaders surmontant tous les obstacles
dans la lutte pour
défendre les droits de tous font ressortir
la
nécessité de bâtir un
État qui garantisse
ces droits, dont les droits des femmes et des
enfants.
Celles qui occupent surtout nos pensées
aujourd’hui sont les
femmes qui subissent les conséquences des
politiques de
prétendue austérité du
gouvernement Harper, du
gouvernement du Québec et des gouvernements
des provinces. Leur
offensive antisociale est lancée pour voler
le peuple pour payer
les riches. Nous avons une pensée
particulière à
cet égard pour nos sœurs autochtones et
métisses qui
n’obtiennent aucun répit du régime
colonial raciste qui
continue de faire de leur vie un enfer.
Le PCC(M-L) est convaincu que les seules
solutions aux
problèmes
politiques, économiques et sociaux de la
société
sont celles qui placent les besoins des femmes et
des enfants en
premier. Cela reflète le profond
désir des parents,
grands-parents et de tous les
générations qui ont
consacré leur vie à la
création d’un monde
où toutes et tous peuvent vivre une vie de
dignité et de
culture, où leurs droits sont
affirmés et garantis et
où ils sont affranchis de l’incertitude et
de la
dépossession économiques, et de la
terreur de la violence
et de la guerre.
Le PCC(M-L) salue toutes les travailleuses qui
avec
leurs camarades
travailleurs produisent la richesse et les
services dont la
société a besoin et qui en tant que
véritables
producteurs défendent avec courage leurs
droits et revendiquent
le contrôle de la richesse produite et de la
direction de
l’économie. Dans ce monde de travail, la
négation des
travailleurs prend une forme toute spéciale
: ils sont
transformés en une marchandise et
traités comme un
coût de production. Les femmes sur le
marché du travail
sont surexploitées en tant que
travail-marchandise en
général et en tant que
travail-marchandise femme en
particulier. Cela veut dire qu’il faut se battre
résolument pour
les droits des femmes qui travaillent dans le
cadre de la lutte
générale des travailleurs contre
leur oppression en tant
que marchandise sur le marché du travail et
pour le
contrôle de la richesse qu’ils produisent,
de leur
économie et de leur travail. Dans la
défense des droits
des travailleurs, pour nier la négation des
travailleurs en tant
que marchandise, les femmes peuvent nier leur
négation en tant
que travailleuses et conquérir leur droit
d’être.
Le PCC(M) est particulièrement solidaire
des
femmes du Venezuela
aujourd’hui affligées par la mort de leur
leader. Le
président Chavez n’a épargné
aucun effort pour
créer un projet bolivarien qui placerait le
bien-être des
femmes et des enfants en premier lieu.
Le PCC(M-L) exprime son unité combattante
avec
les femmes des
pays et des villes ravagés par la guerre,
notamment les femmes
de la Syrie et en particulier de la ville d’Alep,
les femmes
d’Afghanistan et du Pakistan qui sont
menacées par la guerre des
drones d’Obama, et d’autres comme les femmes du
Mali et d’autres pays
africains qui sont les plus récentes cibles
de la machine de
guerre impérialiste. Notre
solidarité combattante
comprend spécifiquement les femmes de la
péninsule
coréenne qui sont encore une fois
menacées par les plans
de guerre nucléaire des
impérialistes américains
et de leurs alliés. Depuis 1953, les
agresseurs et occupants
américains dans le sud du pays refusent de
signer un
traité de paix avec la République
populaire
démocratique de Corée, de
présenter des excuses
pour leurs crimes de guerre et de
reconnaître le droit
d’être du peuple coréen.
Le PCC(M-L) exprime son unité combattante
avec
les femmes
appauvries et opprimées d’Asie, d’Afrique,
d’Amérique
latine et des Caraïbes de qui les grandes
puissances et les pays
comme le Canada pillent d’immenses richesses. Nous
mentionnons en
particulier les femmes d’Haïti qui subissent
à tous les
jours les crimes des exploiteurs et occupants qui
refusent même de
reconnaître leur responsabilité dans
la
propagation du choléra dans l’île. La
honte d’avoir
exploité une tragique catastrophe naturelle
pour s’enrichir et
asservir le peuple haïtien suivra à
jamais les
présidents Clinton, Bush et Obama et leurs
coconspirateurs
comme le Canada.
Le PCC(M-L) transmet ses salutations
révolutionnaires militantes
aux femmes de Cuba, du Vietnam, de la RPDC et
d’autres pays qui
contribuent à l’émancipation des
femmes en construisant
des sociétés centrées sur
l’être humain
comme condition à l’émancipation de
l’humanité. Le
Parti salue les femmes de toutes les citadelles de
l’impérialisme, en particulier des
États-Unis, qui
mènent le combat contre la loi de
l’esclavage et de l’injustice,
un combat sans lequel l’espoir serait impossible.
La Journée internationale de la femme est
une des
occasions les plus importantes où
l’humanité toute
entière concentre son attention sur ce qui
doit être
accompli dans un avenir immédiat. Il faut
faire
reconnaître les droits des femmes non
seulement en paroles mais
en actes en dotant les peuples du pouvoir
nécessaire pour donner
à leurs droits des garanties
constitutionnelles et des
conditions
qui en permettent l’exercice. Il faut mettre en
place des arrangements
au pays et au sein des institutions
internationales qui font une
réalité de l’émancipation des
femmes.
Le PCC(M-L) félicite toutes les femmes du
Canada
et du monde qui combattent pour réaliser
leurs droits en
dépit des grandes difficultés
qu’elles rencontrent chaque
jour. Chaque effort qu’elles font contribue
à rapprocher d’un
pas l’émancipation de l’humanité.
Chaque affirmation de
l’humanité du genre humain aussi petite
puisse-t-elle sembler
est un coup de plus porté aux tentatives
des exploiteurs, des
racistes et de tous ceux qui essaient de justifier
l’injustifiable et
d’anéantir ceux qui ont pour eux la
conscience, les rêves
et le plan de créer un monde meilleur. Les
peuples refusent de
se soumettre! Les femmes refusent de se soumettre!
Les peuples vont
bâtir un monde meilleur qui ne connaît
pas l’ignorance, la
faim, l’oppression et la guerre!
Vive
le
8
mars
-
La
Journée
internationale de la
femme!
Victoire à la lutte des femmes pour leur
émancipation!

Défendons la dignité et les droits
des
femmes!
Femmes à la tête des changements
pour une nouvelle direction au Québec!
- Parti marxiste-léniniste
du
Québec -
En
ce 8 mars 2013,
les femmes avec confiance et
détermination sont à la tête
de la lutte pour
ouvrir la voie au progrès de la
société. En tant
que
productrices de la richesse dont la
société dépend
et en tant que procréatrices et
éducatrices de la
prochaine génération, les femmes
font leur
réclamation à la
richesse qu'elles produisent et demandent qu'elle
serve à
financer les programmes sociaux nécessaires
pour garantir les
droits de tous. Cela comprend le droit
à la santé, des soins et la
sécurité pour
les aînés, les garderies,
l'éducation et les
loisirs pour les enfants et la jeunesse, et tout
ce dont ont besoin les
êtres humains
pour s'épanouir.
Depuis le début de l'année 2013,
les
femmes au Québec sont aux premiers rangs de
la lutte pour exiger
le retrait des changements à l'assurance
emploi
imposés par le gouvernement Harper. Elles
ont exigé du
gouvernement du Québec qu'il défende
le droit à
l'éducation et le gel des frais de
scolarité, s'opposant
fermement à l'appauvrissement de la
jeunesse étudiante.
Le samedi 2 mars, les postiers et postières
de
Montréal ont tenu un vigoureux
rassemblement
pour dénoncer Postes Canada qui est en
train de détruire
la poste publique, leurs conditions de travail et
de vie, imposant des
conditions insoutenables avec
la surveillance, les suspensions arbitraires, les
horaires de
10-12 heures de travail, etc. Les
Premières Nations, avec
les femmes autochtones en tête et
l'appui de tous, n'ont pas donné leur place
pour s'opposer
à la négation de leurs droits
ancestraux, de
traités et constitutionnels. Il y a
quelques jours à
peine,
dès le dépôt du nouveau projet
de règlement de la
ministre de l'Emploi et de la Solidarité
sociale, ministre du
Travail et ministre responsable de la Condition
féminine,
Agnès Maltais pour couper les
assistés sociaux, ciblant
les plus vulnérables, les femmes se sont
levées pour
exiger son retrait immédiat. En ce
8 mars
2013, les femmes expriment leur refus et leur
résistance face
à l'ordre du jour d'austérité
pour que le
Québec demeure compétitif et
vendable pour les
intérêts
privés.
Les femmes du Québec exigent depuis
longtemps
l'humanisation de l'environnement social et
naturel. La
société doit être
organisée pour assurer la
sécurité
de ses membres à tous les niveaux et
répondre aux besoins
de leur famille, leurs enfants et leur
communauté. Une
société qui n'a pas cette direction
ne peut
défendre les droits des femmes et les
droits de tous. Ce sont
les femmes à la tête des changements
pour une nouvelle
direction pour le Québec, côte
à côte avec
les travailleurs du Québec, qui peuvent y
arriver. Les
ressources ne manquent pas au Québec pour
permettre à
tous de s'épanouir en tant qu'être
humain et de
pleinement contribuer à la vie
économique, politique et
sociale du pays.
Le Parti marxiste-léniniste du
Québec
salue les femmes du Québec, des
Premières Nations, du
Canada, et les femmes du monde, en lutte pour
l'établissement
d'un monde humain et moderne, anti-guerre,
où les relations
entre les nations sont sur la base d'égal
à égal,
sans menace ni ingérence.
Vive le 8 mars,
Journée
internationale de la femme !
En avant, tous ensemble, à la
défense des droits des
femmes et des
droits de tous !
Seules les femmes du Québec, côte
à côte avec
les travailleurs,
défendent les intérêts du
Québec !

La dignité et l'avenir des femmes
sont dans la lutte pour les droits de tous!
Prenons en main la politique indépendante
de la classe ouvrière!
Durant l'année écoulée, les
femmes
partout au Canada sont restées aux
premières lignes de la
résistance organisée de la classe
ouvrière contre
l'offensive
antisociale et les politiques
d'austérité que les riches
et leurs gouvernements à tous les niveaux
imposent à la
société. Elles sont partout
où les travailleurs se
battent
pour créer une alternative pour eux et la
société
par des actions avec analyse. Elles ont
déclaré :
Non c'est Non ! Non à
l'austérité ! Non
à la privatisation des services publics et
des programmes
sociaux ! Non à la politique de voler
le peuple pour payer
les riches !
Les
gouvernements du
Canada, du Québec, des
provinces et des municipalités ont
intensifié l'offensive
contre les travailleurs du secteur public,
s'attaquant
à leurs salaires, à leurs avantages
sociaux, leurs
pensions et conditions de travail et aux services
qu'ils procurent
à la société. Le but de cet
assaut dans un secteur
où la majorité des travailleurs sont
des femmes est de
détourner les fonds publics des programmes
sociaux et services
publics et de les utiliser pour payer les
riches. Au coeur de ce programme antisocial, il y
a l'offensive de
l'État contre le droit des travailleurs de
s'organiser
collectivement pour défendre leurs
intérêts
et les droits de tous. Les travailleurs du secteur
public
résistent à cet assaut en organisant
des actions avec
analyse, en se mobilisant massivement et en
mobilisant
leurs alliés dans toute la classe
ouvrière pour exiger
que les gouvernements cessent leur guerre contre
les droits des
travailleurs et les programmes sociaux.
Plusieurs organisations de travailleurs ont
inscrit sur leur
bannière que les gouvernements doivent
défendre le droit
public, arrêter de payer les riches et
augmenter les investissements dans les programmes
sociaux et dans les
services publics.
La
grève
illégale des 22 000
employés de soutien des hôpitaux de
l'Alberta en
février 2012 a mis à l'ordre du
jour que la
Santé est un
droit ! et que les droits des
travailleurs et ceux des gens
dont ils prennent soin sont
interdépendants. Les travailleurs de
la santé en Alberta, en
Ontario et en Colombie-Britannique se sont
fermement opposés
à la privatisation et aux coupures de
services dans les
hôpitaux et aux attaques contre les emplois,
les salaires et les avantages sociaux dans la
santé.
Plus de 40 000 enseignants de la
Colombie-Britannique
ont tenu une grève de trois jours au
début de mars
2012 à la défense de leurs
droits et du
système d'éducation public.
Lorsqu'une loi
antiouvrière leur a enlevé le droit
à la
négociation collective et le droit de
grève, les
enseignants ont poursuivi la
lutte par d'autres actions.
En avril, 15 000 personnes se sont
rassemblées à Queen's Park pour
protester contre le
budget antisocial d'austérité du
gouvernement de
l'Ontario
et ses menaces d'imposer les conventions
collectives des enseignants et
des travailleurs de l'éducation. Quelques
mois plus tard, en
août, 20 000 enseignants
et travailleurs de l'éducation et leurs
alliés sont venus
de partout en Ontario pour manifester puissamment
leur opposition
à la loi 115, la Loi de
2012 donnant la priorité aux
élèves qui
porte atteinte à leurs droits. Ils n'ont
pas cessé depuis
de mobiliser les étudiants et les
travailleurs des autres
secteurs dans la résistance à cet
assaut organisé
de l'État contre les droits des
travailleurs et contre
l'éducation publique. En janvier, des
dizaines de milliers de
personnes ont manifesté là où
se tenait le
congrès à la chefferie du Parti
libéral de
l'Ontario pour exiger que cessent ces mesures
d'austérité
antisociale.
Au
Québec, les
jeunes femmes ont
été aux premières lignes de
la mobilisation de
masse des étudiants et de toute la nation
à la
défense du droit à
l'éducation
contre la tentative du gouvernement Charest
d'imposer une hausse des
frais de scolarité. Puis elles ont
été aux
premières lignes du travail d'organisation
et des
actions qui ont été
organisées pour défier
la loi spéciale qui criminalisait
leur résistance.
Les femmes se sont tenues côte à
côte
avec les travailleurs de l'aluminium au
Saguenay-Lac-St-Jean contre le
faux lockout décrété par Rio
Tinto contre les
travailleurs d'Alma et pour faire annuler les
ententes secrètes
entre ce monopole et le
gouvernement du Québec.
Les femmes ont été aux
premières
lignes de la mobilisation des peuples autochtones
partout au pays
contre la loi C-45 et les autres lois du
gouvernement Harper qui visent à
éteindre les droits
ancestraux, issus de traités et
constitutionnels des
Premières Nations.
Partout, les femmes participent au mouvement de
la
classe ouvrière pour mettre en oeuvre sa
politique
indépendante : Arrêter de
payer les riches
et augmenter les investissements dans les
programmes sociaux ! Les
femmes
sont
très
présentes
dans
la
lutte
contre les
coupures du gouvernement
Harper dans l'assurance-emploi, à la
défense des droits
des travailleurs accidentés, des
travailleurs migrants et des
réfugiés. Elles participent
activement à la
lutte contre la course folle à
l'exportation de matières
premières des monopoles mondiaux qui est
faite sans égard
aux droits des Premières Nations et au
bien-être
des travailleurs et de leurs communautés et
de la Terre
Mère, et elles sont aussi au centre de la
lutte pour bâtir
une économie diversifiée et
rationnelle qui
subvient à ses besoins et garantit les
moyens de subsistance et
le droit d'être de tous.
En cette Journée internationale de la
femme 2013,
les peuples célèbrent l'esprit de
résistance des
femmes combattantes du pays et du monde qui
déclarent
que la dignité et l'avenir des femmes est
dans la lutte pour les
droits de tous et dans la politique
indépendante de la classe
ouvrière. La classe ouvrière et ses
alliés sont déterminés
à trouver la
façon de mettre de l'avant un ordre du jour
pour la
société qui va vraiment changer les
choses,
résoudre les problèmes de
la société et en finir avec
l'offensive de destruction
nationale du gouvernement Harper et des
gouvernements à tous les
niveaux. La sécurité et l'avenir du
peuple
sont dans la lutte pour les droits de tous !

Mélanie Tremblay,
secrétaire-archiviste
du Syndicat des travailleurs de l'aluminium d'Alma
Dans
la bataille que nous
avons menée en
2012 contre le lockout de Rio Tinto Alcan,
très vite les
travailleuses se sont impliquées dans le
mouvement.
Il y a eu cette première vague là,
des travailleuses qui
ont pris le flambeau, que ce soit comme capitaines
d'équipe qui
étaient très présentes dans
les
manifestations ou dans d'autres positions. On
avait une bonne
représentation des filles quand on compte
que sur le secteur
opérations et bureaux, on était
36 travailleuses sur un total de
778 travailleurs
impliqués dans le conflit. Ce n'est pas une
grosse
représentation mais par contre les femmes
ont
été très visibles pendant le
conflit. Nos
travailleuses se sont senties très
interpellées par la
situation. Pendant le lockout, Étienne
Jacques [un des grands
patrons
de Rio Tinto Alcan — NDLR] a
parlé du
« wife influence factor » en
disant qu'un jour la
question allait se régler autour de la
table,
les femmes allaient dire à leurs maris
d'accepter les conditions
et de retourner travailler parce que la famille a
besoin d'argent. Il
avait vraiment appelé cela le
« wife influence factor ».
La première
chose qu'on avait faite, c'était un
5 à 7 avec les
femmes, organisé par des travailleuses. On
s'était rendu
compte que les femmes des travailleurs
étaient très
isolées, elles continuaient à
travailler chacune dans son
emploi et toute la journée elles
étaient
confrontées
à des gens qui parlaient du conflit. Tu es
coiffeuse et ta
cliente te parle, elle qui a un mari qui est cadre
et travaille
à l'usine pendant le lockout.
Le premier geste que nous avons fait, et
c'était
à l'occasion de la Journée de la
femme, c'était un
5 à 7 pour que ces femmes
viennent nous
parler de ce qu'elles vivaient. Cela a permis de
créer un
premier réseau. Pour le 5 à 7,
on avait donné
aux femmes des petites cartes disant si vous avez
besoin d'aide psychologique, ça peut
arriver, si vous avez
besoin d'entraide dans la communauté, avec
la façon
d'obtenir de l'aide. Déjà, à
cette rencontre
où
entre 70-80 femmes s'étaient
présentées, on avait
eu comme réponse que ça avait fait
du bien, la
réponse était très positive.
Ensuite on a organisé le « wife
piquetage » qu'on avait appelé
de cette façon
en réponse au « wife influence
factor »
d'Étienne
Jacques. Les femmes avaient pris d'assaut nos
lignes de piquetage
pendant une journée au complet. C'est
encore des travailleuses
qui avaient organisé cela. Les
femmes ont fait cela un peu pour vivre ce que
leurs conjoints vivaient
à chaque jour, mais aussi en même
temps cela a
changé la vision que les gens à
l'extérieur
avaient du conflit parce qu'ils ont vu que les
femmes appuyaient leur
conjoint. Ils ont vu des femmes courageuses qui
disaient qu'on a
raison de faire cela,
on le fait pour nos enfants. Elles avaient fait
des pancartes qui ma
foi étaient beaucoup plus poussées
dans leurs
commentaires que moi j'aurais pu faire. Cela
a réellement permis un déclic au
niveau régional
et même peut être au-delà de la
région. Dans
ma famille, les gens qui ont vu cela à la
TV m'ont dit que
« mon dieu les femmes sont
derrière vous, les enfants
aussi sont venus ». Cela a
été une
journée agréable bien sûr mais
je crois que la
journée a
changé la perception des gens. Cela ne
touchait plus seulement
des gros bras qui travaillent dans une usine mais
également
leurs femmes qui sont venues appuyer
la lutte des travailleurs. On a eu 150 femmes
à cette
journée-là avec nous sur la ligne de
piquetage et en plus
toutes les femmes de l'usine étaient
là elles
aussi.
Des femmes à l'exécutif du syndicat
il n'y
en a pas eu beaucoup. J'ai été
élue
récemment à l'exécutif qui
est un milieu
traditionnellement d'hommes. La place
qu'on avait prise au niveau du conflit, cela a
permis cela aussi, les
travailleurs ont appris à mieux
connaître leurs
travailleuses. C'est certain que quand tu es
dans ton petit coin, ton petit milieu de travail,
tu viens faire ton
quart de travail, tu n'as pas
nécessairement la chance de
connaître les gens des autres secteurs.
Moi j'ai été capitaine
d'équipe, cela m'a permis
de connaître des gens qui étaient
à
l'électrolyse, à la coulée et
un peu partout dans
l'usine. Je sentais que
l'ouverture était plus présente pour
foncer et me
présenter. C'est ce qui m'a donné
peut être la
petite poussée de plus. On a un
comité de condition
féminine
qui a déjà été
lancé par le
passé et qui n'a pas survécu mais
j'ai bien l'intention
de le repartir.
Il
faut garder cela vivant,
parce que ce qu'on vit
à l'usine, les changements d'horaire, la
réorganisation
qui s'est faite, à l'usine, des changements
de façons
de travailler que nos patrons veulent nous
imposer, cela se
répercute probablement à la maison
parce que nos
travailleurs ne sont pas dans des conditions
idéales
de travail.
Je suis opératrice dans la production et
nous
sommes à peu près 30 femmes au total
dans la production.
Quand on a commencé à l'usine il y
en avait à peu
près une cinquantaine. C'est certain que
dans mon mandat c'est
quelque chose que je veux explorer, pourquoi on a
de la misère
à retenir nos filles.
Il faut que les femmes soient présentes
partout.
Toutes les batailles nous touchent d'une
façon ou de l'autre. Il
y a encore beaucoup de défis à
relever. Je
ne sais pas si il y 50 ans j'aurais fait cette
entrevue là dans
une usine de Rio Tinto. Il faut tout faire en
notre possible pour que
la place soit toujours ouverte
et qu'il y ait des ouvertures pour que les gens
aient accès
à ces emplois-là qui sont bien
rémunérés. Les emplois de
qualité on y
tient, c'est quelque chose qui
nous tient à coeur.

France Simard, porte-parole du Mouvement Action
Chômage Lac- Saint-Jean
Par rapport au chômage, c'est certain que
les
femmes ont plus de difficultés parce que la
plupart des femmes
ont du travail atypique, ou à temps partiel
et elles sont donc plus vulnérables. En
plus, avec la nouvelle
réforme du gouvernement Harper, ce qu'on
voit c'est que
maintenant une femme enceinte qui est
à la recherche d'emploi, si elle a dit dans
son entrevue
d'embauche qu'elle va quitter à un moment
donné pour
accoucher, c'est considéré comme un
refus
d'emploi alors que c'est complètement
ridicule. Une femme
enceinte qui dit qu'elle va accoucher par exemple
dans cinq mois, cela
va être considéré comme
un refus d'emploi parce qu'elle aura
été honnête.
L'autre difficulté qu'on voit, c'est que
déjà pour
les femmes, même si on parle
d'équité salariale,
cela fait des
années qu'on en parle mais on est encore
loin du compte, elles
vont être obligées d'accepter des
emplois à 70%
alors qu'elles sont déjà sous
payées, elles vont
être doublement touchées de ce
côté-là. Les femmes partent
avec des salaires encore plus bas. Avec
des emplois à 70 %, elles vont se ramasser
très vite au
salaire minimum. On a déjà des
exemples de ce qui va
arriver avec la réforme. À
l'Île-du-Prince-Édouard, on a
déjà un cas
d'une jeune femme monoparentale
qui avait des difficultés de transport pour
accepter un emploi
et on lui a dit qu'elle n'a qu'à s'en aller
sur l'aide sociale!

Saguenay-Lac-Saint-Jean,
23 février
2013.
|
Si je regarde ici autour d'une table quand on se
rencontre, il y a beaucoup de femmes alors les
femmes sont très
mobilisées pour la défense des
droits, dans
n'importe quel organisme ou secteur où l'on
fait de la
défense de droits. Au Saguenay-Lac-St-Jean,
les femmes sont
autant mobilisées que les hommes. Quand
je regarde dans les manifestations, c'est
impressionnant de voir qu'il
y a autant de femmes que d'hommes. Les femmes,
quand on n'a pas de
gardienne, on amène
nos enfants aux manifestations, nos enfants
commencent à
manifester en bas âge. Le mien, même
si j'avais un
conjoint, il a manifesté très jeune
avec sa petite
pancarte, je l'impliquais dans les
démarches pour lui donner une
conscience sociale.
Ce que j'aime voir à l'heure actuelle
c'est qu'il
y a de plus en plus de femmes qui participent.
Avant cela, quand j'ai
commencé au Mouvement Action
Chômage, par rapport à la
défense des droits, quand
c'était du côté de l'aide
sociale, il y avait
beaucoup plus de femmes qui étaient autour
de la table. En ce
qui concerne la défense des droits pour les
chômeurs,
quand j'ai commencé, on était 2 ou 3
femmes, on
n'était pas beaucoup alors que maintenant
quand on
se rencontre au national on voit qu'il y a de plus
en plus de femmes.
Ça n'était pas comme cela au
début quand j'ai
commencé il y a 11 ans.
Nous ne sommes pas du genre à reculer.
Quand je
regarde la situation des chômeurs, oui c'est
décourageant
mais quand je participe à une
manifestation,
je trouve cela extrêmement stimulant, cela
fait du bien de voir
les gens qui s'unissent, de montrer qu'on est
encore capables de se
battre, qu'on est là et qu'on
va s'affirmer.

Ivy Shaw, travailleuse des postes à la
retraite,
Halifax
À mon avis, et je parle ici en mon nom
personnel,
les femmes doivent non seulement aller voter en
temps d'élection,
mais se présenter comme candidates
pour qu'on puisse changer la culture de ce qui est
en train de se
passer au pays. Bien des femmes ne sont pas
prêtes à se
présenter comme candidates mais elles
peuvent aider celles qui se portent candidates aux
élections
municipales, provinciales ou
fédérales.
Le
filet de sécurité sociale
auquel le
Harper gouvernement est en train de s'attaquer
systématiquement
est important et fondamental pour les Canadiens
d'un
océan à l'autre. On doit
arrêter cette course vers
la destruction de toutes nos conditions de vie,
tous doivent avoir un
salaire qui leur permet de vivre décemment.
En ce qui me concerne, j'ai une bonne pension qui
a été
gagnée par la lutte d'un syndicat fort qui
s'est battu pour les
pensions et les avantages sociaux de tous.
Je suis à la retraite maintenant mais je
continue à me
battre pour la justice sociale pour tous. J'ai
participé
à plusieurs manifestations depuis un an et
demi et
je vais continuer de le faire. Je me suis
impliquée avec Idle No
More et d'autres mouvements parce que j'ai des
enfants et des
petits-enfants qui grandissent
et cela me préoccupe beaucoup de savoir
dans quelle
société ils vont vivre, dans quelle
sorte de Canada ils
vont vivre quand on a des gouvernements comme
le gouvernement Harper qui éliminent le
filet de
sécurité sociale.
Les femmes sont les éducatrices de la
nouvelle
génération, ce sont elles qui le
plus souvent demeurent
à la maison et travaillent peut-être
à temps
partiel
ou dans des emplois saisonniers dans les provinces
atlantiques. Elles
sont les principales victimes des changements que
le gouvernement a
faits au programme
de l'assurance-chômage. Je crois que dans
les provinces de
l'ouest on manque de travailleurs et que le
gouvernement essaie de
pousser les gens à aller travailler
dans l'ouest en les harcelant sans arrêt et
les mettant à
bout lorsqu'ils sont prestataires de
l'assurance-emploi ou de l'aide
sociale. C'est un geste
prémédité du
gouvernement Harper pour diviser les gens, entre
ceux qui travaillent
et ceux qui ne travaillent pas comme il les divise
aussi entre ceux qui
ont une pension
et ceux qui n'en ont pas.
Avec ses changements au programme de
l'assurance-emploi,
le gouvernement Harper vise en particulier les
provinces atlantiques,
le Québec et les
communautés rurales de tout le pays. Si les
gens quittent les
zones rurales où ils travaillent dans des
emplois saisonniers,
les communautés vont disparaître.
Les travailleurs des services, qui sont
principalement des femmes, vont
quitter parce que ce sera la seule façon de
faire vivre leurs
familles. Les autres services
comme l'éducation et la santé vont
péricliter eux
aussi. Il faut que les gens d'affaires comprennent
qu'eux aussi vont
être affectés s'il n'y a personne qui
travaille.
Je vois de plus en plus de femmes qui participent
dans
les mouvements sociaux et j'en vois de plus en
plus qui se portent
candidates aux élections. Elles
ont décidé que c'est important de
faire entendre
davantage la voix des femmes. Nous devons nous
faire entendre et
changer la culture de ce qui est en train de
se passer au pays. Prenez les manifestations au
Nouveau-Brunswick et en
Nouvelle-Écosse, chaque semaine il
y a des actions où les manifestants
expriment leur opposition
à ce qui se passe. Les femmes peuvent
jouer un rôle de leadership dans ces
mouvements. Elles n'ont pas
peur de parler parce que ce qui se passe va
affecter leur avenir et
l'avenir de leurs enfants.
Nous devons éduquer nos familles, nos
voisins et nos
collègues de travail sur la situation qui
se développe au
Canada et nous devons continuer à nous
battre.
Je crois que nous allons poursuivre nos efforts.
Je
crois sincèrement que le monde se
réveille, qu'ils
réalisent les torts que le gouvernement
Harper est
en train de causer au Canada et ils ne vont pas se
taire. Je le vois
dans le mouvement de résistance contre les
changements à
l'assurance-emploi. Je pense qu'aux
prochaines élections les gens vont aller
voter et faire une
différence. Selon ce gouvernement, le
Canada atlantique ne
compte pas, il nous dit ouvertement qu'on
n'a pas d'importance, qu'on est fini. Nous pouvons
faire une
différence et nous allons faire une
différence.

Magali Giroux, travailleuse des postes à
Montréal
Parmi les travailleurs des postes à
Montréal, on a beaucoup de mères de
famille, de femmes
monoparentales avec des petits enfants qui,
auparavant, arrivaient
à s'organiser. Elles commençaient
disons à
6 heures et demie le matin, il y a avait
quelqu'un qui gardait les
petits, et la travailleuse savait qu'elle allait
revenir à 2 heures 30 — 3 heures
de
l'après-midi. Maintenant, on ne sait plus
à quelle heure
on finit. On est forcé de continuer
jusqu'à
8 heures, il y en a qui ont
lâché le travail, qui
sont allés en arrêts de travail parce
qu'ils n'ont plus de
façon d'avoir une vie de famille. Moi j'ai
une ado
qui a besoin que je sois là pour
l'école et je ne suis
plus là depuis un certain temps et c'est le
cas pour de nombreux
parents, ce n'est pas un cas isolé. La
situation des enfants à l'école est
en train de se
dégrader, on est en train de frôler
le décrochage
scolaire, on perd le contrôle sur notre vie
familiale.
Les situations de couples deviennent difficiles,
les couples vivent des
conflits. Il y a de plus en plus de femmes qui
sont factrices.
Physiquement c'est difficile,
il y a des jeunes hommes qui ont 25-26 ans et
qui ont de la
difficulté à terminer leur
itinéraire et qui
partent en burnout, c'est du jamais vu. Quand on
est une femme de 37-38 ans avec
2-3 enfants à la
maison, c'est très difficile. On arrive le
soir et on est
brûlées. En plus, avec le fait qu'on
finit
à la noirceur, quand on passe le courrier
le soir dans des
endroits peu éclairés, dans des
fonds de ruelle, qu'on
doit entrer dans les blocs appartements et sonner
aux portes à 8 heures le soir, on ne
se sent pas en
sécurité. Il n'y a pas d'autre
métier que celui de
facteur qui requiert présentement qu'on se
promène
tout seul le soir dans les rues de
Montréal.
Je suis déléguée syndicale
et c'est
ma façon à moi de m'impliquer. Quand
j'ai
débuté comme
déléguée syndicale,
j'ai eu à affronter un superviseur qui
était
très écrasant avec les femmes. Je
suis allée le
voir et je lui ai dit que la première chose
qui va changer ici
c'est que les femmes vont être
respectées autant que
les hommes, que personne ne va se faire
écraser ici. Cela s'est
bien passé finalement.
C'est
difficile de se
regrouper et de faire quelque
chose parce que tout le monde est
épuisé. Parfois je fais
des meetings le matin qui durent 4-5 minutes.
Il faut que je
trouve la bonne journée pour le faire,
ça ne peut pas
être lundi parce que les gens savent qu'ils
ne finiront pas leur
route avant
8 heures. Ce qu'on a fait, et on l'a fait
avec tous les
travailleurs, c'est qu'on a regroupé tous
les
délégués hommes et femmes qui
sont en
restructuration,
donc en Poste moderne et le dimanche matin on se
regroupait.
C'était un genre de réunion de
cuisine, tranquillement on
a commencé à monter des moyens
d'action qui ont été efficaces et se
sont faits entendre.
On a regroupé des témoignages aussi.
On a reçu
l'appui à 100 % du président de
la section de
Montréal du syndicat pour des
activités qui sortaient du
cadre traditionnel.
Avec la manifestation qu'on a faite le soir du 2
mars
à l'événement Nuits Blanche
de Montréal
pour dénoncer la grande noirceur à
Postes Canada, il y a
maintenant beaucoup de travailleurs qui viennent
me voir et sont
contents qu'on ait tenu cette action. Cela faisait
longtemps que les
membres disaient
« quand est-ce qu'on va parler, qu'on
va dire en public ce
qui se passe pour de vrai ? » On
est allés faire
connaître notre situation parmi la
population. Ce qui gardait Postes Canada dans une
position de force
c'était de garder le public dans
l'ignorance et d'agir de
façon très disciplinaire avec les
travailleurs. Les travailleurs se disaient que
rien ne va se passer,
qu'on est isolés, que la population pense
que c'est notre faute
si le service se détériore. En
portant notre cause dans le public, les gens sont
conscientisés,
ils sont mis au courant, ils voient qu'on n'est
pas capables de fournir
le service comme on le
devrait. La transformation postale nous a
été
imposée. On ne nous a pas consultés
pour voir si ces
nouvelles conditions sont réalistes et
notamment si elles sont
conformes à la réalité
géographique de
Montréal. Postes Canada base sa
transformation postale sur une
moyenne nationale de portes à faire en
moyenne par
jour pour les facteurs et factrices. La moyenne
nationale pour le
Canada, c'est 625 postes par jour,
625 points de remise alors
que nous autres à
Montréal nous pouvons avoir à faire
jusqu'à 1600
portes par jour.
Je pense que les syndiqués, on a un
pouvoir de
changer les choses et qu'il faut prendre ce
pouvoir-là. Le
gouvernement Harper attaque notre droit de
négocier
et notre droit de revendiquer. On l'a vu entre
autres avec sa loi
spéciale sur les postiers. En ce qui
concerne la condition
féminine, si on laisse ce gouvernement
aller, il va nous ramener dans les années
1930. J'ose
espérer qu'aux prochaines élections
ils ne seront plus
là mais c'est maintenant qu'il faut
commencer. On
ne doit pas attendre. Il faut être dans
l'action. Si tout le
monde se tient ensemble, les syndicats, les
groupes communautaires, les
groupes de femmes, il y a un
message clair qui va passer.

Marie Jeanne Vandoorne de l'Alliance des
travailleurs
agricoles, coordonnatrice du Centre d'appui pour
les travailleurs
agricoles migrants de Saint-Rémy
Au Québec, les femmes ne forment qu'une
petite
minorité des travailleurs agricoles
migrants. Sur les quelque
8000 travailleurs qui viennent au Québec
chaque année dans le cadre du programme
canadien des
travailleurs agricoles saisonniers, il y a environ
1000 femmes,
peut-être un peu moins. Les travailleurs
agricoles migrants sont des travailleurs
invisibles. Il faut s'ouvrir
les yeux pour les voir et aller leur parler et de
faire cela
déjà ça change les choses. La
majorité
des gens ne réalisent même pas que ce
qu'ils mangent passe
par les mains des travailleurs agricoles dont une
grande partie sont
des travailleurs migrants.
C'est difficile pour les travailleuses agricoles
migrantes de faire des actions pour protester en
tant que femmes ou
même de participer à la vie sociale.
Il
y a le fait que le travail est exténuant,
qu'il comporte
beaucoup d'heures et il y a aussi le comportement
très
paternaliste des employeurs. Il y a certains cas
qui
sont un peu extrêmes dans lesquels on est
souvent appelé,
par exemple des travailleuses qui avaient des
problèmes
médicaux et qui n'avaient pas
été amenées
chez le médecin. En parlant avec elles, on
se rencontre que
c'est très difficile, elles sont
absorbées dans leur
travail, leur priorité c'est de bien
performer pour
pouvoir revenir l'année prochaine. Elles
sont comme dans
l'armée, la pression est de suivre les
instructions, de faire le
travail et si tout va bien peut-être
qu'elles
auront un emploi l'an prochain.
Il y a une grosse ferme de fraises et de
framboises
qu'on ne nommera pas, où c'est très
difficile pour les
femmes, juste de revendiquer de vouloir avoir un
téléphone cellulaire par exemple, ou
de vouloir aller se
promener à bicyclette, c'était
interdit pour elles. L'an
passé on a eu une problématique dans
la région
de Saint-Paul d'Abbotsford, des filles qui ont
commencé à
sortir les fins de semaine. Suite à cela,
elles ont eu des
problèmes avec le patron et elles se sont
fait
renvoyer. L'employeur n'a pas dit qu'il les avait
renvoyées
parce qu'elles étaient sorties mais il a
prétexté
que les filles n'avaient pas une bonne
productivité
après cela, qu'elles ne voulaient pas aller
travailler. Comme le
roulement de travailleurs est très
élevé, et ce
sont des travailleuses qui avaient seulement une
saison de travail à leur actif, alors
n'importe quel
prétexte est utilisé à notre
avis dans le but
d'avoir un fort roulement de travailleurs, pour
que leur
présence
ne génère pas de droits. Les
problématiques sont
les mêmes pour les hommes mais ca prend des
formes qui frappent
particulièrement les femmes. Il y a deux
ans on était dans un magasin. C'est souvent
dans les magasins
qu'on peut les approcher, dans les
supermarchés, on profite de
cette occasion-là quand le patron
n'est pas là pour aller leur parler plus
librement. Il y en a
plusieurs qui disaient que non elles ne peuvent
pas nous parler parce
que le patron connaît tout le
monde ici et on m'a interdit de parler. Avec les
femmes on dirait
qu'ils agissent encore plus comme cela et ils
disent que s'ils le font
c'est parce qu'ils veulent
prendre soin des femmes, les protéger et
autre chose du genre.
Pour
vous donner une
idée de jusqu'où ces
situations absurdes peuvent aller, il y avait une
femme qui
était employée dans cette même
ferme dont on ne
parlera pas, qui était mariée et
dont le mari travaillait
dans une autre ferme à une demi-heure de
bicyclette de
là. Elle a voulu recevoir la visite de son
mari,
la patronne a exigé qu'on lui fournisse une
preuve qu'ils
étaient mariés. Le mari a fourni le
certificat de mariage
et même à cela ils n'ont pas
laissé la dame
sortir avec son mari, ils ont été
obligés de se
voir dans le bureau avec un chaperon.
La situation est difficile mais on a fait des
progrès. Il s'est développé
des solidarités
d'abord entre les travailleuses migrantes sur
certaines choses de base,
comme une solidarité à la cuisine
dans les cabanes
où elles logent qui appartiennent aux
employeurs, une
solidarité entre les femmes de
différents pays en
cuisinant. On utilise beaucoup les liens sociaux
pour approcher les
femmes, comme aller leur parler lorsqu'elles font
leur magasinage.
À travers le Canada, il
y a maintenant beaucoup d'employées
féminines et beaucoup
de femmes bénévoles qui participent
à la vie des
centres d'appui aux travailleurs agricoles
migrants
que les Travailleurs unis de l'alimentation et du
commerce ont
établis. On a un cas en Ontario par exemple
d'une femme qui
était travailleuse agricole à
l'époque
et maintenant elle travaille dans un centre
d'appui et à temps
perdu elle travaille encore dans les champs quand
elle besoin d'un peu
plus d'argent.
Il y a toujours de la place pour continuer la
lutte, on
manque de budgets mais il faut toujours continuer.
Même si
quelqu'un croit que tout ce qu'elle peut
faire c'est du bénévolat une fois
par semaine ou faire
quelque chose pour aider, on a besoin de tous les
appuis qu'on peut
aller chercher afin de pouvoir aider
tout le monde.

Sharon DeSousa, vice-présidente
exécutive
régionale de la section de l'Ontario de
l'Alliance
de la fonction publique du Canada
Nos
membres dans la fonction
publique
fédérale sont à 84 % des
femmes. Si l'on
considère l'ensemble des coupures qui sont
faites par le
gouvernement Harper, on voit que les programmes
pour les femmes sont
particulièrement visés. En ce
moment, on fait face
à des coupures massives d'emplois
dans la fonction publique fédérale
où la
majorité des travailleurs sont des femmes.
Ce sont des temps
très difficiles pour les femmes parce que
non seulement
doivent-elles gagner leur vie, mais elles doivent
assumer de plus en
plus de responsabilités face à leur
famille à
cause des coupures dans la santé.
Peut-être
qu'elles ont des parents âgés sur qui
veiller, ou de
jeunes enfants dont elles doivent s'occuper parce
qu'il n'y a pas
suffisamment de services de garde qui sont
disponibles alors c'est un stress de plus. Les
travailleuses de la
fonction publique fédérale font face
à tous ces
fardeaux qui s'accumulent et la situation est
très
difficile pour elles. Elles ne savent même
pas si elles vont
garder leur emploi. Elles voient leurs
collègues de travail
perdre leurs emplois et elles se demandent
si elles ne sont pas les prochaines sur la liste.
Les problèmes mentaux sont de plus en plus
répandus dans la société et
ces pressions qui
affectent y jouent un grand rôle. Les
emplois disparaissent, mais
le travail demeure, la charge de travail
s'alourdit. Les femmes vivent
le stress à la maison, au travail avec
l'augmentation de la
charge de travail et on leur dit
qu'elles font mieux d'être très
productives si elles
veulent garder leur emploi. Le moral au travail
n'a jamais
été aussi bas.
L'AFPC essaie de briser la stigmatisation qui
entoure
les problèmes mentaux. Nous voulons
discuter de la
définition de la santé mentale et de
la maladie
mentale. Nous essayons d'éduquer nos
membres, de les former
à travailler avec leurs collègues
qui souffrent de
problèmes mentaux et à les aider.
Nous essayons
de fournir des outils à nos membres pour
qu'ils puissent passer
à travers cette période difficile.
Dans la
société, il y a un
stéréotype qui circule
à savoir que
si vous avec des problèmes mentaux, vous ne
faites pas vraiment
partie de la société, vous
êtes inférieurs
aux autres, il y a quelque chose qui cloche avec
vous.
Il y a une connotation négative qui est
attachée à
la maladie mentale.
Dans notre travail, nous éduquons les gens
à l'effet que comme toute chose dans ce
monde la maladie mentale
est quelque chose de normal, la question
c'est comment on en traite. Nous voulons que les
gens réalisent
qu'ils ne sont pas seuls dans leur cas, que plein
de gens souffrent de
stress et de maladie mentale.
L'an dernier, la division de l'Ontario de l'AFPC a
tenu une
conférence sur le thème de la
santé mentale.
L'AFPC nationale tient en avril prochain une
conférence
qui portera elle aussi sur la santé et la
maladie mentales. Nous
pensons qu'il y aura plus de 300
délégués à
cette conférence. Les femmes en ce moment
vivent
une situation très précaire du point
de vue vie familiale
et vie au travail, et les programmes qui leur
venaient en aide ont
été éliminés.
Nous cherchons à créer une
discussion sur
la santé et la maladie mentales. Les
décisions qui sont
prises par le gouvernement Harper affectent
directement
les femmes et leurs organisations. On en a
l'exemple avec les coupures
de fonds à l'organisation Sisters in Spirit
qui traitait du
problème des femmes autochtones
disparues ou tuées. Le gouvernement donne
l'impression que les
mesures qu'il prend visent à
économiser l'argent des
contribuables, mais en réalité ce
sont des
mesures qui s'attaquent aux femmes.
Nous
éduquons nos
membres sur les droits qu'ils
ont à l'endroit de travail, sur la lutte
à mener pour ces
droits et sur la façon de travailler avec
quelqu'un
qui souffre de problèmes mentaux pour leur
faire sentir qu'ils
contribuent à quelque chose et qu'ils sont
à leur place
à l'endroit de travail. C'est un travail
à
multiples facettes et à cela s'ajoute la
question des lois qui
sont en place, ce que ces lois disent. Il est
grand temps qu'on tienne
les employeurs responsables
de la situation qu'ils ont créée aux
endroits de travail
et qu'on les amène à accepter leur
responsabilité
parce que ce sont eux qui prennent les
décisions.
Nous avons fait du lobbying auprès des
membres du
parlement, nous prenons des initiatives, nous
luttons pour
l'application des normes légales en
vigueur,
nous utilisons la procédure de griefs. Nous
disons à nos
membres d'exercer les droits qui sont les leurs en
vertu de la Loi
canadienne sur les droits de
la personne et de la procédure de
griefs afin qu'ils
reçoivent l'aide qui leur est
nécessaire. Tous ces
problèmes affectent également la
santé et la
sécurité
de nos membres, qu'on pense au problème de
la violence au
travail, et les conditions de santé et de
sécurité
pour les employés fédéraux
tombent sous la
juridiction du Code canadien du travail
tandis qu'en Ontario
c'est le code ontarien qui s'applique. Bref, nous
essayons d'utiliser
le système légal
en place pour défendre nos membres et
riposter aux attaques qui
nous sont faites. Nous devons utiliser toutes les
méthodes qui
sont à notre disposition afin de
riposter et de bien faire comprendre à tous
que cette situation
est inacceptable.
Nous avons soulevé ces questions en
public, des
députés en ont parlé eux
aussi. Les femmes en ce
moment sont dans une situation très
précaire du fait que
ce gouvernement n'a pas leurs
intérêts à coeur. Le
ministre Flaherty vient juste d'annoncer qu'il
pourrait bien avoir
d'autres coupures dans la fonction publique
fédérale dans son prochain budget,
que de nouvelles
coupures ne sont pas exclues. Ces services publics
sont principalement
utilisés par les membres les plus
vulnérables de notre société,
les chômeurs,
les vétérans, les
aînés, les enfants.
Les femmes chaque jour luttent pour leurs droits.
Le
gouvernement Harper n'a aucune idée de la
force des femmes qui
ont combattu si fort pour obtenir leurs droits
et qui continuent de le faire. Les femmes ne vont
pas se soumettre aux
mesures d'austérité de ce
gouvernement et nous allons
combattre pour nos droits.

Lisez Le
Marxiste-Léniniste
Site web: www.pccml.ca
Courriel: redaction@cpcml.ca
|