Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 37 - 8 mars 2013

Journée internationale de la femme 2013

Victoire à la lutte des femmes
pour leur émancipation!

Journée internationale de la femme 2013
Victoire à la lutte des femmes pour leur émancipation! - Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste)
Défendons la dignité et les droits des femmes! Femmes à la tête des changements pour une nouvelle direction au Québec! - Parti marxiste-léniniste du Québec

Prenons en mains la politique indépendante de la classe ouvrière

La dignité et l'avenir des femmes sont dans la lutte pour les droits de tous!

Entrevues
Mélanie Tremblay, secrétaire-archiviste du Syndicat des travailleurs de l'aluminium d'Alma
France Simard, porte-parole du Mouvement Action Chômage Lac- Saint-Jean
Ivy Shaw, travailleuse des postes à la retraite, Halifax
Magali Giroux, travailleuse des postes à Montréal
Marie Jeanne Vandoorne de l'Alliance des travailleurs agricoles, coordonnatrice du Centre d'appui pour les travailleurs agricoles migrants de Saint-Rémy
Sharon DeSousa, vice-présidente exécutive régionale de la section de l'Ontario de l'Alliance de la fonction publique du Canada

SUPPLÉMENT
Le peuple vénézuélien montre de quoi il est fait: Un océan bolivarien d'appui au président Hugo Chavez


Journée internationale de la femme 2013

Victoire à la lutte des femmes
pour leur émancipation!

À l’occasion du 8 mars Journée internationale de la femme 2013, le Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste) salue les femmes du Canada et du monde. Envers toutes nos camarades et sœurs au Canada et dans le monde, nous nous engageons à intensifier nos efforts d’organisation pour que les femmes occupent les premiers rangs de toutes les luttes.

La dignité et la sécurité des femmes se gagnent dans la bataille pour défendre les droits de tous. Avec l’activation du facteur humain/conscience sociale, les femmes deviennent les leaders de la société sur tous les fronts. Les femmes leaders surmontant tous les obstacles dans la lutte pour défendre les droits de tous font ressortir la nécessité de bâtir un État qui garantisse ces droits, dont les droits des femmes et des enfants.

Celles qui occupent surtout nos pensées aujourd’hui sont les femmes qui subissent les conséquences des politiques de prétendue austérité du gouvernement Harper, du gouvernement du Québec et des gouvernements des provinces. Leur offensive antisociale est lancée pour voler le peuple pour payer les riches. Nous avons une pensée particulière à cet égard pour nos sœurs autochtones et métisses qui n’obtiennent aucun répit du régime colonial raciste qui continue de faire de leur vie un enfer.

Le PCC(M-L) est convaincu que les seules solutions aux problèmes politiques, économiques et sociaux de la société sont celles qui placent les besoins des femmes et des enfants en premier. Cela reflète le profond désir des parents, grands-parents et de tous les générations qui ont consacré leur vie à la création d’un monde où toutes et tous peuvent vivre une vie de dignité et de culture, où leurs droits sont affirmés et garantis et où ils sont affranchis de l’incertitude et de la dépossession économiques, et de la terreur de la violence et de la guerre.

Le PCC(M-L) salue toutes les travailleuses qui avec leurs camarades travailleurs produisent la richesse et les services dont la société a besoin et qui en tant que véritables producteurs défendent avec courage leurs droits et revendiquent le contrôle de la richesse produite et de la direction de l’économie. Dans ce monde de travail, la négation des travailleurs prend une forme toute spéciale : ils sont transformés en une marchandise et traités comme un coût de production. Les femmes sur le marché du travail sont surexploitées en tant que travail-marchandise en général et en tant que travail-marchandise femme en particulier. Cela veut dire qu’il faut se battre résolument pour les droits des femmes qui travaillent dans le cadre de la lutte générale des travailleurs contre leur oppression en tant que marchandise sur le marché du travail et pour le contrôle de la richesse qu’ils produisent, de leur économie et de leur travail. Dans la défense des droits des travailleurs, pour nier la négation des travailleurs en tant que marchandise, les femmes peuvent nier leur négation en tant que travailleuses et conquérir leur droit d’être.

Le PCC(M) est particulièrement solidaire des femmes du Venezuela aujourd’hui affligées par la mort de leur leader. Le président Chavez n’a épargné aucun effort pour créer un projet bolivarien qui placerait le bien-être des femmes et des enfants en premier lieu.

Le PCC(M-L) exprime son unité combattante avec les femmes des pays et des villes ravagés par la guerre, notamment les femmes de la Syrie et en particulier de la ville d’Alep, les femmes d’Afghanistan et du Pakistan qui sont menacées par la guerre des drones d’Obama, et d’autres comme les femmes du Mali et d’autres pays africains qui sont les plus récentes cibles de la machine de guerre impérialiste. Notre solidarité combattante comprend spécifiquement les femmes de la péninsule coréenne qui sont encore une fois menacées par les plans de guerre nucléaire des impérialistes américains et de leurs alliés. Depuis 1953, les agresseurs et occupants américains dans le sud du pays refusent de signer un traité de paix avec la République populaire démocratique de Corée, de présenter des excuses pour leurs crimes de guerre et de reconnaître le droit d’être du peuple coréen.

Le PCC(M-L) exprime son unité combattante avec les femmes appauvries et opprimées d’Asie, d’Afrique, d’Amérique latine et des Caraïbes de qui les grandes puissances et les pays comme le Canada pillent d’immenses richesses. Nous mentionnons en particulier les femmes d’Haïti qui subissent à tous les jours les crimes des exploiteurs et occupants qui refusent même de reconnaître leur responsabilité dans la propagation du choléra dans l’île. La honte d’avoir exploité une tragique catastrophe naturelle pour s’enrichir et asservir le peuple haïtien suivra à jamais les présidents Clinton, Bush et Obama et leurs coconspirateurs comme le Canada.

Le PCC(M-L) transmet ses salutations révolutionnaires militantes aux femmes de Cuba, du Vietnam, de la RPDC et d’autres pays qui contribuent à l’émancipation des femmes en construisant des sociétés centrées sur l’être humain comme condition à l’émancipation de l’humanité. Le Parti salue les femmes de toutes les citadelles de l’impérialisme, en particulier des  États-Unis, qui mènent le combat contre la loi de l’esclavage et de l’injustice, un combat sans lequel l’espoir serait impossible.

La Journée internationale de la femme est une des occasions les plus importantes où l’humanité toute entière concentre son attention sur ce qui doit être accompli dans un avenir immédiat. Il faut faire reconnaître les droits des femmes non seulement en paroles mais en actes en dotant les peuples du pouvoir nécessaire pour donner à leurs droits des garanties constitutionnelles et des conditions qui en permettent l’exercice. Il faut mettre en place des arrangements au pays et au sein des institutions internationales qui font une réalité de l’émancipation des femmes.

Le PCC(M-L) félicite toutes les femmes du Canada et du monde qui combattent pour réaliser leurs droits en dépit des grandes difficultés qu’elles rencontrent chaque jour. Chaque effort qu’elles font contribue à rapprocher d’un pas l’émancipation de l’humanité. Chaque affirmation de l’humanité du genre humain aussi petite puisse-t-elle sembler est un coup de plus porté aux tentatives des exploiteurs, des racistes et de tous ceux qui essaient de justifier l’injustifiable et d’anéantir ceux qui ont pour eux la conscience, les rêves et le plan de créer un monde meilleur. Les peuples refusent de se soumettre! Les femmes refusent de se soumettre! Les peuples vont bâtir un monde meilleur qui ne connaît pas l’ignorance, la faim, l’oppression et la guerre!

Vive le 8 mars - La Journée internationale de la femme!
Victoire à la lutte des femmes pour leur émancipation!



Haut de page


Défendons la dignité et les droits des femmes!
Femmes à la tête des changements
pour une nouvelle direction au Québec!

En ce 8 mars 2013, les femmes avec confiance et détermination sont à la tête de la lutte pour ouvrir la voie au progrès de la société. En tant que productrices de la richesse dont la société dépend et en tant que procréatrices et éducatrices de la prochaine génération, les femmes font leur réclamation à la richesse qu'elles produisent et demandent qu'elle serve à financer les programmes sociaux nécessaires pour garantir les droits de tous. Cela comprend le droit à la santé, des soins et la sécurité pour les aînés, les garderies, l'éducation et les loisirs pour les enfants et la jeunesse, et tout ce dont ont besoin les êtres humains pour s'épanouir.

Depuis le début de l'année 2013, les femmes au Québec sont aux premiers rangs de la lutte pour exiger le retrait des changements à l'assurance emploi imposés par le gouvernement Harper. Elles ont exigé du gouvernement du Québec qu'il défende le droit à l'éducation et le gel des frais de scolarité, s'opposant fermement à l'appauvrissement de la jeunesse étudiante. Le samedi 2 mars, les postiers et postières de Montréal ont tenu un vigoureux rassemblement pour dénoncer Postes Canada qui est en train de détruire la poste publique, leurs conditions de travail et de vie, imposant des conditions insoutenables avec la surveillance, les suspensions arbitraires, les horaires de 10-12 heures de travail, etc. Les Premières Nations, avec les femmes autochtones en tête et l'appui de tous, n'ont pas donné leur place pour s'opposer à la négation de leurs droits ancestraux, de traités et constitutionnels. Il y a quelques jours à peine, dès le dépôt du nouveau projet de règlement de la ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, ministre du Travail et ministre responsable de la Condition féminine, Agnès Maltais pour couper les assistés sociaux, ciblant les plus vulnérables, les femmes se sont levées pour exiger son retrait immédiat. En ce 8 mars 2013, les femmes expriment leur refus et leur résistance face à l'ordre du jour d'austérité pour que le Québec demeure compétitif et vendable pour les intérêts privés.

Les femmes du Québec exigent depuis longtemps l'humanisation de l'environnement social et naturel. La société doit être organisée pour assurer la sécurité de ses membres à tous les niveaux et répondre aux besoins de leur famille, leurs enfants et leur communauté. Une société qui n'a pas cette direction ne peut défendre les droits des femmes et les droits de tous. Ce sont les femmes à la tête des changements pour une nouvelle direction pour le Québec, côte à côte avec les travailleurs du Québec, qui peuvent y arriver. Les ressources ne manquent pas au Québec pour permettre à tous de s'épanouir en tant qu'être humain et de pleinement contribuer à la vie économique, politique et sociale du pays.

Le Parti marxiste-léniniste du Québec salue les femmes du Québec, des Premières Nations, du Canada, et les femmes du monde, en lutte pour l'établissement d'un monde humain et moderne, anti-guerre, où les relations entre les nations sont sur la base d'égal à égal, sans menace ni ingérence.

Vive le 8 mars, Journée internationale de la femme !
En avant, tous ensemble, à la défense des droits des femmes et des droits de tous !
Seules les femmes du Québec, côte à côte avec les travailleurs,
défendent les intérêts du Québec !

Haut de page


La dignité et l'avenir des femmes
sont dans la lutte pour les droits de tous!
Prenons en main la politique indépendante
de la classe ouvrière!

Durant l'année écoulée, les femmes partout au Canada sont restées aux premières lignes de la résistance organisée de la classe ouvrière contre l'offensive antisociale et les politiques d'austérité que les riches et leurs gouvernements à tous les niveaux imposent à la société. Elles sont partout où les travailleurs se battent pour créer une alternative pour eux et la société par des actions avec analyse. Elles ont déclaré : Non c'est Non ! Non à l'austérité ! Non à la privatisation des services publics et des programmes sociaux ! Non à la politique de voler le peuple pour payer les riches !

Les gouvernements du Canada, du Québec, des provinces et des municipalités ont intensifié l'offensive contre les travailleurs du secteur public, s'attaquant à leurs salaires, à leurs avantages sociaux, leurs pensions et conditions de travail et aux services qu'ils procurent à la société. Le but de cet assaut dans un secteur où la majorité des travailleurs sont des femmes est de détourner les fonds publics des programmes sociaux et services publics et de les utiliser pour payer les riches. Au coeur de ce programme antisocial, il y a l'offensive de l'État contre le droit des travailleurs de s'organiser collectivement pour défendre leurs intérêts et les droits de tous. Les travailleurs du secteur public résistent à cet assaut en organisant des actions avec analyse, en se mobilisant massivement et en mobilisant leurs alliés dans toute la classe ouvrière pour exiger que les gouvernements cessent leur guerre contre les droits des travailleurs et les programmes sociaux. Plusieurs organisations de travailleurs ont inscrit sur leur bannière que les gouvernements doivent défendre le droit public, arrêter de payer les riches et augmenter les investissements dans les programmes sociaux et dans les services publics.

La grève illégale des 22 000 employés de soutien des hôpitaux de l'Alberta en février 2012 a mis à l'ordre du jour que la Santé est un droit ! et que les droits des travailleurs et ceux des gens dont ils prennent soin sont interdépendants. Les travailleurs de la santé en Alberta, en Ontario et en Colombie-Britannique se sont fermement opposés à la privatisation et aux coupures de services dans les hôpitaux et aux attaques contre les emplois, les salaires et les avantages sociaux dans la santé.

Plus de 40 000 enseignants de la Colombie-Britannique ont tenu une grève de trois jours au début de mars 2012 à la défense de leurs droits et du système d'éducation public. Lorsqu'une loi antiouvrière leur a enlevé le droit à la négociation collective et le droit de grève, les enseignants ont poursuivi la lutte par d'autres actions.

En avril, 15 000 personnes se sont rassemblées à Queen's Park pour protester contre le budget antisocial d'austérité du gouvernement de l'Ontario et ses menaces d'imposer les conventions collectives des enseignants et des travailleurs de l'éducation. Quelques mois plus tard, en août, 20 000 enseignants et travailleurs de l'éducation et leurs alliés sont venus de partout en Ontario pour manifester puissamment leur opposition à la loi 115, la Loi de 2012 donnant la priorité aux élèves qui porte atteinte à leurs droits. Ils n'ont pas cessé depuis de mobiliser les étudiants et les travailleurs des autres secteurs dans la résistance à cet assaut organisé de l'État contre les droits des travailleurs et contre l'éducation publique. En janvier, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté là où se tenait le congrès à la chefferie du Parti libéral de l'Ontario pour exiger que cessent ces mesures d'austérité antisociale.

Au Québec, les jeunes femmes ont été aux premières lignes de la mobilisation de masse des étudiants et de toute la nation à la défense du droit à l'éducation contre la tentative du gouvernement Charest d'imposer une hausse des frais de scolarité. Puis elles ont été aux premières lignes du travail d'organisation et des actions qui ont été organisées pour défier la loi spéciale qui criminalisait leur résistance.

Les femmes se sont tenues côte à côte avec les travailleurs de l'aluminium au Saguenay-Lac-St-Jean contre le faux lockout décrété par Rio Tinto contre les travailleurs d'Alma et pour faire annuler les ententes secrètes entre ce monopole et le gouvernement du Québec.

Les femmes ont été aux premières lignes de la mobilisation des peuples autochtones partout au pays contre la loi C-45 et les autres lois du gouvernement Harper qui visent à éteindre les droits ancestraux, issus de traités et constitutionnels des Premières Nations.

Partout, les femmes participent au mouvement de la classe ouvrière pour mettre en oeuvre sa politique indépendante : Arrêter de payer les riches et augmenter les investissements dans les programmes sociaux ! Les femmes sont très présentes dans la lutte contre les coupures du gouvernement Harper dans l'assurance-emploi, à la défense des droits des travailleurs accidentés, des travailleurs migrants et des réfugiés. Elles participent activement à la lutte contre la course folle à l'exportation de matières premières des monopoles mondiaux qui est faite sans égard aux droits des Premières Nations et au bien-être des travailleurs et de leurs communautés et de la Terre Mère, et elles sont aussi au centre de la lutte pour bâtir une économie diversifiée et rationnelle qui subvient à ses besoins et garantit les moyens de subsistance et le droit d'être de tous.

En cette Journée internationale de la femme 2013, les peuples célèbrent l'esprit de résistance des femmes combattantes du pays et du monde qui déclarent que la dignité et l'avenir des femmes est dans la lutte pour les droits de tous et dans la politique indépendante de la classe ouvrière. La classe ouvrière et ses alliés sont déterminés à trouver la façon de mettre de l'avant un ordre du jour pour la société qui va vraiment changer les choses, résoudre les problèmes de la société et en finir avec l'offensive de destruction nationale du gouvernement Harper et des gouvernements à tous les niveaux. La sécurité et l'avenir du peuple sont dans la lutte pour les droits de tous !

Haut de page


Mélanie Tremblay, secrétaire-archiviste du Syndicat des travailleurs de l'aluminium d'Alma

Dans la bataille que nous avons menée en 2012 contre le lockout de Rio Tinto Alcan, très vite les travailleuses se sont impliquées dans le mouvement. Il y a eu cette première vague là, des travailleuses qui ont pris le flambeau, que ce soit comme capitaines d'équipe qui étaient très présentes dans les manifestations ou dans d'autres positions. On avait une bonne représentation des filles quand on compte que sur le secteur opérations et bureaux, on était 36 travailleuses sur un total de 778 travailleurs impliqués dans le conflit. Ce n'est pas une grosse représentation mais par contre les femmes ont été très visibles pendant le conflit. Nos travailleuses se sont senties très interpellées par la situation. Pendant le lockout, Étienne Jacques [un des grands patrons de Rio Tinto Alcan — NDLR] a parlé du « wife influence factor » en disant qu'un jour la question allait se régler autour de la table, les femmes allaient dire à leurs maris d'accepter les conditions et de retourner travailler parce que la famille a besoin d'argent. Il avait vraiment appelé cela le « wife influence factor ». La première chose qu'on avait faite, c'était un 5 à 7 avec les femmes, organisé par des travailleuses. On s'était rendu compte que les femmes des travailleurs étaient très isolées, elles continuaient à travailler chacune dans son emploi et toute la journée elles étaient confrontées à des gens qui parlaient du conflit. Tu es coiffeuse et ta cliente te parle, elle qui a un mari qui est cadre et travaille à l'usine pendant le lockout.

Le premier geste que nous avons fait, et c'était à l'occasion de la Journée de la femme, c'était un 5 à 7 pour que ces femmes viennent nous parler de ce qu'elles vivaient. Cela a permis de créer un premier réseau. Pour le 5 à 7, on avait donné aux femmes des petites cartes disant si vous avez besoin d'aide psychologique, ça peut arriver, si vous avez besoin d'entraide dans la communauté, avec la façon d'obtenir de l'aide. Déjà, à cette rencontre où entre 70-80 femmes s'étaient présentées, on avait eu comme réponse que ça avait fait du bien, la réponse était très positive.

Ensuite on a organisé le « wife piquetage » qu'on avait appelé de cette façon en réponse au « wife influence factor » d'Étienne Jacques. Les femmes avaient pris d'assaut nos lignes de piquetage pendant une journée au complet. C'est encore des travailleuses qui avaient organisé cela. Les femmes ont fait cela un peu pour vivre ce que leurs conjoints vivaient à chaque jour, mais aussi en même temps cela a changé la vision que les gens à l'extérieur avaient du conflit parce qu'ils ont vu que les femmes appuyaient leur conjoint. Ils ont vu des femmes courageuses qui disaient qu'on a raison de faire cela, on le fait pour nos enfants. Elles avaient fait des pancartes qui ma foi étaient beaucoup plus poussées dans leurs commentaires que moi j'aurais pu faire. Cela a réellement permis un déclic au niveau régional et même peut être au-delà de la région. Dans ma famille, les gens qui ont vu cela à la TV m'ont dit que « mon dieu les femmes sont derrière vous, les enfants aussi sont venus ». Cela a été une journée agréable bien sûr mais je crois que la journée a changé la perception des gens. Cela ne touchait plus seulement des gros bras qui travaillent dans une usine mais également leurs femmes qui sont venues appuyer la lutte des travailleurs. On a eu 150 femmes à cette journée-là avec nous sur la ligne de piquetage et en plus toutes les femmes de l'usine étaient là elles aussi.

Des femmes à l'exécutif du syndicat il n'y en a pas eu beaucoup. J'ai été élue récemment à l'exécutif qui est un milieu traditionnellement d'hommes. La place qu'on avait prise au niveau du conflit, cela a permis cela aussi, les travailleurs ont appris à mieux connaître leurs travailleuses. C'est certain que quand tu es dans ton petit coin, ton petit milieu de travail, tu viens faire ton quart de travail, tu n'as pas nécessairement la chance de connaître les gens des autres secteurs. Moi j'ai été capitaine d'équipe, cela m'a permis de connaître des gens qui étaient à l'électrolyse, à la coulée et un peu partout dans l'usine. Je sentais que l'ouverture était plus présente pour foncer et me présenter. C'est ce qui m'a donné peut être la petite poussée de plus. On a un comité de condition féminine qui a déjà été lancé par le passé et qui n'a pas survécu mais j'ai bien l'intention de le repartir.

Il faut garder cela vivant, parce que ce qu'on vit à l'usine, les changements d'horaire, la réorganisation qui s'est faite, à l'usine, des changements de façons de travailler que nos patrons veulent nous imposer, cela se répercute probablement à la maison parce que nos travailleurs ne sont pas dans des conditions idéales de travail.

Je suis opératrice dans la production et nous sommes à peu près 30 femmes au total dans la production. Quand on a commencé à l'usine il y en avait à peu près une cinquantaine. C'est certain que dans mon mandat c'est quelque chose que je veux explorer, pourquoi on a de la misère à retenir nos filles.

Il faut que les femmes soient présentes partout. Toutes les batailles nous touchent d'une façon ou de l'autre. Il y a encore beaucoup de défis à relever. Je ne sais pas si il y 50 ans j'aurais fait cette entrevue là dans une usine de Rio Tinto. Il faut tout faire en notre possible pour que la place soit toujours ouverte et qu'il y ait des ouvertures pour que les gens aient accès à ces emplois-là qui sont bien rémunérés. Les emplois de qualité on y tient, c'est quelque chose qui nous tient à coeur.

Haut de page


France Simard, porte-parole du Mouvement Action Chômage Lac- Saint-Jean

Par rapport au chômage, c'est certain que les femmes ont plus de difficultés parce que la plupart des femmes ont du travail atypique, ou à temps partiel et elles sont donc plus vulnérables. En plus, avec la nouvelle réforme du gouvernement Harper, ce qu'on voit c'est que maintenant une femme enceinte qui est à la recherche d'emploi, si elle a dit dans son entrevue d'embauche qu'elle va quitter à un moment donné pour accoucher, c'est considéré comme un refus d'emploi alors que c'est complètement ridicule. Une femme enceinte qui dit qu'elle va accoucher par exemple dans cinq mois, cela va être considéré comme un refus d'emploi parce qu'elle aura été honnête. L'autre difficulté qu'on voit, c'est que déjà pour les femmes, même si on parle d'équité salariale, cela fait des années qu'on en parle mais on est encore loin du compte, elles vont être obligées d'accepter des emplois à 70% alors qu'elles sont déjà sous payées, elles vont être doublement touchées de ce côté-là. Les femmes partent avec des salaires encore plus bas. Avec des emplois à 70 %, elles vont se ramasser très vite au salaire minimum. On a déjà des exemples de ce qui va arriver avec la réforme. À l'Île-du-Prince-Édouard, on a déjà un cas d'une jeune femme monoparentale qui avait des difficultés de transport pour accepter un emploi et on lui a dit qu'elle n'a qu'à s'en aller sur l'aide sociale!


Saguenay-Lac-Saint-Jean, 23 février 2013.

Si je regarde ici autour d'une table quand on se rencontre, il y a beaucoup de femmes alors les femmes sont très mobilisées pour la défense des droits, dans n'importe quel organisme ou secteur où l'on fait de la défense de droits. Au Saguenay-Lac-St-Jean, les femmes sont autant mobilisées que les hommes. Quand je regarde dans les manifestations, c'est impressionnant de voir qu'il y a autant de femmes que d'hommes. Les femmes, quand on n'a pas de gardienne, on amène nos enfants aux manifestations, nos enfants commencent à manifester en bas âge. Le mien, même si j'avais un conjoint, il a manifesté très jeune avec sa petite pancarte, je l'impliquais dans les démarches pour lui donner une conscience sociale.

Ce que j'aime voir à l'heure actuelle c'est qu'il y a de plus en plus de femmes qui participent. Avant cela, quand j'ai commencé au Mouvement Action Chômage, par rapport à la défense des droits, quand c'était du côté de l'aide sociale, il y avait beaucoup plus de femmes qui étaient autour de la table. En ce qui concerne la défense des droits pour les chômeurs, quand j'ai commencé, on était 2 ou 3 femmes, on n'était pas beaucoup alors que maintenant quand on se rencontre au national on voit qu'il y a de plus en plus de femmes. Ça n'était pas comme cela au début quand j'ai commencé il y a 11 ans.

Nous ne sommes pas du genre à reculer. Quand je regarde la situation des chômeurs, oui c'est décourageant mais quand je participe à une manifestation, je trouve cela extrêmement stimulant, cela fait du bien de voir les gens qui s'unissent, de montrer qu'on est encore capables de se battre, qu'on est là et qu'on va s'affirmer.

Haut de page


Ivy Shaw, travailleuse des postes à la retraite, Halifax

À mon avis, et je parle ici en mon nom personnel, les femmes doivent non seulement aller voter en temps d'élection, mais se présenter comme candidates pour qu'on puisse changer la culture de ce qui est en train de se passer au pays. Bien des femmes ne sont pas prêtes à se présenter comme candidates mais elles peuvent aider celles qui se portent candidates aux élections municipales, provinciales ou fédérales.

Le filet de sécurité sociale auquel le Harper gouvernement est en train de s'attaquer systématiquement est important et fondamental pour les Canadiens d'un océan à l'autre. On doit arrêter cette course vers la destruction de toutes nos conditions de vie, tous doivent avoir un salaire qui leur permet de vivre décemment. En ce qui me concerne, j'ai une bonne pension qui a été gagnée par la lutte d'un syndicat fort qui s'est battu pour les pensions et les avantages sociaux de tous. Je suis à la retraite maintenant mais je continue à me battre pour la justice sociale pour tous. J'ai participé à plusieurs manifestations depuis un an et demi et je vais continuer de le faire. Je me suis impliquée avec Idle No More et d'autres mouvements parce que j'ai des enfants et des petits-enfants qui grandissent et cela me préoccupe beaucoup de savoir dans quelle société ils vont vivre, dans quelle sorte de Canada ils vont vivre quand on a des gouvernements comme le gouvernement Harper qui éliminent le filet de sécurité sociale.

Les femmes sont les éducatrices de la nouvelle génération, ce sont elles qui le plus souvent demeurent à la maison et travaillent peut-être à temps partiel ou dans des emplois saisonniers dans les provinces atlantiques. Elles sont les principales victimes des changements que le gouvernement a faits au programme de l'assurance-chômage. Je crois que dans les provinces de l'ouest on manque de travailleurs et que le gouvernement essaie de pousser les gens à aller travailler dans l'ouest en les harcelant sans arrêt et les mettant à bout lorsqu'ils sont prestataires de l'assurance-emploi ou de l'aide sociale. C'est un geste prémédité du gouvernement Harper pour diviser les gens, entre ceux qui travaillent et ceux qui ne travaillent pas comme il les divise aussi entre ceux qui ont une pension et ceux qui n'en ont pas.

Avec ses changements au programme de l'assurance-emploi, le gouvernement Harper vise en particulier les provinces atlantiques, le Québec et les communautés rurales de tout le pays. Si les gens quittent les zones rurales où ils travaillent dans des emplois saisonniers, les communautés vont disparaître. Les travailleurs des services, qui sont principalement des femmes, vont quitter parce que ce sera la seule façon de faire vivre leurs familles. Les autres services comme l'éducation et la santé vont péricliter eux aussi. Il faut que les gens d'affaires comprennent qu'eux aussi vont être affectés s'il n'y a personne qui travaille.

Je vois de plus en plus de femmes qui participent dans les mouvements sociaux et j'en vois de plus en plus qui se portent candidates aux élections. Elles ont décidé que c'est important de faire entendre davantage la voix des femmes. Nous devons nous faire entendre et changer la culture de ce qui est en train de se passer au pays. Prenez les manifestations au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse, chaque semaine il y a des actions où les manifestants expriment leur opposition à ce qui se passe. Les femmes peuvent jouer un rôle de leadership dans ces mouvements. Elles n'ont pas peur de parler parce que ce qui se passe va affecter leur avenir et l'avenir de leurs enfants. Nous devons éduquer nos familles, nos voisins et nos collègues de travail sur la situation qui se développe au Canada et nous devons continuer à nous battre.

Je crois que nous allons poursuivre nos efforts. Je crois sincèrement que le monde se réveille, qu'ils réalisent les torts que le gouvernement Harper est en train de causer au Canada et ils ne vont pas se taire. Je le vois dans le mouvement de résistance contre les changements à l'assurance-emploi. Je pense qu'aux prochaines élections les gens vont aller voter et faire une différence. Selon ce gouvernement, le Canada atlantique ne compte pas, il nous dit ouvertement qu'on n'a pas d'importance, qu'on est fini. Nous pouvons faire une différence et nous allons faire une différence.

Haut de page


Magali Giroux, travailleuse des postes à Montréal

Parmi les travailleurs des postes à Montréal, on a beaucoup de mères de famille, de femmes monoparentales avec des petits enfants qui, auparavant, arrivaient à s'organiser. Elles commençaient disons à 6 heures et demie le matin, il y a avait quelqu'un qui gardait les petits, et la travailleuse savait qu'elle allait revenir à 2 heures 30 — 3 heures de l'après-midi. Maintenant, on ne sait plus à quelle heure on finit. On est forcé de continuer jusqu'à 8 heures, il y en a qui ont lâché le travail, qui sont allés en arrêts de travail parce qu'ils n'ont plus de façon d'avoir une vie de famille. Moi j'ai une ado qui a besoin que je sois là pour l'école et je ne suis plus là depuis un certain temps et c'est le cas pour de nombreux parents, ce n'est pas un cas isolé. La situation des enfants à l'école est en train de se dégrader, on est en train de frôler le décrochage scolaire, on perd le contrôle sur notre vie familiale. Les situations de couples deviennent difficiles, les couples vivent des conflits. Il y a de plus en plus de femmes qui sont factrices. Physiquement c'est difficile, il y a des jeunes hommes qui ont 25-26 ans et qui ont de la difficulté à terminer leur itinéraire et qui partent en burnout, c'est du jamais vu. Quand on est une femme de 37-38 ans avec 2-3 enfants à la maison, c'est très difficile. On arrive le soir et on est brûlées. En plus, avec le fait qu'on finit à la noirceur, quand on passe le courrier le soir dans des endroits peu éclairés, dans des fonds de ruelle, qu'on doit entrer dans les blocs appartements et sonner aux portes à 8 heures le soir, on ne se sent pas en sécurité. Il n'y a pas d'autre métier que celui de facteur qui requiert présentement qu'on se promène tout seul le soir dans les rues de Montréal.

Je suis déléguée syndicale et c'est ma façon à moi de m'impliquer. Quand j'ai débuté comme déléguée syndicale, j'ai eu à affronter un superviseur qui était très écrasant avec les femmes. Je suis allée le voir et je lui ai dit que la première chose qui va changer ici c'est que les femmes vont être respectées autant que les hommes, que personne ne va se faire écraser ici. Cela s'est bien passé finalement.

C'est difficile de se regrouper et de faire quelque chose parce que tout le monde est épuisé. Parfois je fais des meetings le matin qui durent 4-5 minutes. Il faut que je trouve la bonne journée pour le faire, ça ne peut pas être lundi parce que les gens savent qu'ils ne finiront pas leur route avant 8 heures. Ce qu'on a fait, et on l'a fait avec tous les travailleurs, c'est qu'on a regroupé tous les délégués hommes et femmes qui sont en restructuration, donc en Poste moderne et le dimanche matin on se regroupait. C'était un genre de réunion de cuisine, tranquillement on a commencé à monter des moyens d'action qui ont été efficaces et se sont faits entendre. On a regroupé des témoignages aussi. On a reçu l'appui à 100 % du président de la section de Montréal du syndicat pour des activités qui sortaient du cadre traditionnel.

Avec la manifestation qu'on a faite le soir du 2 mars à l'événement Nuits Blanche de Montréal pour dénoncer la grande noirceur à Postes Canada, il y a maintenant beaucoup de travailleurs qui viennent me voir et sont contents qu'on ait tenu cette action. Cela faisait longtemps que les membres disaient « quand est-ce qu'on va parler, qu'on va dire en public ce qui se passe pour de vrai ? » On est allés faire connaître notre situation parmi la population. Ce qui gardait Postes Canada dans une position de force c'était de garder le public dans l'ignorance et d'agir de façon très disciplinaire avec les travailleurs. Les travailleurs se disaient que rien ne va se passer, qu'on est isolés, que la population pense que c'est notre faute si le service se détériore. En portant notre cause dans le public, les gens sont conscientisés, ils sont mis au courant, ils voient qu'on n'est pas capables de fournir le service comme on le devrait. La transformation postale nous a été imposée. On ne nous a pas consultés pour voir si ces nouvelles conditions sont réalistes et notamment si elles sont conformes à la réalité géographique de Montréal. Postes Canada base sa transformation postale sur une moyenne nationale de portes à faire en moyenne par jour pour les facteurs et factrices. La moyenne nationale pour le Canada, c'est 625 postes par jour, 625 points de remise alors que nous autres à Montréal nous pouvons avoir à faire jusqu'à 1600 portes par jour.

Je pense que les syndiqués, on a un pouvoir de changer les choses et qu'il faut prendre ce pouvoir-là. Le gouvernement Harper attaque notre droit de négocier et notre droit de revendiquer. On l'a vu entre autres avec sa loi spéciale sur les postiers. En ce qui concerne la condition féminine, si on laisse ce gouvernement aller, il va nous ramener dans les années 1930. J'ose espérer qu'aux prochaines élections ils ne seront plus là mais c'est maintenant qu'il faut commencer. On ne doit pas attendre. Il faut être dans l'action. Si tout le monde se tient ensemble, les syndicats, les groupes communautaires, les groupes de femmes, il y a un message clair qui va passer.

Haut de page


Marie Jeanne Vandoorne de l'Alliance des travailleurs agricoles, coordonnatrice du Centre d'appui pour les travailleurs agricoles migrants de Saint-Rémy

Au Québec, les femmes ne forment qu'une petite minorité des travailleurs agricoles migrants. Sur les quelque 8000 travailleurs qui viennent au Québec chaque année dans le cadre du programme canadien des travailleurs agricoles saisonniers, il y a environ 1000 femmes, peut-être un peu moins. Les travailleurs agricoles migrants sont des travailleurs invisibles. Il faut s'ouvrir les yeux pour les voir et aller leur parler et de faire cela déjà ça change les choses. La majorité des gens ne réalisent même pas que ce qu'ils mangent passe par les mains des travailleurs agricoles dont une grande partie sont des travailleurs migrants.

C'est difficile pour les travailleuses agricoles migrantes de faire des actions pour protester en tant que femmes ou même de participer à la vie sociale. Il y a le fait que le travail est exténuant, qu'il comporte beaucoup d'heures et il y a aussi le comportement très paternaliste des employeurs. Il y a certains cas qui sont un peu extrêmes dans lesquels on est souvent appelé, par exemple des travailleuses qui avaient des problèmes médicaux et qui n'avaient pas été amenées chez le médecin. En parlant avec elles, on se rencontre que c'est très difficile, elles sont absorbées dans leur travail, leur priorité c'est de bien performer pour pouvoir revenir l'année prochaine. Elles sont comme dans l'armée, la pression est de suivre les instructions, de faire le travail et si tout va bien peut-être qu'elles auront un emploi l'an prochain.

Il y a une grosse ferme de fraises et de framboises qu'on ne nommera pas, où c'est très difficile pour les femmes, juste de revendiquer de vouloir avoir un téléphone cellulaire par exemple, ou de vouloir aller se promener à bicyclette, c'était interdit pour elles. L'an passé on a eu une problématique dans la région de Saint-Paul d'Abbotsford, des filles qui ont commencé à sortir les fins de semaine. Suite à cela, elles ont eu des problèmes avec le patron et elles se sont fait renvoyer. L'employeur n'a pas dit qu'il les avait renvoyées parce qu'elles étaient sorties mais il a prétexté que les filles n'avaient pas une bonne productivité après cela, qu'elles ne voulaient pas aller travailler. Comme le roulement de travailleurs est très élevé, et ce sont des travailleuses qui avaient seulement une saison de travail à leur actif, alors n'importe quel prétexte est utilisé à notre avis dans le but d'avoir un fort roulement de travailleurs, pour que leur présence ne génère pas de droits. Les problématiques sont les mêmes pour les hommes mais ca prend des formes qui frappent particulièrement les femmes. Il y a deux ans on était dans un magasin. C'est souvent dans les magasins qu'on peut les approcher, dans les supermarchés, on profite de cette occasion-là quand le patron n'est pas là pour aller leur parler plus librement. Il y en a plusieurs qui disaient que non elles ne peuvent pas nous parler parce que le patron connaît tout le monde ici et on m'a interdit de parler. Avec les femmes on dirait qu'ils agissent encore plus comme cela et ils disent que s'ils le font c'est parce qu'ils veulent prendre soin des femmes, les protéger et autre chose du genre.

Pour vous donner une idée de jusqu'où ces situations absurdes peuvent aller, il y avait une femme qui était employée dans cette même ferme dont on ne parlera pas, qui était mariée et dont le mari travaillait dans une autre ferme à une demi-heure de bicyclette de là. Elle a voulu recevoir la visite de son mari, la patronne a exigé qu'on lui fournisse une preuve qu'ils étaient mariés. Le mari a fourni le certificat de mariage et même à cela ils n'ont pas laissé la dame sortir avec son mari, ils ont été obligés de se voir dans le bureau avec un chaperon.

La situation est difficile mais on a fait des progrès. Il s'est développé des solidarités d'abord entre les travailleuses migrantes sur certaines choses de base, comme une solidarité à la cuisine dans les cabanes où elles logent qui appartiennent aux employeurs, une solidarité entre les femmes de différents pays en cuisinant. On utilise beaucoup les liens sociaux pour approcher les femmes, comme aller leur parler lorsqu'elles font leur magasinage. À travers le Canada, il y a maintenant beaucoup d'employées féminines et beaucoup de femmes bénévoles qui participent à la vie des centres d'appui aux travailleurs agricoles migrants que les Travailleurs unis de l'alimentation et du commerce ont établis. On a un cas en Ontario par exemple d'une femme qui était travailleuse agricole à l'époque et maintenant elle travaille dans un centre d'appui et à temps perdu elle travaille encore dans les champs quand elle besoin d'un peu plus d'argent.

Il y a toujours de la place pour continuer la lutte, on manque de budgets mais il faut toujours continuer. Même si quelqu'un croit que tout ce qu'elle peut faire c'est du bénévolat une fois par semaine ou faire quelque chose pour aider, on a besoin de tous les appuis qu'on peut aller chercher afin de pouvoir aider tout le monde.

Haut de page


Sharon DeSousa, vice-présidente exécutive
régionale de la section de l'Ontario de l'Alliance
de la fonction publique du Canada

Nos membres dans la fonction publique fédérale sont à 84 % des femmes. Si l'on considère l'ensemble des coupures qui sont faites par le gouvernement Harper, on voit que les programmes pour les femmes sont particulièrement visés. En ce moment, on fait face à des coupures massives d'emplois dans la fonction publique fédérale où la majorité des travailleurs sont des femmes. Ce sont des temps très difficiles pour les femmes parce que non seulement doivent-elles gagner leur vie, mais elles doivent assumer de plus en plus de responsabilités face à leur famille à cause des coupures dans la santé. Peut-être qu'elles ont des parents âgés sur qui veiller, ou de jeunes enfants dont elles doivent s'occuper parce qu'il n'y a pas suffisamment de services de garde qui sont disponibles alors c'est un stress de plus. Les travailleuses de la fonction publique fédérale font face à tous ces fardeaux qui s'accumulent et la situation est très difficile pour elles. Elles ne savent même pas si elles vont garder leur emploi. Elles voient leurs collègues de travail perdre leurs emplois et elles se demandent si elles ne sont pas les prochaines sur la liste.

Les problèmes mentaux sont de plus en plus répandus dans la société et ces pressions qui affectent y jouent un grand rôle. Les emplois disparaissent, mais le travail demeure, la charge de travail s'alourdit. Les femmes vivent le stress à la maison, au travail avec l'augmentation de la charge de travail et on leur dit qu'elles font mieux d'être très productives si elles veulent garder leur emploi. Le moral au travail n'a jamais été aussi bas.

L'AFPC essaie de briser la stigmatisation qui entoure les problèmes mentaux. Nous voulons discuter de la définition de la santé mentale et de la maladie mentale. Nous essayons d'éduquer nos membres, de les former à travailler avec leurs collègues qui souffrent de problèmes mentaux et à les aider. Nous essayons de fournir des outils à nos membres pour qu'ils puissent passer à travers cette période difficile. Dans la société, il y a un stéréotype qui circule à savoir que si vous avec des problèmes mentaux, vous ne faites pas vraiment partie de la société, vous êtes inférieurs aux autres, il y a quelque chose qui cloche avec vous. Il y a une connotation négative qui est attachée à la maladie mentale.

Dans notre travail, nous éduquons les gens à l'effet que comme toute chose dans ce monde la maladie mentale est quelque chose de normal, la question c'est comment on en traite. Nous voulons que les gens réalisent qu'ils ne sont pas seuls dans leur cas, que plein de gens souffrent de stress et de maladie mentale. L'an dernier, la division de l'Ontario de l'AFPC a tenu une conférence sur le thème de la santé mentale. L'AFPC nationale tient en avril prochain une conférence qui portera elle aussi sur la santé et la maladie mentales. Nous pensons qu'il y aura plus de 300 délégués à cette conférence. Les femmes en ce moment vivent une situation très précaire du point de vue vie familiale et vie au travail, et les programmes qui leur venaient en aide ont été éliminés.

Nous cherchons à créer une discussion sur la santé et la maladie mentales. Les décisions qui sont prises par le gouvernement Harper affectent directement les femmes et leurs organisations. On en a l'exemple avec les coupures de fonds à l'organisation Sisters in Spirit qui traitait du problème des femmes autochtones disparues ou tuées. Le gouvernement donne l'impression que les mesures qu'il prend visent à économiser l'argent des contribuables, mais en réalité ce sont des mesures qui s'attaquent aux femmes.

Nous éduquons nos membres sur les droits qu'ils ont à l'endroit de travail, sur la lutte à mener pour ces droits et sur la façon de travailler avec quelqu'un qui souffre de problèmes mentaux pour leur faire sentir qu'ils contribuent à quelque chose et qu'ils sont à leur place à l'endroit de travail. C'est un travail à multiples facettes et à cela s'ajoute la question des lois qui sont en place, ce que ces lois disent. Il est grand temps qu'on tienne les employeurs responsables de la situation qu'ils ont créée aux endroits de travail et qu'on les amène à accepter leur responsabilité parce que ce sont eux qui prennent les décisions.

Nous avons fait du lobbying auprès des membres du parlement, nous prenons des initiatives, nous luttons pour l'application des normes légales en vigueur, nous utilisons la procédure de griefs. Nous disons à nos membres d'exercer les droits qui sont les leurs en vertu de la Loi canadienne sur les droits de la personne et de la procédure de griefs afin qu'ils reçoivent l'aide qui leur est nécessaire. Tous ces problèmes affectent également la santé et la sécurité de nos membres, qu'on pense au problème de la violence au travail, et les conditions de santé et de sécurité pour les employés fédéraux tombent sous la juridiction du Code canadien du travail tandis qu'en Ontario c'est le code ontarien qui s'applique. Bref, nous essayons d'utiliser le système légal en place pour défendre nos membres et riposter aux attaques qui nous sont faites. Nous devons utiliser toutes les méthodes qui sont à notre disposition afin de riposter et de bien faire comprendre à tous que cette situation est inacceptable.

Nous avons soulevé ces questions en public, des députés en ont parlé eux aussi. Les femmes en ce moment sont dans une situation très précaire du fait que ce gouvernement n'a pas leurs intérêts à coeur. Le ministre Flaherty vient juste d'annoncer qu'il pourrait bien avoir d'autres coupures dans la fonction publique fédérale dans son prochain budget, que de nouvelles coupures ne sont pas exclues. Ces services publics sont principalement utilisés par les membres les plus vulnérables de notre société, les chômeurs, les vétérans, les aînés, les enfants.

Les femmes chaque jour luttent pour leurs droits. Le gouvernement Harper n'a aucune idée de la force des femmes qui ont combattu si fort pour obtenir leurs droits et qui continuent de le faire. Les femmes ne vont pas se soumettre aux mesures d'austérité de ce gouvernement et nous allons combattre pour nos droits.

Haut de page


Lisez Le Marxiste-Léniniste
Site web:  www.pccml.ca   Courriel: redaction@cpcml.ca