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Numéro 35 - 6 mars 2013
Mort
prématurée
du président Hugo Chavez
Viva
le président Hugo Chavez!
Vive la Révolution bolivarienne!
Les foules dans
les rues de Caracas pour rendre un dernier
hommage au président Hugo Chavez
au passage du cortège funèbre le 6
mars 2013 (MINCI)
Mort
prématurée
du
président Hugo Chavez
• Viva le président
Hugo Chavez! Vive la Révolution
bolivarienne!
• Condamnons la
déclaration grossière et
déplorable du premier ministre Harper
• Le Venezuela rejette la
déclaration du premier ministre du Canada
Journée internationale de la femme 2013
• Une semaine
d'activités dans toutes les
régions du Québec
L'opposition à la réforme de
l'assurance-emploi continue de grandir
• Les
travailleurs se regroupent et s'organisent au
Québec et au Nouveau-Brunswick
Non aux
attaques contre les plus vulnérables
• Les nouvelles coupures
dans l'aide sociale doivent être
annulées! - Serge Lachapelle
• La violence du refus
d'assumer la responsabilité pour le
bien-être de tous - Christine
Dandenault
• La ministre Maltais, le
Parti québécois et les coupures
à l'aide sociale: qui dit la
vérité? -
Communiqué du Front commun des personnes
assistées sociales du Québec
Mort
prématurée du président Hugo
Chavez
Viva le président Hugo Chavez!
Vive la Révolution bolivarienne!
Le président Hugo Chavez est mort à
4 h 25 dans l’après-midi du mardi 5 mars
2013 à Caracas après une lutte
héroïque contre le cancer. Le Parti
communiste du Canada (marxiste-léniniste) a
fait parvenir ses plus sincères
condoléances à la famille du
président Chavez, au vice-président
de la République bolivarienne du
Venezuela, au Parti socialiste unifié
du Venezuela ainsi qu’au peuple
vénézuélien.

"Chavez,
le coeur de mon pays"
|
De la fondation du Mouvement
révolutionnaire bolivarien 200 en 1982 au
soulèvement populaire d’El Caracazo en
1989, à la rébellion
civique-militaire de février 1992, aux deux
années de prison qui suivirent,
jusqu’à son élection comme
président en décembre 1998 et ses
réélections successives à ce
poste jusqu’à la toute
dernière le 7 octobre 2012 et à son
décès prématuré le 5
mars, l’action du commandant président Hugo
Chavez aura été marquée de
façon indélébile par la
défense du bien-être du peuple
vénézuélien et de la
souveraineté nationale, par la lutte pour
l’indépendance du Venezuela et de toute
l’Amérique latine et des Caraïbes
contre la tutelle et le pillage
impérialistes et par la lutte pour la paix
mondiale ainsi que dans sa propre région.
Ce fut une lutte de tous les instants contre
l’impérialisme américain et ses
alliés, une lutte qui ne fait que commencer
et doit se mener encore et encore.
En tant que leader de la Révolution
bolivarienne et du mouvement
anti-impérialiste pour la paix, la
contribution de Hugo Chavez à l’affirmation
du droit à l’autodétermination des
peuples d’Amérique latine et des
Caraïbes a eu des répercussions dans
tous les aspects de la vie : la
souveraineté politique, la
souveraineté économique, la
souveraineté énergétique et
l’opposition à la domination, à
l’ingérence et aux visées
guerrières impérialistes dans toute
la région. Au Venezuela,
l’éradication de l’analphabétisme,
de l’itinérance, de la pauvreté
abjecte et du chômage par la création
du pouvoir populaire et de la République
bolivarienne qui ont doté le peuple de son
pouvoir, ce que Chavez appelait le socialisme du
XXe siècle, sont des réalisations
qui apportent honneur, dignité et espoir au
peuple du Venezuela. L’Alliance bolivarienne pour
les Amériques (ALBA), la Banque du Sud, la
Communauté des États
latino-américains et des Caraïbes
(CELAC), l’Union des nations
sud-américaines (UNASUR) et le Conseil de
défense latino-américain, tous font
partie des projets d’édification nationale
qui ont bénéficié aux peuples
de toutes les Amériques et des
Caraïbes. Ce sont des réalisations que
seule une personnalité historique pouvait
accomplir. Ils témoignent du très
grand désir de Chavez de donner aux peuples
de la région les outils dont ils ont besoin
pour défendre l’indépendance et la
paix, pour mettre fin à la domination
impérialiste, à l’étau du
Fonds monétaire international, de la Banque
mondiale et du « consensus de
Washington » du
néolibéralisme qui est maintenant
chose du passé.
Le décès prématuré du
président Chavez est une perte immense pour
le peuple vénézuélien et les
peuples de tous les pays dont le mouvement
anti-impérialiste pour la paix est
l’élément crucial pour ouvrir la
voie du progrès. Nous sommes convaincus que
le peuple du Venezuela saura trouver la
façon de transformer sa grande douleur
devant la mort de son président en une
puissante force en suivant son conseil de
combattre et de combattre encore tous ses
détracteurs et ceux qui complotent pour
renverser les gains de la révolution. Vive
la Révolution bolivarienne ! Nous sommes
tous Chavez !

Les
Vénézuéliens pleurant la
mort de Hugo Chavez devant l'hôpital
où il est décédé
lèvent le poing en salut à leur
commandant et président et en guise de
détermination à poursuivre la
Révolution bolivarienne.

Condamnons la déclaration
grossière
et déplorable du premier ministre Harper
Le Parti communiste du Canada
(marxiste-léniniste) condamne la
déclaration sans culture et non
civilisée du premier ministre du Canada
à l'occasion d'un événement
aussi affligeant que le décès du
dirigeant historique du Venezuela, le
président commandant Hugo Chavez.
Le premier ministre du Canada est motivé
par des définitions de la Guerre froide et
un anti-communisme profond, par l'opposition
à toute conception moderne ou le
moindrement humaine des droits. Il refuse
même de reconnaître l'immense richesse
créée par la sueur, le travail et
l'existence des peuples d'Amérique latine
et des Caraïbes que les monopoles
nord-américains, dont plusieurs ont leur
quartier général au Canada, ont
pillée. À titre de chef d'un
gouvernement d'un pays comme le Canada, qui a
bénéficié de ce pillage, il
lui incombe à tout le moins de
reconnaître avec quelque humilité la
grande contribution du président Chavez au
redressement de terribles injustices
perpétrées par les monopoles
nord-américains et leurs espions et agents
politiques.
Le premier ministre ferme les yeux à la
réalité de 2013. Le peuple
vénézuélien a
créé sa Ve République sur les
principes bolivariens qui défendent sa
souveraineté et son droit à
l'autodétermination et les tiennent comme
précieuses. Harper n'est pas capable de
voir que les peuples du Venezuela, de toute
l'Amérique latine et des Caraïbes ont
reçu en héritage le courage, la
dignité et l'espoir du commandant Hugo
Chavez. Ils ont aujourd'hui la preuve vivante
qu'ils peuvent vivre une vie de dignité,
que l'Amérique latine, les Caraïbes et
le monde entier peuvent vivre sans connaître
la pauvreté, la faim, la malnutrition,
l'analphabétisme et le désespoir. Le
premier ministre du Canada ne peut pas concevoir
qu'il existe un monde, qui comprend non seulement
le Venezuela mais également le Canada,
où les peuples pensent par eux-mêmes,
suivent leur coeur et vivent de leurs efforts, et
qu'ils vont défendre leurs acquis de leur
vie, comme l'a fait le président commandant
Hugo Chavez.
Pour promouvoir son idéologie et ses
opinions grossières, Harper utilise son
bureau de premier ministre pour traîner dans
la boue toutes les normes de diplomatie
civilisée. Il n'y a pas de mots pour
exprimer le mépris que mérite
quelqu'un qui agit de la sorte dans une occasion
aussi grave.

Le Venezuela rejette la déclaration
du premier ministre du Canada
La vice-ministre du Venezuela pour
l'Amérique du Nord, Claudia Salerno, a
livré une lettre de protestation au
gouvernement du Canada eu égard aux
déclarations émises par le premier
ministre Stephen Harper. En voici le texte
intégral :
Par la présente le ministère des
Affaires étrangères du pouvoir
populaire de la République bolivarienne du
Venezuela proteste avec véhémence et
catégoriquement contre les
déclarations insensibles et
déplacées faites par le premier
ministre du Canada Stephen Harper le 5 mars
2013, au moment où le peuple
vénézuélien pleure le
décès du président commandant
Hugo Chavez Frias.
Le ministère des Affaires
étrangères du pouvoir populaire de
la République bolivarienne, au nom du
peuple souverain qui depuis 1998 élit
librement et démocratiquement son destin
socialiste, est forcé de rappeler au
représentant du gouvernement du Canada que
c'est grâce à la Révolution
bolivarienne que notre avenir en tant que patrie
indépendante et souveraine est plus
brillant et prometteur que jamais et cela
grâce au legs que nous a laissé notre
dirigeant historique, le président
commandant Hugo Chavez Frias.
La République bolivarienne du Venezuela
s'appuie sur des institutions solidement assises
dans la constitution de 1999, lesquelles
permettent au peuple du Venezuela de continuer
à exercer son droit à
l'autodétermination et de marcher librement
et par autodétermination sur la voie du
socialisme bolivarien et de reconnaître que
cette voie est celle d'un avenir de
bien-être qui garantit le plus grand bonheur
possible pour tous.
Caracas, le 6 mars 2013

Journée
internationale de la femme 2013
Une semaine d'activités dans
toutes les régions du Québec
Dans tous les coins du Québec, les femmes
et leurs organisations tiennent manifestations,
rencontres, conférences, soupers,
échanges et discussions du 3 au 14 mars
pour célébrer le 8 mars,
Journée internationale de la femme 2013.
Côte à côte avec les femmes du
monde, elles sont actives dans tous les aspects de
la vie pour défendre leurs droits et les
droits de tous, réclamant que les
gouvernements agissent en faveur du bien public,
et non des intérêts privés.
Les occasions seront nombreuses pour discuter
collectivement des avances réalisées
et des obstacles posés dans la
réalisation de leurs droits.
En ce 8 mars 2012, les femmes réaffirment
que leur sécurité, que ce soit au
Québec, au Canada ou ailleurs dans le
monde, repose dans la lutte à la
défense des droits de toutes et tous.
Ensemble, faisons de cette journée un franc
succès !
CALENDRIER
D'ÉVÉNEMENTS

L'opposition
à
la
réforme de l'assurance-emploi continue de
grandir
Une nouvelle coalition au Québec
annonce son plan d'action
Lors d'un point de presse tenu le 4 mars
à Montréal, les représentants
de cinq organisations syndicales
québécoises et des deux principales
organisations de défense des droits des
chômeurs ont annoncé la
création de la Coalition
québécoise contre la réforme
de l'assurance-emploi. La Coalition regroupe la
Fédération des travailleurs et
travailleuses du Québec (FTQ), la
Confédération des syndicats
nationaux (CSN), la Centrale des syndicats du
Québec (CSQ), la Centrale des syndicats
démocratiques (CSD), le Syndicat de la
fonction publique et parapublique du Québec
(SFPQ), le Mouvement autonome et solidaire des
sans-emplois (MASSE), le Conseil national des
chômeurs (CNC). La coalition demande que le
gouvernement retire sa réforme, qu'il
tienne des consultations publiques sur les
changements à apporter au programme
d'assurance-emploi et qu'il mène des
études d'impact avant de procéder.
« Le gouvernement est aveuglé
par son idéologie, peut-on lire dans le
communiqué du point de presse. Il refuse de
prendre en compte les conséquences
désastreuses qu'aura cette réforme
sur tous les salarié-es et sur
l'économie du Québec dans son
ensemble. Il n'en a pas étudié les
impacts et a rejeté du revers de la main
toutes les critiques qui ont été
formulées autant par les syndicats que par
des chambres de commerce et des élus
municipaux. L'Assemblée nationale s'est
prononcée contre cette réforme
à l'unanimité. Et le pire, c'est que
ce ne sont pas les contribuables qui financent le
programme, mais bien les travailleuses et les
travailleurs eux-mêmes, exclusivement. Ce
mépris pour des milliers de familles
québécoises qui triment dur afin de
joindre les deux bouts, victimes des aléas
d'une conjoncture économique dont il ne
sont pas responsables, est tout simplement
odieux.»
Les porte-parole des organisations
présentes ont annoncé que la
coalition tiendra des manifestations pendant tout
le mois de mars menant à un rassemblement
public le 4 avril à Montréal.
La coalition entend aussi organiser des caravanes
qui sillonneront le Québec, menant aux
actions du Premier Mai qui feront une place
d'honneur à la lutte contre ces changements
régressifs à l'assurance-emploi. La
caravane poursuivra ses tournées
après les célébrations du
Premier Mai. Une manifestation nationale se
tiendra le 4 mai dans les rues de
Montréal. Le plan d'action comprend entre
autres des visites aux députés
conservateurs du Québec pour exiger qu'ils
cessent d'appuyer ces changements et fassent
résonner à Ottawa la voix de la
société québécoise qui
s'oppose fermement à cette réforme.
Les activistes du Nouveau-Brunswick discutent
de la formation d'une organisation provinciale
À la fin de janvier, les
représentants de neuf comités du
Nouveau-Brunswick contre les changements
antisociaux apportés à
l'assurance-emploi se sont réunis pour
examiner la mise sur pied d'une organisation
provinciale qui permettrait d'intensifier la lutte
contre ces changements. Les participants ont
discuté de plusieurs sujets, par exemple,
la nécessité d'exercer une plus
grande pression sur les huit députés
conservateurs de la province pour les amener
à s'opposer à ces changements et
à défendre les travailleurs comme
c'est leur devoir de le faire. Ils ont aussi
discuté de demander un nouveau projet de
loi sur l'assurance-emploi, une loi qui serait
traitée de façon distincte et non
pas comme partie d'un projet de loi omnibus et qui
serait élaborée avec la
participation active des travailleurs. Les
participants ont aussi discuté de
l'importance de consolider les liens avec des
comités qui luttent contre ces changements
rétrogrades dans les autres provinces de
l'Atlantique.
Le gouvernement de Terre-Neuve et Labrador coupe
dans le financement des programmes
d'assistance-emploi
Le gouvernement de Terre-Neuve et Labrador a
annoncé qu'il ne financera plus les
services d'assistance-emploi qui sont fournis par
un grand nombre d'organisations à la
grandeur de la province. Il s'agit d'une coupure
de 14 millions $ en subventions
fédérales qui sont
administrées par la province. Le
gouvernement de la province prétend qu'il
va investir directement ces sommes dans des
programmes d'emplois et de services plutôt
que d'assister des organismes qui aident les gens
à trouver de l'emploi. Des centaines de
personnes travaillant pour ces organismes
pourraient être congédiés.
« Nous sommes estomaqués, je dois
l'avouer, et amèrement déçus
du manque de services qui en résultera non
seulement pour la société John
Howard et les clients auxquels nous fournissons
ces services, mais pour tous les organismes de la
province », déclare Cyndy Murphy,
directrice administrative de la
société John Howard de Terre-Neuve
et du Labrador, un organisme qui aide les gens
ayant fait de la prison pour offense criminelle
à se chercher un emploi. Selon les
médias, au total 40 organisations et 72
sites seront affectés. Plusieurs de ces
organismes sont situés dans les
régions rurales de la province, les
régions qui sont les plus affectées
par la pénurie d'emploi et les changements
rétrogrades du gouvernement Harper au
programme d'assurance-emploi qui forceront les
bénéficiaires de l'AE à
accepter un emploi ou perdre leurs prestations.

Non
aux attaques contre les plus vulnérables
Les nouvelles coupures dans l'aide
sociale doivent être annulées!
- Serge Lachapelle -
En fin de
semaine dernière, les
Québécois ont appris qu'il y aura
des coupures de l'ordre de 19 millions $ dans
l'aide aux plus démunis à compter du
1er juin 2013. La ministre de l'Emploi et de la
Solidarité sociale, Agnès Maltais, a
discrètement fait publier son projet de
modification au Règlement sur l'aide aux
personnes et aux familles dans la Gazette
officielle le 27 février. Selon la Gazette
officielle, les changements qui auraient
pour but de « renforcer l'incitation au
travail » visent des allocations de 129 $
par mois versées pour « contrainte
temporaire » au travail en sus de la
prestation de base de 604 $ par mois. Deux groupes
de personnes sont visés : les 55 à
58 ans, en raison de l'âge, et les couples
ayant la charge d'un enfant d'âge
préscolaire. Le gouvernement compte aussi
limiter l'accès à des services en
toxicomanie avec hébergement, en imposant
désormais une durée (pas plus de
deux fois par année, pour un total de 90
jours).
Les personnes assistées sociales sont
parmi les plus vulnérables de notre
société. Elles doivent survivre avec
un maigre 682 $ par mois et cette existence se
transforme en une quête de tous les instants
pour la survie, ce qui a un impact
considérable sur leur santé physique
et psychologique. Plusieurs d'entre elles doivent
composer avec l'anxiété et la
dépression au point de les rendre souvent
inaptes au travail. Loin de prendre soin de ces
personnes vulnérables, le gouvernement a
décidé de les attaquer et ce, en
invoquant une hypothétique
réinsertion sur le marché du
travail.
Pour ajouter l'insulte à l'injure, le
dépôt de ce projet de
règlement arrive à quelques jours du
10e anniversaire de la Loi visant à
lutter contre la pauvreté et l'exclusion
sociale.
Le 8 février, le ministère a
publié un communiqué qui annonce une
nouvelle stratégie intitulée:
« Tous pour l'emploi: une impulsion
nouvelle avec les partenaires ». Son
message est clair: « La Commission des
partenaires du marché du travail (CPMT)
apportera un soutien important à toutes les
entreprises du Québec en investissant 175
millions $, dont 70 millions $ additionnels sur
trois ans qui proviennent du Fonds de
développement et de la reconnaissance des
compétences de la main-d'oeuvre. Cet
élargissement permettra d'appuyer quelque
3000 projets visant le développement des
compétences et l'amélioration de la
main-d'oeuvre en entreprise, ce qui
représente une augmentation de 50 % des
projets soutenus annuellement. » Autrement
dit, on propose comme solution la même
politique de payer les riches qui nous a
menés à la crise actuelle.
Selon le ministère de l'Emploi, la
première année de l'entrée en
vigueur de ce changement visera 1500
ménages par mois. La deuxième
année, 7000. La troisième, 11 500,
et enfin, la dernière, 13 900
ménages en moyenne.
Les couples ayant la garde d'un enfant de moins
de cinq ans sont aussi touchés. La
première année, 7900 ménages
sont visés. La seconde, 9700. Selon le
porte-parole du ministère François
Lefebvre, « l'objectif de ces changements
n'a rien à voir avec une économie de
moyens, mais s'inscrit dans un souci de retour
à l'emploi pour combler des besoins de
main-d'oeuvre importants et briser le cycle de la
pauvreté ».
Une dernière modification touche un groupe
des plus vulnérables, soit ceux qui
touchent une prestation spéciale couvrant
les frais de séjour pour des soins en
toxicomanie avec hébergement.
Dorénavant, ce montant ne sera pas
accordé plus de « deux fois par
période de 12 mois, jusqu'à
concurrence de 90 jours au total », dit le
texte officiel. Cela touchera 1800 prestataires la
première année et 2150 la seconde.
Cette attaque a choqué les activistes
oeuvrant pour la reconnaissance des droits de tous
et toutes. À Québec, plus d'une
cinquantaine de personnes ont tenu le 4 mars une
action devant la Bibliothèque Gabrielle Roy
où ils ont reçu l'appui de la
population pour se diriger devant les bureaux de
la ministre Maltais. Une manifestation est
également prévue à
Montréal pour le 13 mars. « C'est un
manque de courage vraiment flagrant », a
commenté le 1er mars la porte-parole du
Front commun des personnes assistées
sociales du Québec (FCPASQ) Amélie
Châteauneuf. « On va couper des gens
pour les retourner à l'allocation de base
[604 $ par mois] en présumant qu'ils vont
se trouver un emploi, mais dans le fond, on va les
affamer. » Amélie Châteauneuf,
qui dit « être
désespérée » pour ces
gens, en veut pour preuve la crise qui
sévit dans les banques alimentaires de
certaines régions, en raison de l'affluence
extraordinaire. « Quel gouvernement
épris de justice sociale ! Et après,
Mme Maltais ose accuser le gouvernement Harper de
mal gérer sa réforme
d'assurance-emploi ? C'est un peu hypocrite comme
attitude. »
Cette attaque est également un outrage
à l'encontre de tous ceux et celles qui
luttent, avec au premier rang la classe
ouvrière, pour qu'on accorde une moyen de
subsistance pour tous et toutes correspondant
à une société moderne. Cette
nouvelle attaque de pair avec celle du
gouvernement fédéral et sa «
réforme » de l'assurance-emploi
illustre l'urgente nécessité d'une
nouvelle direction pour l'économie qui
garantira les droits de tous et toutes. Seule la
classe ouvrière en tant que productrice de
toutes les richesses a la largesse d'esprit pour
diriger ce mouvement.
En ce qui concerne ce règlement, non
seulement il doit être retiré
immédiatement, mais le gouvernement doit
fournir aux personnes assistées sociales un
revenu leur permettant d'assurer tous leurs
besoins dont celui de se nourrir, se loger,
s'habiller, s'éduquer et d'avoir plein
accès aux biens culturels.
Non aux attaques contre les plus
vulnérables !
Un revenu décent pour tous et toutes !

La violence du refus d'assumer la
responsabilité
pour le bien-être de tous
- Christine Dandenault -
Le projet de règlement de la ministre de
l'Emploi et de la Solidarité sociale,
ministre du Travail et ministre responsable de la
Condition féminine, Agnès Maltais,
pour couper les prestations allouées aux
assistés sociaux, cible les personnes
âgées, les couples ayant un enfant de
moins de 5 ans et les personnes ayant besoin
de soins en toxicomanie avec hébergement.
Le gouvernement a donc décidé
à nouveau de s'en prendre au tissu social
de la société, de le fragiliser et
de lui enlever peu à peu le peu de
cohérence qui lui reste. Le gouvernement
décide de s'en prendre à nouveau
à ce qui appartient au domaine public, la
santé publique, après avoir
décidé d'augmenter les frais de
scolarité et de couper dans les budgets des
universités. Le projet de règlement
est d'une brutalité et d'une violence
troublante par ce qu'il contient. Le simple fait
d'en annoncer son contenu a sûrement mis en
crise nombre des plus démunis, dont des
personnes âgées et des parents qui
peinent à joindre les deux bouts, sous les
mesures antisociales déjà
existantes. Non seulement faut-il se battre pour
sa survie, mais il faut se battre contre la
violence d'un gouvernement qui s'attaque au droit
à un moyen de subsistance, un droit
fondamental d'un être humain pour exercer
son humanité.
Le 4 mars, cette même ministre de
l'Emploi et de la Solidarité sociale,
ministre du Travail et ministre responsable de la
Condition féminine, Agnès Maltais,
s'est rendue à New York pour participer
à la 57e session de la Commission de la
condition de la femme des Nations unies. Le
communiqué de presse indique
qu'« elle fera valoir l'expertise
québécoise en matière de
lutte contre les violences faites aux femmes
à l'occasion de cette commission, qui se
déroule du 4 au 15 mars 2013. Le
thème prioritaire est l'élimination
et la prévention de toutes les formes de
violence à l'égard des femmes et des
filles. »
« Le Québec est reconnu comme
un chef de file en matière
d'égalité entre les femmes et les
hommes, et plus particulièrement en ce qui
concerne la lutte contre les violences faites aux
femmes. Je compte alimenter encore davantage cette
notoriété en démontrant les
compétences, la responsabilité, les
réalisations et les intérêts
du Québec à cet
égard », a mentionné Mme
Maltais.
Mais elle n'a pas parlé de son projet de
règlement sur l'aide aux plus
démunis. La violence contre les femmes et
les enfants prend plusieurs formes dans une
société centrée sur les
besoins du capital. Cette violence résulte
du refus de prendre la responsabilité du
bien-être de tous nos citoyens qui bloque
l'épanouissement de tous individuellement
et de nous tous en tant que société.

Non aux attaques contre les plus
vulnérables
La ministre Maltais, le Parti
québécois et les
coupures à l'aide sociale: qui dit la
vérité?
- Communiqué du Front
commun des personnes assistées
sociales du Québec, le 4 mars 2013 -
Suite aux propos tenus par la ministre de
l'Emploi et de la Solidarité sociale,
Agnès Maltais, à l'effet qu'il n'y
aurait pas de compressions à l'aide
financière de dernier recours (aide
sociale) puisque les personnes qui verront leur
prestation diminuée de 129 $
pourraient avoir accès à une
allocation pour participer à un programme
d'employabilité de 195 $, le Front
commun des personnes assistées sociales du
Québec (FCPASQ) tient à
rétablir les faits.
Si le projet de règlement signé par
la ministre Maltais devait entrer en vigueur le
1er juin, il y aurait bel et bien des coupures
à l'aide financière de dernier
recours, dont la définition est la
suivante : aide financière
octroyée [...] aux personnes qui n'ont pas
de ressources suffisantes pour subvenir à
leurs besoins et à ceux de leur
famille ; elle regroupe le Programme d'aide
sociale et le Programme de solidarité
sociale. Les programmes d'employabilité
(parcours pour l'emploi, etc.) ne sont pas des
programmes d'aide de dernier recours. Les
différences entre ces deux types de
programmes sont multiples (critères
d'accès, durée, recours en cas de
refus, etc.) et nous invitons la ministre à
en prendre connaissance.
Le FCPASQ tient aussi à souligner que
l'allocation de 195 $ dont parle la ministre
ne parait nulle part dans le projet de
règlement, ni dans le document Tous pour
l'emploi auquel
elle s'est référée. Quant aux
objectifs de ces changements, le FCPASQ se
questionne quant au fait que la ministre ait
affirmé que le but n'était pas de
faire des économies, alors que le journal
Le Soleil a appris qu'elle aurait mis l'accent sur
l'état fragile des finances publiques pour
justifier sa décision auprès de ses
collègues et que son ministère
aurait reçu du Conseil du trésor une
« commande » de compressions
de 19 millions de dollars.
De plus, le FCPASQ maintient que la ministre a
agi en catimini, puisqu'elle a rencontré un
groupe communautaire de défense des droits
des personnes assistées sociales de sa
circonscription le 25 février et
qu'elle a choisi de ne pas les informer des
changements substantiels qu'elle avait l'intention
d'implanter et qui allaient être
publiés deux jours plus tard dans la
Gazette officielle.
La porte-parole du FCPASQ, Amélie
Châteauneuf, explique comment se sont
senties les personnes assistées sociales
face à l'attitude de la ministre :
« Le respect le plus
élémentaire aurait été
de nous informer des changements proposés,
qui sont les plus importants des dix
dernières années. Mais pour faire
preuve de respect envers des personnes, encore
faut-il avoir de la considération pour
elles ; or, la ministre diffuse des
préjugés sur les personnes
assistées sociales. Par exemple, la
ministre aurait affirmé au Soleil que ce
n'est pas normal de donner 129 $ à
quelqu'un pour qu'il reste à la maison.
Nous tenons à informer la ministre que les
personnes assistées sociales ne sont pas
à la maison, mais bien dans les refuges et
dans les banques alimentaires, d'autres sont des
proches aidants ou gardent leurs petits-enfants,
d'autres se cherchent un emploi. Ces personnes
aussi contribuent socialement, quand elles ne sont
pas occupées à temps plein à
essayer de survivre. La ministre est
complètement
déconnectée » ajoute Mme
Châteauneuf.
Questionnée sur les personnes qui,
à la fin de leur parcours pour l'emploi,
n'arriveraient pas à se trouver un emploi,
et devraient donc survivre avec 604 $, la
ministre a affirmé « qu'elle
[prenait le] le pari qu'ils trouveront un
emploi ». Que doit-on penser d'une
ministre qui fait un tel pari sur la vie des gens
les plus appauvris et leur capacité
à subvenir à leurs besoins
essentiels ? Nous sommes d'avis que la
ministre doit modifier son projet de
règlement, en excluant toute coupure dans
le revenu des personnes et des familles, tout en
maintenant le projet d'offrir aux personnes
assistées sociales de participer à
des programmes d'employabilité
personnalisés et, surtout, des formations
qualifiantes » conclut Mme
Châteauneuf.
Des mobilisations contre le projet de
règlement s'organisent, notamment le
4 mars, à 11h00 devant le bureau de
circonscription de la ministre à
Québec et le 13 mars devant le bureau
de la ministre à Montréal. La
ministre a accepté de rencontrer le FCPASQ
qui tentera de la convaincre de faire marche
arrière.

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