Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 35 - 6 mars 2013

Mort prématurée du président Hugo Chavez

Viva le président Hugo Chavez!
Vive la Révolution bolivarienne!


Les foules dans les rues de Caracas pour rendre un dernier hommage au président Hugo Chavez
au passage du cortège funèbre le 6 mars 2013
(MINCI)

Mort prématurée du président Hugo Chavez
Viva le président Hugo Chavez! Vive la Révolution bolivarienne!
Condamnons la déclaration grossière et déplorable du premier ministre Harper
Le Venezuela rejette la déclaration du premier ministre du Canada

Journée internationale de la femme 2013
Une semaine d'activités dans toutes les régions du Québec 

L'opposition à la réforme de l'assurance-emploi continue de grandir
Les travailleurs se regroupent et s'organisent au Québec et au Nouveau-Brunswick

Non aux attaques contre les plus vulnérables
Les nouvelles coupures dans l'aide sociale doivent être annulées! - Serge Lachapelle
La violence du refus d'assumer la responsabilité pour le bien-être de tous - Christine Dandenault
La ministre Maltais, le Parti québécois et les coupures à l'aide sociale: qui dit la vérité? - Communiqué du Front commun des personnes assistées sociales du Québec


Mort prématurée du président Hugo Chavez

Viva le président Hugo Chavez!
Vive la Révolution bolivarienne!

Le président Hugo Chavez est mort à 4 h 25 dans l’après-midi du mardi 5 mars 2013  à Caracas après une lutte héroïque contre le cancer. Le Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste) a fait parvenir ses plus sincères condoléances à la famille du président Chavez, au vice-président de la République bolivarienne du Venezuela,  au Parti socialiste unifié du Venezuela ainsi qu’au peuple vénézuélien.


"Chavez, le coeur de mon pays"

De la fondation du Mouvement révolutionnaire bolivarien 200 en 1982 au soulèvement populaire d’El Caracazo en 1989, à la rébellion civique-militaire de février 1992, aux deux années de prison qui suivirent, jusqu’à son élection comme président en décembre 1998 et ses réélections successives à ce poste jusqu’à  la toute dernière le 7 octobre 2012 et à son décès prématuré le 5 mars, l’action du commandant président Hugo Chavez aura été marquée de façon indélébile par la défense du bien-être du peuple vénézuélien et de la souveraineté nationale, par la lutte pour l’indépendance du Venezuela et de toute l’Amérique latine et des Caraïbes contre la tutelle et le pillage impérialistes et par la lutte pour la paix mondiale ainsi que dans sa propre région. Ce fut une lutte de tous les instants contre l’impérialisme américain et ses alliés, une lutte qui ne fait que commencer et doit se mener encore et encore.

En tant que leader de la Révolution bolivarienne et du mouvement anti-impérialiste pour la paix,  la contribution de Hugo Chavez à l’affirmation du droit à l’autodétermination des peuples d’Amérique latine et des Caraïbes a eu des répercussions dans tous les aspects de la vie : la souveraineté politique, la souveraineté économique, la souveraineté énergétique et l’opposition à la domination, à l’ingérence et aux visées guerrières impérialistes dans toute la région. Au Venezuela, l’éradication de l’analphabétisme, de l’itinérance, de la pauvreté abjecte et du chômage par la création du pouvoir populaire et de la République bolivarienne qui ont doté le peuple de son pouvoir, ce que Chavez appelait le socialisme du XXe siècle, sont des réalisations qui apportent honneur, dignité et espoir au peuple du Venezuela. L’Alliance bolivarienne pour les Amériques (ALBA), la Banque du Sud, la Communauté des États latino-américains et des Caraïbes (CELAC), l’Union des nations sud-américaines (UNASUR) et le Conseil de défense latino-américain, tous font partie des projets d’édification nationale qui ont bénéficié aux peuples de toutes les Amériques et des Caraïbes. Ce sont des réalisations que seule une personnalité historique pouvait accomplir. Ils témoignent du très grand désir de Chavez de donner aux peuples de la région les outils dont ils ont besoin pour défendre l’indépendance et la paix, pour mettre fin à la domination impérialiste, à l’étau du Fonds monétaire international, de la Banque mondiale et du « consensus de Washington  » du néolibéralisme qui est maintenant chose du passé.

Le décès prématuré du président Chavez est une perte immense pour le peuple vénézuélien et les peuples de tous les pays dont le mouvement anti-impérialiste pour la paix est l’élément crucial pour ouvrir la voie du progrès. Nous sommes convaincus que le peuple du Venezuela saura trouver la façon de transformer sa grande douleur devant la mort de son président en une puissante force en suivant son conseil de combattre et de combattre encore tous ses détracteurs et ceux qui complotent pour renverser les gains de la révolution. Vive la Révolution bolivarienne ! Nous sommes tous Chavez !


Les Vénézuéliens pleurant la mort de Hugo Chavez devant l'hôpital où il est décédé lèvent le poing en salut à leur
commandant et président et en guise de détermination à poursuivre la Révolution bolivarienne.

Haut de page


Condamnons la déclaration grossière
et déplorable du premier ministre Harper

Le Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste) condamne la déclaration sans culture et non civilisée du premier ministre du Canada à l'occasion d'un événement aussi affligeant que le décès du dirigeant historique du Venezuela, le président commandant Hugo Chavez.

Le premier ministre du Canada est motivé par des définitions de la Guerre froide et un anti-communisme profond, par l'opposition à toute conception moderne ou le moindrement humaine des droits. Il refuse même de reconnaître l'immense richesse créée par la sueur, le travail et l'existence des peuples d'Amérique latine et des Caraïbes que les monopoles nord-américains, dont plusieurs ont leur quartier général au Canada, ont pillée. À titre de chef d'un gouvernement d'un pays comme le Canada, qui a bénéficié de ce pillage, il lui incombe à tout le moins de reconnaître avec quelque humilité la grande contribution du président Chavez au redressement de terribles injustices perpétrées par les monopoles nord-américains et leurs espions et agents politiques.

Le premier ministre ferme les yeux à la réalité de 2013. Le peuple vénézuélien a créé sa Ve République sur les principes bolivariens qui défendent sa souveraineté et son droit à l'autodétermination et les tiennent comme précieuses. Harper n'est pas capable de voir que les peuples du Venezuela, de toute l'Amérique latine et des Caraïbes ont reçu en héritage le courage, la dignité et l'espoir du commandant Hugo Chavez. Ils ont aujourd'hui la preuve vivante qu'ils peuvent vivre une vie de dignité, que l'Amérique latine, les Caraïbes et le monde entier peuvent vivre sans connaître la pauvreté, la faim, la malnutrition, l'analphabétisme et le désespoir. Le premier ministre du Canada ne peut pas concevoir qu'il existe un monde, qui comprend non seulement le Venezuela mais également le Canada, où les peuples pensent par eux-mêmes, suivent leur coeur et vivent de leurs efforts, et qu'ils vont défendre leurs acquis de leur vie, comme l'a fait le président commandant Hugo Chavez.

Pour promouvoir son idéologie et ses opinions grossières, Harper utilise son bureau de premier ministre pour traîner dans la boue toutes les normes de diplomatie civilisée. Il n'y a pas de mots pour exprimer le mépris que mérite quelqu'un qui agit de la sorte dans une occasion aussi grave.

Haut de page


Le Venezuela rejette la déclaration
du premier ministre du Canada

La vice-ministre du Venezuela pour l'Amérique du Nord, Claudia Salerno, a livré une lettre de protestation au gouvernement du Canada eu égard aux déclarations émises par le premier ministre Stephen Harper. En voici le texte intégral :

Par la présente le ministère des Affaires étrangères du pouvoir populaire de la République bolivarienne du Venezuela proteste avec véhémence et catégoriquement contre les déclarations insensibles et déplacées faites par le premier ministre du Canada Stephen Harper le 5 mars 2013, au moment où le peuple vénézuélien pleure le décès du président commandant Hugo Chavez Frias.

Le ministère des Affaires étrangères du pouvoir populaire de la République bolivarienne, au nom du peuple souverain qui depuis 1998 élit librement et démocratiquement son destin socialiste, est forcé de rappeler au représentant du gouvernement du Canada que c'est grâce à la Révolution bolivarienne que notre avenir en tant que patrie indépendante et souveraine est plus brillant et prometteur que jamais et cela grâce au legs que nous a laissé notre dirigeant historique, le président commandant Hugo Chavez Frias.

La République bolivarienne du Venezuela s'appuie sur des institutions solidement assises dans la constitution de 1999, lesquelles permettent au peuple du Venezuela de continuer à exercer son droit à l'autodétermination et de marcher librement et par autodétermination sur la voie du socialisme bolivarien et de reconnaître que cette voie est celle d'un avenir de bien-être qui garantit le plus grand bonheur possible pour tous.

Caracas, le 6 mars 2013

(Traduit de l'original espagnol par LML)

Haut de page


Journée internationale de la femme 2013

Une semaine d'activités dans
toutes les régions du Québec

Dans tous les coins du Québec, les femmes et leurs organisations tiennent manifestations, rencontres, conférences, soupers, échanges et discussions du 3 au 14 mars pour célébrer le 8 mars, Journée internationale de la femme 2013. Côte à côte avec les femmes du monde, elles sont actives dans tous les aspects de la vie pour défendre leurs droits et les droits de tous, réclamant que les gouvernements agissent en faveur du bien public, et non des intérêts privés. Les occasions seront nombreuses pour discuter collectivement des avances réalisées et des obstacles posés dans la réalisation de leurs droits.

En ce 8 mars 2012, les femmes réaffirment que leur sécurité, que ce soit au Québec, au Canada ou ailleurs dans le monde, repose dans la lutte à la défense des droits de toutes et tous. Ensemble, faisons de cette journée un franc succès !

CALENDRIER D'ÉVÉNEMENTS

Haut de page


L'opposition à la réforme de l'assurance-emploi continue de grandir

Une nouvelle coalition au Québec
annonce son plan d'action

Lors d'un point de presse tenu le 4 mars à Montréal, les représentants de cinq organisations syndicales québécoises et des deux principales organisations de défense des droits des chômeurs ont annoncé la création de la Coalition québécoise contre la réforme de l'assurance-emploi. La Coalition regroupe la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), la Confédération des syndicats nationaux (CSN), la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), la Centrale des syndicats démocratiques (CSD), le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ), le Mouvement autonome et solidaire des sans-emplois (MASSE), le Conseil national des chômeurs (CNC). La coalition demande que le gouvernement retire sa réforme, qu'il tienne des consultations publiques sur les changements à apporter au programme d'assurance-emploi et qu'il mène des études d'impact avant de procéder.

« Le gouvernement est aveuglé par son idéologie, peut-on lire dans le communiqué du point de presse. Il refuse de prendre en compte les conséquences désastreuses qu'aura cette réforme sur tous les salarié-es et sur l'économie du Québec dans son ensemble. Il n'en a pas étudié les impacts et a rejeté du revers de la main toutes les critiques qui ont été formulées autant par les syndicats que par des chambres de commerce et des élus municipaux. L'Assemblée nationale s'est prononcée contre cette réforme à l'unanimité. Et le pire, c'est que ce ne sont pas les contribuables qui financent le programme, mais bien les travailleuses et les travailleurs eux-mêmes, exclusivement. Ce mépris pour des milliers de familles québécoises qui triment dur afin de joindre les deux bouts, victimes des aléas d'une conjoncture économique dont il ne sont pas responsables, est tout simplement odieux.»

Les porte-parole des organisations présentes ont annoncé que la coalition tiendra des manifestations pendant tout le mois de mars menant à un rassemblement public le 4 avril à Montréal. La coalition entend aussi organiser des caravanes qui sillonneront le Québec, menant aux actions du Premier Mai qui feront une place d'honneur à la lutte contre ces changements régressifs à l'assurance-emploi. La caravane poursuivra ses tournées après les célébrations du Premier Mai. Une manifestation nationale se tiendra le 4 mai dans les rues de Montréal. Le plan d'action comprend entre autres des visites aux députés conservateurs du Québec pour exiger qu'ils cessent d'appuyer ces changements et fassent résonner à Ottawa la voix de la société québécoise qui s'oppose fermement à cette réforme.


Les activistes du Nouveau-Brunswick discutent
de la formation d'une organisation provinciale

À la fin de janvier, les représentants de neuf comités du Nouveau-Brunswick contre les changements antisociaux apportés à l'assurance-emploi se sont réunis pour examiner la mise sur pied d'une organisation provinciale qui permettrait d'intensifier la lutte contre ces changements. Les participants ont discuté de plusieurs sujets, par exemple, la nécessité d'exercer une plus grande pression sur les huit députés conservateurs de la province pour les amener à s'opposer à ces changements et à défendre les travailleurs comme c'est leur devoir de le faire. Ils ont aussi discuté de demander un nouveau projet de loi sur l'assurance-emploi, une loi qui serait traitée de façon distincte et non pas comme partie d'un projet de loi omnibus et qui serait élaborée avec la participation active des travailleurs. Les participants ont aussi discuté de l'importance de consolider les liens avec des comités qui luttent contre ces changements rétrogrades dans les autres provinces de l'Atlantique.

Le gouvernement de Terre-Neuve et Labrador coupe
dans le financement des programmes d'assistance-emploi

Le gouvernement de Terre-Neuve et Labrador a annoncé qu'il ne financera plus les services d'assistance-emploi qui sont fournis par un grand nombre d'organisations à la grandeur de la province. Il s'agit d'une coupure de 14 millions $ en subventions fédérales qui sont administrées par la province. Le gouvernement de la province prétend qu'il va investir directement ces sommes dans des programmes d'emplois et de services plutôt que d'assister des organismes qui aident les gens à trouver de l'emploi. Des centaines de personnes travaillant pour ces organismes pourraient être congédiés. « Nous sommes estomaqués, je dois l'avouer, et amèrement déçus du manque de services qui en résultera non seulement pour la société John Howard et les clients auxquels nous fournissons ces services, mais pour tous les organismes de la province », déclare Cyndy Murphy, directrice administrative de la société John Howard de Terre-Neuve et du Labrador, un organisme qui aide les gens ayant fait de la prison pour offense criminelle à se chercher un emploi. Selon les médias, au total 40 organisations et 72 sites seront affectés. Plusieurs de ces organismes sont situés dans les régions rurales de la province, les régions qui sont les plus affectées par la pénurie d'emploi et les changements rétrogrades du gouvernement Harper au programme d'assurance-emploi qui forceront les bénéficiaires de l'AE à accepter un emploi ou perdre leurs prestations.

Haut de page


Non aux attaques contre les plus vulnérables

Les nouvelles coupures dans l'aide
sociale doivent être annulées!

En fin de semaine dernière, les Québécois ont appris qu'il y aura des coupures de l'ordre de 19 millions $ dans l'aide aux plus démunis à compter du 1er juin 2013. La ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Agnès Maltais, a discrètement fait publier son projet de modification au Règlement sur l'aide aux personnes et aux familles dans la Gazette officielle le 27 février. Selon la Gazette officielle, les changements qui auraient pour but de « renforcer l'incitation au travail » visent des allocations de 129 $ par mois versées pour « contrainte temporaire » au travail en sus de la prestation de base de 604 $ par mois. Deux groupes de personnes sont visés : les 55 à 58 ans, en raison de l'âge, et les couples ayant la charge d'un enfant d'âge préscolaire. Le gouvernement compte aussi limiter l'accès à des services en toxicomanie avec hébergement, en imposant désormais une durée (pas plus de deux fois par année, pour un total de 90 jours).

Les personnes assistées sociales sont parmi les plus vulnérables de notre société. Elles doivent survivre avec un maigre 682 $ par mois et cette existence se transforme en une quête de tous les instants pour la survie, ce qui a un impact considérable sur leur santé physique et psychologique. Plusieurs d'entre elles doivent composer avec l'anxiété et la dépression au point de les rendre souvent inaptes au travail. Loin de prendre soin de ces personnes vulnérables, le gouvernement a décidé de les attaquer et ce, en invoquant une hypothétique réinsertion sur le marché du travail.

Pour ajouter l'insulte à l'injure, le dépôt de ce projet de règlement arrive à quelques jours du 10e anniversaire de la Loi visant à lutter contre la pauvreté et l'exclusion sociale.

Le 8 février, le ministère a publié un communiqué qui annonce une nouvelle stratégie intitulée: « Tous pour l'emploi: une impulsion nouvelle avec les partenaires ». Son message est clair: « La Commission des partenaires du marché du travail (CPMT) apportera un soutien important à toutes les entreprises du Québec en investissant 175 millions $, dont 70 millions $ additionnels sur trois ans qui proviennent du Fonds de développement et de la reconnaissance des compétences de la main-d'oeuvre. Cet élargissement permettra d'appuyer quelque 3000 projets visant le développement des compétences et l'amélioration de la main-d'oeuvre en entreprise, ce qui représente une augmentation de 50 % des projets soutenus annuellement. » Autrement dit, on propose comme solution la même politique de payer les riches qui nous a menés à la crise actuelle.

Selon le ministère de l'Emploi, la première année de l'entrée en vigueur de ce changement visera 1500 ménages par mois. La deuxième année, 7000. La troisième, 11 500, et enfin, la dernière, 13 900 ménages en moyenne.

Les couples ayant la garde d'un enfant de moins de cinq ans sont aussi touchés. La première année, 7900 ménages sont visés. La seconde, 9700. Selon le porte-parole du ministère François Lefebvre, « l'objectif de ces changements n'a rien à voir avec une économie de moyens, mais s'inscrit dans un souci de retour à l'emploi pour combler des besoins de main-d'oeuvre importants et briser le cycle de la pauvreté ».

Une dernière modification touche un groupe des plus vulnérables, soit ceux qui touchent une prestation spéciale couvrant les frais de séjour pour des soins en toxicomanie avec hébergement. Dorénavant, ce montant ne sera pas accordé plus de « deux fois par période de 12 mois, jusqu'à concurrence de 90 jours au total », dit le texte officiel. Cela touchera 1800 prestataires la première année et 2150 la seconde.

Cette attaque a choqué les activistes oeuvrant pour la reconnaissance des droits de tous et toutes. À Québec, plus d'une cinquantaine de personnes ont tenu le 4 mars une action devant la Bibliothèque Gabrielle Roy où ils ont reçu l'appui de la population pour se diriger devant les bureaux de la ministre Maltais. Une manifestation est également prévue à Montréal pour le 13 mars. « C'est un manque de courage vraiment flagrant », a commenté le 1er mars la porte-parole du Front commun des personnes assistées sociales du Québec (FCPASQ) Amélie Châteauneuf. « On va couper des gens pour les retourner à l'allocation de base [604 $ par mois] en présumant qu'ils vont se trouver un emploi, mais dans le fond, on va les affamer. » Amélie Châteauneuf, qui dit « être désespérée » pour ces gens, en veut pour preuve la crise qui sévit dans les banques alimentaires de certaines régions, en raison de l'affluence extraordinaire. « Quel gouvernement épris de justice sociale ! Et après, Mme Maltais ose accuser le gouvernement Harper de mal gérer sa réforme d'assurance-emploi ? C'est un peu hypocrite comme attitude. »

Cette attaque est également un outrage à l'encontre de tous ceux et celles qui luttent, avec au premier rang la classe ouvrière, pour qu'on accorde une moyen de subsistance pour tous et toutes correspondant à une société moderne. Cette nouvelle attaque de pair avec celle du gouvernement fédéral et sa « réforme » de l'assurance-emploi illustre l'urgente nécessité d'une nouvelle direction pour l'économie qui garantira les droits de tous et toutes. Seule la classe ouvrière en tant que productrice de toutes les richesses a la largesse d'esprit pour diriger ce mouvement.

En ce qui concerne ce règlement, non seulement il doit être retiré immédiatement, mais le gouvernement doit fournir aux personnes assistées sociales un revenu leur permettant d'assurer tous leurs besoins dont celui de se nourrir, se loger, s'habiller, s'éduquer et d'avoir plein accès aux biens culturels.

Non aux attaques contre les plus vulnérables !
Un revenu décent pour tous et toutes !

Haut de page


La violence du refus d'assumer la responsabilité
pour le bien-être de tous

Le projet de règlement de la ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, ministre du Travail et ministre responsable de la Condition féminine, Agnès Maltais, pour couper les prestations allouées aux assistés sociaux, cible les personnes âgées, les couples ayant un enfant de moins de 5 ans et les personnes ayant besoin de soins en toxicomanie avec hébergement.

Le gouvernement a donc décidé à nouveau de s'en prendre au tissu social de la société, de le fragiliser et de lui enlever peu à peu le peu de cohérence qui lui reste. Le gouvernement décide de s'en prendre à nouveau à ce qui appartient au domaine public, la santé publique, après avoir décidé d'augmenter les frais de scolarité et de couper dans les budgets des universités. Le projet de règlement est d'une brutalité et d'une violence troublante par ce qu'il contient. Le simple fait d'en annoncer son contenu a sûrement mis en crise nombre des plus démunis, dont des personnes âgées et des parents qui peinent à joindre les deux bouts, sous les mesures antisociales déjà existantes. Non seulement faut-il se battre pour sa survie, mais il faut se battre contre la violence d'un gouvernement qui s'attaque au droit à un moyen de subsistance, un droit fondamental d'un être humain pour exercer son humanité.

Le 4 mars, cette même ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, ministre du Travail et ministre responsable de la Condition féminine, Agnès Maltais, s'est rendue à New York pour participer à la 57e session de la Commission de la condition de la femme des Nations unies. Le communiqué de presse indique qu'« elle fera valoir l'expertise québécoise en matière de lutte contre les violences faites aux femmes à l'occasion de cette commission, qui se déroule du 4 au 15 mars 2013. Le thème prioritaire est l'élimination et la prévention de toutes les formes de violence à l'égard des femmes et des filles. »

« Le Québec est reconnu comme un chef de file en matière d'égalité entre les femmes et les hommes, et plus particulièrement en ce qui concerne la lutte contre les violences faites aux femmes. Je compte alimenter encore davantage cette notoriété en démontrant les compétences, la responsabilité, les réalisations et les intérêts du Québec à cet égard », a mentionné Mme Maltais.

Mais elle n'a pas parlé de son projet de règlement sur l'aide aux plus démunis. La violence contre les femmes et les enfants prend plusieurs formes dans une société centrée sur les besoins du capital. Cette violence résulte du refus de prendre la responsabilité du bien-être de tous nos citoyens qui bloque l'épanouissement de tous individuellement et de nous tous en tant que société.


Haut de page


Non aux attaques contre les plus vulnérables

La ministre Maltais, le Parti québécois et les
coupures à l'aide sociale: qui dit la vérité?

Suite aux propos tenus par la ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Agnès Maltais, à l'effet qu'il n'y aurait pas de compressions à l'aide financière de dernier recours (aide sociale) puisque les personnes qui verront leur prestation diminuée de 129 $ pourraient avoir accès à une allocation pour participer à un programme d'employabilité de 195 $, le Front commun des personnes assistées sociales du Québec (FCPASQ) tient à rétablir les faits.

Si le projet de règlement signé par la ministre Maltais devait entrer en vigueur le 1er juin, il y aurait bel et bien des coupures à l'aide financière de dernier recours, dont la définition est la suivante : aide financière octroyée [...] aux personnes qui n'ont pas de ressources suffisantes pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille ; elle regroupe le Programme d'aide sociale et le Programme de solidarité sociale. Les programmes d'employabilité (parcours pour l'emploi, etc.) ne sont pas des programmes d'aide de dernier recours. Les différences entre ces deux types de programmes sont multiples (critères d'accès, durée, recours en cas de refus, etc.) et nous invitons la ministre à en prendre connaissance.

Le FCPASQ tient aussi à souligner que l'allocation de 195 $ dont parle la ministre ne parait nulle part dans le projet de règlement, ni dans le document Tous pour l'emploi auquel elle s'est référée. Quant aux objectifs de ces changements, le FCPASQ se questionne quant au fait que la ministre ait affirmé que le but n'était pas de faire des économies, alors que le journal Le Soleil a appris qu'elle aurait mis l'accent sur l'état fragile des finances publiques pour justifier sa décision auprès de ses collègues et que son ministère aurait reçu du Conseil du trésor une « commande » de compressions de 19 millions de dollars.

De plus, le FCPASQ maintient que la ministre a agi en catimini, puisqu'elle a rencontré un groupe communautaire de défense des droits des personnes assistées sociales de sa circonscription le 25 février et qu'elle a choisi de ne pas les informer des changements substantiels qu'elle avait l'intention d'implanter et qui allaient être publiés deux jours plus tard dans la Gazette officielle.

La porte-parole du FCPASQ, Amélie Châteauneuf, explique comment se sont senties les personnes assistées sociales face à l'attitude de la ministre : « Le respect le plus élémentaire aurait été de nous informer des changements proposés, qui sont les plus importants des dix dernières années. Mais pour faire preuve de respect envers des personnes, encore faut-il avoir de la considération pour elles ; or, la ministre diffuse des préjugés sur les personnes assistées sociales. Par exemple, la ministre aurait affirmé au Soleil que ce n'est pas normal de donner 129 $ à quelqu'un pour qu'il reste à la maison. Nous tenons à informer la ministre que les personnes assistées sociales ne sont pas à la maison, mais bien dans les refuges et dans les banques alimentaires, d'autres sont des proches aidants ou gardent leurs petits-enfants, d'autres se cherchent un emploi. Ces personnes aussi contribuent socialement, quand elles ne sont pas occupées à temps plein à essayer de survivre. La ministre est complètement déconnectée » ajoute Mme Châteauneuf.

Questionnée sur les personnes qui, à la fin de leur parcours pour l'emploi, n'arriveraient pas à se trouver un emploi, et devraient donc survivre avec 604 $, la ministre a affirmé « qu'elle [prenait le] le pari qu'ils trouveront un emploi ». Que doit-on penser d'une ministre qui fait un tel pari sur la vie des gens les plus appauvris et leur capacité à subvenir à leurs besoins essentiels ? Nous sommes d'avis que la ministre doit modifier son projet de règlement, en excluant toute coupure dans le revenu des personnes et des familles, tout en maintenant le projet d'offrir aux personnes assistées sociales de participer à des programmes d'employabilité personnalisés et, surtout, des formations qualifiantes » conclut Mme Châteauneuf.

Des mobilisations contre le projet de règlement s'organisent, notamment le 4 mars, à 11h00 devant le bureau de circonscription de la ministre à Québec et le 13 mars devant le bureau de la ministre à Montréal. La ministre a accepté de rencontrer le FCPASQ qui tentera de la convaincre de faire marche arrière.

Haut de page


Lisez Le Marxiste-Léniniste
Site web:  www.pccml.ca   Courriel: redaction@cpcml.ca