Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 34 - 5 mars 2013

Sans dignité du travail pas de dignité pour le Canada

Opposition à la loi antiouvrière
du gouvernement Harper au Sénat

Sans dignité du travail pas de dignité pour le Canada
Opposition à la loi antiouvrière du gouvernement Harper au Sénat
Dangereuse réforme de la loi du travail en Saskatchewan - Peggy Morton
Le gouvernement de la Saskatchewan réécrit complètement les lois du travail

Le droit de conscience est un droit humain
Le nouveau bureau de l'intolérance officielle de Harper viole le droit de conscience - Dougal MacDonald


Sans dignité du travail pas de dignité pour le Canada

Opposition à la loi antiouvrière
du gouvernement Harper au Sénat

Le projet de loi C-377, la loi antiouvrière du gouvernement Harper qui a pour titre Loi modifiant la Loi de l'impôt sur le revenu (exigences applicables aux organisations ouvrières), se heurte encore à une opposition, cette fois-ci au Sénat.

Le projet de loi C-377 impose aux syndicats un régime de reddition de compte strict et lourd qu'aucune autre entreprise ou organisation se voit imposer au Canada. Il est apparu comme projet de loi émanant d'un député le 5 décembre 2011, il a été adopté par le gouvernement Harper à la Chambre des communes le 12 décembre 2012 et il est présentement en deuxième lecture au Sénat. En octobre 2012, le Syndicat des professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) a reçu un avis juridique à l'effet que le projet de loi amendant la loi de l'impôt sur le revenu pour les organisations ouvrières est inconstitutionnel.[1]

La loi oblige entre autres les syndicats à faire rapport de toute transaction individuelle de plus de 5 000 $ et identifier les deux parties, le but et la description de la transaction. Les versements à des officiers, directeurs et fiduciaires devront être rapportés et les syndicats devront indiquer le pourcentage de temps consacré aux activités politiques et de lobbying. Cette information serait affichée sur le site de l'Agence du revenu du Canada.

Le 14 février le sénateur conservateur Hugh Segal s'en est pris à l'esprit anti-travailleur du projet de loi lors de la deuxième lecture au Sénat. Il a recommandé aux sénateurs d'apporter des amendements importants dans les débats en comité ou, si cela n'est pas permis, de l'arrêter. Voici des extraits de ses remarques et du débat qui a suivi.

* * *

Sénateur Hugh Segal : « Honorables sénateurs, avec la permission de la sénatrice Ringuette, qui avait proposé l'ajournement du débat sur cette motion, je prends la parole au sujet du projet de loi C-377. J'estime que le projet de loi doit être amendé et examiné d'un oeil critique par le comité. En revanche, je ne m'opposerai pas à ce projet de loi à l'étape de la deuxième lecture même si, par principe, je ne peux pas voter en sa faveur. Permettez- moi de vous expliquer pourquoi je juge que le projet de loi C-377, qui vise à exiger que les syndicats fournissent plus de renseignements financiers à l'ARC, est une loi et une politique publique de piètre qualité et constituerait un recul pour l'ordre et la liberté qui devraient exister dans toute société de marché mixte, démocratique et pluraliste.

« Bien que je ne remette pas en question la bonne foi et la croyance inébranlable en la transparence de ceux qui, à l'autre endroit, ont proposé et appuyé cette mesure législative, ni de mon estimée collègue, la sénatrice Eaton, qui parraine le projet de loi ici, je tiens à souligner que, si la transparence sert le bien commun, l'appliquer de manière discriminatoire est nuisible et ne peut qu'engendrer la discorde.

« Comme je suis conservateur, j'estime que la société prospère lorsque différents points de vue, de gauche et de droite, au sujet des priorités publiques sont exprimés par une diversité de groupes, de personnes et d'intérêts. Le débat entre groupes opposés en cette enceinte, à l'autre endroit et dans l'ensemble de la société est l'essence même de la démocratie. Il n'est jamais dans l'intérêt à long terme d'une société libre et ordonnée de limiter la portée ou la profondeur des débats.

« Demander à l'Agence du revenu du Canada de jouer à la police pour scruter les dépenses de plus de 5 000 $ que font les syndicats aurait pour effet de l'obliger à assumer une responsabilité supplémentaire, avec tout ce que cela implique de lourdeurs administratives, d'interventions de l'État et de dépenses publiques supplémentaires. En tant que contribuable et sénateur conservateur, je m'oppose à ce genre d'augmentation des pouvoirs ou des dépenses de n'importe quelle administration publique.

« Avec le seuil de 5 000 $ prévu dans le projet de loi, un syndicat serait obligé de déclarer publiquement tout achat d'une provision de café pour deux ans, d'une voiture d'occasion, d'un ordinateur ou d'une imprimante. Il en serait de même s'il fallait que le syndicat remplace la plomberie ou la chaudière de l'immeuble abritant ses bureaux. L'Agence du revenu du Canada est-elle si peu occupée ? [...]

« Mon collègue de l'Île-du-Prince-Édouard, le sénateur Downe, a parlé avec éloquence de la nécessité d'intensifier la lutte contre l'évasion fiscale. Souhaitons-nous que les gens qui pourraient être affectés à cette lutte s'occupent plutôt de déterminer quelle section locale d'un syndicat a acheté une nouvelle chaudière pour son bureau ? Pourtant, c'est ce qu'implique le projet de loi.

« S'il faut imposer aux syndicats les obligations prévues dans le projet de loi, pourquoi ne pas exiger la même chose des clubs Rotary, de l'Institut Fraser, des congrégations chrétiennes, musulmanes et juives du Canada, du Conseil canadien des chefs d'entreprise, des concessionnaires d'automobiles ou des nombreuses associations d'agriculteurs, comme les associations d'éleveurs ou la Fédération de l'agriculture de l'Ontario, tous des organismes qui font un travail formidable ?

« Pourquoi pas les associations de circonscription, les banques alimentaires, les soupes populaires ou les clubs de chasse et pêche ?

« Tous ces groupes expriment leur point de vue sur les politiques. Ils ont tous le droit, en vertu des lois électorales, de travailler bénévolement lors des campagnes électorales municipales, provinciales ou fédérales. Ils viennent tous à Ottawa pour défendre leur point de vue et exercer des pressions sur le gouvernement dans les dossiers auxquels ils attachent de l'importance. Ils le font à l'instar des représentants de l'industrie de la défense, des Premières nations et de divers groupes culturels. Doivent-ils tous désormais être soumis à la bureaucratie de l'Agence du revenu du Canada ? Le projet de loi nous amènerait vers une telle situation. Si l'Agence du revenu du Canada doit être investie du pouvoir politique de juger quelles dépenses sont appropriées, sur quels critères s'appuiera-t-elle ? Le projet de loi est muet à ce sujet.

« Honorables sénateurs, il y a d'autres dispositions douteuses et fort inquiétantes, comme l'alinéa 149.01(3)a), à la page 2. Il dit que les renseignements seront présentés 'en la forme prescrite et contenant les renseignements prescrits [...]'. Prescrits par qui ? Des employés du Bureau du Conseil privé ou encore du ministère du Travail ? Allons donc.

« Le sous-alinéa 149.01(3)b)(ix) précise qu'on devra fournir l'état des déboursés relatifs aux activités de relations de travail, sans exiger le même niveau de divulgation de la partie patronale. Pourquoi ne pas présenter une loi qui oblige mon parti à divulguer au Parti libéral du Canada ou au NPD, deux semaines avant que les élections soient déclenchées, ses débours relatifs aux activités de campagne, aux déplacements, à la recherche et à la publicité ?

« Ou peut-être devrions-nous obliger Coca-Cola à divulguer à Pepsi son plan de marketing et toute dépense de plus de 5 000 $ ?

« Pourquoi ne pas obliger les Canadiens de Montréal à signaler aux Bruins de Boston si l'entraîneur a dépensé plus de 5 000 $ dans un restaurant à Boston où il a invité l'équipe à manger, précisant le nom du restaurant ?

« Le projet de loi sent l'État orwellien à plein nez ; il est manifestement antisyndical ; enfin, il amoindrit la primauté de la liberté d'expression, de la liberté de réunion et de la libre négociation collective.

« Si le projet de loi est adopté, qu'est-ce qui empêchera les simples députés de l'autre endroit de présenter des projets de loi visant les journaux, les réseaux télévisés et autres, les groupes d'étudiants, les universités, les ligues de baseball junior, et même, Dieu nous en garde, les organisations de soccer communautaires ? Le projet de loi n'augure rien de bon, honorables sénateurs.

« Si les syndicats doivent divulguer ces renseignements, les concessionnaires automobiles le devraient aussi, tout comme l'Institut C.D Howe, le Centre canadien de politiques alternatives, toutes les filiales locales de la Légion et les autres organisations locales.

« A-t-on décidé que l'ARC a plusieurs employés qui n'ont rien à faire ? Quand est-ce que cette réunion a eu lieu ? Qui est venu à cette conclusion ? Pour s'acquitter de sa nouvelle mission fouineuse, l'ARC devra embaucher de nouveaux employés et aura besoin d'un fonds d'exploitation de 2,5 millions de dollars, en plus de 800 000 $ de plus par année. Ce sont les estimations de l'agence. Pour sa part, le directeur parlementaire du budget dit que le chiffre sera bien plus élevé encore. [...]

« Les répercussions négatives de ce projet de loi, qui permet la participation de l'ARC à des missions politiques et restreint les libertés, sont anémiantes et choquantes. Le projet de loi dont nous sommes saisis aujourd'hui et la loi sur le droit au travail qui a été présentée à la Chambre des communes sous forme de projet de loi d'initiative parlementaire ne représentent pas les valeurs des Canadiens. Il est temps que le Sénat le dise. [...]

« Honorables sénateurs, je connais des dirigeants syndicaux qui me déplaisent et auxquels je ne fais pas confiance. Certains sont mesquins, bornés, séditieux et négatifs, mais je défends leur droit de promouvoir ce qu'ils estiment être dans l'intérêt de leurs membres. Je connais des dirigeants d'entreprise, des dirigeants politiques et des dirigeants d'organismes sans but lucratif qui ont les mêmes défauts.

« Nous avons vu des coalitions financées par des organisations ouvrières qui semblaient modérées faire campagne contre les conservateurs à divers moments pendant les élections provinciales. Ce sont les lois électorales, et non la Loi de l'impôt sur le revenu du Canada, qui devraient être modifiées afin que les gens, qu'ils soient de droite ou de gauche, ne puissent plus agir ainsi sans limite de dépense et doivent publier rapidement un bilan complet de leurs dépenses. Cela exige une modification des lois électorales, et non une inquisition de la part de l'ARC.

« Alors que je m'apprête à ajourner le débat au nom de la sénatrice Ringuette, je recommande vivement aux sénateurs des deux côtés de la Chambre de réfléchir sur les façons de remanier le projet de loi ou, au besoin — s'il n'est pas remanié à l'étape de la troisième lecture —, d'envisager la possibilité de le rejeter. [...] »

L'honorable Pierrette Ringuette : « [...] Afin que nous puissions aborder la question qui nous occupe de façon mesurée, le sénateur envisagerait-il la présentation d'un amendement pour équilibrer le projet de loi ? »

Le sénateur Segal : « Je remercie la sénatrice de sa question. Si j'ai nommé d'autres organisations qui, si nous voulions être justes, devraient être tenues de déclarer leurs dépenses supérieures ou égales à 5 000 $, ce n'est pas parce que je souhaite un élargissement du rôle de l'État plus grand que ce que le projet de loi prévoit. Je les ai énumérées pour que les sénateurs puissent réfléchir, ici et au comité, à la meilleure façon de remédier au déséquilibre qu'entraîne le projet de loi.

« Comme je suis un conservateur, je ne suis pas enclin à élargir le rôle de l'État en lui demandant d'examiner les chiffres d'autres organisations. Je veux rendre justice au gouvernement : à l'autre endroit, au comité, le parti ministériel a tenté de hausser considérablement le seuil, qui est de 5 000 $, pour éviter qu'on ne « fouine » trop dans les activités légitimes des syndicats. Je ne crois pas qu'il y soit parvenu, mais je pense qu'il a essayé. Il y a eu une décision sur la présentation d'amendements à la Chambre.

« Le gouvernement s'est efforcé d'atténuer quelque peu ce projet de loi d'initiative parlementaire, présenté en toute bonne foi. Il n'y est pas parvenu. Nous voilà maintenant saisis du projet de loi. Je ne veux pas préjuger de ce que les sénateurs qui siègent au comité décideront de faire, mais je crois que nous pourrions inviter toute une gamme de témoins désireux de discuter des incidences de cette mesure sur la libre négociation collective, sur une économie de marché mixte et sur la relation entre patronat et syndicats. Ces gens pourraient venir exprimer leur point de vue et nous faire profiter de leur sagesse. Nous pourrions ensuite prendre une décision éclairée. »[2]

Notes

1. Voir LML du 14 novembre 2012.
2. Débats du Sénat (Handard), le jeudi 14 février 2013

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Dangereuse réforme de la loi
du travail en Saskatchewan

Le 4 décembre 2012, le gouvernement de la Saskatchewan a déposé le projet de loi 85 qui révise les lois du travail de la province. Le projet de loi 85 annule 12 lois et en amende 21 autres, dont la loi sur les normes minimales du travail, la loi sur la santé et la sécurité du travail, la loi sur les syndicats, la loi sur les relations de travail dans l'industrie de la construction et la loi sur la réorganisation des relations de travail dans le secteur de la santé. Le projet de loi 85 est à l'ordre du jour de l'Assemblée législative de la Saskatchewan qui a repris ses travaux le 4 mars.

Selon la Fédération des travailleurs de la Saskatchewan, la nouvelle loi va changer de fonds en comble les normes minimales du travail qui régissent les conditions de travail dans la province. Elle rend aussi plus difficile pour les travailleurs de se syndiquer.

Le nouveau projet de loi de 184 pages annule et amende plus de 900 pages de lois du travail. Plusieurs sections des lois actuelles ne seront pas incluses dans la nouvelle loi mais feront l'objet de règlements. L'approbation du parlement n'est pas requise pour les règlements, lesquels peuvent être modifiés à n'importe quel moment par le pouvoir exécutif, ce qui étend le champ d'action du pouvoir exécutif. La Fédération des travailleurs de la Saskatchewan fait remarquer qu'à plus de 350 endroits le projet de loi se réfère à des règlements qui approuveront ou interdiront telle ou telle mesure. « Il y a tellement de choses qui ne sont pas spécifiées, lit-on dans un communiqué de la fédération, qu'il est difficile de se faire une idée de l'impact de ces changements jusqu'à ce qu'on ait connaissance des règlements. »

La Fédération des travailleurs et d'autres syndicats ont identifié d'importants changements qui sont introduits par le projet de loi. Le gouvernement en a aussi produit son propre résumé. Son document montre que les changements qui sont proposés constituent une charge contre le droit des travailleurs de s'organiser et de défendre leurs intérêts collectifs et les intérêts de la société. On y réécrit les normes minimales du travail, les lois des relations de travail et de la santé et sécurité au travail afin de donner encore plus le champ libre aux monopoles, surtout en ce qui concerne le pillage des ressources.

Le gouvernement de Brad Wall affirme vouloir « moderniser » et « renouveler » la législation du travail. Cette volonté est censée être exprimée dans les principes de la loi selon lesquels « les syndicats doivent pratiquer une gouvernance responsable et faire preuve de transparence ; la loi doit refléter la réalité des endroits de travail et des pratiques de travail modernes ». Quelle « réalité moderne » le gouvernement Wall a-t-il en tête ? C'est cette situation où les intérêts privés se sont saisis des gouvernements et où l'État est mis au service de ces intérêts privés. Ces changements législatifs servent en particulier les monopoles de l'extraction des ressources en leur facilitant le pillage des ressources naturelles. Cela explique les attaques contre les syndicats pour rendre plus difficile pour les travailleurs de s'organiser et de défendre leurs intérêts collectifs et l'intérêt général de la société.

Le projet de loi 85 ne va rien « moderniser ». Moderniser c'est affirmer les droits et mettre en place des arrangements qui les garantissent. Le projet de loi 85 est un clou de plus dans le cercueil des arrangements établis par le contrat social de l'après Deuxième Guerre mondiale, qui sont à l'origine de la majeure partie de la législation du travail qui est maintenant en train d'être réécrite. Cet arrangement d'après-guerre reconnaissait que l'économie est une relation sociale et que les deux parties dans la relation — la classe ouvrière et les détenteurs du capital, les employés et les employeurs — doivent établir entre eux un équilibre mutuellement bénéfique. Les travailleurs pouvaient s'attendre à des salaires, à des conditions de travail et à des soins de santé et des pensions à un standard canadien tandis que les détenteurs du capital pouvaient compter sur le fait que la classe ouvrière ne s'organiserait pas sur la base de sa propre politique indépendante et de son droit légitime de décider de la direction de l'économie.

Le premier ministre de la Saskatchewan caresse le grand projet de réduire à rien le droit des travailleurs de s'organiser et de résister. Dans la période précédant le dépôt du projet de loi 85, ce gouvernement a menacé d'éliminer la Formula Rand afin d'éliminer la perception automatique des cotisations syndicales. Il a menacé de faire adopter des lois du type « droit au travail » de l'État du Michigan qui visent à mettre en déroute le mouvement syndical en le privant des ressources dont il a besoin pour fonctionner et faire son travail organisationnel. Même si le projet de loi qui a été déposé ne va pas aussi loin dans le démantèlement des arrangements existants, la menace demeure sous forme de chantage.

La « réalité » que le gouvernement Wall demande aux travailleurs d'accepter c'est celle d'une relation sociale à sens unique où le droit de monopole supplante tous les autres droits. Cela va créer un déséquilibre profond que la classe ouvrière ne peut pas et ne va pas accepter et qui serait dès plus dangereux pour la société et l'économie socialisée. L'opposition ouvrière organise les travailleurs contre l'imposition de ce déséquilibre et contre l'utilisation illégitime du pouvoir d'État pour nier les droits des travailleurs. Il faut établir un nouvel équilibre basé sur l'avantage mutuel qui repose sur la reconnaissance des droits des travailleurs et qui fait échec à la négation de ces droits et à la criminalisation du droit de résister.

Le point de départ de normes de travail, de lois de relations de travail et de santé et sécurité au travail qui sont modernes, c'est la reconnaissance que les travailleurs sont les producteurs et que les détenteurs du capital sont un coût pour l'économie. L'expression « relations de travail » perdrait elle-même sa signification. Une définition moderne nie la perspective centrée sur le capital selon laquelle les travailleurs, qui sont les véritables producteurs, sont de la main-d'oeuvre — le travail comme coût de production, une marchandise. Selon la définition moderne, les travailleurs ont des droits du fait qu'ils sont les vrais producteurs et qu'ils dispensent les services et ne sont en rien une marchandise. Être moderne, c'est reconnaître la réclamation des travailleurs à tout ce qu'ils produisent et leur droit de contrôler la direction de l'économie socialisée. La vieille relation maître-serviteur sur laquelle les « relations de travail » actuelles sont basées deviendrait une relique du passé, là où elle appartient de pair avec les concepts de maître et esclave, de serf et de seigneur et tous les concepts correspondant aux relations basées sur les privilèges de classe et l'exploitation des personnes par les personnes.

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Le gouvernement de la Saskatchewan réécrit complètement les lois du travail

Le gouvernement de la Saskatchewan a déposé en décembre 2012 le projet de loi 85, la Loi sur l'emploi en Saskatchewan (SEA)[1], dans lequel il réécrit complètement les lois des normes minimales du travail, la loi des relations de travail et la loi sur la santé et la sécurité du travail. La Fédération des travailleurs de la Saskatchewan et d'autres représentants syndicaux ont fait remarquer que la législation du travail y est annulée ou réécrite de façon à laisser encore plus le champ libre aux monopoles, surtout en ce qui concerne le pillage des ressources.

Le gouvernement a organisé des consultations sur la législation du travail en mai 2012. Il a également établi un comité consultatif du travail qui est en fonction depuis 10 mois. Les syndicats n'ont cependant commencé à réaliser toute l'ampleur et la substance des changements que lorsque le projet de loi a été déposé. « Nous avons étudié la SEA avec attention et, malgré l'apparente bonne volonté qui règne à la table du Comité consultatif, la loi 85 changera en profondeur les lois du travail en Saskatchewan », dit Hugh Wagner, membre du Comité consultatif. La Fédération des travailleurs et plusieurs syndicats demandent au gouvernement de revoir son projet de loi.

« Si la SEA devient la nouvelle consolidation des lois du travail de la province, selon Wagner, les travailleurs (en particulier les jeunes, les immigrants et d'autres travailleurs vulnérables) souffriront d'un affaiblissement hâtif de nos normes du travail actuelles, qui établissent les minimums obligatoires pour tous les travailleurs de la Saskatchewan ».

« Des relations de travail maintenant stables dans tous les secteurs risquent de sombrer dans le chaos. Des milliers de travailleurs syndiqués pourraient perdre leur droit à la libre négociation collective et à être représentés par le syndicat de leur choix. Les litiges deviendront monnaie courante à mesure que les négociations collectives se fragmenteront, les unités de négociation se multiplieront et le dédoublement des négociations fera grimper les coûts pour les employeurs, les syndicats et le public. »

Attaques contre les normes minimales du travail

La Fédération des travailleurs de la Saskatchewan mentionne les changements suivants qui vont éroder les normes les plus minimales dans les endroits de travail :

- les fins de semaine deviennent pratiquement non existantes ;

- les pauses pour le dîner seront permises là où l'employeur le jugera raisonnable ;

- la journée de travail de 8 heures et la semaine de travail de 40 heures disparaissent parce que la responsabilité d'établir la semaine de travail n'appartient plus à la loi, mais est laissée à la discrétion des employeurs.

Selon le Syndicat canadien de la fonction publique, les travailleurs pourraient perdre leurs droit au temps supplémentaire payé à un montant supérieur au temps régulier, à la limitation légale des heures de travail régulières et aux congés payés statutaires.

Le droit de se syndiquer

Le projet de loi 85 s'attaque de multiples façons au droit des travailleurs de se syndiquer et de s'organiser en collectifs. De nombreux travailleurs se voir nier le droit de se syndiquer parce que la loi ne les considérera plus comme des « employés ». Traditionnellement les lois du travail interdisent la syndicalisation aux employés qui ont le droit d'engager, de congédier ou de prendre des mesures disciplinaires contre d'autres employés. Dans le projet de loi, cette interdiction s'applique à quiconque travaille à la planification stratégique d'entreprise, à la consultation au sujet des politiques de même qu'à la mise en oeuvre et à la planification des budgets.

Les unités de négociation existantes sont fragmentées et les travailleurs qui ont des responsabilités de « supervision » ne pourront plus être membres du même syndicat que celui des employés qu'ils supervisent sauf si l'employeur y consent. Don Morgan, le ministre des Relations de travail et de la Sécurité du travail, prétend faire cela pour protéger les membres des syndicats. L'objectif visé, selon lui, « n'est pas de briser ou de tenter de rendre inefficace l'action collective ». Cette section aurait plutôt comme but selon lui d'éviter les situations conflictuelles, un délégué syndical par exemple qui serait également un superviseur. « S'ils veulent faire un grief, vont-ils aller voir leur patron qui se trouve à être également leur délégué syndical ? », demande Morgan.

Bob Byomen, le président du Syndicat des employés généraux et du gouvernement de la Saskatchewan, a dit que « passer une loi qui interdit à un grande nombre de travailleurs de se syndiquer va éroder la capacité des syndicats à négocier d'une façon qui a un impact réel et peut aussi priver des membres de syndicats de leur droit garanti par la Charte de se joindre au syndicat de leur choix ».

Une porte ouverte aux syndicats de compagnie

Les « syndicats » de compagnie comme l'Association Chrétienne des Travailleurs du Canada (la CLAC) s'appuient sur deux méthodes de certification. Une est la certification volontaire par l'employeur. L'autre est une demande de certification alors qu'il n'y a pas encore de travailleurs ou juste un petit nombre de travailleurs triés sur le volet sur les chantiers avant que ne commence l'embauche.

Le projet de loi 85 ouvre toutes grandes les portes des chantiers de construction à la CLAC. Il permet à un employeur de reconnaître volontairement un syndicat dans certaines situations, lesquelles seront définies par règlements. Le document de référence du gouvernement laisse entendre qu'il s'agira de ce qu'il appelle « des projets à court terme impliquant une main-d'oeuvre très qualifiée et très fermée qui sera fournie par le syndicat lui-même. »

En 2008, le gouvernement Wall a amendé la loi sur les syndicats pour permettre à la CLAC d'être certifiée en Saskatchewan. CLAC a maintenant un pied en Saskatchewan depuis que la Commission des relations du travail lui a accordé une certification auprès de 5 entreprises de la construction en 2012.

Santé et sécurité au travail

La Fédération des travailleurs mentionne que le projet de loi rend les travailleurs et les superviseurs individuels responsables de la sécurité au travail en les rendant personnellement responsables et passibles d'amendes pour des incidents. Le nombre d'infractions pour lesquelles les travailleurs peuvent être mis à l'amende est supérieur à celui pour lesquels les employeurs peuvent être tenus responsables.

Clauses pour briser les syndicats

La loi C-377 du gouvernement Harper impose aux syndicats une série d'obligations en fait de rapports qu'ils doivent rendre publics qui ne sont demandés à aucune autre organisation ou entreprise. Le projet de loi 85 y ajoute encore plus de rapports que les syndicats doivent produire. L'idée derrière tout cela c'est que chaque seconde et chaque dollar qui est utilisé à satisfaire cette requête n'est pas utilisée pour organiser les travailleurs.

En plus, les employeurs vont dorénavant faire parvenir les cotisations perçues en vertu de la Formule Rand aux syndicats locaux plutôt qu'à leurs bureaux nationaux et provinciaux. Cela signifie un fardeau de plus pour les syndicats locaux et surtout pour les petits syndicats où ce sont souvent des travailleurs bénévoles qui tiennent les livres du syndicat.

La loi actuelle prévoit le transfert de la certification syndicale et de la convention collective au nouvel employeur qui gagne le contrat de services de cafétérias, de conciergerie ou de services de sécurité d'un immeuble gouvernemental (section 37.1 de la loi sur les syndicats). Le projet de loi annule cette clause et permettra aux intérêts privés qui s'empareront des contrats gouvernementaux de déchirer les conventions collectives.

Le projet de loi 85 s'ingère également dans la vie des syndicats en leur interdisant de mettre à l'amende leurs membres qui franchissent une ligne de piquetage. Même si les syndicats pourront encore imposer des amendes en vertu de leur constitution, ils ne pourront les percevoir sans un ordre de la cour.

Le projet de loi encourage aussi le maraudage en autorisant des demandes de décertification en tout temps et non plus seulement dans la période de 30 à 60 jours prévue à cet effet pendant l'année dans la loi actuelle.

Une autre clause impose une période de 14 jours de réflexion avant qu'une grève ou un lockout puissent être déclenchés. Cela donne du temps à l'employeur de se préparer à une grève et notamment de recruter des scabs. Le projet de loi avantage aussi les monopoles en autorisant le ministre à établir une commission d'enquête industrielle sur toute impasse qui peut survenir dans la négociation collective. Le projet de loi ne dit pas quels sont les pouvoirs de la commission, mais ceux-ci pourraient être définis par règlement. Une loi semblable en Alberta interdit une grève ou un lockout pendant 60 jours après la date légale si une commission d'enquête sur le conflit est établie.

Note

1. Les 12 lois qui sont amendées par le projet de loi 85 sont la loi sur les salaires, la loi de la protection des métiers de la construction, la loi des relations de travail dans l'industrie de la construction, la loi sur les agences de placement, la loi sur les services d'incendie, la loi de réorganisation des relations de travail dans le secteur de la santé, la loi sur les disputes entre employés et employeurs (pour des périodes temporaires), les normes minimales du travail, la loi de la santé et de la sécurité des personnes exposées aux radiations, la loi de 1993 sur la santé et sécurité au travail, la loi sur les syndicats et la loi du recouvrement des salaires.

Source : Regina Leader Post, le Syndicat canadien de la fonction publique, et le document de référence de la SEA au ministère des Relations de travail et de la Sécurité du travail de la Saskatchewan)

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Le droit de conscience est un droit humain

Le nouveau bureau de l'intolérance officielle de Harper viole le droit de conscience

Le 19 février 2013, Andrew Bennett a été nommé ambassadeur du nouveau « Bureau de la liberté de religion » de la dictature Harper, que Stephen Harper avait promis de créer durant la campagne électorale de 2011. Andrew Bennett, qui a obtenu un doctorat en sciences politiques de l'Université d'Édimbourg en 2002, est doyen d'un petit collège privé chrétien d'Ottawa et a travaillé pour le Bureau du Conseil privé, pour Exportation et développement Canada et pour Ressources naturelles Canada.[1] Lors de cette annonce, Stephen Harper était accompagné par Jason Kenney, ministre de la Citoyenneté, de l'Immigration et du Multiculturalisme, et par Julian Fantino, ministre de la Coopération. Jason Kenney a déclaré qu'Andrew Bennett allait « développer une expertise » sur les persécutions religieuses afin d'améliorer la politique étrangère du Canada et ses politiques d'immigration. Kenney a dit aussi que l'idée de créer un bureau de la liberté de religion avait été inspirée par la mort du ministre chrétien pakistanais des Minorités, M. Shahbaz Bhatti, en 2011.


L'idée que la dictature Harper va défendre la liberté de religion est plus que bizarre puisque Harper est un dominioniste évangélique[2] qui a un point de vue nettement sectaire. Par exemple, lors d'une entrevue pour la radio de la CBC le 6 septembre 2012, il a fait une tentative maladroite de politiser les croyances en donnant une interprétation de la religion musulmane, une « idéologie de haine » qu'il appelle « islamisme » et qui est la plus grande menace pour la sécurité intérieure et extérieure du Canada, ajoutant que c'est la raison pour laquelle son gouvernement ramènera les mesures antiterroristes qui avaient été introduites en 2001, mais avaient cessé de s'appliquer en 2007 à cause d'une disposition de temporisation. Harper annonçait que l'État était en train de cibler pour les réprimer davantage des personnes de foi musulmane auxquelles son gouvernement est hostile et allait décider quelles religions et quelles croyances auront droit à la « liberté » au pays et à l'étranger.

Les attaques délibérées et publiques de Harper contre certains musulmans contredisent directement toute idée d'un Bureau de la liberté de religion, montrant que Harper ne se préoccupe pas du tout de la liberté de religion, mais cherche tous les moyens, y compris la religion, pour avancer son ordre du jour au pays et à l'étranger. Le discours du ministre des Affaires étrangères John Baird à la 66e session de l'Assemblée générale des Nations unies le 26 septembre 2011 le confirme. Le ministre a revendiqué le recours à la force comme moyen de résoudre les conflits internationaux et s'est ensuite lancé dans une envolée sur la démocratie et la liberté religieuse tout en prenant bien soin de ne donner que des exemples qui servent les desseins de la dictature Harper et de l'impérialisme américain. Pour ne diaboliser que certains pays et organismes, Baird cite les exemples de ce qu'il qualifie de « persécutions religieuses » en Iran, en Birmanie, en Chine/Tibet, au Pakistan et en Irak (avec référence directe à al-Quaïda).

Baird oublie entre autres de mentionner : la campagne de 2012 de Peter King, le représentant républicain président du Comité sénatorial de la sécurité intérieure, pour diaboliser la communauté musulmane aux États-Unis avec des « audiences » maccarthystes ; le fait qu'en Israël, qui bénéficie du plein soutien de la dictature Harper, seuls les Juifs peuvent obtenir la citoyenneté ; l'interdiction du niqab en France, en Belgique et aux Pays-Bas ; et le contrôle de la distribution de l'aide en Haïti par les évangéliques, au détriment d'autres organismes comme ceux qui pratiquent le vaudou traditionnel ouest-africain.

Pour le Canada, John Baird passe sous silence que la dictature Harper finance et soutient les groupes religieux qui servent ses fins. Pour ne citer que quelques exemples : les millions de dollars de subventions fédérales à un centre de la société évangélique Jeunes pour Christ (Youth-for-Christ) (largement soutenue à sa création par William Randolph Hearst, magnat de la presse monopolisée et sympathisant nazi) à Winnipeg pour faire du prosélytisme parmi les jeunes des Premières Nations du Manitoba en milieu urbain et rural ;[4] la campagne dans le Nord canadien des dominionistes évangéliques, y compris ceux de l'Alliance chrétienne et missionnaire (ACM) dont Stephen Harper est membre, pour forcer les Inuits à abandonner les symboles de leurs croyances traditionnelles, comme les tatouages sur le visage ; et l'octroi de plus d'un demi-million de dollars de l'ACDI par le ministre de la Coopération internationale Julian Fantino à un organisme évangélique canadien qui criminalise l'homosexualité. Ajoutons qu'une étude de l'Observatoire canadien sur les crises et l'action humanitaire de Montréal montre que de 2005 à 2010, le financement des organisations religieuses non gouvernementales par l'ACDI a augmenté de 42 %, tandis que celui des organismes laïques n'a augmenté que de 5 %.

Le fait que dans son discours aux Nations unies John Baird ait choisi soigneusement des exemples qui servent la politique guerrière de Stephen Harper est particulièrement important, car des informations plus récentes indiquent que le Bureau de la liberté de religion s'occupera surtout de cas sélectionnés avec soins. Un professeur de l'Université Trinity Western,[3] de Langley en Colombie-Britannique, la principale institution de formation des dominionistes évangéliques au Canada qui a reçu des millions de dollars en subventions fédérales, a confirmé que le Bureau de la liberté de religion aurait pour rôle de « suivre les cas de persécutions religieuses » et de servir de ressources aux responsables des politiques du gouvernement dans les ministères comme ceux des Affaires étrangères et de l'Immigration. Ce qui veut dire que ce nouveau bureau fonctionnera non seulement comme une arme politique internationale, mais aussi comme un outil de contrôle de l'immigration au Canada, laissant entrer ceux qui adhérent à « des valeurs acceptables » tandis que ceux adhérant à « valeurs indésirables », celles que Stephen Harper appelle « islamisme », seront refoulés ou expulsés. C'est de cette manière que Stephen Harper et Jason Kenney ont l'intention de construire le « Canada nouveau » pour servir leurs fins abjectes.

Cet objectif politique évident du Bureau de la liberté de religion de Harper est confirmé par le bureau du même nom aux États-Unis. Créé en 1998 au sein du Département d'État des États-Unis, le ministère responsable de l'application de la politique étrangère impérialiste des États-Unis, ce bureau cible des pays qui font obstacle aux plans impérialistes des États-Unis, comme la République populaire démocratique de Corée, la Chine et l'Iran, et cherche à les isoler en les déclarant « pays particulièrement préoccupants », sous prétexte que des violations de la liberté religieuse s'y produisent. Le site de ce bureau donne le lien du site de l'envoyé spécial des États-Unis pour surveiller et combattre l'antisémitisme, dont le rôle principal est de blanchir les crimes de guerre israéliens contre le peuple palestinien et les peuples arabes en déclarant que toute critique de ces crimes est de « l'antisémitisme ». La dictature Harper a créé une coalition parlementaire qui partage ce même objectif.

Le dominionisme évangélique de Harper est contenu dans le discours de Baird aux Nations unies sur le recours à la force pour protéger la « liberté religieuse ». Les dominionistes croient qu'ils ont le mandat divin de créer une force militaire « du temps de la fin » pour imposer le « dominion » biblique à tous les non-croyants. Ils annoncent une guerre mondiale, l'Armageddon, qui sera le combat final de la victoire du bien sur le mal, la destruction de toutes les autres nations et religions, et l'avènement du gouvernement dominioniste sur terre. L'idée obscurantiste de la lutte contre les « forces des ténèbres » est un moyen de sanctification de la violence l'État contre tous ceux qui ne sont pas dominionistes. Les partisans de cette violence apocalyptique occupent des postes importants dans l'armée des États-Unis, comme par exemple le général William Boykin, ancien sous-secrétaire à la Défense pour le renseignement, qui croit que l'armée est en train de recruter un contingent spirituel pour vaincre les forces du mal. Le dominioniste et télé-évangéliste Pat Robertson, le « guide spirituel » du général Rios Montt du Guatemala, réputé pour son régime évangélique sanguinaire, a incité à l'assassinat du dirigeant vénézuélien Hugo Chavez, un croyant chrétien, et demandé des frappes préventives contre l'Iran, accusé de tous les maux parce que ce pays était un foyer de « fausses » croyances religieuses.

Le fond du problème dans tout ce qui précède n'est pas les croyances religieuses comme telles, mais bien la nécessité pour toute société moderne de donner une garantie concrète au droit de conscience. C'est le droit de conscience qui nous rend humains, ceux qui le violent nous déshumanisent. Il faut créer les mécanismes sociaux qui protègent la capacité de chacun à se former des convictions. Sans protéger le droit humain de conscience, la société ne peut éliminer les lois de l'esclavage qui dictent ce que les gens peuvent ou ne peuvent pas croire et faire. La répression de personnes par l'État à cause de leurs croyances est inadmissible. Quant à la manifestation des opinions, y compris les opinions religieuses, seul le corps politique dûment consulté peut décider s'il s'agit d'acte criminel ou pas. Le gouvernement Harper refuse de reconnaître le droit de conscience et refuse surtout de le garantir. En fait, il se donne entière latitude pour choisir à qui s'applique le droit de conscience et à qui il ne s'applique pas ; il « valide » certaines croyances et pas d'autres. Ceux qui adhèrent à de « fausses » croyances seront criminalisés, et même privés de leur citoyenneté, comme le propose Jason Kenney. Les croyances qui peuvent être admises par Harper sont celles qui sont conformes à ce que Harper appelle les « valeurs canadiennes », c'est-à-dire les valeurs qu'il met de l'avant pour s'opposer au droit public et défendre le droit de monopole au pays et à l'étranger, notamment l'intégration du Canada aux arrangement de sécurité des États-Unis et la participation du Canada aux guerres perpétuelles d'agression et d'occupation des États-Unis.

Notes

1. Andrew Bennett poursuit actuellement des études en vue d'obtenir un diplôme en théologie en étude du christianisme oriental à l'Institut métropolite Andrey Sheptytsky pour l'étude du christianisme oriental de l'Université Saint-Paul, une université privée d'Ottawa. Cet institut porte le nom d'un aristocrate et chef religieux d'Ukraine qui est commémoré au Musée mondial [de l'anti-] communisme.

2. Le dominionisme, aussi appelé reconstructionisme chrétien, est une secte évangélique théocratique centrée aux États-Unis qui a accédé à des positions de pouvoir par les intrigues. Les dominionistes veulent faire des États-Unis et du Canada des théocraties chrétiennes basées sur la loi biblique. Selon le dominionisme, la Bible prime sur la constitution. Le concept déterminant est celui du sionisme chrétien selon lequel seuls les chrétiens sont bibliquement mandatés pour occuper des positions dans toutes les institutions laïques jusqu'au retour du Christ, tandis que les non-chrétiens doivent être dépouillés de leurs droits.

3. Parmi les diplômés de Trinity Western on compte les députés réformistes ou conservateurs Deborah Grey, Grant McNally, Chuck Strahl, Mark Strahl et Mark Warawa (député de Langley), ainsi que l'ancien chef de cabinet adjoint de Harper et candidat conservateur défait, Darrel Reid. Paul Wilson, qui a remplacé Reid au cabinet du premier ministre, est un ancien employé de Trinity devenu conseiller principal en matière de politiques de Vic Toews, un autre évangélique, alors ministre conservateur de la Justice. Le programme du Centre de leadership Trinity Laurentian, situé à Ottawa, offre aux étudiants la possibilité de suivre un semestre d'étude entièrement crédité tout en effectuant un stage dans un bureau de parlementaire, une entreprise, dans les médias ou une ONG à Ottawa.

4. Devon Clunis, le nouveau chef de police de Winnipeg, et Stephen Harper appartiennent tous deux à la même secte évangélique. Les zones rurales où sont actifs les Jeunes pour Christ comprennent les circonscriptions des conservateurs évangéliques Vic Toews et James Bezan.

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