Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 32 - 28 février 2013

Pour une économie prosociale qui défend les droits de tous

Les gouvernements poursuivent à fond de train
dans la voie antisociale de payer les riches

Ontario
Un discours du Trône pour essayer de relancer un ordre du jour illégitime - Dan Cerri
Les attaques se poursuivent contre les droits des travailleurs - Jim Nugent

Colombie-Britannique
Un discours du Trône qui trace une voie dangereuse pour la province

Alberta
Discussion sur l'ordre du jour d'austérité et le prochain budget - Peggy Morton


Ontario

Un discours du Trône pour essayer de relancer
un ordre du jour illégitime

Le 19 février, le lieutenant gouverneur de l'Ontario David Onley a prononcé le discours du Trône au nom du gouvernement libéral minoritaire dirigé par la première ministre nouvellement sélectionnée Kathleen Wynne. Le discours trace les grandes lignes du programme du gouvernement pour cette session de l'assemblée législative.

Les différents aspects du programme « équilibré » du gouvernement sont présentés d'entrée de jeu :

« Oui, le gouvernement équilibrera le budget -- il demandera aussi à la population de l'Ontario d'aider la province à innover et à croître. Oui, le gouvernement recherchera la prospérité économique -- il encouragera également une société juste, où tous et toutes occupent de bons emplois et vivent dans des communautés solides. Et où chacun est en sécurité, en santé et reçoit les services dont il a besoin. Votre gouvernement améliorera le processus pour faire en sorte que chacun de ses partenaires, y compris ceux du secteur public, soit traité avec respect. »

Le « nouveau » gouvernement de Wynne poursuit avec le discours du Trône dans la voie du gouvernement McGuinty, cherchant à convaincre les Ontariens qu'il peut « équilibrer » les demandes des riches pour plus d'austérité et de subventions puisées à même le trésor public avec celles des travailleurs et du peuple pour l'affirmation de leurs droits. Les parties du discours qui décrivent cet « équilibre » sont : « Stabilité et audace », « Un nouveau sentiment d'appartenance », « Une société équitable » et « La voie à suivre ».

Dans la section « Stabilité et audace », le gouvernement s'engage à utiliser les fonds publics de divers manières pour « créer des emplois » et stimuler la « croissance économique ». Il s'agit de la même direction par laquelle des milliards $ de fonds publics ont été donnés aux intérêts privés pendant la crise économique, ce qui a mené à la « crise » de la dette et du déficit. Cette section examine comment le gouvernement va continuer à payer les intérêts privés par le biais du trésor public et du système fiscal. On y lit :

« Le gouvernement souhaite renforcer la capacité de gain de toutes les Ontariennes et de tous les Ontariens et leur donner la possibilité d'avoir un bon emploi et une rémunération stable. » Voici comment il compte atteindre cet objectif :

« Le gouvernement travaillera en partenariat avec les éducateurs des écoles secondaires, les représentants des collèges et des universités, les agents de formation et les employeurs pour offrir aux jeunes la possibilité d'améliorer leurs compétences et de trouver des stages et des programmes d'enseignement coopératif qui leur permettront d'acquérir une expérience de travail concrète et enrichissante. »

« Votre nouveau gouvernement travaillera donc avec l'opposition et les petites entreprises pour examiner la hausse du seuil de l'exemption au titre de l'impôt-santé des employeurs. »

« Il travaillera avec les institutions financières et les organismes gouvernementaux pour que les petites et moyennes entreprises aient accès au capital dont elles ont besoin pour prendre de l'expansion. »

« Et comme preuve de cet engagement, le gouvernement injectera 50 millions $ dans un nouveau fonds de capital-risque de 300 millions $ en partenariat avec ses homologues fédéraux et le secteur privé. »

« Le gouvernement tirera profit de ses corridors commerciaux et les développera de façon à susciter l'intérêt des marchés internationaux. »[1]

« Il facilitera le transfert des marchandises transitant par des carrefours importants, tels que Windsor, au Passage international de la rivière Détroit, et conduira des missions commerciales chez nos partenaires importants à l'étranger. »

Un second aspect de la section « Stabilité et audace » concerne la négociation de conventions collectives et l'arbitrage qui doivent selon le discours se faire sous le signe de la « responsabilité fiscale du gouvernement ». Le gouvernement s'y engage à travailler avec ses partenaires du secteur public pour bâtir un modèle durable d'arbitrage et de négociation salariale « qui respectera la négociation collective, de sorte que notre avenir commun et prometteur ne soit pas assombri par les réalités économiques auxquelles nous faisons face ».

C'est la même chose que les libéraux et les conservateurs disent depuis un bon moment, surtout dans le contexte des attaques contre les enseignants et les travailleurs de l'éducation et contre tous les travailleurs des services publics. Selon ces deux partis, la négociation collective et l'arbitrage doivent à tout prix se faire dans les limites des soi-disant réalités fiscales, un euphémisme pour le vol de milliards de dollars dans les programmes sociaux pour payer les prêteurs d'argent. Cela nous montre que cette session poursuivra le travail de la session précédente pour mettre en place de nouveaux arrangements qui visent à forcer les travailleurs à accepter les paramètres fiscaux du gouvernement dans leurs négociations ou se faire imposer des ententes qui n'en sont pas par la Commission des relations du travail et d'autres institutions, des ententes sur lesquelles le gouvernement a le dernier mot.

Un nouveau sentiment d'appartenance

Cette section débute par une présentation de l'importance des « relations » entre les individus, les communautés et la société et la nécessité que chacun soit en lien avec les autres, mais le tout est mis en corrélation avec la demande des monopoles pour des infrastructures et avec la « productivité » de l'économie.

Le gouvernement, lit-on dans le discours du Trône, « se penchera sur les améliorations à apporter aux routes rurales, aux ponts et aux transports en commun dans les banlieues, et s'efforcera de trouver une solution à la congestion qui menace de paralyser la région du grand Toronto et de Hamilton. »

« Il s'attardera aussi aux besoins particuliers du Nord de l'Ontario en matière de transport et s'efforcera d'améliorer l'accès crucial au Cercle de feu ainsi que la circulation des gens et des marchandises le long de nos corridors commerciaux vers les États-Unis. »

La construction de nouvelles infrastructures pour développer le Cercle de Feu est de première importance pour les monopoles miniers qui salivent à l'idée de mettre la main sur les riches dépôts de chromite du nord de l'Ontario. Kathleen Wynne a été sélectionnée comme première ministre avec l'objectif spécifique de s'attaquer à ce problème pour les monopoles parce que cette infrastructure et le Cercle de Feu lui-même sont situés sur les territoires des Premières Nations et que celles-ci ont le droit d'être consultées de manière réelle et de retirer leur consentement — ce qui veut dire le droit de dire NON !

« Votre nouveau gouvernement croit que la population de l'Ontario est prête à prendre part à une discussion intelligente sur les coûts nécessaires si on lui garantit des résultats mesurables. » C'est une autre façon de dire que le coût des infrastructures va être payé par les impôts des individus.

Une société équitable

Cette section met l'accent sur le plan du gouvernement de transformer les programmes sociaux, en particulier l'aide sociale. « Et pour s'assurer que le parcours qu'ils doivent suivre (les gens sur l'aide sociale) pour s'affranchir de l'aide sociale n'est pas indûment ardu, il leur permettra de garder une partie plus importante du revenu qu'ils auront gagné grâce à leur dur labeur. » On sait que pour les libéraux, la « réforme » de l'aide sociale est synonyme de coupures de budgets dans le programme.

Cette situation traite également de la question de la santé, mais sans parler de garantir le droit à la santé. Le gouvernement coupe abondamment dans les ressources qui sont nécessaires au système de santé et force les hôpitaux à appliquer les coupures et privatise les services.

En ce qui concerne l'éducation, le discours mentionne l'extension des garderies à plein temps. Cela soulève bien des questions parce que cela fait longtemps que les Ontariens attendent la pleine mise en vigueur des maternelles et des jardins d'enfants à plein temps pour tous les enfants en âge d'y aller, mais cela ne s'est toujours pas matérialisé. Pendant ce temps, les municipalités ont utilisé l'introduction des programmes de garderies à plein temps pour fermer leurs propres services à la petite enfance, ce qui a réduit les espaces disponibles pour les enfants et pavé la voie aux monopoles privés de services à la petite enfance.

La voie à suivre

Faire progresser l'Ontario était le thème du discours du Trône du gouvernement McGuinty en 2011. Ce thème est utilisé pour demander que « tous travaillent à l'unisson » et que les partis d'opposition adoptent le programme d'austérité, mettant de côté leurs intérêts partisans pour que le gouvernement soit capable de remplir ses engagements en matière de paiement de la dette et du déficit. Le gouvernement de Wynne reprend ce thème, appelant les députés et les partis de l'Assemblée législative à travailler tous ensemble à représenter leurs électeurs et à mettre de côté leur politique partisane.

Dans l'ensemble, on voit que le discours du Trône sert à présenter l'ordre du jour de la nouvelle première ministre d'une façon à faire croire aux travailleurs et à la population qu'ils peuvent servir leurs intérêts en acceptant le programme d'austérité comme cadre. Le problème cependant est que le programme de payer les riches exacerbe les problèmes économiques et sociaux auxquels la province est confrontée. La prétention que s'attaquer aux salaires et aux conditions de travail des travailleurs, privatiser les services publics et remettre les fonds publics aux monopoles va améliorer la situation est contredite par les conditions mêmes de la vie quotidienne des Ontariens. C'est pourquoi cette session de l'Assemblée législative va voir s'aggraver la crise de crédibilité et de légitimité dans laquelle le gouvernement est plongé.

Note

1. Il s'agit du projet de pont reliant Windsor et Détroit dans lequel 2,5 milliards $ de fonds publics sont versés par les gouvernements fédéral et ontarien à des intérêts privés pour construire et administrer le pont, dont 550 millions $ versés par le gouvernement canadien pour payer la portion américaine du pont.

22 février: Les enseignants et travailleurs de l'éducation à Kingston maintiennent un piquet de grève. (A. Loken)

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Les attaques se poursuivent contre
les droits des travailleurs


"Il ne peut y avoir de 'nouveau départ ' sans des
conventions négociées !"

L'Opposition ouvrière accueille le discours du Trône avec tout le mépris qu'il mérite. Il s'agit d'une tentative évidente par la nouvelle chef du Parti libéral, Kathleen Wynne, de se sortir de la crise de légitimité des libéraux avec ses fausses promesses. Le gouvernement parle d'«équité » et de « respect » pour les travailleurs, mais il n'y a rien de substantiel dans le discours qui permet de croire que les libéraux ne seront plus les champions du programme d'austérité des riches et n'utiliseront pas tous les pouvoirs à leur disposition pour imposer des mesures d'austérité.

Dans la première partie du discours du Trône qui porte sur les relations avec les travailleurs du secteur public, le gouvernement Wynne dit qu'il est temps que « nous écrivions en quelque sorte une page de l'histoire ». Les travailleurs sont censés oublier les deux années d'attaques des libéraux et des conservateurs contre les travailleurs du secteur public, avec les suppressions d'emplois, les baisses de salaires, les conventions collectives imposées et le chantage et ils sont censés laisser les libéraux prendre un nouveau départ. Mais ce nouveau départ est basé sur la même approche de McGuinty qui est d'éliminer l'ancien système de négociation des contrats et d'arbitrage par une tierce partie et de le remplacer par un nouveau modèle de relations de travail qui est encore plus antiouvrier et antisocial.

On lit dans le discours que le gouvernement « améliorera le processus pour faire en sorte que chacun de ses partenaires, y compris ceux du secteur public, soit traité avec respect ». Et plus loin : « [Votre gouvernement] travaillera avec ses partenaires de tous les secteurs pour bâtir un modèle durable de négociation salariale qui respectera la négociation collective, de sorte que notre avenir commun et prometteur ne soit pas assombri par les réalités économiques auxquelles nous faisons face. »

Ces expressions « améliorera le processus » et « bâtir un modèle durable » montrent que, comme McGuinty, Wynne considère que l'ancien modèle de relations de travail et d'arbitrage des intérêts a failli. Les anciennes formes de relations de travail « ne sont pas viables » dans les réalités économiques d'aujourd'hui et doivent être remplacées par une nouvelle forme.

Le nouveau modèle de relations de travail, mis en oeuvre dans le projet de loi 115 et le projet de Loi sur la protection des services publics, est de confiner les négociations de conventions collectives dans le secteur public aux paramètres d'austérité dictés par les ministres gouvernementaux. Si les accords conclus entre les travailleurs et les employeurs du secteur public ne respectent pas les paramètres, les ministres du gouvernement pourront opposer leur veto aux ententes ou dicter leurs conditions.

Wynne dit qu'elle va abandonner l'ancien modèle maintenant non viable et en construire un nouveau qui tient compte des réalités économiques. Qu'est-ce que ça veut dire si ce n'est que de suivre le modèle McGuinty et Hudak ? Ou bien le droit des travailleurs d'avoir leur mot à dire sur leurs salaires et conditions de travail sera affirmé, ou bien il ne le sera pas. Ou bien les gouvernements peuvent dicter des paramètres « incontestables » et imposer des conventions collectives, ou bien ils ne le peuvent pas. Il n'y a pas de troisième voie.

Bien que le discours du Trône soit un exercice de manipulation politique, il contient également un message direct pour la minorité privilégiée, le véritable électorat des libéraux. Le gouvernement Wynne a promis aux riches que « le gouvernement s'attend à ce que le talent et la ténacité de ses fonctionnaires contribuent à propulser la province vers de plus hauts sommets. Il ne fera pas de promesses qu'il ne peut pas tenir et ne courbera pas non plus l'échine. Il sera respectueux et direct, honnête et décisif. » « ...Et ne courbera pas non plus l'échine », ce ne sont pas les mots qu'utiliserait quelqu'un de respectueux du désir de la population, ce sont des mots de confrontation et de pouvoir. Que représentent-ils sinon une proclamation par le gouvernement Wynne de son intention d'utiliser tout son pouvoir pour imposer l'austérité ? En ce qui concerne les relations de travail dans le secteur public comme dans tout le reste, le discours du Trône promet que le gouvernement Wynne va s'en tenir au programme d'austérité antisocial et antiouvrier des riches. C'est pourquoi les travailleurs vont s'y opposer fermement.

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Colombie-Britannique

Un discours du Trône qui trace une voie dangereuse pour la Colombie-Britannique

Le 12 février, la lieutenant gouverneure de la Colombie-Britannique, Judith Guichon, a prononcé le discours du Trône du gouvernement libéral de Christy Clark à l'Assemblée législative de la Colombie-Britannique. Le discours représente les intérêts des plus grands monopoles de l'extraction des ressources, en particulier du gaz naturel, ainsi que des monopoles forestiers et d'autres secteurs au moment où ils se préparent à entraîner l'économie de la Colombie-Britannique sur une pente dangereuse qui va appauvrir la population encore plus et accroître son insécurité économique.

Au nom de « réduire la dette », le gouvernement libéral entend donner 50 milliards $ aux bailleurs de fonds, principalement londoniens et new-yorkais, qui volent actuellement 2,5 milliards $ par année à la province en paiements d'intérêts.

Le discours du Trône crée un scénario où la Colombie-Britannique devient riche à craquer tout à coup du fait que les monopoles privés extraient du gaz naturel dans la région nord-est de la province puis l'expédient via les gazoducs jusqu'aux usines de Gaz naturel liquide (GNL) sur la côte ouest d'où il est exporté en Asie.

On y parle d'un Klondyke du gaz naturel qui rapporte des profits fabuleux à certains des monopoles les plus riches du monde et aux grands consommateurs de gaz. Bechtel, la plus importante compagnie de construction au monde, construit présentement trois usines GNL à Queensland, en Australie, afin de transformer et d'exporter vers l'Asie près de 38 millions de tonnes de gaz à partir de 40 000 puits de gaz de charbon dans la région de Darling Downs. La première ministre Clark pense que le gaz de la Colombie-Britannique obtenu par fracturation hydraulique est en mesure d'être extrait, transporté, liquéfié et expédié à des prix compétitifs avec ceux de l'Australie et sans créer de surplus, ce qui ferait chuter les prix.

La fracturation hydraulique permet d'extraire le gaz naturel en pompant de l'eau, du sable et des produits chimiques toxiques profondément dans les formations souterraines de schiste. En Colombie-Britannique, cela se fait présentement dans le Bassin de la rivière Horne (au nord de Fort Nelson) et dans le Bassin de schiste de Montney (dans les régions de Hudson Hope, de Fort St-John et de Dawson Creek). L'extraction et la compression du gaz requièrent une quantité énorme d'électricité. Pour répondre à ce besoin en électricité, on construira le barrage Site C sur la rivière Peace à même les fonds publics et, en détruisant de vastes régions de terres agricoles, le moyen de subsistance de cultivateurs et les territoires des Premières Nations.

Le Discours du trône est écrit sur un ton d'urgence à propos de « saisir l'occasion », ce qui selon Clark devrait permettre la mise sur pied d'un Fonds de prospérité comme il existe en Alberta, de recueillir entre 130 et 260 milliards $ sur les 30 prochaines années par le biais d'une nouvelle taxe sur le gaz naturel et de rembourser la dette provinciale de 50 milliards $. Les rues seront pavées d'or. Malheur à celui qui croit à tout cela.

Ce sont les monopoles Shell, Chevron, divers monopoles asiatiques, Bechtel et d'autres qui vont dicter qui va en bénéficier et qui va payer comme l'ont fait les usines d'acier japonaises avec la « bulle de charbon » du nord-est de la province dans les années 80. Aujourd'hui, un projet de gaz naturel est en voie d'être réalisé, qui est présenté comme une alternative « verte », et le gouvernement de la Colombie-Britannique, comme celui de Queensland, est le gouvernement vendu qui est en train de politiser les intérêts privés des entreprises les plus rapaces et les plus socialement irresponsables qu'on trouve sur la planète.

Les travailleurs, en plus d'être préoccupés par les conséquences environnementales, doivent aussi examiner ce qui va leur arriver dans toute cette hystérie. Dans les champs gaziers de Queensland, les travailleurs de la construction sont amenés et ramenés par avion, ils sont importés d'Irlande et d'ailleurs pour y faire un coup d'argent rapide dans un environnement dangereux et vulgaire. On n'y construit aucune communauté et aucune vie stable dans une atmosphère cultivée.

Le discours du Trône prétend que cinq usines GNL créeront 75 000 emplois permanents. La capacité d'une usine en GNL est mesurée en millions de tonnes métriques par année (mtmpa). Lorsque la construction sera terminée et que le lot de travailleurs requis pour une courte période partira, la main-d'oeuvre permanente des usines GNL au taux de productivité actuel représentera environ 40 travailleurs par mtmpa. Selon le site web du ministère de l'Énergie, des Mines et du Gaz naturel GNL, l'usine GNL Apache-Chevron prévue pour Kitimat embauchera 450 travailleurs réguliers. Une deuxième usine, GNL Canada (Shell Canada Ltée, PetroChina Company Limited, Korea Gas Corp, Mitsubishi Corporation (KOGAS)) produira 12 mtmpa et fournira environ 480 emplois permanents. Cinq usines du genre représentent environ 2 250 emplois. Nous sommes loin du 75 000 ! Aujourd'hui, il y a 165 000 chômeurs en Colombie-Britannique.

Tout le discours du Trône est un assaut contre la pensée. On n'y trouve pas une seule idée rationnelle sur comment développer une direction pour l'économie qui répondra aux besoins du peuple. Le discours mentionne en passant les Premières Nations sans toutefois reconnaître leurs droits en tant que nations de dire oui ou non aux plans des monopoles qui vont dévaster leurs territoires par la fracturation hydraulique frénétique pour extraire du gaz et le transporter.

Le discours contient aussi une nouvelle attaque contre les enseignants de la Colombie-Britannique, renouvelant l'intention de Clark d'imposer une « paix de classe de dix ans » en privant les enseignants de leur droit de négocier leurs salaires ainsi que la grandeur et la composition des classes. Aucune mention du fait que les institutions d'enseignement primaires, secondaires et postsecondaires sont totalement sous-financées, ce qui prive les jeunes d'une éducation de qualité et ouvre la porte aux écoles privées fonctionnant sur la base du profit.

La classe ouvrière a besoin de sa voix indépendante à l'Assemblée législative qui combat pour une nouvelle direction prosociale pour l'économie et pour affirmer les droits. Une élection provinciale se tiendra le 14 mai. Le programme de l'Opposition ouvrière est d'arrêter de payer les riches et d'augmenter les investissements dans les programmes sociaux. Un renouveau démocratique est nécessaire afin de donner du pouvoir au peuple. L'Assemblée législative ne doit pas être un havre pour les intérêts privés. Elle doit représenter les intérêts publics et les droits de tous. La classe ouvrière, la jeunesse et les aînés doivent se préparer et s'organiser pour avoir leur propre voix au parlement. Il faut que tous y réfléchissent et en discutent, et notamment les membres des syndicats et des autres forces sociales qui sont organisées.

Non au discours du Trône et à la politique libérale de payer les riches à l'Assemblée législative ! Ensemble, organisons-nous et préparons-nous à faire entendre la voix du peuple à l'Assemblée législative le 14 mai !

Qui décide ? C'est nous ! À qui l'économie ? À nous !
Défendons les droits de tous !

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Alberta

Discussion sur l'ordre du jour d'austérité
et le prochain budget

Le gouvernement a publié sa mise à jour relative à la situation financière pour le troisième trimestre ainsi que son bilan économique couvrant la période entre le 1er avril 2012 et le 31 décembre 2012. La première ministre Alison Redford a aussi émis une nouvelle déclaration aussi incohérente que les précédentes expliquant pourquoi les travailleurs et le peuple de l'Alberta devraient accepter un budget d'austérité. Ses déclarations précédentes à l'effet que les prix à la baisse pour le bitume étaient responsables de la chute inattendue du revenu n'étaient pas crédibles en dépit des efforts désespérés des médias monopolisés pour les maintenir en vie en répétant cette « explication » à satiété.

Lors d'une entrevue radiophonique, Redford a changé son fusil d'épaule en déclarant qu'après mûre réflexion, l'Alberta n'a pas de problème de revenu. Le problème en serait plutôt un de dépenses. Que le problème soit les dépenses ou le revenu, peu importe, la solution de Redford demeure la même : détruire les services publics et les programmes sociaux, attaquer les conditions de travail et de vie des travailleurs et des professionnels qui dispensent ces services et étendre les manoeuvres pour payer les riches afin de servir les monopoles les plus puissants.

La classe ouvrière de l'Alberta, qui provient de toutes les régions du Canada et du monde entier, crée une richesse immense en transformant les ressources de la Terre Mère en produits utilisables. Les riches saisissent une quantité croissante de cette immense nouvelle valeur. En Alberta, les riches s'enrichissent à une vitesse sans précédent. Mais la richesse de ces détenteurs du capital basés en Alberta n'est rien à comparer à l'immense richesse retirée de l'économie par les propriétaires des sables bitumineux et d'autres secteurs de l'industrie énergétique.

La mise à jour de la situation financière confirme ce que plusieurs travailleurs et le peuple de l'Alberta ont déjà compris — que les budgets sont des documents biaisés qui servent l'ordre du jour antisocial prôné par les monopoles. Par exemple, le budget 2012-2013 ne comprenait pas un sou pour lutter contre les feux de forêts, pour l'aide aux municipalités en cas d'inondation, pour lutter contre les infestations du dendroctone du pin ou pour répondre aux réclamations d'assurance liées aux conditions météorologiques extrêmes (l'assurance-récolte). Il s'agit pourtant de phénomènes répandus, prévisibles et nécessaires qui nécessitent des ressources. Le gouvernement rapporte des dépenses non budgétées destinées à l'assistance en matière de désastre et d'urgence de 561 millions $, soit en grande partie l'équivalent du montant de l'augmentation prévue du déficit. Cette augmentation sert ensuite de prétexte pour exiger des coupures aux programmes sociaux et aux attaques contre les travailleurs et les professionnels qui fournissent ces programmes.

La mise à jour nous indique aussi que l'impôt sur les sociétés est de 2,962 milliards $ pour les neuf mois se terminant le 31 décembre 2012 ou moins de 4 milliards $ sur une base annuelle. C'est moins de 10 % de l'ensemble du budget, ou 1,4 % du produit intérieur brut de l'Alberta. Mais ce n'est pas le portrait dans son ensemble. Beaucoup de choses sont cachées derrière une comptabilité centrée sur le capital et la perspective qui est au centre de ce genre de rapport. Il y a encore plus d'information qui est cachée tellement les intérêts privés l'emportent sur l'autorité publique et déclarent que leurs arrangements pour voler le trésor public doivent demeurer secrets d'État.

La mise-à-jour ne dit pas combien d'argent à même le trésor public a été remis à des intérêts privés. L'information comptable est présentée d'une manière qui rend impossible d'identifier quelles subventions ont été consacrées aux programmes sociaux et quelles dépenses ont été consacrées à des manoeuvres pour payer les riches.

Les riches sont payés entre autres choses par la sous-traitance des services publics aux intérêts privés. Ce recours à la sous-traitance a lieu dans tout le service public y compris les services de santé chroniques, les soins à domicile, les cliniques chirurgicales, le financement des écoles privées, la construction d'écoles, les autoroutes, le transport en commun et autres infrastructures publiques, et l'entretien d'édifices publics. Le budget de 2012 prévoit des estimés de 17,6 millions $ en dépenses en infrastructure sur trois ans, mais ne révèle pas combien de ce financement pris à même le trésor public est consacré au profit privé.

L'étude de l'institut Parkland intitulée « La façon dont les services sont dispensés est importante » démontre que la sous- traitance du travail d'entretien pour les installations gouvernementales aux gestionnaires de propriété privée a augmenté de façon exponentielle depuis quelques années. Parkland conclut que trois compagnies — Brookfield LePage Johnson Controls (BLJC), Edon Management et SNC-Lavalin Profac — sont les principaux bénéficiaires de ces contrats. En 2009, les cinq plus grandes compagnies ont obtenu des bénéfices de plus de 64 millions $ en entretien et en opérations de la part d'Infrastructure Alberta, ce qui représente une imposante croissance si on compare aux 6,3 millions qu'elles ont touchés en 2006. En 2011, la valeur des contrats obtenus par les cinq principales compagnies avait atteint à nouveau les 69 millions $. Le montant de financement public qui s'envole vers ces corporations sous forme de profit privé demeure un secret d'État.

L'Institut Parkland demande qu'un moratoire soit décrété sur l'octroi de contrats de services publics à des entreprises privées. L'institut demande aussi que le Vérificateur général révise immédiatement l'indice d'état des installations d'Infrastructure Alberta afin de déterminer si celle-ci reflète fidèlement l'état réel des infrastructures de la province. Cela serait quelque chose de positif, de même que la demande à l'effet que tous les contrats conclus avec des intérêts privés soient rendus publics, y compris la réclamation en profit privé contenu dans le contrat. Une commission pourrait alors être mise sur pied dans le but d'initier une transition organisée vers l'entreprise publique pour remplacer la fourniture privée des services basée sur les profits.

La question la plus importante en ce qui concerne le prochain budget est : qui décide ? Le droit du corps politique de prendre des décisions est bloqué par le système politique actuel qui s'assure que le peuple est tenu loin du pouvoir. Les cercles dominants font tout ce qu'ils peuvent pour empêcher les gens de trouver des solutions qui garantissent les droits et qui favorisent le droit et l'intérêt public. L'opposition dite officielle du Wildrose, cet autre parti des monopoles et des banques et d'autres puissantes corporations avec lesquelles il est lié, met de l'avant des demandes qui vont exactement dans le même sens. Les libéraux ne cessent de se plaindre de la « mauvaise gestion des fonds » comme si le gouvernement ne faisait pas un bon travail au service des monopoles les plus puissants. Le NPD s'oppose aux coupures aux programmes sociaux, mais se concentre sur le fait que le gouvernement Redford a trahi son engagement. L'Opposition ouvrière a la responsabilité de diriger la lutte et de dire Non à l'austérité ! Elle doit organiser pour défendre les droits de tous et développer une nouvelle direction pour l'économie.

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