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Numéro 32 - 28
février 2013
Pour une économie
prosociale qui défend les droits de tous
Les gouvernements poursuivent
à fond de train
dans la voie antisociale de payer les riches

Ontario
• Un discours du
Trône pour essayer de relancer un ordre du
jour illégitime - Dan Cerri
• Les attaques se
poursuivent contre les droits des travailleurs
- Jim Nugent
Colombie-Britannique
• Un discours du
Trône qui trace une voie dangereuse pour
la province
Alberta
• Discussion sur l'ordre
du jour d'austérité et le prochain
budget - Peggy Morton
Ontario
Un discours du Trône pour essayer de
relancer
un ordre du jour illégitime
- Dan Cerri -
Le 19 février, le lieutenant
gouverneur de l'Ontario David Onley a
prononcé le discours du Trône au nom
du gouvernement libéral minoritaire
dirigé par la première ministre
nouvellement sélectionnée Kathleen
Wynne. Le discours trace les grandes lignes du
programme du gouvernement pour cette session de
l'assemblée législative.
Les différents aspects du programme
« équilibré »
du gouvernement sont présentés
d'entrée de jeu :
« Oui, le gouvernement
équilibrera le budget -- il demandera aussi
à la population de l'Ontario d'aider la
province à innover et à
croître. Oui, le gouvernement recherchera la
prospérité économique -- il
encouragera également une
société juste, où tous et
toutes occupent de bons emplois et vivent dans des
communautés solides. Et où chacun
est en sécurité, en santé et
reçoit les services dont il a besoin. Votre
gouvernement améliorera le processus pour
faire en sorte que chacun de ses partenaires, y
compris ceux du secteur public, soit traité
avec respect. »
Le
« nouveau » gouvernement de
Wynne poursuit avec le discours du Trône
dans la voie du gouvernement McGuinty, cherchant
à convaincre les Ontariens qu'il peut
« équilibrer » les
demandes des riches pour plus
d'austérité et de subventions
puisées à même le
trésor public avec celles des travailleurs
et du peuple pour l'affirmation de leurs droits.
Les parties du discours qui décrivent cet
« équilibre »
sont : « Stabilité et
audace », « Un nouveau
sentiment d'appartenance »,
« Une société
équitable » et « La
voie à suivre ».
Dans la section « Stabilité et
audace », le gouvernement s'engage
à utiliser les fonds publics de divers
manières pour « créer des
emplois » et stimuler la
« croissance
économique ». Il s'agit de la
même direction par laquelle des
milliards $ de fonds publics ont
été donnés aux
intérêts privés pendant la
crise économique, ce qui a mené
à la « crise » de la
dette et du déficit. Cette section examine
comment le gouvernement va continuer à
payer les intérêts privés par
le biais du trésor public et du
système fiscal. On y lit :
« Le gouvernement souhaite renforcer
la capacité de gain de toutes les
Ontariennes et de tous les Ontariens et leur
donner la possibilité d'avoir un bon emploi
et une rémunération
stable. » Voici comment il compte
atteindre cet objectif :
« Le gouvernement travaillera en
partenariat avec les éducateurs des
écoles secondaires, les
représentants des collèges et des
universités, les agents de formation et les
employeurs pour offrir aux jeunes la
possibilité d'améliorer leurs
compétences et de trouver des stages et des
programmes d'enseignement coopératif qui
leur permettront d'acquérir une
expérience de travail concrète et
enrichissante. »
« Votre
nouveau gouvernement travaillera donc avec
l'opposition et les petites entreprises pour
examiner la hausse du seuil de l'exemption au
titre de l'impôt-santé des
employeurs. »
« Il travaillera avec les institutions
financières et les organismes
gouvernementaux pour que les petites et moyennes
entreprises aient accès au capital dont
elles ont besoin pour prendre de
l'expansion. »
« Et comme preuve de cet engagement,
le gouvernement injectera 50 millions $ dans un
nouveau fonds de capital-risque de 300 millions $
en partenariat avec ses homologues
fédéraux et le secteur
privé. »
« Le gouvernement tirera profit de ses
corridors commerciaux et les développera de
façon à susciter
l'intérêt des marchés
internationaux. »[1]
« Il facilitera le transfert des
marchandises transitant par des carrefours
importants, tels que Windsor, au Passage
international de la rivière Détroit,
et conduira des missions commerciales chez nos
partenaires importants à
l'étranger. »
Un second aspect de la section
« Stabilité et
audace » concerne la négociation
de conventions collectives et l'arbitrage qui
doivent selon le discours se faire sous le signe
de la « responsabilité fiscale
du gouvernement ». Le gouvernement s'y
engage à travailler avec ses partenaires du
secteur public pour bâtir un modèle
durable d'arbitrage et de négociation
salariale « qui respectera la
négociation collective, de sorte que notre
avenir commun et prometteur ne soit pas assombri
par les réalités économiques
auxquelles nous faisons face ».
C'est la même chose que les libéraux
et les conservateurs disent depuis un bon moment,
surtout dans le contexte des attaques contre les
enseignants et les travailleurs de
l'éducation et contre tous les travailleurs
des services publics. Selon ces deux partis, la
négociation collective et l'arbitrage
doivent à tout prix se faire dans les
limites des soi-disant réalités
fiscales, un euphémisme pour le vol de
milliards de dollars dans les programmes sociaux
pour payer les prêteurs d'argent. Cela nous
montre que cette session poursuivra le travail de
la session précédente pour mettre en
place de nouveaux arrangements qui visent à
forcer les travailleurs à accepter les
paramètres fiscaux du gouvernement dans
leurs négociations ou se faire imposer des
ententes qui n'en sont pas par la Commission des
relations du travail et d'autres institutions, des
ententes sur lesquelles le gouvernement a le
dernier mot.
Un nouveau sentiment d'appartenance
Cette section débute par une
présentation de l'importance des
« relations » entre les
individus, les communautés et la
société et la
nécessité que chacun soit en lien
avec les autres, mais le tout est mis en
corrélation avec la demande des monopoles
pour des infrastructures et avec la
« productivité » de
l'économie.
Le gouvernement, lit-on dans le discours du
Trône, « se penchera sur les
améliorations à apporter aux routes
rurales, aux ponts et aux transports en commun
dans les banlieues, et s'efforcera de trouver une
solution à la congestion qui menace de
paralyser la région du grand Toronto et de
Hamilton. »
« Il s'attardera aussi aux besoins
particuliers du Nord de l'Ontario en
matière de transport et s'efforcera
d'améliorer l'accès crucial au
Cercle de feu ainsi que la circulation des gens et
des marchandises le long de nos corridors
commerciaux vers les
États-Unis. »
La construction de nouvelles infrastructures pour
développer le Cercle de Feu est de
première importance pour les monopoles
miniers qui salivent à l'idée de
mettre la main sur les riches dépôts
de chromite du nord de l'Ontario. Kathleen Wynne a
été sélectionnée comme
première ministre avec l'objectif
spécifique de s'attaquer à ce
problème pour les monopoles parce que cette
infrastructure et le Cercle de Feu lui-même
sont situés sur les territoires des
Premières Nations et que celles-ci ont le
droit d'être consultées de
manière réelle et de retirer leur
consentement — ce qui veut dire le droit de dire
NON !
« Votre nouveau gouvernement croit que
la population de l'Ontario est prête
à prendre part à une discussion
intelligente sur les coûts
nécessaires si on lui garantit des
résultats mesurables. » C'est
une autre façon de dire que le coût
des infrastructures va être payé par
les impôts des individus.
Une société équitable
Cette section met l'accent sur le plan du
gouvernement de transformer les programmes
sociaux, en particulier l'aide sociale.
« Et pour s'assurer que le parcours
qu'ils doivent suivre (les gens sur l'aide
sociale) pour s'affranchir de l'aide
sociale n'est pas indûment ardu, il leur
permettra de garder une partie plus importante du
revenu qu'ils auront gagné grâce
à leur dur labeur. » On sait que
pour les libéraux, la
« réforme » de l'aide
sociale est synonyme de coupures de budgets dans
le programme.
Cette situation traite également de la
question de la santé, mais sans parler de
garantir le droit à la santé. Le
gouvernement coupe abondamment dans les ressources
qui sont nécessaires au système de
santé et force les hôpitaux à
appliquer les coupures et privatise les services.
En ce qui concerne l'éducation, le
discours mentionne l'extension des garderies
à plein temps. Cela soulève bien des
questions parce que cela fait longtemps que les
Ontariens attendent la pleine mise en vigueur des
maternelles et des jardins d'enfants à
plein temps pour tous les enfants en âge d'y
aller, mais cela ne s'est toujours pas
matérialisé. Pendant ce temps, les
municipalités ont utilisé
l'introduction des programmes de garderies
à plein temps pour fermer leurs propres
services à la petite enfance, ce qui a
réduit les espaces disponibles pour les
enfants et pavé la voie aux monopoles
privés de services à la petite
enfance.
La voie à suivre
Faire progresser l'Ontario était le
thème du discours du Trône du
gouvernement McGuinty en 2011. Ce thème est
utilisé pour demander que « tous
travaillent à l'unisson » et que
les partis d'opposition adoptent le programme
d'austérité, mettant de
côté leurs intérêts
partisans pour que le gouvernement soit capable de
remplir ses engagements en matière de
paiement de la dette et du déficit. Le
gouvernement de Wynne reprend ce thème,
appelant les députés et les partis
de l'Assemblée législative à
travailler tous ensemble à
représenter leurs électeurs et
à mettre de côté leur
politique partisane.
Dans l'ensemble, on voit que le discours du
Trône sert à présenter l'ordre
du jour de la nouvelle première ministre
d'une façon à faire croire aux
travailleurs et à la population qu'ils
peuvent servir leurs intérêts en
acceptant le programme d'austérité
comme cadre. Le problème cependant est que
le programme de payer les riches exacerbe les
problèmes économiques et sociaux
auxquels la province est confrontée. La
prétention que s'attaquer aux salaires et
aux conditions de travail des travailleurs,
privatiser les services publics et remettre les
fonds publics aux monopoles va améliorer la
situation est contredite par les conditions
mêmes de la vie quotidienne des Ontariens.
C'est pourquoi cette session de l'Assemblée
législative va voir s'aggraver la crise de
crédibilité et de
légitimité dans laquelle le
gouvernement est plongé.
Note
1. Il s'agit du projet de pont reliant
Windsor et Détroit dans lequel
2,5 milliards $ de fonds publics sont
versés par les gouvernements
fédéral et ontarien à des
intérêts privés pour
construire et administrer le pont, dont 550
millions $ versés par le
gouvernement canadien pour payer la portion
américaine du pont.
22
février: Les enseignants et travailleurs
de l'éducation à Kingston
maintiennent un piquet de grève. (A. Loken)

Les attaques se poursuivent contre
les droits des travailleurs
- Jim Nugent -

"Il ne peut
y avoir de 'nouveau départ ' sans des
conventions
négociées !"
|
L'Opposition ouvrière accueille le
discours du Trône avec tout le mépris
qu'il mérite. Il s'agit d'une tentative
évidente par la nouvelle chef du Parti
libéral, Kathleen Wynne, de se sortir de la
crise de légitimité des
libéraux avec ses fausses promesses. Le
gouvernement parle
d'«équité » et de
« respect » pour les
travailleurs, mais il n'y a rien de substantiel
dans le discours qui permet de croire que les
libéraux ne seront plus les champions du
programme d'austérité des riches et
n'utiliseront pas tous les pouvoirs à leur
disposition pour imposer des mesures
d'austérité.
Dans la première partie du discours du
Trône qui porte sur les relations avec les
travailleurs du secteur public, le gouvernement
Wynne dit qu'il est temps que « nous
écrivions en quelque sorte une page de
l'histoire ». Les travailleurs sont
censés oublier les deux années
d'attaques des libéraux et des
conservateurs contre les travailleurs du secteur
public, avec les suppressions d'emplois, les
baisses de salaires, les conventions collectives
imposées et le chantage et ils sont
censés laisser les libéraux prendre
un nouveau départ. Mais ce nouveau
départ est basé sur la même
approche de McGuinty qui est d'éliminer
l'ancien système de négociation des
contrats et d'arbitrage par une tierce partie et
de le remplacer par un nouveau modèle de
relations de travail qui est encore plus
antiouvrier et antisocial.
On lit dans le discours que le gouvernement
« améliorera le processus pour
faire en sorte que chacun de ses partenaires, y
compris ceux du secteur public, soit traité
avec respect ». Et plus loin :
« [Votre gouvernement] travaillera avec
ses partenaires de tous les secteurs pour
bâtir un modèle durable de
négociation salariale qui respectera la
négociation collective, de sorte que notre
avenir commun et prometteur ne soit pas assombri
par les réalités économiques
auxquelles nous faisons face. »
Ces expressions « améliorera le
processus » et « bâtir
un modèle durable » montrent
que, comme McGuinty, Wynne considère que
l'ancien modèle de relations de travail et
d'arbitrage des intérêts a failli.
Les anciennes formes de relations de travail
« ne sont pas viables » dans les
réalités économiques
d'aujourd'hui et doivent être
remplacées par une nouvelle forme.
Le nouveau modèle de relations de travail,
mis en oeuvre dans le projet de loi 115 et le
projet de Loi sur la protection des services
publics, est de confiner les
négociations de conventions collectives
dans le secteur public aux paramètres
d'austérité dictés par les
ministres gouvernementaux. Si les accords conclus
entre les travailleurs et les employeurs du
secteur public ne respectent pas les
paramètres, les ministres du gouvernement
pourront opposer leur veto aux ententes ou dicter
leurs conditions.
Wynne dit qu'elle va abandonner l'ancien
modèle maintenant non viable et en
construire un nouveau qui tient compte des
réalités économiques.
Qu'est-ce que ça veut dire si ce n'est que
de suivre le modèle McGuinty et
Hudak ? Ou bien le droit des travailleurs
d'avoir leur mot à dire sur leurs salaires
et conditions de travail sera affirmé, ou
bien il ne le sera pas. Ou bien les gouvernements
peuvent dicter des paramètres
« incontestables » et
imposer des conventions collectives, ou bien ils
ne le peuvent pas. Il n'y a pas de
troisième voie.
Bien que le discours du Trône soit un
exercice de manipulation politique, il contient
également un message direct pour la
minorité privilégiée, le
véritable électorat des
libéraux. Le gouvernement Wynne a promis
aux riches que « le gouvernement
s'attend à ce que le talent et la
ténacité de ses fonctionnaires
contribuent à propulser la province vers de
plus hauts sommets. Il ne fera pas de promesses
qu'il ne peut pas tenir et ne courbera pas non
plus l'échine. Il sera respectueux et
direct, honnête et
décisif. » « ...Et ne
courbera pas non plus
l'échine », ce ne sont pas les
mots qu'utiliserait quelqu'un de respectueux du
désir de la population, ce sont des mots de
confrontation et de pouvoir. Que
représentent-ils sinon une proclamation par
le gouvernement Wynne de son intention d'utiliser
tout son pouvoir pour imposer
l'austérité ? En ce qui
concerne les relations de travail dans le secteur
public comme dans tout le reste, le discours du
Trône promet que le gouvernement Wynne va
s'en tenir au programme d'austérité
antisocial et antiouvrier des riches. C'est
pourquoi les travailleurs vont s'y opposer
fermement.

Colombie-Britannique
Un discours du Trône qui trace une voie
dangereuse pour la Colombie-Britannique
Le 12 février, la lieutenant
gouverneure de la Colombie-Britannique, Judith
Guichon, a prononcé le discours du
Trône du gouvernement libéral de
Christy Clark à l'Assemblée
législative de la Colombie-Britannique. Le
discours représente les
intérêts des plus grands monopoles de
l'extraction des ressources, en particulier du gaz
naturel, ainsi que des monopoles forestiers et
d'autres secteurs au moment où ils se
préparent à entraîner
l'économie de la Colombie-Britannique sur
une pente dangereuse qui va appauvrir la
population encore plus et accroître son
insécurité économique.
Au nom de « réduire la
dette », le gouvernement libéral
entend donner 50 milliards $ aux bailleurs de
fonds, principalement londoniens et new-yorkais,
qui volent actuellement 2,5 milliards $
par année à la province en paiements
d'intérêts.
Le discours du Trône crée un
scénario où la Colombie-Britannique
devient riche à craquer tout à coup
du fait que les monopoles privés extraient
du gaz naturel dans la région nord-est de
la province puis l'expédient via les
gazoducs jusqu'aux usines de Gaz naturel liquide
(GNL) sur la côte ouest d'où il est
exporté en Asie.
On y parle d'un Klondyke du gaz naturel qui
rapporte des profits fabuleux à certains
des monopoles les plus riches du monde et aux
grands consommateurs de gaz. Bechtel, la plus
importante compagnie de construction au monde,
construit présentement trois usines GNL
à Queensland, en Australie, afin de
transformer et d'exporter vers l'Asie près
de 38 millions de tonnes de gaz à
partir de 40 000 puits de gaz de charbon dans la
région de Darling Downs. La première
ministre Clark pense que le gaz de la
Colombie-Britannique obtenu par fracturation
hydraulique est en mesure d'être extrait,
transporté, liquéfié et
expédié à des prix
compétitifs avec ceux de l'Australie et
sans créer de surplus, ce qui ferait chuter
les prix.
La fracturation hydraulique permet d'extraire le
gaz naturel en pompant de l'eau, du sable et des
produits chimiques toxiques profondément
dans les formations souterraines de schiste. En
Colombie-Britannique, cela se fait
présentement dans le Bassin de la
rivière Horne (au nord de Fort Nelson) et
dans le Bassin de schiste de Montney (dans les
régions de Hudson Hope, de Fort St-John et
de Dawson Creek). L'extraction et la compression
du gaz requièrent une quantité
énorme d'électricité. Pour
répondre à ce besoin en
électricité, on construira le
barrage Site C sur la rivière Peace
à même les fonds publics et, en
détruisant de vastes régions de
terres agricoles, le moyen de subsistance de
cultivateurs et les territoires des
Premières Nations.
Le Discours du trône est écrit sur
un ton d'urgence à propos de
« saisir l'occasion », ce
qui selon Clark devrait permettre la mise sur pied
d'un Fonds de prospérité comme il
existe en Alberta, de recueillir entre 130 et 260
milliards $ sur les 30 prochaines
années par le biais d'une nouvelle taxe sur
le gaz naturel et de rembourser la dette
provinciale de 50 milliards $. Les rues
seront pavées d'or. Malheur à celui
qui croit à tout cela.
Ce sont les monopoles Shell, Chevron, divers
monopoles asiatiques, Bechtel et d'autres qui vont
dicter qui va en bénéficier et qui
va payer comme l'ont fait les usines d'acier
japonaises avec la « bulle de
charbon » du nord-est de la province
dans les années 80. Aujourd'hui, un projet
de gaz naturel est en voie d'être
réalisé, qui est
présenté comme une alternative
« verte », et le
gouvernement de la Colombie-Britannique, comme
celui de Queensland, est le gouvernement vendu qui
est en train de politiser les
intérêts privés des
entreprises les plus rapaces et les plus
socialement irresponsables qu'on trouve sur la
planète.
Les travailleurs, en plus d'être
préoccupés par les
conséquences environnementales, doivent
aussi examiner ce qui va leur arriver dans toute
cette hystérie. Dans les champs gaziers de
Queensland, les travailleurs de la construction
sont amenés et ramenés par avion,
ils sont importés d'Irlande et d'ailleurs
pour y faire un coup d'argent rapide dans un
environnement dangereux et vulgaire. On n'y
construit aucune communauté et aucune vie
stable dans une atmosphère cultivée.
Le discours du Trône prétend que
cinq usines GNL créeront 75 000
emplois permanents. La capacité d'une usine
en GNL est mesurée en millions de tonnes
métriques par année (mtmpa). Lorsque
la construction sera terminée et que le lot
de travailleurs requis pour une courte
période partira, la main-d'oeuvre
permanente des usines GNL au taux de
productivité actuel représentera
environ 40 travailleurs par mtmpa. Selon le site
web du ministère de l'Énergie, des
Mines et du Gaz naturel GNL, l'usine GNL
Apache-Chevron prévue pour Kitimat
embauchera 450 travailleurs réguliers. Une
deuxième usine, GNL Canada (Shell Canada
Ltée, PetroChina Company Limited, Korea Gas
Corp, Mitsubishi Corporation (KOGAS)) produira
12 mtmpa et fournira environ 480 emplois
permanents. Cinq usines du genre
représentent environ 2 250 emplois.
Nous sommes loin du 75 000 !
Aujourd'hui, il y a 165 000 chômeurs en
Colombie-Britannique.
Tout le discours du Trône est un assaut
contre la pensée. On n'y trouve pas une
seule idée rationnelle sur comment
développer une direction pour
l'économie qui répondra aux besoins
du peuple. Le discours mentionne en passant les
Premières Nations sans toutefois
reconnaître leurs droits en tant que nations
de dire oui ou non aux plans des monopoles qui
vont dévaster leurs territoires par la
fracturation hydraulique frénétique
pour extraire du gaz et le transporter.
Le discours contient aussi une nouvelle attaque
contre les enseignants de la Colombie-Britannique,
renouvelant l'intention de Clark d'imposer une
« paix de classe de dix
ans » en privant les enseignants de
leur droit de négocier leurs salaires ainsi
que la grandeur et la composition des classes.
Aucune mention du fait que les institutions
d'enseignement primaires, secondaires et
postsecondaires sont totalement
sous-financées, ce qui prive les jeunes
d'une éducation de qualité et ouvre
la porte aux écoles privées
fonctionnant sur la base du profit.
La classe ouvrière a besoin de sa voix
indépendante à l'Assemblée
législative qui combat pour une nouvelle
direction prosociale pour l'économie et
pour affirmer les droits. Une élection
provinciale se tiendra le 14 mai. Le
programme de l'Opposition ouvrière est
d'arrêter de payer les riches et d'augmenter
les investissements dans les programmes sociaux.
Un renouveau démocratique est
nécessaire afin de donner du pouvoir au
peuple. L'Assemblée législative ne
doit pas être un havre pour les
intérêts privés. Elle doit
représenter les intérêts
publics et les droits de tous. La classe
ouvrière, la jeunesse et les
aînés doivent se préparer et
s'organiser pour avoir leur propre voix au
parlement. Il faut que tous y
réfléchissent et en discutent, et
notamment les membres des syndicats et des autres
forces sociales qui sont organisées.
Non au discours du Trône et à la
politique libérale de payer les riches
à l'Assemblée
législative ! Ensemble,
organisons-nous et préparons-nous à
faire entendre la voix du peuple à
l'Assemblée législative le
14 mai !
Qui décide ? C'est
nous ! À qui l'économie ?
À nous !
Défendons les droits de tous !

Alberta
Discussion sur l'ordre du jour
d'austérité
et le prochain budget
- Peggy Morton -
Le gouvernement a publié sa mise à
jour relative à la situation
financière pour le troisième
trimestre ainsi que son bilan économique
couvrant la période entre le 1er avril 2012
et le 31 décembre 2012. La première
ministre Alison Redford a aussi émis une
nouvelle déclaration aussi
incohérente que les
précédentes expliquant pourquoi les
travailleurs et le peuple de l'Alberta devraient
accepter un budget d'austérité. Ses
déclarations précédentes
à l'effet que les prix à la baisse
pour le bitume étaient responsables de la
chute inattendue du revenu n'étaient pas
crédibles en dépit des efforts
désespérés des médias
monopolisés pour les maintenir en vie en
répétant cette « explication
» à satiété.
Lors d'une entrevue radiophonique, Redford a
changé son fusil d'épaule en
déclarant qu'après mûre
réflexion, l'Alberta n'a pas de
problème de revenu. Le problème en
serait plutôt un de dépenses. Que le
problème soit les dépenses ou le
revenu, peu importe, la solution de Redford
demeure la même : détruire les
services publics et les programmes sociaux,
attaquer les conditions de travail et de vie des
travailleurs et des professionnels qui dispensent
ces services et étendre les manoeuvres pour
payer les riches afin de servir les monopoles les
plus puissants.
La classe ouvrière de l'Alberta, qui
provient de toutes les régions du Canada et
du monde entier, crée une richesse immense
en transformant les ressources de la Terre
Mère en produits utilisables. Les riches
saisissent une quantité croissante de cette
immense nouvelle valeur. En Alberta, les riches
s'enrichissent à une vitesse sans
précédent. Mais la richesse de ces
détenteurs du capital basés en
Alberta n'est rien à comparer à
l'immense richesse retirée de
l'économie par les propriétaires des
sables bitumineux et d'autres secteurs de
l'industrie énergétique.
La mise à jour de la situation
financière confirme ce que plusieurs
travailleurs et le peuple de l'Alberta ont
déjà compris — que les budgets sont
des documents biaisés qui servent l'ordre
du jour antisocial prôné par les
monopoles. Par exemple, le budget 2012-2013 ne
comprenait pas un sou pour lutter contre les feux
de forêts, pour l'aide aux
municipalités en cas d'inondation, pour
lutter contre les infestations du dendroctone du
pin ou pour répondre aux
réclamations d'assurance liées aux
conditions météorologiques
extrêmes (l'assurance-récolte). Il
s'agit pourtant de phénomènes
répandus, prévisibles et
nécessaires qui nécessitent des
ressources. Le gouvernement rapporte des
dépenses non budgétées
destinées à l'assistance en
matière de désastre et d'urgence de
561 millions $, soit en grande partie
l'équivalent du montant de l'augmentation
prévue du déficit. Cette
augmentation sert ensuite de prétexte pour
exiger des coupures aux programmes sociaux et aux
attaques contre les travailleurs et les
professionnels qui fournissent ces programmes.
La mise à jour nous indique aussi que
l'impôt sur les sociétés est
de 2,962 milliards $ pour les neuf mois se
terminant le 31 décembre 2012 ou moins de 4
milliards $ sur une base annuelle. C'est moins de
10 % de l'ensemble du budget, ou 1,4 % du produit
intérieur brut de l'Alberta. Mais ce n'est
pas le portrait dans son ensemble. Beaucoup de
choses sont cachées derrière une
comptabilité centrée sur le capital
et la perspective qui est au centre de ce genre de
rapport. Il y a encore plus d'information qui est
cachée tellement les intérêts
privés l'emportent sur l'autorité
publique et déclarent que leurs
arrangements pour voler le trésor public
doivent demeurer secrets d'État.
La mise-à-jour ne dit pas combien d'argent
à même le trésor public a
été remis à des
intérêts privés. L'information
comptable est présentée d'une
manière qui rend impossible d'identifier
quelles subventions ont été
consacrées aux programmes sociaux et
quelles dépenses ont été
consacrées à des manoeuvres pour
payer les riches.
Les riches sont payés entre autres choses
par la sous-traitance des services publics aux
intérêts privés. Ce recours
à la sous-traitance a lieu dans tout le
service public y compris les services de
santé chroniques, les soins à
domicile, les cliniques chirurgicales, le
financement des écoles privées, la
construction d'écoles, les autoroutes, le
transport en commun et autres infrastructures
publiques, et l'entretien d'édifices
publics. Le budget de 2012 prévoit des
estimés de 17,6 millions $ en
dépenses en infrastructure sur trois ans,
mais ne révèle pas combien de ce
financement pris à même le
trésor public est consacré au profit
privé.
L'étude de l'institut Parkland
intitulée « La façon dont les
services sont dispensés est importante
» démontre que la sous- traitance du
travail d'entretien pour les installations
gouvernementales aux gestionnaires de
propriété privée a
augmenté de façon exponentielle
depuis quelques années. Parkland conclut
que trois compagnies — Brookfield LePage Johnson
Controls (BLJC), Edon Management et SNC-Lavalin
Profac — sont les principaux
bénéficiaires de ces contrats. En
2009, les cinq plus grandes compagnies ont obtenu
des bénéfices de plus de 64 millions
$ en entretien et en opérations de la part
d'Infrastructure Alberta, ce qui représente
une imposante croissance si on compare aux 6,3
millions qu'elles ont touchés en 2006. En
2011, la valeur des contrats obtenus par les cinq
principales compagnies avait atteint à
nouveau les 69 millions $. Le montant de
financement public qui s'envole vers ces
corporations sous forme de profit privé
demeure un secret d'État.
L'Institut Parkland demande qu'un moratoire soit
décrété sur l'octroi de
contrats de services publics à des
entreprises privées. L'institut demande
aussi que le Vérificateur
général révise
immédiatement l'indice d'état des
installations d'Infrastructure Alberta afin de
déterminer si celle-ci reflète
fidèlement l'état réel des
infrastructures de la province. Cela serait
quelque chose de positif, de même que la
demande à l'effet que tous les contrats
conclus avec des intérêts
privés soient rendus publics, y compris la
réclamation en profit privé contenu
dans le contrat. Une commission pourrait alors
être mise sur pied dans le but d'initier une
transition organisée vers l'entreprise
publique pour remplacer la fourniture
privée des services basée sur les
profits.
La
question la plus importante en ce qui concerne le
prochain budget est : qui décide ? Le droit
du corps politique de prendre des décisions
est bloqué par le système politique
actuel qui s'assure que le peuple est tenu loin du
pouvoir. Les cercles dominants font tout ce qu'ils
peuvent pour empêcher les gens de trouver
des solutions qui garantissent les droits et qui
favorisent le droit et l'intérêt
public. L'opposition dite officielle du Wildrose,
cet autre parti des monopoles et des banques et
d'autres puissantes corporations avec lesquelles
il est lié, met de l'avant des demandes qui
vont exactement dans le même sens. Les
libéraux ne cessent de se plaindre de la
« mauvaise gestion des fonds » comme
si le gouvernement ne faisait pas un bon travail
au service des monopoles les plus puissants. Le
NPD s'oppose aux coupures aux programmes sociaux,
mais se concentre sur le fait que le gouvernement
Redford a trahi son engagement. L'Opposition
ouvrière a la responsabilité de
diriger la lutte et de dire Non à
l'austérité ! Elle doit organiser
pour défendre les droits de tous et
développer une nouvelle direction pour
l'économie.

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Marxiste-Léniniste
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