Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 30 - 26 février 2013

Non au droit de monopole!

La résistance des travailleurs vient à
bout du lockout à Acier Leroux


Les travailleurs en lockout d'Acier Leroux sur la ligne de piquetage le 31 octobre 2012

Non au droit de monopole!
La résistance des travailleurs vient à bout du lockout à Acier Leroux - Entrevue avec Lucien Dallaire, président du Syndicat des travailleurs d'Acier Leroux
Les monopoles miniers et les gouvernements créent le chaos dans le Grand Nord - Jim Nugent
Une grande minière de Colombie-Britannique invoque le «manque de formation» pour intensifier l'exploitation des travailleurs


Non au droit de monopole!

La résistance des travailleurs vient à bout
du lockout à Acier Leroux

Les travailleurs du centre de distribution Acier Leroux, une division de Russel Metals, viennent de signer une nouvelle convention collective après une lutte de cinq mois contre le lockout imposé par la compagnie. Forum ouvrier s'est entretenu récemment avec Lucien Dallaire, le président du Syndicat des travailleurs d'Acier Leroux.

LML: Quelle évaluation le syndicat fait-il de la lutte que vous avez menée?

Lucien Dallaire: Nous sommes fiers de ce que nous avons accompli. Au début des négociations, la représentante de la compagnie nous a dit qu'elle allait « dégraisser » notre convention collective en nous faisant un geste de la main comme quoi notre convention allait avoir à peu près l'épaisseur d'un cheveu. Mais ce n'est pas ce qui s'est passé et en réalité il s'est produit un revirement de situation le 4 février quand la compagnie a retiré ses demandes. Nous nous sommes tenus debout jusqu'à la dernière seconde.

Nous avons signé l'entente de principe avec la compagnie lundi le 4 février. Le 7, nous avons tenu notre assemblée générale pour ratifier l'entente. Sur une possibilité de 95 travailleurs, on était à peu près 90 à l'assemblée. Il y a eu six votes contre, tous les autres travailleurs ont voté en faveur de l'entente. Nous avons présenté tout le contenu de l'entente, article par article. Après chaque article, les travailleurs pouvaient poser leurs questions. La réunion a débuté à 1 heure de l'après midi et s'est terminée à 6 heures. On voulait que les travailleurs comprennent bien sur quoi ils votaient. Puis, on est passé au vote.


Conférence de presse le 10 octobre 2012. Lucien Dallaire
est le deuxième à gauche. (Photo: CSN)

LML: Quels sont les principaux points du nouveau contrat?

LD: C'est un contrat de 5 ans. Un des principaux problèmes que nous avons c'est la sous-traitance. Acier Leroux prenait souvent les camions de l'entreprise pour donner le travail de distribution sur la route à des sous-traitants pendant que nos chauffeurs qui sont supposés faire ce travail étaient laissés à passer le balai ou même envoyés à la maison. Évidemment les conditions de travail des sous-traitants sont bien en dessous des nôtres. On a fait des gains parce que dorénavant nos camions ne serviront plus à la sous-traitance, il va y avoir d'autres camions pour le travail des sous-traitants. On a obtenu plus d'heures de travail syndiqué par rapport à la sous-traitance. Il y a des voyages qui ne se faisaient plus avec nos membres, comme des voyages aller-retour de l'endroit de travail vers le port de Sorel pour livrer et rapporter des matériaux, qui vont maintenant revenir à nos membres.

Les assurances étaient ­elles aussi une grosse question. On a fait un gros gain là-dessus. Avant, on payait 50-50 sur les assurances, l'employeur et nous. Cela voulait dire pour nos travailleurs des montants allant jusqu'à 95 $ par semaine, c'est énorme. La compagnie demandait de prendre un nouvel assureur et de gérer elle-même le dossier des assurances, mais elle ne voulait pas payer, elle voulait garder le paiement 50-50. La compagnie va maintenant gérer les assurances mais on a gagné que le coût des assurances va être défrayé à 80 % par la compagnie et 20 % par les travailleurs.

Au sujet des salaires, au début, la proposition de la compagnie c'était 1% d'augmentation par année et elle ne voulait pas bouger de là. En fin de compte, on a obtenu plus que cela; on a obtenu 2,2 % en 2012, 2,25 % en 2013, 2,25 % en 2014, 2,75 % en 2015 et 2,75 % en 2016.

Un autre grand problème c'était les libérations syndicales. L'employeur demandait qu'on fasse nos représentations syndicales en dehors de nos heures de travail et à nos frais. Ça n'avait aucun sens. Quand un travailleur se blesse, ou qu'on doit faire une enquête pour lever un grief, il faut intervenir tout de suite, on ne peut pas attendre après notre quart de travail. La compagnie ne voulait plus payer pour des libérations syndicales. Elle a reculé là-dessus et on va pouvoir faire nos représentations syndicales pendant notre quart de travail.

Sur toutes ces questions, ça a été un revirement de situation.

LML: Comment expliquez-vous que la compagnie ait retiré ses demandes?

LD: On n'a pas lâché et on s'est tenu debout jusqu'à la dernière seconde. Ce qui a fait débloquer les choses, c'est qu'on est allé visiter nos clients, on a fait du piquetage dans leur rue. Le client lui n'est pas en conflit de travail alors ils venaient nous voir pour nous demander ce que nous faisions là. Nous leur avons expliqué que nous étions en conflit. Ils se sont mis à appeler Acier Leroux pour leur dire de régler leur conflit, que tant et aussi longtemps que le conflit ne serait pas réglé, ils allaient arrêter d'acheter chez Acier Leroux. Ils ont dit à la compagnie: « Rappelle-nous quand ton conflit sera réglé. » Cela a beaucoup aidé. C'était le silence dans les journaux sur notre conflit. Il fallait trouver d'autres façons de nous faire voir.

LML : Que veux-tu dire en conclusion?

LD : On n'a pas lâché. On suivait nos patrons sur la route à chaque jour pour prendre note des livraisons qu'ils faisaient. On a monté un volumineux dossier qu'on a amené aux normes du travail pour montrer que l'employeur agissait au détriment de la loi, mais on a perdu. La compagnie n'a jamais pensé qu'on tiendrait cinq mois. La représentante de la compagnie nous l'a dit, que ça faisait 5 mois que nous étions dans la rue et on avait l'air aussi en forme qu'au début.

Je veux donner crédit à la CSN qui nous a grandement appuyés. En plus de notre paie de lockout, on a reçu des dons constamment des autres usines CSN pour nous épauler. Sans cette aide, je ne pense pas qu'on aurait pu tenir comme on l'a fait.

Une autre chose c'est qu'on a vraiment été bloqués par la loi antiscab. La loi antiscab telle qu'elle est faite en ce moment, c'est juste bon pour le patron, il n'y a rien pour nous là-dedans. La loi nous empêche de faire quoi que soit. Chaque jour, le patron passait devant nous dans son camion en allant faire notre travail, parfois il nous souriait en faisant un petit geste de salut de la main pour nous narguer et nous, on avait le droit de rien faire. On dit que le Québec est un pays libre mais c'est faux. Tu es supposé te taire. Tu travailles dans des conditions misérables tandis que les patrons se remplissent les poches. Celui qui travaille s'affaiblit. La loi antiscab pour nous ça a été un gros zéro. Elle nous a nui.

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Les monopoles miniers et les gouvernements
créent le chaos dans le Grand Nord

Le 13 février, le CN a annoncé qu'il suspendait ses projets de construction d'une nouvelle ligne ferroviaire de 800 km entre le port de Sept-Îles sur le St-Laurent et Schefferville dans la région des mines de fer de la fosse du Labrador. Le CN a interrompu ses études de faisabilité pour le projet de 5 milliards $ lorsque les monopoles miniers membres d'un consortium de compagnies de chemins de fer dirigé par le CN se sont retirés du projet à cause des conditions changeantes du marché et des risques accrus liés à l'investissement.

La décision du CN d'interrompre ce qui aurait été une pièce centrale d'infrastructure industrielle expose la faillite de la stratégie économique du gouvernement Harper, stratégie qui représente, selon lui, la voie vers l'avant pour les emplois et la prospérité au Canada. Cette stratégie consiste à attirer l'investissement international en laissant le champ libre aux monopoles mondiaux pour organiser l'extraction des ressources naturelles comme bon leur semble en autant que leurs intérêts privés étroits sont servis. Loin d'assurer la prospérité, cette stratégie crée l'anarchie dans le secteur des ressources, ce qui accroît l'instabilité dans l'économie dans son ensemble et affecte la sécurité d'un moyen de subsistance pour les travailleurs.

Depuis quelques années, des prix mondiaux élevés pour le minerai de fer ainsi qu'une âpre rivalité entre les cartels mondiaux du fer et de l'acier ont mené à une lutte pour la mainmise sur les ressources de cette région riche en minerai de fer, celle du nord-est du Québec et de l'ouest du Labrador communément appelée la fosse du Labrador. Des dizaines de milliards de dollars ont été mis en jeu par l'oligarchie financière internationale pour faire des coups fumants dans la région : on a réactivé des anciennes mines, on en a ouvert de nouvelles, on a échangé des compagnies et des propriétés minières et on a identifié de nouveaux gisements métallifères. À titre d'exemple, 4 milliards $ ont changé de mains lorsque Cliffs Natural Resources et le producteur d'acier chinois Wuhan Iron & Steel Co.ont fait l'acquisition de la nouvelle mine de Bloom Lake appartenant à Consolidated Thompson.

Le CN contrôle plus de la moitié du marché du transport des ressources au Canada et avait formé un consortium de construction de chemins de fer pour faire un coup d'argent avec ce qui devait être une importante augmentation de la production de minerai de fer dans la région. Faisaient partie du consortium : Cliffs Natural Resources, Labrador Iron Mines et des compagnies minières appartenant à des monopoles mondiaux de l'acier, y compris des monopoles chinois et indiens. Le gouvernement québécois avait donné son aval pour financer la ligne ferroviaire par le biais de l'institution responsable de la gestion des régimes de retraite, la Caisse de dépôt et de placement du Québec. Le gouvernement Harper s'est engagé à avancer des fonds de démarrage du projet et avait offert 55 millions $ pour améliorer le port de Sept-Îles pour les navires océaniques transporteurs de minerai.

La frénésie du capital financier dans la région s'est atténuée cet automne lorsque la manipulation des prix et la compétition au sein des cartels mondiaux d'acier et de fer ont mené à une chute de 30 % du prix mondial du minerai de fer. Les projets de production, de capital et d'entretien ainsi que l'exploration dans la région du Labrador ont aussitôt été réduits. Toute croissance d'emploi pour les travailleurs, les techniciens et les ingénieurs dans les domaines des mines, de la construction et du transport ainsi que les emplois connexes de fabrication d'équipement s'est arrêtée. Et maintenant le grand projet du CN de doubler la capacité ferroviaire de la région a été mis au rancart.

Bien que la chute des prix pour le minerai de fer n'ait été que temporaire, les pertes de certaines entreprises et leur vulnérabilité face à de futures manipulations des prix continuent d'affecter à la baisse les taux de production prévus dans la région. Par exemple, Cliff Natural Resources a subi un glissement annuel de 23 % de ses revenus dans la région. La compagnie a affiché une dépréciation de 1 milliard $ de son investissement à Bloom Lake et a annulé les augmentations de production planifiées.

Dans un communiqué de presse sur la suspension de ses études de faisabilité, le CN donne un portrait de la situation qui est bien en deçà de la réalité : « Un examen du projet réalisé conjointement avec les sociétés minières indique qu'il sera difficile d'obtenir les volumes critiques de minerai de fer nécessaires pour justifier la construction par le CN d'une nouvelle infrastructure ferroviaire et d'un terminal de manutention et d'entreposage du minerai, en raison des calendriers de construction des mines et des besoins divergents de chaque projet individuel. »

L'état chaotique qui a affecté l'industrie du minerai de fer dans l'est du Canada cette année n'est pas restreint à l'industrie minière de cette région. Tous les monopoles dominants dans l'industrie minière et métallurgique ont des intérêts entrelacés, ce qui fait que le chaos dans une partie du secteur affecte aussi le reste. Nous pouvons le voir par l'effet qu'ont les difficultés des monopoles miniers de la fosse du Labrador sur les gisements de chromite du Cercle de feu de l'Ontario, un autre point chaud de ressources naturelles.

Cliffs est le principal joueur dans le Cercle de feu avec ses projets d'extraction et de transformation de la chromite de 3,3 milliards $. En novembre, suite à la chute temporaire des prix du minerai de fer, Cliffs a annoncé que la perte de revenus que cela engendrait ainsi que le risque accru dû à l'instabilité des prix ont fait en sorte que la compagnie va entreprendre ses projets en Ontario en 2017 plutôt qu'en 2015, comme c'était prévu. Cliffs se sert aussi de cette situation pour soutirer de l'argent au gouvernement ontarien pour l'infrastructure pour le transport et l'énergie dans le Cercle de feu ainsi que pour exiger toutes sortes de concessions.

Tous savent que l'abondance en ressources naturelles au Canada représente un immense potentiel qui peut servir de base pour développer et consolider l'économie nationale. Un développement rationnel des ressources pourrait aussi accroître le commerce international sur la base de l'avantage réciproque. La situation telle qu'elle se présente dans le secteur des ressources ainsi que le cycle expansion /ralentissement démontrent que ce potentiel ne peut être réalisé. Ce potentiel restera lettre morte tant et aussi longtemps qu'on permettra aux monopoles mondiaux d'organiser ce secteur névralgique dans leurs propres intérêts étroits et qu'on permettra aux ressources naturelles d'être transformées en un butin à la disposition des rivalités inter-monopolistes.

Il faut s'opposer à la stratégie du gouvernement Harper qui consiste à donner le champ libre aux monopoles d'extraction des ressources pour exploiter la terre et le travail. Il faut aussi imposer d'importantes restrictions aux monopoles d'extraction des ressources et organiser ce secteur pour qu'il réponde aux besoins du peuple.

Traduction : LML

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Une grande minière de la Colombie-Britannique
invoque le «manque de formation» pour
intensifier l'exploitation des travailleurs

Le 7 février, le président de la société minière HD Mining, Penggui Yan, a écrit une lettre au Syndicat des travailleurs spécialisés et de la construction (CSWU) et au Syndicat international des opérateurs-ingénieurs (IUOE). Il leur a demandé de mettre fin à l'examen judiciaire des demandes des travailleurs étrangers temporaires qui ont permis à HD Mining d'amener 201 mineurs chinois spécialisés dans la technique d'exploitation par longue taille, à Murray River, près de Tumbler Ridge, en Colombie-Britannique. Il dit vouloir employer les mineurs chinois pendant deux ans pour voir si la mine est exploitable et qu'il va consulter les syndicats afin de former des travailleurs canadiens aux techniques minières par longue taille si l'exploitation va de l'avant.

Mark Olsen, porte-parole du CSWU, et Brian Cochrane, agent d'affaires pour l'IUOE, ont immédiatement rejeté cette proposition et déclaré que l'examen judiciaire de la décision d'Ottawa d'autoriser la venue des travailleurs temporaires chinois, dont l'audience est prévue pour avril, doit aller de l'avant. Les représentations faites par les syndicats lors de l'examen citent les demandes d'emploi de travailleurs canadiens faites auprès de HD Mining, qui démontrent que la plupart des candidats sont des mineurs qualifiés et opérateurs de machinerie lourde. Les syndicalistes disent que cette cause est plus qu'une question de savoir si HD Mining dissimule la vérité en prétendant qu' « aucun Canadien n'est qualifié ou veut ces emplois », une fraude qui est aussi propagée par le ministre libéral de l'Emploi, Pat Bell.

Selon les médias, Olsen affirme que l'examen judiciaire soulève d'importantes questions sur l'ensemble du Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET). Le nombre de travailleurs amenés au Canada en vertu de ce programme est passé de 200 000 en 2007 à plus de 300 000 à la fin de 2011. Selon la Fédération des travailleurs de la Colombie-Britannique, quelque 70 000 travailleurs étrangers temporaires travaillent en Colombie-Britannique.

En 2011, le gouvernement libéral de Christy Clark a vanté le projet minier de HD Mining dans le cadre de son programme Jobs BC, promettant des emplois et des revenus fiscaux pour la Colombie-Britannique. En novembre 2012, dans un document d'information et de recherche émis par la section locale 6 du Syndicat des métallos et intitulé « Qui possède Huiyon Holdings et d'autres questions sur les mines de charbon chinoises prévues en Colombie-Britannique », le syndicat soulève un certain nombre de questions importantes, y compris pourquoi la première ministre Christy Clark et le ministre de l'Emploi, Pat Bell, ont conclu en novembre 2011 un accord avec HD Mining pour exploiter les gisements de charbon de Tumbler Ridge sachant, mais ne le rendant pas public, que des travailleurs étrangers temporaires en provenance de Chine seraient employés ? À cette époque, il y a eu tout un bruit à propos de la façon dont ils ont créé des emplois en Colombie-Britannique et encouragé l'industrie minière de la province. Ils ont publiquement dissimulé que « les travailleurs étrangers temporaires » seraient utilisés pour l'exploitation par longue taille conçue pour l'exportation du charbon vers la Chine. Aujourd'hui, Pat Bell fait marche arrière et dit que le projet est bon, mais qu'il y a des « problèmes » avec le PTET.

Le document d'information du syndicat des Métallos conclut : « Nous ne croyons pas que c'est le genre de Canada que la plupart des Canadiens veulent : un pays où des travailleurs étrangers très exploités et dépendants et ayant peu de possibilités de faire valoir leurs droits font le travail ardu d'extraire notre charbon pendant qu'une poignée d'actionnaires étrangers, un gouvernement étranger et quelques Canadiens en tirent tous les avantages et que les Canadiens au chômage restent les bras croisés à la maison [souffrant ] du taux de chômage élevé. »

Le document critiquant le PTET va plus loin : « Il est inacceptable que des entreprises et des gouvernements créent des enclaves à bas salaires avec des travailleurs hautement exploités provenant de l'étranger, surtout quand nous connaissons encore un chômage très élevé en Colombie-Britannique et au Canada. Historiquement les travailleurs ont mené des luttes répétées contre l'esclavage, la servitude contractuelle et d'autres formes de travail où les travailleurs sont totalement dépendants. »

Il conclut : « Nous allons donc continuer à nous opposer vivement aux programmes et aux développements tels que celui de la mine de charbon Murray River et des projets similaires qui sont conçus pour aucune autre raison que de générer le profit maximum et qui visent à opposer les travailleurs étrangers vulnérables et exploités aux travailleurs d'ici en quête d'emplois. »

Le conflit en cours entre HD Mining et les syndicats pose des défis importants pour la classe ouvrière et le corps politique de la Colombie-Britannique. Le premier est d'en arriver à mettre un terme au Programme des travailleurs étrangers temporaires de Harper. Le PTET est un instrument pour diviser les travailleurs et affaiblir leur résistance organisée face aux attaques contre leurs droits. La classe ouvrière canadienne est une seule classe, qu'elle soit considérée comme étant temporaire ou permanente par les propriétaires du capital. Les droits des travailleurs étrangers temporaires sont complètement bafoués même s'ils représentent 300 000 membres de la classe ouvrière. La classe ouvrière canadienne ne peut pas accepter et n'acceptera pas la négation des droits d'une section de la classe, peu importe dans quelle catégorie juridique l'élite dirigeante a assigné des travailleurs en particulier. Une attaque contre un est une attaque contre tous et une atteinte à la dignité de tous les travailleurs et leurs droits. Le PTET utilise des catégories bidon pour diviser les travailleurs et élargir la concurrence pour les emplois disponibles, sur la base par exemple de qui est formé et considéré comme « qualifié » ou non, dans le but d'abaisser les salaires, les avantages sociaux, les pensions et les conditions de travail de tous les membres de la classe ouvrière et de voler les ressources naturelles extraites sans retourner une valeur correspondante à la Terre, aux communautés, à l'économie et la société canadienne. Ceux qui profitent de cette division de la classe ouvrière, de la négation des droits et du vol des ressources naturelles sont des capitalistes monopolistes d'ici et de l'étranger. Le PTET doit être aboli car il prive directement les travailleurs de leurs droits et sert le droit de monopole. Tous les travailleurs étrangers temporaires qui travaillent aujourd'hui au Canada doivent pouvoir obtenir immédiatement le statut de résident permanent s'ils le désirent, avec l'option de la citoyenneté et de faire venir leurs familles au Canada.

Une autre question se rapportant au projet de HD Mining est de savoir qui décide comment les ressources naturelles de la Colombie-Britannique doivent être développées et au profit de qui. Personne n'a consulté les peuples des Premières nations sur le genre d'impact que l'extraction du charbon sur leurs terres ancestrales aura sur eux et la Terre Mère. Les travailleurs et le corps politique de la Colombie-Britannique n'ont tenu aucune discussion organisée sur la façon dont les mines de charbon en Colombie-Britannique doivent être développées, et on ne leur a certainement pas donné le pouvoir de décider de ces questions qui affectent leurs moyens de subsistance, leurs communautés, leur économie et leur sécurité pour l'avenir. Le corps politique n'a même pas été autorisé à faire le bilan de l'expérience de Tumbler Ridge, du boom de 1981 jusqu'au déclin de l'exploitation du charbon dans les années 1990.

La question de savoir qui décide est primordiale pour donner une direction à l'économie qui va créer des emplois, de la prospérité et de la sécurité pour les travailleurs canadiens, leurs communautés et leurs villes sur une base continue et qui va défendre leurs droits. Les arrangements actuels, y compris le PTET, sont faits pour payer les riches, servir le droit de monopole et priver les travailleurs, les Premières nations et les autres de leurs droits. Cela ne doit pas passer et ne passera pas.

(Sources provenant de CBC, Globe & Mail, et du document d'information et recherche des Métallos )

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