Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 27 - 20 février 2013

Ontario et Colombie-Britannique

Opposition au programme d'austérité
pour payer les riches


Le 28 août 2012: grand rassemblement des enseignants et travailleurs de l'éducation et leurs alliés contre la loi 115, la loi qui prétend "mettre les élèves en premier", tout juste avant la prorogation du gouvernement de Dalton McGuinty

Ontario
Le parlement reprend avec une nouvelle première ministre - Enver Villamizar
Ce à quoi il faut s'attendre - Dan Cerri

Colombie-Britannique
Nouvelles demandes exhorbitantes des monopoles de l'énergie - George Allen
Santé: la prestation privée et pour le profit se heurte à la conception centrée sur l'être humain


Ontario

Le parlement reprend avec
une nouvelle première ministre

L'assemblée législative de l'Ontario s'est ouverte mardi dernier dans le contexte d'un puissant mouvement d'affirmation des droits et d'opposition aux mesures d'austérité budgétaire. Depuis l'adoption du budget d'austérité par les libéraux et les conservateurs, avec l'abstention du NPD, le 27 mars, les travailleurs ont immédiatement adopté leur propre position et cela s'est exprimé par un grand rassemblement de masse à Toronto le 21 avril.


Le 21 avril 2012: grand rassemblement des travailleurs de l'Ontario contre le programme d'austérité

Depuis, les enseignants, travailleurs de l'éducation, étudiants et travailleurs de divers secteurs de l'économie restent sur l'offensive contre le programme d'austérité. Il y a eu un autre grand rassemblement le 28 août et plusieurs actions sur le plan local. Toute cette mobilisation a convaincu l'opinion publique que la lutte pour l'abrogation du projet de loi 115 est une lutte pour les droits de tous et contre le vol de milliards de dollars à l'éducation pour payer les riches. La preuve que la classe ouvrière peut prendre une position indépendante dans ses propres intérêts a été la cuisante défaite des libéraux et des conservateurs à l'élection partielle dans Kitchener-Waterloo, eux qui avaient tout misé sur cette élection.


Le 13 décembre 2012: rassemblement de milliers d'étudiants du primaire et du secondaire de Toronto devant l'assemblée législative de l'Ontario pour protester contre la loi 115.

L'Assemblée législative a été prorogée le 15 octobre par le premier ministre Dalton McGuinty. La prorogation en soi était une tentative de taire l'opposition grandissante. McGuinty a démissionné pour donner une chance à son gouvernement de« redémarrer » le programme d'austérité avec des ententes de coulisses avec les autres partis. Pendant la période de la prorogation, les libéraux, encouragés par les conservateurs, ont quand même continué de recourir à leur prérogative pour mettre en oeuvre toute une série de mesures antisociales, mesures qui étaient prévues dans le budget contesté. Pendant ce temps, la classe ouvrière a continué de développer son mouvement d'affirmation des droits. Il y a eu des manifestations hebdomadaires devant les bureaux de plusieurs députés, de grandes manifestations lors des débats à la chefferie du Parti libéral, les étudiants ont débrayé et ont manifesté par milliers à Queen's Park, les enseignants et travailleurs de l'éducation du primaire et du secondaire ont voté massivement en faveur de la grève et ont maintenu des lignes de piquetage devant leurs écoles. La force de cette opposition grandissante s'est manifestée à nouveau lors du rassemblement de masse de 30 000 personnes à l'occasion du Congrès à la direction du Parti libéral où Kathleen Wynne a été élue chef et première ministre. Elle continue comme son prédécesseur de faire la sourde oreille à la demande que les gouvernements affirment les droits des citoyens plutôt que de les bafouer. Elle prône plutôt la poursuite du programme d'austérité mais de façon « équitable ». Ce n'est qu'une façon de détourner les demandes mises de l'avant par l'Opposition ouvrière en Ontario.

Non à l'austérité !
Tenons les gouvernements redevables !
Pour le retrait des mesures d'austérité prévues dans le projet de loi 115 !


Le 26 janvier 2013: marche lors du congrès à la chefferie du Parti libéral de l'Ontario au Maple Leaft Gardens à Toronto

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Ce à quoi il faut s'attendre

L'aspect principal de l'activité du parlement ontarien d'avant la prorogation a été les lois anti-ouvrières adoptées contre les enseignants, les travailleurs de l'éducation et les travailleurs du secteur public. L'adoption de la loi 115 , la Loi de 2012 donnant la priorité aux élèves, le 11 septembre 2012, par les libéraux et les conservateurs d'un commun accord, a clairement démontré quelle direction le gouvernement entendait suivre.

D'autres tentatives d'attaquer les droits des travailleurs du secteur public dans l'esprit de la loi 115 ont suivi, avec par exemple le projet de loi déposé par le ministre des Finances Dwight Duncan qui vient tout juste de démissionner, la Loi de 2012 protégeant les services publics. Ce projet de loi visait à prolonger le gel des salaires des travailleurs non syndiqués du secteur public qui sont gelés depuis deux ans. Le projet de loi visait également à imposer un plus grand contrôle gouvernemental sur les travailleurs syndiqués du secteur public, notamment en changeant le régime d'arbitrage. Le projet de loi aurait donné au ministre un droit de veto et le pouvoir d'imposer des conditions aux ententes négociées, dont des restrictions salariales.[1]


Le 5 septembre 2012: des milliers d'employés de la fonction publique manifestent à Queen's Park conter la menace du gouvernement de leur imposer des conventions collectives par une loi spéciale.

Les conservateurs et leur leader Tim Hudak ont déposé leur propre version de changement au régime d'arbitrage par le biais de deux projets de lois émanant de députés dont l'un a passé l'étape de la première lecture. Ce projet de loi vise à établir une commission qui va avoir un pouvoir décisionnel sur toutes les disputes à la table de négociation des pompiers, des travailleurs d'hôpitaux et des policiers, et dont les décisions seront d'ailleurs finales. C'est certain que la question de mettre en place de nouveaux arrangements dans le régime d'arbitrage va resurgir encore une fois dans cette nouvelle session.

Dans son budget du 27 mars, le gouvernement McGuinty a également annoncé son intention de déposer un projet de loi qui s'attaque aux pensions des travailleurs du secteur public. Le gouvernement veut imposer un plafond aux augmentations de cotisations afin que tout déficit futur soit couvert par des réductions de prestations (ce qui transforme les fonds de pension à prestations déterminées en fonds de pension à cotisations déterminées); il veut réduire les cotisations des employeurs dans les fonds de pension où ceux-ci paient plus de 50 % des cotisations (même si le ratio avait été négocié), et il veut imposer la fusion des petits fonds de pension avec les plus grands.[2]

L'ordre du jour du Parlement avant la prorogation visait clairement à étendre les mesures d'austérité de la loi 115 à tous les travailleurs du secteur public avec les mêmes méthodes, soit le pouvoir ministériel de geler les salaires et de faire des coupures et de réduire les avantages sociaux des travailleurs, tout cela dans le but de retirer de l'argent des fonds publics pour le donner aux riches. Si cet ordre du jour est appliqué, il va abaisser encore davantage qu'il ne l'est le niveau de vie des travailleurs non syndiqués et s'attaquer encore plus au régime de négociations collectives des travailleurs syndiqués toujours dans le but de libérer de l'argent et de le verser aux monopoles au nom de la «création d'emplois », comme on l'a vu récemment encore avec Toyota et d'autres entreprises privées.

À quoi s'attendre dans la session qui s'amorce?

La reprise du Parlement le 19 février a été l'occasion de tenter de donner un « nouveau visage » au même programme que celui de McGuinty et de Hudak dans le but de le relancer et d'en voiler le caractère illégitime. On essaie une fois de plus de faire taire l'opposition ouvrière en donnant aux Ontariens l'illusion que le Parlement va affirmer les droits du peuple par une « approche équilibrée » et « équitable ».

Kathleen Wynne, la nouvelle première ministre, s'est engagée à reconstituer tous les comités du parlement, y compris ceux qui vont veiller à la poursuite du programme d'austérité du printemps dernier. Les conservateurs et leur leader Tim Hudak ont produit une série de livres blancs pour aller plus loin dans l'application de ce programme. Les néo-démocrates et leur leader Andrea Horwath ont fait leur l'appel des libéraux pour une approche fondée sur « l'équité » et demandent « une approche équilibrée pour équilibrer le budget ». Wynne a dit qu'elle va travailler avec les deux autres partis pour que leurs idées se retrouvent dans le prochain budget. Cela a servi à préparer un discours du Trône dont le programme d'austérité incorpore les propositions des néodémocrates et des libéraux au nom de l'équité. Pendant ce temps, les attaques contre les droits telles qu'on les retrouve dans la loi 115 vont être propagées aux autres secteurs toujours au nom de « l'équité ».

Le soi-disant nouveau parlement ne laisse présager aucune opposition à l'austérité et montre que chaque parti se bat pour faire valoir quelle méthode est la meilleure pour appliquer un programme illégitime qui ne sert que les intérêts des monopoles et d'autres intérêts privés aux dépens du peuple, des programmes sociaux et de la société.

Notes

1. Voir Ontario Political Forum du 1er octobre 2012 — Volume 2 numéro 1
2. Voir Ontario Political Forum du 10 octobre 2012 , Volume 2 numéro 2

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Colombie-Britannique

Nouvelles demandes exhorbitantes
des monopoles de l'énergie

L'industrie du pétrole et du gaz a demandé au gouvernement fédéral des subsides d'au moins 2 milliards $ sous forme d'allègements fiscaux pour la construction d'installations de gaz naturel liquéfié (GNL) en Colombie-Britannique. Le président de l'Association canadienne des producteurs pétroliers (ACPP) a dit au comité fédéral permanent sur les finances lors d'audiences prébudgétaires que ces subventions allaient rendre l'industrie « plus compétitive » et « encourageraient l'investissement ». Révélant une fois de plus sa nature de commis voyageur des monopoles, le ministre de l'Énergie de la Colombie-Britannique, Rich Coleman, a demandé au ministre des Finances Jim Flaherty d'inclure cette modification fiscale dans le budget fédéral de 2013 en mars prochain. Dans une lettre du 11 décembre, Coleman a écrit : « Je considère que la proposition de l'ACPP sert nos intérêts collectifs et j'espère que vous allez incorporer ce changement dans votre prochain budget. »

En ce moment, des usines GNL, qui convertissent le gaz naturel en gaz liquéfié pour faciliter l'entreposage et le transport maritime et terrestre, surtout là où il n'y a pas d'oléoducs de disponibles, bénéficient d'un amortissement fiscal fédéral de 8 %. Cet amortissement pour compenser les coûts en capital est lié directement aux montants que les monopoles peuvent réclamer en compensation pour la dépréciation de leurs actifs et à la vitesse avec laquelle ils peuvent faire cette réclamation, la dépréciation par exemple de la valeur de leurs installations par leur usure, leur vétusté, ou suite à des changements dans la demande pour leurs services. Même si les usines GNL ne font que retirer les impuretés et liquéfier le gaz naturel, l'ACPP veut que celles-ci soient reclassifiées en usines de fabrication de sorte à ce que la réduction pour amortissement puisse être augmentée. Un tel tour de passe-passe permettrait à l'industrie de l'énergie de radier 90 % de son investissement en sept ans plutôt qu'en vingt-sept ans. Un professeur de l'Université de la Colombie-Britannique a calculé que cette concession représenterait une épargne pour les membres de l'ACPP de l'ordre de 100 millions $ pour chaque milliard investi pour un total de 1,5 à 2 milliards $ sur sept ans.

Le gouvernement de la Colombie-Britannique dit vouloir mettre l'accent sur les GNL parce que cela permet d'exporter le gaz vers les marchés étrangers, principalement asiatiques. C'est ce qu'affirme une publication récente du ministère de l'Énergie et des Mines de la Colombie-Britannique « Le gaz naturel liquifié : une stratégie pour cette nouvelle industrie en Colombie-Britannique. » Dans l'introduction, le ministre de l'Énergie de la Colombie-Britannique déclare : « Au cours des vingt années à venir, la demande mondiale pour le gaz naturel va augmenter de façon dramatique, stimulée par une vive croissance économique en Asie. Avec le développement du GNL, une forme expédiable de gaz naturel, la Colombie-Britannique est très bien positionnée pour gagner sa part de ce marché lucratif. » Selon la publication, la source de gaz naturel proviendra des ressources en gaz de schiste de la Colombie-Britannique, qui ont été développées depuis 2005 sur la base de technologies telles le forage horizontal et la fracturation hydraulique. Les principaux monopoles dans le domaine sont Apache Canada, Encana, Nexen, EOG Resources, Imperial Oil et Devon Canada. Au Canada, la première installation commerciale LNG visant l'exportation doit ouvrir en 2015 à Kitimat. On y affirme aussi que la province « s'engage à travailler avec des investisseurs intéressés tels que Shell Canada pour la mise en oeuvre de trois installations d'ici 2020. » On estime dans la publication que ces trois usines GNL ne vont probablement créer que 800 emplois permanents.

L'amortissement fiscal n'est qu'une des nombreuses manoeuvres fédérales et provinciales pour payer les riches par lesquelles les monopoles haussent constamment leur réclamation à la valeur ajoutée produite par la classe ouvrière. Les amortissements fiscaux sont en particulier une des façons de réduire le montant de revenu que les monopoles sont tenus de verser au gouvernement et qui devrait être investi dans les programmes sociaux dans l'intérêt public. Les travailleurs de l'énergie, de l'industrie manufacturière et du transport produisent toute la nouvelle valeur dont se saisissent les monopoles. Les travailleurs produisent des milliards de dollars de valeur dans l'énergie et d'autres secteurs chaque année. Si la classe ouvrière ne fabrique pas les moyens de production et de transport, n'extrait pas les minerais et ne transforme pas les ressources énergétiques en gaz naturel, en pétrole brut, en essence et en d'autres produits, le secteur de l'énergie ne produira rien et va disparaître. Les travailleurs doivent donc avoir le premier droit de réclamation à la valeur qu'ils produisent et les gouvernements le deuxième afin de pouvoir répondre aux besoins collectifs et individuels du peuple et aux intérêts généraux de la société. La réclamation des monopoles, principalement américains, dont le but est de faire des coups d'argent en expédiant les ressources, devrait se faire sur une base contractuelle selon des termes et des conditions dictés par un gouvernement qui est redevable aux producteurs et aux Premières Nations.

Cette demande exorbitante des monopoles de l'énergie de se faire payer par le biais de la hausse des amortissements pour les GNL et par une frauduleuse reclassification démontre une fois de plus qu'il faut que la classe ouvrière et ses alliés contrôlent la prise de décisions afin de donner une nouvelle direction à l'économie et la faire servir l'intérêt public.

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La santé est un droit!

La perspective de prestation privée et pour le profit
de soins de santé pour payer les riches

La prestation de soins de santé crée de la valeur pour la société, mais la question se pose : comment répondre aux besoins de santé de tous de la façon la plus efficace, sans préjudice et sans que la valeur soit siphonnée pour payer les riches ? La grande majorité des gens croient qu'une prestation de soins de santé publique qui n'est pas pour le profit et est accessible à tous et sans frais est la seule façon de garantir le droit à la santé. Cette conviction tient en grande partie du fait qu'à ses débuts le Canada n'avait pas de système de santé public. Plusieurs maladies chroniques faisaient des ravages dans la population et ce phénomène s'est aggravé avec l'urbanisation du Canada, les maladies devenant plus facilement transmissibles. La protection du bien commun s'imposait : le régime d'assurance-maladie en tant que système uniformisé de prestations de soins de santé est né.

Parmi l'élite dominante, ce n'est pas tout le monde qui a accepté la prestation publique, et encore moins sa conclusion logique, la production et la prestation publiques de fournitures pharmaceutiques et hospitalières. Cela tient à leur préjugé de classe, leur sens du privilège et leurs attentes, et n'a rien à voir avec le besoin d'efficacité et de productivité pour combattre les maladies, soigner les blessures ou généralement les besoins de la population dans une société moderne. C'est normal puisqu'en tant que détenteurs privilégiés du capital, ils sont convaincus que la société et l'économie sont là pour servir leur quête du profit. Selon cette conception du monde, si l'activité économique ne génère pas de profits privés pour payer les riches, l'activité n'a aucune valeur, aussi louable soit-elle.

Selon cette façon de voir, toute activité qui ne génère pas un profit privé pour payer les riches est nuisible malgré le bien social qu'elle apporte puisqu'elle prive les détenteurs du capital d'un accès à la valeur déjà produite. Les détenteurs du capital ne peuvent pas se servir du capital potentiel pour des projets qui pourraient générer un profit privé additionnel. Ainsi, leur conception du monde centrée sur le capital est en conflit perpétuel avec la conception centrée sur l'humain.

La conception centrée sur l'humain continue de s'affirmer parce que le bien-être et la sécurité de la population et l'avenir de la société en dépendent. De plus, la conception centrée sur l'humain est en harmonie avec les conditions modernes objectives et exprime la tendance progressive de l'histoire. Elle tend à harmoniser les conditions subjectives et l'autorité contrôlant la société avec les conditions objectives, la réalité d'une économie socialisée.

Un exemple de l'incohérence de la perspective centrée sur le capital est la pression constante en faveur de la privatisation de la prestation de soins de santé. Les médias de masse jouent un rôle important dans l'exercice de ces pressions rétrogrades pour influencer l'opinion publique et lui faire abandonner la conception centrée sur l'humain, l'amener à cesser d'exiger une prestation publique et sans but lucratif pour tous et sans frais.

Les transferts de patients

Les transferts d'urgence de patients et de cas non urgents sont chose courante dans les services de santé. La perspective centrée sur le capital favorise un contrôle privé du transfert de patients, pour générer un profit privé. Au Royaume-Uni, les détenteurs du capital ont saboté la prestation publique de transferts de patients et semblent être résolu de faire la même chose au Canada. Ils ont récemment mis sur pied une entreprise privée du nom de SN Transport Ltd, ont construit une immense clinique à Abbotsford, en Colombie-Britannique, et ont fait l'achat de 50 véhicules dont des fourgonnettes et des ambulances multiservices. Grâce à leurs contacts politiques au sein du gouvernement provincial, ils ont obtenu des contrats de service avec les autorités de la santé de la région métropolitaine de Vancouver, avec Worksafe BC, ICBC et d'autres, pour transférer des « clients stables d'un point de vue médical, dont l'état exige une assistance et des soins professionnels — mais dont l'état de santé ne requiert pas un transport ambulancier ». L'agence en question verse un cachet convenu pour chaque transfert de patient. Le patient individuel doit aussi payer des frais d'utilisation de 50 $.

Comme cette prestation de soins à but lucratif est contraire à la tendance historique, les médias de masse font tout en leur pouvoir pour éviter tout mouvement d'opposition populaire. Ils publient des histoires au sujet de sommes faramineuses épargnées par les agences publiques ayant recours au transport de patients à but lucratif. Les « épargnes » sont de toute évidence calculées sur la base de la différence entre la valeur produite par une ambulance publique multiservice avec un personnel formé à la fine pointe et celle produite par un véhicule qui n'est pas fait pour les urgences et utilisé par un personnel moins formé et moins rémunéré. Les médias de masse prétendent aussi que la fiabilité du service privé à but lucratif est supérieure puisqu'une ambulance multiservice peut être appelée d'urgence à tout moment, remettant à plus tard un transfert de patient déjà prévu. Par contre, ils ne disent rien à propos du profit privé tiré de la valeur créée par ce service. Ils ne mentionnent pas non plus qu'un système d'ambulance public pourrait facilement organiser un programme pour cas non urgents de transfert de patient sur la base de véhicules et d'équipement moins dispendieux et d'un personnel moins qualifié. Cela existe déjà dans plusieurs régions de la Colombie-Britannique, comme par exemple le service HandyDART, un service de transport en commun public et accessible doté de fourgonnettes et de petits autobus pour transporter des passagers aînés ou ayant un handicap directement de leur domicile à des endroits choisis. Ce système pourrait facilement être étendu à toute la Colombie-Britannique et pourrait comprendre des transferts de patients alités exigeant des véhicules spécialisés et un personnel plus qualifié. Cela consoliderait la prestation de soins de santé sans but lucratif pour tous sans préjudice ni frais d'utilisation et consoliderait aussi la tendance progressiste de l'histoire.

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