Le Marxiste-Léniniste

Numéro 23 - 14 février 2013

La tentative de relancer l'ordre du jour illégitime
sous un nouveau chef en Ontario

Bâtissons le mouvement politique
indépendant de la classe ouvrière!


«Mesures d'austérité, 'contrats', gouvernement - illégitimes»

La tentative de relancer l'ordre du jour illégitime sous un nouveau chef en Ontario
Bâtissons le mouvement politique indépendant de la classe ouvrière! - Enver Villamizar and Dan Cerri
Des ministres quittent le navire

Retirez les mesures d'austérité du projet de loi 115! Non à l'utilisation de fausses conventions collectives pour criminaliser la résistance!
Opposons-nous au chantage exercé contre les enseignants et les travailleurs de l'éducation - Mira Katz
Les plaidoyers sur la question du «droit de travailler» se poursuivent à l'audience de la Commission du travail
Les enseignants des écoles catholiques s'opposent aux non-ententes

Résistance au programme d'austérité des riches en Alberta
L'hypocrisie du discours qui prétend que les revenus du pétrole ne peuvent servir à financer les programmes sociaux - Peggy Morton


La tentative de relancer l'ordre du jour illégitime
sous un nouveau chef en Ontario

Bâtissons le mouvement politique
indépendant de la classe ouvrière!

Le 11 février, Kathleen Wynne a été officiellement assermentée et a présenté son cabinet. La publicité tapageuse entourant la prestation de serment de Wynne et le dévoilement du nouveau cabinet sont la continuation des tentatives de « relancer » l'ordre du jour d'austérité. C'est une tentative de bâtir un consensus au sein du corps politique sur la façon d'appliquer des coupures de milliards de dollars dans les programmes sociaux pour payer les riches, cela face à l'opposition grandissante et au rejet par les travailleurs de l'ordre du jour d'austérité et de la négation des droits que cela implique.

La prétention de Wynne à une « société juste » vise à présenter sous un masque nouveau une « approche équilibrée » de l'austérité où les droits du peuple doivent être restreints afin de garantir de « manière équitable » les droits des monopoles. Par « manière équitable », Wynne entend vraisemblablement que ce ne sont pas seulement les enseignants et les travailleurs de l'éducation qui doivent supporter le poids de l'offensive contre les droits et le vol de fonds, mais également les travailleurs de la santé et du secteur public et que ceux-ci devraient aussi « céder » afin de payer « équitablement » les bailleurs de fonds et les monopoles.

Au cours des prochaines semaines, nous assisterons à la multiplication des tentatives du nouveau gouvernement pour faire progresser son ordre du jour, déjà discrédité aux yeux de la majorité de la population. Ce ne fera qu'approfondir la crise de crédibilité du système politique et des institutions dépassées. La nécessité d'une direction nouvelle pour l'économie et la société approfondit la crise de cette fausse « relance » qui emprunte la même voie que celle suivie par les gouvernements Rae et Harris, dans les années 1990, et McGuinty depuis. Au lieu du renouveau, ce sont les anciens comportements et les problèmes inhérents au système de la démocratie représentative qui restent en place. De nouveaux ministres libéraux ont été nommés qui vont poursuivre dans la voie que suivent de plus en plus les cercles internes du parti au pouvoir à savoir de prendre toutes les décisions tandis les gens doivent rester passifs, en espérant que les décisions prises serviront leurs intérêts. Même le reste de l'Assemblée législative est marginalisée. L'équipe de transition choisie par Wynne pour orienter les décisions du cabinet, et sans aucun doute d'autres décisions également, est constituée presque entièrement de personnes non élues, et beaucoup d'entre elles représentent des intérêts privés particuliers.

La nomination par Wynne d'un nouveau cabinet ne change pas la nécessité pour la classe ouvrière d'adopter une politique indépendante pour garantir ses intérêts et l'affirmation des droits. La classe ouvrière exige l'annulation des mesures d'austérité contenues dans la loi 115 et que cesse la violation des droits des travailleurs. Elle poursuit ses efforts pour obliger les gouvernements à rendre des comptes pour leurs attaques contre les droits, malgré les tentatives visant à rallier les travailleurs derrière les différentes sections des cercles dirigeants. Cette position pour la défense des droits de tous montre que peu importe ce que ce nouveau gouvernement inventera, il ne sera pas en mesure de masquer ses attaques contre les droits en les attaquant « avec un ton nouveau et un processus nouveau ».

(Traduction : LML)

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Des ministres quittent le navire

Même si cela fait à peine un an et quatre mois qu'ils ont été élus, trois ministres du cabinet McGuinty quittent le navire soit en démissionnant en tant que députés, soit en annonçant qu'ils ne se représenteront pas à la prochaine élection provinciale. C'est possible que certains d'entre eux se préparent à faire le saut en politique fédérale derrière tel ou tel candidat à la chefferie libérale maintenant qu'ils n'ont plus la faveur du parti libéral provincial. Il se peut également qu'à la lumière de l'élection partielle de Kitchener-Waterloo (qui a surpris tant les libéraux que les conservateurs) ils pensent être défaits s'ils se représentent en Ontario.

Le premier gros nom à annoncer sa démission a été le député de Windsor-Tecumseh et ministre des Finances Dwight Duncan. Il a annoncé le 6 février que non seulement il démissionne en tant que ministre des Finances, mais va renoncer à son siège de député dès le 13 février. Lorsque Sandra Pupatello était candidate à la chefferie libérale en Ontario, Duncan avait offert de démissionner afin qu'elle puisse se présenter dans une élection partielle dans son comté.

Duncan avait ceci à dire en entrevue au Windsor Star : « Je ne ferme pas la porte à un saut en politique fédérale ; je ne dis pas que je vais franchir cette porte mais je ne la ferme pas. » Il a utilisé l'occasion pour dire qu'il mise sur l'élection de Justin Trudeau à la tête du parti libéral fédéral : « Je vais continuer à aider un jeune homme qui s'appelle Justin Trudeau dans sa course au leadership [...] J'ai très confiance en lui en matière de politique nationale. Je vais poursuivre mon engagement envers le Parti libéral et notre communauté. »

Le ministre de l'Énergie Chris Bentley a été le deuxième à annoncer son départ. Il a dit qu'il va démissionner en tant que député le 14 février. Dans une lettre à ses électeurs, Bentley écrit que la décision a été difficile à prendre, mais qu'il est temps pour lui « d'écrire un nouveau chapitre » de sa vie qui fera plus de place à sa femme et ses deux filles.

Selon Élections Ontario, la première ministre Kathleen Wynne a six mois après la date de leur démission comme député pour tenir une élection partielle dans leur comté laissé vacant.

Le député de Sudbury et ministre du Développement du Nord et des Mines Rick Bartolucci a aussi annoncé qu'il ne se présentera pas lors de la prochaine élection provinciale.

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Retirez les mesures d'austérité du projet de loi 115! Non à l'utilisation
de fausses conventions collectives pour criminaliser la résistance!

Opposons-nous au chantage exercé contre les enseignants et les travailleurs de l'éducation

Il existe présentement un effort concerté pour utiliser le chantage contre les enseignants et les travailleurs de l'éducation afin de leur faire abandonner leur droit de dire Non ! au diktat et au vol de milliards de dollars de l'éducation. Cet effort de la part de divers porte-parole de l'État canadien liés à tous les partis de l'Assemblée législative est partie intégrante de l'effort pour réduire au silence l'Opposition ouvrière en Ontario qui se fait sous le signe du « recentrage » du gouvernement.

Ce chantage vise à amener les enseignants et les travailleurs de l'éducation, par le biais de pressions exercées sur leurs syndicats, à abandonner leur moyen de pression consistant à se retirer des activités parascolaires et autres activités de nature bénévole, un moyen qu'ils ont adopté pour contester le diktat gouvernemental et la violation de leurs droits. Ce chantage cible la conscience des enseignants et des travailleurs de l'éducation qui, c'est bien connu, agissent avec professionnalisme lorsqu'il est question d'accomplir leurs tâches et d'aider les étudiants. Tout comme les libéraux et les conservateurs prétendaient que le projet de loi 115, qui enfreint de façon flagrante les droits des travailleurs de l'Ontario, « donnait la priorité aux étudiants », les maîtres-chanteurs prétendent maintenant que, pour éviter de pénaliser les étudiants, les enseignants et les travailleurs de l'éducation doivent cesser de refuser de participer aux activités parascolaires et au bénévolat. Certains prétendent que la tactique n'a pas d'impact, d'autres que ces moyens de pression des enseignants finiront par leur mettre les parents à dos. D'autres sont plus inventifs et créent le spectre d'un exode massif d'étudiants des écoles publiques vers les écoles catholiques et de pertes d'emplois dans un effort pour inciter des divisions entre les enseignants et les travailleurs de l'éducation des deux systèmes.


Les enseignants et travailleurs de l'éducation de Wheatley le 2 février et de Kingston (ci-dessus) le 6 février,
manifestant contre l'imposition des non-ententes

Les maîtres-chanteurs utilisent également la Commission des relations de travail de l'Ontario et la perspective d'un Hudak majoritaire comme une épée de Damoclès pour effrayer les enseignants et les travailleurs de l'éducation à l'effet qu'ils sont mieux de capituler sinon le plein poids de l'État canadien et de sa police va s'abattre sur eux, rendre toute protestation illégale et leur faire subir une offensive antisociale encore plus féroce du type Mike Harris ou Parti républicain aux États-Unis.

Le point commun entre tous ces maîtres-chanteurs c'est qu'ils disent tous que le problème provient des travailleurs et de leur opposition au diktat et que les gouvernements ne devraient pas rendre des comptes de leurs attaques contre les droits du peuple et des milliards de dollars en fonds publics qu'ils donnent aux riches. Ils ne demandent pas aux gouvernements de cesser leurs attaques contre les droits, mais aux enseignants et aux travailleurs de l'éducation, en d'autres mots les victimes, d'abandonner leur résistance.

Ce chantage est frauduleux, intéressé et antisocial. Les enseignants et les travailleurs de l'éducation se sont mérités une place d'honneur au sein du peuple parce que, entre autres choses, ils se tiennent debout face à l'intimidateur et refusent de se soumettre. Ils ont démontré aux gouvernements que ceux-ci ne peuvent pas impunément violer les droits du peuple. Loin de s'être « mis le public à dos », la prise de position des enseignants et des travailleurs de l'éducation de ne pas se plier à l'intimidation a révélé au grand jour la violation des droits contenue dans le projet de loi 115. Le gouvernement s'est plutôt mis le public à dos et tente maintenant de trouver sa rédemption dans sa frauduleuse « relance ».

Le dilemme qui se pose aux maîtres-chanteurs est que les rangs des enseignants et des travailleurs de l'éducation se resserrent alors que de grandes sections de la classe ouvrière se joignent à eux pour déclarer Non ! C'en est assez de jeter les fonds publics dans les coffres des banques et des monopoles ! Assez des frauduleuses demandes pour l'austérité et la restriction ! Assez c'est assez ! Et tout ça se passe au moment où l'élite dominante se prépare à reprendre une nouvelle ronde de soi-disant mesures de « restriction » afin de continuer de payer les riches.

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Les plaidoyers sur la question
du «droit de travailler» se poursuivent à
l'audience de la Commission du travail

L'audience traitant de la plainte pour incitation à une grève illégale déposée par deux commissions scolaires de l'Ontario à la Commission des relations de travail contre la Fédération des enseignants de l'élémentaire de l'Ontario (FEEO) se poursuit. Les commissions scolaires demandent qu'une ordonnance de « cessation et d'abstention » soit prise contre le syndicat. Lors des sixième et septième jours de l'audience tenus les 6 et 8 février, les avocats des deux camps ont présenté leur plaidoyer sur la définition d'un « enseignant » et d'une « grève » selon la Loi sur l'éducation et sur la pertinence ou non d'invoquer dans cette cause les droits des enseignants en vertu de la Charte des droits et libertés.

L'audience a lieu au moment où le gouvernement tend des « branches d'olivier » pour tenter de convaincre les enseignants et travailleurs de l'éducation de laisser tomber leur opposition à la violation de leurs droits et libertés par le gouvernement. Les plaidoyers des avocats des commissions scolaires utilisent les arguments des projets de lois du « droit de travailler » prônés par les dirigeants conservateurs et Tim Hudak selon lesquels les travailleurs ont le droit individuel de dire Non !au diktat, en autant que ce Non ! reste individuel et sans effet. C'est une toute autre histoire cependant lorsque les travailleurs entreprennent des actions collectives eux-mêmes ou à travers leur syndicat pour défendre leurs droits en retirant leurs services que ce soit dans leur emploi payé ou du travail bénévole.

Les deux commissions scolaires tentent d'établir un dangereux précédent à l'effet que les activités bénévoles des enseignants devraient faire l'objet d'une ordonnance du tribunal et que tout refus de s'y conformer devrait mener à de graves sanctions, y compris des amendes et des peines de prison. Il faut fermement s'opposer à cela.

À titre d'information, voici un résumé des délibérations tel que rapportées par un membre du personnel de la FEEO participant à l'audience.[1]

Répondant au plaidoyer de la FEEO à l'effet que le retrait de la référence aux activités d'enseignement mixte de la Loi sur l'Éducation de 2009 protégeait les enseignants de toute accusation d'activité illégale s'ils se retiraient des activités bénévoles, l'avocat des commissions scolaires a fait valoir que la définition d'une « grève » selon la Loi sur l'éducation comprend non seulement le fait de se soustraire à des tâches d'enseignement, mais également à d'autres « activités normales », y compris des activités bénévoles de tous genres. Il a fait valoir qu' « enseigner » ne peut être défini de façon si restreinte qu'il exclut le retrait d'autres activités, même si elles sont de nature strictement volontaire. Par conséquent, selon les commissions scolaires, le fait de conseiller ou d'encourager les enseignants à se soustraire aux activités parascolaires répond à la définition d'une grève et constitue une raison suffisante pour émettre une ordonnance de « cessation et d'abstention ».

Même si l'avocat des commissions scolaires a admis que le fait que des enseignants individuels se retirent des activités parascolaires et d'autres activités ne contrevient pas à la loi, il a présenté l'argument avancé par les tenants du « droit de travailler » à l'effet qu'une action collective des travailleurs pour se retirer de ces activités constitue une grève illégale selon la Loi sur l'éducation.

Devant l'argument de la FEEO à l'effet que les droits des enseignants à la liberté d'expression et à la liberté d'association en vertu de la Charte doivent être pris en considération par le président avant qu'il en arrive à une décision sur la requête des commissions scolaires, l'avocat des commissions scolaires a dit que les valeurs de la Charte entrent en jeu uniquement si le langage dans la loi est ambigu. Ça n'est pas le cas a-t-il dit avec la Loi sur l'éducation qui définit clairement la grève comme « toute action ou activité faite par les enseignants de façon combinée, de concert ou conformément à une interprétation commune qui vise à ou qui peut de toute évidence avoir l'effet de freiner, restreindre, limiter ou faire obstacle aux activités normales d'une commission et de ses employés. »[2]

L'audience s'est poursuivie le 12 février alors que les avocats des deux camps ont présenté leurs plaidoyers sur la signification des clauses traitant de la grève dans la Loi sur l'éducation et sur la question à savoir si les droits des enseignants en vertu de la Charte invalident la requête des commissions scolaires demandant que les actions des enseignants soient déclarées grève illégale. L'avocat des commissions scolaires a dit que faire intervenir la Charte au détriment de la requête des commissions équivaudrait à « récompenser les enseignants » pour « avoir tourné le dos à leurs élèves. »

Les deux parties doivent maintenant soumettre des plaidoiries écrites au juge d'ici le 15 février.

Notes 

1. Voir à ce sujet le LML du 6 février 2013
2. Voir le LML du 6 février 2013

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Les enseignants des écoles catholiques
s'opposent aux non-ententes

Le 5 février, la Commission des relations de travail a tenu des audiences sur la plainte de quatre unités locales de l'Association des enseignants des écoles élémentaires catholiques (OECTA) et d'un groupe d'enseignants d'une autre unité contre l'exécutif provincial du syndicat pour avoir échoué à son devoir de représentation équitable. La plainte  est entendue par Bernard Fishbein, le président de la Commission qui va aussi statuer sur la plainte de deux commissions scolaires contre la Fédération des enseignants de l'élémentaire de l'Ontario.

En novembre, lors des premières audiences, des arguments pour et contre ont été présentés à savoir si les dispositions de la Loi des relations de travail de l'Ontario s'appliquent au cas concerné et si la Commission des relations de travail a juridiction dans cette affaire. Les unités d'enseignants catholiques soutiennent que l'exécutif provincial du syndicat n'a pas consulté ses membres, n'a pas obtenu l'autorisation de ses membres et n'a pas permis le vote sur l'entente de principe qu'il avait conclue avec le gouvernement en juillet et que l'exécutif a trompé les membres et le conseil des présidents au sujet du processus de ratification.

L'avocat du syndicat a invoqué la loi 115 et dit que cette plainte contre l'exécutif ne peut pas être entendue par une commission des relations de travail. Le 5 février, les syndiqués ont encore une fois soutenu qu'aux termes de la loi sur les relations de travail les membres doivent avoir la possibilité de ratifier ou de rejeter toute entente négociée en leur nom par une équipe de négociation. L'exécutif provincial aurait donc violé ce principe démocratique, disent-ils. De plus, la loi 115 ayant été abrogée, rien n'empêche la Commission des relations de travail d'entendre une plainte de cette nature.

Cette fois, l'exécutif provincial est revenu à la charge avec l'argument que le processus qui a amené à la conclusion de l'entente de principe avec le gouvernement n'était pas la négociation collective telle que définie par la loi, mais bien un processus politique engageant l'exécutif et le gouvernement. L'entente de principe qu'il a signée au nom des membres n'était pas une convention collective. Donc les règles habituelles ne s'appliquent pas et la ratification n'est pas nécessaire.

On attend toujours la décision de la Commission.

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Résistance au programme d'austérité des riches en Alberta

L'hypocrisie du discours qui prétend
que les revenus du pétrole ne peuvent servir
à financer les programmes sociaux

Les médias monopolisés, les économistes et autres experts au service des riches, les politologues et politiciens en Alberta sont tous engagés dans un effort pour détourner l'attention de la nécessité d'arrêter de payer les riches, d'augmenter les investissements dans les programmes sociaux et d'affirmer et de garantir les droits de tous.

Pour justifier d'utiliser les revenus de l'exploitation des ressources pour financer nos programmes sociaux, on nous parle de la nécessité d'« épargner pour les mauvais jours ». La province compte sur les revenus des ressources non renouvelables (redevances), mais ils sont trop imprévisibles et le gouvernement ne peut plus déprendre d'eux pour boucler son budget.

L'argument avancé par les riches est que l'utilisation des redevances pour financer les programmes sociaux ne fait que « dilapider notre héritage » alors que la placer dans le Fonds du patrimoine signifie « s'occuper des générations futures ». C'est nier que l'investissement dans les programmes sociaux renforce l'économie; ils sont un investissement dans les êtres humains, l'économie et la société. Dans la vision étriquée de ceux qui veulent continuer de payer les riches, les programmes sociaux sont un « coût » et la société s'en sort mieux quand elle parvient à réduire ces « coûts ». Prétendre que les revenus des ressources ne doivent pas être utilisés pour les programmes sociaux est une façon déguisée de dire que les revenus doivent être disponibles pour payer les riches. Prétendre que les revenus tirés des ressources ne doivent pas être utilisés pour les programmes sociaux, c'est déclarer que le gouvernement ne doit pas garantir les droits du peuple.

La période où Peter Lougheed a été premier ministre de l'Alberta est souvent citée pour faire valoir que le Fonds doit être utilisé pour la diversification économique. L'ère Lougheed et le régime Getty qui a suivi ont été les beaux jours des programmes pour payer les riches au nom de la diversification économique.


Grève des travailleurs de la fonction publique à l'époque de
Lougheed (Provincial Archives of Alberta)

Le Conseil du premier ministre pour la stratégie économique a réuni des représentants de l'oligarchie financière pour expliquer comment la province doit utiliser les revenus provenant des redevances et de la vente des terres. Le Conseil a rendu son rapport en 2011. Le rapport appelle à une grande expansion des programmes où l'État paie les riches :

« Nous croyons que cette pratique [d'utiliser les revenus des ressources non renouvelables pour les programmes sociaux] est un risque pour la prospérité future de la province. Les recettes provenant des ressources non renouvelables ne sont pas une source récurrente de revenus comme un salaire pour un individu ou les taxes et les frais d'usagers le sont pour un gouvernement Il s'agit plutôt d'une conversion ponctuelle d'une immobilisation dans des fonds de capitaux, un peu comme la vente d'un terrain ou d'un bâtiment.

« Nous ne préconisons pas que l'argent provenant de la vente d'énergie soit perçu comme une tirelire placée à la banque ou d'un portefeuille de placements à long terme, la rendant ainsi hors de la portée de la génération actuelle d'Albertains Au contraire, nous suggérons de l'utiliser différemment. Tout au long de ce rapport, nous avons défini des possibilités intéressantes pour l'investissement dans l'avenir de l'Alberta. Tous les fleurons exigent des investissements importants. Tous ont le potentiel de générer des rendements encore plus importants dans la province sous la forme d'emplois bien rémunérés, d'entreprises rentables et de recettes fiscales accrues pour financer les services publics. Nous croyons que les avoirs naturels de l'Alberta doivent être investis dans l'édification d'un avenir prospère. »

Les représentants de l'oligarchie financière exigent la création d'un fonds d'investissement énorme pour servir les intérêts privés. Qui sont ces intérêts privés qui ont le culot d'exiger qu'on leur paie un tribut encore plus lourd ? En voici deux exemples. David Emerson est l'ancien président des produits forestiers Canfor. En tant que ministre du Commerce international en 2006, Emerson a salué l'accord sur le bois d'oeuvre résineux en disant : « Cet accord à long terme avec les États-Unis apporte de la stabilité et de la certitude à notre industrie du bois d'oeuvre et à de nombreuses familles et communautés canadiennes qui en dépendent. »

Les travailleurs forestiers qui luttent pour leurs communautés dévastées par la braderie des ressources naturelles ont fait mentir cette déclaration. Depuis l'accord sur le bois d'oeuvre, l'industrie forestière a connu à l'échelle nationale une crise après l'autre alors que les travailleurs forestiers subissent le chantage constant des monopoles qui exigent des concessions sur leurs salaires, leurs avantages sociaux, leurs pensions et leurs conditions de travail.

Un autre membre du Conseil, Courtney Pratt, en tant que p.d.-g. de Stelco, a aidé à mettre en place la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC), la loi qui permet à de grandes entreprises de demander une protection de faillite comme moyen de frauder les actionnaires et les travailleurs, surtout pour ce qui est des pensions. La section locale 1005 du Syndicat des métallos de Stelco a mené une lutte résolue pour exposer la LACC comme un vol légalisé organisé par l'État des pensions, des salaires et des avantages sociaux et une atteinte à tous les créanciers qui ne sont pas ligués aux plus puissants qui contrôlent le processus de faillite et se considèrent comme étant les créanciers garantis.

Payer les riches n'a résolu aucun des problèmes de l'économie dans le passé et il ne le fera pas à l'avenir. Les investissements dans les entreprises publiques, les services publics et les programmes sociaux pour développer une économie auto-suffisante basée sur la satisfaction des besoins des gens où le commerce international s'effectue sur la base de l'avantage réciproque sont des façons d'éliminer les cycles d'expansion et de récession ou « les mauvais jours ». Une partie des revenus des ressources peut être utilisée pour développer des entreprises publiques, y compris les sociétés d'énergie détenues et contrôlées publiquement. Le fait que le développement des ressources se déroule sur les terres ancestrales des Premières Nations doit également refléter la façon dont ces revenus sont répartis. Les Premières Nations ont un droit à une partie des revenus des ressources naturelles pour le développement de leur base économique.

La classe ouvrière dont les membres sont dans les faits les producteurs de la richesse et les fournisseurs de services, est entièrement capable d'organiser une économie moderne sans les Emerson et Pratt de ce monde. Les travailleurs dont les employés salariés tels que les ingénieurs et d'autres ont une riche expérience pour faire valoir des solutions rationnelles et scientifiques aux problèmes de production et de distribution.

La classe ouvrière de l'Alberta peut et doit organiser et diriger la résistance au programme d'austérité des riches et affirmer les droits de tous.

PHOTOS---------

Les travailleurs du Syndicat des employés provinciaux de l'Alberta (AUPE) en grève à l'époque Lougheed.(Archives provinciales de l'Alberta)

Les métallos de Hamilton manifestant contre la frauduleuse faillite de la LACC ; les travailleurs forestiers de la Colombie-Britannique luttant contre la braderie de leurs ressources

(Traduction : LML)

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