Le Marxiste-Léniniste

Numéro 22 - 13 février 2013

Défendons le principe que toutes les nations sont souveraines

Non aux tentatives d'ingérence contre le droit à l'autodétermination du Venezuela


Défendons le principe que toutes les nations sont souveraines
Non aux tentatives d'ingérence contre le droit à l'autodétermination du Venezuela
Pétition contre l'ingérence du Canada dans les affaires du Venezuela 

Pourparlers de paix en Colombie
De lents progrès à la table permanente des négociations de paix à La Havane - Claude Brunelle

  Élections en Équateur
Pour la poursuite de changements en profondeur


Défendons le principe que toutes les nations sont souveraines

Non aux tentatives d'ingérence contre le droit à l'autodétermination du Venezuela

À la mi-janvier, Jim Karygiannis, député libéral de Scarborough-Agincourt et porte-parole en matière d'Affaires multiculturelles, a émis un communiqué ainsi qu'une pétition en ligne demandant un débat d'urgence afin d'encourager l'ingérence du Canada dans les affaires internes du Venezuela. Dans ce communiqué, Karygiannis déclare :

« C'est sur une base quotidienne que le peuple vénézuélien souffre sous le joug du gouvernement d'Hugo Chavez, alors que la situation sur le terrain continue de se détériorer. Nous devons êtres solidaires avec le peuple vénézuélien et faire tout en notre possible pour alléger leurs souffrances. En ce moment, nous applaudissons les efforts de la communauté vénézuélienne-canadienne qui travaille à sensibiliser le monde au fait que leurs soeurs et frères souhaitent un retour à la démocratie au Venezuela.

« Je vais inciter le gouvernement conservateur de Harper à tenir un débat d'urgence à la Chambre des communes pour permettre aux voix et aux préoccupations des vénézuéliens canadiens d'être entendues. Ils ne méritent rien de moins. »

Ce communiqué et cette demande d'un débat d'urgence sont un appel à l'ingérence dans les affaires internes du Venezuela et dissimulent les intérêts qui incitent au renversement du gouvernement Chavez au Venezuela. Le dernier point de ce communiqué est particulièrement révélateur et jette le déshonneur sur le Parti libéral. Non seulement est-t-il tellement en banqueroute qu'il prétend que le gouvernement Harper est un défenseur de la démocratie au pays et à l'étranger, mais il reprend mot pour mot la désinformation étasunienne concernant le processus démocratique bolivarien en cours au Venezuela.

Déjà, plusieurs campagnes de lettres se mènent pour contrer la démarche de Karygiannis. Celui-ci a répliqué à l'une de ces lettres qu'il était de son devoir de mettre de l'avant sa pétition par respect pour certains de ses électeurs. Pour justifier ses actions, il invoque que « l'impossibilité d'assermenter Hugo Chavez à la présidence suite aux récentes élections crée un vide au sein du gouvernement vénézuélien. » Cela nie que l'absence de Chavez du pays pour traitements médicaux à Cuba est pleinement conforme au processus prescrit par la Constitution vénézuélienne.

LML exhorte tout le monde à appuyer le droit du peuple vénézuélien d'élire les représentants de son choix, à défendre le principe de la souveraineté de toutes les nations et à rejeter l'ingérence dans les affaires d'autres pays.

Nous publions ci-contre une lettre que les Canadiens sont priés de faire parvenir à leurs députés. Des lettres comme celles-là représentent elles aussi les préoccupations des Canadiens-Vénézuéliens et des Canadiens de tous milieux et de toutes origines et, si on s'en tient à la logique intéressée de Karygiannis, elles méritent donc d'être prises en considération. La lettre expose la désinformation promue par les impérialistes au sujet du Venezuela et exhorte les gens à rejeter l'ingérence impérialiste au Venezuela. Tous sont priés de contacter leur député afin d'exprimer leur appui à la souveraineté vénézuélienne et la révolution bolivarienne et de faire signer le plus de gens possible avant que la pétition ne soit présentée au parlement le 22 mars.


Le président Chavez et le peuple vénézuélien célèbrent la victoire des élections présidentielles du 7 octobre 2012 et la continuation du projet prosocial et d'édification nationale bolivarien.

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Pétition contre l'ingérence du Canada
dans les affaires du Venezuela

ATTENDU QUE

Le gouvernement du président Hugo Chavez Frias a démontré, avec 17 élections à l'appui, sa nature et sa volonté démocratiques, participatives et populaires.

En octobre dernier, les Vénézuéliens au pays et à l'étranger sont allés aux urnes pour élire un nouveau président, et avec un taux de participation de 80 % de l'électorat, y compris 5 540 Vénézuéliens qui étaient inscrits pour voter au Canada, le peuple vénézuélien a choisi un vainqueur, le président Hugo Chavez Frias, par une avance de plus de 12 % sur son plus proche rival.

La tendance d'appui au gouvernement bolivarien par le peuple vénézuélien s'est à nouveau affirmée lors des élections gouvernementales du 16 décembre 2012, alors que les Vénézuéliens ont élu leurs gouvernements locaux et régionaux en donnant au Parti socialiste uni du Vénézuéla (PSUV), le parti de Chavez, une victoire sans précédent dans 20 États sur 23.

Le 8 décembre 2012, le président élu Hugo Chavez a annoncé qu'il devait subir une intervention médicale, due à une rechute de son cancer, et a demandé l'autorisation de l'Assemblée nationale pour subir une procédure chirurgicale à Cuba.

Le président Hugo Chavez Frias a quitté le pays pour une période supérieure à 5 jours consécutifs, avec l'autorisation de l'Assemblée nationale et conformément à l'article 235 de la Constitution de la République bolivarienne du Vénézuéla, et dont l'approbation finale est dès lors applicable et a été ratifiée par la session du 8 janvier 2013 de l'Assemblée nationale.

Il n'y a pas lieu de présumer que l'absence du président du territoire vénézuélien représente par le fait même une absence temporaire, selon les termes de l'article 234 de la Constitution de la République bolivarienne du Vénézuéla, à moins qu'une absence ne soit notée en bonne et due forme par un décret émis par le chef d'État à ces fins.

L'interprétation faite par la plus haute instance de justice au Vénézuéla de l'article 233 de la Constitution démontre qu'en dépit d'une nouvelle période constitutionnelle présidentielle débutant le 10 janvier 2013, une nouvelle inauguration du président Hugo Chavez Frias n'est pas requise, dans sa capacité de président, étant donné qu'il n'y a pas eu rupture dans l'exercice de ses fonctions.

L'article 233 de la Constitution vénézuélienne tel que mentionné ci-haut stipule les causes suivantes comme constituant une incapacité permanente du président de la République : son décès, sa démission, sa destitution par décision de la Cour suprême, une incapacité physique ou mentale confirmée par un comité médical nommé par la Cour suprême et approuvé par l'Assemblée nationale, l'abandon de son poste déclaré par l'Assemblée nationale ou la révocation du mandat par vote populaire. Aucune de ces situations ne s'applique au cas actuel du président Hugo Chavez Frias.

L'article 235 de la Constitution de la République bolivarienne du Vénézuéla ne stipule pas de limites sur l'absence pour raisons de santé du président mais invoque une période de temps raisonnable, ce qui correspond à ce qui se passe en ce moment.

La Cour suprême a endossé la proposition du pouvoir exécutif à savoir que la cérémonie d'inauguration représente une « formalité » qui peut être remise à plus tard jusqu'à ce que le chef d'État soit de retour au pays, et que le gouvernement en fonction reste en fonction, puisque Chavez a été réélu lors des élections du 7 octobre.

La semaine dernière, Jim Karygiannis, député libéral de Scarborough-Agincourt et porte-parole libéral en matière d'Affaires multiculturelles, a émis un communiqué pour exiger du gouvernement conservateur qu'il « appuie la diaspora vénézuélienne au Canada » et ses efforts envers « un retour à une véritable démocratie au Vénézuéla ».

NOUS SOMMES D'ACCORD POUR :

Rejeter toutes tentatives non démocratiques de la part d'un nombre marginal de forces de l'opposition et de membres des affaires internationales qui cherchent à déstabiliser le Vénézuéla visant à ce que le président démocratiquement élu soit destitué, que les institutions gouvernementales soient suspendues et que les réformes mises en oeuvre par la Révolution bolivarienne soient abolies.

NOUS REJETONS :

Les groupes les plus réactionnaires et anti-démocratiques au Vénézuéla et à l'étranger qui tirent avantage de l'état de santé du président Hugo Chavez qui doit suivre des traitements pour le cancer.

Les actions de déstabilisation portant atteinte aux institutions démocratiques et à la volonté populaire du peuple vénézuélien.

Les attaques contre l'autodétermination du peuple et l'unité latino-américaine.

Les tentatives intentionnelles ou naïves de déstabiliser le Vénézuéla en s'en prenant au président élu, en le faisant destituer, en suspendant les institutions gouvernementales et en abolissant les réformes mises en oeuvre par la Révolution bolivarienne.

NOUS DEMANDONS :

Que soit respectée la décision souveraine du peuple vénézuélien qui a élu le commandant Hugo Chavez Frias le 7 octobre 2012 en tant que président de la République bolivarienne du Vénézuéla par un taux de participation de plus de 80 % de la population vénézuélienne.

La fin de tout acte de déstabilisation au Vénézuéla et la fin de toute ingérence de nature politique, économique ou militaire contre le président Hugo Chavez et le peuple vénézuélien de la part d'un pays étranger.

Que la communauté latino-américaine et internationale démontre sa solidarité et rejette cette manoeuvre aux objectifs impérialistes de mettre en place un gouvernement fantoche proche des intérêts impérialistes, ainsi que des politiques oppressives, politiques permettant le pillage des ressources naturelles qui ne bénéficieraient alors qu'au capital étranger et au entreprises d'extraction de ressources.

Nous nous déclarons en alerte permanente et en solidarité avec le président Hugo Chavez et le peuple vénézuélien, et nous rejetons toutes tentatives de déstabilisation contre la Constitution vénézuélienne, ses institutions et les droits démocratiques du peuple vénézuélien.

Longue vie à la démocratie au Vénézuéla, longue vie au Vénézuéla et longue vie à Hugo Chavez Frias !

Ottawa, le 2 février 2013.


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Pourparlers de paix en Colombie

De lents progrès à la table permanente des négociations de paix à La Havane

La dernière session de discussions à la table permanente de négociation de paix à La Havane, entre les représentants du gouvernement colombien et ceux des Forces armées révolutionnaires de Colombie — Armée du peuple (FARC-EP), s'est terminée le 10 février dernier, clôturant ainsi un premier cycle de trois mois de pourparlers de paix.

Au terme de ces trois premiers mois, les représentants des deux partis ont fait le point en conférence de presse sur les progrès réalisés, chaque partie se déclarant satisfaite du déroulement des négociations. Ainsi le chef de la délégation gouvernementale, Humberto de la Calle, a affirmé qu'il y a un rapprochement de points de vue sur une officialisation de la propriété agraire et que cela se poursuivra lors de la reprise de la session le 18 février prochain. Pour sa part, le dirigeant de la délégation des FARC-EP, Luciano Marin Arango, a confirmé que le rapprochement d'idées sur le droit d'accès à la terre est l'avancée majeure des trois mois de pourparlers.

Le thème du développement d'une politique agraire globale visant l'accès à la propriété de la terre est le premier des cinq points en discussion à la table des négociations de paix. Son règlement constitue aux yeux des FARC-EP le point central pour l'établissement d'une paix en Colombie. Les autres points qui suivront sont : fin du conflit armé, traitements des victimes et processus de vérification, réinsertion et trafic de narcotiques.

Notons que les données officielles du gouvernement colombien font état d'un contrôle de 77 % des terres par 13 % des propriétaires dont 3,6 % détiennent 30 % de toute la superficie agraire. Suivant ces mêmes données, le conflit aurait provoqué l'abandon de 6,6 millions d'hectares de terres, soit 15 % de toute l'étendue agricole du pays.

L'autre avancée réalisée avec la dernière session de pourparlers est la libération de trois otages par les FARC-EP, visant à démontrer leur volonté de contribuer à un cessez-le-feu bilatéral de même qu'au bon déroulement des pourparlers de paix. Cette intention a été confirmée le 12 février par l'ex-sénatrice colombienne Piedad Córdoba, maintenant porte-parole du collectif Colombiennes et Colombiens pour la paix, lors d'une entrevue sur Telesur. Elle y affirme : « Avec beaucoup de joie, je vous informe que sont arrivées les coordonnées (NDLR : lieu où seront libérés les otages). Je les ai communiquées au vice-ministre de la Défense. Nous sommes prêts à commencer les libérations. » On estime que les deux policiers et le soldat seront libres dans les 72 heures suivant la transmission des coordonnées.

Bien que les deux parties se disent satisfaites de l'évolution des pourparlers, un grand fossé persiste sur des questions aussi épineuses que celle des victimes du conflit. D'une part, la partie gouvernementale continue d'aborder la question des victimes du point de vue qu'elles sont les conséquences d'actes terroristes commis par les FARC-EP. Ainsi, De la Calle affirme qu'« il ne pourra y avoir d'accord de paix sans que la guérilla ne fasse face à ses victimes. Le moment venu, nous mettrons en place les dispositifs et mécanismes pour cela. » De son côté Márquez, représentant des FARC-EP, réplique qu'ils « sont des milliers, les victimes du conflit, et que si le gouvernement prend très au sérieux le sujet des victimes, il devra accepter de répondre à la société pour ce chapelet historique de crimes du terrorisme d'État. C'est sans aucun doute à l'État que revient fondamentalement le degré ultime d'imputation de ces crimes. »

Les pourparlers reprendront le 18 février avec la poursuite des négociations sur la politique agraire. Plusieurs acteurs politiques de la scène colombienne, dont le Polo Democrático Alternativo, critiquent vertement le gouvernement de Santos, qui utilise les pourparlers pour se faire réélire lors des élections générales de 2014. D'aucuns pensent que les négociations avanceraient sûrement plus rapidement sans ce carcan de manoeuvres politiques intéressées.

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Élections en Équateur

Pour la poursuite de changement en profondeur


Le président Rafael Correa annonce qu'il sera à nouveau
candidat à la présidence à l'élection du 17 février, lors
d'un rassemblement de masse à Quito le 24 janvier.

Le 17 février prochain, des élections générales se tiendront en Équateur pour élire le président et les 137 députés de l'Assemblée nationale. À cette occasion, les quelques 11 666 000 électeurs, répartis dans 24 provinces, devront choisir entre 8 candidats à la présidence. Ces candidats représentent les organisations suivantes : Movimiento Aliance PAIS (parti du président sortant Rafael Correa), Partido Creando Oportunidades, Partido Sociedad Patriótica, la Coordinadora Plurinacional de Izquierdas, Partido Renovador Acción Nacional, Mouvimiento Sociedad Unida Más Acción, Movimiento Ruptura et Partido Roldosista Ecuatoriano.

Le président Correa cherche un troisième mandat sous le thème: « Le pouvoir pour des transformations profondes en Équateur.» Entre autres, il propose un programme pour éradiquer la pauvreté et réaliser la souveraineté énergétique et l'amélioration de la production agricole. La plate-forme comprend 35 propositions, la « liste 35 ».

Depuis le début de la campagne électorale, le président sortant Rafael Correa insiste sur la nécessité de gagner non seulement la présidence, mais la majorité parlementaire afin d'assurer le plein développement du mouvement citoyen amorcé dans ce pays et qui a mené à son élection. Parlant des avances réalisées depuis le début de ce mouvement initié avec son élection comme président en 2006, Correa mentionne que « depuis des années, plusieurs projets de loi favorables au développement du bien-être du peuple équatorien se trouvent bloqués par l'opposition. Il s'agit d'une opposition qui n'est en rien démocratique mais conspiratrice, qui fait obstacle et use de chantage ».

Ceci étant, le président Correa affirme que le plus important c'est que se poursuivent les changements en profondeur et, faisant siennes les paroles d'Eloy Alfaro, héros historique équatorien, il mentionne : « Nous ne cherchons rien pour nous, mais pour transformer les structures injustes du pays, le pouvoir politique est nécessaire ». C'est pourquoi le président appelle sans cesse le peuple équatorien à traduire en réalité la devise Patria para siempre! en votant massivement pour la liste 35 représentant le Movimiento Alianza PAIS.

Selon les derniers sondages publiés par Opinión Pública Ecuador, en date du 11 février, le président sortant Rafael Correa remporterait la présidence dès le premier tour de scrutin avec plus de 50 % des votes ; il serait suivi, loin derrière, par Guillermo Lasso du Partido Creando Oportunidades.

Une délégation de pays membres de l'UNASUR est sur place comme accompagnateur du processus électoral équatorien. D'autre part, quelque 35 000 militaires ont été déployés dans tout le pays afin d'assurer la sécurité du peuple, le bon déroulement du vote de même que la sécurité des urnes le 17 février.

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