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Numéro 20 - 11
février 2013
Ouverture de l'Assemblée
nationale le 12 février
Où s'en va le Québec?
Ouverture
de
l'Assemblée
nationale
le
12
février
• Où s'en va le Québec?
• Un équilibre impossible à
maintenir - Normand Fournier
Les 150 jours du
gouvernement Marois
• Les projets de loi adoptés, sur la
table et à être présentés
Ouverture de l'Assemblée nationale
le 12 février
Où s'en va le Québec?
Où s'en va le Québec cinq mois
après la défaite du gouvernement libéral de Jean
Charest et l'élection du gouvernement minoritaire de Pauline
Marois ?
Est-ce que tout le Québec va se rallier au programme dit
d'austérité pour payer les riches et attaquer le droit de
résister de ceux qui défendent leurs
intérêts ? Les Québécois vont-ils
accepter que la
responsabilité première d'un gouvernement n'est pas
envers son peuple, mais envers des intérêts privés
qui se prétendent
le moteur du développement économique ? Ou le
gouvernement doit-il ouvrir une voie vers le progrès en faisant
de la
réalisation des droits de tous le moteur de
développement ?
Depuis cinq mois, le nouveau gouvernement de Pauline
Marois cherche à réconcilier les deux et ça ne
marche pas. En pratique c'est toujours les demandes
des puissants intérêts privés qui l'emportent. Le
premier budget du gouvernement PQ, malgré toutes les intentions
qu'on pourrait prêter au nouveau gouvernement,
est un budget d'austérité pour le peuple et d'abandon de
l'intérêt public en faveur des réclamations de
l'oligarchie financière. Le ministre des Finances Nicolas
Marceau dit que la plupart des gouvernements dans le monde optent pour
les mesures d'austérité et les stratagèmes pour
payer les riches, alors comment le
Québec pourrait-il y échapper ? C'est un argument
qui ne part pas de la réalité concrète et il nie
au peuple son pouvoir souverain de décider de tout ce qui le
concerne.
De même, dès qu'on
parle du droit à la santé, du droit à
l'éducation, du droit à une retraite dans la
dignité, du maintien du niveau de vie dans les régions,
il y a toujours
un ministre ou un représentant des partis de l'opposition qui
vient vous dire que « ça coûte trop
cher », la plupart du temps sans même se donner
la peine de faire le calcul. En décembre, quand
l'Assemblée nationale a adopté la loi 15 qui donne
une sanction légale à l'attaque des monopoles White
Birch et Produits forestiers Résolu contre les pensions des
travailleurs forestiers, pas un seul député ne s'est
levé pour protester. On ne peut rien faire, ont-ils
dit, parce que les monopoles forestiers ne sont pas disposés
à faire des concessions. Les travailleurs non plus ne sont pas
disposés à renoncer à leurs pensions
mais qui parle en leur nom ? Et qu'est-ce que cela nous dit des
autres mesures dites d'austérité qui continueront de
pleuvoir parce que « c'est la
chose responsable à faire dans la situation économique
actuelle » ?
 
Les étudiants ont fait un plaidoyer militant en
faveur du droit à l'éducation. Les représentants
politiques de l'oligarchie financière se sont empressés
de leur
dire que le gouvernement « n'a pas d'argent »,
mais les jeunes ont persisté. Le sommet sur l'enseignement
postsecondaire qui aura lieu les
25 et 26 février ne peut pas avoir comme point de
départ ces rengaines à propos du manque d'argent qui
n'expliquent jamais où est tout notre argent.
Le Québec est-il un pays pauvre ?
Au conseil
général du Parti québécois en fin de
semaine on a voulu nous entraîner dans un
« débat de
fond » à savoir si le gel des frais de
scolarité signifie la même chose qu'une indexation au
coût de la vie! Pourquoi ce
refus d'entendre
le cri des étudiants sur la situation d'endettement massif qui
s'est créée au fils des années ? Pourquoi le
point de départ n'est-il pas la réalisation du droit
à l'éducation pour tous ? C'est parce que l'ordre du
jour qui pèse sur le Québec en l'absence d'une voix forte
pour le peuple à l'Assemblée nationale est
celui des puissants intérêts privés qui veulent
créer une situation favorable à leur enrichissement
privé par l'éducation. Les étudiants leur ont dit
non !
Les travailleurs de Rio Tinto Alcan,
à Alma, après avoir courageusement résisté
pendant six mois aux pressions du monopole pour abaisser leurs
conditions
de travail et le niveau de vie dans la région, réclament
toujours l'annulation de l'entente secrète conclue entre Rio
Tinto, le gouvernement Charest et Hydro-Québec sur l'utilisation
des ressources hydro-électriques. C'est cette entente qui a
permis à Rio Tinto de continuer d'encaisser des revenus pendant
qu'il faisait
durer le lockout. C'est très important. Les travailleurs d'Alma
ont mis à l'ordre du jour toute la question des ententes
secrètes sur les ressources naturelles.
Les Québécois veulent que l'exploitation
de nos ressources
bénéficie à nos communautés, respecte les
droits
ancestraux des Premières Nations et respecte l'environnement.
Qui contrôle nos
ressources et qui décide de leur utilisation ? Non aux
ententes secrètes !
Le Québec est à la croisée des
chemins. Les Québécois ont
su profiter de la très
maigre possibilité d'expression qu'offre le système
électoral actuel pour dire Non ! à la direction
antisociale et antinationale imposée par les monopoles mondiaux
et le gouvernement libéral à leur service. Cela fait
maintenant cinq mois et les travailleurs doivent tirer certaines
conclusions.
La première est qu'ils doivent continuer de s'organiser pour
défendre et faire valoir leurs intérêts. Ils
doivent poursuive la défense vigoureuse des droits de tous et
continuer de faire valoir l'intérêt public. C'est ainsi
qu'ils
pourront faire en sorte que la situation se résolve en faveur du
peuple.
Les droits de scolarité doivent être
gelés et une commission sur l'éducation doit examiner le
problème de l'endettement étudiant et la
réalisation du droit
à l'éducation pour tous, pas nous parler du manque
d'argent alors que des milliards de nos argents publics sont
transférés dans les coffres d'intérêts
privés.
L'entente secrète avec Rio Tinto et
Hydro-Québec doit être annulée. Plus d'arrangements
secrets sur l'exploitation des ressources naturelles !
Restreignons le droit de monopole et en particulier la
capacité des monopoles d'attaquer les pensions des travailleurs.
Cela fait partie de l'offensive contre les régimes de retraites
à prestations déterminées à la demande des
monopoles mondiaux. Après les travailleurs de White Birch
et Produits forestiers résolu, ils s'en serviront comme
prétexte pour imposer la même chose à tous les
travailleurs forestiers et à l'ensemble de la classe
ouvrière
au Québec.
Non aux lois antiouvrières dans la construction
qui blâment les travailleurs pour la corruption. Elles attaquent
la capacité des travailleurs de défendre leurs
droits et préparent un assaut généralisé
contre le droit d'association.
Arrêtez de payer
les riches !
Augmentez
les
investissements
dans
les
programmes
sociaux !

Un équilibre impossible à maintenir
- Normand Fournier -
La première session de la 40e Assemblée
nationale du Québec s'est étendue sur six semaines, du 30
octobre au 7 décembre 2012, et durant ce temps
le gouvernement Marois a siégé 21 jours. Sur un
total de 23 projets de loi présentés, 11 ont
obtenu la sanction et sont devenus des lois, le
gouvernement a pris 8 engagements, le Conseil des ministres a
promulgué 10 décrets, 6 comités
ministériels ont été créés pour
faire avancer les
dossiers prioritaires de ce gouvernement tandis que 19 commissions
parlementaires ont entrepris d'étudier les projets de loi. Le
ministre des Finances
et de l'Économie Nicolas Marceau a déposé le
premier budget du
gouvernement du Parti québécois le 20 novembre et
celui-ci a été voté le 30 novembre.
À l'ouverture de la 40e session
législative du Québec, Pauline Marois a
énoncé que les quatre axes du programme électoral
du PQ (intégrité, solidarité,
prospérité et identité) guideront les actions de
son gouvernement : « J'ai l'intention d'agir rapidement
pour offrir des résultats aux Québécois. Lors
de la campagne électorale, nous nous sommes engagés
à obtenir des résultats rapides et, dans certains cas,
dans les 100 premiers jours de notre mandat. La
réalisation de ces engagements au jour I de notre mandat
confirme notre volonté d'agir rapidement. » Cela
comprend l'abolition de la hausse des frais
de scolarité et la fermeture de la centrale nucléaire
Gentilly-II.
Il faut dire que, contrairement aux attentes habituelles
d'un gouvernement minoritaire, beaucoup de choses ont été
accomplies durant ces six semaines. En
effet, beaucoup ont cru que l'assemble serait rapidement
paralysée et qu'une nouvelle élection serait
appelée. Si la coutume veut que les partis d'opposition
modèrent leurs attaques contre le gouvernement durant les
premiers 100 jours au pouvoir, la coutume n'a pas tardé à
être rompue. Les libéraux et la Coalition
Avenir Québec (CAQ) ont tout de suite menacé de
défaire le gouvernement sur le budget s'ils n'obtenaient pas
l'assurance que l'offensive antisociale et le
programme d'austérité du gouvernement Charest allaient se
poursuivre. Ils ont accusé le gouvernement de
« créer l'insécurité » et
dit que « que
les riches entrepreneurs, financiers et industriels vont quitter le
Québec ».
La stratégie du gouvernement Marois :
rechercher l'équilibre
La stratégie du
gouvernement Marois est de conserver à court terme le
pouvoir et à plus long terme de préparer le terrain pour
sa prochaine réélection. Pour y parvenir, il veut
continuer de s'adresser à ceux qui ont voté pour le PQ
parce qu'il promettait de mettre fin à l'offensive antisociale
du gouvernement Charest, tout en satisfaisant du même coup les
demandes de l'oligarchie financière
et des monopoles les plus puissants, empressés de profiter de la
privatisation des programmes sociaux et des services publics et du
pillage des ressources
naturelles du Québec. Cette stratégie est vouée
à l'échec.
Le budget Marceau cherche à rassurer et combler
les milieux financiers et industriels, en poursuivant les
stratagèmes pour payer les riches avec un plan
d'austérité économique et social et en maintenant
l'objectif et le prétexte du gouvernement Charest d'atteindre
l'équilibre budgétaire en 2013-2014.
D'autre part, le gouvernement Marois a passé des
décrets pour abolir la loi 12 (78), la loi spéciale
adoptée par le gouvernement Charest pour suspendre
les droits et libertés dans sa tentative échouée
de briser la résistance des étudiants à la hausse
des frais de scolarité. Il a fait adopter six lois pour
combattre la
collusion et la corruption et tenter de rétablir
l'intégrité au Québec. Parmi les autres mesures
qui donnent suite aux promesses faites durant la campagne
électorale, le gouvernement a fermé Gentilly II ;
renégocié le contrat qui permettait au monopole minier
Stornoway de ne pas faire sa part pour la
construction de l'autoroute 167 ; annoncé la
création de 28 000 places à 7 $ en
garderie ; annulé les subventions aux mines
d'amiante ; abandonné la mesure du 25 % pour le calcul
du financement de la Financière agricole, créé le
Fonds de diversification régionaux pour
pallier aux effets de pertes d'emploi ; annoncé la
construction de 3000 logements sociaux par année ;
annoncé une nouvelle Charte de la langue
française ; et convoqué les étudiants
à un sommet sur l'enseignement supérieur les 25 et
26 février. Le budget Marceau a aussi modifié
à
la baisse la taxe santé pour plus de trois millions de
contribuables québécois.
Mais les ministres de Pauline
Marois ont entrepris par ailleurs de convaincre le peuple que les
mesures d'austérité pour atteindre l'équilibre
budgétaire sont
dans son intérêt. Selon le ministre des Finances Nicolas
Marceau, « le Parti Québécois s'engage
à mettre le Québec sur la voie de la
prospérité durable
pour tous les Québécois en redressant nos finances et en
accélérant la croissance économique ».
« Pour atteindre l'équilibre budgétaire [...]
il nous
a fallu déposer un budget dès l'automne, un budget
responsable, axé sur le contrôle rigoureux des
dépenses publiques et sur un plan de réduction de la
dette. »
Le budget Marceau va dans ce sens : coupures de
7,5 milliards $ sur cinq ans dans les dépenses pour
les infrastructures ;
compression des dépenses des universités de
124 millions $ en 2012-2013 et possibilité de
coupures de 250 millions $ sur deux
ans ; coupes de 1,6 million $ aux musées
nationaux ; coupes de 4 millions $ aux projets
culturels ; coupes de
3,7 millions $ au soutien des interventions
culturelles ; réduction du budget de l'aide sociale de
121 millions $ ; coupures
de 5 millions $ à la promotion du tourisme et celle de
Montréal perd 14,6 millions $, celle de Québec
3,3 millions $ ; coupe de 15 millions $ au
programme de soutien à l'innovation ; coupe de
4,6 millions $
au programme d'appui à l'excellence. Le budget des affaires
autochtones perd 11 millions $. Le Conseil du statut de la
femme perd 200 000 $
et les commissions scolaires doivent assumer des coupures de 200
millions $. Le budget Marceau abolit le bloc patrimonial
d'électricité, réservé aux
Québécois,
ce qui va se traduire par des hausses de tarifs pour les consommateurs
domiciliaires. Il annonce des coupures de budget et de postes chez
Hydro-Québec et dans
les sociétés d'État, l'appareil gouvernemental
(fonction publique), dans les ministères.
Le budget Marceau présente des mesures
d'austérité pour la population, mais annonce l'engagement
du gouvernement de s'en remettre au privé pour
« remettre le Québec en marche ».
« Le développement économique
du Québec est basé sur l'investissement privé,
[...] le Québec doit offrir un climat d'affaires stimulant,
prévisible
et favorable aux projets créateurs de richesse et
d'emploi. »
Où s'en va le Québec ?
Le nouveau gouvernement veut faire
reposer le
développement économique du Québec sur
l'exploitation des
ressources naturelles (électricité, mines, forêts,
eau, pétrole et gaz), en le confiant aux investisseurs
privés. Il veut appliquer des mesures d'austérité
en santé,
en éducation, aux affaires sociales, en retardant des travaux
publics de grande envergure dans l'ensemble du Québec et dont la
population a besoin. Où s'en va
le Québec avec ces directions contradictoires ?
Il est clair que la classe ouvrière doit
continuer de bâtir l'opposition et la résistance à
la soumission de l'intérêt public aux
intérêts privés et au programme
d'austérité des riches. Le peuple n'a pas donné au
Parti Québécois un mandat de faire autre chose que de
stopper
l'élan destructeur du gouvernement Charest et il va
continuer de tenir le gouvernement responsable envers ce mandat. Il
n'acceptera pas que le programme d'austérité qu'exigent
les intérêts privés les plus puissants
est dans ses intérêts, alors qu'il doit sacrifier ses
programmes sociaux et accepter une baisse de son niveau de vie. Il veut
une nouvelle direction pour le Québec,
une direction qui garantisse l'avenir de nos enfants et la
sécurité à la retraite pour nos
aînés, l'exploitation de nos ressources à notre
avantage et des programmes
sociaux adéquats pour voir à la réalisation des
droits de tous.

À titre d'information
150 jours du gouvernement Marois
Les projets de loi adoptés, sur la
table et à être présentés
Le 31 janvier 2013 était le 150e jour
au pouvoir du gouvernement Marois élu le 4 septembre.
L'Assemblée nationale a terminé la 1ère
session de sa 40e législature le 7 décembre dernier.
Depuis son ouverture le 30 octobre, les 54 députés
du Parti Québécois, les 50 du Parti libéral,
les 19 de la Coalition avenir Québec et les deux
députés de Québec solidaire ont
siégé 20 jours, soit dans les séances de
l'Assemblée ou dans les travaux
en commissions.
Les députés de l'Assemblée
nationale ont discuté de 23 projets de loi, dont
6 publics de députés (projets de loi dits
d'intérêt général présentés
par des députés) et 2 d'intérêts
privés (projets de loi dits représenter des
intérêts particuliers ou locaux).
Onze projets de loi ont été
adoptés, dix ont été présentés et
déposés et deux sont à l'étude en
commission. Sur les 11 projets de loi sanctionnés, trois
l'ont été sous le thème de combattre la corruption
dans le domaine public, soient les projets de loi 1, 2 et 6. Ce
dernier, concernant la Loi éliminant
le placement syndical et visant l'amélioration du fonctionnement
de l'industrie de la construction, adopté en
décembre 2011 par le gouvernement
précédent, vise à remettre à plus tard
l'entrée en vigueur des dispositions sur le fonctionnement du
nouveau service de référence de la main-d'oeuvre, suite
à
l'abolition du placement syndical que le gouvernement péquiste
tout comme le gouvernement libéral avant lui associe à de
la corruption.

À gauche: Manifestation devant les bureaux du
ministre du Commerce extérieur Jean-François Lisée
contre le secret des négociations sur l'Accord économique
et commercial global (AEGG) entre le Canada et l'Union
européenne et contre l'inactivité du gouvernement
québécois, à Montréal le 29 janvier 2013.
À droite: Manifestation contre la hausse des tarifs du bloc
patrimonial d'Hydro-Québec annoncées dans le budget
Marceau à compter de 2014, en plus des hausses annuelles
soumises à la Régie de l'énergie, à
Montréal le 30 janvier 2013. La manifestation était
organisée par la Coalition opposée à la
tarification et la privatisation des services publics. (Photos: SCFP, ChapeauGV)
Il y a au moins deux projets de lois majeurs qui
devraient être déposés pendant la session d'hiver
soit une nouvelle Loi sur les mines et une
loi créant la Banque de développement économique
du Québec.
La nouvelle Loi sur les mines devrait
être accompagnée d'une réforme du régime de
redevances minières. Le gouvernement va tenir à ce sujet
un forum de consultation avec l'industrie minière le
15 mars prochain. Selon le ministre des Finances et de
l'Économie Nicolas Marceau, une nouvelle
politique de redevances doit établir un équilibre entre
le besoin de redevances plus élevées (dans le
régime actuel basé sur les profits
déclarés,
plusieurs minières
ne paient aucune redevance) et le besoin de maximiser les
investissements miniers privés.
En ce qui concerne la nouvelle Loi sur les mines,
le
gouvernement
Charest
en
a
présenté
une
en
2009 qui
est
restée sur la table, si forte
est l'opposition populaire au pouvoir sans limite donné
aux monopoles miniers. La
ministre des Ressources naturelles Martine Ouellet disait tout
récemment que la loi devrait comprendre
une politique de mise aux enchères des ressources
minérales sur les sites les plus prometteurs (c'est le
gouvernement du Québec qui, avec les fonds publics,
identifie ces sites). La loi devrait aussi comprendre selon la ministre
une politique de promotion de transformation des minerais au
Québec. La mise aux enchères
des ressources minérales va mener à la concentration
accrue de la richesse minière du Québec dans les mains
des monopoles les plus puissants. La même chose
va se produire dans l'industrie forestière où le
gouvernement propose, dans sa loi 7 en discussion en ce moment, de
mettre aux enchères une partie
importante du bois.
Le gouvernement péquiste décrit la banque
de développement économique du Québec comme un
outil pour lancer et soutenir des entreprises dans les régions
du Québec. La banque, selon le gouvernement, est un
« guichet unique » qui regroupera tous les
programmes et organismes financiers des
gouvernements québécois et fédéral qui ont
trait au développement économique. La banque va investir
du capital et consentir des prêts aux entreprises, centres
de recherche, organismes culturels et autres organismes. Entre autres
choses, elle va accroître la participation
québécoise (publique et privée) dans les
entreprises
qui exploitent les ressources naturelles.
Un autre projet de loi majeur selon le gouvernement est
le projet de loi 14 déjà déposé qui
modifie la Charte de la langue française,
la Charte des droits et libertés de la personne et
d'autres dispositions législatives. Ce projet de loi fait partie
de ce que la première ministre appelle
la promotion de « l'identité du
Québec » dans laquelle elle inclut aussi les
accommodements raisonnables notamment les accommodements
raisonnables religieux qui devraient faire l'objet de politiques dans
un avenir rapproché.
Projets de loi publics du gouvernement qui ont
été adoptés
Loi 1 : Loi sur
l'intégrité en matière de contrats
publics
Présentée par Stéphane
Bédard, ministre responsable de l'Administration
gouvernementale,
cette loi modifie la Loi sur les contrats des organismes
publics sous l'objectif déclaré de renforcer
l'intégrité en matière de contrats publics. Pour
obtenir de tels contrats, les entreprises devront dorénavant
obtenir une
autorisation de l'Autorité des marchés financiers.
« L'Autorité, dit la loi 1, pourra refuser d'accorder
l'autorisation si elle considère que la confiance du
public est affectée en raison du manque
d'intégrité de l'entreprise, d'un de ses associés,
d'un de ses administrateurs ou d'un de ses dirigeants ou encore d'une
personne ou société qui en a, directement ou
indirectement, le contrôle. »
Loi 2 : Titre initial : Loi modifiant la
Loi électorale afin de limiter les contributions à
100 $ par électeur et de réviser le
financement public des partis politiques
Titre modifié : Loi modifiant
la Loi électorale afin de réduire la limite des
contributions par électeur, de diminuer le plafond des
dépenses
électorales et de rehausser le financement public des partis
politiques du Québec
Présenté par Bernard Drainville,
ministre responsable des Institutions démocratiques et de la
Participation citoyenne. Au nom de l'élimination de la
corruption et du pouvoir de l'argent dans la vie des partis politiques,
la loi accroît le financement et le contrôle de
l'État sur les partis politiques. La loi est entrée
en vigueur le 1er janvier 2013.
Loi 4 : Loi modifiant la Loi visant la
régularisation et le développement d'abattoirs de
proximité
Présenté par François
Gendron, ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de
l'Alimentation. « Cette loi modifie la Loi visant la
régularisation et le développement d'abattoirs de
proximité afin de remplacer le renouvellement annuel des
permis d'abattoir transitoire par une période
de validité fixe se terminant le 30 juin 2015. Il permet ainsi
aux détenteurs d'un permis d'abattoir transitoire
délivré par le ministre de l'Agriculture, des
Pêcheries
et de l'Alimentation le 1er juillet 2010 de bénéficier de
ce délai pour rendre leur abattoir conforme à la loi. Ce
projet de loi permet aussi au ministre d'autoriser
le titulaire d'un permis d'abattoir de proximité à
exploiter un deuxième atelier de préparation de viandes
ou d'aliments carnés. »
Loi 5 : Loi modifiant la Loi sur la taxe de
vente du Québec et d'autres dispositions législatives
Le ministre des Finances et de
l'Économie du Québec, Nicolas Marceau, a
déposé le 14 novembre ce projet de loi.
La TVQ passe de 9,5 à 9,975 %, et sera
désormais appliquée sur le prix de vente brut, et non
après l'ajout de la taxe sur les produits et services
(TPS).
Loi 6 : Loi concernant la date d'entrée
en vigueur de certaines dispositions de la Loi éliminant le
placement syndical et visant l'amélioration
du fonctionnement de l'industrie de la construction
Présentée par Agnès
Maltais, ministre du Travail et ministre de l'Emploi et de la
Solidarité sociale, la loi reporte du 2 décembre
2012 au
9 septembre 2013 la date limite d'entrée en vigueur de
certaines dispositions de la Loi éliminant le placement
syndical et visant l'amélioration
du fonctionnement de l'industrie de la construction.
Bien que la loi sur l'industrie de la construction ait
été adoptée le 2 décembre 2011, les
règlements visant à confier à la Commission de la
construction
du Québec la référence de la main-d'oeuvre sur les
chantiers de construction suite à l'abolition du placement
syndical n'ont toujours pas été promulgués.
Loi 8 : Loi modifiant diverses dispositions
législatives en matière municipale
Présentée par Sylvain Gaudreault,
ministre des Affaires municipales, des Régions et de
l'Occupation du territoire, cette loi modifie la Loi sur
les cités et villes, le Code municipal du Québec,
la
Loi sur la Communauté métropolitaine de
Montréal, la Loi sur la
Communauté métropolitaine de Québec et la Loi
sur
les
sociétés
de
transport
en
commun afin de
permettre, aux municipalités et aux
organismes régis par ces lois, de refuser la soumission d'un
entrepreneur ou d'un fournisseur qui a fait l'objet d'une
évaluation de rendement insatisfaisant à
l'égard d'un contrat antérieur.
Loi 9 : Loi instituant le Fonds des ressources
informationnelles du secteur de la santé et des services sociaux
Présenté par Réjean
Hébert, ministre de la Santé, « ce projet de
loi institue le Fonds des ressources informationnelles du secteur de la
santé
et des services sociaux. Ce fonds est affecté au financement des
activités du ministère relatives aux services qu'il peut
rendre en matière de ressources
informationnelles aux agences de la santé et des services
sociaux, aux établissements de santé ou de services
sociaux ainsi qu'aux autres organismes et personnes
oeuvrant dans le secteur de la santé et des services
sociaux. »
Loi 11 : Loi modifiant la Loi sur
l'Assemblée nationale et la Loi sur les conditions de travail et
le régime de retraite des membres de
l'Assemblée nationale
Le projet de loi a été
présenté par Stéphane Bédard, ministre
responsable de l'Administration gouvernementale. Il permet
« à un député
indépendant, à l'instar d'un député membre
d'un parti politique représenté à
l'Assemblée nationale, de transférer les sommes qui lui
sont attribuées à des fins
de recherche et de soutien au budget alloué pour la
rémunération de son personnel et de permettre que le
personnel engagé à ces fins soit membre du personnel
du député au même titre que les autres membres de
son personnel. »
Loi 15 : Loi permettant l'établissement
de régimes de retraite à prestations cibles dans
certaines entreprises du secteur des pâtes et papiers
Présentée par Agnès
Maltais, ministre du Travail et ministre de l'Emploi et de la
Solidarité sociale, la loi « établit dans
quelles circonstances
et à quelles conditions un régime de retraite à
prestations cibles pourra être établi dans certaines
entreprises du secteur des pâtes et papiers. » La Loi
15 a donné une sanction légale à l'attaque
contre les travailleurs actifs et à la retraite de l'industrie
forestière par les propriétaires du capital et les
directeurs
de White Birch et Produits forestiers résolu, donnant une arme
de plus aux monopoles pour s'attaquer
« légalement » aux régimes de
pensions des
travailleurs.
Projets de loi d'intérêts
privés ayant été adoptés :
Loi 200 : Loi concernant la Ville de
Saint-Hyacinthe.
Loi 201 : Loi constituant la Mutuelle de
microfinance.
Tous les projets de lois ont été
sanctionnés le 7 décembre, sauf le projet de loi 11,
qui a reçu la sanction le 6 décembre.
Projets de loi déposés ou à
l'étude
Projet de loi 7 : Loi
modifiant la Loi sur l'aménagement durable du territoire
forestier et d'autres dispositions législatives.
Présenté par Martine Ouellet, ministre des Ressources
naturelles, le projet de loi est en consultation particulière
à la Commission de l'agriculture, des pêcheries,
de l'énergie et des ressources naturelles depuis le
4 décembre. Il s'agit d'une refonte majeure du
régime forestier en vigueur au Québec que les
travailleurs
ont déjà dénoncée notamment parce qu'elle
va accroître la désyndicalisation dans l'industrie
forestière sous prétexte d'instaurer un
« libre marché du
bois ».
Projet de loi 10 : Loi permettant de relever
provisoirement un élu municipal de ses fonctions.
Présenté par Sylvain Gaudreault, ministre
des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du
territoire. Le projet de loi est étudié à
Commission de l'aménagement du territoire depuis le
5 décembre.
Projet de loi 3 : Loi modifiant la Loi
électorale afin de prévoir des élections à
date fixe. Présenté par Bernard Drainville, ministre
responsable des Institutions démocratiques et de la
Participation citoyenne. Le principe a été adopté
le 15 novembre.
Projet de loi 12 : Loi modifiant la Loi sur la
police concernant les enquêtes indépendantes.
Présenté par Stéphane Bergeron, ministre
de la Sécurité publique, le 29 novembre 2012.
Projet de loi 13 : Loi modifiant la Loi
électorale concernant le vote hors circonscription dans les
locaux des établissements d'enseignement
post-secondaire. Présenté par Bernard Drainville,
ministre responsable des Institutions démocratiques et de la
Participation citoyenne, le 20 novembre
2012.
Projet de loi 14 : Loi modifiant la Charte de
la langue française, la Charte des droits et
libertés de la personne et d'autres
dispositions législatives. Ce projet de loi a été
présenté par Diane De Courcy, ministre responsable de la
Charte de la langue française, le 5 décembre
2012.
Projet de loi 190 : Loi modifiant la Loi
électorale afin de réduire les dépenses des partis
politiques et la contribution maximale d'un
électeur. Présenté par Gérard Deltell,
député de Chauveau, le 1er novembre 2012.
Projet de loi 191 : Loi instituant
Pharma-Québec. Présenté par Amir Khadir,
député de Mercier, le 14 novembre 2012.
Projet de loi 192 : Loi sur le directeur
parlementaire du budget. Présenté par Christian
Dubé, député de Lévis, le 15 novembre.
Projet de loi 194 : Loi modifiant la Loi sur
les permis d'alcool et d'autres dispositions législatives. Présenté
par
Robert
Poëti,
député
de
Marguerite-Bourgeoys,
le
15 novembre
2012.
Projet de loi 195 : Loi visant à
exclure les pensions alimentaires pour enfants du calcul des revenus
dans diverses lois à caractère social.
Présenté le 15 novembre 2012 par
Françoise David, députée de Gouin.
Projet de loi 197 : Loi sur la création
d'emploi et de richesse par le développement durable de
l'activité minière. Présenté le
27 novembre par Jean D'Amours, député de
Rivière-du-Loup—Témiscouata.

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Marxiste-Léniniste
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