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Numéro 16 - 5 février 2013
Discussion sur la politique d'austérité du gouvernement de l'Alberta
Contrôle des terres publiques et des terres des Premières Nations: qui décide?
Discussion sur la politique d'austérité du gouvernement de l'Alberta • Contrôle des terres publiques et des terres des Premières Nations: qui décide? - Peggy Morton • Le besoin d'une nouvelle direction pour l'économie • C'est notre pétrole! C'est à nous de décider!
Les services de santé sont un droit! • Non aux coupures dans les soins aux aînés! Pour une définition moderne des soins pour les aînés! - Peggy Askin • La vision centrée sur le capital de Services santé Alberta • Comment la nouvelle formule de financement des soins de longue durée enrichit les propriétaires privés
Affirmons les droits de tous! • Le solliciteur général tente de criminaliser les manifestations des Premières Nations - Dougal MacDonald
Discussion sur la politique d'austérité du gouvernement de l'Alberta
Contrôle des terres publiques et des terres des Premières Nations: qui décide?
- Peggy Morton -
Le gouvernement de l'Alberta affirme que 81 % des droits de minerais dans la province sont la propriété du gouvernement provincial, que 10 % sont la propriété du gouvernement fédéral agissant comme fiduciaire des Premières Nations et que le reste est propriété privée. En ce qui concerne les sables bitumineux, 97 % des terres sur lesquelles on les trouve sont considérées comme des terres publiques.
On ne peut pas accepter cette assertion. Tout le territoire de l'Alberta a fait l'objet de traités avec les Premières Nations. Ce sont des traités de nation à nation entre la couronne et les Premières Nations. Les peuples autochtones ne sont pas des peuples conquis et ils font remarquer que c'est la couronne qui a envoyé ses représentants sur leurs terres pour y signer des traités. Ce ne sont pas des traités de reddition de territoires, mais des ententes de partage de territoires avec les colons. Ceci a été fait selon la tradition bien établie des peuples autochtones pour la signature de traités. Les réserves sont cette petite parcelle de territoire qui est réservée exclusivement aux autochtones. Il y a en plus un grand nombre de réclamations territoriales qui n'ont pas été réglées. Ces réclamations concernent des territoires qui n'ont pas fait l'objet de signatures de traités entre la couronne et les autochtones, comme les territoires des Lubicons, ou qui ont fait l'objectif d'un processus frauduleux et illégal selon la loi autochtone comme c'est le cas de ceux des Papachase. Les traités dûment signés spécifient qu'il doit y avoir consultation et accommodement avec les Premières Nations et les Métis en ce qui concerne l'utilisation du territoire et l'exploitation des ressources qui s'y trouvent et que la consultation se fait de nation à nation.
Le gouvernement albertain loue les droits de minerais à des terres publiques par un système d'encans des terres. On prétend que les redevances sont un paiement que font les intérêts privés aux propriétaires des terres pour leur exploitation des ressources. C'est censé convaincre les Canadiens qu'on a là un arrangement qui engendre des bénéfices réels aux propriétaires.
Cet arrangement ne donne aucune voix ou contrôle aux populations ou aux Premières Nations sur les décisions que prennent ces intérêts privés que sont les monopoles du pétrole et du gaz à qui on a donné le droit d'exploiter des terres publiques.
Ces décisions ont un profond impact sur l'environnement naturel et social et sur le droit des Premières Nations à leur mode de vie de même que sur une question fondamentale pour l'économie canadienne : est-elle développée de façon à subvenir à ses besoins et veiller aux intérêts des peuples albertain et canadien ou se soumet-elle et est-elle annexée au diktat américain et à la machine de guerre des États-Unis ?
De nouveaux arrangements sont nécessaires et seuls la classe ouvrière, les Premières Nations et les Métis ont intérêt à la créer et la capacité de le faire. Le droit de prendre les décisions qui affectent les Albertains, les Canadiens, les Premières Nations et les Métis ne revient pas aux intérêts privés et ne doit pas rester entre leurs mains.

Le besoin d'une nouvelle direction pour l'économie
Les travailleurs, les aînés et les Premières Nations rejettent la demande du gouvernement Redford à l'effet que le peuple doit accepter un programme d'austérité. Les Albertains en général s'entendent pour dire que le système actuel de redevances ne sert pas l'intérêt public. Les profits montent en flèche en même temps qu'on demande aux Albertains d'accepter les coupures dans la santé, à l'éducation et aux autres services sociaux qui leur appartiennent de droit.
L'Opposition ouvrière demande aux gouvernements de prendre leurs responsabilités et de garantir que l'exploitation de nos ressources naturelles procure des bénéfices réels aux Canadiens et non un simple coup d'argent vite fait aux propriétaires du capital en grande partie étrangers et à leurs filiales en Alberta et au Canada. La société doit être centrée sur l'être humain et non sur le capital et cela est possible si les décisions qui sont prises visent à garantir les droits.
Les redevances sur les ressources
Le système de redevances donne tout pouvoir décisionnel aux monopoles. Comment cette richesse est produite et distribuée ne concerne pas uniquement les intérêts spéciaux. C'est le corps politique tout entier qui est concerné. La question qui se pose est qui détermine où est l'intérêt public et comment il sera financé. Il faut en particulier assurer la consultation et l'accommodement des Premières Nations dont les territoires abritent les ressources. Il faut soutenir le droit des Premières Nations à leur propre base économique et leur droit d'assumer leur responsabilité de gardiennes de la Terre Mère.
Autre chose importante, les travailleurs doivent jouir de conditions de travail qui correspondent au travail qu'ils font. C'est leur dur labeur, leurs aptitudes et leurs connaissances qui créent la richesse. Les travailleurs du pétrole, du gaz et de la construction ont le droit à des endroits de travail sécuritaires, et à des salaires, avantages sociaux et conditions de travail qui correspondent au travail qu'ils font. Ils ont le droit à des conditions de vie modernes et à une vie cultivée. Ils ont le doit d'exiger comme un strict minimum que les projets d'exploitation des ressources soient planifiés de manière à assurer des moyens de subsistance aux travailleurs et ne soient pas constamment secoués par des périodes d'essor et de crise.
On ne peut soutenir ces droits en laissant la prise de décisions dans les mains des monopoles sous le régime actuel des redevances.
La direction actuelle de l'économie, qui soutient le droit de monopole notamment par le régime de redevances, n'a apporté qu'insécurité, programme d'austérité et négation des droits qui appartiennent aux êtres humains en vertu de leur humanité. Il nous faut une nouvelle direction de l'économie qui garantit les droits des Albertains, des Premières Nations et de la classe ouvrière, remplace le régime actuel de redevances, accroît les investissements dans les programmes sociaux et arrête de payer les riches.

C'est notre pétrole! C'est à nous de décider!
On a un urgent besoin d'instaurer un contrôle public sur l'exploitation du pétrole, du gaz et des autres ressources pour être en mesure de fournir des conditions de vie et de travail modernes et humaines à tous les travailleurs et leurs familles et de mettre fin à la dégradation de l'environnement. Les cartels du pétrole et du gaz font des profits obscènes, pillent le trésor public et bénéficient de mille et une manoeuvres pour payer les riches tandis que le peuple se fait dire qu'il n'y a pas d'alternative à l'austérité.
Il faut discuter de ces alternatives. La fédération des travailleurs de l'Alberta (FTA) propose par exemple qu'on exige des grandes pétrolières qu'elles transforment le bitume en pétrole brut de synthèse avant de l'expédier hors de la province. C'est une alternative réelle, selon la FTA, qui créerait plus d'emplois pour les Albertains, hausserait les prix des produits des sables bitumineux et créerait un rythme de développement plus raisonnable dans l'industrie des sables bitumineux.
On pourrait tourner en vie cette demande en instaurant le contrôle public du secteur du pétrole en gros. Le système en vigueur qui se limite à faire payer des redevances pour l'extraction du pétrole sur les terres publiques et autochtones est une négation du fait que l'autorité publique doit exercer un contrôle sur les territoires et l'extraction des ressources.
Il n'y a pas si longtemps qu'on pouvait vendre et acheter des esclaves qui étaient considérés comme propriété privée de quelqu'un. L'humanité a mis fin, du moins du point de vue légal, à l'esclavage. Mais le concept selon lequel la Terre Mère peut être transformée en propriété privée des monopoles qui peuvent en faire ce qu'ils veulent est toujours bien vivant. Comment le sort de la Terre Mère sans qui l'humanité ne peut survivre, sans parler de prospérer, peut-il être décidé dans une colonne de profits ?
Le concept antisocial, en vertu duquel on remet le contrôle public des ressources naturelles à des intérêts privés, considère les paiements de redevances comme la preuve que les populations retirent des bénéfices réels puisque les intérêts privés paient une forme de loyer sur les ressources. Il ne resterait qu'à discuter de ce qui constitue un prix « équitable » de la remise du contrôle des ressources dans les mains des monopoles.
C'est le chantage des cartels pétroliers liés aux grandes banques et autres grands monopoles qui détermine ce qui est « raisonnable ». Ils contrôlent les gouvernements à tous les niveaux et sont passés maîtres dans la tactique de « menacer de partir » s'ils n'obtiennent pas ce qu'ils veulent,. La tentative avortée de l'ex-premier ministre Ed Stelmach d'augmenter légèrement les redevances a bien montré comment se joue la partie. Il a perdu son emploi et les hausses de redevances ont été annulées.
On pourrait remplacer le régime de redevances par le contrôle du secteur du pétrole en gros en payant aux monopoles un prix établi par contrat pour leur pétrole lequel reposerait sur un taux de profit moyen. On demanderait aussi aux monopoles pétroliers de transformer le bitume et de développer le secteur pétrochimique ou encore on pourrait bâtir ce secteur par le biais de sociétés de la couronne.
On instaurerait ainsi un contrôle public sur la quantité de pétrole produit afin qu'elle reflète mieux le marché qui existe réellement. Non seulement la quantité de pétrole produit s'en trouverait mieux harmonisée avec les marchés réels, mais le développement pétrolier ne se ferait qu'avec l'accord des Premières Nations et des Canadiens et ceci comprendrait également leur approbation des nouvelles routes de transport vers les marchés d'exportation comme l'Europe ou l'Asie.
En retirant les spéculateurs de l'équation, on aiderait à résoudre le problème de l'instabilité des prix. Les Canadiens ne seraient plus à la merci des hausses de prix de l'essence à la pompe. Les cartels pétroliers principalement étrangers ne pourraient plus faire des réclamations aussi énormes à la nouvelle valeur qui est produite. Les travailleurs et les Premières Nations en bénéficieraient de même que les gouvernements qui hausseraient leurs réclamations à la nouvelle valeur et pourraient accroître les investissements dans les programmes sociaux.

Les services de santé sont un droit!
Non aux coupures dans les soins aux aînés! Pour une définition moderne des soins pour les aînés!
- Peggy Askin -
Le groupe Capital Care d'Edmonton qui opère des hôpitaux publics de soins de longue durée, vient d'annoncer la mise à pied de 48 infirmières auxiliaires autorisées qui seront remplacés par des préposés aux bénéficiaires payés moins cher. Deux agences à but non lucratif qui opèrent plus de 1000 lits de soins de longue durée, la Fondation Sheperd's Care d'Edmonton et la Société Bethany Care de Calgary viennent également d'annoncer qu'elles doivent réduire leur personnel.
Ces coupures sont juste la pointe de l'iceberg. John Pray, le président de la Fondation Sheperd's Care, a déclaré au Edmonton Journal que l'organisme n'a pas reçu assez de financement pour ses centres de soins de longue durée cette année pour maintenir son niveau de soins et il a dit que la situation n'allait pas s'améliorer. Pray a mentionné que la nouvelle formule de financement des soins de longue durée est pour beaucoup dans le manque de fonds.
Selon les Services de santé de l'Alberta, cette nouvelle formule de financement des soins de longue durée va garantir l'égalité des soins pour tous les utilisateurs des soins de longue durée. On implique ici que les centres de santé publics et à but non lucratif vont devoir réduire leur personnel et par conséquent le niveau de soins qu'ils dispensent.
Cette formule de financement provient d'un système en vogue aux États-Unis appelé STRIVE, un système qui gère les paiements d'assurance-maladie aux centres de soins de longue durée. [1]. L'étude visait à évaluer le temps que le personnel des centres de longue durée prend pour s'occuper d'une personne selon sa condition médicale. Centrée uniquement sur le temps passé avec le patient, cette étude ne mesurait que la quantité de temps passé peu importe si cela satisfaisait aux besoins du patient ou non. La formule de financement reflète donc une moyenne de soins que reçoit un résident des centres de soins évalués. Les patients sont ensuite regroupés dans ce qu'on appelle des Groupes d'utilisation de ressources (en anglais, des RUGs) et on leur affecte un « prix » correspondant au « coût » de leurs soins de santé. Les classifications en vigueur sont appelées RUG-III. Elles sont appliquées en Ontario.
Selon les Services de santé de l'Alberta, cette nouvelle formule de financement garantit l'égalité des soins de tous les résidents des centres de longue durée, qu'ils vivent dans un établissement public, sans but lucratif ou fonctionnant au profit. Ce n'est pas vrai du tout. En fait ce qui est en train de se produire c'est l'américanisation et la privatisation plus poussées du système de soins de longue durée. C'est inhumain et inacceptable qu'un système qui mesure les soins de santé dans les centres de longue durée aux États-Unis soit utilisé pour déterminer les besoins des patients en soins de longue durée.
Aux États-Unis, les deux tiers des centres de soins de longue durée sont privés et leur mobile est le profit. Sur le tiers qui reste, il y en a beaucoup qui officiellement sont publics et à but non lucratif, mais sont en fait gérés par des compagnies privées fonctionnant au profit. Les études ont révélé comment la négligence criminelle scandaleuse est répandue dans ces centres. En 2008, par exemple, les inspections faites par le gouvernement ont mis en lumière qu'à chacune des trois années précédentes, plus de 91 % des centres de longue durée connaissaient des problèmes sérieux. Parmi les problèmes cités, on comptait ceux relatifs à la qualité des soins, à l'évaluation des résidents et à la qualité de vie. Au chapitre de la qualité des soins, on faisait mention de problèmes dans la prévention et le traitement des plaies et des infections urinaires et dans la prescription des médicaments, par exemple la prescription de médicaments non nécessaires ou des médicaments qui sont administrés par erreur. De tous les centres évalués en 2007, on en comptait 17 % où les patients étaient maltraités ou à risque de l'être.
On ne peut pas accepter qu'un niveau de soins comme celui-là soit administré aux aînés. Il n'y a pas de place dans une société moderne pour la conception régressive qui considère les aînés et ceux qui leur prodiguent des soins comme un « coût ». Il faut trouver de nouvelles formes et de nouvelles méthodes sociales incarnées dans des centres modernes pour les aînés et des soins de santé évolués si l'on veut fournir une définition moderne des soins de santé.
Note
1. En 2005, les Centers for Medicare and Medicaid Services (CMS) ont entrepris une étude pour mesurer le temps passé par le personnel dans les centres de longue durée, le Staff Time and Resource Intensity Verification (STRIVE) Project. On a amassé de l'information sur le temps passé par le personnel et de l'information sur les soins de santé, la condition médicale, les services reçus et les ressources mises en oeuvre dans 205 centres de longue durée répartis dans 15 États.

La vision centrée sur le capital de Services santé Alberta
Services santé Alberta (AHS) qualifient leur nouvelle formule de financement de « centrée sur le patient ». Selon l'AHS, l'objectif visé par la nouvelle formule de financement est « la production de stimulants dans le système de santé pour que les services les plus appropriés soient dispensés au coût le plus bas possible ». Pour remplir cet objectif, la novelle formule finance les services « selon le soin accordé aux clients [sic] et non selon le type spécifique de lit ».
Avec cette manière de concevoir les choses en termes de « clients » et de « prix », on ne doute pas de la conception qui anime le gouvernement albertain et des dirigeants de l'AHS. Le point de départ n'est pas le droit aux soins de santé et la responsabilité qu'ont ces institutions de faire en sorte que les aînés qui ne peuvent plus vivre chez eux sont entourés de l'amour social et de l'attention nécessaires à leurs besoins et leur dignité. Au lieu de cela, la vision centrée sur le capital considère toute interaction entre les aînés et les gens handicapés et le personnel des centres de soins de longue durée comme une transaction qu'on peut chiffrer en dollars. Ce modèle est celui des soins de santé privatisés fonctionnant pour le profit et son but est de trouver des « stimulants » pour les parasites qui veulent s'enrichir à même les soins de santé aux aînés.
Les travailleurs des résidences privées de soins de longue durée ont brisé le silence, par leur lutte militante depuis plus d'un an, sur les conditions que vivent les aînés et le personnel dans ces établissements. Par la voie de leurs syndicats, ils ont dévoilé que ces établissements reçoivent le même financement que les centres publics sans but lucratif, mais qu'ils se remplissent les poches au lieu de fournir les effectifs requis et de payer des salaires et avantages sociaux qui correspondent au travail difficile que font les travailleurs.
 "Le gouvernement met l'idéologie de la santé privée avant les soins aux patients. Cela doit cesser!" |
L'AHS se gausse que le nouveau système « verse le financement selon le soin qui est accordé aux patients ». Quel beau choix de mots! L'AHS prend bien soin de ne pas dire que le financement sera accordé sur la base des soins que reçoivent les patients. En fait, c'est précisément ce que le système ne fait pas.
Une formule de financement qui serait centrée sur le patient ou encore mieux sur l'être humain s'assurerait de la rétention du personnel. Pour le personnel, les patients sont comme sa famille et parfois la seule famille qui reste au patient. Une résidence de soins de longue durée qui comprend un grand nombre d'employés qui sont là depuis longtemps sera meilleure pour les patients. Les droits du personnel et des patients sont intimement liés et ne peuvent exister l'un sans l'autre.
La formule de financement de l'AHS fait exactement le contraire. Elle établit le financement à partir non pas des années de service du personnel et de leurs salaires tels que négociés dans la convention collective, mais des moyennes provinciales. Cela met sur un même pied les établissements où la recherche des propriétaires pour de l'argent facilement gagné a conduit à une grande rotation de personnel et à une ancienneté faible et les établissements où le personnel reste longtemps et où plusieurs travailleurs sont au sommet de l'échelle salariale. Cela encourage directement les pratiques qui sont mauvaises pour les patients.
L'AHS reconnaît qu'en vertu du nouveau système certains établissements se retrouveront avec plus de ressources alors que d'autres subiront des coupures. Mais ce sont seulement les établissements publics et sans but lucratif qui se sont fait réduire leurs budgets. C'est donc que les budgets des établissements privés ont été augmentés sans pour cela signifier que l'argent va être utilisé pour soigner les résidents. Le système est en fait conçu pour fournir des occasions innombrables aux parasites qui veulent faire de l'argent à même les aînés de se bourrer les poches au détriment de la dignité et du bien-être des aînés et des travailleurs qui leur prodiguent des soins. Le but visé c'est de créer un « bon climat d'investissements » pour les riches.
Les propriétaires des résidences privées peuvent se remplir les poches de multiples façons ce qui montre que la prétention que le financement suit le patient est fausse.
Tout ceci expose l'ordre du jour de privatisation sournoise que suit le gouvernement Redford et montre qu'il faut intensifier la lutte pour garantir le droit aux services de santé. Il faut faire cesser le vol des ressources publiques pour payer les riches au détriment des aînés et des travailleurs qui leur prodiguent des soins.

Comment la nouvelle formule de financement des soins de longue durée enrichit les propriétaires privés
Les travailleurs en grève au centre de soins de longue durée de Monterey, à Calgary
Les mesures suivantes illustrent certaines des façons dont la nouvelle formule de financement des soins de longue durée enrichit les propriétaires privés :
1. Les propriétaires privés sont financés au même niveau que les résidences de soins de santé de longue durée publiques ou sans but lucratif. Le gouvernement n'exige pas d'eux qu'ils utilisent les fonds pour payer les salaires et les avantages sociaux. Les travailleurs des soins de longue durée, représentés par le Syndicat des travailleurs provinciaux de l'Alberta (AUPE), et les infirmières représentées par les Infirmières unies de l'Alberta (UNA) dans les centres de soins privés, ont déclenché la grève cinq fois durant la dernière année pour lutter pour leurs droits et ramener leurs salaires au niveau des normes provinciales. Les travailleurs du Centre Monterey à Calgary sont en grève depuis 223 jours. Leur grève pourrait être réglée en un rien de temps si le gouvernement disait à ces propriétaires cupides qu'ils doivent utiliser le financement pour payer le personnel sinon ils perdront leur permis d'opération.
2. La seule norme en ce qui concerne les effectifs c'est qu'on doit fournir 2,97 heures travaillées par jour par patient, ou moins d'une heure de soins par quart de travail, ce qui est très en deçà des soins de santé minimum requis. Les centres à but lucratif ne perdent aucun financement s'ils ne remplacent pas le personnel malade, ou manquent constamment de personnel et prétendent qu'ils ne trouvent personne à embaucher ou utilisent n'importe quel autre stratagème pour s'enrichir.
3. Le financement prévoit l'embauche d'une variété de catégories de personnel, depuis les infirmières professionnelles jusqu'aux infirmières auxiliaires autorisées et aux préposés aux bénéficiaires. Toutefois, chaque centre de soins peut varier la formule en jonglant jusqu'à concurrence de 25 % avec les heures de ces 3 groupes de travailleurs et des thérapeutes professionnels et non professionnels et empocher la différence.
4. Le financement prévoit aussi une variété de personnel payé à différents échelons de salaire. Les centres de soins privés et à but lucratif ont la réputation d'avoir un fort roulement de personnel à cause des bas salaires, de l'absence d'avantages sociaux et des mauvaises conditions de travail. La plupart des résidences de soins à longue durée publiques et sans but lucratif ont un important personnel à long terme. La formule de financement encourage les propriétaires privés de résidences à créer un fort roulement de personnel et pénalise les résidences qui ont un personnel à long terme, ce qui porte atteinte autant aux résidents qu'au personnel.
5. Le financement fonctionne selon le nombre d'heures travaillées et non le nombre d'heures payées. Cela veut dire que les Services des soins de santé de l'Alberta fournissent le même financement, que les travailleurs possèdent ou non un régime de retraite, des congés de maladie, des congés d'invalidité de courte et longue durée, des dispositions relatives aux vacances et ainsi de suite.
6. Un financement important est fourni pour « les frais administratifs », soit 11,5 % du financement réservé pour les soins infirmiers et le personnel.
7. Tous les opérateurs de soins de longue durée peuvent facturer des « frais d'hébergement » allant de 1785 $ par mois pour une chambre privée jusqu'à 1465 $ pour une chambre à 4 lits, mais ne sont pas forcés de consacrer ce financement à l'hébergement, la nourriture, l'entretien, etc.
8. Les opérateurs privés peuvent « rationner » et rationnent des fournitures nécessaires aux patients telles que les serviettes pour incontinence, et recevoir le même financement qu'ils recevraient s'ils fournissaient les fournitures aux patients.

Affirmons les droits de tous!
Le solliciteur général tente de criminaliser les manifestations des Premières Nations
- Dougal MacDonald -
Le solliciteur général de l'Alberta, Jonathan Denis, parfois appelé le « premier policier » de l'Alberta, a déclaré que les manifestations des Premières Nations qui ont lieu en Alberta ne sont pas « sécuritaires » et devraient donc être « limitées ». Parlant de ce qu'il a qualifié de « barrages routiers » et de « barricades », il a dit que la manifestation du 16 janvier tenue par la Première Nation Papaschase sur la route 2 au sud d'Edmonton avait mis en danger les automobilistes, les policiers et les manifestants. « Vous portez atteinte aux droits et à la sécurité d'autrui, à la sécurité des policiers, à la sécurité des personnes qui manifestent et à la sécurité du public en général, quand vous commencez à bloquer une route importante », a dit Jonathan Denis. Il n'a fait, bien entendu, aucune mention du fait que la police dresse régulièrement des barrages routiers interminables sur diverses routes et arrête complètement la circulation de centaines de véhicules. Si le solliciteur général est vraiment préoccupé par la sécurité routière pourquoi ne discute-t-il pas des arrêts de la circulation causés par ses propres policiers ?
Denis a affirmé aussi avoir été « submergé » d'appels téléphoniques venant des gens anonymes habituels qui se disaient également préoccupés par la sécurité et les problèmes de circulation. Ces « déluges » d'appels sont invoqués chaque fois qu'un ministre veut promouvoir un ordre du jour anti-peuple et ne peuvent être pris au sérieux. Il a assuré tout le monde qu'il n'a rien contre les manifestants ou le contenu de leurs messages, mais s'oppose uniquement aux barricades et, le 23 janvier, a annoncé des ressources supplémentaires pour les corps policiers locaux et la GRC afin d'empêcher « l'escalade » des manifestations. D'une façon mélodramatique, il a ajouté : « Je défendrais jusqu'à la mort le droit de manifester pacifiquement de Idle No More ! ou de tout autre personne, ma seule préoccupation a toujours été les tactiques qui sont utilisées. Je n'ai aucun problème avec le message ou les manifestants. Je pense que, comme société, nous devrions défendre ce droit, mais, en même temps, il y a des limites à respecter ».
Dans une longue lettre à un journal local, le chef Calvin Bruneau de la Première Nation Papaschase a fermement réfuté les déclarations du solliciteur général au sujet de la manifestation sur la route 2 comme étant des mythes, des déformations et des mensonges flagrants. Tout d'abord, a-t-il souligné, les manifestants étaient sur leur propre terre et la Première Nation Papaschase est une nation souveraine avec le droit de faire ce qu'elle veut sur son propre territoire. Le chef Bruneau a rappelé que leur terre avait été volée à leurs ancêtres (en 1888) par le gouvernement fédéral avec trois signatures, en violation de l'obligation de la Loi sur les Indiens qui stipule que la majorité est nécessaire pour la cession de terres. Le chef Bruneau a également souligné que les manifestants n'avaient pas bloqué la route, mais avaient réduit la circulation à une voie ce qui fait de la manifestation un « ralentissement de la circulation dans un but d'information ». Il a également souligné que la police avait été informée des jours à l'avance de la manifestation. Contredisant Denis au sujet du « déluge » d'appels téléphoniques, le Chef Bruneau a dit que de nombreux automobilistes avaient pris leurs tracts, salué les manifestants et klaxonné en appui. Expliquant les objectifs de la manifestation, le Chef Bruneau a déclaré que les manifestants étaient là pour défendre leurs droits que le gouvernement Harper foule aux pieds.
Parce qu'il sait, et l'admet lui-même, que les Albertains appuient fortement le droit à la dissidence, Denis fait des déclarations trompeuses pour transformer les manifestations des Premières nations en problème de « sécurité » et utiliser cela comme prétexte pour interdire les manifestations et discréditer les manifestants. C'est une vieille tactique qui ne trompe personne. Cela fait longtemps que les agences de l'État cherchent à criminaliser la dissidence dans le but de la supprimer et multiplient leurs efforts dans ce sens dans tout le Canada. Les Premières Nations ont vécu cela à maintes reprises ; par exemple, à Oka, au Québec, en 1990, à Gustafson Lake, en Colombie-Britannique et à Ipperwash, en Ontario, en 1995, à Caledonia, en Ontario, en 2006 et à Lac Barriere , au Québec, où la lutte continue. La mort du militant des Premières Nations Dudley George, à Ipperwash est particulièrement frappante parce que, suite à la commission d'enquête du gouvernement, celui-ci a été forcé d'admettre que la Police provinciale de l'Ontario, le gouvernement de l'Ontario et le gouvernement fédéral étaient responsables des événements qui ont conduit à la mort de Dudley George. Les travailleurs de l'Alberta connaissent aussi très bien la manière dont leurs luttes sont criminalisées par l'application arbitraire de lois du travail injustes, comme celles qui limitent le droit de grève ou rendent inefficace les piquets de grève contre l'employeur. Un autre exemple récent de la criminalisation de la dissidence est la répression des rassemblements de février 2009 à Edmonton contre l'agression israélienne dans la bande de Gaza, qui ont été cités par la GRC comme montrant la nécessité d'une escouade « antiterroriste », assimilant de façon trompeuse des positions politiques contre la guerre et l'agression à la violence et au terrorisme.
La définition moderne des droits est que les gens ont des droits en vertu de leur humanité et que ces droits doivent être garantis. Il est clair que Jonathan Denis s'oppose totalement à cette conception. Au lieu de cela, il dit que dans certaines circonstances, l'État peut « restreindre » les droits ou, comme cela est souvent formulé, l'État peut « équilibrer » les droits avec autre chose comme la « sécurité », « l'austérité budgétaire » ou la « sécurité nationale ». Bien que cela puisse sembler « équitable » que l'État veuille imposer des limites ou un équilibre, un tel discours est en fait une attaque masquée contre la notion de droits. Autrement dit, si les droits peuvent être « restreints » ou « équilibrés » alors ce ne sont pas des droits du tout, mais quelque chose d'autre, car l'inviolabilité des droits et leur garantie en toute circonstance sont fondamentales à la définition moderne des droits. L'incapacité et la réticence de l'État actuel et sa démocratie à garantir les droits de tous sont la raison même de la crise dans laquelle ils sont plongés. La lutte des Premières Nations pour affirmer leurs droits ancestraux, issus de traités et constitutionnels est un combat juste qui concerne tout le monde. L'appel de l'histoire exige l'affirmation des droits de tous.

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