Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 12 - 30 janvier 2013

Manifestations devant le congrès à la chefferie du Parti libéral de l'Ontario

Un avertissement à tous les partis politiques:
Nous avons des droits!


Des dizaines de milliers de travailleurs ont manifesté à la défense de leurs droits contre l'offensive du gouvernement
McGuinty en Ontario, devant le centre où se tenait le congrès à la chefferie du Parti libéral de l'Ontario le 26 janvier 2013.

Manifestations devant le congrès à la chefferie du Parti libéral de l'Ontario
Un avertissement à tous les partis politiques: Nous avons des droits!
Les travailleurs accidentés demandent justice

Tentative de donner une nouvelle vie au programme d'austérité
Kathleen Wynne nommée première ministre
Que penser du choix de Kathleen Wynne - Enver Villamizar

La Commission des relations du travail pourrait déclarer illégal le refus de faire des activités parascolaires
Les travailleurs ont le droit de dire NON! - Mira Katz


Manifestations devant le congrès à la chefferie du Parti libéral de l'Ontario

Un avertissement à tous les partis politiques:
Nous avons des droits!

Des dizaines de milliers de travailleurs ont tenu des actions militantes à la défense de leurs droits pendant toute la fin de semaine du 25-26 janvier lors du congrès à la chefferie du Parti libéral de l'Ontario à Toronto. Les travailleurs ont convergé dans un esprit de défiance vers le congrès qui se tenait au Maple Leaf Gardens pour y dénoncer les libéraux et les progressistes conservateurs qui ont adopté la loi 115 qui prive les enseignants et les travailleurs de l'éducation de leur droit de négocier leurs conditions de travail. Les travailleurs ont déclaré d'une seule voix : Nous avons des droits ! Ces actions sont un avertissement à tous les partis politiques que les travailleurs vont demander des comptes à tout gouvernement qui foule aux pieds les droits du peuple.

De la session d'ouverture le vendredi soir jusqu'à la session de clôture du congrès le samedi soir, les enseignants, travailleurs de l'éducation, travailleurs de tous les secteurs de l'économie et gens de tous milieux ont fait retentir leurs slogans dénonçant la loi 115 et les libéraux.

Les enseignants et travailleurs de l'éducation rendent
un militant « hommage » à Dalton McGuinty

Dans la soirée du 25 janvier, 3 000 enseignants et travailleurs de l'éducation ont rempli les rues et les trottoirs près du centre où se tenait le congrès pour y rendre un vibrant « hommage » au premier ministre démissionnaire Dalton McGuinty et « accueillir » les délégués se rendant au congrès. Les manifestants du Grand Toronto ont été rejoints par des enseignants et travailleurs de l'éducation du comté de Simcoe et d'autres régions en dehors du Grand Toronto. Quand ils entraient dans le Maple Leaf Gardens, les délégués devaient se frayer un chemin parmi les manifestants qui scandaient : « Libéraux dehors ! », « Adieu, les libéraux ! » « On ne vous oubliera pas ! » Pendant toute la première session qui a duré trois heures, les manifestants y sont allés de leurs slogans et chansons qui dénonçaient les attaques des libéraux contre leurs droits. Lorsque la session s'est terminée, les délégués se sont trouvés à nouveau au milieu de manifestants les dénonçant eux et leur parti en scandant: « Honte ! », « Honte à vous ! », « Libéraux dehors ! ». Des centaines de copies du Ontario Political Forum et du deuxième numéro de Justice for Injured Workers ont été distribuées aux manifestants pendant la manifestation.


«Respectez les enseignants. Respectez la convention collective.»


McGuinty démissionne: «J'ai fini ce que j'avais à faire ici.»


Gauche: «Le crime parfait: tuer les droits démocratiques avec la loi 115... puis se débarrasser de l'arme du crime (le gouvernement veut maintenant retirer la loi 115.)» Droite: «Le pouvoir de créer des lois ne place pas le gouvernement au-dessus de la loi.»

«Abrogez les mesures d'austérité de la loi 115! Tenons le gouvernement responsable. Défaisons les libéraux et les conservateurs!»

Gauche: «L'arme: la loi 115. L'acte: assassiner les droits démocratiques! Honte!» Centre: «Loi 115: l'utiliser pour l'abroger?
C'est criminel!» Droite: «La loi 115 est le Waterloo de (la ministre de l'Éducation) Broten.»


Gauche: «Ce n'est pas une entente s'il n'y a pas entente». Droite: «Les conventions non ratifiées ne sont pas valides

Centre: «Il n'y aura pas de 'nouveau départ' sans des conventions négociées équitablement!»

Gauche: «On n'améliore pas l'éducation en attaquant les éducateurs». Centre: «Démocratie n'est pas dictature!!!» Droite: «Loi 115: non nécessaire, non démocratique et non constitutionnelle. Tuez la loi 115!»

Gauche: «J'ai prorogué mes activités extracurriculaires jusqu'à ce que vous déchiriez votre 'entente' imposée! Négocions,»
Centre: «Lorsque l'injustice devient loi, la protestation devient un devoir.» Droite: «Si vous travaillez en Ontario,
cette bataille est la vôtre!»


Gauche: «Mon Ontario comprend la liberté d'association. Broten a aboli le droit à la négociation collective.»

Gauche: «Nos conditions de travail sont les conditions d'apprentissage de votre enfant.» Centre: «Libéraux en 2013:
tuer l'éducation, tuer la démocratie, tuer les droits syndicaux, tuer la classe moyenne.» Droite: «Nous sommes
ici pour l'avenir de tout le monde.»

Gauche: «Debout pour l'avenir de vos enfants et des miens!» Centre: «C'est difficile de mettre les élèves en premier
(le titre de la loi 115) quand vous mettez les enseignants en dernier.» Droite: «Je suis un fier parent, enseignant,
syndiqué et travailleur de l'Ontario. Ensemble nous ferons la différence.»

Des dizaines de milliers de personnes convergent pour affirmer leurs droits

Quand le congrès a repris le samedi 26 janvier à 7 heures des centaines d'employés de la fonction publique de l'Ontario étaient présents pour dénoncer le gouvernement libéral pour ses coupures de postes et de services, pour sa privatisation des services de santé, d'éducation et de programmes sociaux et ses attaques contre le droit des travailleurs à la négociation collective. Cette manifestation marquée par l'enthousiasme et le militantisme était organisée par le Syndicat des employés de la fonction publique de l'Ontario (SEFPO) et a réuni des travailleurs venus de toute la province. Par des chants et slogans, on a appelé à la défaite des libéraux et des progressistes conservateurs lors des prochaines élections. À aucun moment, la pression exercée par l'opposition ouvrière sur le congrès ne s'est-elle relâchée.

Dès que la manifestation organisée par le SEPFO s'est terminée, des milliers d'autres travailleurs venus de partout en Ontario se sont mis à arriver sur les lieux du congrès et se sont dirigés vers un parc non loin où se tenait le rassemblement organisé par la Fédération des travailleurs de l'Ontario dans l'après-midi. Les travailleurs de Toronto ont commencé à sortir en grand nombre du métro et des environs de Maple Leaf Gardens. Plus de 150 autobus amenant des travailleurs de l'extérieur de la ville ont commencé à décharger leurs passagers dans les rues avoisinantes.

Parmi tous ceux qui ont participé au rassemblement et à la marche qui l'a suivi, on comptait non seulement nombre d'enseignants et de travailleurs de l'éducation, mais des milliers de travailleurs des secteurs public et privé portant bannières et pancartes de même que des gens actifs sur diverses questions qui sont venus prendre position pour les travailleurs et soulever leurs propres préoccupations. Selon les organisateurs de la FTO, il y avait plus de 30 000 travailleurs dans le parc au moment où la manifestation s'est mise en branle.

Le rassemblement a débuté par une cérémonie à l'honneur des Premières Nations et de leurs territoires animée par la porte-parole de la FTO Joanne Webb. La secrétaire-trésorière de la FTO Nancy Hutchinson et son vice-président exécutif Irwin Nanda ont agi comme maîtres de cérémonie. Les orateurs furent nombreux : Sid Ryan, président de la FTO ; Natalie Mehra, coordonnatrice de la Coalition ontarienne pour la santé ; Robyn Benson, présidente de l'Alliance de la fonction publique du Canada ; Marty Warren, directeur du district 6 du Syndicat des Métallos ; Ken Lewenza, président des Travailleurs canadiens de l'automobile ; John Henhawk, un jeune des Six Nations qui a parlé au nom du mouvement Line Nine ; Lisa Schofield de la Coalition ontarienne contre la pauvreté. Les dirigeants de trois syndicats d'enseignants et de travailleurs de l'éducation étaient ensemble sur la scène et chacun a parlé : Ken Coran, président de la Fédération des enseignantes-enseignants des écoles secondaires de l'Ontario, Sam Hammond, président de la Fédération des enseignantes et des enseignants de l'élémentaire de l'Ontario et Fred Hahn, président de la section de l'Ontario du Syndicat canadien de la fonction publique.

Suite aux discours, la colonne s'est ébranlée vers le site où se tenait le congrès, emplissant toutes les rues avoisinantes. Les voix de plus de 30 000 travailleurs se sont fait entendre. « Libéraux dehors ! » a résonné dans tout le centre-ville.

Le Parti libéral espérait que son congrès à la chefferie allait rétablir un climat de « tout est comme d'habitude » dans la politique ontarienne une fois McGuinty parti en disgrâce et il espérait également que tout le bruit autour de l'élection d'un nouveau chef allait briser la mobilisation de l'opposition ouvrière à son programme d'austérité et à ses attaques contre le droit des travailleurs d'y résister. Les actions de défi des travailleurs ont anéanti cet espoir. Ce sont plutôt les travailleurs de l'Ontario qui ont utilisé le congrès à la chefferie pour intensifier leur mobilisation. Nous avons des droits !, ont-ils fait valoir avec force.




















Centre: «Arrêtez les attaques contre l'éducation publique!» Droite: «Des conditions de travail
imposées ne sont pas une négociation collective.»


Gauche: «Serait-ce acceptable si McGuinty adoptait une loi interdisant aux femmes de voter puis l'abolissait le
lendemain de l'élection? La loi 115 est-elle autre chose?» Centre: «Si les libéraux abolissent une loi mais aucun
de ses effets, qui en est dupe?»


Gauche: «Il s'agit tout simplement de remettre la goupille dans la grenade de la loi 115.» Droite: «Abroger la loi 115
après l'avoir utilisée, c'est comme offrir une branche d'olivier à quelqu'un après l'avoir battu avec.»




Centre: «Nous avons besoin de négociations, pas de prises de contrôle hostiles!» Droite: «Nous ne sommes
pas d'accord avec votre accord imposé.»


Gauche: «Quand les libéraux cesseront de s'ingérer, je recommencerai le bénévolat (encore!)» Centre: «Nous nous
soucions des enfants; vous les libéraux, vous vous souciez de quoi? (signe de dollar)» Droite: «Si vous travaillez
en Ontario, cette lutte est pour vous.»


Gauche: «Réalité fiscale: plus de 2 milliards $ en impôts de société non payés.» Droite: «PDGs: 1,4 milliards $
d'impôt non payé. Ne vous inquiétez pas, les enseignants vons nous sauver.»


«Notre avenir est dans la lutte pour les droits de tous!»

Gauche: «Soutenons les enseignants; leur lutte est notre lutte.» Centre: «Si vous vous souciez des enfants, vous devriez
vous soucier de ceux qui passent 6 heures par jour avec eux.» Droite: «Debout, forts et unis! Pour nos élèves, pour
les droits des travailleurs, pour la démocratie.»




Centre: «Moment éducatif: Il y a une différence entre être informé et être informé par les médias.»
Droite: «Obtenez tous les faits.»




Gauche: «Parlement suspendu, charte des droits foulée, pouvoirs excessifs accordés aux ministres, conditions de travail
imposées: sommes-nous au Canada ou en Allemagne de 1933?!» Centre: «Nous enseignons la démocratie en luttant
pour elle!» Droite: «Je veux ravoir mes droits et libertés.»



Gauche: «Je suis du côté des enseignants. C'est peut-être une grève illégale, mais ce que le gouvernement fait à l'éducation
est criminel.» Dalton McGuinty,14 octobre 1997. Droite: «Mon travail est fait.»



Gauche: «Pas de cervelle. Pas de courage. Pas de coeur.» Droite: «Alors quand allons-nous négocier, demande Alice.
Nous l'avons déjà fait, répond le Chapelier fou, nous avons décidé que vous étiez d'accord.»
















(Photos: OPF, OFL, ETFO, ETT, L. Wiatrowski, S. Heaton, D. Chiarelli)

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Les travailleurs accidentés demandent justice



Les travailleurs accidentés à Toronto le 26 janvier 2013.

Le Réseau ontarien des groupes de travailleurs accidentés (ONIWG) a publié le deuxième numéro du journal Justice for Injured Workers (Justice pour les travailleurs accidentés) à l'occasion du congrès à la chefferie libérale. Le journal brise le silence sur la situation des travailleurs accidentés et c'est à des milliers de travailleurs manifestant lors du congrès qu'il a présenté les demandes mises de l'avant par les travailleurs accidentés.

Ce deuxième numéro met le lecteur à jour sur le combat que mènent les travailleurs accidentés pour leurs droits et les droits de tous. Il comprend notamment un reportage sur la 22e manifestation annuelle de Noël qu'ONIWG tient devant les bureaux du ministre du Travail pour demander au gouvernement de faire son devoir en défendant le droit public et non les intérêts privés étroits. Le numéro expose également les problèmes que causent aux travailleurs accidentés les attaques des libéraux et de la Commission de la sécurité professionnelle et de l'assurance contre les accidents du travail et exige que ces attaques prennent fin.

Le Marxiste-Léniniste félicite l'ONIWG pour sa lutte de tous les instants pour que justice soit faite aux travailleurs accidentés et pour qu'on progresse dans la voie de bâtir une société qui défend les droits et le bien-être de tous.

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Tentative de donner une nouvelle vie au programme d'austérité

Kathleen Wynne nommée première ministre

Le 26 janvier, les délégués au congrès à la chefferie libérale ont choisi Kathleen Wynne (la députée de Don Valley West) comme nouveau chef du Parti libéral de l'Ontario, ce qui en fait automatiquement la nouvelle première ministre de la province. Elle a remporté la victoire au troisième tour avec 1150 votes contre Sandra Pupatello qui en a reçu 866.

L'élection de Wynne a été scellée quand les autres candidats un à un se sont désistés en sa faveur une fois écartés de la course. Eric Hoskins lui a donné son appui après le premier tour tandis que Gerard Kennedy et Charles Sousa l'ont fait après le deuxième. L'appui de Sousa en particulier était crucial parce que Pupatello était toujours en avance après le deuxième tour. Plusieurs manifestants ont dit que le caractère massif de la manifestation a certainement joué un rôle pour faire élire Wynne plutôt que Pupatello dans l'espoir de pacifier le mouvement ; en effet Wynne est députée mais Pupatello non, ce qui l'aurait forcée à se faire élire dans une élection partielle pour avoir un siège au parlement — rien de moins sûr par les temps qui courent !

Qui va obtenir quel poste au cabinet devrait nous en dire plus sur la façon dont Wynne va essayer de redonner vie au programme d'austérité sans susciter la colère des travailleurs de l'Ontario.

Wynne a dit vouloir rappeler le parlement prorogé le 19 février, la date en fait où le parlement doit rouvrir selon ses règlements. On a rapporté le 28 janvier qu'elle a commencé à rencontrer les leaders des autres partis pour obtenir leur coopération puisque les libéraux sont toujours minoritaires de même que les dirigeants de syndicats d'enseignants et de travailleurs de l'éducation dans le but de dénouer l'impasse.

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Que penser du choix de Kathleen Wynne

Certains médias prétendent que ce qui est significatif dans la victoire de Kathleen Wynne c'est qu'elle est la première femme et la première personne ouvertement homosexuelle à devenir première ministre en Ontario. On suggère ainsi que sa victoire représente un progrès pour les Ontariens. Ça ressemble un peu à la façon dont on a mis un signe d'égalité entre l'élection du premier président noir et un progrès pour les droits aux États-Unis. Cela masque la direction dans laquelle l'Ontario s'en va et qui cela sert. C'est la réponse initiale provenant de la course libérale à la chefferie pour tenter d'émousser la position du mouvement grandissant à la défense des droits du peuple et lui faire perdre son initiative parce qu'il y aurait maintenant un nouveau chef qui va défendre ces droits.

Les enseignants, les travailleurs de l'éducation, leurs syndicats et d'autres travailleurs ont organisé maintes actions et travaillent à bâtir une opinion publique contre l'ordre du jour d'austérité. Les grandes manifestation lors du congrès libéral ont montré que le peuple rejette l'approche confrontationnelle du gouvernement McGuinty pour imposer le programme d'austérité. Comme on pouvait le lire sur une des pancartes aux manifestations, imposer une convention collective c'est une contradiction dans les termes parce qu'une convention collective, ça se négocie. Le fait même que rien n'est capable de faire accepter le programme d'austérité aux travailleurs montre qu'il n'a pas de légitimité. De pair avec le manque de crédibilité des institutions gouvernementales et des partis politiques qui essaient d'appliquer ce programme, cela a créé une vraie « dé-moquerie » comme on pouvait le lire sur une autre pancarte.

Les enseignants et travailleurs de l'éducation répondent aux attaques à leurs droits en les défendant fermement, y compris dans l'arène politique comme on l'a vu lorsque les libéraux et les progressistes-conservateurs ont été défaits lors de l'élection partielle dans Kitchener-Waterloo. De plus en plus de gens se sont joints à cette lutte pour affirmer leurs droits ce qui a mené à la lutte contre la loi 115 et a approfondi la crise de légitimité des libéraux qui siègent dans un gouvernement prorogé où des membres du gouvernement abandonnent le navire les uns après les autres au milieu de scandales de corruption et de versements d'argent public aux intérêts privés.

La prorogation et la démission de McGuinty étaient censées calmer les choses et permettre au gouvernement de poursuivre ses attaques contre le système d'éducation en promettant que le nouveau chef allait arranger les choses. Cela n'a pas marché. C'est dans ce contexte que les délégués, l'establishment du parti et les cercles dirigeants de la province et du pays ont choisi la chef du Parti libéral de l'Ontario.

On laisse entendre que Kathleen Wynne à l'encontre de McGuinty préfère la consultation à la confrontation et particulièrement avec les enseignants et les travailleurs de l'éducation. Après sa victoire, quand CTV lui a demandé comment elle allait s'y prendre pour rebâtir les liens avec les enseignants et les travailleurs de l'éducation, elle a dit que sa porte était ouverte aux syndicats. Elle a tenu à dire que la consultation ne pourra se faire que sur la base du programme d'austérité et des coupures à l'éducation, « qu'il n'y a pas d'argent pour les conventions collectives des enseignants ».

Dans son discours aux délégués, elle les a invités à voter pour elle en se présentant comme celle qui peut faire un équilibre entre la demande d'une société juste (du NPD) et la demande de responsabilité fiscale (des progressistes-conservateurs) comme s'il pouvait y avoir équilibre entre le programme d'austérité et les droits du peuple. Le programme d'austérité bien sûr considère comme sacrés l'équilibre budgétaire et le paiement de la dette et non les droits du peuple. Face au mouvement grandissant des enseignants et travailleurs de l'éducation pour défendre leurs droits, les libéraux ont considéré Sandra Pupatello comme un choix risqué, elle qui n'est même pas députée. La perspective d'un autre Kitchener-Waterloo qui aurait défait Pupatello tentant de gagner un siège au parlement paraissait trop risquée à ceux qui tiennent mordicus à appliquer le programme d'austérité que l'oligarchie financière internationale réclame pour l'Ontario. C'est d'ailleurs la première raison que Kathleen Wynne a donnée pour demander d'être choisie : « Je suis députée ».

C'est important de noter que ce qui a donné la victoire à Wynne au dernier tour, c'est l'appui du candidat Charles Sousa qui était inattendu selon les médias. Sousa est entré en politique après une longue carrière comme investisseur bancaire chez RBC Financial Group. RBC est l'une des banques canadiennes qui possèdent la dette de l'Ontario. En 2011, RBC a été celle des banques canadiennes qui a fait les profits les plus élevés (5 223 milliards $), une augmentation faramineuse de 35 % par rapport à 2009, certainement due en partie aux intérêts qu'elle a touchés sur la dette suite aux coupures dans les programmes sociaux en Ontario. Sousa a dit qu'une nouvelle élection partielle était hors de question pour les libéraux et que ceux-ci devaient se remettre à gouverner le plus tôt possible. Pas besoin d'être un génie pour comprendre que Sousa exprimait ainsi les préoccupations d'une section précise du Parti libéral et d'institutions financière comme RBC qui ne veulent aucune vacillation dans le programme de paiement de la dette et du déficit pour libérer d'autres fonds pour payer les riches.

Kathleen Wynne a aussi tenu à mettre l'accent sur ses lettres de créance auprès des Premières Nations. Elle est l'ex-ministre des Affaires autochtones et elle s'est assurée de faire remarquer que le congrès se tenait sur « le territoire ancestral des Mississaugas de New Credit ». C'est certain que les cercles dirigeants du Parti libéral espèrent qu'une personne avec ce passé sera capable de pacifier les Premières Nations, surtout en ce qui concerne les régions du « Cercle de feu » où le gouvernement ontarien propose des projets d'extraction de chromite. En tant que ministre, Wynne a promu ce projet des monopoles comme un moyen d'amener « la prospérité » aux Premières Nations. C'est ainsi que le gouvernement Harper justifie les arrangements qu'il est en train de mettre en place pour déposséder les Premières Nations de leurs territoires et de leurs ressources. Comme Harper, Wynne considère que ces arrangements sont nécessaires si on veut ouvrir les portes de la prospérité aux Premières Nations. Les cercles dirigeants craignent que les Premières Nations rejettent la carotte qu'on leur tend et continuent à dire NON ! aux tentatives de nier leurs droits héréditaires.

À mesure que s'approche l'ouverture du parlement le 19 février, diverses tentatives vont être faites pour détourner la discussion de la question de fonds, qui concerne la direction dans laquelle l'Ontario est engagé. Déjà les cercles dirigeants le disent : « Assez maintenant ! On retourne au travail. » On cherche à accuser les enseignants, les travailleurs de l'éducation et tous les travailleurs d'être des fauteurs de troubles parce qu'ils rejettent le programme irrationnel d'austérité. Le Marxiste-Léniniste lance l'appel à tous de ne pas se faire prendre dans cette fausse promesse de changement, mais de persévérer dans leurs demandes à l'effet que les gouvernements doivent rendre des comptes de leurs actions. Les gouvernements doivent arrêter de payer les riches et augmenter les investissements dans les programmes sociaux ! C'est le temps maintenant de bâtir l'opposition ouvrière à l'offensive antisociale pour résoudre la crise à l'avantage du peuple et non des riches. Non au droit de monopole ! Arrêtez de payer les riches ! Augmentez les investissements dans les programmes sociaux !

(Traduction: LML)

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La Commission des relations du travail pourrait déclarer
illégal le refus de faire des activités parascolaires

Les travailleurs ont le droit de dire NON!

On discute beaucoup ces temps-ci du danger que constituerait l'élection de Tim Hudak et des progressistes conservateurs qui passeraient des lois comme les lois sur le « droit au travail » au Michigan. Le gouvernement libéral est lui-même déjà engagé dans cette offensive pour empêcher les travailleurs de s'organiser pour défendre leurs droits. Cela montre que l'Opposition ouvrière doit trouver la façon de défaire et les libéraux et les progressistes conservateurs pour faire échec à cette tendance.


À la manifestation devant le congrès à la chefferie
du Parti libéral à Toronto

Un exemple qui illustre comment les libéraux s'y prennent pour préparer le terrain à ce genre de lois est la requête présentée à la Commission des relations du travail (CRT) par deux Commissions scolaires à l'effet de considérer comme une grève illégale la non-participation des enseignants de l'élémentaire aux activités parascolaires en signe de protestation contre l'imposition de conventions collectives. Cette requête fait suite à celle faite par la ministre de l'Éducation de faire déclarer illégale la journée de protestation politique des enseignants et travailleurs de l'éducation de l'élémentaire. Le gouvernement et les commissions scolaires sont intervenus dans les deux cas et ont plaidé qu'on ne devrait pas permettre aux enseignants et travailleurs de l'éducation d'offrir une résistance organisée au diktat gouvernemental. Les lois qui établissent le droit d'être esclaves que Hudak fera sûrement adopter s'il est élu vont dans le même sens.

Le gouvernement intervient en disant que les conventions collectives qui sont imposées, même si les enseignants et travailleurs de l'éducation ne sont pas d'accord avec elles, n'en sont pas moins des conventions collectives légitimes. Toute résistance organisée à ces contrats, qu'elle provienne d'un syndicat ou de membres agissant en leur propre nom, doit donc être déclarée grève illégale.

Un examen des arguments initiaux présentés dans cette requête devant la Commission des relations du travail illustre bien ce qui se passe. La commission poursuit ses audiences sur la question dans le courant de la semaine.

Les arguments initiaux devant la Commission des relations du travail

Le 25 janvier, la président de la CRT Bernard Fishbein a débuté l'audience sur la requête de deux commissions scolaires — la Commission scolaire du Upper Canada District et celle de Trillium Lakelands- en vue d'obtenir une décision contre la Fédération des enseignantes-enseignants de l'élémentaires de l'Ontario (FEEO) qui, selon les commissions scolaires, a « incité à la grève illégale » en demandant aux professeurs de ne pas participer aux activités parascolaires volontaires. Le président de la CRT avait décidé le 11 janvier que la journée provinciale de protestation politique prévue par les membres de la FEEO constituerait une grève illégale.

La Commission scolaire du Upper Canada District a des écoles à Cornwall, Brockville, Gananoque, Rockland et dans d'autres localités de l'est de l'Ontario. La Commission scolaire de Trillium Lakelands a des écoles à Lindsay, Halliburton et dans la région de Muskoka. Les commissions disent que la FEEO ne laisse pas ses membres décider s'ils vont participer ou non aux activités parascolaires, mais les enjoint à ne pas y participer.

La FEEO « a lancé l'appel, autorisé, conseillé, équipé en matériel, appuyé et encouragé une grève illégale ». lit-on dans la requête des commissions.

Les commissions scolaires font valoir que le retrait des enseignants des activités des commissions scolaires limite les activités normales des commissions. Elles rappellent que selon la Loi sur l'éducation, tout ce qui « limite les activités normales d'une commission ou le fonctionnement d'une école » constitue une grève illégale et qu'une action collective pour ne pas fournir des services en fait partie. On rapporte que la requête des commissions scolaires comprend un certain nombre de communications entre les dirigeants de la FEEO et ses membres dont un mémo expliquant aux membres comment faire juste le minimum en ce qui concerne les évaluations et les avisant quant à la participation à diverses activités volontaires.

Après avoir essuyé un refus avec leur requête pour reporter l'audience jusqu'après l'élection du nouveau chef du Parti libéral, les avocats de la FEEO ont plaidé que le retrait de la loi 115 annule de fait les conventions collectives qui ont été imposées en vertu de celle-ci. Puisque les conventions collectives sont annulées, les membres de la FEEO ont donc le droit de faire la grève et les commissions de décréter un lockout.

Le gouvernement est intervenu en disant que les conventions qui ont été imposées en vertu de la loi 115 sont toujours valides, que leurs termes et conditions s'appliquent toujours même si la loi a été retirée. Le gouvernement soutient que la façon dont on arrive à une convention collective n'a pas d'importance, qu'un processus consensuel n'est pas nécessaire pour que les conventions soient valides et aient force de loi et cela comprend la clause qui interdit la grève pendant la durée de la « convention collective ».

L'avocat des commissions scolaires aurait dit que si les commissions obtiennent une décision ordonnant à la FEEO de cesser de communiquer avec ses membres pour les enjoindre de ne pas participer dans les activités scolaires et que malgré cela les enseignants continuent de ne pas y participer, les commissions scolaires reviendront devant la CRT pour obtenir une décision ordonnant aux enseignants de dispenser les services volontaires.

(Traduction : LML)

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