Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 11 - 29 janvier 2013

Postes Canada continue de démanteler le service postal

À fond de train vers la privatisation

Postes Canada continue de démanteler le service postal
À fond de train vers la privatisation - Louis Lang
Fermeture du bureau de poste de Windsor

Colombie-Britannique
Le gouvernement continue ses attaques contre les services publics et les travailleurs du secteur public
À la défense de l'éducation publique à Cowichan
Une manoeuvre pour payer les riches aux dépens des patients, des travailleurs de la santé et de l'économie


Postes Canada continue de démanteler le service postal

À fond de train vers la privatisation

Il y a à peine un mois que les travailleurs ont été forcés d'accepter à coup de chantage et de coercition de sérieux reculs et concessions. Sous la menace de la loi spéciale et de l'arbitrage de l'offre finale, les postiers ont voté à 57 % pour l'acceptation d'une convention collective qui impose un régime de salaires et de pension à deux paliers, élimine le programme de congés de maladie et représente plusieurs autres reculs dans les règles de travail pour faciliter l'exploitation des travailleurs. Le nouveau contrat impose aussi une hausse de salaires inférieure à celle contenue dans la dernière offre de la Société des postes pendant les négociations, en plus d'un gel salarial pour la dernière année de la convention.

L'encre n'était pas encore sèche sur la nouvelle convention signée le 21 décembre 2012 que Postes Canada s'est lancée dans une nouvelle attaque contre les travailleurs. La société a annoncé qu'il ne se fera plus désormais de tri de lettres à la station postale de Walker Road à Windsor. Tout courrier par lettre qui provient de Windsor ou y est destiné sera envoyé à London pour y être traité par les nouveaux lecteurs optiques de caractères multilignes (LOCM) avant de revenir à Windsor pour y être livré.

Selon le communiqué de la Société des postes, la station de Windsor ne triera plus que des colis et du courrier de marketing direct (magazines et circulaires). Les changements entrent en vigueur le 18 février. Sur les 185 travailleurs de l'interne qui travaillent à la station de Walker Road, on s'attend à ce que 140 emplois soient perdus.

Comme les travailleurs des postes sont censés être protégés contre les mises à pied par les clauses de sécurité d'emploi, Postes Canada propose de procéder par attrition pour éliminer les emplois. Certains travailleurs seront peut-être forcés d'accepter un emploi dans une autre station postale à l'intérieur d'un rayon de 40 kilomètres.

Sur le site web de Postes Canada on ne trouve rien sur ces mises a pied, mais un porte-parole de la société s'est exprimé en ces termes : « Ces changements sont causés par la chute dramatique continue des volumes de courrier depuis six ans, une tendance qui va se poursuivre. »

Des déclarations semblables sur la baisse du volume ont été faites lors des dernières négociations pour justifier les attaques contre les salaires et les conditions de travail. Ces affirmations, dont certaines qui établissaient les pertes de volume entre 17 et 25 %, n'ont jamais été étayées par des faits. Les rapports financiers annuels de la société montrent des fluctuations dans le volume de courrier qui correspondent à la récession et à la reprise de l'économie.

Le déclin économique de 2008 par exemple a entraîné une réduction importante du courrier. Mais la chute a été temporaire. Dès que l'économie a commencé à reprendre les volumes de courrier ont augmenté. En fait, en 2009 et 2010 le volume de courrier a connu une augmentation soutenue et Postes Canada a été forcée d'admettre que le courrier de Noël en 2010 a été le plus élevé depuis plusieurs années.

Les volumes de courrier n'ont absolument rien à voir avec les fermetures de stations postales. En 2005, alors que le courrier augmentait à chaque année, Postes Canada a envoyé une note au Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes disant qu'elle réévaluait le service à l'échelle de tout le pays, y compris toutes les stations de tri mécanisé, en commençant par la station de Québec. Après plusieurs mois, la société a annoncé qu'elle fermait la station de Québec.

En dépit de la lutte des travailleurs des postes et de la population de la région de Québec, qui a duré des années et à laquelle des centaines de municipalités ont participé par des résolutions et des pétitions au gouvernement, contre la fermeture, Postes Canada a fermé la station de Québec et le courrier de la région est maintenant envoyé à Montréal pour y être trié. Cette fermeture, qui a causé la perte de 302 emplois et de centaines de millions de dollars à l'économie locale, a été un des premiers gestes du plan de rationalisation de la main-d'oeuvre par la centralisation du tri du courrier. On a ouvert de nouvelles stations à Vancouver et Winnipeg et les nouveaux lecteurs optiques y ont été installés, de même que dans les stations géantes déjà en fonction à Toronto et à Montréal. Postes Canada est en train d'appliquer son plan de réduction et de fermetures et de concentrer le tri dans ces quatre stations principales.

La décision de déménager le tri du courrier vers Windsor s'inscrit de ce plan. La même chose se passe à la station de tri d'Ottawa qui est deux fois plus grosse que celle de Windsor. Même si la station d'Ottawa possède 9 lecteurs optiques installés récemment dans le cadre du programme de Transformation postale, le courrier qui devrait normalement y être trié les fins de semaine est envoyé à Montréal. La station d'Ottawa faisait aussi le tri provenant de communautés de la région avoisinante, depuis Kingston, Smith Falls , Brockville et aussi loin que Peterborough, mais tout ce courrier est envoyé aujourd'hui à Toronto. Postes Canada préfère ne pas utiliser ses lecteurs optiques à Ottawa afin de mettre son plan en application et préparer le terrain à la fermeture de la station d'Ottawa. Des plans semblables sont en voie d'application en Alberta et en Saskatchewan.

Postes Canada prétend que les fermetures de stations ne vont pas affecter le niveau du service, mais c'est complètement faux. On n'a qu'à penser à la station de Québec et à d'autres régions où le courrier est envoyé par camion à des centaines de kilomètres pour y être trié et revenir ensuite et être livré. Pas besoin d'être un expert en tri postal pour comprendre que cette méthode mène nécessairement à des délais dans la livraison, à de la confusion et à des erreurs dans l'envoi du courrier. Comme le tri du courrier se fait très loin de son endroit d'origine, tout courrier qui est envoyé aux mauvais endroits prend des jours à revenir à son point de destination.

La même chose va se produire à Windsor. De pair avec les autres changements dans la livraison qui sont imposés par la Transformation postale, le service à la population va être sérieusement perturbé. De toute évidence, Postes Canada ne se soucie pas du service. Lorsque ce système absurde rend impossible de respecter les standards dans le service, ceux-ci sont tout simplement changés.

C'est le désir de la réalisation du profit maximum qui est à la source des fermetures de stations. En réduisant la main-d'oeuvre et en concentrant la production, la Société des postes a complètement abandonné l'obligation qu'elle a d'offrir un service postal public et se prépare à son but ultime, qui est de privatiser le service.

Cette récente attaque contre les postiers de Windsor est aussi une attaque contre la population de Windsor qui se fait dire que son droit à un service postal abordable qui satisfait ses besoins n'a aucune importance pour Postes Canada.

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Fermeture du bureau de poste de Windsor

En plus de déménager le tri des lettres de Windsor à London, ce qui va éliminer 140 emplois, Postes Canada a annoncé son intention de fermer le bureau de poste de Olde Sandwich Towne situé au 3201, rue Sandwich à Windsor.

Postes Canada dit vouloir tenir des consultations publiques à ce sujet. Selon avis dans la vitrine du bureau de poste, aucune décision ne sera prise avant 30 jours pour permettre la consultation de la communauté. L'expérience passée nous apprend que la décision a déjà été prise.

La Société des postes dit depuis quelques années déjà qu'un des aspects importants de son plan d'affaires est de fermer un nombre indéterminé de comptoirs postaux de vente au détail. Ce plan signifie en fait la privatisation du réseau de comptoirs de ventes au détail.

En 2012, suite aux nombreuses fermetures des années précédentes, il restait environ 530 comptoirs de vente au détail de Postes Canada. La convention collective du STTP telle qu'elle est en ce moment en protège 493. En dépit des demandes du syndicat et de centaines de municipalités qui ont adopté des résolutions et fait circuler des pétitions, Postes Canada a accéléré sa campagne et fermé plus de 20 petits et grands comptoirs pendant les 12 derniers mois.

Cela cause une détérioration du service postal pour la vaste majorité des Canadiens et l'élimination de centaines d'emplois de commis.

Le modus operandi de la Société des postes n'est que trop connu. Elle mène une campagne de vente de franchises postales à de grosses chaînes pharmaceutiques et à d'autres entreprises de vente au détail. Ces nouvelles franchises sont ouvertes dans le voisinage des comptoirs de Postes Canada — parfois sur la même rue — et elles leur font la concurrence pour la vente de services postaux. Les dirigeants de Postes Canada réduisent les heures d'ouverture de leurs propres comptoirs, ce qui pousse les clients vers les franchises privées. La société utilise d'autres mesures telles le ramassage de colis et de poste express pour saboter le service fourni par leurs propres comptoirs et favoriser les franchises privées.

Les revenus s'en trouvent inévitablement réduits et s'ensuit le triste spectacle où le porte-parole du bureau de poste tente de justifier la fermeture du bureau comme c'est le cas à Windsor où le Olde Sandwich Towne Post Office est établi depuis plusieurs années. L'immeuble lui-même est un site historique qui date de 1905.

Le porte-parole a le front de dire que Postes Canada n'a pas le choix : « À chaque année la clientèle quotidienne diminue... les ventes n'ont cessé de baisser », dit-il, pour ensuite assurer les gens que le service ne va pas être affecté puisqu'il y a quatre autres bureaux de poste dans un rayon de cinq kilomètres. Il ne mentionne même pas que ces bureaux de postes sont en fait les franchises privées qui ont fait fermer le bureau de poste de la rue Sandwich.

Prétendre tenir des consultations publiques dans ces circonstances est de la plus grande hypocrisie. Malgré ce que Postes Canada prétend, cela n'a rien à voir avec la « modernisation » ou la « transformation postale ». Ce n'est rien d'autre que la destruction du bureau de poste public.

Les travailleurs des postes et la vaste majorité des Canadiens sont la seule force capable d'empêcher le gouvernement Harper et les dirigeants de la Société des postes de dilapider des avoirs aussi précieux qui appartiennent au peuple.

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Colombie-Britannique

Le gouvernement continue ses attaques contre les services publics et les travailleurs du secteur public

Selon le mandat « gains par coopération » du gouvernement de la Colombie-Britannique, les employeurs du secteur public sont supposément tenus d'imposer un programme d'austérité dicté par le gouvernement lors des négociations avec les travailleurs du secteur public. Deux de ces associations d'employeurs sont l'Association des employeurs des écoles publiques de la Colombie-Britannique (AEEPCB) et l'Association des employeurs de la santé de la Colombie-Britannique (AESCB). Ce n'est un mystère pour personne que lorsque vous négociez avec l'AEEPBC ou l'AESCB ces jours-ci, vous négociez en fait avec le gouvernement libéral de Christy Clark.

Le concept de « gains par coopération » est une version améliorée du « zéro net » de 2010. « Zéro net » visait à ce que toute augmentation de salaire ou gain en termes d'avantages sociaux négociés par les travailleurs soient contrebalancés en « épluchant la convention collective » pour y éliminer un nombre d'avantages sociaux équivalent aux gains obtenus. Par exemple, les travailleurs de la santé ont accepté une convention collective où tous les membres ont perdu une journée de vacances et ont vu les paiements qu'ils font sur leurs avantages sociaux augmenter afin de faire contrepoids à l'augmentation de salaire que certains travailleurs ont obtenue.

Les « gains par coopération », pour leur part, exigent que les syndicats arrivent à la table de négociation avec des propositions fermes sur comment l'employeur peut accroître ses revenus ou encore « épargner » l'équivalent de ce qu'il accepte de verser en salaires ou en avantages sociaux bonifiés. Aucune bonification ne doit mener à des coûts supplémentaires pour les services au public ou en coupures de services.

Les trois ententes majeures dans le secteur public sous l'égide du mandat des « gains par coopération » ont été conclues avec les employés directs du gouvernement, l'Association de négociation des infirmières et l'Association de négociation des établissements de santé. Pour ce qui est des employés du gouvernement, le gouvernement s'est vanté que l'entente avait été conclue en conformité avec les gains par coopération, mais n'a rendu publics que certains chiffres. Pour l'entente des infirmières, la version officielle veut qu'elle soit conforme au mandat, mais qu'il faudra attendre que toutes les ententes du secteur public soient conclues avant de présenter en quoi l'entente le respecte. Pour ce qui est de l'Association de négociation des établissements de santé, on a tout simplement affirmé que les conditions avaient été respectées bien que ce soit faux. Les négociations ont mené à une augmentation salariale de 3 % et les épargnes de l'employeur ont été réalisées principalement par le transfert du plan d'assurance-médicaments de Blue Cross à Pharmacare. Jusqu'à la dernière minute, l'AESBC a exigé des épargnes de 32 millions $ qui seraient faites en forçant les travailleurs à verser une prime de 25 % pour l'ensemble de leurs avantages sociaux. C'est d'ailleurs ce qui a provoqué le vote de grève de 95 % adopté juste avant la dernière séance de négociation.

Personne ne croit que le gouvernement a laissé tomber son programme d'austérité et plusieurs se demandent pourquoi le cirque des « gains par coopération » se poursuit alors que ces ententes négociées n'en ont pas respecté les conditions. Les choses commencent cependant à se clarifier. Une chose qu'on sait au sujet de l'entente des établissements de santé c'est que le gouvernement semble avoir donné une augmentation de salaire de 3 %, mais n'a pas accordé aux autorités de la santé, qui sont responsables du financement des employeurs de l'AESCB, de nouveau financement correspondant à cette hausse. Les autorités de la santé recevront donc l'ordre de trouver le financement à même les budgets existants, et elles exigeront des hôpitaux, des résidences pour personnes âgées et d'autres établissements qu'ils trouvent les épargnes à même leurs propres budgets par le biais de coupures de services, de réduction du personnel, etc.

Dans le secteur de l'éducation, le chat est sorti du sac en décembre. Dans un article du 24 décembre du Burnaby Now, le journaliste pigiste et reporter pour les affaires politiques à Global TV, Keith Baldrey, écrit : « Le ministre de l'Éducation, Don McRae, a fait parvenir une lettre aux présidents des commissions scolaires leur expliquant qu'ils doivent lui soumettre un « plan d'économies » démontrant comment les coûts résultant des augmentations salariales anticipées seront acquittés en s'en tenant aux arrangements financiers actuels.

« McRae les a informés que les soi-disant « gains par coopération » régissant toutes les négociations contractuelles du gouvernement s'appliqueront lors des prochaines négociations avec les syndicats du personnel de soutien (en général des sections locales du Syndicat canadien de la fonction publique). Les commissaires ont été outrés de cette décision.

« Le président de l'Association des commissaires d'école de la Colombie-Britannique, Michael McEvoy, a répondu avec colère à McRae, lui disant que la plupart des commissions scolaires connaissent déjà des déficits et qu'il n'y a plus de place pour des coupures de dépenses d'opérations dans le système. En fait, toute nouvelle compression va simplement servir à faire face aux pressions actuelles sur les coûts sans même parler des augmentations de salaires. »

Baldrey poursuit : « En fait, tous les joueurs du secteur public pourraient être affectés par les effets des « gains par coopération. » Les infirmières, les travailleurs de la santé et les employés des universités ont tous bénéficié d'augmentations salariales sans que de nouveaux financements soient accordés aux budgets de ces secteurs. »

Le gouvernement libéral de la Colombie-Britannique s'en tient à son programme d'austérité, attaquant les services publics et les travailleurs du secteur public et leurs organisations afin de satisfaire aux réclamations grandissantes des riches sur la richesse produite par la classe ouvrière de la Colombie-Britannique. Les travailleurs du secteur public ont un rôle important à jouer à défendre les services qu'ils assurent et à mener la discussion sur la question d'une nouvelle direction pour l'économie qui prône des investissements accrus dans les programmes sociaux et d'arrêter de payer les riches. Cette discussion doit porter aussi sur comment défaire le programme d'austérité libéral aux élections de mai et comment faire en sorte que tout nouveau gouvernement rende des comptes.

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À la défense de l'éducation publique à Cowichan

Le 17 septembre 2012, le Conseil de l'éducation du Hwulmuhw Mustimuhw a fait parvenir une lettre au ministre de l'Éducation de la Colombie-Britannique, Don McRae. En voici un extrait :

« Cher ministre McRae : Par la présente nous vous informons que c'est désormais avec vous que nous [..}représentants élus de sept nations au sein du district scolaire 79, allons être en contact. Nous en avons décidé ainsi parce que vous avez congédié les représentants élus au district scolaire 79. C'est donc avec vous, monsieur McRae, en tant que prochaine personne en fonction démocratiquement élue, que nous allons faire affaire. Nous espérons une réponse respectueuse de votre part, ministre McRae, afin d'assurer le Conseil de l'éducation du Hwulmuhw Mustimuhw que vous allez travailler avec nous de bonne foi pour répondre aux besoins éducatifs des enfants autochtones du district 79. Si vous ne pouvez pas nous rencontrer, alors il faut tenir une élection partielle afin que nous puissions nous réunir avec des représentants démocratiquement élus du district scolaire 79. »

Le 1er juillet 2012, jour de la Fête du Canada, le ministre de l'Éducation a congédié les neuf membres du district scolaire de la Vallée du Cochiwan, le district 79, parce que ceux-ci ont refusé d'approuver un budget d'austérité pour le district. Après s'être soumis pendant des années au diktat ministériel de coupures de services, de coupures de postes d'enseignants et de détérioration constante de la qualité de l'éducation pour les enfants du district, les membres ont proposé un budget de « restauration ». Malgré les nombreuses demandes du conseil de rencontrer le ministre de l'Éducation, le ministre des Finances et d'autres représentants du gouvernement, aucune rencontre n'a eu lieu et le ministre de l'Éducation s'est plutôt mis à proférer des menaces par la voix des médias à l'effet qu'il allait congédier le conseil si celui-ci refusait de se conformer. Sans même communiquer avec le conseil, le ministre de l'Éducation a annoncé le congédiement de ses membres du conseil le 1er juillet.

En novembre, la « présidente en exil » du conseil de Cowichan, Eden Haythornthwaite, est intervenue auprès des délégués du congrès de la Fédération des travailleurs de la Colombie-Britannique un peu avant la présentation du rapport du comité de l'Éducation et du débat sur les résolutions sur l'éducation. Elle a fait valoir que depuis 2009, le district scolaire avait été forcé, suite au financement réduit du ministère de l'Éducation, de couper plus de 11 millions $ en programmes et services.

« Le printemps dernier », a expliqué Haythornthwaite, « notre conseil faisait face à un manque à gagner de 2,3 millions $, ce qui a obligé les commissaires à mettre de l'avant un budget équilibré en mettant à pied d'emblée plus de 17 enseignants. Après avoir traité de façon séparée la question du déficit du district, nous avons cherché à remédier aux pires coupures qui ont affectent nos écoles depuis des années en présentant un budget de restauration d'un total de 3,7 millions $. »

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Projets hospitaliers dans le North Island

Une manoeuvre pour payer les riches aux dépens des patients, des travailleurs de la santé et de l'économie

En avril 2012, la première ministre de la Colombie-Britannique Christy Clark a annoncé que son gouvernement a décidé de construire 2 nouveaux hôpitaux sur l'Île de Vancouver pour remplacer les hôpitaux existants de Comox Valley et de Campbell River où est concentrée la population du North Island. Ces hôpitaux fournissent des soins de santé avancés pour environ 120 000 résidents du North Island dont la section nord des îles Gulf ainsi que les régions côtières éloignées le long du continent. Le besoin d'installations plus modernes et de plus de lits ne fait qu'augmenter avec la population croissante, et les hôpitaux existants comme la plupart des hôpitaux de la province sont régulièrement utilisés au-delà de leur capacité. En faisant encore plus pression sur les hôpitaux, le gouvernement provincial a systématiquement abdiqué ses responsabilités provinciales envers les soins aux aînés en sous-traitant à des entreprises privées la construction et l'opération des résidences pour personnes âgées et n'a pris aucune mesure pour améliorer les soins à domicile et fournir des espaces adéquats pour les soins en résidence.

Malheureusement, tout ce qui s'est produit jusqu'à maintenant en ce qui a trait aux nouveaux hôpitaux porte à conclure que ces nouveaux hôpitaux n'ont rien à voir avec les besoins en soins de santé de la population de la région et de l'économie régionale. Ils ne font que consolider les nouveaux arrangements par lesquels l'État et ses agences telles que Partnerships B.C. et Vancouver Island Health Authority deviennent les agents des monopoles pour fournir des fonds publics aux intérêts privés avec une garantie de 30 ans. Le projet North Island Hospitals est confiné à une vision centrée sur le capital, en commençant par l'analyse de rentabilisation qui est préparée et présentée au cabinet par une firme de consultants, à un coût de 3 millions $. Les points de vue du personnel et de la direction des hôpitaux visés par l'analyse de rentabilisation n'ont presque pas été considérés au point que la demande de qualification émise pour attirer des soumissionnaires d'entreprises n'a comporté aucune information sur les laboratoires et la pharmacie. Lorsque les travailleurs de la santé ont souligné cette omission, un addenda fut ajouté.

Les gens de la région se sont fait dire que l'analyse de rentabilisation est un document secret entre les mains du cabinet qui ne peut être vu même par les directeurs élus du conseil d'administration des hôpitaux de la région de Comox-Strathcona. Le secret persiste malgré le fait que ce sont les revenus provenant des taxes perçues localement qui l'ont payé et doivent fournir 40 % de la valeur de 600 millions $ à être investis dans les deux nouveaux hôpitaux. Lors des consultations en cours tenues pour préparer la demande de propositions, les professionnels de la santé de la région ont vu que leur travail et leur point de vue ont été rejetés du revers de la main en faveur d'un modèle d'affaires qui favorise les intérêts privés et ne répond pas aux besoins des patients, des travailleurs de la santé ou de l'économie locale.

Le projet North Island Hospitals est sous le contrôle de Partnerships B.C., « Une société enregistrée sous la Loi des entreprises d'affaires (Business Corporations Act), Partnerships B.C., est la propriété entière de la province de la Colombie-Britannique et est redevable à son actionnaire qui est le ministre des Finances » (le site Web de Partnerships B.C.).

Partnerships B.C. écrit en juin 2003 dans un document intitulé « An Introduction to Public Private Partnerships » (Une introduction au partenariat public privé) : « Un partenariat public privé est un contrat qui a force de loi entre le gouvernement et une entreprise d'affaires afin de fournir des biens immobiliers et des services dont les responsabilités et les risques d'affaires sont partagés entre les différents partenaires. Selon un arrangement PPP, le gouvernement demeure impliqué de manière active tout le long de la durée de vie du projet. Le secteur privé est responsable des aspects plus commerciaux tels que la conception, la construction, le financement du projet et son opération. »

Le rôle du gouvernement est de garantir le financement public aux intérêts privés, avant tout aux monopoles sous contrôle étranger. Presque partout en province, ce sont des intérêts privés opérant à partir de fonds publics garantis qui contrôlent les services alimentaires, l'entretien ménager, les buanderies et la plupart des résidences pour personnes âgées. D'autres fonctions telles que les achats, la tenue des registres, le service de la paie, les technologies de l'information, etc sont en train d'être consolidées en vue d'être mises dans les mains des intérêts privés.

Dans le cas du projet North Island Hospitals, comme c'est souvent le cas pour des projets d'infrastructure d'envergure, des huit consortiums qui ont répondu à la demande de qualifications, trois ont été retenus pour avoir le droit de soumissionner sur la demande de propositions plus détaillées. Les deux soumissionnaires qui ne se verront pas attribuer le contrat recevront chacun 750 000 $ de fonds publics pour rembourser leur soumission. À titre de comparaison, lors de la construction du premier hôpital en PPP en Colombie-Britannique, soit celui d'Abbottsford, le gouvernement en plus de débourser de l'argent pour les soumissions, a payé au moins 24,5 millions $ en frais d'avocats et de consultants pour préparer les contrats.

Le consortium qui se verra attribuer le contrat va se retrouver avec une réclamation contractuelle sur les fonds publics qui sera garantie pour 30 ans et aura le contrôle des deux hôpitaux de North Island sans même un semblant de contrôle public. Les 120 000 résidents de la région, en particulier les travailleurs impliqués directement dans les soins de santé, discutent de ces développements et de ce que cela veut dire pour l'avenir. Cela veut dire encore moins de contrôle public local sur l'économie et sa direction. Les soins de santé sont une composante importante et essentielle d'une économie moderne. Ce ne sont pas seulement les travailleurs de la santé, mais aussi la population entière qui ont le droit de savoir et d'exercer un contrôle sur la direction de l'économie, pour qu'elle serve leurs intérêts et non pas les intérêts privés des monopoles principalement étrangers dont la préoccupation première est de soutirer le maximum de l'économie en réclamation à la richesse collective et individuelle produite par le peuple. En s'organisant et en résistant, les gens de North Island sont déterminés à arrêter ces plans du gouvernement de payer les riches et à élaborer une nouvelle direction pour l'économie.

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