Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 10 - 28 janvier 2013

L'ordre du jour de la dictature Harper

Début de la session d'hiver de la 41e législature


L'ordre du jour de la dictature Harper
Début de la session d'hiver de la 41e législature
La cour ordonne au ministre de la Sécurité publique de permettre le transfèrement d'un citoyen canadien détenu dans une prison américaine

Loi sur Investissement Canada
Les modifications à Investissement Canada et le mouvement du capital
Harper a recours aux pouvoirs discrétionnaires pour modifier et mettre en oeuvre la Loi sur Investissement Canada
Les justifications de Harper  - Commentaires sur la déclaration du premier ministre du Canada


L'ordre du jour de la dictature Harper

Début de la session d'hiver de la 41e législature

La session d'automne de la 41e législature a débuté le 17 septembre et s'est terminée le 14 décembre. La session d'hiver débute aujourd'hui le 28 janvier.

Session d'automne

C'est pendant la session d'automne que le gouvernement Harper a adopté sa deuxième loi omnibus, la loi C-45. Cette loi volumineuse qui préside à la destruction nationale va encore plus loin que la première loi omnibus dans la voie de mettre les ressources et les territoires du Canada et des Premières Nations à la disposition des États-Unis des monopoles d'Amérique du Nord.

En plus de cette loi qui foule aux pieds les droits fondamentaux des Canadiens et des Premières Nations, une des principales préoccupations de la classe dominante pendant la session a été la proposition de la filiale de Hong Kong de la China National Offshore Oil Corporation (CNOOC Limited) d'acheter la société pétrolière et gazière Nexen basée à Calgary. Cette question qui soulève le problème du contrôle de l'économie canadienne, contrôle canadien ou étranger, a été détournée en un débat d'énoncés de politique pour ou contre l'investissement étranger chinois dans ce que le gouvernement Harper appelle les secteurs « stratégiques » de l'économie nationale. La concentration du contrôle monopoliste dans ces « secteurs stratégiques » est présentée comme une question d'« intérêt national » de l'Amérique du Nord. Sur cette base, le gouvernement Harper divise l'économie en secteurs où le contrôle étranger est considéré comme étant acceptable, en particulier celui de la Chine et d'autres puissances rivales des États-Unis, et les secteurs où le contrôle étranger ne l'est pas.

Le gouvernement Harper a conclu la session en adoptant un projet de loi émanant d'un député conservateur qui oblige les syndicats à remettre de l'information au ministre des Finances sur leurs finances et leurs activités politiques.

Ce que réserve la session d'hiver

La dictature Harper a annoncé ce que sera son ordre du jour antisocial, antiouvrier et antinational en 2013. Il comprend de nombreux projets de loi présentement en deuxième lecture qui vont plus loin que la loi C-45 dans leurs attaques contre les Premières Nations et visent en particulier la Loi sur les Indiens et les pratiques en vigueur actuellement en ce qui concerne la prise de décision et le fonctionnement des Premières Nations. Également au programme sont des projets de loi qui visent à renforcer les pouvoirs des ministres dans la surveillance et le contrôle des sites et communications internet.

Les projets de loi qui concernent directement les Premières Nations comprennent :

S-2 : Loi concernant les foyers familiaux situés dans les réserves des premières nations et les droits ou intérêts matrimoniaux sur les constructions et terres situées dans ces réserves

S-6 : Loi concernant l'élection et le mandat des chefs et des conseillers de certaines premières nations et la composition de leurs conseils respectifs

S-8 : Loi concernant la salubrité de l'eau potable sur les terres des Premières Nations

C-49 : Loi modifiant la Loi sur les musées et d'autres lois en conséquence

C-47 : Loi édictant la Loi sur l'aménagement du territoire et l'évaluation des projets au Nunavut et la Loi sur l'Office des droits de surface des Territoires du Nord-Ouest et apportant des modifications connexes et corrélatives à certaines lois

C-428 : Loi modifiant la Loi sur les Indiens (publication des règlements administratifs) et prévoyant le remplacement de cette loi

Le gouvernement Harper essaie de mettre à profit le fait que la Loi sur les Indiens est détestée de tout le monde pour se débarrasser de la responsabilité fiduciaire et sociale de la Couronne envers les Premières Nations. L'une de ses mesures vise à remplacer plusieurs dispositions de la loi par des arrangements qui usurpent l'autorité décisionnelle des Conseils de bande et des communautés autochtones sur leurs territoires, au nom de « l'égalité, de la transparence et de l'imputabilité ». On met également en place de nouveaux arrangements pour miner la capacité des Premières Nations de mener leur résistance en s'attaquant à leur contrôle sur leurs finances comme cela a été fait avec les syndicats. Sous prétexte de transparence et d'imputabilité, le gouvernement Harper essaie de contrôler le fonctionnement administratif des Premières Nations afin de criminaliser ceux qui refusent de se soumettre.

On a vu cela à l'oeuvre de façon très claire en deuxième lecture du projet de loi C-428 qui essaie d'amender la Loi sur les Indiens. Rob Clarke, le député conservateur ex-agent de la GRC qui l'a présenté, l'a décrit en ces termes :

« Le projet de loi propose de changer la section de la loi qui porte sur les règlements administratifs ; d'abroger et de remplacer plusieurs sections de la loi qui sont désuètes, inutilisées ou paternalistes ; de créer un processus qui permettrait la consultation avec les Premières Nations. Le but consiste à remplacer la Loi sur les Indiens par des lois qui décrivent et garantissent une relation plus respectueuse et plus moderne entre les Premières Nations et la Couronne.

« J'aimerais présenter en détail le contenu du projet de loi C-428. Le projet de loi permet aux Premières Nations et aux conseils de bande de publier leurs propres règlements administratifs sans avoir à demander la permission du ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien ou de son ministre. Pour que les collectivités autochtones deviennent autonomes et autosuffisantes, il est crucial de leur donner les moyens afin qu'elles prennent contrôle de leur destinée et de leur milieu de vie.

« Suivant cette modification, on exigerait des bandes qu'elles publient les règlements administratifs créés par leur conseil au moyen de différents médias, comme le site Web de la bande, la Gazette des Premières Nations, les journaux locaux ou tout autre bulletin d'information qui circule dans l'ensemble de leur collectivité et parmi les membres de la bande.

« En énonçant clairement les règlements administratifs de chaque Première Nation, les habitants de ces collectivités et ceux qui appliquent les règlements jouiront d'une plus grande transparence et d'une meilleure reddition de comptes. Le ministre se verra retiré de l'équation ; la responsabilité pour l'application des règlements reviendra au conseil de bande et aux membres de la bande, là où il se doit. Ainsi, les Premières Nations auront les mêmes droits et les mêmes responsabilités que possèdent actuellement les municipalités rurales et urbaines. »

Face aux efforts répétés pour imposer un mode de vie harpérien aux Premières Nations, on mesure l'importance de l'opposition manifestée par les Premières Nations à différents niveaux et la chef d'Attawapiskat Theresa Spence à la loi C-45 et aux autres lois devant le parlement. Les Premières Nations affirment leur droit de refuser leur consentement — le droit de dire NON ! — au moment où le gouvernement Harper passe des lois qui violent ce droit ancestral afin de faciliter le vol de leurs territoires et de leurs ressources. À cet égard, cette nouvelle session parlementaire va continuer à donner lieu à la résistance des Premières Nations et des Canadiens de tous milieux au diktat du gouvernement et aux efforts d'imposer le droit de monopole au détriment du droit public.

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La cour ordonne au ministre de la Sécurité publique de permettre le transfèrement d'un citoyen canadien détenu dans une prison américaine

Dans un jugement rendu le 21 décembre 2012, le juge Luc Martineau de la Cour fédérale du Canada a ordonné au ministre de la Sécurité publique du gouvernement Harper Vic Toews de permettre le transfèrement du citoyen canadien Yves Lebon d'une prison américaine vers le Canada. Il a jugé que les raisons invoquées par le ministre pour rejeter le transfert sont « fallacieuses, illogiques, spéculatives et ne reposant sur aucune preuve ».

Le cas de Lebon est semblable à celui de Richard Goulet qui, après avoir été arrêté en possession de drogues aux États-Unis, a demandé son transfert au Canada. [1] [2] Dans cette cause et celle de Lebon, le ministre prétend qu'il a dû y avoir d'autres personnes impliquées avec celles arrêtées à cause de la quantité de drogues transportées. Lorsque le demandeur a refusé de révéler qui sont ses complices, dont on n'a toujours pas établi l'existence, le ministre a prétendu que cela indique que les demandeurs vont vraisemblablement participer à « des infractions d'organisation criminelle » lors de leur retour au Canada et leur a refusé le transfèrement prétendant que cela menacerait « la sécurité publique ».

L'ordonnance de la cour pour permettre le transfèrement a été émise après que Toews ait échoué à fournir une explication adéquate pour son refus de transférer le détenu après qu'un tribunal inférieur le lui ait ordonné. Martineau a déclaré que Toews a essentiellement répété les mêmes arguments que lors de son premier refus, mais de manière plus longue, et que ses raisons telles que mises à jour ne satisfont toujours pas aux exigences de la preuve et d'une justification appropriée expliquant sa décision.

« Lors de sa reconsidération de la demande du défendeur, malgré de nombreuses nouvelles preuves favorisant la réhabilitation et l'absence de risques, dont des évaluations mises à jour du SCC [Service correctionnel Canada], de la Gendarmerie royale du Canada et du Service canadien de renseignements et de sécurité, le ministre a de nouveau refusé le transfèrement du défendeur vers un centre carcéral canadien. De nouveau, il n'est pas possible de comprendre les raisons qui motivent le ministre à être en désaccord avec les avis d'experts du SCC et du criminologue qui a fourni en mai 2012 un affidavit en appui à ce que la demande de transfèrement soit reconsidérée. De plus, il n'y a aucun effort pour expliquer comment le ministre tient compte des facteurs mentionnés à l'article 10 de la Loi et des autres facteurs pertinents qu'il a retenus contre les facteurs positifs mentionnés dans la décision contestée. En tant que tel, je trouve la seconde décision du ministre irraisonnable », a écrit Martineau.

Martineau a ajouté : « Une personne raisonnablement informée aurait la forte impression que le ministre, en refusant la demande de transfèrement du demandeur, a simplement voulu le punir parce qu'il a transporté de grandes quantités de drogues et n'a pas fourni le nom de ses complices. Cela illustre une intransigeance qui est le signe manifeste d'un esprit fermé et ne peut qu'amener à la conclusion qu'une appréhension raisonnable de parti pris existe de la part du ministre. »

Martineau a conclu son jugement avec l'ordonnance suivante : « Le ministre doit accepter la demande de transfèrement du défendeur et confirmer par écrit au défendeur que tous les efforts raisonnables ont été faits pour son transfèrement rapide vers un centre carcéral au Canada. »

Note : La traduction des extraits du jugement est du Marxiste-Léniniste

Notes

1.http ://www.cpcml.ca/francais/Lmlq2012/Q42013.HTM#1
2.http ://www.cpcml.ca/Tmlw2012/W42014.HTM#4

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Loi sur Investissement Canada

Les modifications à Investissement Canada
et le mouvement du capital


Les travailleurs de Vale Inco de la section locale 6500 du Syndicat des Métallos, les travailleurs de la section locale 1005
 et plusieurs autres rassemblés devant le parlement le 27 mai 2010 pour exiger des modifications à
la Loi sur Investissement Canada qui préside à la destruction nationale.

La dictature Harper a récemment utilisé son pouvoir discrétionnaire pour changer la Loi sur Investissement Canada sans passer par le parlement. Son gouvernement a également refusé de faire respecter les dispositions actuelles de la loi visant les investisseurs étrangers qui ne respectent pas les ententes conclues, comme quand US Steel a refusé de respecter ses engagements après avoir acquis Stelco en 2007, avec toutes les conséquences que cela a eues.

LML soutient que le problème de base n'est pas la loi comme telle, ni même le fait que le gouvernement ne la fait pas respecter ou que Harper se sert de pouvoirs discrétionnaires. Ce ne sont là que les symptômes. Le problème de base est que les intérêts privés des monopoles mondiaux se sont emparés du contrôle des institutions politiques du pays. Le Canada fait face à cette réalité sur tous les fronts et l'Opposition ouvrière doit organiser le peuple pour la changer par la politique pratique.

La Loi sur Investissement Canada doit être vue dans le contexte d'un mouvement non restreint du capital. Elle est appliquée uniquement quand certains monopoles veulent bloquer leurs concurrents mondiaux. Le gouvernement Harper a adopté des mesures visant spécifiquement certains monopoles, notamment les monopoles asiatiques des économies capitalistes en développement comme la Chine, qu'il appelle « entreprises d'État ». Ce qui caractérise selon lui les entreprises d'État de gouvernements étrangers est qu'elles peuvent influencer les gouvernements ou, inversement, être influencées par les gouvernements, contrairement aux monopoles privés. Cette prétention d'innocence des monopoles privés est absurde, surtout venant d'un gouvernement qui ne cesse de remettre des fonds publics à des monopoles privés et qui se sert de son pouvoir politique pour attaquer la classe ouvrière à la demande d'intérêts monopolistes privés.

Des entreprises organisées par l'État

Parfois cela sert les intérêts privés des propriétaires du capital que d'avoir des entreprises d'État, parfois ça ne les sert pas. Dans la plupart des cas, les entreprises d'État trouvent le moyen d'acheminer les profits dans les poches des propriétaires du capital ou de créer des conditions qui leur sont favorables, comme par exemple en construisant des infrastructures publiques ou en mettant à leur disposition une classe ouvrière instruite sans que cela ne leur en coûte un sou. Quand le capitalisme est en voie de développement comme en Chine ou au Canada à une autre époque et que le pays passe de la petite production rurale à la grande production industrielle, les entreprises d'État servent le développement général du capitalisme et le bien public. Une entreprise d'État comme le service postal distribue la valeur ajoutée produite par les travailleurs des postes aux entreprises privées par des réductions de tarifs et généralement en offrant un service qui rejoint toutes les régions, y compris les coins les plus reculés du pays. Les systèmes de transport public comme le transport en commun dans les villes, les lignes aériennes et les entreprises ferroviaires comme Air Canada et le CN avant d'être privatisées ont également un effet bénéfique général, tout comme les réseaux publics d'électricité, d'aqueduc, d'égouts, la collecte des vidanges, etc. Avec la privatisation et l'introduction et l'augmentation des frais d'usager, ce sont les grands monopoles qui bénéficient des transactions et la richesse devient de plus en plus concentrée, ce qui a un effet négatif sur l'ensemble de l'économie.

Les entreprises d'État qui dispensent les programmes sociaux dans un système universel gratuit comme l'éducation, les services de santé, les indemnisations pour les accidentés du travail et les programmes de retraite permettent à la classe ouvrière de dépenser son revenu plutôt que de le mettre de côté pour les urgences et les dépenses socialement nécessaires. Quand la classe ouvrière dépense ainsi, cela a un effet positif énorme sur le développement et la croissance de l'économie socialisée interne, surtout la production et la circulation de produits manufacturés.

La privatisation des programmes sociaux, l'introduction et l'augmentation des frais d'usager et la diminution des services publics font en sorte que la classe ouvrière doit recourir à l'épargne individuelle et faire des dépenses individuelles pour les services nécessaires. Cela a un effet inverse sur l'économie socialisée interne et contribue à la décroissance et à la stagnation. Les épargnes du peuple se fusionnent pour former un capital social contrôlé par les entreprises du capital financier les plus grandes et les plus agressives, qui profitent dans une grande mesure de la privatisation des programmes sociaux puisque cela force la classe ouvrière à recourir aux programmes d'épargne individuelle dont les gouvernements font la promotion.

Une fois que le capitalisme monopoliste s'est infiltré dans tous les pores de l'économie et devient alors stagnant, en plus d'être assujetti à la chute du taux de profit, les propriétaires du capital monopoliste cherchent frénétiquement les moyens d'étendre leur capital, ce qu'ils font grâce à la privatisation des programmes et services, l'extorsion de concessions aux travailleurs et la guerre. La privatisation des entreprises d'État, les frais d'usager, l'extorsion de concessions aux travailleurs, les investissements risqués à l'étranger et la guerre deviennent la norme, aussi irrationnel que cela puisse être et aussi destructeur pour le bien public et le système capitaliste lui-même. Il est alors temps de donner une nouvelle direction à l'économie car elle ne peut plus continuer de cette façon. L'autorité du capital monopoliste se heurte aux conditions créées spontanément. On peut libérer les conditions de la vieille autorité en privant celle-ci de son droit de priver la classe ouvrière d'une voie vers une nouvelle autorité qui correspond aux conditions.

Le mouvement du capital

Il faut savoir qu'au cours des cinq dernières années l'exportation du capital du Canada a été plus importante que l'importation. Quand le mouvement du capital n'est pas restreint, il n'est pas un avantage réciproque pour les Canadiens et pour les peuples étrangers, il est à l'avantage des principaux propriétaires du capital. Il ne saurait en être autrement quand l'élite dominante voit les considérations et le but du capital comme la plus grande vertu. Le pays reste prisonnier des considérations étroites du capital et de son objectif, qui est d'assurer aux propriétaires les plus influents la croissance la plus rapide et la plus grande de leur capital par tous les moyens possibles.

Le mouvement non restreint du capital viole la souveraineté du Canada, foule aux pieds les droits ancestraux, constitutionnels et de traité des Premières Nations du Canada et enlève à la classe ouvrière son droit d'être maître de sa destinée et de contrôler les aspects de la vie qui l'affectent directement, en tant que classe des véritables producteurs de la valeur et dispensateurs des services. L'opposition ouvrière a la responsabilité sociale de changer la situation et de tenir les gouvernements responsables de la restriction du mouvement du capital.

Le capital est un rapport social

Le capital est un rapport social entre la classe ouvrière et les propriétaires du capital. Si la classe ouvrière ne défend pas ses intérêts dans ce rapport social, elle en subit les conséquences. Cela veut dire que le capital qui entre ou sort doit être à l'avantage réciproque, c'est-à-dire non seulement pour les investisseurs et pour le Canada en général, mais aussi à l'avantage réciproque de la classe ouvrière et des propriétaires du capital, et ne doit violer la souveraineté du Canada ni les droits des Premières Nations. La classe ouvrière doit s'organiser pour défendre et faire respecter ses droits dans le rapport social du capital et exiger un équilibre basé sur la reconnaissance de ces droits.

La façon dont la classe ouvrière, les Premières Nations et le Canada en général peuvent imposer l'avantage réciproque est de mettre des restrictions sur le mouvement du capital qu'importe la grandeur, pour que le principe de l'avantage réciproque puisse être défendu. Cela concerne le contrôle du mouvement et de l'utilisation du capital. Qui décide, qui contrôle et qui bénéficie ? Il faut mettre en place des arrangements politiques qui garantissent une voix au chapitre à la classe ouvrière, aux Premières Nations et aux gens des communautés et des régions concernées et un contrôle sur le mouvement et l'utilisation du capital.

Il n'est plus acceptable d'écarter toute proposition de restriction sur le mouvement et l'utilisation du capital tout juste parce que cela touche aux droits de la propriété privée. L'avenir de l'humanité en dépend. En ce qui concerne la propriété, aujourd'hui le capital est principalement un capital social ; il ne se fait pratiquement plus d'investissement sans un financement public, par les manoeuvres directes et indirectes pour payer les riches. La propriété du capital est dans une grande mesure par les actions, obligations, prêts, fonds mutuels, fonds de pension et le gouvernement directement, mais rien de cela ne change le fait que le capital est un rapport social dans lequel la classe ouvrière doit s'organiser pour défendre ses droits et intérêts.

La valeur au sein du capital, quelle que soit la forme de sa propriété, est le produit de la classe ouvrière dans son travail de transformation des richesses de la Terre Mère. Que les détenteurs du capital reconnaissent cette vérité économique ou non ne change rien en ce qui concerne la classe ouvrière. Tout capital est le produit du travail de la classe ouvrière transformant les matières premières ou semi-finies au moyen de moyens de production qui eux-mêmes sont des produits de son travail appliqué aux matières premières ou produits semi-finies. La classe ouvrière refuse d'être le parent pauvre de cette relation sociale et d'accepter tout ce que dictent les détenteurs du capital. L'avenir des travailleurs et de leurs familles et l'intérêt général de la société dépendent de l'organisation de la classe ouvrière et de sa résistance à la défense de ses droits.

La classe ouvrière considère le capital et ses interrelations au sein de l'économie socialisée dans un esprit très large parce qu'elle ne part pas du point de vue de « la partie du capital social qui m'appartient ». C'est en raison de cette largesse que la classe ouvrière reconnaît que le capital et l'investissement du capital doivent servir à garantir le bien-être des Canadiens, leur économie et l'intérêt général de la société.

L'opposition ouvrière porte la responsabilité sociale de prendre des mesures politiques sur ce front parce que les détenteurs du capital refusent de reconnaître quelque restriction que ce soit sur le mouvement du capital particulier qui leur appartient. Leur conception est voilée par l'étroitesse avec laquelle ils considèrent leur propre capital. Pour eux tout ce qui compte est de fructifier rapidement et ils refusent de reconnaître, à moins d'y être forcés, que la classe ouvrière a des droits dans le cadre de cette relation sociale et que tout capital particulier n'existe qu'en relation avec d'autre capital, avec le système économique tout entier et avec le bien-être de la société.

Aucun capital ne doit être permis au pays ou hors du pays qui n'est pas à l'avantage réciproque pour toutes les parties impliquées et qui ne garantit pas les droits des Premières Nations et de la classe ouvrière. Tous les arrangements de libre-échange et autres qui garantissent le droit de monopole sur le mouvement du capital contreviennent au droit souverain des Canadiens de gouverner leurs affaires, aux droits ancestraux, issus de traités et constitutionnels des Premières Nations et aux droits de la classe ouvrière en tant que classe des producteurs de toute valeur et dispensateurs des services.

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Harper a recours aux pouvoirs discrétionnaires
pour modifier et mettre en oeuvre la Loi
sur Investissement Canada

Le 7 décembre dernier, le gouvernement Harper a eu recours aux pouvoirs discrétionnaires de son pouvoir exécutif — la prérogative royale — pour décider de l'investissement étranger dans les sables bitumineux et pour élaborer de nouvelles orientations pour la Loi sur Investissement Canada (LIC). Harper a autorisé deux achats de compagnies énergétiques ayant de vastes opérations en Alberta et a créé des règlements d'investissement distincts pour les entreprises étatiques ou gouvernementales étrangères.

Harper a autorisé l'entreprise étatique chinoise, la China National Offshore Oil Company, à acheter toutes les actions de Nexen Inc. Il a aussi autorisé l'entreprise étatique malaisienne Petronas à acheter toutes les actions de Progress Energy. Ces deux transactions représentent un échange ou un mouvement du capital entre détenteurs du capital. Elles ne représentent pas un investissement dans quelque chose de nouveau. Les acheteurs du capital, du moins leurs sociétés, sont connus mais les vendeurs du capital restent pour la plupart dans l'ombre et pourraient être canadiens ou non.

Les nouvelles orientations consolident les pouvoirs discrétionnaires ministériels par rapport aux investissements étrangers et au mouvement de montants importants du capital vers le pays. Elles élargissent aussi la définition de ce que sont des entreprises étatiques ou gouvernementales. Harper a accordé à son pouvoir exécutif de nouveaux pouvoirs discrétionnaires permettant de contrôler le mouvement du capital vers le Canada par des entreprises étatiques et d'empêcher de façon explicite des entreprises étatiques de faire l'acquisition de 50 % ou plus de monopoles ayant des installations ou des intérêts dans les sables bitumineux sauf dans des cas « exceptionnels ». Le parlement n'a joué aucun rôle dans ces décisions. Les nouveaux pouvoirs discrétionnaires accordent à Harper davantage d'outils lui permettant d'intervenir dans la concurrence intermonopoliste et interimpérialiste, principalement au nom des monopoles étasuniens ou nord-américains.

Harper a élargi la définition d'entreprises étatiques en y incluant la notion subjective d'« influence » : « des entités possédées par un gouvernement étranger, les entités qui sont influencées directement ou indirectement par un gouvernement étranger ».

Ceci bien sûr n'est qu'une prétention néolibérale à l'effet que les monopoles privés n'ont aucune influence sur les gouvernements et vice versa. En réalité, les intérêts privés dominent toutes les instances législatives au Canada et aux États-Unis. La panoplie de manoeuvres qui sont faites pour payer les riches tandis que la classe ouvrière est tenue d'accepter un programme d'austérité et de faire des concessions mettent en évidence le fait que les intérêts privés privilégiés dominent le gouvernement. Même l'apparat gouvernemental entourant l'inauguration élaborée et quasi royale du président Obama était contrôlé par des intérêts privés.

Comment Harper jugera-t-il qu'un gouvernement influence de façon directe ou indirecte une entreprise ou vice versa et qu'il sera par conséquent l'objet de sanctions telles que prévues dans la LIC ? De toute évidence, il aura recours à sa prérogative royale selon son bon vouloir.

Sous le capitalisme monopoliste d'État, le système économique que l'on retrouve sur une grande partie du globe aujourd'hui, les gestionnaires d'entreprises seraient dénoncés par les propriétaires s'ils n'influençaient aucunement le gouvernement ou s'ils n'avaient pas des gens d'influence en place au gouvernement. Même des questions aussi simples que le changement des lois de zonage municipal pour répondre aux demandes d'investisseurs ou l'expansion du transport en commun ou l'octroi de contrats nécessitent une influence politique au sein de l'hôtel de ville ou encore des arrangements politiques à des niveaux gouvernementaux supérieurs tels les accords de libre-échange qui permettent d'outrepasser le pouvoir des gouvernements municipaux.

Harper a changé la direction de la discussion sur la question de l'investissement étranger. De comment contrôler cet investissement et comment assurer un avantage réciproque, elle est passée à une question à savoir si l'investisseur est contrôlé ou influencé par un gouvernement étranger ou pas, une approche tout à fait frauduleuse. Cela n'a rien à voir avec le fait de contrôler l'investissement étranger comme tel et de restreindre le mouvement du capital entrant et sortant au pays pour que prédomine l'avantage réciproque et un équilibre dont le fondement est la reconnaissance des droits de la classe ouvrière, des communautés régionales et des Premières Nations. Cela a tout à voir avec des pouvoirs discrétionnaires accrus qui sont accordés au pouvoir exécutif de Harper afin de pouvoir faire obstacle à certains monopoles rivaux tout en accélérant d'autres investissements. Cela complémente à merveille les projets de loi omnibus et leurs attaques contre les protections environnementales, la prise de décision au niveau local et les droits des Premières Nations.

C'est vraiment trop facile de faire une distinction négative entre monopoles privés et monopoles étatiques, alors que le capital étranger, qu'il provienne de la Chine ou des États-Unis, reste du capital étranger qui est gouverné par les considérations générales et l'objectif premier du capital. Qui en est le détenteur ne change rien à l'objectif premier du capital. Pour qu'un changement survienne dans l'opération de ce capital, l'Opposition ouvrière doit intervenir afin de restreindre le droit de monopole et mettre en oeuvre un avantage réciproque et un équilibre sur la base de la reconnaissance des droits de la classe ouvrière, des communautés régionales et des Premières Nations.

Il faut restreindre le droit de mouvement du capital entrant ou sortant du pays peu importe qui en sont les détenteurs de fait, même s'il s'agit de fonds de placement ou de régimes de retraite canadiens. La diversion de Harper ne règle en rien la question du capital qui entre au Canada et qui n'est pas à avantage réciproque, ainsi que les attaques contre les droits de la classe ouvrière, des communautés locales et des Premières Nations.

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Les justifications de Harper

((Les commentaires du LML sont entre doubles parenthèses))

« Aujourd'hui, le ministre de l'Industrie a rendu des décisions qui concernent deux offres d'investissements étrangers.

« L'investissement est crucial compte tenu de l'emphase que notre gouvernement met sur la création d'emplois et la croissance économique.

« Et les Canadiens et Canadiennes s'attendent à ce que nous approuvions les investissements étrangers qui représentent un bénéfice net pour le Canada.

« Mais tous les investissements ne sont pas égaux. »

((Lorsque Harper ou tout membre de l'élite dominante utilise une telle rhétorique, la classe ouvrière doit être sur ses gardes. L'inégalité des investissements du capital vient de la nature même du capital en tant que relation sociale inégale entre la classe ouvrière et les détenteurs du capital. Harper reconnaît la dialectique du capital comme une dialectique qui supprime la classe ouvrière et donne le champ libre aux détenteurs du capital, ce qu'il appelle le « libre marché ». Lorsque Harper soulève l'inégalité des investissements, il s'agit des différences qui existent entre les détenteurs du capital et la concurrence entre eux pour le plus grand taux de retour sur leurs investissements, ce qui signifie en partie la lutte pour un pouvoir politique et économique à l'intérieur de sphères d'influence. Les changements apportés à la Loi sur Investissement Canada n'ont rien à voir avec les problèmes auxquels sont confrontés les Canadiens dûs à l'inégalité des investissements ou à la dialectique du capital, mais tout à voir avec l'objectif de faire obstacle à des investisseurs rivaux qui eux-mêmes sont en contention pour des sphères d'influence au Canada et partout dans le monde, nommément les détenteurs du capital chinois et asiatiques qui opèrent dans les plates-bandes des détenteurs du capital anglo-étasunien.

L'investissement est primordial dans tous les aspects de l'économie, en particulier dans les programmes sociaux. Les investissements dans les programmes sociaux n'offrent pas habituellement le même taux de retour immédiat en valeur ajoutée à moins qu'un tel taux de retour soit garanti pour les investisseurs privés par les fonds publics. La valeur du taux de retour existe principalement dans le développement du facteur humain et dans la consolidation des intérêts généraux de la société. L'investisseur-type du capital lèverait le nez sur un tel taux de retour et avec raison, si on tient compte de l'objectif étroit des détenteurs du capital. Mais voilà l'une des raisons pour laquelle l'Opposition ouvrière doit se tailler une place sur la question de qui décide et qui contrôle l'investissement.

Les investissements ne sont certainement pas tous égaux ni en quantité ni en qualité. Ils devraient être jugés sur comment ils servent l'économie et sur comment ils assurent un avantage réciproque à la fois pour l'investisseur et pour les Canadiens en général, ainsi que sur leurs répercussions sur la Terre Mère et s'ils soutiennent les droits de la classe ouvrière et des Premières Nations, s'ils respectent la souveraineté du Canada et s'ils servent les intérêts généraux de la société.))

« En particulier, comme nous l'avons dit durant plusieurs années, les achats d'actifs canadiens par des gouvernements étrangers par l'entremise de sociétés d'État étrangères ne sont pas la même chose que les autres transactions.

« Les objectifs plus larges des sociétés d'État étrangères peuvent aller bien plus loin que les objectifs commerciaux des entreprises privées.

« Cela soulève la question à savoir quand et à quel degré le contrôle de compagnies canadiennes par des gouvernements étrangers peut représenter un bénéfice net pour le Canada. »

((Harper laisse entendre que lorsqu'une compagnie minière canadienne acquiert des actifs au Mali ou en Colombie, le gouvernement canadien ne mobilise pas ses ressources en appui à cette acquisition. Le gouvernement canadien, de connivence avec le gouvernement des États-Unis, fait en fait tout ce qu'il peut, y compris s'ingérer de façon ouverte dans les affaires de pays souverains pour garantir que les investissements canadiens et anglo-étasuniens à l'étranger soient servis par l'ordre politique de ce pays.

À chaque fois que Harper parle de valeurs canadiennes et de la nécessité pour d'autres pays d'émuler sa conception des valeurs, c'est sa façon de dire aux gouvernements étrangers comment agir et comment se comporter au nom des détenteurs canadiens et anglo-étasuniens qui y ont investi ou qui songent à y investir. À moins que le gouvernement étranger et en particulier la classe ouvrière de ce pays n'insiste pour que l'investissement canadien soit fait sur la base d'un avantage réciproque et de la reconnaissance de leurs droits, les investisseurs vont les malmener. Si par contre ils exigent des investissements sur la base d'un avantage réciproque et de la reconnaissance de leurs droits, alors ils devront se préparer à se défendre puisque Harper les dénoncera pour leur refus d'émuler les valeurs canadiennes et sa conception d'un libre marché ouvert aux monopoles les plus puissants. Aussi participera-t-il au financement et à l'organisation de soulèvements politiques, de violence, d'anarchie, de coups d'État ou à l'invasion militaire de leur pays, comme c'est le cas présentement au Mali, dans le but de défendre les intérêts miniers des monopoles canadiens ou autres.))

« Pour être bien franc, les Canadiens et Canadiennes n'ont pas passé des années à réduire le rôle de leurs gouvernements dans des secteurs de l'économie seulement pour les voir être achetés et contrôlés à la place par des gouvernements étrangers.

« Cela n'a jamais été l'objectif de la Loi sur Investissement Canada.

« Ce n'est pas un résultat que les Canadiens pourraient accepter.

« Ce n'est pas un résultat qu'un Gouvernement du Canada responsable pourrait accepter.

« Nous n'allons certainement pas le faire. »

((Les néolibéraux comme Harper ont consacré plusieurs années à démanteler les institutions nationales et les actifs édifiés sur la sueur et le sang des Canadiens et à les donner clé en main au capital monopoliste sur lequel le peuple n'a aucun contrôle. Le but de la Loi sur Investissement Canada, si nous nous fions aux résultats, est l'absorption du Canada et de toutes ses institutions politiques et économiques dans une Amérique du Nord contrôlée par des monopoles privés.

La fanfaronnade de Harper révèle en fait son pragmatisme vulgaire et son hypocrisie intéressée. « Nous n'allons certainement pas le faire » profère-t-il avec ferveur évangélique. Et pourtant, dans la même annonce, il accorde le droit à deux entreprises étatiques, l'une chinoise et l'autre malaisienne, d'accroître leur appropriation et leur contrôle du secteur énergétique.))

« À la lumière des tendances grandissantes et après les décisions prises aujourd'hui le Gouvernement du Canada a déterminé que le contrôle sur le développement des sables bitumineux par des gouvernements étrangers a atteint le point auquel d'avantage de contrôle par des gouvernements étrangers ne serait pas un bénéfice net pour le Canada.

« Pour cette raison, à l'avenir, le ministre jugera que l'acquisition du contrôle d'une compagnie canadienne opérant dans les sables bitumineux par une société d'État étrangère sera d'un bénéfice net seulement dans des circonstances exceptionnelles.

« À l'extérieur des sables bitumineux notre gouvernement va renforcer l'évaluation des offres qui nous sont faites, en vertu de la Loi, par des sociétés d'État étrangères afin d'acquérir des entreprises canadiennes.

« Voici quelques facteurs qui seront pris en considération lors de révisions de telles offres d'acquisition :

« Premièrement, le degré de contrôle ou d'influence qu'une société d'État étrangère exercerait sur la compagnie canadienne qui est acquise.

« Deuxièmement, le degré de contrôle ou d'influence qu'une société d'État étrangère exercerait sur l'industrie dans laquelle l'entreprise canadienne évolue.

« Finalement, le plus important, l'étendue du contrôle ou de l'influence qu'exerce le gouvernement étranger en question sur la société d'État acquérant la compagnie canadienne. »

((Les paramètres idéologiques présentés par Harper sont frauduleux. Il s'acharne à créer une distinction entre des entreprises étatiques étrangères et des monopoles privés étrangers tels que la Exxon Mobil Corporation contrôlée par les États-Unis et « le degré de contrôle ou d'influence » que ces deux formes d'appropriation exercent sur le Canada.

Harper veut insinuer que les intérêts privés d'Exxon existent séparément des intérêts de ceux qui contrôlent l'État étasunien. Les représentants gouvernementaux des États-Unis eux-mêmes se moqueraient d'une telle prétention. Les forces armées des États-Unis ont combattu et combattent toujours partout dans le monde à la défense des intérêts privés d'Exxon et de ses détenteurs du capital. Les intérêts privés et la sécurité des monopoles étasuniens les plus puissants sont mis sur un même pied que les intérêts et la sécurité nationaux des États-Unis.

Mettons de côté la question des liens et de l'influence gouvernementaux et n'examinons ne serait-ce que le pouvoir et la fortune monopoliste d'Exxon en soi en comparaison avec la plupart des États dans le monde. Le revenu brut global d'Exxon en 2011 était de 486 429 milliard $.

Le revenu brut du gouvernement fédéral canadien pour la même année était considérablement moindre à 245 203 milliards $.

Harper donne PETRONAS en exemple, une entreprise étatique malaisienne qui a fait l'acquisition de la compagnie des sables bitumineux Progress Energy. Le PIB total de la Malaisie en 2011 se chiffrait à 453 milliards $ soit un montant inférieur aux revenus d'Exxon. Le revenu du gouvernement malaisien était de 60 milliards $. PETRONAS à elle seule a un revenu brut global supérieur à celui du gouvernement malaisien à environ 80 milliards $.

Les revenus annuels effarants d'Exxon et d'autres monopoles sont à leur disposition pour influencer quiconque veut ou doit être influencé, que ce soit au niveau gouvernemental ou pas. Le seul temps que le peuple entend parler de comment le revenu d'une compagnie a servi à influencer un gouvernement est lorsque l'impérialisme étasunien et les autorités canadiennes n'aiment pas le gouvernement en question. C'est ce qui se passe avec les allégations de la GRC à l'effet que les dirigeants de SNC-Lavalin ont mis 169 millions $ à la disposition des anciens dirigeants de la Libye, lesquels ont été violemment expulsés du pouvoir par les États-Unis, le Canada et l'OTAN au moyen de leur énorme puissance militaire.

La question qui se pose à la classe ouvrière est de s'organiser pour restreindre le droit de monopole, qu'ils soient des monopoles privés ou étatiques, de sorte à ce que les droits de la classe ouvrière soient reconnus et garantis.))

« Laissez-moi être clair.

« Quand on dit que le Canada est ouvert aux affaires nous ne voulons pas dire que le Canada est à vendre aux gouvernements étrangers. »

((Laissons Harper être clair : lorsqu'il dit que le Canada est ouvert aux affaires, il ne veut pas dire que le Canada est à vendre aux gouvernements étrangers, juste aux monopoles étrangers comme Exxon, U.S. Steel, Rio Tinto, Xstrata, Walmart, etc, etc.))

« Nous allons maintenir une approche envers les investissements étrangers au Canada qui est ouverte et fondée sur le marché.

« Le Canada a décidé d'avoir une économie de libre marché.

« C'est notre choix. »

((Historiquement, l'humanité a dû confronter et déloger ceux qui en position d'autorité crachent leurs dogmes afin de tenter d'empêcher le peuple de résoudre les problèmes confrontant la société. Que Harper choisisse une économie de libre marché ou quelqu'autre créature sortie tout droit de son imagination, les Canadiens ne sont pas plus avancés en termes de résoudre les problèmes que l'histoire a mis sur leur route. Les problèmes économiques, politiques et sociaux sont des problèmes objectifs et réels, et ils exigent des solutions réelles et non des dogmes issus ou pas du cerveau de Harper.

L'Opposition ouvrière exige des restrictions sur l'investissement étranger afin qu'il soit à avantage réciproque et qu'il ne transgresse pas les droits des travailleurs, de leurs communautés et des Premières Nations et qu'il n'affecte pas négativement l'économie ou la Terre Mère. La classe ouvrière refuse d'accepter en tant que développement final de l'économie et fin de l'histoire l'économie capitaliste monopoliste actuelle qui refuse d'investir dans les programmes sociaux, paie sans cesse les riches, remet aux monopoles mondiaux les ressources humaines et matérielles du pays et est plus ou moins en crise perpétuelle. La classe ouvrière a décidé de s'organiser afin de priver ceux en position d'autorité du pouvoir de priver la classe ouvrière de son droit de changer la direction de l'économie vers la science et la cohérence pour résoudre les problèmes économiques, politiques et sociaux qui confrontent le pays, pour mettre l'économie au service du facteur humain/conscience sociale et des intérêts généraux de la société. Voilà l'appel historique. Le choix de la classe ouvrière est d'être à la hauteur des exigences historiques.))

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