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La vague d'appui populaire à travers le pays aux justes revendications des Premières Nations a forcé le premier ministre Stephen Harper à ravaler son arrogance coloniale et à accepter de rencontrer la chef Spence. La grève de la faim entamée par cette dernière en appui à la demande d'une rencontre de nation à nation avec le premier ministre et un représentant de la couronne pour discuter de l'affirmation des droits des Premières Nations et de l'urgence de la situation dans les communautés autochtones du Canada a eu un effet percutant. Au 25e jour, Stephen Harper a annoncé qu'il rencontrera les chefs des Premières Nations, y compris la chef Spence, le 11 janvier. La chef Spence a commencé sa grève de la faim le 11 décembre dans le cadre d'une journée nationale d'action pour les droits des Premières Nations organisée par le mouvement Idle No More. Les demandes de la chef Spence et sa grève de la faim sont devenues le cri ralliement d'un puissant essor dans la lutte des peuples autochtones et des Canadiens pour leurs droits et pour l'abrogation de la loi C-45, la deuxième loi omnibus du gouvernement Harper qui, entre autres, remet tous les avoirs publics à des intérêts privés et contient plusieurs lois qui attaquent les droits ancestraux, constitutionnels et issus de traité des Premières Nations. Des gens de toutes les tendances politiques et d'une vaste gamme d'organisations sociales, civiques et culturelles sont allés rencontrer la chef Spence sur l'île Victoria à Ottawa. Stephen Harper et son gouvernement se sont isolés avec leur attitude coloniale et leur refus de rencontrer la chef Spence. La rencontre qui vient d'être finalement annoncée ne doit pas être une simple manoeuvre de relations publiques. La chef Spence continue sa grève de la faim jusqu'à la rencontre du 11 janvier et jusqu'à ce que les revendications des Premières Nations concernant leurs droits soient essentiellement reconnues. Faire pression sur Harper, pas sur la chef d'AttawapiskatLa chef Spence a commencé sa grève de la faim le 11 décembre dans le cadre des actions militantes prises par les Premières Nations et leurs alliés partout au Canada, à l'initiative de l'organisation Idle No More, pour exiger une rencontre avec le premier ministre Stephen Harper, la Couronne et les dirigeants des Premières Nations. Elle a appelé à une rencontre dans le but d'aborder la négligence criminelle de l'État canadien vis-à-vis son devoir envers les Premières Nations et son travail de sape envers les traités ancestraux et les droits constitutionnels des Premières Nations. Elle a dit au début qu'elle est prête à mourir pour son peuple si cela devient nécessaire pour faire valoir cette demande. Durant sa grève de faim, la chef Spence a appelé les peuples du Canada et des Premières Nations à continuer à organiser des rassemblements, des cérémonies et d'autres actions de protestations pour exiger que le premier ministre Harper et le gouverneur-général David Johnston la rencontrent avec les autres dirigeants des Premières Nations. Partout au Canada, plusieurs communautés ont répondu. Par exemple, plus de 200 personnes issues des Premières Nations en Nouvelle-Écosse, incluant de nombreux jeunes, se sont joints à une grève de la faim de quatre jours en appui à la chef Spence. Un groupe de protestataires des Premières Nations et leurs supporteurs provenant de la première nation Aamjiwnaang de Sarnia, en Ontario, ont bloqué pendant deux semaines la voie ferroviaire du CN menant à plusieurs usines chimiques pour faire valoir leurs propres demandes ainsi que faire pression sur Harper pour qu'il rencontre la chef Spence. En plus, deux aînés, Raymond Robinson de la première nation de Cross Lake et Gene Sock, un Mi'kmak, se sont joints à la grève de la faim du chef Spence.
Le 30 décembre, la chef Spence a tenu des portes ouvertes devant son tipi, sur l'île Victoria située sur la rivière des Outaouais, face au Parlement. Plus de 20 députés et plusieurs supporteurs et visiteurs, y inclus l'ancien premier ministre Joe Clark, sont venus la visiter. Un bon nombre de députés, tel que le député Craig Scott, ont tenté de la convaincre de mettre fin à sa grève de faim, lui rappelant son état de santé affaibli et suggérant « qu'elle a bien fait passer son message ». Le ministre fédéral de la Santé Leona Aglukkaq et d'autres ministres fédéraux ont aussi fait pression sur la chef pour qu'elle accepte une rencontre avec le ministre des Affaires autochtones, John Duncan, au lieu d'une rencontre avec Harper, une proposition qu'elle a immédiatement rejetée. Les médias monopolisés ont particulièrement fait des efforts pitoyables pour criminaliser l'action de la chef Spence pour créer une diversion face à l'histoire de crimes commis et encore commis par l'État canadien contre les Premières Nations. L'éditorial du 28 décembre du Globe and Mail suggère que la chef Spence use de « coercition » par sa grève de faim pour rencontrer Harper. L'éditorial décrit cela comme étant « inapproprié » et dit que la chef doit rencontrer le ministre Duncan et ainsi renoncer au principe de négociations de nation à nation. L'éditorial se termine par une déclaration ahurissante que Harper peut « faire un geste magnanime. Il a déjà démontré qu'il est un ami des peuples autochtones. » Seuls les experts de l'équipe éditoriale du Globe and Mail peuvent faire une déclaration pareille quand tout le monde sait que cet « ami » des peuples autochtones à la tête de l'État raciste canadien fait campagne pour mettre fin aux droits ancestraux et aux traités historiques des Premières Nations et pour tenter de les éliminer en tant que peuple. Selon la même logique raciste, un article signé dans le National Post va aussi loin que de suggérer que la chef Spence est une « terroriste » qui « tien les Canadiens en otage ». Ces deux journaux disent que les Premières Nations au Canada vivent dans le passé si elles pensent que les traités historiques signés de bonne foi par leurs ancêtres avec la Couronne sont encore d'actualité. LML dénonce l'État canadien et ses médias monopolisés pour leurs tentatives de dissuader la chef Spence et de la criminaliser pour son action courageuse. La demande pour des rencontres de nation à nation pour affirmer les droits ancestraux, issus des traités et constitutionnels des Premières Nations est juste. Nous appelons tous nos lecteurs à prêter main forte pour s'assurer que cette position courageuse ait raison. Appuyons la chef Spence ! Ensemble défendons les droits de tous ! Un vaste appui aux revendications
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![]() Au tipi de la chef Spence sur l'île Victoria le 20 décembre |
Dans une autre lettre ouverte de la part d'un groupe
d'universitaires, ceux-ci affirment : « Nous sommes
solidaires avec chef Theresa Spence et les efforts qu'elle
déploie pour changer la façon abusive par laquelle le
gouvernement canadien ignore, menace et intimide les peuples
autochtones. En tant qu'enseignants qui désirent contribuer
à un avenir juste et durable, où les droits de tous les
Canadiens sont respectés, nous reconnaissons que l'histoire du
Canada en est une d'exploitation, de dépossession et de
marginalisation des peuples autochtones, de négation de leurs
droits et de leur souveraineté, d'indifférence face
à leurs souffrances, et, dans plusieurs cas, de destruction de
leurs terres. Nous reconnaissons en même temps la force, la
résilience et le profond respect qu'entretiennent les
communautés autochtones envers la Terre mère. Nous
saluons cette mobilisation contre la destruction gouvernementale de
l'environnement.
«Nous exhortons tous les Canadiens de s'engager dans des dialogues respectueux sur la question des droits et des traités autochtones, et d'intervenir avec sérieux dans leurs communautés respectives dans le but d'assurer que nos traités soient honorés, mais aussi que soient respectées l'autodétermination et la protection de l'environnement pour les générations futures. »
Des députés de l'opposition ainsi que l'ancien premier ministre Joe Clark ont rendu visite à chef Spence.
Le 30 décembre, par la voix d'un porte-parole, la chef de la première nation d'Attawapiskat a dit que l'appui reçu de la part des autochtones et des non-autochtones dans sa démarche pour rencontrer personnellement le premier ministre Stephen Harper et le gouverneur général David Johnson lui inspirait « une grand humilité ».
« C'est à la fois un appel aux armes et un appel à l'action pacifique et respectueuse, démarche qui reflète nos lois naturelles en tant que nations autochtones », a-t-elle dit dans un communiqué. « Les dirigeants des Premières Nations doivent prendre en mains et contrôler la situation au nom du mouvement à la base. Nous devons, en tant que nation souveraine, raviver cette relation entre nations fondée sur nos droits inhérents et telles que protégées par la constitution. Nous exigeons la place qui nous revient de droit, ici même sur nos terres ancestrales, terres que nous appelons tous Canada. »
(Photos : D. Lerat Ferguson, C. Maloney)
Dans le cadre de la campagne Idle No More (« fini l'inaction ») en cours depuis le début de décembre 2012, il y a des actions partout au Canada pour exiger le respect des droits ancestraux et de traités des Premières Nations et dénoncer la loi C-45. Des gens de tous les milieux y participent. En font partie les actions tenues du 30 décembre au 1er janvier, des rassemblements, manifestations, danses et blocus de voies ferrées. Elles ont fait suite aux grandes actions du 10 décembre dans plus de 20 endroits et à près de 100 actions du 21 au 23 décembre. On compte aussi un grand nombre d'actions de solidarité tenues aux États-Unis par les Premières Nations pour faire pression sur le gouvernement canadien de même que les actions organisées à l'échelle internationale - en Amérique latine, en Europe et en Nouvelle-Zélande.
Le 2 janvier, des membres de la première nation Kitchenuhmaykoosib Inninuwug (KI) ont entrepris une marche du parlement ontarien à Queens'Park vers la Colline du parlement à Ottawa. Le territoire de la première nation KI a été le site de la signature de l'adhésion au Traité #9 le 5 juillet 1929 dont KI est un des signataires originaux. Elle a signé le traité en tant que marque d'un développement d'une nouvelle relation avec Sa Majesté et ses sujets en tant que partenaires égaux, comme le dénote le texte du traité, et non comme une reddition de vastes territoires. Mark T. Anderson de la première nation KI a dit à ce sujet : « La Couronne s'est engagée à honorer les engagements qu'elle a pris au moment du traité ‘aussi longtemps que le soleil luira, que les cours d'eau couleront et que l'herbe poussera ' [...]Le Canada, par les actions du gouvernement Harper, continue de violer les engagements avec la loi C-45 qui s'attaque à notre peuple, nos terres, nos cours d'eau et notre environnement.[...] En reniant le traité et en le réduisant à rien par ses violations répétées, le Canada met à risque l'existence de notre peuple et la vie de tous les Canadiens. »
La marche entreprise le 2 janvier par la nation KI depuis Queens' Park jusqu'au parlement canadien est en solidarité avec l'appel de la chef Theresa Spence à prendre un engagement envers la reconnaissance et l'application des traités et à forger une nouvelle relation entre la Couronne et les Premières Nations. La marche a franchi Peterborough le 4 janvier.
Un blocus de près de deux semaines d'une voie ferrée du CN a été organisée par la première nation Aamjiwnaang près de Sarnia. Une injonction de la cour a été appliquée le 2 janvier pour démanteler le blocus. Des accusations d'outrage au tribunal ont été portées contre les membres de la nation Aamjiwnaang et le chef de police de Sarnia pour n'avoir pas respecté l'injonction du 21 décembre demandant que le blocus soit démantelé.
Selon Vanessa Grey, une jeune organisatrice du blocus, l'injonction du 2 janvier comportait une différence puisqu'elle commandait à la Police provinciale de l'Ontario d'appliquer l'injonction, ce que la police locale n'avait pas voulu faire. Le groupe a décidé de déplacer son campement hors de la ligne du chemin de fer pour le moment.
Au Québec, des manifestants de la communauté mi'gmaq de Listuguj ont entrepris un blocus de voie ferrée à Pointe-à-la-Croix qui durera aussi longtemps que nécessaire. « Cela a commencé avec des jeunes de notre communauté qui ont senti le besoin impérieux de faire une action en solidarité avec la chef Spence et le mouvement Idle No More », a dit Alexander Morrison, porte-parole des manifestants. « Nous laissons passer les trains de passagers parce que nous sommes conscients que notre combat n'est pas contre les citoyens de ce pays mais bien contre le gouvernement Harper. »
« Ce que nous visons ce sont les trains de marchandises, les trains qui transportent nos ressources qui ont été exploitées sur nos territoires avec peu ou pas de bénéfices pour notre peuple », a dit Morrison.
Les Mohawks de Tyendinaga ont brièvement bloqué une grande voie ferrée entre Toronto et Montréal le 30 décembre. En Colombie-Britannique, la bande autochtone de Seton Lake a mis fin à son blocus de voie ferrée le 30 décembre.
Selon l'Agence de nouvelles APTN, les dirigeants des Premières Nations avaient envisagé des actions de perturbation économique à l'échelle du pays tout entier à la mi-janvier si la demande de la chef d'Attawapiskat Theresa Spence, en grève de la faim, pour une rencontre avec Harper ne s'était pas matérialisée.
LML appelle tout le monde à se mobiliser et à participer aux actions en cours pour faire abroger la loi C-45 et défendre les droits ancestraux et de traités des Premières Nations.











































(With files form Mediacoop, APTN. Photos: Idle No More, K. Konnyu, M. Bush, M. Abbs, E. Doherty, D. Diamond, M. Nakhavoly D. Sayers, C. Hookimaw, L. Mollins Koene, Mediacoop, T. Wysote, C.A. Sheppard, J. Pope, L. Lovely, N. Sherwood, M. Arellano, LoJ, P. Lopez, F. Sistiague, M. Kennedy, P. Lucaj, K. Leal, S. Jackson)
La mine de diamants De Beers

En janvier 2012, lors d'un dîner-causerie des chefs des Premières Nations tenu à l'occasion d'une conférence de l'assemblée des Premières Nations à Ottawa, la chef Theresa Spence avait déclaré que si sa communauté recevait une part des revenus provenant des ressources à la mine de diamants De Beers Victor, qui opère sur le territoire ancestral de la première nation d'Attawapiskat, celle-ci aurait les moyens de gérer les crises telles la crise du logement dans sa communauté. Chef Spence en est présentement à sa quatrième semaine d'une grève de la faim pour attirer l'attention sur la violation des droits autochtones et issus de traités par le gouvernement Harper et exiger une rencontre avec le premier ministre sur une base de nation à nation. Elle a dit : « Nos terres nous ont été confisquées tandis que le développement de nos terres en termes de bois d'oeuvre, d'hydroélectricité et de mines a créé une richesse illimitée [qui] bénéficie à une poignée de personnes ainsi qu'au gouvernement de l'Ontario et au gouvernement du Canada qui reçoivent d'énormes redevances de la part de De Beers tandis que la communauté ne reçoit rien.»
La mine Victor est la première mine de diamants en Ontario et elle produit environ 600 000 carats de diamants par an. L'entente « résultant en bénéfices» pour la communauté a pris forme après plus de trois ans de négociations et elle touche à tout, y compris le droit de De Beers de passer outre aux réclamations territoriales des Attawapiskats en passant par le menu des repas servis à la cafétéria de la mine. L'existence d'un document légal et les détails qu'on y trouve ne sont pas connus de la plupart des membres de la communauté d'Attawapiskat. Par exemple, presque personne n'est au courant du fait que De Beers a mis sur pied un fonds fiduciaire (comme le patron bienveillant qu'il est) pour la communauté et auquel il a promis de verser environ 30 millions $ pour la durée de la vie de la mine, qui est de 12 ans. La plupart des résidents n'ont pas entendu parler de ce fonds ni comment il est géré ni comment on peut y avoir accès. De Beers déclare que d'autres revenus pourraient être disponibles pour la communauté, mais que ceux-ci devront provenir des redevances versées au gouvernement fédéral et au gouvernement provincial, et non en imposant davantage la compagnie. Mining Watch Canada indique que De Beers est passé maître dans l'art de cacher ses profits, limitant ainsi les taxes qu'elle doit payer, celles-ci devant représenter 12% de ses profits.
Lorsque le site de la mine était en chantier, environ 500 membres de la première nation d'Attawapiskat ont obtenu des emplois de manoeuvre. Maintenant que la mine fonctionne à pleine capacité, moins de 100 travailleurs sont des gens d'Attawapiskat sur une population totale de 2 000 membres, et ces travailleurs sont affectés à la cafétéria ou dans d'autres travaux manuels à la mine, puisque le prérequis pour les autres emplois est au moins d'avoir terminé son secondaire et plusieurs membres de la communauté ne répondent pas à ces exigences. La frustration de la communauté est telle qu'en 2009 ses membres ont bloqué le chemin d'hiver afin d'empêcher l'équipement et les provisions d'arriver à la mine. Cette action avait comme but de forcer De Beers à réviser l'entente « résultant en bénéfices» et à négocier une entente plus favorable avec la communauté.
La chef Theresa Spence a
déclaré l'année dernière, à la suite
de la crise du logement à Attawapiskat qui avait attiré
l'attention du peuple canadien : « Sur notre territoire, nous
avons une mine de diamant de classe mondiale, qui est la fierté
du gouvernement de l'Ontario et du gouvernement canadien ainsi que de
De Beers Canada. Qu'ils soient fiers de cette mine est tout à
fait légitime. Par contre, aucun d'eux n'a reconnu les peuples
des Premières Nations qui continuent de se servir du territoire
à l'exemple de leurs ancêtres. Alors qu'ils en recueillent
les richesses, mon peuple tremble de froid dans des taudis, tombe de
plus en plus malade, tandis que les précieux diamants de mes
terres ornent les bras et le cou des vedettes de Hollywood ainsi que la
masse de l'assemblée législative ontarienne. Mon peuple
mérite la dignité et des conditions de vie humaines.
Lorsque notre communauté a demandé l'aide de nos
concitoyens, la réponse du gouvernement à notre simple
requête de dignité humaine a été de nous
imposer un agent des Indiens colonial.» Souvenons-nous que la
communauté avait affirmé sa dignité et ses droits
en expulsant cet agent qui recevait 1 300 $ par jour pour ses services.
(Sources : Toronto Star, Northern New Network, Mining Magazine, www.miningwatch.ca, De Beers Canada)
Justice pour les victimes des écoles résidentielles
La Commission de vérité et
réconciliation (CVR) qui a été formée par
une motion du parlement en juin 2008 afin de mettre en lumière
les crimes historiques commis contre les peuples autochtones par
l’État canadien pendant plus de 130 ans, avec l’appui de
diverses églises chrétiennes, surtout anglicanes et
catholiques, a fait appel devant la Cour supérieure de
l’Ontario pour clarifier l’obligation du gouvernement Harper de mettre
à sa disposition tous les documents relatifs à ce crime
historique. Jusqu’au début des années 1990, plus de 150
000 enfants autochtones ont été enlevés violemment
à leurs familles et leurs communautés et placés
dans des pensionnats, un véritable programme de génocide
et de terreur culturelle organisé par l’État visant
à « faire disparaître » les peuples
autochtones. La plupart des pensionnaires ont connu les traumatismes
des abus physiques, mentaux et sexuels. Plusieurs se sont
suicidés et, dans certaines écoles, près de 50 %
d’entre eux y sont morts et ont été enterrés pour
la plupart dans des tombes anonymes.
La Commission de
vérité et de réconciliation est elle-même un
compromis accepté par les survivants du système des
pensionnats autochtones devant le refus du gouvernement Harper de tenir
une pleine enquête publique ayant notamment le pouvoir d’appeler
des témoins. C’était chose admise que la Commission
allait avoir accès à tous les documents d’archives des
divers départements gouvernementaux, de la GRC et des autres
institutions qui ont été impliquées dans le
système des pensionnats. En réalité ce n’est pas
ce qui s’est passé. Dès les tous débuts, le
gouvernement Harper a entravé le travail de la CVR, ce qui a
poussé son président le juge Harry Laforme à
démissionner, à peine six mois après avoir
été nommé, pour cause « d’ingérence
politique ».
Le jeudi 20 décembre, l’avocat de la Commission Julian Falconer
a dit devant le juge Stephen Goudge, lors d’une audience à la
Cour supérieure de l’Ontario, que si les victimes avaient su que
le gouvernement Harper était pour saboter l’enquête, elles
n’auraient jamais accepté ce compromis par lequel la Commission
a été formée. L’action en cour de la Commission
vise à forcer le gouvernement à remettre des millions de
documents qu’il retient sous prétexte que rassembler les
documents est trop coûteux et en disant que si la Commission
tient à ces documents elle n’a qu’à en défrayer
les coûts elle-même. Jusqu’à maintenant, environ un
million de documents sur un total estimé de quatre millions ont
été soumis à la Commission. C’est d’ailleurs dans
le mandat de la Commission de créer une archive des documents
historiques reliés aux pensionnats autochtones en tant que
partie de la mémoire historique des peuples autochtone et
canadien. Cela n’est pas possible sans toute la documentation.
De quoi a peur le gouvernement Harper ? En 2008, le premier ministre Stephen Harper a présenté des « excuses» au nom du gouvernement fédéral pour ce qui s'est passé dans les écoles résidentielles. Or, devant l'effort de ce gouvernement Harper pour saboter les travaux de la commission, Alvin Fiddler, grand chef adjoint de la nation nishawbe aski du nord de l'Ontario, où vivent beaucoup de personnes qui ont été forcées d'aller dans les écoles résidentielles, a dit qu'après les « excuses» on s'attendait à des mesures concrètes et qu'on voit bien maintenant qu'elles ne valaient rien.
Ni les Canadiens, ni les autochtones qui ont été victimes du système d'écoles résidentielles ne peuvent passer à autre chose sans que toute la vérité soit connue au sujet des abus commis dans ces écoles et que toute l'horreur de cet acte de terrorisme d'État et de génocide culturel contre les peuples autochtones du Canada soit exposée, que l'État soit forcé de rendre des comptes et que des indemnisations soient versées aux victimes pour que cela ne se répète plus jamais. Il est clair que l'hésitation du gouvernement Harper à ce sujet montre qu'il a un autre ordre du jour et c'est de laisser suppurer les plaies historiques pour justifier d'autres crimes contre les peuples autochtones, comme avec la loi C-45, la loi C-27 et les autres lois qui visent à les faire « disparaître » en tant que peuples. Cela ne doit pas passer ! La classe ouvrière et le peuple doivent exiger que toute l'histoire criminelle des écoles résidentielles soit divulguée pour que les victimes puissent obtenir justice et que ces crimes ne se répètent pas. Le gouvernement Harper doit pleinement coopérer avec la Commission de la vérité et de la réconciliation pour qu'elle puisse s'acquitter de son mandat et compléter ses travaux à temps. Justice pour les victimes des écoles résidentielles !
(Sources: Commission
de la vérité et de la réconciliation, Globe and
Mail, La Presse canadienne)
Le 54e anniversaire de la Révolution cubaine
À l'occasion du 54e
anniversaire de la Révolution cubaine, le Parti communiste du
Canada (marxiste-léniniste) envoie ses salutations
révolutionnaires au Parti communiste de Cuba, à sa
direction et à tout le peuple cubain. Nous exprimons notre
appréciation profonde des grands exploits accomplis par le
peuple cubain et sa nation insulaire ainsi qu'au dirigeant
légendaire de la Révolution cubaine, le camarade Fidel
Castro.
Cet anniversaire conclut une suite d'événements extraordinaires qui se sont produits en 2012, avec de nouvelles avancées pour ouvrir la voie au progrès à Cuba. Après l'ouragan Sandy, la Révolution cubaine a montré de nouveau qu'un peuple conscient et organisé peut être à la hauteur des défis lancés par la nature. Au moment où les questions de l'indépendance et du droit à l'autodétermination se posent comme jamais auparavant, on a été témoin en novembre dernier d'une autre victoire du peuple cubain dans sa lutte historique pour préserver et défendre sa nation : pour la 21e fois consécutive, le monde entier a rejeté l'attaque génocidaire de l'empire contre l'île héroïque. Au milieu d'un barrage incessant de désinformation, en commençant par une absence presque totale de reportages en provenance de l'Amérique du Nord, l'Assemblée générale des Nations unies a répudié le blocus par un vote écrasant de 188 contre 3.
Le 54e anniversaire de la Révolution cubaine a
lieu au moment où le peuple cubain participe activement et
consciemment au renouvellement des arrangements de sa
société, en vue de renforcer encore le socialisme et les
réalisations historiques pour créer une
société telle qu'imaginée par José Marti,
une nation « avec tous et pour tous ». Le 54e
anniversaire de la Révolution cubaine est
célébré par tous ceux et celles qui
apprécient véritablement la liberté humaine et la
lutte pour son expansion contre les forces à l'échelle
mondiale encore plus désespérées à mettre
fin à de telles aspirations et à Cuba qui les inspire.


Félicitations ! En avant vers la victoire !
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Marxiste-Léniniste
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