Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 1 - 7 janvier 2013

2013

Une classe, un programme


2013
Une classe, un programme - Déclaration du PCC(M-L) à l'occasion du Nouvel An

Les travailleurs des postes ratifient l'entente de principe par une faible marge
Qu'allons-nous faire maintenant? - Louis Lang

Nécessité d'affirmer les droits ancestraux, constitutionnels et de traités des Premières Nations
Harper est forcé à rencontrer la chef d'Attawapiskat Theresa Spence
Un vaste appui aux revendications des Premières Nations
D'autres actions pour réclamer justice

La mine de diamants De Beers
Aucun bénéfice pour la première nation d'Attawapiskat ni pour les Canadiens

Justice pour les victimes des écoles résidentielles
Pourquoi le gouvernement Harper bloque l'accès aux documents historiques

Le 54e anniversaire de la Révolution cubaine
Hasta la victoria siempre! Le socialisme ou la mort!


2013

Une classe, un programme

Tout au long de 2012, nous avons été témoins au Canada du renforcement de la classe ouvrière en tant qu'une seule classe à la défense des droits de tous et de l'intérêt général de la société. L'année a commencé avec une militante protestation de 800 travailleurs de Rio Tinto à Alma, Québec, qui ont été mis en lockout par le régime néolibéral qui contrôle leur aluminerie, avant même que la convention ne soit échue. Cette lutte et le mouvement grandissant des étudiants du Québec contre la hausse des frais de scolarité sont devenus un phare de résistance et d'organisation de la classe ouvrière contre les attaques néolibérales. Ces luttes ont convaincu beaucoup de travailleurs, jeunes et retraités partout au Canada que les concessions et les politiques d'austérité pour payer les riches ne sont pas inévitables et peuvent être repoussées par la résistance et l'organisation. Puis, l'année s'est terminée avec l'atteinte d'un nouveau sommet de résistance et d'organisation de la classe ouvrière avec la participation active des enseignants et travailleurs de l'éducation de l'Ontario à la défense de leurs droits et de l'éducation publique, en opposition à la loi 115, et avec la résistance des Premières Nations à l'offensive contre leurs droits ancestraux et leurs droits humains.

La revue photographique de l'année 2012 dans Le Marxiste-Léniniste fait la preuve de l'esprit indomptable de la classe ouvrière, des femmes, des jeunes, des retraités et des Premières Nations, déterminés à défendre leurs droits et les droits de tous, à faire échec aux politiques antisociales et à la destruction nationale pour payer les riches et à faire avancer la société vers de nouveaux arrangements politiques du XXIe siècle qui investissent le peuple du pouvoir de décider.

L'année 2013 est maintenant arrivée avec de nouveaux défis dans la bataille de la classe ouvrière et le peuple pour affirmer leurs droits et bâtir le nouveau. Un premier défi est de régler les comptes avec la notion qu'ils doivent se diviser en catégories, en partis politiques et en sectes et ont besoin d'un sauveur qui descende de l'élite dominante pour penser pour eux et leur donner une direction.

Alors même que commence la nouvelle année, nous sommes témoins de tentatives d'entraîner la classe ouvrière dans la division sur la base d'un débat sans fin à propos de l'économie ou à savoir si le Canada est en bonne position comparé aux autres pays. Le premier ministre Harper cite l'économie pour justifier les mesures antisociales qui criminalisent les luttes des travailleurs et violent les droits ancestraux des Premières Nations. Les premiers ministres provinciaux justifient aussi l'injustifiable au nom de l'« économie ».

La réalité est que seule la classe ouvrière est capable d'organiser une économie qui réponde aux besoins de la société. Elle produit la richesse dont dépend la société et a donc intérêt à bâtir une économie qui suffit à ses besoins, plutôt que de détruire l'économie et de remettre nos vastes ressources naturelles et humaines à une oligarchie résolue à poursuivre la destruction nationale et à nous entraîner dans d'autres guerres pour s'enrichir.

La classe ouvrière est une seule classe avec un seul et même programme pour défendre ses droits et l'intérêt général de la société. Elle peut penser pour elle-même, analyser les conditions objectives et ouvrir une voie au progrès de la société.

En 2013, la classe ouvrière peut avancer sur la base d'un programme pour unir tous ceux et celles qui peuvent être unis pour exiger des comptes des gouvernements qui ne défendent pas les droits des travailleurs et du peuple, des Premières Nations, de la nation du Québec, des femmes, des jeunes, des personnes âgées, des minorités nationales, des collectifs comme les travailleurs accidentés et les personnes avec des besoins spéciaux, et de tous ceux et celles qui ont des droits du fait qu'ils sont humains.

Dans cet esprit, la classe ouvrière peut prendre la place qui lui revient à la tête de la société. C'est une nécessité urgente à cause de la destruction nationale qui s'accélère et à cause du danger de guerre généralisée dans lequel le Canada peut être entraîné.

Faisons de l'année 2013 une année où la classe ouvrière renforce sa résistance et son organisation en tant qu'une seule classe par la participation consciente à son programme pour défendre les droits de tous et l'intérêt général de la société.

Notre avenir est dans la lutte pour les droits de tous !
Une classe, un programme !
Arrêtez de payer les riches ! Augmentez les investissements dans les programmes sociaux ! Établissons un gouvernement anti-guerre !

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Les travailleurs des postes ratifient l'entente
de principe par une faible marge

Qu'allons-nous faire maintenant?

Après plus d'un mois d'assemblées de ratification à travers le pays, les travailleurs des postes ont voté à 57 % en faveur de l'entente de principe proposée. Les informations détaillées sur le vote n'ont toujours pas été publiées, mais tout indique que le taux de participation a été très bas. En fait, une des questions les plus importantes qu'il faut discuter (en plus des concessions et des reculs imposés par les conventions collectives) c'est justement la signification d'un si faible taux de participation aux assemblées de ratification.

Si nous voulons bâtir l'organisation dont nous avons besoin pour mobiliser et diriger les travailleurs dans la défense de leurs droits, nous devons regarder en face le fait que lors des deux dernières rondes de négociations (sans inclure la dernière que nous venons de vivre), le taux de participation a été le plus bas de toute l'histoire du STTP. En 2003, sur un total de 44 264 membres, seuls 18 959 ont voté, soit 42,8 %. Au vote de ratification de 2007, 16 384 travailleurs ont voté sur une possibilité de 43 512, soit 37,7 %.

Selon les estimations d'un certain nombre de sections locales il semble que le taux de participation cette fois-ci a été encore plus bas.

Dans sa lettre aux membres du STTP en novembre dernier, le président national Denis Lemelin écrivait : « Les membres ont le choix : accepter le projet de convention collective ou remettre leur destinée entre les mains d'un arbitre nommé par le gouvernement et qui fort probablement imposera une convention collective comportant encore plus de changements négatifs d'envergure qui se répercuteront sur notre pension, nos avantages sociaux et notre sécurité d'emploi. »

Face à des scénarios aussi sombres et à l'ultimatum que la résistance n'est pas possible, ça n'est pas surprenant que les travailleurs se soient tenus loin des assemblées de ratification en si grand nombre. En plus, les travailleurs de plusieurs sections locales se sont retrouvés dans un dilemme où la recommandation des dirigeants et activistes locaux était diamétralement opposée à celle du Conseil exécutif national.

Cette situation ne peut pas perdurer. Nous savons que la Société des postes et le gouvernement Harper sont en train d'intensifier leurs attaques contre les travailleurs des postes et tous les travailleurs du pays et nous n'avons d'autre choix que de renforcer nos organisations et notre capacité à combattre pour nos droits. C'est la seule façon pour nous de prendre notre destin en mains.

En octobre 2010, quand les négociations ont commencé, l'employeur a entrepris les négociations sous le thème « Certaines choses doivent changer pour que le reste ne change pas. » C'était une menace ouverte à l'effet que les travailleurs n'ont d'autre choix que d'accepter les salaires à deux paliers, la perte de leurs congés de maladie et le démantèlement de leur convention collective sinon leurs pertes vont être plus grandes encore. La Société des postes voulait ainsi imposer son propre du jour dans les négociations selon lequel « protéger la viabilité financière de Postes Canada » était la responsabilité à la fois de l'employeur et du syndicat.

On peut lire dans les « Propositions de départ » de Postes Canada en décembre 2010 : « La sécurité individuelle de chacun de nos employés est intimement liée au succès de l'entreprise ». Les travailleurs des postes savent par expérience que cette déclaration est non seulement fausse mais hypocrite. Cela fait des années que Postes Canada fait des profits chaque année et remet des centaines de millions de dollars en dividendes au gouvernement tout en fermant des centaines de stations postales et en coupant de nombreux services dont les Canadiens ont besoin.

La Société des postes va poursuivre ses plans pour la privatisation et privatiser les aspects les plus profitables du service postal en faveur des monopoles internationaux. Loin d'apporter la sécurité, les travailleurs savent que cet ordre du jour n'a fait que leur imposer la plus grande insécurité. Chaque jour, que ce soit par le biais des concessions dans la convention collective ou au nom de la Transformation postale, on lance de nouvelles attaques contre les salaires, les avantages sociaux et les conditions de travail des travailleurs afin de s'accaparer une portion toujours plus grande des profits produits par les travailleurs.

Les travailleurs des postes doivent rejeter cette logique perverse selon laquelle s'il y a réduction des volumes de courrier ou sous-financement des fonds de pension ou toute autre charade inventée par la Société des postes, la solution c'est d'attaquer la sécurité et le moyen de subsistance des travailleurs y compris des retraités. Ce ne sont pas des solutions, mais des prétextes inventés pour forcer les travailleurs à payer pour les activités irrationnelles et destructrices du PDG et du conseil d'administration.

Le droit à la sécurité et à un moyen de subsistance ne sont pas des cadeaux que nous fait la Société des postes. Ces droits nous appartiennent parce que c'est nous qui dispensons le service par notre travail et parce que nous avons combattu pour les défendre dans les conditions les plus difficiles.

Les conditions auxquelles nous faisons face sont maintenant plus difficiles encore. La convention collective comprend de sérieux reculs dont l'imposition d'une échelle de salaires à deux paliers qui réintroduit la discrimination salariale et en avantages sociaux pour les nouveaux engagés ; c'est en essence la même bataille que nous avons menée dans les années 70 et 80 pour l'équité salariale ; il y a également la Transformation postale, que l'employeur refuse de soumettre à la négociation, qui sert à éliminer des emplois et accroître l'exploitation des facteurs et des travailleurs internes et cause une augmentation alarmante des blessures au travail.

Nous devons livrer ces batailles contre les conditions de travail injustes et intenables au niveau local en impliquant la vaste majorité des travailleurs. L'employeur a réduit à rien les négociations, les consultations et même la procédure de griefs. Nous ne pouvons pas nous appuyer sur ces vieilles structures qui ont été démolies. Le syndicat et tous ses membres doivent agir d'une façon nouvelle en concentrant leurs efforts et leurs ressources à organiser la force la plus importante soit la vaste majorité des travailleurs dans la lutte pour défendre leurs droits. Cela signifie que nous devons faire face à toute violation de la santé et de la sécurité, toute mesure disciplinaire injuste, toute extension inhumaine des routes des facteurs et toute autre violation de la convention en donnant de l'information directement sur le plancher de travail et en impliquant les travailleurs dans la discussion des problèmes, dans l'élaboration des solutions et dans la prise de décision sur les actions qui sont appropriées. Impliquer les travailleurs pour qu'ils discutent et décident de comment et quand combattre est crucial pour bâtir l'organisation dont nous avons besoin dans les conditions actuelles.

C'est cette lutte, menée dans chaque section locale du pays, qui va changer les choses en notre faveur et montrer à la Société des postes et au gouvernement la force unie des travailleurs des postes qu'ils n'ont pas vue depuis un bon moment.

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Nécessité d'affirmer les droits ancestraux, constitutionnels
et de traités des Premières Nations

Harper est forcé à rencontrer la chef
d'Attawapiskat Theresa Spence

LML transmet ses salutations militantes à la chef d'Attawapiskat Theresa Spence et à tous les peuples des Premières Nations qui exigent courageusement, encore une fois, le respect de leurs droits ancestraux, constitutionnels et issus de traités. Le Canada n'a pas le droit moral, légal ou autre de fouler aux pieds les droits de quiconque, et certainement pas ceux des Premières Nations sur le territoire desquelles et aux dépens desquelles est bâti le Canada.


La chef Theresa Spence (centre) avec des supporteurs

La vague d'appui populaire à travers le pays aux justes revendications des Premières Nations a forcé le premier ministre Stephen Harper à ravaler son arrogance coloniale et à accepter de rencontrer la chef Spence. La grève de la faim entamée par cette dernière en appui à la demande d'une rencontre de nation à nation avec le premier ministre et un représentant de la couronne pour discuter de l'affirmation des droits des Premières Nations et de l'urgence de la situation dans les communautés autochtones du Canada a eu un effet percutant. Au 25e jour, Stephen Harper a annoncé qu'il rencontrera les chefs des Premières Nations, y compris la chef Spence, le 11 janvier.

La chef Spence a commencé sa grève de la faim le 11 décembre dans le cadre d'une journée nationale d'action pour les droits des Premières Nations organisée par le mouvement Idle No More. Les demandes de la chef Spence et sa grève de la faim sont devenues le cri ralliement d'un puissant essor dans la lutte des peuples autochtones et des Canadiens pour leurs droits et pour l'abrogation de la loi C-45, la deuxième loi omnibus du gouvernement Harper qui, entre autres, remet tous les avoirs publics à des intérêts privés et contient plusieurs lois qui attaquent les droits ancestraux, constitutionnels et issus de traité des Premières Nations. Des gens de toutes les tendances politiques et d'une vaste gamme d'organisations sociales, civiques et culturelles sont allés rencontrer la chef Spence sur l'île Victoria à Ottawa.

Stephen Harper et son gouvernement se sont isolés avec leur attitude coloniale et leur refus de rencontrer la chef Spence. La rencontre qui vient d'être finalement annoncée ne doit pas être une simple manoeuvre de relations publiques. La chef Spence continue sa grève de la faim jusqu'à la rencontre du 11 janvier et jusqu'à ce que les revendications des Premières Nations concernant leurs droits soient essentiellement reconnues.

Faire pression sur Harper, pas sur la chef d'Attawapiskat

La chef Spence a commencé sa grève de la faim le 11 décembre dans le cadre des actions militantes prises par les Premières Nations et leurs alliés partout au Canada, à l'initiative de l'organisation Idle No More, pour exiger une rencontre avec le premier ministre Stephen Harper, la Couronne et les dirigeants des Premières Nations. Elle a appelé à une rencontre dans le but d'aborder la négligence criminelle de l'État canadien vis-à-vis son devoir envers les Premières Nations et son travail de sape envers les traités ancestraux et les droits constitutionnels des Premières Nations. Elle a dit au début qu'elle est prête à mourir pour son peuple si cela devient nécessaire pour faire valoir cette demande.

Durant sa grève de faim, la chef Spence a appelé les peuples du Canada et des Premières Nations à continuer à organiser des rassemblements, des cérémonies et d'autres actions de protestations pour exiger que le premier ministre Harper et le gouverneur-général David Johnston la rencontrent avec les autres dirigeants des Premières Nations. Partout au Canada, plusieurs communautés ont répondu. Par exemple, plus de 200 personnes issues des Premières Nations en Nouvelle-Écosse, incluant de nombreux jeunes, se sont joints à une grève de la faim de quatre jours en appui à la chef Spence. Un groupe de protestataires des Premières Nations et leurs supporteurs provenant de la première nation Aamjiwnaang de Sarnia, en Ontario, ont bloqué pendant deux semaines la voie ferroviaire du CN menant à plusieurs usines chimiques pour faire valoir leurs propres demandes ainsi que faire pression sur Harper pour qu'il rencontre la chef Spence. En plus, deux aînés, Raymond Robinson de la première nation de Cross Lake et Gene Sock, un Mi'kmak, se sont joints à la grève de la faim du chef Spence.

Pendant que la chef Spence continue de recevoir un appui écrasant des Canadiens et des Premières Nations partout au pays, l'État et ses médias ont organisé une diversion sur ce que sont les questions de fond. Se prétendant humanitaire, certains font pression sur la chef Spence pour la convaincre d'abandonner alors que d'autres s'engagent dans des tentatives flagrantes de diviser le mouvement pour les droits des Premières Nations.

Le 30 décembre, la chef Spence a tenu des portes ouvertes devant son tipi, sur l'île Victoria située sur la rivière des Outaouais, face au Parlement. Plus de 20 députés et plusieurs supporteurs et visiteurs, y inclus l'ancien premier ministre Joe Clark, sont venus la visiter. Un bon nombre de députés, tel que le député Craig Scott, ont tenté de la convaincre de mettre fin à sa grève de faim, lui rappelant son état de santé affaibli et suggérant « qu'elle a bien fait passer son message ». Le ministre fédéral de la Santé Leona Aglukkaq et d'autres ministres fédéraux ont aussi fait pression sur la chef pour qu'elle accepte une rencontre avec le ministre des Affaires autochtones, John Duncan, au lieu d'une rencontre avec Harper, une proposition qu'elle a immédiatement rejetée.

Les médias monopolisés ont particulièrement fait des efforts pitoyables pour criminaliser l'action de la chef Spence pour créer une diversion face à l'histoire de crimes commis et encore commis par l'État canadien contre les Premières Nations. L'éditorial du 28 décembre du Globe and Mail suggère que la chef Spence use de « coercition » par sa grève de faim pour rencontrer Harper. L'éditorial décrit cela comme étant « inapproprié » et dit que la chef doit rencontrer le ministre Duncan et ainsi renoncer au principe de négociations de nation à nation. L'éditorial se termine par une déclaration ahurissante que Harper peut « faire un geste magnanime. Il a déjà démontré qu'il est un ami des peuples autochtones. » Seuls les experts de l'équipe éditoriale du Globe and Mail peuvent faire une déclaration pareille quand tout le monde sait que cet « ami » des peuples autochtones à la tête de l'État raciste canadien fait campagne pour mettre fin aux droits ancestraux et aux traités historiques des Premières Nations et pour tenter de les éliminer en tant que peuple. Selon la même logique raciste, un article signé dans le National Post va aussi loin que de suggérer que la chef Spence est une « terroriste » qui « tien les Canadiens en otage ». Ces deux journaux disent que les Premières Nations au Canada vivent dans le passé si elles pensent que les traités historiques signés de bonne foi par leurs ancêtres avec la Couronne sont encore d'actualité.

LML dénonce l'État canadien et ses médias monopolisés pour leurs tentatives de dissuader la chef Spence et de la criminaliser pour son action courageuse. La demande pour des rencontres de nation à nation pour affirmer les droits ancestraux, issus des traités et constitutionnels des Premières Nations est juste. Nous appelons tous nos lecteurs à prêter main forte pour s'assurer que cette position courageuse ait raison.

Appuyons la chef Spence ! Ensemble défendons les droits de tous !

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Un vaste appui aux revendications
des Premières Nations

Des gens de partout expriment leur appui à la prise de position audacieuse de la chef attawapiskat Theresa Spence et à sa grève de la faim en appui aux demandes mises de l'avant par les Premières Nations pour que justice soit faite.

Des syndicats exhortent le premier ministre à rencontrer la chef Spence et au gouvernement d'honorer ses engagements envers les Premières Nations. Parmi ceux-ci, nommons les Congrès du travail du Canada, les Travailleurs canadiens de l'automobile, le Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier, la Fédération des enseignants et enseignantes du secondaire de l'Ontario et plusieurs syndicats du Québec.

« Ce gouvernement doit rencontrer les dirigeants des Premières Nations et entretenir un dialogue sur un ensemble de questions importantes », a dit James Clancy, président du Syndicat national des employées et employés généraux du secteur public. « Le gouvernement devrait laisser tomber ses séances de photos avec les vedettes de l'heure, les nouveaux mariés ou leurs séances d'embrassades avec les bébés. Il devrait plutôt rencontrer la chef Theresa Spence et venir en aide aux communautés des Premières Nations. »

Dans un communiqué de presse, le Réseau national des peuples autochtones de l'Alliance de la fonction publique du Canada déclare en partie : « Le C-45, soi-disant projet de loi sur l'emploi et la croissance, fragilise la plupart des voies navigables au Canada, les laissant sans protection environnementale. Les changements annoncés toucheront durement un grand nombre de membres du Syndicat des travailleurs de l'environnement de l'AFPC ainsi que les peuples des Premières Nations qui s'opposent au projet pipelinier Northern Gateway. Le pipeline traversera des dizaines de communautés autochtones en Colombie- Britannique. »

Warren « Smokey » Thomas, vice-président du Syndicat national des employées et employés généraux du secteur public (Ontario) et président du Syndicat des employées et employés de la fonction publique de l'Ontario (SEEFPO/SNEEGSP) déclare : « La façon d'agir de la part du gouvernement fédéral à l'égard de nos Premières Nations est dégoûtante. Il faut remettre les pendules à l'heure ! ».

Dans une lettre ouverte du Syndicat canadien des travailleuses et travailleurs des postes, nous pouvons lire : « Nous honorons Theresa Spence pour sa position courageuse en faveur de la défense de la terre contre la faillite morale de l'État canadien... Nous vous rendons hommage, chef Spence, vous qui avez été poussée à prendre ces mesures. Nous vous remercions humblement de vos courageux efforts pour garder vivantes ces connaissances et préserver des lieux à l'intention des générations futures. Et nous tenons à vous faire savoir que, même si ce n'était peut-être pas votre intention au départ, votre cause est devenue maintenant la nôtre aussi, celle de tout être qui aspire à vivre de façon durable et en harmonie avec la terre. Nous ajoutons donc notre nom à ceux et celles qui refusent que les peuples des Premières Nations soient dépouillés de leur souveraineté et de leur droit inhérent à la terre et aux ressources et que se poursuive cette relation abusive et injustifiable. »


Au tipi de la chef Spence sur l'île Victoria le 20 décembre

Dans une autre lettre ouverte de la part d'un groupe d'universitaires, ceux-ci affirment : « Nous sommes solidaires avec chef Theresa Spence et les efforts qu'elle déploie pour changer la façon abusive par laquelle le gouvernement canadien ignore, menace et intimide les peuples autochtones. En tant qu'enseignants qui désirent contribuer à un avenir juste et durable, où les droits de tous les Canadiens sont respectés, nous reconnaissons que l'histoire du Canada en est une d'exploitation, de dépossession et de marginalisation des peuples autochtones, de négation de leurs droits et de leur souveraineté, d'indifférence face à leurs souffrances, et, dans plusieurs cas, de destruction de leurs terres. Nous reconnaissons en même temps la force, la résilience et le profond respect qu'entretiennent les communautés autochtones envers la Terre mère. Nous saluons cette mobilisation contre la destruction gouvernementale de l'environnement.

«Nous exhortons tous les Canadiens de s'engager dans des dialogues respectueux sur la question des droits et des traités autochtones, et d'intervenir avec sérieux dans leurs communautés respectives dans le but d'assurer que nos traités soient honorés, mais aussi que soient respectées l'autodétermination et la protection de l'environnement pour les générations futures. »

Des députés de l'opposition ainsi que l'ancien premier ministre Joe Clark ont rendu visite à chef Spence.

Le 30 décembre, par la voix d'un porte-parole, la chef de la première nation d'Attawapiskat a dit que l'appui reçu de la part des autochtones et des non-autochtones dans sa démarche pour rencontrer personnellement le premier ministre Stephen Harper et le gouverneur général David Johnson lui inspirait « une grand humilité ».

« C'est à la fois un appel aux armes et un appel à l'action pacifique et respectueuse, démarche qui reflète nos lois naturelles en tant que nations autochtones », a-t-elle dit dans un communiqué. « Les dirigeants des Premières Nations doivent prendre en mains et contrôler la situation au nom du mouvement à la base. Nous devons, en tant que nation souveraine, raviver cette relation entre nations fondée sur nos droits inhérents et telles que protégées par la constitution. Nous exigeons la place qui nous revient de droit, ici même sur nos terres ancestrales, terres que nous appelons tous Canada. »

(Photos : D. Lerat Ferguson, C. Maloney)

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D'autres actions pour réclamer justice


Barrie, Ontario, 26 décembre 2012.

Dans le cadre de la campagne Idle No More (« fini l'inaction ») en cours depuis le début de décembre 2012, il y a des actions partout au Canada pour exiger le respect des droits ancestraux et de traités des Premières Nations et dénoncer la loi C-45. Des gens de tous les milieux y participent. En font partie les actions tenues du 30 décembre au 1er janvier, des rassemblements, manifestations, danses et blocus de voies ferrées. Elles ont fait suite aux grandes actions du 10 décembre dans plus de 20 endroits et à près de 100 actions du 21 au 23 décembre. On compte aussi un grand nombre d'actions de solidarité tenues aux États-Unis par les Premières Nations pour faire pression sur le gouvernement canadien de même que les actions organisées à l'échelle internationale - en Amérique latine, en Europe et en Nouvelle-Zélande.

Le 2 janvier, des membres de la première nation Kitchenuhmaykoosib Inninuwug (KI) ont entrepris une marche du parlement ontarien à Queens'Park vers la Colline du parlement à Ottawa. Le territoire de la première nation KI a été le site de la signature de l'adhésion au Traité #9 le 5 juillet 1929 dont KI est un des signataires originaux. Elle a signé le traité en tant que marque d'un développement d'une nouvelle relation avec Sa Majesté et ses sujets en tant que partenaires égaux, comme le dénote le texte du traité, et non comme une reddition de vastes territoires. Mark T. Anderson de la première nation KI a dit à ce sujet : « La Couronne s'est engagée à honorer les engagements qu'elle a pris au moment du traité ‘aussi longtemps que le soleil luira, que les cours d'eau couleront et que l'herbe poussera ' [...]Le Canada, par les actions du gouvernement Harper, continue de violer les engagements avec la loi C-45 qui s'attaque à notre peuple, nos terres, nos cours d'eau et notre environnement.[...] En reniant le traité et en le réduisant à rien par ses violations répétées, le Canada met à risque l'existence de notre peuple et la vie de tous les Canadiens. »

La marche entreprise le 2 janvier par la nation KI depuis Queens' Park jusqu'au parlement canadien est en solidarité avec l'appel de la chef Theresa Spence à prendre un engagement envers la reconnaissance et l'application des traités et à forger une nouvelle relation entre la Couronne et les Premières Nations. La marche a franchi Peterborough le 4 janvier.

Un blocus de près de deux semaines d'une voie ferrée du CN a été organisée par la première nation Aamjiwnaang près de Sarnia. Une injonction de la cour a été appliquée le 2 janvier pour démanteler le blocus. Des accusations d'outrage au tribunal ont été portées contre les membres de la nation Aamjiwnaang et le chef de police de Sarnia pour n'avoir pas respecté l'injonction du 21 décembre demandant que le blocus soit démantelé.

Selon Vanessa Grey, une jeune organisatrice du blocus, l'injonction du 2 janvier comportait une différence puisqu'elle commandait à la Police provinciale de l'Ontario d'appliquer l'injonction, ce que la police locale n'avait pas voulu faire. Le groupe a décidé de déplacer son campement hors de la ligne du chemin de fer pour le moment.

Au Québec, des manifestants de la communauté mi'gmaq de Listuguj ont entrepris un blocus de voie ferrée à Pointe-à-la-Croix qui durera aussi longtemps que nécessaire. « Cela a commencé avec des jeunes de notre communauté qui ont senti le besoin impérieux de faire une action en solidarité avec la chef Spence et le mouvement Idle No More », a dit Alexander Morrison, porte-parole des manifestants. « Nous laissons passer les trains de passagers parce que nous sommes conscients que notre combat n'est pas contre les citoyens de ce pays mais bien contre le gouvernement Harper. »

« Ce que nous visons ce sont les trains de marchandises, les trains qui transportent nos ressources qui ont été exploitées sur nos territoires avec peu ou pas de bénéfices pour notre peuple », a dit Morrison.

Les Mohawks de Tyendinaga ont brièvement bloqué une grande voie ferrée entre Toronto et Montréal le 30 décembre. En Colombie-Britannique, la bande autochtone de Seton Lake a mis fin à son blocus de voie ferrée le 30 décembre.

Selon l'Agence de nouvelles APTN, les dirigeants des Premières Nations avaient envisagé des actions de perturbation économique à l'échelle du pays tout entier à la mi-janvier si la demande de la chef d'Attawapiskat Theresa Spence, en grève de la faim, pour une rencontre avec Harper ne s'était pas matérialisée.

LML appelle tout le monde à se mobiliser et à participer aux actions en cours pour faire abroger la loi C-45 et défendre les droits ancestraux et de traités des Premières Nations.

Canada

Victoria


Vancouver


2 janvier 2013



30 décembre 2012

Dawson City, Yukon


Hay River, Territoires du Nord-Ouest


Au bureau de circonscription du premier ministre Harper à Calgary


Première nation weenusk à  Peawanuck, Ontario


Wawa, Ontario


Sault Sainte-Marie, Ontario


Première nation de Serpent River à Cutler, Ontario


Barrage de la première nation amjiwnaang à Sarnia, Ontario



Toronto




Kingston, Ontario


Barrage de la route 105 à Maniwaki, Québec, par la première nation algonquine



Barrage de la première nation mi'kmaq, Listuguj, Québec

États-Unis

New York



Indianapolis, Indiana


Tampa, Floride


Denver, Colorado


Pueblo, Nouveau-Mexique


Las Vegas, Névada


Pasadena, Californie



Sacramento, Californie


Seattle, Washington


Anchorage, Alaska


International

Tijuana, Mexique


San Felipe, Chili



Londres, Royaume-Uni


Édinbourg, Écosse


Gizbourne, Nouvelle-Zélande

(With files form Mediacoop, APTN. Photos: Idle No More, K. Konnyu, M. Bush, M. Abbs, E. Doherty, D. Diamond, M. Nakhavoly D. Sayers, C. Hookimaw, L. Mollins Koene, Mediacoop, T. Wysote, C.A. Sheppard, J. Pope, L. Lovely, N. Sherwood, M. Arellano, LoJ, P. Lopez, F. Sistiague, M. Kennedy, P. Lucaj, K. Leal, S. Jackson)

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La mine de diamants De Beers

Aucun bénéfice pour la première nation d'Attawapiskat ni pour les Canadiens


Des employés de la mine de diamants De Beers Victor, située sur les territoires de la première nation d'Attawapiskat,
en appui à la chef Theresa Spence, le 30 décembre 2012

En janvier 2012, lors d'un dîner-causerie des chefs des Premières Nations tenu à l'occasion d'une conférence de l'assemblée des Premières Nations à Ottawa, la chef Theresa Spence avait déclaré que si sa communauté recevait une part des revenus provenant des ressources à la mine de diamants De Beers Victor, qui opère sur le territoire ancestral de la première nation d'Attawapiskat, celle-ci aurait les moyens de gérer les crises telles la crise du logement dans sa communauté. Chef Spence en est présentement à sa quatrième semaine d'une grève de la faim pour attirer l'attention sur la violation des droits autochtones et issus de traités par le gouvernement Harper et exiger une rencontre avec le premier ministre sur une base de nation à nation. Elle a dit : « Nos terres nous ont été confisquées tandis que le développement de nos terres en termes de bois d'oeuvre, d'hydroélectricité et de mines a créé une richesse illimitée [qui] bénéficie à une poignée de personnes ainsi qu'au gouvernement de l'Ontario et au gouvernement du Canada qui reçoivent d'énormes redevances de la part de De Beers tandis que la communauté ne reçoit rien.»

La mine Victor est la première mine de diamants en Ontario et elle produit environ 600 000 carats de diamants par an. L'entente « résultant en bénéfices» pour la communauté a pris forme après plus de trois ans de négociations et elle touche à tout, y compris le droit de De Beers de passer outre aux réclamations territoriales des Attawapiskats en passant par le menu des repas servis à la cafétéria de la mine. L'existence d'un document légal et les détails qu'on y trouve ne sont pas connus de la plupart des membres de la communauté d'Attawapiskat. Par exemple, presque personne n'est au courant du fait que De Beers a mis sur pied un fonds fiduciaire (comme le patron bienveillant qu'il est) pour la communauté et auquel il a promis de verser environ 30 millions $ pour la durée de la vie de la mine, qui est de 12 ans. La plupart des résidents n'ont pas entendu parler de ce fonds ni comment il est géré ni comment on peut y avoir accès. De Beers déclare que d'autres revenus pourraient être disponibles pour la communauté, mais que ceux-ci devront provenir des redevances versées au gouvernement fédéral et au gouvernement provincial, et non en imposant davantage la compagnie. Mining Watch Canada indique que De Beers est passé maître dans l'art de cacher ses profits, limitant ainsi les taxes qu'elle doit payer, celles-ci devant représenter 12% de ses profits.

Lorsque le site de la mine était en chantier, environ 500 membres de la première nation d'Attawapiskat ont obtenu des emplois de manoeuvre. Maintenant que la mine fonctionne à pleine capacité, moins de 100 travailleurs sont des gens d'Attawapiskat sur une population totale de 2 000 membres, et ces travailleurs sont affectés à la cafétéria ou dans d'autres travaux manuels à la mine, puisque le prérequis pour les autres emplois est au moins d'avoir terminé son secondaire et plusieurs membres de la communauté ne répondent pas à ces exigences. La frustration de la communauté est telle qu'en 2009 ses membres ont bloqué le chemin d'hiver afin d'empêcher l'équipement et les provisions d'arriver à la mine. Cette action avait comme but de forcer De Beers à réviser l'entente « résultant en bénéfices» et à négocier une entente plus favorable avec la communauté.

La chef Theresa Spence a déclaré l'année dernière, à la suite de la crise du logement à Attawapiskat qui avait attiré l'attention du peuple canadien : « Sur notre territoire, nous avons une mine de diamant de classe mondiale, qui est la fierté du gouvernement de l'Ontario et du gouvernement canadien ainsi que de De Beers Canada. Qu'ils soient fiers de cette mine est tout à fait légitime. Par contre, aucun d'eux n'a reconnu les peuples des Premières Nations qui continuent de se servir du territoire à l'exemple de leurs ancêtres. Alors qu'ils en recueillent les richesses, mon peuple tremble de froid dans des taudis, tombe de plus en plus malade, tandis que les précieux diamants de mes terres ornent les bras et le cou des vedettes de Hollywood ainsi que la masse de l'assemblée législative ontarienne. Mon peuple mérite la dignité et des conditions de vie humaines. Lorsque notre communauté a demandé l'aide de nos concitoyens, la réponse du gouvernement à notre simple requête de dignité humaine a été de nous imposer un agent des Indiens colonial.» Souvenons-nous que la communauté avait affirmé sa dignité et ses droits en expulsant cet agent qui recevait 1 300 $ par jour pour ses services.

(Sources : Toronto Star, Northern New Network, Mining Magazine, www.miningwatch.ca, De Beers Canada)

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Justice pour les victimes des écoles résidentielles

Pourquoi le gouvernement Harper bloque
l'accès aux documents historiques

La Commission de vérité et réconciliation (CVR) qui a été formée par une motion du parlement en juin 2008 afin de mettre en lumière les crimes historiques commis contre les peuples autochtones par l’État canadien pendant plus de 130 ans, avec l’appui de diverses églises chrétiennes, surtout anglicanes et catholiques,  a fait appel devant la Cour supérieure de l’Ontario pour clarifier l’obligation du gouvernement Harper de mettre à sa disposition tous les documents relatifs à ce crime historique. Jusqu’au début des années 1990, plus de 150 000 enfants autochtones ont été enlevés violemment à leurs familles et leurs communautés et placés dans des pensionnats, un véritable programme de génocide et de terreur culturelle organisé par l’État visant à « faire disparaître » les peuples autochtones. La plupart des pensionnaires ont connu les traumatismes des abus physiques, mentaux et sexuels. Plusieurs se sont suicidés et, dans certaines écoles, près de 50 % d’entre eux y sont morts et ont été enterrés pour la plupart dans des tombes anonymes.

La Commission de vérité et de réconciliation est elle-même un compromis accepté par les survivants du système des pensionnats autochtones devant le refus du gouvernement Harper de tenir une pleine enquête publique ayant notamment le pouvoir d’appeler des témoins. C’était chose admise que la Commission allait avoir accès à tous les documents d’archives des divers départements gouvernementaux, de la GRC et des autres institutions qui ont été impliquées dans le système des pensionnats. En réalité ce n’est pas ce qui s’est passé. Dès les tous débuts, le gouvernement Harper a entravé le travail de la CVR, ce qui a poussé son président le juge Harry Laforme à démissionner, à peine six mois après avoir été nommé, pour cause « d’ingérence politique ».

Le jeudi 20 décembre, l’avocat de la Commission Julian Falconer a dit devant le juge Stephen Goudge, lors d’une audience à la Cour supérieure de l’Ontario, que si les victimes avaient su que le gouvernement Harper était pour saboter l’enquête, elles n’auraient jamais accepté ce compromis par lequel la Commission a été formée. L’action en cour de la Commission vise à forcer le gouvernement à remettre des millions de documents qu’il retient sous prétexte que  rassembler les documents est trop coûteux et en disant que si la Commission tient à ces documents elle n’a qu’à en défrayer les coûts elle-même. Jusqu’à maintenant, environ un million de documents sur un total estimé de quatre millions ont été soumis à la Commission. C’est d’ailleurs dans le mandat de la Commission de créer une archive des documents historiques reliés aux pensionnats autochtones en tant que partie de la mémoire historique des peuples autochtone et canadien. Cela n’est pas possible sans toute la documentation.

De quoi a peur le gouvernement Harper ? En 2008, le premier ministre Stephen Harper a présenté des « excuses» au nom du gouvernement fédéral pour ce qui s'est passé dans les écoles résidentielles. Or, devant l'effort de ce gouvernement Harper pour saboter les travaux de la commission, Alvin Fiddler, grand chef adjoint de la nation nishawbe aski du nord de l'Ontario, où vivent beaucoup de personnes qui ont été forcées d'aller dans les écoles résidentielles, a dit qu'après les « excuses» on s'attendait à des mesures concrètes et qu'on voit bien maintenant qu'elles ne valaient rien.

Ni les Canadiens, ni les autochtones qui ont été victimes du système d'écoles résidentielles ne peuvent passer à autre chose sans que toute la vérité soit connue au sujet des abus commis dans ces écoles et que toute l'horreur de cet acte de terrorisme d'État et de génocide culturel contre les peuples autochtones du Canada soit exposée, que l'État soit forcé de rendre des comptes et que des indemnisations soient versées aux victimes pour que cela ne se répète plus jamais. Il est clair que l'hésitation du gouvernement Harper à ce sujet montre qu'il a un autre ordre du jour et c'est de laisser suppurer les plaies historiques pour justifier d'autres crimes contre les peuples autochtones, comme avec la loi C-45, la loi C-27 et les autres lois qui visent à les faire « disparaître » en tant que peuples. Cela ne doit pas passer ! La classe ouvrière et le peuple doivent exiger que toute l'histoire criminelle des écoles résidentielles soit divulguée pour que les victimes puissent obtenir justice et que ces crimes ne se répètent pas. Le gouvernement Harper doit pleinement coopérer avec la Commission de la vérité et de la réconciliation pour qu'elle puisse s'acquitter de son mandat et compléter ses travaux à temps. Justice pour les victimes des écoles résidentielles !

(Sources: Commission de la vérité et de la réconciliation, Globe and Mail, La Presse canadienne)


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Le 54e anniversaire de la Révolution cubaine

Hasta la victoria siempre!
Le socialisme ou la mort!

À l'occasion du 54e anniversaire de la Révolution cubaine, le Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste) envoie ses salutations révolutionnaires au Parti communiste de Cuba, à sa direction et à tout le peuple cubain. Nous exprimons notre appréciation profonde des grands exploits accomplis par le peuple cubain et sa nation insulaire ainsi qu'au dirigeant légendaire de la Révolution cubaine, le camarade Fidel Castro.

Cet anniversaire conclut une suite d'événements extraordinaires qui se sont produits en 2012, avec de nouvelles avancées pour ouvrir la voie au progrès à Cuba. Après l'ouragan Sandy, la Révolution cubaine a montré de nouveau qu'un peuple conscient et organisé peut être à la hauteur des défis lancés par la nature. Au moment où les questions de l'indépendance et du droit à l'autodétermination se posent comme jamais auparavant, on a été témoin en novembre dernier d'une autre victoire du peuple cubain dans sa lutte historique pour préserver et défendre sa nation : pour la 21e fois consécutive, le monde entier a rejeté l'attaque génocidaire de l'empire contre l'île héroïque. Au milieu d'un barrage incessant de désinformation, en commençant par une absence presque totale de reportages en provenance de l'Amérique du Nord, l'Assemblée générale des Nations unies a répudié le blocus par un vote écrasant de 188 contre 3.

Le 54e anniversaire de la Révolution cubaine a lieu au moment où le peuple cubain participe activement et consciemment au renouvellement des arrangements de sa société, en vue de renforcer encore le socialisme et les réalisations historiques pour créer une société telle qu'imaginée par José Marti, une nation « avec tous et pour tous ». Le 54e anniversaire de la Révolution cubaine est célébré par tous ceux et celles qui apprécient véritablement la liberté humaine et la lutte pour son expansion contre les forces à l'échelle mondiale encore plus désespérées à mettre fin à de telles aspirations et à Cuba qui les inspire.


Fidel Castro mène les troupes rebelles à La Havane le 8 janvier 1959.

Félicitations ! En avant vers la victoire !

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