Le Marxiste-Léniniste

Numéro 900 - 21 juin 2012

Annexion du Canada aux États-Unis des monopoles d'Amérique du Nord

Combat de brigands sur la rivière Détroit

Combat de brigands sur la rivière Détroit
Le gouvernement Harper consulte les monopoles sur le Périmètre de sécurité
La salubrité des aliments compromise par des coupures et l'harmonisation des règlements - Enver Villamizar
L'intégration de l'appareil de sécurité touchant à l'expédition de fret aérien - Charlie Vita
Le Canada participe au Réseau de surveillance spatiale des États-Unis


Annexion du Canada aux États-Unis des monopoles d'Amérique du Nord

Combat de brigands sur la rivière Détroit

La construction d'un nouveau pont entre Windsor et Détroit fait l'objet d'une lutte de brigands. Le milliardaire américain Matty Maroun à qui appartient le pont Ambassador dépense des millions de dollars pour empêcher qu'un nouveau pont soit construit. Il semble jouir de l'appui de la législature de l'État du Michigan et il finance aussi une pétition qui demande la tenue d'un référendum en novembre pour empêcher la construction d'un deuxième pont.

Les promoteurs les plus avides du nouveau pont sont le gouvernement Harper, le premier ministre de l'Ontario Dalton McGuinty et le gouverneur du Michigan Rick Snyder. Ils ont mijoté en secret un accord de partenariat public-privé en vertu duquel c'est le trésor public canadien qui va éventuellement payer tous les coûts, soit environ 1,5 milliard $, la gestion et l'entretien du pont seront octroyés en contrat à une entreprise privée et les monopoles privés de la construction et de matériaux vont toucher un joli magot.

C'est renversant de voir les politiciens hauts placés des États-Unis et du Michigan jouer l'argument de la pauvreté, dans un pays qui se dit le plus riche du monde, et prétendre que leurs trésors publics sont si vides que le pont ne sera pas construit à moins que le trésor public canadien n'en assume à lui seul tous les coûts, estimés à 1,5 milliard $. Il semble que le premier ministre Harper, avec l'appui tacite de Dalton McGuinty, ait déjà dit oui à une demande aussi outrageante !

C'est ce même Stephen Harper qui ne se lasse pas d'appeler les Canadiens à l'austérité et d'attaquer la classe ouvrière. Il vient d'annoncer la mise à pied de 20 000 fonctionnaires fédéraux et la destruction ou privatisation des services qu'ils dispensent. Il a aussi adopté des lois qui rendent illégales les justes luttes des travailleurs du CP, d'Air Canada et des postes pour de nouvelles conventions collectives.

L'austérité, de toute évidence, ça ne s'applique pas aux manoeuvres pour payer les riches dont le nouveau pont sur la rivière Détroit est un exemple. Il n'y a pas de place pour l'austérité dans les projets de Harper en tant que marionnette en chef d'un Canada annexé trop heureux de verser des centaines de millions de dollars à l'empire américain pour ce qui devrait être un projet public conjoint. Selon Harper, le Canada va éventuellement recouvrer son argent, non par le biais du trésor public des États-Unis ou du Michigan mais avec l'argent du péage qui sera demandé à ceux qui traversent le pont. Les Canadiens vont se faire dépouiller deux et même trois fois : d'abord en payant les monopoles privés de le construction et des matériaux pour tout le projet conjoint sans parler de l'intérêt sur les prêts que les capitalistes financiers vont consentir au gouvernement ; puis en payant le péage pendant des décennies et une fois encore en faisant les frais des mesures d'austérité que le gouvernement dit devoir prendre pour éliminer le déficit et réduire la dette. Toute une générosité de la part de Harper et de McGuinty qui ne se lassent jamais d'avertir les Canadiens que le pays et la province croulent sous les déficits et la dette à l'oligarchie financière, ne peuvent se permettre des programmes sociaux et services publics et doivent soutirer toujours plus de concessions aux travailleurs.

L'absurdité de la chose ne s'arrête pas à l'utilisation des deniers publics canadiens pour payer la partie américaine du projet conjoint. Le gouverneur Snyder du Michigan est en train de préparer un coup contre l'opposition du propriétaire du Pont Ambassador Matty Maroun et de ses alliés à la législature de l'État. Snyder est en train d'organiser en secret un « accord intergouvernemental » qui comprendrait le Michigan, la Maison Blanche, Harper et McGuinty. L'accord permettrait de passer par-dessus l'opposition à l'assemblée législative et il entrerait en vigueur avant la tenue possible d'un référendum en novembre. On a là un nouvel exemple du pouvoir par décret exécutif qui nous montre aussi ce qui arrive quand l'anarchie prévaut et divers intérêts privés luttent pour le contrôle de l'autorité publique afin de faire avancer leurs intérêts.

Un problème a filtré en ce qui concerne l'approvisionnement en acier et autres matériaux qui sont bien sûr une source de profits énormes et de concurrence féroce dans un projet d'une telle envergure. La discorde porte sur les règles d'approvisionnement qui devraient s'appliquer pour ce qui est de l'acier de construction. Une rumeur circule que Harper et peut être aussi McGuinty veulent utiliser de l'acier chinois parce qu'il est moins dispendieux. Cela a mis en colère les intérêts factionnels défendant la politique « achetez américain » d'Obama, même si le pont ne va pas leur coûter un sou. Les tenants de « achetez américain » disent que l'accord intergouvernemental et l'approbation par décret exécutif de la construction du pont sont liés aux 2,2 milliards de dollars américains engagés dans la rénovation de routes et d'autres infrastructures, ce qui signifie selon eux que le nouveau pont tombe sous le coup de la politique « achetez américain », bien qu'il soit entièrement payé par des fonds publics canadiens.

Les médias ont cité à ce sujet le consul général du Canada à Détroit, Roy B. Norton : « Ce soi-disant recours à de l'acier chinois pour construire le nouveau pont à Windsor est de la fiction et du journalisme mal informé. Je ne sais pas où le journaliste a pris ses informations. C'est évident qu'il n'est pas au fait de la politique d'approvisionnement du gouvernement canadien. »

La plupart des Canadiens conviendraient qu'eux non plus « ne sont pas au fait de la politique d'approvisionnement du gouvernement canadien » parce que pour le gouvernement Harper tout est affaire de secret et d'intérêts privés plutôt que de transparence, de discussion et d'opinion publique pour servir et politiser l'intérêt public.

LML voudrait bien que le consul général du Canada ou quelqu'un dans les gouvernements Harper ou McGuinty dise aux Canadiens d'où va venir l'acier si on ne prend pas d'acier chinois. Est-ce qu'il viendra d'une aciérie américaine ? C'est clair qu'il ne viendra pas d'Hamilton Works parce que US Steel refuse de redémarrer le haut fourneau. De plus, la fabrication d'acier de construction a été décimée par douze années de destruction du secteur manufacturier et de l'industrie de l'acier du Canada. Stelco a détruit cette branche de la production dès avant et pendant sa frauduleuse faillite.

Si la construction du pont est financée par les deniers publics des Canadiens, est-ce que l'acier et les autres matériaux nécessaires ne devraient pas provenir du Canada, à tout le moins la moitié ? On peut probablement laisser les États-unis utiliser l'acier qu'ils veulent pour leur partie, eux qui ont été assez généreux pour accepter l'argent public canadien pour payer leur moitié du pont !

On entend des voix maintenant qui disent qu'on pourrait accepter que la politique « achetez américain » s'applique dans ce cas à condition qu'on l'élargisse en une politique annexée « achetez nord-américain ». Il semble que certains dans le camp Obama soient prêts à accepter cette proposition à certaines conditions : « Achetez nord- américain », disent-ils ça peut aller pour le Canada mais pas pour les États-Unis ; cela s'applique particulièrement bien pour le Canada qui n'a pas la capacité de produire l'acier nécessaire parce que l'industrie a été sabotée et prise en main par des monopoles internationaux qui refusent d'accroître et d'investir dans la production locale ; bref l'acier de va être produit en Amérique du Nord, c'est-à-dire aux États-Unis, et non en Chine ou ailleurs. Mais ne nous y méprenons pas, aux États-Unis seule la politique « achetez américain » est acceptable.

Cette position ne bénéficie pas aux travailleurs canadiens et américains et à leur société parce toute cette affaire est un combat de brigands pour décider qui va bénéficier des stratagèmes pour payer les riches. C'est une position dangereuse parce qu'elle risque d'aligner la classe ouvrière du Canada et des États-Unis derrière les États-unis dans leur rivalité inter-impérialiste et inter-monopoliste avec leurs concurrents.

Pour s'opposer à ce diktat impérialiste, Information Update, le bulletin de la section locale 1005 du Syndicat des Métallos à Hamilton, a fait une suggestion au gouvernement. « Plutôt que de donner 550 millions $ au Michigan pour le pont, dites-leur d'utiliser une partie des 2 milliards $ d'argent fédéral américain pour financer leur partie du pont. Le Canada pourrait alors utiliser ces 550 millions $ comme investissement initial pour bâtir notre propre entreprise publique canadienne de fabrication d'acier de construction. En plus, demandez à US Steel de redémarrer notre haut fourneau pour que notre partie du pont soit construite avec de l'acier et par des travailleurs canadiens. » (Information Update, numéro du 7 juin 2012)

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Le gouvernement Harper consulte les
monopoles sur le Périmètre de sécurité

Le gouvernement Harper tient des consultations régulières avec les représentants des plus grands monopoles de l'Amérique du Nord pour que le Périmètre de sécurité serve toujours mieux leurs intérêts. Les consultations avec les monopoles vont bon train tandis que les Canadiens eux n'ont pas de voix au chapitre en ce qui concerne l'annexion du Canada aux États-Unis.

Le 14 mai dernier s'est tenue à Washington une consultation conjointe sur le thème « des déplacements d'affaires transfrontaliers entre les États-Unis et le Canada » Le 24 mai, une consultation semblable s'est tenue à Toronto. Les consultations ont été organisées conjointement par Citoyenneté et Immigration Canada (CIC) et le Département de la Sécurité intérieure des États-Unis avec l'Institut de politique migratoire de Washington comme facilitateur.

Le point principal en discussion aux consultations était la demande des monopoles pour de nouveaux arrangements qui facilitent la mobilité de la main-d'oeuvre en Amérique du Nord afin de satisfaire les besoins des monopoles en main-d'oeuvre très qualifiée et « flexible ».

On peut apprécier à qui profitent les consultations en consultant la liste des organisations qui ont participé à la réunion de Toronto.

BDO Canada ( la 5e plus grande firme comptable du monde)
Association des banquiers canadiens
Conseil canadien des chefs d'entreprise
Canadian Employee Relocation Council
Manufacturiers et exportateurs du Canada
Global Business Travel Association Canada
Canadian Trucking Alliance
Association canadienne de la technologie de l'information
IBM Canada
Marché Maple Leafs
Microsoft Legal and Corporate Affairs Group
Nexen Inc.
Financière Sun Life

Même si le thème de la consultation était la mobilité de la main-d'oeuvre, aucun syndicat ou autre organisation de travailleurs n'y a participé.

Le ministre canadien de la Sécurité publique Vic Toews a fait le commentaire suivant sur les consultations : « La priorité de ce gouvernement demeure les emplois, la croissance et la prospérité à long terme. Ces consultations vont contribuer à l'amélioration du commerce transfrontalier et amener de plus grandes retombées économiques au Canada et aux États-Unis. »

« Des milliards de dollars de marchandises et des centaines de milliers de personnes traversent la frontière chaque jour. Nous voulons entendre de la bouche des gens d'affaires des deux côtés de la frontière comment nous pouvons améliorer les déplacements d'affaires transfrontaliers. Nous sommes en particulier en quête d'idées nouvelles », a dit Jason Kenny le ministre de la Citoyenneté, de l'Immigration et du Multiculturalisme.

« Notre département s'est engagé à travailler avec nos partenaires canadiens pour faciliter les passages transfrontaliers pour raison d'affaires afin de renforcer nos deux économies. Ces consultations conjointes nous permettent d'écouter les gens d'affaires directement et leurs propositions pour améliorer les déplacements et le commerce transfrontaliers. »

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La salubrité des aliments compromise par des coupures et l'harmonisation des règlements

Des changements majeurs touchant au système de salubrité des aliments sont en cours au Canada. Le gouvernement Harper réduit le nombre d'inspecteurs d'aliments à l'Agence canadienne d'inspection des aliments du Canada (ACIA) en plus d'harmoniser les règlements gérant les aliments et drogues dans l'intérêt des monopoles agroalimentaires canadiens, étasuniens et européens en tant que partie intégrante des négociations menant à un Périmètre de sécurité nord-américain ainsi qu'à l'Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l'Union européenne. Pour cacher qu'il s'agit de changements nuisibles à la nation et qui menacent la salubrité alimentaire des Canadiens, ces changements sont présentés comme étant des mesures qui vont venir en aide aux petites et moyennes entreprises.

Ces changements sont conformes aux exigences des plus importants monopoles nord-américains qui sont au poste de commande du Conseil de coopération en matière de réglementation (CCMR), mis sur pied pour superviser le processus d'harmonisation des règlements dans divers domaines entre le Canada et les États-Unis. Lorsque le CCMR a pondu son Plan d'action en tant que partie intégrante des négociations sur le Périmètre de sécurité, il a privilégié, entre autres, des « approches communes à la salubrité des aliments » et « la réduction dans chaque pays du nombre de contrôles systématiques touchant à la salubrité des aliments ». Il a aussi mis de l'avant une simplification « des règles d'homologation pour viandes et volaille, y compris, lorsque possible, la réduction, voire l'élimination, de toute homologation redondante, d'éléments de données et de procédures administratives touchant aux cargaisons expédiées entre le Canada et les États-Unis ».

Le gouvernement Harper agit dans le dos des Canadiens sans qu'il n'y ait aucune discussion sur comment ces changements aux règlements touchant à la salubrité des aliments affecteront la salubrité de l'approvisionnement alimentaire des Canadiens. Le projet de loi S-11 émanant du Sénat, la Loi sur la salubrité des aliments au Canada, a été adopté en première lecture le 7 juin. Le document d'information du gouvernement Harper présente l'objectif du projet de loi comme étant : « Améliorer la surveillance de la salubrité des aliments afin de mieux protéger le consommateur, simplifier et renforcer les pouvoirs prévus dans les lois, et élargir les débouchés sur les marchés internationaux pour l'industrie canadienne. » Au sujet de l'objectif déclaré du projet de loi d' « améliorer la surveillance de la salubrité des aliments », le gouvernement affirme que la loi prévoit de nouvelles interdictions pour dissuader l'altération des aliments, les pratiques trompeuses et la diffusion de faux renseignements, pour optimiser la traçabilité des aliments et resserrer les contrôles à l'importation.

Pour ce qui est du prétendu objectif de « simplifier et renforcer les pouvoirs prévus dans les lois », il « modernisera et simplifiera » la loi dans son état actuel en harmonisant les pouvoirs d'inspection et d'application de la loi sur tous produits alimentaires, « et permettra aux inspecteurs d'être plus efficaces et à l'industrie d'atteindre des niveaux de conformité plus élevés. Résultat : les consommateurs pourront bénéficier d'un système d'approvisionnement alimentaire plus sûr ».

Pour ce qui est d' « élargir les débouchés sur les marchés internationaux pour l'industrie canadienne », il s'agit d'un nouveau pouvoir ministériel permettant de « certifier des produits alimentaires destinés à l'exportation », et qui prévoit un nouveau mécanisme d'examen permettant aux industries réglementées de contester les décisions de l'ACIA. Selon le gouvernement, ce nouveau mécanisme d'examen sera « plus rapide et moins coûteux que le processus judiciaire ».

En plus du projet de loi S-11, qui transformerait complètement les lois canadiennes sur la salubrité des aliments, le gouvernement Harper agit déjà directement sur le terrain en changeant des règlements touchant à la salubrité des aliments.

Le 3 mars, la Gazette du Canada, où les règlements gouvernementaux et les nouvelles lois sont annoncés, le gouvernement Harper a annoncé de vastes amendements aux règlements canadiens de 1990 touchant à l'inspection des viandes pour qu'ils soient conformes à ce que veulent les monopoles par le biais du Conseil de coopération en matière de réglementation.

Ces règlements affectent les abattoirs d'animaux comestibles, la transformation, l'emballage, l'étiquetage, la réfrigération, la congélation et l'entreposage des produits à base de viande. Le but déclaré de ces amendements est de permettre aux petites et moyennes entreprises de mieux répondre aux exigences requises par l'inspection alimentaire fédérale dans leur commerce interprovincial et international. L'objectif n'est pas de garantir que les normes de salubrité des aliments les plus rigoureuses soient adoptées aux États-Unis ou au Canada.

L'objectif déclaré est d'appliquer des amendements pour « simplifier et actualiser les exigences réglementaires de tous les établissements agréés par le fédéral ainsi que de futurs requérants auprès du système fédéral ». Un résumé des changements aux règlements indique que ceux-ci « remplaceront les exigences ou critères normatifs par des exigences basées sur les résultats ». Un autre objectif des amendements est de « rendre les règlements plus conformes aux règlements et aux politiques des principaux partenaires du Canada, y compris les États-Unis et l'Union européenne ».

Entre autres, les amendements proposés facilitent la mise sur pied d'un établissement et le fait que celui-ci puisse respecter les règlements en salubrité des aliments du fédéral. Par exemple, un de ces amendements modifie les exigences en termes de température ambiante dans la transformation de volaille locale, abandonnant la notion d'une température définie (normative) pour une « exigence basée sur les résultats » qui demande tout simplement que la température soit suffisante pour assurer la préservation d'un produit de viande. On n'explique pas qui décidera ce qui est suffisant et selon quel critère, mais ces changements étant introduits au moment où l'on réduit le nombre des inspecteurs des aliments, il n'est pas difficile de conclure que ce sont les compagnies qui décideront de ce qui est « suffisant ».

Un autre exemple de la réduction des normes de salubrité des aliments sont les changements aux règlements touchant à l'importation d'aliments pour animaux à base de boeuf et le danger de l'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB — la maladie de la vache folle). Les amendements disent : « Là où il est question de ESB, modifier « aucun risque » pour « risque négligeable ». Cette modification voudrait dire que des aliments pour animaux contenant du boeuf pourraient être vendus au Canada s'ils proviennent d'un autre pays ou d'une région du Canada qu'on dit à « risque négligeable » d'ESB plutôt que ne représentant « aucun risque » d'ESB, comme cela était exigé avant les modifications.

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L'intégration de l'appareil de sécurité touchant
à l'expédition de fret aérien

Le 31 mai, le gouvernement Harper a annoncé qu'il lançait un système nord-américain de sécurité touchant à l'expédition de fret aérien et qu'il veut étendre ce système à toutes les formes d'expédition de cargaison, qu'elle soit terrestre, maritime ou aérienne. Cet arrangement place le territoire canadien encore plus sous le contrôle du département de la Sécurité intérieure (DSI) des États-Unis. En bref, les biens expédiés au Canada en provenance des États-Unis ne seront pas examinés par les responsables de la sécurité canadiens, mais seulement par le département américain de la sécurité intérieure. Afin de mettre tout ça en place, il semblerait qu'on ait donné aux responsables étasuniens libre accès au « programme de sécurité nationale » du Canada. Les médias ne révèlent que très peu d'information au sujet de ces arrangements. Aucune nouvelle médiatique n'explique si ces arrangements sont réciproques, si des responsables de la sécurité canadiens examinent les biens allant vers les États-Unis en provenance du Canada, si le DSI a autorité sur le territoire canadienne ou encore s'il n'existe plus qu'une seule agence appelée le département de la Sécurité intérieure des États-Unis à laquelle les responsables de la sécurité au Canada seraient intégrés.

Le gouvernement Harper invoque la « sécurité nationale » afin de contrôler tous les aspects de la vie privée des Canadiens. D'autre part, lorsqu'il s'agit du système de transport national et international dont tout le monde dépend, il le place fermement entre les mains du département de la Sécurité des États-Unis. ! Il s'agit bien des États-Unis, puissance impliquée dans diverses formes d'appui clandestin et ouvert aux activités terroristes — celle-là même qui protège le terroriste Luis Posada Carrilles qui a confirmé avoir fait exploser un avion de la ligne Cubana en 1976, tuant ainsi tous les passagers !

Entre-temps, on dit aux Canadiens qu'ils ne doivent pas être au fait de la démarche du gouvernement auprès des États-Unis pour raisons de « sécurité nationale ». Et pourtant, il est clair que ce qui est bon pour les États-Unis ne l'est pas pour les Canadiens.

Le gouvernement Harper dit que depuis qu'il a signé l'entente sur le Périmètre de sécurité en décembre 2011, les responsables canadiens et étasuniens travaillent d'arrache-pied « pour assurer un contrôle proportionnel de la sécurité au sein des programmes de sécurité du fret aérien ». Cette démarche a permis à chaque pays « une étude en règle du Programme de sécurité nationale de chaque pays, y compris la conception du programme, la réglementation, la surveillance et la conformité, la vérification et les visites facilitant la validation sur place ». En somme, cette démarche a permis au Canada et aux États-Unis d' « en arriver à une reconnaissance réciproque du Programme national de sécurité touchant au fret aérien de chaque pays en date du 31 mars 2012 ».

Selon cette nouvelle initiative de « reconnaissance réciproque », la cargaison expédiée à bord un avion de passagers ne sera examinée qu'une seule fois, c'est-à-dire au point d'origine, et ne sera pas examinée à nouveau lorsque transférée sur un avion dans l'autre pays.

Selon le gouvernement, l'exemple suivant illustre bien comment le système fonctionne :

« Une cargaison de jeux électroniques canadiens acquise par une compagnie étasunienne aurait été soumise aux règlements dictés par les deux programmes de fret aérien et examinée à plus d'une reprise avec toute la paperasserie supplémentaire et les frais d'examen additionnels que cela encourt pour l'expéditeur. Maintenant, cette même cargaison ne sera pas à nouveau examinée à son arrivée aux États-Unis avant d'être transférée à un aéronef de passagers. Il en résultera moins de délais dus aux mesures de sécurité. Une fois que les deux pays reconnaissent mutuellement le Programme de sécurité de l'autre pays touchant à la cargaison aérienne, l'efficacité en termes d'examens s'en voit accrue et le lourd fardeau sur l'industrie réduit d'autant. ».

De surcroît, le gouvernement déclare : « La grandeur physique et la configuration de la cargaison varient énormément. Il en va de même pour l'emballage et la mise en caisse ainsi que pour la constitution physique du matériel. Par exemple, la technologie en usage pour examiner une valise ne sera pas la même que pour une palette de pièces détachées de machine.

« Afin de s'ajuster à chacune de ces variantes, le fret aérien au Canada est examiné selon une diversité de méthodes qui comprennent l' inspection physique, les chiens renifleurs, la détection de traces d'explosifs et le balayage par rayons X. Les détails de ces opérations demeurent confidentiels pour des raisons de sécurité ».

L'intention du gouvernement canadien est d'appliquer cette norme à toutes les formes d'expédition de cargaison dans un avenir rapproché. Selon un communiqué gouvernemental : « Le fret aérien n'est que le premier pas. Le Canada et les États-Unis travaillent ensemble pour consolider la coordination, la coopération et les prises de décision appropriées aux frontières pour toute cargaison terrestre ou maritime dans le but d'accroître le commerce bilatéral et de réduire les interruptions occasionnées au commerce et au voyage. Lorsque le Plan d'action sera mis en place de façon intégrale, le principe "une fois examiné, deux fois accepté" s'appliquera à tous les types d'expédition de cargaison ».

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Le Canada participe au Réseau de surveillance spatiale des États-Unis

Le 23 mai, deux jours à peine après le sommet de l'OTAN à Chicago, où les dirigeants de l'OTAN ont annoncé de nouvelles mesures pour intégrer les technologies de surveillance en tant que partie intégrante des préparatifs de guerre de l'OTAN, le ministère de la Défense nationale du Canada (MDN) a annoncé qu'un partenariat à longue échéance avec le département de la Défense nationale des États-Unis sur ses activités de veille de l'espace (SSA) avait été conclu.

Le MDN annonce que le vice-chef de l'état-major de la Défense, le vice-amiral Bruce Donaldson[1] ainsi que Heidi Grant, sous-

secrétaire suppléante des Forces aériennes des États-Unis (Affaires étrangères) ont signé un protocole d'entente du SSA en date du 4 mai. Selon cette entente, les coordonnées provenant du satellite Sapphire, que le MDN lancera sous peu, seront intégrées au système de surveillance de l'espace des États-Unis. Selon le MDN, l'entente vise à « améliorer la capacité de chaque pays de déceler et d'éviter des collisions d'importantes plate-formes spatiales entre elles ou avec tout débris orbital ». Le satellite Sapphire est un « système de capteurs électro-optiques » placés dans l'espace pour surveiller « les débris orbitaux à haute altitude dans l'espace, tant naturels qu'artificiels ». Le lancement est prévu plus tard en 2012.

« La dépendance envers l'expertise dans l'espace et liée aux satellites grandit, et il y a va de même pour toutes activités dans l'espace et de notre capacité d'agir sur la base de ces données », a dit le vice-amiral Donaldson suite à l'annonce.

En dépit des prétentions à l'effet que cette intégration a comme but d' « éviter les collisions entre satellites et débris orbitaux », ce développement est conforme aux arrangements selon lesquels le Canada est de plus en plus intégré aux mesures prises par les États-Unis pour militariser l'espace. Par exemple, en novembre 2011, on a annoncé que le Canada allait dépenser 477 million $ pour participer à un système de communication par satellite du département de la Défense des États-Unis portant le titre de Wideband Global Satellite (WGS) System. Ce système est conçu pour « les combattants étasuniens, leurs alliés et partenaires de la Coalition et leur participation aux conflits de tous genres à l'exception de guerre nucléaire ».

Note

1. Donaldson était antérieurement le dirigeant de Commandement Canada, celui-là même qui a dirigé les opérations au Sommet du G20 à Toronto et aux Olympiques de Vancouver, et est coauteur du rapport annexionniste de NORAD : Cadre pour une plus grande coopération entre le Commandement de la Défense aérospatial nord-américain, le Commandement du Nord des États-

Unis et Commandement Canada. Le rapport élabore les nouveaux arrangements requis pour placer Commandement Canada sous l'emprise « sans failles » du Commandement du Nord étasunien.

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