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Numéro 118 -
16
novembre 2012
Non à
l'«opération pilier de
défense» d'Israël
Solidarité avec Gaza –
manifestations d'urgence
Des activistes
israéliens protestent contre l'attaque
cotnre Gaza devant la
résidence du ministre de la
Défense d'Israël
Ehoud Barak à Tel Aviv, le 14 novembre
2012. Sur les pancartes
en hébreu: «Les assassinats ne font
pas cesser les
missiles» et
«Siège=terreur». (Keren
Manor/Activestills.org)
Non
à l'«opération pilier de
défense»
d'Israël
• Solidarité avec
Gaza – manifestations
d'urgence
• Condamnons l'agression
sioniste contre Gaza
Oui à
Cuba! Non
au blocus!
• L'ONU condamne le blocus
économique
des États-Unis contre Cuba pour la 21e
année
consécutive
• Intervention du ministre
cubain des Affaires
étrangères à l'ONU
Non à
l'«opération
pilier de défense» d'Israël
Solidarité avec Gaza – manifestations
d'urgence
Action
d'urgence contre les attaques
israéliennes
contre
la bande de
Gaza
MONTRÉAL
Vendredi
16 novembre
- 18 h
Vigile devant le Consulat
Général d'Israël
situé au 1, Westmount Square
(à l'ouest de la rue
Atwater, près de Ste- Catherine).
Organisé
par
La Coalition pour la justice et la Paix
en Palestine
(pour les actions ailleurs au Canada, cliquer ici)
|
Le
14 novembre,
Israël a commis un autre de ses attentats
criminels ciblés,
cette fois-ci tuant le leader du mouvement Hamas
Ahmed al-Jabari.
L'attaque aérienne dans un secteur de Gaza
a également
tué son aide Mohammad al-Hams,
décédé
à l'hôpital des blessures subies
durant l'attaque.
Ce crime haineux a été suivi
d'autres
frappes aériennes ciblant plusieurs
secteurs civils de Gaza.
« Les résidents de Gaza sont
soumis à des
frappes par drone, à des bombardements par
chars d'assaut et
à des tirs par bateau dans cette offensive
militaire
démesurée qui frappe sans
discernement »,
écrit
un groupe de résidents internationaux
vivant dans la bande de
Gaza.
Tôt en soirée, les navires de guerre
d'Israël sont entrés dans la mer de
Gaza et se sont
stationnés près de la côte
d'où ils se sont
mis à tirer. Vers 20 heures, les forces
navales avaient
lancé entre 12 et 15 obus en
direction du nord-ouest
de Gaza.
Les
hôpitaux de
l'ensemble de la bande de Gaza ont
été submergés
par l'arrivée de nombreuses victimes.
S'adressant à la
presse à l'extérieur de
l'hôpital al-Shifa, le Dr
Mafed el-Makha el-Makhalalati, ministre de la
Santé, a
expliqué que les hôpitaux
étaient en situation de
pénurie de stock à cause du blocus
en vigueur contre Gaza
et à cause d'une recrudescence des attaques
israéliennes
au cours des dernière semaines, qui ont
fait plusieurs victimes
parmi les enfants, rapporte le groupe de
résidents
internationaux. Piégés dans la bande
de Gaza, les civils
sont des cibles faciles pour les drones
commandés à
distance et les F-16, dit-il, ajoutant en
conclusion :
« Nous faisons appel aux personnes de
conscience partout
dans le monde de s'élever contre cette
agression illégale
contre des civils
palestiniens ».
LML joint sa voix à l'appel
urgent
à la communauté internationale
d'agir
immédiatement pour mettre fin à ces
attaques
meurtrières.
Gaza est une ville à population dense,
soit
1,5 million de personnes vivant sur un
territoire de 225 km
carrés. Lors de l'opération
criminelle appelée
« plomb durci » en
2008-2009, Israël a
tué 1 400 personnes en quelques
semaines, pour la plupart
des civils, dont pas moins de 330
enfants.

Manifestation
à
Ramallah, dans la bande de Gaza, le 14 novembre
2012.

Condamnons l'agression sioniste contre Gaza

La nouvelle offensive d'Israël contre Gaza a
commencé par des tirs des troupes sionistes
contre des civils,
tuant plusieurs personnes. D'abord le
5 novembre, les forces
israéliennes ont tué Ahmad Nabhani,
âgé de
23 ans, parce qu'il s'était
approché de la
frontière avec Israël. Puis le
8 novembre
les forces d'occupation, avec huit chars et quatre
bulldozers, ont
envahi le sud de Gaza et tué un
garçon de 13 ans.
Ces attaques injustifiées faisant des
victimes parmi les civils
aurait, dit-on, provoqué une riposte par
roquettes à
partir de Gaza et les sionistes invoquent ensuite
ces tirs de roquette
pour justifier
l'élargissement de leur offensive contre
Gaza, suivant la
logique hitlérienne du
« châtiment
collectif ». En conférence de
presse le
14 novembre, le ministre de la Défense
d'Israël Ehoud
Barak a dit : « Les provocations
que nous avons subies
et les tirs de roquettes dans les colonisations
de peuplement dans le sud d'Israël nous ont
forcé à
prendre cette action. Je veux qu'il soit clair que
les citoyens
israéliens ne souffriront pas ces attaques.
L'objectif est de
cibler les roquettes et d'infliger des dommages
à l'organisation
du Hamas. »
Le gouvernement Harper s'est joint à la
désinformation en cherchant à
présenter
l'agression et les crimes de guerre des sionistes
comme des gestes de
légitime défense. « Nous
croyons
fondamentalement qu'Israël a le droit de se
défendre et de
défendre ses citoyens contre les menaces
terroristes »,
lit-on dans une déclaration du ministre des
Affaires
étrangères John Baird. Confondant
sionistes et
« peuple juif », le
communiqué
ajoute : « Trop souvent, le peuple
juif se retrouve aux
premières lignes dans la lutte contre le
terrorisme. » Cette diversion
délibérée
est criminelle. La
bande Harper blâme toujours les adversaires
des sionistes en
essayant d'effacer la distinction entre sionistes
et Juifs. Tous les
sionistes ne sont pas juifs, et l'exemple à
donner est Harper
lui-même et les autres sionistes
chrétiens qui constituent
la majorité des sionistes. Et tous les
Juifs ne sont pas
sionistes. C'est délibérément
faire de la désinformation pour ensuite
soutenir que
l'opposition au sionisme est de
l'anti-sémitisme.
Les
médias
rapportent que 20 personnes ont été
tuées
jusqu'à présent à Gaza. De ce
nombre,
12 seraient des civils, dont une femme
enceinte de jumeaux, un
bébé de 11 mois et trois
enfants. Les services
médicaux rapportent qu'il y a des centaines
de blessés.
Ahmed al-Jabari, assassiné lors de
l'attaque du
14 novembre, était le chef de l'aile
militaire du Hamas.
Selon un article du quotidien israélien Haaretz,
qui
cite le pacifiste Gershon Baskin, quelques heures
avant l'attaque,
al-Jabari avait reçu une ébauche
d'accord sur une
trêve permanente avec
Israël comprenant des mécanismes pour
le maintien du
cessez-le-feu en cas de hausse des tensions entre
Israël et les
différents groupes de Gaza.
Baskin a dit aux journalistes que des hauts
placés du gouvernement israélien
étaient au fait
des efforts des services du renseignement
égyptien pour
établir une trêve permanente, mais
ont quand même
approuvé l'assassinat.
Des représentants palestiniens ont
demandé
au Conseil de sécurité de l'ONU
d'intervenir pour mettre
fin à l'opération militaire
d'Israël. Hardeep Singh
Puri, l'ambassadeur de l'Inde à l'ONU qui
préside le
Conseil de sécurité pour le mois de
novembre, a dit en
fin de journée le 14 novembre que le
Conseil
émettrait un communiqué sur le
sujet. Le Conseil de
sécurité a invité des
représentants de la
Palestine et d'Israël à une rencontre
à huis clos et
demandé aux représentants des
15 pays membres de
faire connaître leur point de vue sur les
offensives militaires
d'Israël dans la bande de Gaza, dit-il. La
rencontre
a été convoquée pour
« montrer
l'urgence de la situation », dit Puri,
ajoutant qu'il ne
voulait pas
« spéculer » sur la
réponse spécifique à donner
à l'action
militaire d'Israël.
L'observateur de l'ONU Riyad Mansour a dit
qu'Israël se vantait ouvertement d'avoir
tué des
Palestiniens. Il dit dans sa déclaration
que « des
crimes de guerre sont présentement commis
par Israël contre
le peuple palestinien ».
« La communauté
internationale doit intervenir pour mettre fin
aux politiques et pratiques illégales
d'Israël contre les
Palestiniens. »
LML dénonce les attaques
meurtrières des sionistes contre les
Palestiniens ainsi que
l'appui du gouvernement Harper à ces crimes
et lance l'appel
à tous de participer aux actions d'urgence
convoquées
pour exiger un arrêt immédiat de
l'agression contre Gaza.

Oui à Cuba! Non au blocus!
L'ONU condamne le blocus économique des
États-Unis contre Cuba pour la 21e
année
consécutive

Retentissant appui à la
résolution de
Cuba aux Nations unies contre le
blocus étasunien le 13 novembre
2012. À droite, le
ministre cubain des
Affaires étrangères, Bruno
Rodriguez Parrilla,
reçoit des félicitations
d'autres membres des Nations unies.

Vote aux Nations unies : les
bloqueurs
sont bloqués.
« Excusez-moi, messieurs,
laissez-moi
passer ! » (Granma)
|
Pour la 21e année consécutive,
l'Assemblée générale des
Nations unies a
condamné par une écrasante
majorité le blocus
économique des États-Unis contre
Cuba en votant
massivement en faveur de la résolution
« Nécessité de mettre fin
au blocus
économique, commercial et financier
imposé à Cuba
par
les États-Unis
d'Amérique ». Le mardi
13 novembre, 188 pays membres ont
voté en appui
à Cuba et seulement 3 ont voté
en faveur de la
politique étasunienne (États-Unis,
Israël et Palau).
Trois pays se sont abstenus. Depuis 1992, la
communauté
internationale a toujours condamné et
répudié
l'agression économique des
États-Unis contre le people
cubain. En 2011, par exemple, le vote était
de 186 contre
3. L'isolement des États-Unis auprès
de l'opinion
publique est graphiquement délimité.
La politique étasunienne est en violation
flagrante du droit international et constitue le
principal obstacle au
développement social et économique
de Cuba. Le coût
pour la nation insulaire a été et
est immense : plus
de 100 milliards de dollars. Les États-Unis
imposent leur
politique de guerre économique
au peuple cubain depuis plus de 50 ans.
Encore une fois, les pays du monde ont
rejeté
toute mesure coercitive unilatérale et
extraterritoriale qui
contrevient au droit international et aux
principes de la charte de
l'ONU. Ce vote retentissant représente non
seulement une
victoire pour Cuba, mais aussi une victoire pour
tous ceux et celles
qui appuient et
défendent le droit inaliénable et
inviolable des peuples
à l'autodétermination et à
l'indépendance.

Intervention du ministre cubain des Affaires
étrangères à l'ONU
Intervention de Bruno Rodriguez Parrilla,
ministre des
Relations extérieures de la
République de Cuba, devant
l'Assemblée générale des
Nations unies sur le
point 41 :
« Nécessité de lever le
blocus
économique, commercial et financier
appliqué à
Cuba par les États-Unis
d'Amérique », à
New
York le 13 novembre 2012
Monsieur le Président,

Le
ministre
cubain des relations extérieures
Bruno Rodriguez
Parrilla s'adressant à
l'Assemblée générale
de l'ONU le
13 novembre 2012 (Xinhua)
|
Je tiens, au nom du peuple et du gouvernement
cubains,
à réitérer mes plus
sincères
condoléances au gouvernement et au peuple
des États Unis,
à la ville de New York, aux populations
directement
touchées et, en particulier, aux proches
des victimes pour les
pertes humaines et les graves dommages
matériels
qu'a provoqués le cyclone Sandy.
J'exprime aussi mes condoléances aux
gouvernements et aux peuples des Bahamas,
d'Haïti, de la
Jamaïque, de la République dominicaine
et du Canada pour ce
même phénomène, ainsi
qu'à ceux de Guatemala
et du Mexique pour le récent tremblement de
terre qui les a
frappés.
Monsieur le Président,
Le 6 avril 1960, Lester D. Mallory,
secrétaire d'État adjoint, avait
défini de la
manière la plus concise, la plus exacte et
la plus durable qui
soit, les objectifs du blocus imposé
à Cuba : il faut
créer « le
désenchantement et la
désaffection basés sur
l'insatisfaction et les
difficultés économiques.
[...] ...il faut mettre en pratique au plus vite
tous les moyens
possibles pour affaiblir la vie économique
de Cuba [...] en
refusant à Cuba de l'argent et des
livraisons afin de
réduire les salaires nominaux et
réels, de provoquer la
faim, le désespoir et le renversement du
gouvernement. »
C'est à partir de cette vision que onze
administrations étasuniennes ont suivi sans
succès une
politique inhumaine et anachronique sous les
effets de laquelle sont
nés 76 p. 100 des Cubains. Pourtant,
notre pays n'a jamais
été en état de guerre ni n'a
réalisé
d'actions hostiles contre les États-Unis,
et n'a jamais
permis que des actions terroristes y soient
organisées contre le
peuple étasunien.
En 2008, le candidat Obama avait
enthousiasmé les
Étasuniens par son énergie, ses
origines et son
slogan : « Oui, nous
pouvons. » Trois mois
après, désormais président,
il avait
annoncé « un nouveau
départ avec
Cuba » et affirmé :
« Je crois que
nous pouvons orienter
les relations entre les États-Unis et Cuba
dans une nouvelle
direction et écrire un nouveau chapitre de
rapprochement qui se
poursuivra durant mon mandat. »
Or, de fait, ces quatre dernières
années
se sont caractérisées par une
recrudescence persistante
du blocus économique, commercial et
financier, surtout dans ses
dimensions extraterritoriales, bien que cette
Assemblée
générale ait voté, à
une majorité
grandissante et écrasante, un total de
vingt résolutions
consécutives
réclamant la fin de cette politique.
La maintenir ne répond pas aux
intérêts nationaux des
États-Unis, au
contraire : elle porte préjudice,
surtout à cette
époque de crise économique et de
chômage
élevé, aux intérêts de
leurs citoyens et de
leurs compagnies qui, d'après tous les
sondages, demandent un
changement de politique. Pourquoi restreindre
les droits constitutionnels et civils et la
liberté de
déplacement des Étasuniens en leur
interdisant de visiter
notre île, alors qu'ils peuvent se rendre
pourtant n'importe
où dans le monde, et jusque dans les pays
auxquels leur
gouvernement fait la guerre ?

«Non
à la guerre, non au blocus et non
au terrorisme»
|
Pourquoi renoncer à un nouveau
marché de
onze millions de personnes ? Pourquoi
continuer de dépenser
des centaines de millions de dollars, tirés
de la poche des
contribuables, pour semer, d'une manière
tout aussi
illégale qu'inutile, la subversion à
Cuba ? Pourquoi
détériorer ses relations avec
d'autres
États, alliés y compris, en
appliquant des mesures
extraterritoriales qui violent le droit
international ? Pourquoi
aller à contre-courant de l'approche qui
anime ses rapports
économiques croissants avec des
États à
système politique différent ?
Le blocus lèse aussi les
intérêts
légitimes et discrimine l'émigration
cubaine
installée dans ce pays et dont la grande
majorité est
favorable à la normalisation des rapports
avec sa nation. Il
ôte de la crédibilité à
la politique
extérieure des États-Unis, provoque
son isolement, leur
fait appliquer des deux poids-deux
mesures coûteux, ne leur a pas permis
d'atteindre en cinquante
ans les fins qu'ils poursuivent et
représente un écueil
insurmontable dans leurs relations toujours plus
inconfortables avec
l'Amérique latine et les Caraïbes.
S'il levait ce blocus,
le gouvernement étasunien éviterait
un discrédit
accru de ses politiques humanitaires
et cesserait d'être un violateur
impénitent des droits
humains des Cubains.
Ce même gouvernement pourrait s'abstenir
d'inscrire notre État sur ses listes
illégitimes, comme
celle qui nous qualifie de parrain du terrorisme,
dans le seul but de
justifier des mesures additionnelles contre nos
transactions
financières, ce qui sape
l'efficacité et la
crédibilité de la lutte
internationale contre ce
terrible fléau.
Il n'existe aucun motif légitime ou moral
pour
maintenir ce blocus ancré dans la Guerre
froide. Il reste la
seule arme d'une minorité toujours plus
étriquée,
isolée, violente et arrogante qui en fait
son miel
électoral, qui méprise les
réclamations de la
majorité et se refuse à accepter la
volonté
incoercible des Cubains
de décider de leur destinée.
Monsieur le Président,
Le recours à une rhétorique moins
stridente et moins menaçante et
l'application de mesures
partielles visant à assouplir les voyages
des Cubains et
à en faciliter certains autres de nature
universitaire,
scientifique et culturelle ne sauraient pourtant
occulter le fait que
l'administration Obama a durci le blocus ces
quatre dernières années.
Le rapport du Secrétaire
général,
auquel une quantité significative de
délégations
et d'institutions spécialisées ici
présentes ont
contribué, atteste largement des
préjudices multiples et
divers causés non seulement à mon
pays, mais aussi
à de nombreux gouvernements ici
représentés.
Ainsi, en novembre 2011, le département du
Trésor a infligé une amende de
175 000 dollars
à la succursale newyorkaise de la banque
allemande Commerzbank
pour avoir servi de consultante et de garante
d'une personne naturelle
cubaine dans le paiement à une compagnie
canadienne.

«45
minutes
du blocus équivaut à au
matériel nécessaire
pour construire une école
spéciale.»
|
En juin 2012, le département de la Justice
a
infligé une amende de 619 millions de
dollars à la
banque hollandaise ING pour prétendues
violations du
régime de sanctions imposées
à Cuba et à
d'autres pays. C'est là l'amende la plus
lourde jamais
infligée dans l'histoire à une
banque
étrangère.
Abordant ce fait insolite, M. Adam Szubin,
directeur de
l'Office of Foreign Assets Control (OFAC),
rattaché au
département du Trésor, l'a
justifié sur un ton
menaçant : « Les sanctions
légales
reflètent nos principaux
intérêts en matière
de sécurité nationale et de
politique extérieure,
et l'OFAC les
applique largement. Ce paiement historique doit
servir d'avertissement
clair à quiconque prétendrait
tourner les prohibitions
des États-Unis. »
Durant la première administration du
président Obama, ces amendes se sont
chiffrées à
2 259 732 000 dollars, soit le
double de deux mandats de
George W. Bush !
L'application du blocus dépasse toutes les
bornes
concevables : en décembre 2011,
l'hôtel Hilton de
Trinité-et-Tobago, propriété
de ce pays et sous
contrat de gérance avec la chaîne du
même nom, a
reçu des ordres catégoriques de
l'OFAC d'interdire la
tenue dans ses salons de la Quatrième
Conférence
au sommet des chefs d'État et de
gouvernement des pays membres
de la Communauté des Caraïbes
(CARICOM) et de Cuba, ce qui
a soulevé un tollé international et
a constitué de
l'irrespect à l'égard de toutes les
nations
caribéennes et de la communauté
internationale.
En juillet 2012, deux directeurs de la filiale
française de l'agence de voyage Carlson
Wagon-lit Travel (CWT)
ont été licenciés pour avoir
vendu des voyages
organisés vers Cuba. La
société court le risque de
devoir payer une amende de 38 000 dollars
pour chaque voyage vendu.

«12
heures
du blocus équivaut à une
année d'insuline pour
les 64 000 diabétiques du
pays.»
|
Le 10 mai 2012, moins d'un an après avoir
octroyé les premières autorisations,
bien que très
limitées, concernant des voyages
d'Étasuniens
« à des fins
éducationnelles pour des
échanges peuple à
peuple », le
département du Trésor a interdit les
excursions à
des sites de loisirs et les transactions
financières
en rapport avec les activités touristiques,
et promulgué
de nouvelles mesures encore plus restrictives pour
pouvoir
vérifier que les itinéraires et les
programmes
s'ajustaient bien à la politique
établie contre Cuba. Et
il a annoncé en même temps que la
violation de ces
restrictions serait punie d'amendes de
jusqu'à
65 000 dollars et de la suppression des
autorisations.
Monsieur le Président,
Les dommages humains causés par le blocus
sont
immenses et incalculables : ce sont des
souffrances, des
pénuries, des difficultés qui
touchent chaque famille,
chaque fille et chaque garçon, chaque femme
et chaque homme,
chaque invalide, chaque personne
âgée, chaque malade.
L'hôpital cardiologique pédiatrique
William
Soler ne dispose pas du Levosimendan, un
médicament qui sert
à traiter les problèmes cardiaques
associés
à la capacité de contraction du
coeur chez les petits
enfants, parce qu'il est produit par les
laboratoires Abbott qui a
refusé de le livrer.
Le service de chirurgie cardiovasculaire de cet
hôpital traite tous les ans de cent à
cent dix enfants de
moins d'un an qui, dans 95 p. 100 des cas,
ont besoin d'un
supplément nutritionnel pour pouvoir
être soumis à
une intervention garantissant un meilleur
pronostic. Notre pays n'a pas
accès aux suppléments
nutritionnels à usage parentéral qui
se fabriquent aux
USA et qui sont reconnus parmi les plus efficaces
et de meilleure
qualité.
L'impossibilité d'acquérir des
lambeaux
tissulaires pour expanseur dermique et donc
l'obligation de les
rechercher sur des marchés plus lointains
et à un
coût plus élevé compliquent et
prolongent le
traitement de garçons et de filles
souffrant de brûlures
profondes, car cela allonge la durée de
l'opération et le
séjour
en hôpital.
Le service de stimulateurs cardiaques et
d'électrophysiologie de l'Institut de
cardiologie et de
chirurgie cardiovasculaire ne dispose plus de
l'appareil de mappage
tridimensionnel non fluoroscopique, destiné
à
étudier les points d'arythmie du coeur
humain, parce que la
société étasunienne
Saint-Jude a cessé de
le lui vendre. Ce qui nous interdit de
réaliser des
interventions de cathétérisme et des
traitements d'autre
nature pour soigner des arythmies complexes, et
nous contraint
d'envoyer les patients dans des pays tiers.
Le 6 novembre au soir, le président
Obama a
raconté la guérison de la petite
leucémique Erin
Catherine Potter, âgée de huit ans,
qui vit à
Mentor, dans l'Ohio. Le 28 octobre 2009, j'ai
expliqué dans
cette même salle que les petits Cubains qui
souffrent eux aussi
de leucémie lymphoblastique et font
un rejet des médicaments habituels, ne
peuvent recevoir
l'Elspsar, un médicament créé
justement pour ces
cas d'intolérance, parce que la
société Merck and
Co. n'a pas le droit de nous le vendre. Ces petits
Cubains
méritent eux aussi de la compassion et la
guérison.
J'ai dénoncé le 26 octobre
2012,
toujours dans cette même salle, que nos
services ophtalmologiques
ne peuvent utiliser la thermothérapie
transpupillaire pour
soigner le cancer de la rétine
(rétinoblastome) et
permettre aux enfants de conserver l'oeil malade.
Depuis, quinze
enfants, dont Lianna Aguilera Feria,
un an ; María Sánchez Rosales
et Rochely Mendoza
Rabelo, deux ans ; Erika Rodríguez
Villavicencio, Fidel
Valdés Márquez, Giovanna
Álvarez Torrens et
Magdiel Leyva Suárez, trois ans, l'ont
perdu parce que
l'administration étasunienne interdit
à la
société Iris Medical Instruments de
nous vendre
les équipements médicaux
nécessaires.
Eu égard à ses objectifs
déclarés et à ses effets
directs, le blocus
appliqué à Cuba constitue un acte de
génocide,
conformément aux paragraphes b) et c) de
l'article 2 de la
Convention de Genève pour la
prévention et la
répression du crime de génocide
(1948). Il constitue une
violation massive, flagrante
et systématique des droits humains de tout
un peuple.
Nous nous opposons catégoriquement aux
mesures de
coercition unilatérales et aux sanctions
économiques qui
ne portent préjudice qu'aux êtres
humains. Comme l'a
affirmé le leader historique de notre
Révolution à
cette même tribune, « nous
voulons un monde sans
hégémonismes, sans armes
nucléaires,
sans interventionnismes, sans racisme, sans haines
nationales ni
religieuses, sans outrage à la
souveraineté d'aucun pays,
respectueux de l'indépendance et de
l'autodétermination
des peuples, sans modèles universels qui ne
font aucun cas des
traditions et de la culture de tous les composants
de
l'humanité, sans blocus
cruels qui tuent des hommes, des femmes et des
enfants, des enfants et
des vieillards, telles des bombes atomiques
silencieuses ».
Monsieur le Président,

«Une
journée du blocus
équivaut à 139
autobus
municipaux»
|
Comme le certifie le rapport du Secrétaire
général, les dommages
économiques accumulés
durant ces plus de cinquante ans, jusqu'en 2011,
totalisaient
1,66 billion de dollars, calculés
d'une manière
rigoureuse et au plus bas à partir de la
dépréciation du dollar par rapport
à l'or.
N'importe quelle personne sensée peut
imaginer le
niveau de vie et de développement que nous
aurions pu atteindre
si nous avions disposé de ces ressources.
Le blocus est l'une des causes principales des
problèmes économiques que
connaît notre pays et
l'obstacle essentiel à son
développement
économique et social.
Il viole le droit international, il est contraire
aux
buts et principes de la Charte des Nations unies
et il bafoue le droit
à la paix, au développement et
à la
sécurité d'un État souverain.
Il est une agression
et une menace permanente à la
stabilité d'un pays. Il est
aussi une violation éhontée des
normes du commerce
international, de la liberté de navigation
et des droits
souverains des États de par son
caractère
extraterritorial.
Politique unilatérale, le blocus doit
être
levé unilatéralement.
Monsieur le Président,
Le peuple étasunien, envers lequel Cuba
maintient
des sentiments d'amitié et de respect,
vient de
réélire le président Barack
Obama qui a
répété des dizaines de fois
durant sa campagne
qu'il restait « le président du
changement » et qu' « il
irait de
l'avant ».
Il a maintenant l'occasion d'engager une nouvelle
politique envers Cuba, différente de celle
que ses
prédécesseurs ont suivie pendant
plus d'un
demi-siècle.
Il aura sûrement du mal et il se heurtera
à
des gros obstacles, mais il conserve toutefois les
facultés
constitutionnelles qui lui permettraient, s'il
prêtait l'oreille
à l'opinion publique, de déclencher
la dynamique
nécessaire et de prendre des
décisions exécutives
sans avoir à passer par le Congrès.
Ce serait là,
assurément,
un legs historique.
Il commettrait une lourde erreur de calcul et il
rendrait tout encore plus difficile à
l'avenir s'il misait sur
une nouvelle génération de
dirigeants cubains ou sur
l'effondrement impossible de notre
économie. Ce choix
l'inscrirait alors dans l'histoire comme le
onzième
président à répéter la
même faute.
Je réitère ici, au nom du
président
Raul Castro Ruz, la ferme volonté du
gouvernement cubain
d'avancer vers la normalisation des relations avec
les
États-Unis par un dialogue respectueux,
sans conditions
préalables, sur des bases de
réciprocité et
d'égalité souveraine, sans
amenuisement de notre
indépendance
et de notre souveraineté.
Je propose ici de nouveau à
l'administration
étasunienne un ordre du jour pour un
dialogue bilatéral,
visant à la normalisation des relations et
dont les points clefs
seraient les suivants : levée du
blocus économique,
commercial et financier ; retrait de Cuba de
la liste arbitraire
et illégitime des pays
terroristes ; abrogation de la Loi
d'ajustement cubain et de la
politique dite « pieds secs pieds
mouillés » ; compensation
pour les dommages
économiques et humains ; restitution
du territoire
occupé par la base navale de
Guantánamo ; cessation
des agressions radiophoniques
et télévisées ;
cessation du financement de
la subversion interne.
Une composante clef de cet ordre du jour est la
libération des cinq militants
antiterroristes cubains,
cruellement et injustement emprisonnés ou
retenus aux
États-Unis. Un acte de justice, ou, pour le
moins, une solution
humanitaire susciterait la gratitude de mon peuple
et la réponse
de mon gouvernement.
J'offre aussi, à nouveau, au gouvernement
étasunien de négocier des accords de
coopération
dans des domaines présentant le plus grand
intérêt
mutuel, tels que le combat contre le trafic de
drogues, contre le
terrorisme et contre la traite d'êtres
humains, la
régularisation complète des
relations migratoires, la
prévention
et l'atténuation des catastrophes
naturelles et la protection de
l'environnement et des mers communes. Je propose
aussi de reprendre les
conversations suspendues unilatéralement
par l'autre partie sur
des thèmes migratoires et sur le
rétablissement du
courrier postal.
Excellences,
Messieurs les délégués,
Quoi qu'il en soit, notre peuple défendra
ses
conquêtes à tout prix, persistera
dans ses idéaux,
se relèvera des catastrophes naturelles,
comme celle qui vient
de frapper voilà quelques jours Santiago de
Cuba et les
provinces de l'Est et du centre de notre pays, et
continuera
résolument d'actualiser et de
développer
son socialisme « avec tous et pour le
bien de
tous ».
C'est donc au nom de ce peuple
héroïque, de
ses femmes, de ses personnes âgées,
que je demande aux
gouvernements attachés aux principes de la
Charte des Nations unies et du droit
international, comme les normes du système
de
commerce multilatéral, le libre-commerce et
la liberté de
navigation, et refusant
l'application extraterritoriale de lois
nationales, de voter un fois de
plus le projet de résolution figurant au
document
A/67/L.2 :
« Nécessité de lever le
blocus
économique, commercial et financier
appliqué à
Cuba par les États-Unis
d'Amérique ».
Je vous remercie.

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