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Numéro 115 - 8
novembre 2012
Dépôt du budget du
gouvernement Marois le 20 novembre
Non à l'hystérie du
déficit zéro pour imposer
la primauté du droit de monopole
Dépôt
du
budget
du
gouvernement
Marois
le
20
novembre
• Non à l'hystérie du
déficit zéro pour imposer la primauté du droit de
monopole
Opposition au diktat
antiouvrier des monopoles mondiaux
• La Pocatière: Grève à
Bombardier pour les emplois et les conditions de retraite
• Shawinigan: Les travailleurs de General Cable
face à la tentative de démanteler leur convention
collective
Opposition à
l'offensive antisociale en Ontario
• Ce qui se trame contre les travailleurs du
secteur public pendant la prorogation
• Vaste opposition aux mesures
d'austérité visant les travailleurs - Christine
Nugent
Dépôt du budget du
gouvernement Marois le 20 novembre
Non à l'hystérie du déficit
zéro pour imposer
la primauté du droit de monopole
Le 5 novembre, Nicolas Marceau,
ministre des Finances et de l'Économie du Québec, a
annoncé que son gouvernement déposera le 20 novembre un
budget pour l'année 2013-2014. Selon les observateurs, il est
exceptionnel de présenter un budget à l'automne. La
dernière fois remonte à novembre 2001, quand Pauline
Marois, alors ministre des Finances, avait déposé un
budget pour « stimuler l'économie à la suite des
attentats du 11 septembre ».
Certains disent que cette mesure exceptionnelle est
prise pour garantir que certaines mesures ne seront pas menacées
par un vote de confiance plus tard, puisque ni les libéraux ni
les caquistes ne sont disposés à renverser le
gouvernement à l'heure actuelle. D'autres disent que c'est pour
se dépêcher à rassurer les milieux financiers
concernant le respect des objectifs budgétaires établis.
Ou serait-ce que le gouvernement Marois aimerait garantir la
réalisation des demandes de l'oligarchie financière mais
de façon «équilibrée», en tenant
compte des demandes populaires et en essayant de satisfaire les deux?
Si c'est le cas, il faut reconnaître que cela a
déjà été tenté par d'autres et que
ça n'a pas marché. Malgré toutes les bonnes
intentions, cela ne peut pas être fait parce que l'oligarchie
financière en demande toujours plus et les prescriptions
néolibérales sont définies dans les capitales
financières du monde et les conseils d'administration des grands
monopoles mondiaux, plutôt que par les besoins du peuple et du
Québec. La volonté de «tenir compte» des
demandes du peuple amène justement à poser la question de
qui décide. Si ce n'est pas le peuple, c'est qui?
Le gouvernement libéral de Dalton McGuinty en
Ontario a lui aussi tenté cette «approche
équilibrée» mais il est maintenant en crise parce
que l'oligarchie financière en demande toujours plus et ne
tolère plus d'attendre ou de faire des compromis. C'est la
même chose partout au Canada. Il y a un assaut
généralisé contre les droits du peuple: des lois
sont adoptées pour briser la capacité de défense
des syndicats; des campagnes médiatiques et juridiques sont
lancées pour criminaliser ceux qui défendent les droits;
des ententes secrètes sont conclues avec les monopoles sur
l'exploitation des ressources; des manoeuvres frauduleuses permettent
à des monopoles de voler les pensions des travailleurs,
d'abaisser les conditions de travail en recourant à la
sous-traitance, etc.
C'est pourquoi la réalisation d'un
équilibre budgétaire nous échappe constamment.
L'équilibre
budgétaire est
constamment redéfini. Au Québec on l'avait atteint avec
le «
consensus social » de Lucien Bouchard, par des compressions
drastiques dans les programmes sociaux, mais ensuite quelqu'un a
trouvé une « erreur » de comptabilité et on a
tout simplement reculé l'horloge.
L'offensive antisociale s'est donc poursuivie à fond de train
sous le gouvernement Charest. Le nouveau gouvernement du Parti
Québécois trouve à son tour des «
imprévus » et menace maintenant d'être obligé
de réduire «les mesures coûteuses»
(c-à-d les programmes sociaux et les services pubics).
Alors qui va décider des piorités
budgétaires? La recherche d'un équilibre en l'absence
d'un mouvement politique qui affirme les droits de tous fait place
à une offensive continuelle contre le peuple et ses droits,
tandis que les réclamations des tondeurs de coupons sont
considérées comme intouchables.
Le journal Les Affaires dit qu'« en
bousculant l'agenda, le gouvernement péquiste veut manifestement
rassurer les milieux d'affaires sur le respect de son engagement de
revenir à l'équilibre budgétaire en 2013-2014
». La presse annonce par ailleurs que Pauline Marois se rendra
à New-York en décembre pour rencontrer de hauts
dirigeants des agences de cotation de crédit. Elle devrait leur
présenter le plan de retour à l'équilibre
budgétaire de son gouvernement, qui, comme celui du gouvernement
Charest, prévoit l'atteinte du « déficit
zéro » au terme de l'année financière
2013-2014.
« Nous avons constaté des
dépassements de coûts importants dans plusieurs projets
d'infrastructures et le prolongement de mesures coûteuses dans un
contexte budgétaire difficile, dit le ministre des Finances. De
plus, l'utilisation par l'ancien gouvernement de la compensation de 2,2
milliards $ pour l'harmonisation des taxes de vente afin de combler le
déficit, sans l'identification des gestes récurrents qui
s'imposent pour le maintien de l'équilibre budgétaire,
s'est avérée un choix particulièrement mal
avisé dans les circonstances puisqu'il reste un écart
additionnel de 875 millions $ qu'il faudra résorber dans moins
de deux ans. »
Selon Le Soleil, le budget
comprendra un nouveau palier d'imposition pour les revenus
supérieurs à 100 000 $ qui servira à
financer la nouvelle taxe santé, comme déjà
annoncé, mais limitera également la croissance des
dépenses à 2 %, et non plus à 2,4 % et
reverra le rythme des investissements dans les infrastructures. Les
Affaires affirme que « Québec se prépare
à annoncer de nouvelles mesures, soit de compression des
programmes sociaux, soit d'augmentation des revenus, soit les deux
à la fois. »
Raymond Bachand, porte-parole du Parti libéral du
Québec en matière de Finances, a dit que c'est
l'incapacité du gouvernement Marois à contrôler ses
dépenses qui compromet l'atteinte de la cible de 1,5 milliards $
de déficit et le retour à l'équilibre
budgétaire. Il ajoute à l'hystérie à propos
des « investisseurs» et de la cote de crédit en
disant: « L'improvisation du Parti Québécois
provoque de l'incertitude et un ralentissement des investissements au
Québec. [...] Nous demandons à ce gouvernement de faire
preuve de responsabilité en contrôlant ses dépenses
et en arrêtant les annonces électoralistes. »
Le chef de la Coalition Avenir Québec,
François Legault, dit quant à lui: « Je suis
convaincu qu'on va
trouver une façon de s'arranger avec le gouvernement pour que
dans le discours, peut-être, on ajoute ou qu'on fasse des
ajustements d'une sorte ou l'autre [...] J'ai été
très clair, on n'ira pas défaire un gouvernement sur un
discours. Par contre, s'il y a des mesures dans un budget
déposé d'ici le 15 novembre qui ne font pas notre
affaire, on n'hésitera pas et les 19 députés
seront en Chambre. » Il a déjà averti que la hausse
d'impôt, quelle qu'elle soit, fait partie de mesures « qui
ne font pas notre affaire».
Il faut refuser de se soumettre à
l'hystérie des investisseurs et des agences de cotation de
crédit car cela détourne l'attention de la justesse des
réclamations des travailleurs et du peuple. Il faut s'opposer
à l'idée qu'il est extrémiste de vouloir que le
gouvernement arrête de payer les riches. Ce n'est pas du tout
extrémiste, c'est une question de principe. En effet, c'est au
peuple de décider comment ses richesses vont être
utilisées et partagées. Cela peut se faire
équitablement seulement si c'est basé sur la
réalisation des droits de tous et la défense du droit
public. C'est de cette façon que la société sera
en mesure d'ouvrir la voie au progrès. C'est la soumission au
droit de monopole qui est extrémiste et qui doit cesser. Oui, il
faut négocier avec les intérêts financiers, mais
quand est-ce qu'une négociation inclut vendre sa mère?
Jamais!
Arrêtons de payer
les riches!
Augmentons les investissements dans les programmes sociaux!

Opposition au diktat antiouvrier des
monopoles mondiaux
La Pocatière: Grève à Bombardier
pour
les emplois et les conditions de retraite
La Pocatière, 1er
novembre 2012
Le 1er novembre, excédés par le refus de
Bombardier de négocier sérieusement avec eux et
même de présenter une offre globale après
39 séances de négociations, les travailleurs de
Bombardier de La Pocatière ont déclenché la
grève. Ils font du piquetage 24 heures sur 24 et
7 jours sur 7 et demandent l'appui de tous les travailleurs
de la région, un appui qu'ils méritent pleinement puisque
leur combat en est un pour la préservation des emplois
manufacturiers avec des conditions décentes à l'usine et
dans toute la région du Bas Saint-Laurent.
Les grandes questions en litige dans la grève
sont la sous-traitance, le régime de retraite et les salaires.
La convention collective est échue depuis le 30 septembre
2011 et les choses n'ont toujours pas bougé, même
après 39 rencontres. Les travailleurs ont d'ailleurs
décidé de sortir en grève suite à deux
journées de négociations devant le conciliateur les 30 et
31 octobre derniers lorsque les représentants de Bombardier
ont présenté des offres sur des points spécifiques
qui selon les travailleurs sont des reculs même par rapport au
contenu de la convention collective échue il y a plus d'un an.
Quelques jours avant d'aller en grève, le 27 octobre, les
travailleurs avaient voté à plus de 95 % des membres
présents un mandat de grève pour faire pression sur la
compagnie afin qu'elle se décide à négocier sur la
base de leurs demandes et préoccupations. Les travailleurs en
grève sont membres du Syndicat des employés de Bombardier
de La Pocatière affilié à la CSN. Ils sont environ
330 travailleurs actifs en ce moment et ils produisent des wagons de
métro.
Même si peu de détails ont filtré
sur les négociations, c'est connu que la question
première pour les travailleurs est de limiter la sous-traitance
qui abaisse le nombre d'employés à l'usine encore plus
vite que les changements technologiques. En 2006, les travailleurs de
la production étaient plus de 1000 à l'usine et
aujourd'hui ils ne sont plus que 330 environ. La sous-traitance
à Bombardier se fait à la fois au sein des usines de
l'empire Bombardier à travers ses usines du Canada, des
États-Unis et du Mexique et elle se fait aussi par l'envoi de
travail autrefois effectué par les travailleurs de Bombardier
vers des usines appartenant à d'autres entreprises. Bombardier
déplace sa production sans aucun égard à l'impact
que cela a sur les travailleurs et les communautés et sans
même donner d'explication.
La destruction du secteur manufacturier est
justifiée en invoquant le dogme néolibéral que les
travailleur sont un « coût » et non pas ceux
là mêmes qui créent toute la richesse, et qu'il est
nécessaire de réduire ces « coûts »
pour être concurrentiel sur les marchés mondiaux. Les
travailleurs n'acceptent pas de voir disparaître leur moyen de
subsistance. L'usine de La Pocatière est l'une des seules des
grosses usines manufacturières qui restent dans la région
et toute réduction de l'activité à l'usine a vite
des répercussions sur l'activité industrielle de toute la
région.
La plus grosse question en ce qui concerne la
sous-traitance concerne l'octroi en 2010 du contrat de fabrication de
la nouvelle flotte de 468 wagons pour le métro de
Montréal. Quelque temps avant d'obtenir le contrat, Bombardier
avait décidé, en invoquant le Buy America Act, de
transférer
la
part
de
la
fabrication
des
wagons
pour le
métro de Chicago, qui se faisait à La Pocatière,
à son usine de Plattsburgh. Les travailleurs de La
Pocatière ont toujours dit que cet argument de Bombardier
était faux et intéressé puisque dans leur
activité de production des wagons de métro pour les
villes américaines, ils utilisaient depuis longtemps des
composantes fabriquées aux États-Unis et respectaient les
pourcentages requis par la législation américaine.
Malgré cela, pour éviter des procédures
légales très onéreuses à contester le geste
de Bombardier, les travailleurs se sont saisis de l'occasion du contrat
de Montréal pour signer une entente avec Bombardier selon
laquelle les pièces primaires de même que les sous-
ensembles mineurs et majeurs des wagons de Montréal seraient
construits à La Pocatière.
Les travailleurs disent que Bombardier a violé
cette entente et que la compagnie fait fabriquer ces composantes
là où bon lui semble. Le syndicat a levé un grief
à ce sujet qui sera entendu d'ici la fin de l'année.
C'est donc d'autant plus important pour les travailleurs de faire
inscrire dans la convention des limitations à la sous-traitance
afin de faire tout en leur possible pour préserver les emplois
manufacturiers à l'usine et dans la région.
Le Marxiste-Léniniste appuie fermement
le juste combat des travailleurs de Bombardier contre la destruction du
secteur manufacturier.

Shawinigan: Les travailleurs de General Cable face
à la tentative de démanteler leur convention collective
Les travailleurs de General Cable à Shawinigan
sont sous le coup des demandes de leur nouvel employeur, le monopole
américain General Cable, qui équivalent à une
réécriture complète de leur convention collective.
L'usine faisait partie de Cable Alcan, une division de Rio Tinto Alcan
jusqu'à l'été 2012 lorsque RTA l'a vendue
à General Cable. Le monopole américain est un des plus
gros producteurs de câbles pour les secteurs des communications
et de l'énergie avec 55 usines dans 25 pays.
L'usine de Shawinigan produit notamment des bandes
plates en aluminium de même que des câbles d'aluminium pour
Hydro-Québec qui servent à amener le courant des
centrales hydro-électriques jusqu'à leur point
d'utilisation. Les quelque 130 travailleurs de l'usine Saint-Maurice
sont membres du Syndicat national de l'usine Saint-Maurice
affilié à la CSN.
Le 17 septembre, la convention collective d'une
durée de cinq ans avec Rio Tinto Alcan est venue à terme.
Lorsque les représentants du syndicat se sont
présentés à la table de négociations, ils
se sont vite aperçus que General Cable voulait démanteler
leur convention collective et ne se cachaient même pas de ne
vouloir rien négocier du tout avec le syndicat.
« Quand nous nous sommes assis à la
table de négociations, a dit au LML Steve Dupont,
président du syndicat de l'usine, le représentant de la
compagnie nous a dit que l'offre de la compagnie n'était pas
à prendre point par point mais comme un tout. Il a ajouté
que la compagnie avait besoin que le tout soit accepté par nous,
et que cela n'était pas négociable. Nous avons dit
qu'alors il n'y aura pas de négociations ! Il a dit que
non, la compagnie va faire une restructuration complète de
l'usine. Il n'y a pas de choix. Vous devez accepter l'offre dans son
ensemble. »
« Ils sont arrivés avec des coupures
de salaires de 25 % à 30 %, selon les
métiers », a dit Dupont au journal Le
Nouvelliste. « Si on calcule également le fonds
de pension, les avantages sociaux qu'ils veulent nous enlever, je
dirais que la diminution frôle même 35 % à
certains endroits. Ça n'a pas de sens. »
Les travailleurs qu'on appelle les remplaçants
sont censés quant à eux subir une coupure de salaires de
20 %. Ce sont les travailleurs engagés le plus
récemment à l'usine. Ils n'ont pas de poste
préétabli, mais sont utilisés pour faire des
remplacements, par exemple lorsqu'un travailleur est malade. Leurs
conditions de travail sont inférieures à celles des
autres. Les autres principaux points des demandes de General Cable
concernent le fonds de pension et la sous-traitance.
« Notre fonds de pension a été
transféré dans une fiducie. Il va falloir qu'on
négocie la structure du fonds de pension. C'est une grande
source d'inquiétude pour les gens. Pour l'instant, le fonds de
pension est appliqué comme il l'a toujours été.
Mais ils doivent enregistrer un nouveau régime et on ne sait pas
comment cela va fonctionner. Est-ce qu'il va être à
prestations déterminées ou à cotisations
déterminées, nous ne le savons pas. Tout ça reste
à être négocié. De la sous-traitance, on
n'en a pas encore et on veut que ça reste comme ça. Dans
leur offre il y a un article qui parle de la sous-traitance. Nous avons
des concierges bien rémunérés et ils veulent nous
les enlever et donner leurs emplois en sous-traitance. On ne veut pas
laisser rentrer cela. Remarquez qu'avec les coupures de salaires qu'ils
nous demandent, on peut dire qu'ils veulent nous traiter tous comme des
sous-traitants. »
En plus des demandes de concessions, la compagnie a mis
à pied environ 20 travailleurs remplaçants ces deux
dernières semaines.
Le président du syndicat a dit au LML
que les travailleurs sont prêts à se battre si la
compagnie ne recule pas dans son diktat et ses demandes de concessions.
« La compagnie ne veut pas que cette usine
devienne une usine-étalon pour ses autres usines en vertu de nos
bonnes conditions. Elle veut nous ramener au niveau des conditions de
travail de son usine de Saint-Jérôme. (Steve Dupont se
réfère ici à la lutte très âpre que
les travailleurs de l'usine de Saint-Jérôme ont
livrée pendant plus d'un an en 2008-2009 contre les
demandes de concessions de General Cable. Les travailleurs avaient
été capables d'écarter certaines des concessions,
mais leurs conditions de travail s'en étaient tout de même
trouvé amoindries — NDLR). En fait, l'offre qu'ils nous
ont faite est plus basse que celle qu'ils avaient faite à
Saint-Jérôme au début de leurs négociations.
Nous n'allons pas accepter ça. Depuis que nous avons
été achetés d'abord par Rio Tinto et maintenant
par General Cable, nos conditions de travail n'ont cessé de
s'amoindrir. Nous sommes déterminés à nous battre
si la compagnie ne recule pas et nos travailleurs portent en ce moment
des macarons qui expriment leur solidarité avec le comité
de négociation. On va mettre plus de pression sur la compagnie
si elle ne retire pas ses demandes inacceptables. »

Opposition à l'offensive
antisociale en Ontario
Ce qui se trame contre les travailleurs
du secteur public pendant la prorogation
de l'Assemblée législative
Le gouvernement libéral de l'Ontario vient
d'annoncer ses couleurs sur la question des régimes de retraite
à cotisations déterminées de 227 000
travailleurs des services publics en soins de santé et des
collèges communautaires. C'est la toute dernière
manoeuvre du gouvernement McGuinty dans sa vaste offensive contre les
droits et les moyens de subsistance des travailleurs du secteur public
ontarien, et ce, pendant que l'Assemblée législative est
prorogée.
Le 23 octobre, le ministre ontarien des Finances
Dwight Duncan a dit qu'il avait réussi à imposer des
changements aux cotisations gouvernementales touchant aux
régimes de retraite des travailleurs du secteur public. Duncan a
fièrement annoncé aux médias que ces changements
permettront au gouvernement de ne pas respecter ses engagements envers
ses cotisations au régime de retraite de l'ordre de
1,5 milliards $ au cours des cinq prochaines années.
Lors de l'annonce, Duncan a même vanté le
fait que la prorogation antidémocratique de l'Assemblée
législative par le Parti libéral s'était
avérée une stratégie des plus efficaces pour
imposer l'offensive néolibérale des riches.
« Les ententes que nous venons de conclure sont la preuve
vivante que le gouvernement peut accomplir son travail même
lorsque l'Assemblée n'est pas en session », a-t-il
affirmé aux médias.
Ces mesures changeront la donne en ce qui touche aux
prestations de retraite des nouveaux retraités qui verront leurs
prestations diminuer si les méthodes frauduleuses servant
à calculer le régime de retraite venaient à
découvrir des « déficits ».
Advenant un revenu moindre des fonds de placement, on fera payer ce
manque à gagner aux retraités, transformant dans les
faits ces régimes à prestations déterminées
en une sorte de régime hybride à cotisations
déterminées.
L'annonce de Duncan a été faite au
lendemain de rencontres le 22 octobre avec les partenaires
syndicaux des régimes de pension. Bien qu'on prétende
qu'il s'agisse de « négociations », ces
rencontres se sont tenues dans une ambiance de menace puisque Duncan a
laissé entendre que le gouvernement imposerait ces changements
par le biais de mesures législatives s'il n'y avait pas
d'entente avec les partenaires syndicaux des régimes. Les
régimes de retraite affectés sont le Healthcare of
Ontario Pension Plan (HOOP), le régime de retraite du Syndicat
des employés de la fonction publique de l'Ontario (OPSEUPP)
ainsi que le régime de retraite des Collèges des arts
appliqués et de technologie (CAATTPP) :
Régimes de
pension du secteur public du grand Ontario
Syndicat des employés de la fonction publique: 47 000 membres
Teacher's Pension Plan: 175 000 membres
Healthcare of Ontario Pension Plan: 170 000 membres
Collèges des arts appliqués et de technologie: 19 000
membres
Il semblerait qu'au cours des rencontres, Duncan ait
proposé un compromis pour restreindre, du moins de façon
temporaire, le plan d'imposer une absorption des régimes de
pension des travailleurs du secteur public par des
« superfunds ». Le OPSEUPP et le CAATTPP ont
été exemptés du projet d'amalgamation des fonds
promu par le conseiller spécial de Dwight Duncan sur la
réforme des régimes de pension des travailleurs du
secteur public, Bill Morneau. Il y a à l'heure actuelle une
certaine discussion parmi les travailleurs à l'effet que cette
menace d'imposer l'absorption des régimes de pension n'aurait
été qu'une façon de faire pression sur les
copartenaires des régimes syndicaux.
Les partenaires syndicaux du régime des
enseignantes et enseignants de l'Ontario refusent les changements
imposés par le gouvernement à leur régime de
pension. Il s'agit d'un des régimes de retraite le plus
important au pays et ses membres ont refusé de s'en laisser
imposer. De surcroît, les enseignants de l'Ontario ont
déjà subi de sérieuses réductions de leurs
prestations de retraite ces dernières années. Aussi, les
ajustements face à l'inflation pour les enseignants prenant leur
retraite après 2010 ont été réduits tandis
que les cotisations payées par les enseignants actifs ont
monté en flèche. Devant le refus des enseignants, Duncan
a riposté par de nouvelles menaces : « Nous
avons toujours les moyens de forcer une entente par voie de
législation, mais je crois qu'il y a encore espoir qu'ils
reviennent sur leur décision. »
Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) a
aussi refusé d'endosser les changements. Le SCFP
représente 30 000 travailleurs d'hôpitaux dans des
centaines d'unités de négociation qui sont membres du
HOPP — soit 18 % des membres actifs du HOPP. Dans son arrogance,
Duncan a tout simplement réduit l'opposition du SCFP à
une question « interne entre les membres du conseil
d'administration du HOPP ».
Les changements que le
gouvernement ontarien cherche à imposer aux travailleurs au
moyen de chantage et de menaces poussent les régimes de pension
des travailleurs du secteur public dans une direction
diamétralement opposée à celle exigées par
la classe ouvrière. Les travailleurs à travers le pays
mènent une lutte pour défendre leurs régimes de
retraite à prestations déterminées, à la
fois pour ceux qui en bénéficient déjà,
mais aussi pour les futurs retraités de sorte à ce que
tous soient protégés par le gouvernement.
Pour les travailleurs, la lutte pour les régimes
de retraite en tant que droit pour chaque travailleur et travailleuse
de prendre sa retraite dans la dignité et la
sécurité doit être gagnée. Les attaques du
gouvernement libéral ne réussiront qu'à attiser
l'opposition à sa croisade antiouvrière ainsi que la
crise de légitimité qui tenaille le Parti libéral
au pouvoir.

Vaste opposition aux mesures d'austérité
visant les travailleurs
- Christine Nugent -
Le 18 octobre, le Syndicat canadien de la fonction
publique (SCFP) section Ontario a organisé une réunion de
délégués de tous les secteurs syndicaux à
Richmond Hill. Les participants y ont adopté à
l'unanimité une résolution à l'effet de
déclencher une campagne à l'échelle de la province
et dans tous les secteurs pour défendre les droits des
travailleurs contre les attaques menées contre eux. Le
SCFP-Ontario représente 230 000 travailleurs du secteur public,
qui travaillent en soins de santé, dans les
municipalités, dans les services sociaux, dans Hydro One et
Ontario Power Generation, pour des agences à but non-lucratif
qui reçoivent des subventions provinciales, ainsi qu'en
éducation. Le secteur de l'éducation comprend 55 000
secrétaires, gardiens, éducateurs
spécialisés, éducateurs de la petite enfance,
moniteurs, bibliothécaires, surveillants de dîners et
autres personnels de soutien des écoles anglaises,
françaises, publiques, séparées, primaires et
secondaires de l'Ontario.
Le but premier de la réunion : organiser la
résistance à la mise en oeuvre de la loi 115, Loi donnant la priorité aux
élèves, adoptée récemment par le
gouvernement McGuinty dans le but d'attaquer les droits des enseignants
et des travailleurs de l'éducation.
Les délégués ont aussi
discuté de l'avant-projet de loi, la Loi protégeant les services publics
qu'a annoncé le ministre des Finances, Dwight Duncan, le 26
septembre, et qui fait partie des efforts déployés par le
gouvernement McGuinty pour réduire les programmes sociaux de 13
milliards $, détruire les services publics et réduire le
nombre de travailleurs qui fournissent et qui défendent ces
services.[1]
« La réponse claire de nos
délégués nous donne un mandat sans
équivoque pour la mobilisation intense de nos membres de Kenora
à Cochrane, de Windsor à Cornwall, et dans tous les coins
de l'Ontario», a dit le président du SCFP Ontario, Fred
Hahn. « En adoptant à l'unanimité la
résolution du SCFP-Ontario, les responsables de secteurs ont
exprimé leur engagement et leur détermination à ne
pas laisser passer des lois qui en bout de ligne minent les droits de
tous les travailleurs », a-t-il dit.
« Nous prendrons toutes les mesures à notre
disposition pour défendre les droits du peuple », a
déclaré Candace Rennick,
secrétaire-trésorière du SCFP-Ontario. «
L'énergie dégagée aujourd'hui est palpable et les
délégués vont transmettre cette énergie
dans chacune de leurs communautés. Nous les aiderons dans cette
mobilisation du début à la fin de cette campagne. »
Pour des informations au sujet de cette campagne et
comment participer aux évènements dans votre
communauté et dans l'ensemble de la province, visitez le site
web de SCFP Ontario.
Note
1. Pour en savoir plus long au sujet de la Loi protégeant les services publics,
voir
le
Ontario
Political
Forum
du
1
octobre
2012 - volume 2,
numéro 1

Lisez Le
Marxiste-Léniniste
Site web: www.pccml.ca Courriel: redaction@cpcml.ca
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