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Numéro 109 - 26
octobre 2012
Ouverture de l'Assemblée
nationale le 30 octobre
Le gouvernement Marois prépare
son agenda parlementaire
Ouverture
de
l'Assemblée
nationale
le
30 octobre
• Le gouvernement Marois prépare son
agenda parlementaire
À titre
d'information
• Le ministre des Finances énonce la
position du gouvernement sur la taxe santé et les hausses
d'impôts
• Projet de loi sur le financement des partis
politiques
Entraînement
tactique de militaires dans le port de Montréal
• Non à la militarisation de l'espace
public! Non à la propagande de guerre dans le port de
Montréal!
Ouverture de l'Assemblée nationale
le 30 octobre
Le gouvernement Marois prépare
son agenda parlementaire
La 40e législature de l'Assemblée
nationale issue de l'élection du 4 septembre ouvrira sa
première session parlementaire le 30 octobre. Pendant que le
nouveau gouvernement du Parti québécois prépare
les priorités qu'il énoncera dans son discours inaugural,
un climat de tractations s'est installé par lequel le
système de partis de cartel agit dans le sens de priver le
peuple de la possibilité d'exercer un contrôle sur les
décisions prises au parlement. La voix
des travailleurs, des jeunes, des femmes et de tous ceux qui
réclament leurs droits et la préservation du bien public
est complètement marginalisée. Cela se fait au nom de la
« civilité » et de la
« coopération » à
l'Assemblée nationale.
Le 5 octobre, le ministre des Finances Nicolas
Marceau a déposé le Rapport mensuel des
opérations financières. Il a annoncé
qu'« un premier examen des finances publiques indique que
les risques concernant la situation budgétaire sont plus
sérieux que ne l'avait laissé entendre mon
prédécesseur », mais que
« cela ne nous empêche pas de réaffirmer
l'engagement du gouvernement à respecter les objectifs
budgétaires » fixés par le gouvernement
libéral. Il a rappelé que « l'adoption de la Loi
sur
l'équilibre
budgétaire et l'atteinte du
déficit zéro sont deux réalisations d'un
gouvernement du Parti québécois » et que le
déficit pour 2012-2013 sera maintenu à
1,5 milliard $.
Il y a donc un « trou » de
1,6 milliard $ laissé par le gouvernement
libéral pour l'année 2012-2013, dit-il. Il s'agit
de 1,1 milliard $ de dépenses non
prévues et d'un déficit additionnel de revenus de 500
millions $ qu'il attribue à une croissance moins rapide de
l'économie du Québec pour l'année qui vient.
Quelques jours
après l'élection du 4 septembre, Raymond Bachand,
alors encore ministre des Finances, avait évalué le trou
causé par le
dépassement des dépenses à 800 millions $ et
dit
que « ces dépassements sont chose
courante ».
Puis le 10 octobre, le ministre des Finances a rendu
publique la position officielle du gouvernement concernant la promesse
d'abolir la taxe santé imposée par le Parti
libéral (voir les détails dans le rapport ci-dessous).
La
« contribution
santé »
sera
maintenue,
a-t-il dit, mais appliquée d'une façon plus progressive
pour aider « ceux qui sont les plus
pénalisés par la taxe santé
libérale ». Pour compenser la perte de
revenus que cela représente pour le gouvernement, il y aura une
hausse d'impôt de 1,75 % pour les personnes avec un revenu
imposable de 100 000 $ et plus, contrairement à la position
de
septembre de hausser de 4 % l'impôt des revenus
supérieurs à 130 000 $ et de 7 % celui des
revenus supérieurs à 250 000 $ et d'augmenter
l'impôt sur les gains en capital. Le ministre Marceau a dit que
cette décision est un « compromis » entre
la position initiale du Parti Québécois et les hauts
cris lancés par les libéraux et la Coalition Avenir
Québec à l'effet que cela allait « faire
fuir » les investisseurs et que c'était
irresponsable. C'est donc un « compromis » entre
trois positions favorables au transfert de la richesse de la
société entre les mains des monopoles les plus influents
par la politique néolibérale d'imposition des individus
à tous les niveaux.
Le fait que le peuple est à nouveau devenu
spectateur dans les prises de décisions qui le concernent est
encore plus évident dans le spectacle quotidien du bulletin de
nouvelles de 18 heures avec ses révélations chocs
sur l'étendue de la corruption et de la collusion dans
l'industrie de la construction. Le Québec s'enfonce un peu plus
chaque jour dans la crise de légitimité de ses
institutions démocratiques et les révélations de
la Commission Charbonneau font ressortir l'urgence du renouvellement de
la démocratie.
Un des premiers projets de loi que présentera le
gouvernement de Pauline Marois sera un amendement pour renforcer la loi
35 adoptée à l'unanimité en décembre
dernier pour « prévenir, combattre et sanctionner
certaines pratiques frauduleuses dans l'industrie de la
construction ». La loi 35 avait elle-même
été adoptée
pour renforcer la Loi sur le bâtiment de manière
à ce qu'un entrepreneur de la construction reconnu coupable de
fraudes fiscales ne puisse plus soumissionner sur un contrat du
gouvernement. Durant la campagne électorale, tous les partis se
sont engagés à « colmater les
brèches » de la loi 35 que font ressortir les
révélations sur la corruption et collusion dans
l'industrie de la construction. Les détails du projet de
modification du nouveau gouvernement ne seront rendus publics qu'au
moment du dépôt, selon la ministre du Travail Agnès
Maltais.
D'autre part, le ministre des Institutions
démocratiques et de la Participation citoyenne, Bernard
Drainville, a annoncé qu'il déposera un projet de loi
modifiant la loi sur le financement électoral. Il abaissera le
plafond des dons individuels aux partis politiques de 1000 $
à 100 $ et éliminera le crédit d'impôt
pour contribution
politique. Mais pour compenser les pertes de revenus que cela
entraîne pour les partis, le gouvernement augmentera le
financement public des partis politiques.
Il s'agit donc d'une continuation des réformes de
la loi électorale qui ont comme logique que la solution à
la corruption est de financer les partis à même les fonds
publics, puisque le financement privé est porteur d'influence.
En 2010, le gouvernement de Jean Charest avait déjà
modifié la loi électorale pour accroître le
financement public des
partis. Ce qui est remarquable, c'est que le financement public des
partis politiques commencé dans les années 1970 avec pour
prétendu objectif de décourager la corruption de
l'« argent privé », n'a pas ralenti cette
corruption, bien au contraire. Le Parti marxiste-léniniste du
Québec avait fait valoir lors
des audiences sur la loi de 2010 que pour éliminer l'avantage
indu des partis de cartel, il faut exiger que l'État finance le
processus, et non pas les partis politiques, que la
responsabilité de l'État est de s'assurer que les
électeurs soient informés des positions de tous les
partis et candidats.
L'élection avait d'abord commencé comme un
référendum sur la vision de société,
c'est-à-dire la vision antisociale et antinationale des
libéraux au service des monopoles mondiaux ou la vision du bien
commun et de maîtrise de nos ressources que les jeunes et les
travailleurs avaient réussi à faire entendre haut et
fort. Les partis au pouvoir et dans l'opposition ont
d'abord concédé sur la question des droits de
scolarité, sur l'abolition de la
taxe santé et sur la demande que l'exploitation de nos
ressources profite aux communautés et au développement
économique indépendant parce que c'était
incontournable.
Mais aussitôt l'élection terminée, le Parti
libéral, la Coalition Avenir Québec et le Parti
québécois ont déclaré que la seule demande
véritablement
incontournable était celle de
l'oligarchie financière qui exige que l'État paie les
riches.
La « lutte au déficit » qui
est un moyen pour payer les riches est devenue un absolu, le point de
départ et la chose sur laquelle « tous les
partis » peuvent et doivent s'entendre.
Exigeons des
comptes de tous les députés de l'Assemblée
nationale pour leur rappeler que leur
devoir est envers l'intérêt
public, pas envers les dogmes inventés par les riches et leurs
représentants politiques pour mettre les ressources de
l'État et de la société au service des
intérêts privés de la minorité riche.
Ne pas accepter les dogmes du
néolibéralisme, cela exige que les travailleurs, les
jeunes, les femmes et ceux qui luttent pour leurs droits examinent tout
ce qui
se passe à la lumière de leurs intérêts, des
droits de tous et de l'intérêt public.

À titre d'information
Le ministre des Finances énonce la position
du gouvernement sur la taxe santé
et les hausses d'impôt
Le 10 octobre, le ministre des Finances Nicolas Marceau
a annoncé que la taxe de 200 $ par année pour tous les
citoyens gagnant plus de 14 000 $ imposée par le gouvernement
libéral à partir de 2012 sera remplacée à
compter de 2013 par « une contribution santé
équitable et progressive qui tient compte de la capacité
de payer de chacun ».
Au lieu de s'appliquer à tous ceux qui gagnent
plus de 14 000 $ par année, la nouvelle taxe s'appliquera selon
le niveau de revenu. Une personne avec un revenu de 18 000$ ou moins,
c'est-à-dire le salaire minimum à temps plein, ne paiera
plus la taxe. Une personne avec un revenu entre 20 000 $ et 40 000 $
paiera 100 $ par année au lieu de 200 $ tandis que ceux qui
gagnent entre 40 000 $ et 130 000 $ continueront de payer 200 $ et ceux
qui font plus que 130 000 $ devront verser une contribution graduelle
pouvant atteindre 1
000 $.
Ce qui est particulièrement frappant dans les
chiffres que donne le ministre est que la nouvelle formule abolit la
taxe santé pour 900 000 personnes. Cela veut dire que, si on
ajoute ceux qui gagnent moins que 14 000 $ par année, il y a
plus
d'un million de personnes au Québec qui gagnent moins que le
salaire minimum à temps plein.
Puis, puisque le gouvernement considère que
l'atteinte des objectifs budgétaires fixés par le
gouvernement libéral pour 2012-2013 n'est pas négociable,
pour compenser en partie la perte de revenus que représente la
nouvelle formule de la taxe santé le gouvernement annonce qu'il
y aura une hausse d'impôt de 1,75 % pour les personnes avec un
revenu imposable de 100 000 $ et plus. Il n'y aura pas de hausse pour
les entreprises. Le gouvernement renonce aussi à hausser
l'impôt sur les gains de capital et les dividendes parce que,
après révision des faits, cela pourrait toucher les
individus « de la classe moyenne » qui détiennent
des
actifs financiers et immobiliers.
Il s'agit d'une « négociation » de la
position annoncée en septembre de faire passer de 24 % à
28% le taux d'imposition des revenus supérieurs à 130
000 $ et à 31 % celui des revenus supérieurs à 250
000 $, puis de faire passer de 50 % à 75 % l'impôt pour
les
gains en capital et de réduire de moitié le crédit
d'impôt sur les dividendes.
Le ministre Marceau a dit que cette décision est
celle d'un gouvernement responsable qui, dans une situation
minoritaire, doit « penser d'abord à ceux qui sont les
plus
pénalisés par la taxe santé
libérale ». Son gouvernement a « pris le temps
d'écouter et de consulter » et « tenu compte des
objections soulevées » pour aboutir à ce compromis.
Il fait
référence aux hauts cris lancés par le Parti
libéral et la Coalition Avenir Québec que la hausse
d'impôt ferait fuir les investisseurs. Le ministre Marceau a dit
que c'est une concession qu'il doit faire aux partis de l'opposition
puisque le PQ est minoritaire. Son gouvernement respecte l'esprit de
l'engagement électoral, à savoir « rétablir
une progressivité et
une équité dans la contribution de chacun au financement
de
nos soins de santé, et ce, sans incidence sur les finances
publiques ».
Ce changement requiert une modification à la loi
sur les impôts, ce qui signifie qu'il doit nécessairement
faire l'objet d'un vote à l'Assemblée nationale. Le
ministre Marceau a dit que la chose sera mise au vote à
l'automne sans faute et a mis au défi les partis de l'opposition
d'expliquer à la population pourquoi ils sont contre
l'idée de rendre
la contribution santé progressive.
Réactions des partis de l'opposition
Parti libéral: L'ancien ministre
libéral des Finances, Raymond Bachand, a dit que certaines des
nouvelles dispositions pouvaient être discutées. Il a
dit que le Parti libéral n'est pas en désaccord avec le
fait de rendre la taxe santé plus progressive. « Elle
était déjà progressive,
dit-il, car 1,5 million de personnes en étaient depuis le
début exemptées »
(référence aux personnes qui gagnent moins de 14 000 $
par
année). M. Bachand a fait deux critiques. Il a dit que le PQ
« trahit ses engagements envers
les personnes de la classe moyenne » qui s'attendaient à
ne
pas payer la taxe santé en 2013. (Déclaration
étonnante de la
part de celui qui a institué la taxe santé!)
Par contre, il est contre la hausse d'impôt pour
les personnes gagnant 100 000 $ par année et dit être
« catégoriquement contre toute hausse d'impôt
puisque
cela nuit à la compétitivité de
l'économie ».
Coalition Avenir Québec: François
Legault de la Coalition Avenir Québec (CAQ) a dit qu'il
s'agissait d'une proposition qui « n'est pas raisonnable ».
« Le principal problème est qu'on ne vient pas soulager
les
personnes de la classe moyenne. En fait, toutes les personnes qui
gagnent des revenus entre 42 000 $ et 130 000 $ qui
s'étaient fait promettre des baisses de taxe n'auraient pas avec
ces propositions une baisse de taxe. Toutes les personnes qui gagnent
plus de 42 000 vont avoir une situation similaire ou pire. » Il a
ajouté que « madame Marois pense que quand on gagne plus
de
40 000 on ne fait plus partie de la classe moyenne » et pourtant
ces gens « ont besoin d'un
soulagement fiscal ».
L'autre problème, dit Legault, est l'augmentation
de l'impôt. « Ce n'est pas le temps étant
donné la situation qui est pire que prévu et que les
autres provinces et États sont en compétition pour
attirer des cadres des entreprises. Ce n'est pas le temps. Pas pour
donner quelque chose aux personnes qui gagnent plus de 100 000 $
mais
pour le bien de
l'économie, donc pour l'ensemble des Québécois.
» Il a conclu en disant que le
gouvernement doit réduire les dépenses plutôt
qu'augmenter les impôts.
Québec solidaire: « Nous
trouvons que le gouvernement Marois a lâché le morceau
bien vite face au chantage émotif des chambres de commerce et de
leurs fidèles porte-voix du côté des autres partis
d'opposition, a dit Françoise David. Même
appliquée plus progressivement, cette taxe attaque de plein
fouet la classe
moyenne, les travailleurs et travailleuses qui paient beaucoup
d'impôts pour de moins en moins de services publics. » Par
exemple, une personne qui a un revenu net de 20 000 $ devra payer 200 $
cette année et 100 $ à l'avenir. « Ce
n'est pas riche 20 000 $ de revenu ! »
Québec solidaire déplore « la
timidité du gouvernement qui n'ajoute qu'un seul palier
d'imposition pour les particuliers les plus fortunés », et
que le ministre des Finances abandonne l'idée de réduire
les crédits d'impôt sur les gains en capitaux et les
dividendes.
Plutôt que de prendre des mesures qui touchent les
particuliers, le co-porte-parole de Québec solidaire Amir Khadir
dit que le gouvernement doit aller chercher plus de revenus
auprès des grandes entreprises et des institutions
financières. « Des milliards leur sont
octroyés en subventions et avantages de toutes sortes, leur taux
d'imposition est très bas
et d'autres milliards s'échappent dans les paradis fiscaux. Le
gouvernement pourrait dégager rapidement des marges de maoeuvre
pour les finances publiques en cessant la complaisance fiscale envers
les grandes fortunes », dit-il.
Autres réactions
La Confédération des syndicats
nationaux (CSN) se dit déçue de la décision
du gouvernement du Parti québécois « qui se voit
contraint de revenir sur des engagements électoraux ».
« Force est de constater que la position minoritaire du
gouvernement le fait aboutir à un compromis désolant
pour la majorité de la population québécoise. Il
semble que la mise en scène orchestrée par les deux
principaux partis d'opposition, les libéraux et les caquistes,
et appuyée par les gens d'affaires l'a emporté »,
d'affirmer Jacques Létourneau, président par
intérim de la CSN.
La CSN dit vouloir un système fiscal plus
progressif. « Nous croyons qu'il est grand temps que nous
retrouvions une plus grande progressivité dans notre
système fiscal. Nous n'en serions peut-être pas là
si le gouvernement précédent n'avait pas diminué
les impôts de façon si importante en 2008, soit de
près d'un milliard de dollars, et cela à
la faveur des personnes dont les revenus sont les plus
élevés. Par ailleurs, nous saluons l'initiative du
gouvernement d'ajouter un nouveau palier d'imposition et d'augmenter le
taux marginal qui s'y applique. C'est l'un des rôles de
l'État, par la fiscalité, de redistribuer la richesse.
Nous pensons qu'il y a là une piste intéressante à
explorer pour le
futur également », de rappeler Pierre Patry,
trésorier de la CSN.
Le Secrétariat intersyndical des services
publics (SISP) « trouve malheureux que le Parti
Québécois n'ait pas réussi à imposer sa
solution d'abolir la taxe santé comme il l'avait promis en
campagne électorale ». « Depuis sa mise en place par
le gouvernement libéral lors du budget 2010-2011, nous avions
dénoncé cette taxe inéquitable.
Dans un contexte de gouvernement minoritaire, nous comprenons la
nécessité d'en arriver à une proposition de
compromis. Cependant, la nouvelle mouture de la contribution
santé, sous des apparences de progressivité, demeurerait
une taxe régressive pour les ménages de la classe moyenne
puisqu'en proportion du revenu, les contribuables dont le
revenu est de 42 000 $ paieront toujours autant que ceux de 130 000 $
», déclare la porte-parole du SISP, madame Louise Chabot.
Le SISP croit que le financement des services publics
doit se faire par le biais du Fonds consolidé et à l'aide
d'une fiscalité plus juste et plus progressive. «En outre,
les entreprises québécoises ayant une imposition parmi
les plus basses au monde, il y a aussi une marge de manoeuvre de ce
côté que doivent choisir les élus. »

Projet de loi sur le financement des partis politiques
Le 15 octobre, le ministre responsable des
Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne,
Bernard Drainville, a annoncé que son gouvernement
déposera un projet de loi abaissant le plafond des dons
individuels et augmentant le financement public des partis politiques
pour compenser la perte. Le plafond des dons individuels
passerait donc de 1000 $ à 100 $ et « les
économies ainsi générées seraient
transférées aux partis politiques en fonction des
résultats obtenus lors des élections. » La
nouvelle loi éliminerait également le crédit
d'impôt auquel ont droit les donateurs à l'heure actuelle.
« L'avantage d'un système comme
celui-là, c'est que l'argent qu'on verse déjà sous
forme de crédits d'impôt, on le donne aux partis
politiques sous forme de financement public », dit le
ministre Drainville. « C'est comme ça qu'on va
pouvoir permettre aux partis politiques d'avoir les sous dont ils ont
besoin pour
fonctionner. »
Il s'agit donc d'une continuation des réformes de
la loi électorale qui ont comme logique que la solution à
la corruption est de financer les partis à même les fonds
publics, puisque le financement privé est porteur d'influence.
Selon le ministre, renforcer le financement public et diminuer le
financement privé « constitue le meilleur moyen
pour mettre fin au système des prête-noms et
réduire l'influence des collecteurs de fonds ».
« Tu attaches moins tes partis, tu attaches moins tes
élus à des intérêts privés et
à des lobbys, et tu assures un financement démocratique
à tout le monde », dit-il.
Il ajoute qu'il est clair que le témoignage de
Lino
Zambito à la Commission Charbonneau confirme l'existence d'un
mécanisme qui a permis que des « extras et des
chèques de complaisance se retrouvent dans la caisse du
PLQ ». Or, « les citoyens se disent que ça
n'a pas de bon sens que nos taxes et nos impôts servent à
financer un système pourri, poursuit-il. [...] La conclusion
qu'on tire est que les fonds publics ont servi à financer
illégalement, de façon occulte, le PLQ. »
En vertu de la loi électorale telle que
modifiée par le gouvernement libéral en 2010,
l'État utilise des fonds publics pour financer les partis
politiques à hauteur de 2 980 343 $ en 2010 et de
4 735 271 $ par année à compter de 2011,
suivant l'allocation de 0,82 $ par vote obtenu à la
dernière élection. À
cela s'ajoute près de 6,5 millions $ par année
à titre de crédit d'impôt accordé aux
individus pour dons politiques. C'est donc plus de 10 millions $ que
l'État verse aux partis politiques chaque année.
Positions des autres partis
Bernard Drainville prévoit obtenir l'appui
unanime des autres partis politiques pour cette modification à
la loi électorale. « Rarement a-t-on eu, dans
l'histoire du Québec, une si belle occasion de démontrer
la volonté de la classe politique tout entière d'assainir
le financement des partis politiques
que maintenant. » Il a envoyé une lettre aux
délégués du Parti libéral du Québec
réunis en congrès et écrit que « la
Coalition avenir Québec a indiqué qu'elle était
favorable à une telle mesure et il n'y a pas lieu de croire que
Québec solidaire s'y opposerait. »
La dernière modification à la loi, le
projet de loi 113 qui a entre autres augmenté l'allocation
publique versée aux partis de 0,50 $ à 0,82 $
par vote obtenu, avait aussi été adoptée à
l'unanimité par l'Assemblée nationale.
La Coalition avenir
Québec (CAQ) est d'accord
avec la baisse du plafond de la contribution individuelle en faveur
d'une hausse du financement public, mais croit que le projet de loi ne
doit pas se limiter à plafonner les dons. « Oui,
c'est beau de vouloir baisser les contributions privées — on est
d'accord avec ça — mais il faut aussi
accoupler cela à la réduction des dépenses en
campagne électorale », soutient Gérard
Deltell, porte-parole de la CAQ.
La CAQ déposera elle aussi un projet de loi pour
établir un plafond des dépenses de 4 millions
$
par parti lors des campagnes électorales. « Plus on
dépense, plus on a besoin d'argent, et plus les moyens qu'on
utilise pour en obtenir peuvent être malheureux »,
dit
Deltell. « À partir du moment où vous
réduisez
les dépenses électorales, vous réduisez la
pression de ramasser de l'argent et aussi la pression d'en avoir de
l'État pendant les périodes entre les campagnes
électorales. Donc, c'est vraiment gagnant », dit M.
Deltell.
Bien que le Parti libéral ait indiqué
qu'il commentera le projet de loi une fois qu'il sera
déposé, le député libéral et
candidat à la chefferie Pierre Moreau s'est dit ouvert à
ce changement, et en particulier à l'idée que
l'abaissement du plafond s'accompagne d'une augmentation de
l'allocation publique à tous les partis. « Il faut
qu'il y ait
une forme de compensation », dit-il.
Québec solidaire
est d'accord pour abaisser le
plafond des dons individuels à un parti politique permis
annuellement et augmenter la contribution publique au financement des
partis politiques et défendait déjà l'idée
d'abaisser le plafond des dépenses permises dans les campagnes
électorales. Il proposait également le financement public
de
certaines dépenses (publicités
télévisées, distribution du programme politique
à tous les citoyennes et citoyens par l'État, etc.) et
des sanctions plus sévères pour ceux qui contreviennent
à la loi.
Durant la campagne électorale Option nationale
proposait dans sa plate-forme le financement public intégral des
partis politiques.
Dans son mémoire sur le projet de loi 113 du
Parti libéral de 2010, le Parti
marxiste-léniniste du
Québec a présenté et expliqué la
demande que l'État finance le processus et non les partis.
« Avec le financement public, la loi permet de financer des
activités de nature privée avec des fonds publics :
les batailles de pancartes, les sondages, le
télémarketing, les menaces, le chantage et les querelles
intestines, les courses à la direction, les congrès
d'orientation — toutes des choses qui concernent les partis et leurs
membres. Le financement ne devrait-il pas être la
responsabilité des membres, pour que ce soit eux qui soient en
position d'exiger des comptes ? Est-ce qu'on accepterait,
par exemple, que les congrégations religieuses qui oeuvrent dans
le domaine public soient financées à même les fonds
publics ? Non. »
« Les fonds de l'État devraient
être utilisés pour financer le processus électoral,
de sorte que les électeurs puissent poser un geste
informé. Les fonds publics devraient servir à
créer l'égalité des chances, à diffuser de
l'information sur tous les candidats et à faire respecter les
droits de tous. »

Entraînement tactique de militaires
dans le port de Montréal
Non à la militarisation de l'espace public!
Non à la propagande de guerre
dans le port de Montréal!
Le 21 octobre, des activistes ont tenu une ligne de
piquetage et distribué la déclaration du Parti
marxiste-léniniste du Québec dénonçant les
exercices les exercices militaires dans le Port de Montréal
à l'occasion de l'entraînement tactique de militaires.
Plus de 200 soldats et officiers ont tenu un entraînement de
techniques de combat en zone urbaine au cours de la fin de semaine du
19 au 21 octobre. On rapporte que déjà le samedi, 5000
munitions
avaient été utilisées par les soldats. Beaucoup de
passants ont remercié les activistes de leur action pour
dénoncer cette activité proguerre.
Selon un communiqué du 34e Groupe-brigade du
Canada des Forces armées canadiennes, « Au cours de la fin
de semaine, les troupes s'exerceront aux attaques de peloton dans des
zones restreintes du Port de Montréal. Les soldats circuleront
par voie maritime et terrestre afin de simuler des opérations
dans un port fictif. Ils utiliseront des
munitions à blanc et des pièces pyrotechniques mineures
ainsi que des transports de troupes. »
Cet entraînement a lieu avec l'autorisation et la
collaboration des autorités portuaires, du centre
d'entraînement des pompiers de Montréal ainsi que la Ville
de Montréal. Les infrastructures de la ville sont ainsi mises
à contribution pour assister l'armée dans ses exercices
militaires. Ces véhicules militaires circuleront entre les
unités de Montréal
et le port. Pour justifier l'événement, le
communiqué ajoute qu'aucun impact sur l'environnement ou sur la
circulation locale n'est envisagé et que l'entraînement
sera dans un lieu isolé du port.
La question est que ces
activités font partie de la militarisation de l'espace public,
d'habituer la population à la présence de l'armée
et de ses véhicules dans les lieux publics, voire
présenter ces activités comme un attrait touristique. Des
centaines de personnes circulent dans le Vieux Port les fins de
semaine. On est en droit de se demander
pourquoi la ville de Montréal collabore et accepte que ces
infrastructures soient utilisées à des fins de guerre.
C'est la troisième fois en moins de trois mois
que des activités des forces canadiennes ont eu lieu dans le
port de Montréal à des fins militaires et proguerre. En
août, il y a eu la visite de navires de guerre canadiens et
américains en tournée dans les ports du Canada dont celui
de Montréal. Du 31 août au 3 septembre, un festival
culturel
militaire de Montréal appelé « Armée de
culture » a eu lieu dans le port de Montréal et a
été vivement opposé par la population, et
maintenant cet entraînement militaire.
Le 34e Groupe-brigade du Canada (34 GBC) est un
groupe-brigade de la Première réserve du Secteur du
Québec de la Force terrestre de l'armée canadienne et est
constitué de 14 unités, dont huit sont localisées
sur l'Île de Montréal, comprenant des unités
blindées, d'artillerie, du génie et de l'infanterie. Le
motto du secteur du Québec de la
force terrestre est «Combattre, Vaincre ou Mourir ». Dans
le
cadre de l'intégration croissante des forces canadiennes
à la machine de guerre des États-Unis, son rôle est
en premier lieu d'assurer la surveillance et le contrôle du
territoire, des eaux territoriales et de l'espace aérien
canadien et de servir les obligations du Canada envers l'OTAN. Le 34e
Groupe-brigade a d'ailleurs servi aux opérations Palladium Roto
XIV (en Bosnie Herzégovine), Athena (en Afghanistan) et Halo (en
Haiti).
Les Montréalais s'opposent aux activités
militaires dans les lieux publics et s'opposent fermement aux
activités proguerre du gouvernement Harper au service de la
machine de guerre étatsunienne à travers le monde. Il est
clair qu'on veut imposer cette manière de faire et que la
population n'a rien à dire.
Ces activités se tiennent
dans le contexte de l'intégration accrue du Canada via son
économie, ses ressources humaines et matérielles et la
perturbation des relations diplomatiques (comme avec l'Iran) pour
servir les visées agressives étatsuniennes. Le
gouvernement Harper prétend qu'une conjoncture économique
difficile le force à diminuer les
dépenses gouvernementales pour les services dont les Canadiens
et les Québécois ont besoin, et donne des dizaines de
milliards $ aux monopoles impliqués dans la production de
guerre
pour des projets visant à établir un système
militaire intégré sous le commandement de
l'impérialisme américain. Le gouvernement canadien
dépensera 25 milliards $ ne serait-ce que pour l'achat
d'appareils F-35. C'est pratiquement
l'équivalent des dépenses totales du gouvernement du
Québec pour la santé et les services sociaux en 2011.
Il faut non seulement dénoncer le gouvernement de
guerre de Stephen Harper et toutes ces activités
d'entraînement, d'exercices et de combat pour que les troupes
canadiennes servent pour la guerre et l'agression, mais exiger un
gouvernement antiguerre qui refusera toute logique qui considère
la guerre, la menace, l'agression et l'occupation
comme un facteur de paix.
Opposons-nous à la militarisation
de notre espace public!
Pas de pratiques militaires dans le Port de Montréal !

Lisez Le
Marxiste-Léniniste
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