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Numéro 107 - 22
octobre 2012
25e anniversaire de l'accord
annexionniste
de libre-échange avec les États-Unis
La dictature Harper s'en prend
aux «négateurs du libre-échange»
25e
anniversaire de l'accord annexionniste de libre-échange avec les
États-Unis
• La dictature Harper s'en prend aux
«négateurs du libre-échange»
• L'accord de libre-échange 25 ans plus
tard
Le Canada se joint au
Partenariat transpacifique
• La capacité du Canada à suffire
à ses besoins sapée encore plus - George Allen
Négociations de
l'Accord économique et commercial global avec l'Europe
• Le libre-échange avec l'Europe n'est
pas dans l'intérêt des Canadiens - Dougal
MacDonald
Réflexions du
camarade Fidel Castro
• «Fidel Castro est à
l'agonie»
25e anniversaire de l'accord annexionniste
de libre-échange avec les États-Unis
La dictature Harper s'en prend
aux «négateurs du libre-échange»
Ed Fast, le ministre du Commerce international et de la
Porte d'entrée de l'Asie-Pacifique du gouvernement Harper, a
qualifié de « gens timides tournés vers
l'intérieur » ceux qui ont des réserves
concernant le libre-échange. Dans un discours à Toronto
le 3 octobre, il a dit que les « négateurs du
libre-échange » menacent l'avenir économique
du Canada. Cela l'oblige à dire que tout n'est pas rose pour le
Canada « quand il y a des activistes qui combattent
servilement nos efforts pour ouvrir de nouveaux marchés pour les
entrepreneurs canadiens ».
Le ministre visait ceux qui remettent en question le
bien-fondé de cet autre accord de libre-échange
présentement en négociation avec l'Europe. Des gens de
tous les milieux au Canada expriment d'importantes réserves au
sujet de l'Accord économique et commerciale global (AECG) avec
l'Union européenne, notamment au sujet du secret des
négociations et de l'absence de contrôle public sur le
processus décisionnel.
Pendant que la dictature Harper
fait tout pour ne pas permettre la formation d'une opinion publique et
la défense de l'intérêt public sur la question,
privant même le parlement de l'occasion d'en discuter, le
ministre du Commerce international rejette du revers de la main toute
objection en disant que ceux qui s'opposent à l'accord
« manquent de confiance » et « veulent
un pays qui a peur de la concurrence, un pays qui a peur de relever les
défis d'un marché mondialisé ».
« La peur et la fausse représentation sont la marque
de commerce [des adversaires du libre-échange et de
l'AECG] », dit-il.
Il y a 25 ans, dit Ed Fast, « ces
mêmes activistes qui sont contre le commerce disaient qu'un
accord de libre-échange avec les États-Unis
éliminerait des millions d'emplois, viderait notre
économie, compromettrait la souveraineté du Canada en
matière d'eau douce et nous ferait perdre notre culture
canadienne. Or, aucune de ces affirmations ne s'est
réalisée. »
Pour les peuples du monde, les conséquences du
libre-échange ne se mesurent pas de la même façon
que pour les commis-voyageurs des monopoles mondiaux.
D'abord, le ministre présente la chose comme s'il
s'agit d'être « pour ou contre » le
commerce, dans le style de la rhétorique guerrière de
l'ex-président des États-Unis George Bush qui
disait : « Ou bien vous êtes avec nous, ou bien
vous êtes avec les terroristes. »
Puis, les commis-voyageurs et représentants des
monopoles mondiaux appartenant à l'empire anglo-américain
que sont Brian Mulroney, Jean Chrétien, Paul Martin et Stephen
Harper sont « pour » le commerce, mais seulement
si cela se fait sous la domination des monopoles les plus puissants et
au service de leurs visées mondiales, de leur liberté
d'opprimer et d'exploiter les peuples du monde et leurs ressources.
C'était l'objectif il y a 25 ans lors de la conclusion de
l'accord de libre-échange entre le Canada et les
États-Unis et en 1995 lors de la création de
l'Organisation mondiale du commerce. Aujourd'hui, à l'occasion
du 25e anniversaire de l'accord avec les États-Unis,
l'oligarchie financière internationale déclare que c'est
un succès sur tous les fronts, mesurant le succès par
l'atteinte de cet objectif. En effet, la mondialisation
néolibérale est maintenant la norme. Les crises
économiques, la pauvreté écrasante dans tous les
pays et la guerre sont des traits permanents de la vie internationale,
et maintenant pour payer les riches, les peuples du monde sont
forcés d'accepter l'austérité comme perspective
d'avenir, un avenir qu'ils refusent et auquel ils envisagent une
alternative prosociale.
Le libre-échange sous la domination des monopoles
mondiaux les plus puissants pour servir leur quête de domination
mondiale est un important facteur de guerre. Le commerce pour
l'avantage réciproque qui favorise le développement et le
progrès des peuples est un important facteur dans la lutte
contre la guerre comme façon de régler les conflits.
Ce qui inquiète particulièrement le
ministre Fast, c'est qu'il y a des négateurs de la dictature
Harpeur qui veulent engager le Canada sur la voie de l'autosuffisance
économique fondée sur la reconnaissance des droits de
tous, la construction de la base manufacturière et le commerce
pour l'avantage réciproque.

L'accord de libre-échange 25 ans plus tard
Vint-cinq années se sont écoulées
depuis que, le 4 octobre 1987, le Canada et les États-Unis
se sont mis d'accord pour conclure l'Accord de libre-échange
(ALE). L'ALE a été conclu entre le premier ministre Brian
Mulroney et le président des États-Unis, Ronald Reagan,
le 2 janvier 1988 et est entré en vigueur le 1er
janvier 1989. En 1994, cinq ans après l'ALE, le Canada a conclu
l'Accord de libre-échange nord américain (ALENA) entre
les États-Unis, le Canada et le Mexique.
Le gouvernement canadien déclare sur le site web
des Affaires étrangères et Commerce international Canada
que : « Cet accord historique a placé le Canada
et les États-Unis à l'avant-garde de la
libéralisation des échanges.
« Les principaux éléments de
l'accord incluent l'élimination des tarifs et la
réduction de nombreuses barrières non tarifaires. Il
s'agissait de l'un des premiers accords commerciaux à aborder
les échanges de services. L'accord comportait également
un mécanisme de règlement équitable et rapide des
différends commerciaux. Fait particulièrement important
pour le Canada, l'ALE établissait un système binational
unique d'examen des décisions rendues en matière de
recours commerciaux, offrant ainsi une alternative à l'examen
judiciaire national. En termes concrets, le Canada et les
États-Unis ont convenu de supprimer toutes les mesures
frontalières bilatérales sur les biens
échangés, notamment les tarifs sur des biens tels que les
produits de la viande, les animaux vivants, le vin, les
vêtements, le textile ainsi que sur la plupart des produits
agricoles. »
Le gouvernement Harper omet de dire que l'ALE a
concrètement contribué à préparer
l'annexion du Canada aux États-Unis des monopoles
nord-américains. Chaque aspect de l'accord, ainsi que l'ALENA
qui a suivi, est mystifié. Le gouvernement Harper soutient que
le « libre-échange »
bénéficie à la société quand les
monopoles exercent leur diktat sur une économie organisée
au service d'intérêts privés. C'est
l'échange qui devient la base de la prospérité, et
non le développement d'une économie qui suffit à
ses besoins. Il répète ces balivernes que l'ALE allait
mettre fin aux guerres commerciales et au protectionnisme, même
si vingt-cinq ans plus tard les guerres entre les monopoles les plus
puissants qui contrôlent l'économie s'intensifient de jour
en jour.
La plus grande illusion entretenue touche au fait que
l'ALE, l'ALENA et les accords qui ont suivi sont
présentés comme des accords de libre échange.
Lorsque l'ALE fut conclu il y a 25 ans, le gouvernement du Canada
s'est entendu avec les États-Unis sur exactement comment
l'économie canadienne devait être structurée. Ils
se sont mis d'accord sur quels aspects de l'économie devaient se
développer, où le capital devait se diriger et quels
secteurs devaient être abandonnés et mourir de leur belle
mort.
Dans la brochure Un accord historique de libre
échange ou l'appui sur ses propres forces et des échanges
égaux pour l'avantage réciproque[1], nous
écrivions à l'époque :
« À notre avis, le commerce
international est une très bonne chose. Il rapproche les peuples
étrangers et contribue à la compréhension
mutuelle. Mais ouvrir le Canada à l'investissement
étranger est-il un exemple de commerce international ? En
quoi consiste l'échange ? Ta vie pour de l'argent ?
Cet accord historique dont on parle ouvre la porte à la
multiplication des acquisitions par des investisseurs
américains. La démagogie n'y change rien. De même,
comment peut-on qualifier de commerce international le fait de troquer
la culture, l'éducation, les activités sociales et les
loisirs ? (...)
« L'aspect le
plus difficile à avaler dans toute cette affaire, c'est que
l'accord du libre-échange confie non seulement notre
présent, mais notre avenir aussi aux États-Unis. À
notre avis, on ne peut parler d'un accord commercial, car il s'agit en
réalité d'un accord donné aux États-Unis
leur permettant d'avancer à toute vitesse vers l'acquisition
économique du Canada. Les États-Unis exercent
déjà un contrôle militaire par l'entremise de
l'OTAN et de NORAD ; l'indépendance politique sera
préservée pour la forme, tout juste pour ne pas obliger
les Américains à envoyer ici leur intendant. D'autre
part, l'accord ne prévoit aucune place pour les aspirations du
peuple, ses luttes, ses préoccupations et ses angoisses. Au
contraire, il l'invite à renier ses intérêts et
à prendre le parti d'un côté ou de l'autre dans le
débat. »
L'ALE représentait un aspect de l'offensive
antisociale qui avait été inspiré par
l'élection de Margaret Thatcher en Grande-Bretagne et de Ronald
Reagan aux États-Unis. En 1991, cette offensive prit la forme
d'une déclaration à l'effet que toutes les nations et
tous les États devaient se soumettre à une
« thérapie de choc » et mettre en oeuvre
le programme trilatéral d'une économie de libre
marché, un système multipartite et des
« droits de la personne » à saveur tout
à fait particulière. Tout pays refusant de se soumettre
à ce programme devenait par le fait même un pays
« délinquant » et, selon la logique
impérialiste, ouvert à l'agression, aux changements de
régime, aux assassinats et aux interventions clandestines de
toutes sortes.
L'offensive antisociale, dont le libre-échange
était une composante importante, nie la notion même de
société. Elle prétend que les détenteurs du
capital et non les travailleurs produisent la richesse tandis que les
travailleurs ne sont qu'un simple « coût de
production ». Au temps du libre-échange, on
prétendait qu'en payant les riches et en mettant tous les avoirs
de la société à la disposition
d'intérêts privés, la prospérité
finirait par « ruisseler » jusqu'au peuple.
Même cet aspect de l'offensive antisociale a, à toutes
fins pratiques, été abandonné maintenant que les
riches et leurs gouvernements prétendent que les conditions de
travail et de vie des travailleurs doivent être abaissées,
les syndicats détruits, les services publics privatisés
et tout vestige du contrat d'après-guerre
démantelé une fois pour toutes. On continue
néanmoins à entretenir l'irrationnel en disant que la
prospérité résulterait de toutes ces mesures !
Où les choses en sont-elles aujourd'hui,
25 ans plus tard ? Le vieux projet canadien
d'édification nationale a été abandonné et
les intérêts privés politisés tandis que le
peuple est dépolitisé. L'ordre du jour antisocial et
antiouvrier de Harper consiste à éliminer tout ce qui se
dresse en obstacle au droit de monopole pur et simple et au triomphe
des intérêts privés.
Lorsque l'ALE fut conclu, le président des
États-Unis, Ronald Reagan, était enchanté des
accords sur l'énergie, tout comme le fut le premier ministre de
l'Alberta, Peter Lougheed, qui était coprésident du lobby
pour le libre-échange. L'accord prévoyait à la
fois des manoeuvres visant à privatiser les ressources
énergétiques relevant de la propriété
publique et à garantir que le Canada devienne une source
d'énergie sécurisée pour la machine de guerre des
États-Unis.
Aujourd'hui, l'ordre du jour de Harper est axé
sur l'extraction de ressources et sur l'exportation de matières
premières dans les intérêts des monopoles mondiaux
de pétrole, de gaz, des mines et d'autres qui sont intimement
liés aux banques et à d'autres grands monopoles, et qui
contribuent encore plus à détruire l'industrie
manufacturière.
Le défi que la classe ouvrière doit
relever est d'assumer son rôle dirigeant en tant que seule force
sociale pouvant diriger le peuple dans un nouveau projet
d'édification nationale. Le fondement du nouveau est la
reconnaissance des droits de tous du fait que nous sommes des
êtres humains et la souveraineté des nations.
Une nouvelle direction pour l'économie doit
être établie sur la base d'une économie qui suffit
à ses besoins fondée sur l'industrie
manufacturière et sur le commerce à avantage
réciproque. Pour cela, il faut se soustraire à l'ALE,
à l'ALENA et aux autres accords. La base du nouveau est que les
Canadiens doivent pouvoir exercer leur droit de prise de
décisions sur tous les aspects de la vie politique et de
l'économie socialisée.
Note
1. Il s'agit d'un recueil d'articles de Hardial
Bains publiés sous le nom de plume B. Paul d'abord parus dans Le
Nouveau magazine hebdomadaire en 1987 et ensuite reproduits
sous forme de recueil sur le libre-échange.

Le Canada se joint au Partenariat
transpacifique
La capacité du Canada à suffire
à ses besoins sapée encore plus
- George Allen -
Depuis le 12 octobre, le Canada fait formellement
partie du bloc commercial appelé Partenariat transpacifique
(PTP) et il sera à la 15e table de négociations du
3 au 12 décembre à Auckland,
Nouvelle-Zélande. Il y sera en tant que
« négociateur de deuxième niveau »,
avec moins de pouvoirs que les autres participants. Il devra
également signer sans les avoir vus les textes
déjà négociés durant les 14
premières tables de négociations.
Un climat du secret et de décision
exécutive entoure les agissements du gouvernement Harper en
matière de commerce international. La plupart des
députés au parlement ne savent pas ce qui se passe. Il
n'y a pas eu de véritable débat au parlement sur le PTP
et toutes les négociations se font dans le secret. Une fuite a
permis d'apprendre que 600 représentants des plus grands
monopoles américains se sont rencontrés derrière
des portes closes à San Diego en juillet 2011 dans le but
exprès d'accélérer les négociations, ce qui
montre bien quels intérêts servira ce pacte commercial et,
qui plus est, pourquoi le gouvernement Harper est si discret à
son sujet.
Le ministre du Commerce international Ed Fast affirme
dans un communiqué de presse que l'adhésion au PTP sera
une bonne chose pour le Canada. « Ouvrir de nouveaux
marchés et intensifier les exportations canadiennes vers les
marchés en croissance rapide de l'Asie-Pacifique font partie des
axes autour desquels s'articule le plan du gouvernement visant à
créer des emplois, à stimuler la croissance et à
favoriser la prospérité à long terme »,
a-t-il dit. Cela n'explique pas pourquoi le Canada doit adhérer
au PTP et se soumettre à cette domination. Pourquoi ne peut-il
pas pratiquer le commerce avec d'autres nations sur la base de
l'avantage réciproque ? En fait, le ministre confirme tout
simplement que la « vision » du gouvernement
Harper n'est rien d'autre qu'une économie d'extraction des
ressources et d'exportation frénétique de matières
premières non transformées vers autant de pays que
possible en réponse aux besoins des monopoles mondiaux. Cela va
directement à l'encontre des intérêts des
Canadiens, c'est-à-dire la nécessité d'une
économie qui suffit à ses besoins en construisant une
base manufacturière solide et en pratiquant le commerce avec
d'autres pays sur la base de l'avantage réciproque.
Le PTP a été créé en
2006 par le Bruneï, le Chili, la Nouvelle-Zélande et
Singapour, auxquels se sont joints par la suite l'Australie, le
Pérou, les États-Unis, le Vietnam et la Malaisie. Il
s'agit d'un « supra-accord » de
libre-échange qui remplacera tous les accords commerciaux qui
existent entre les pays de l'Asie-Pacifique pour réaliser leur
« coopération économique » à
long terme. Il est vraisemblable que les autres pays de la
Coopération économique pour l'Asie-Pacifique (APEC),
comme la Chine, adhèrent au PTP, ce qui créera
d'importants conflits, pouvant aller jusqu'à la guerre. Si les
États-Unis peuvent forcer les partenaires plus petits à
faire ce qu'ils veulent par l'intimidation, il en ira autrement pour la
Chine qui ne s'en laisse pas imposer. Des mesures plus agressives
seront nécessaires pour avoir le dessus et c'est pour parer
à cette possibilité que le PTP est créé
avec tant d'empressement.
Le PTP a des répercussions négatives pour
le secteur agricole du Canada. Stephen Harper a admis le
14 novembre 2012 qu'en raison d'objections soulevées
par plusieurs pays membres, le Canada devra accepter de renoncer au
régime de gestion de l'offre sous contrôle public comme
condition d'adhésion. On compte environ 80 systèmes de
gestion de l'offre de niveau provincial au Canada, établis
collectivement par les producteurs agricoles eux-mêmes pour la
mise en marché des produits laitiers, du boeuf et de la
volaille, entre autres. Le système global a été
légalisé en 1949 avec la Loi des marchés
agricoles qui a habilité le gouvernement
fédéral à autoriser la création de
commissions de mise en marché par des lois provinciales.
Les systèmes provinciaux de gestion de l'offre
sont essentiels à une économie qui suffit à ses
besoins. Ce sont des instruments contrôlés par les
producteurs agricoles, créés pour répondre
à leurs besoins et qui rendent des comptes aux producteurs pour
les prix de la valeur de leurs produits. Le monopole public de la vente
des produits agricoles sous la juridiction d'une commission de mise en
marché donne aux agriculteurs une position de force face aux
acheteurs dans la négociation du prix de vente et d'autres
conditions relatives à la livraison du produit. Ce
système a été créé en opposition au
dogme des cercles dirigeants à propos d'une main invisible du
« libre marché » qui finit toujours par
établir mystérieusement un prix
« équitable », même quand tous les
secteurs de l'économie sont dominés par des monopoles qui
manipulent les prix à leur convenance.
Messieurs Harper et Fast ne sont pas très
convaincants quand ils jurent qu'ils n'ont pas l'intention de
détruire les systèmes de gestion de l'offre. Il se
mène présentement une campagne de désinformation
dans les médias monopolisés contre la gestion de l'offre
précisément pour préparer une opinion publique
favorable à leur destruction. Un participant bien en vue est
John Manley, directeur du Conseil canadien des chefs d'entreprises qui
représentent les 150 plus grandes sociétés au
Canada, celles-là même qui ont porté Stephen Harper
au pouvoir et qui ont le plus à profiter du PTP. Le
démantèlement de la Commission canadienne du blé
l'année dernière malgré l'opposition vigoureuse
des agriculteurs, travailleurs et alliés montre bien que Stephen
Harper n'aura aucun scrupule à démanteler les
systèmes de gestion de l'offre pour ouvrir les marchés
aux monopoles, quels que soient les avantages que ces systèmes
procurent aux Canadiens et malgré les dénis à la
Chambre des communes.

Négociations de l'Accord
économique et commercial global avec l'Europe
Le libre-échange avec l'Europe n'est pas
dans l'intérêt des Canadiens
- Dougal MacDonald -
Les négociations sur l'Accord économique
et commercial global (AECG) avec l'Europe battent leur train à
Bruxelles du 15 au 26 octobre dans une ambiance de
fébrilité alors que les différents joueurs tentent
de résoudre les points de litige. Lors d'un point de presse, des
porte-parole canadiens ont déclaré qu'en somme,
l'objectif en ce moment est de réduire les sujets de contention
à un maximum de dix items, et que les ministres doivent se
rencontrer en novembre pour tenter d'en arriver à une entente.
L'AECG est un accord de libre-échange global qui
éliminerait à toutes fins pratiques les tarifs entre le
Canada et l'Union européenne et qui changerait ou mettrait en
péril d'autres politiques gouvernementales, tant
fédérales et provinciales que locales, politiques qui
sont dans l'intérêt public et qui en principe limitent les
occasions pour les monopoles de faire des profits. L'objectif
même de l'AECG est d'offrir une plus importante protection aux
investisseurs étrangers, simplifiant ou enlevant tout bonnement
les mesures régissant les biens importés, assurant
l'harmonisation des règlements entre le Canada et l'Union
européenne, et donnant accès aux marchés publics
et aux ventes de services outre frontière.
L'idée d'un AECG est née d'une
étude conjointe Canada-Union européenne, «
Évaluation des coûts et avantages d'un partenariat
économique plus étroit entre l'Union européenne et
le Canada», publiée en octobre 2008. Les
négociations ont débuté en mai 2009 au Sommet
Canada-Union européenne à Prague, cinq ans après
le Sommet d'Ottawa, quand le gouvernement Harper et les dirigeants
européens s'étaient entendus sur la
nécessité d'une nouvelle démarche. L'AECG en est
présentement à sa dixième ronde de
négociations, et le gouvernement aimerait bien que l'entente
soit ratifiée avant la fin de 2012, bien qu'en toute
probabilité, elle ne le sera pas avant 2014, tenant compte des
nombreux litiges devant être résolus et le fait que la
population se rend compte de plus en plus que cette entente vise
uniquement à satisfaire les intérêts des monopoles
et non ceux des Canadiens. Un autre obstacle qui semble se poindre est
que l'AECG a vraisemblablement certaines affinités avec l'Accord
commercial relatif à la contrefaçon (ACRC), lequel accord
comprenait certaines mesures permettant de surveiller et de censurer
l'internet, et que le parlement européen a dû abandonner
en raison de l'opposition populaire.
À l'instar de tous les autres accords de
libre-échange du gouvernement Harper, les pourparlers de l'AECG
ont lieu en secret tandis que les protagonistes se lancent des offres
et des contre-offres dans l'espoir d'obtenir la meilleure entente pour
les monopoles qu'ils représentent. Les conservateurs
prétendent que l'AECG a été « l'une des
négociations les plus transparentes dans l'histoire du Canada
». Pendant ce temps, le texte de l'accord est gardé secret
et le peuple n'aura pas un seul mot à dire sur le contenu avant
qu'il ne soit signé. Si on se fie au passé, il en va de
même pour le parlement qui n'aura pas l'autorité
nécessaire pour apporter des modifications au texte puisque
Harper gouverne par décrets. Par exemple, lorsque les partis
d'opposition ont tenté d'amender les accords de
libre-échange avec la Colombie, le Pérou et la Jordanie,
ils ont été écartés sans
cérémonie par les harpériens qui les ont
accusés d'être des trouble-fête et des «
protectionnistes ». Plus récemment, le ministre du
Commerce international, Ed Fast, a qualifié les opposants au
libre-échange de « négateurs du
libre-échange». La façon de faire des
harpériens est aux antipodes de la transparence. Celle-ci est
caractérisée par l'ouverture, une information exhaustive
et une large participation du public. La seule information que la
population a pu obtenir au sujet de l'AECG est celle qui lui est venue
de documents provenant de fuites et non du gouvernement.
Ces documents révèlent que l'une des
principales clauses de l'AECG permet la privatisation des services
publics qui sont offerts présentement par les gouvernements
provinciaux, territoriaux et municipaux. Dans sa mire, il y a
l'approvisionnement en eau et celui-ci ne fait pas partie des secteurs
dit protégés, ce qui veut dire qu'il sera sans aucun
doute ouvert à la spéculation. Ce n'est pas le fruit du
hasard si les deux plus importants services d'eau privés au
monde sont en Europe. Avec l'AECG, les services pouvant être
privatisés sont la gestion des déchets, le transport en
commun et les services de santé publics. Il y a aussi la
Société canadienne des Postes. L'accord attribuerait la
protection conférée par un brevet à des compagnies
pharmaceutiques de marques nominales, écartant les
médicaments génériques et augmentant
considérablement le coût des régimes
d'assurance-médicaments. L'accord tel que proposé
s'attaque aux mesures visant à maximiser les bienfaits des
dépenses publiques en tenant compte des ramifications sociales
et économiques de l'approvisionnement local et le recours aux
travailleurs locaux. De telles exigences et considérations
éthiques seraient réduites ou proclamées
illégales selon l'AECG. Les monopoles étrangers pourront
aussi ignorer ou entreprendre des recours légaux pour contrer
les règlements environnementaux qui pourraient même
être déclarés illégaux. Des consortiums
européens de partenariat public-privé obtiendraient de
nouvelles garanties d'accès aux appels d'offre des
municipalités au détriment des intérêts
publics locaux. Ce n'est pas surprenant si 40 municipalités, y
compris Toronto, se sont prononcées contre les règles
d'approvisionnement de l'AECG , qui visent à empêcher
toute initiative encourageant l'achat local.
Si le gouvernement Harper agissait le moindrement dans
l'intérêt des Canadiens, il s'attarderait aux
préoccupations que soulèvent les aspects municipaux et
provinciaux et les menaces qui pèsent sur eux, et tiendrait
compte de l'opposition grandissante à l'accord. Aussi, il
saisirait l'occasion pour faire véritablement preuve de
transparence. Le gouvernement pourrait ainsi fournir une information
précise quant au contenu de l'AECG et organiser une discussion
large dans tout le pays. Au contraire, en avril 2012, Harper a
dépêché dix-huit ministres dans divers coins du
pays pour tenir des conférences de presse. Il a aussi
cherché à peaufiner son marketing en s'acoquinant divers
groupes de lobbyistes d'entreprises. Il a même refait la page web
du ministère des Affaires étrangères et Commerce
international Canada dans le sens de vendre sa salade plutôt que
d'en expliquer les bienfaits en contredisant certains « mythes
qui circulent » au sujet de l'AECG. Son baratin publicitaire
n'est que pure désinformation. Par exemple, dans un nouveau
feuillet, on prétend que l'AECG ne touchera ni à la
santé publique ni aux règlements régissant
l'environnement, qu'il ne permettra pas aux corporations
étrangères de contester les politiques publiques, de
miner les services publics ni la démocratie municipale, ni
d'augmenter le prix des médicaments ou de nuire au financement
canadien des arts et de la culture. Non seulement les documents obtenus
par fuite contredisent-ils ces déclarations, mais il suffit
d'étudier la feuille de route d'autres accords de
libre-échange tel l'ALENA.
L'AECG, tout comme d'autres accords de
libre-échange négociés par Harper ainsi que par
ses prédécesseurs comme Mulroney, donne libre cours aux
monopoles pour détruire l'économie, privatiser ou encore
détruire les programmes sociaux, changer les lois
régissant les agissements des entreprises, et faire en
définitive tout ce qu'ils veulent pour servir leurs propres
intérêts monopolistes étroits. L'AECG n'est
aucunement dans l'intérêt des Canadiens, pas plus que
l'ALENA ne l'a été. Le protectionnisme n'est guère
mieux, puisqu'il ne fait que prôner les intérêts de
certains monopoles plutôt que d'autres. Mais il existe une
alternative qui est dans les intérêts de la classe
ouvrière et du peuple et non des monopoles. Cette alternative
est dans le développement de l'autosuffisance et des
échanges commerciaux à avantage réciproque entre
pays égaux peu importe leur grandeur. Cette alternative doit
d'abord contribuer à bâtir une économie qui suffit
à ses besoins en bâtissant une base manufacturière
solide et en garantissant le bien-être de la population peu
importe les circonstances.

Réflexions du camarade Fidel Castro
« Fidel Castro est à l'agonie »
- 21 octobre 2012 -
Fidel Castro en bonne
santé le 21 octobre 2012
Il a suffi d'un message aux diplômés de
première année de l'Institut des Sciences
médicales « Victoria de Giron » pour que
le poulailler de la propagande impérialiste se
déchaîne, et que les agences de presse se lancent
derrière le mensonge, avec voracité. Mais ce n'est pas
tout, dans leurs dépêches, elles ont ajouté sur le
patient les stupidités les plus insolites.
Le journal espagnol ABC a publié qu'un
médecin vénézuélien, établi on ne
sait où, a révélé que Castro a souffert
d'une embolie massive au niveau de l'artère
cérébrale droite, « je peux affirmer que nous
ne le reverrons plus en public ». Le soi-disant
médecin qui, si c'en est un, a dû d'abord abandonner ses
propres compatriotes, a qualifié l'état de santé
de Castro de « très proche de l'état
neurovégétatif. »
Même si beaucoup de gens dans le monde sont
trompées par les organes d'information, presque tous aux mains
des privilégiés et des riches, qui publient ce genre de
bêtises, les peuples croient de moins en moins à ces
mensonges. Personne n'aime être trompé, même le
menteur le plus incorrigible attend qu'on lui dise la
vérité. Tout le monde a cru, en avril 1961, les nouvelles
publiées par les agences de presse affirmant que les
envahisseurs mercenaires de Giron ou de la Baie des Cochons, comme on
veut bien l'appeler, arrivaient à La Havane, alors qu'en
réalité, un petit nombre d'entre eux tentaient vainement
de rejoindre en canot les navires de guerre yankees qui les
escortaient.
Les peuples apprennent les leçons, et la
résistance grandit face aux crises du capitalisme, qui se
répètent de plus en plus fréquemment ; aucun
mensonge, aucune répression, pas même les nouvelles armes
ne pourront empêcher l'effondrement d'un système de
production toujours plus inégal et injuste.
Il y a quelques jours, peu avant le 50e anniversaire de
la « Crise d'Octobre », les agences ont
signalé trois coupables : Kennedy, fraîchement
arrivé à la tête de l'empire, Khrouchtchev et
Castro. Cuba n'a rien eu à voir avec l'arme nucléaire, ni
avec le massacre inutile d'Hiroshima et de Nagasaki
perpétré par le président des États-Unis
Harry S. Truman, instaurant la tyrannie des armes nucléaires.
Cuba défendait son droit à l'indépendance et
à la justice sociale.
Lorsque nous avons accepté l'aide
soviétique en armes, en pétrole, en aliments et en autres
ressources, ce fut pour nous défendre contre les plans yankees
d'invasion de notre Patrie, soumise à une guerre sale et
sanglante que ce pays capitaliste nous a imposée dès les
premiers mois et qui s'est soldée par des milliers de vies et de
mutilés cubains.
Lorsque Khrouchtchev nous a proposé, au nom de la
solidarité, d'installer des projectiles de moyenne portée
semblables à ceux que les États-Unis avaient en Turquie —
encore plus proches de l'URSS que Cuba des États-Unis —, Cuba
n'a pas hésité à accepter un tel risque. Notre
conduite a été moralement irréprochable. Jamais
nous ne présenterons d'excuses à quiconque pour ce que
nous avons fait. Une chose est sûre, c'est qu'un
demi-siècle s'est écoulé et nous sommes toujours
là, la tête haute.
J'aime écrire et j'écris ; j'aime
étudier et j'étudie. Il y a beaucoup de tâches dans
le domaine du savoir. Jamais les sciences, par exemple, n'ont
avancé à une vitesse aussi vertigineuse.
J'ai cessé de publier des Réflexions parce
que ce n'est certainement pas mon rôle de remplir les pages de
notre presse, qui se consacre à d'autres tâches dans
l'intérêt de notre pays.
Oiseaux de mauvais augure ! J'ai même
oublié ce qu'est un mal de tête. Pour prouver à
quel point ils sont menteurs, je vous offre les photos qui accompagnent
cet article.

Fidel Castro Ruz
Le 21 octobre 2012
10h12

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