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Numéro 103 - 5
octobre 2012
L'offensive contre les
travailleurs
de la construction
vise tous les travailleurs du Québec
Nous devons tous défendre
la
dignité et
les droits des travailleurs de la construction
L'offensive
contre
les
travailleurs
de
la construction vise tous les travailleurs
• Nous devons tous
défendre la
dignité et les droits des travailleurs de
la construction
• Les travailleurs se
préparent aux
négociations pour le renouvellement des
conventions collectives - Entrevue
avec Yves Ouellet, directeur
général de la FTQ-
Construction
La
Société canadienne des postes: la
destruction nationale
à l'oeuvre
• Chantage pour extorquer
des concessions aux
travailleurs des postes - Louis Lang
Levée
de
bouclier contre l'offensive antisociale du
gouvernement de l'Ontario
• Vigoureuse manifestation
à
l'assemblée annuelle du Parti
libéral
• Les étudiants
manifestent à
Queens' Park
Journée
mondiale
des enseignants
• Agissons pour
l'éducation et pour les
droits de tous! - Pierre
Soublière
Journée
mondiale
de l'habitat
• Le besoin urgent de
faire reconnaître
et garantir le droit au logement -
Serge Lachapelle
L'offensive contre les
travailleurs de la
construction vise tous les travailleurs
Nous devons tous défendre la
dignité et
les droits des travailleurs de la construction
Les quelque 170 000 travailleurs de la
construction au
Québec se préparent aux
négociations pour le
renouvellement de leurs conventions collectives.
Les travailleurs de la
construction font une grande contribution à
l'économie du
Québec en construisant les infrastructures
publiques et les
grands établissements scolaires et de
santé de même
que
les grands bâtiments industriels et
commerciaux sans parler des
logements résidentiels. Ils sont un digne
contingent de la
classe ouvrière jouant un rôle
clé dans
l'économie, mais leurs droits sont
bafoués comme on le
voit notamment avec le refus scandaleux des
entreprises et des
gouvernements de reconnaître leur droit
à des conditions
de travail
saines et sécuritaires. Ils
représentent moins de 6 % de
la main-d'oeuvre du Québec, mais comptent
plus de 25 % des
décès et les gouvernements
successifs depuis 1979
refusent même de promulguer les articles
touchant la construction
dans la Loi sur la santé et la
sécurité du
travail.
Mais les attaques à leurs droits ne
s'arrêtent pas là. Ils font depuis
des années
l'objet d'une campagne de propagande des
gouvernements et des
médias monopolisés qui
détourne l'attention de la
corruption des riches et des gouvernements qui
mettent tous les actifs
de la société au service de
l'intérêt
monopoliste privé en accusant les
travailleurs
et les syndicats eux-mêmes de corruption,
d'intimidation et de
violence. Cela comprend aussi la transformation
d'agences du
gouvernement comme la Commission de la
construction du Québec en
instrument de répression des travailleurs
au nom de la lutte
à la corruption. La lutte des travailleurs
à la
défense de leurs droits incluant leur droit
de
s'organiser à la défense de leurs
droits est
associée à l'intimidation et
à la violence et
criminalisée. La loi 33 adoptée
à
l'unanimité par l'Assemblée
nationale en début
décembre 2011 constitue une
ingérence accrue et
totalement inacceptable dans les affaires des
travailleurs et de leurs
syndicats. Malgré les prétentions
que c'est pour
défendre le
« droit de travailler » et la «
démocratie
syndicale », c'est une loi de transition
vers l'introduction du
travail non syndiqué et du syndicalisme de
compagnie dans la
construction, en particulier dans le contexte des
activités
prédatrices des grands monopoles dans le
Nord du Québec.
Le Marxiste-Léniniste lance
l'appel
à tous les travailleurs, alors que
vont s'amorcer les négociations dans la
construction au
Québec, de défendre leur droit
à des conditions de
travail qui correspondent au travail qu'ils font,
notamment à
des conditions qui vont en finir avec le
désastre des
décès sur les
chantiers pour lesquels tous les gouvernements
successifs portent le
blâme. Par-dessus tout, il faut
défendre le droit des
travailleurs de décider eux-mêmes de
leurs propres
affaires syndicales et autres parce que sans le
pouvoir de
décider eux-mêmes de leurs affaires,
leur capacité
à défendre leurs conditions de
travail et à avoir
leur mot à dire sur ce
que doit être l'industrie est totalement
entravée. Faire
des syndicats un appendice de l'État au
service du droit de
monopole n'est pas admissible. Ce n'est une
solution à aucun
problème de l'industrie de la
construction. Tous à la défense des
droits des
travailleurs de la construction !

Les travailleurs se préparent aux
négociations pour
le renouvellement des conventions collectives
- Entrevue avec Yves Ouellet,
directeur
général de la
Fédération des travailleurs
du Québec-Construction (FTQ-Construction) -
Les conventions collectives des quelque 170 000
travailleurs de la construction au Québec
arrivent à
terme le 30 avril 2013. Ces travailleurs sont
représentés
par cinq syndicats : la Fédération
des travailleurs du
Québec (FTQ-Construction), le Conseil
provincial du
Québec des métiers de la
construction (International), la
Centrale des syndicats
démocratiques (CSD-Construction), la
Confédération
des syndicats nationaux (CSN-Construction) et le
Syndicat
québécois de la construction (SQC).
Le
Marxiste-Léniniste s'est entretenu
récemment avec
Yves Ouellet, le directeur général
de la FTQ-Construction
qui représente environ 44 % des
travailleurs du secteur, sur les
préoccupations de la centrale en vue du
renouvellement des
conventions collectives.
Le Marxiste-Léniniste
: Combien y a-t-il de conventions
collectives dans la
construction au Québec et que
couvrent-elles ?
Yves
Ouellet : Il y a
quatre conventions collectives : convention du
secteur institutionnel/commercial, convention
génie
civil/voirie, résidentiel et industriel. La
manière dont
les négociations se font, c'est qu'il y a
une négociation
centrale à chaque table de secteur. Cette
négociation
établit les clauses générales
qui sont propres à chaque secteur. Ce sont
des clauses qui
s'appliquent à tous les travailleurs d'un
même secteur peu
importe leur métier. En plus de cela, il y
a des clauses qu'on
appelle le tronc commun qui s'appliquent à
tous les travailleurs
de la construction indépendamment de leur
secteur, comme les
clauses sur les assurances, le fonds de
pension et les avantages sociaux. Finalement, il y
a des clauses qu'on
appelle les clauses particulières. Ce sont
des clauses qui sont
négociées par les différents
métiers
eux-mêmes, qui s'appliquent
spécifiquement à leur
métier. On appelle cela les tables
particulières.
LML : La loi
33, la Loi
éliminant
le
placement
syndical
et visant l'amélioration
du fonctionnement de l'industrie de la
construction, qui a
été adoptée à
l'unanimité à
l'Assemblée nationale au début
décembre 2011,
comporte toute une section sur les
négociations de conventions
collectives.
Comment cette loi modifie-t-elle les
négociations qui vont
s'amorcer ?
YO : Il y a
plusieurs changements. Pour la négociation
qui vient, la
durée de la convention collective est
déterminée
par la loi à quatre ans. Nous ne sommes pas
d'accord avec cela,
bien au contraire, parce que la durée d'une
convention c'est un
levier extrêmement important dans les
négociations et on
vient de
nous l'enlever. Quand on négocie, selon que
l'économie
roule bien ou non, les deux parties peuvent
décider d'une
durée différente pour la convention
collective. Cela est
supposé faire partie des
négociations. La loi nous
enlève ce levier de négociation.
Autre chose nouvelle aussi, c'est qu'il doit y
avoir un
protocole de négociations d'établi
entre les cinq
syndicats de la construction et s'ils ne sont pas
capables de le faire
la loi prévoit que le ministre du Travail
va nommer un arbitre
qui lui va établir le protocole. On parle
ici d'un protocole
à l'interne des syndicats pour
établir les demandes et
le rôle de chacun dans le comité de
négociation. La
loi nous oblige à en arriver à une
entente sinon c'est un
arbitre qui établit le protocole.
En ce qui concerne la ratification d'une
convention ou
un vote de grève, la loi 33 exige que les
signataires doivent
représenter non seulement 50 % plus 1 des
travailleurs comme
c'était le cas auparavant, mais qu'en plus
il faut 3 syndicats
sur 5 qui signent. Par exemple, si le Conseil
provincial et la FTQ
Construction, qui à eux deux,
représentent environ 70 % des travailleurs
de la construction,
ratifient une convention, il faudrait quand
même un
troisième signataire pour que l'entente
soit ratifiée.
C'est pour cela d'ailleurs qu'on plaide devant le
Bureau international
du travail, on conteste la loi 33 qui
enlève la
proportionnalité du vote. ...
Ensuite la loi 33 demande aux associations
patronales de
consulter les grands donneurs d'ouvrages sur les
clauses qui pourraient
les toucher, par exemple Hydro-Québec dans
le secteur du
génie civil et de la voirie. Nous autres on
n'a pas à
leur parler, mais la loi donne une obligation aux
associations
patronales de consulter les grands donneurs
d'ouvrage à l'occasion des
négociations. Cela revient
à donner à la grande compagnie,
à la
multinationale qui fait faire des travaux de
construction voix au
chapitre dans les négociations. Quand une
multinationale vient
au Québec, disons une minière, ce
qu'elle veut c'est le
minerai, mais elle le veut au coût le plus
bas possible. Elle ne
prend pas en
considération les travailleurs. Elle veut
uniquement les profits.
On les amène maintenant par la loi à
se prononcer sur
quelque chose à propos duquel elles ne sont
même pas au
courant, le système québécois
de la construction.
Cela veut dire par exemple que les associations
patronales de la
construction vont devoir consulter Rio Tinto parce
que la
multinationale fait faire des travaux de
construction. mais la
mentalité de Rio Tinto est mondiale.
Ça veut dire quoi
pour elle les besoins du travailleur
québécois, elle s'en
contrefout, elle doit répondre à des
actionnaires, pas
aux travailleurs. On trouve que c'est impliquer
quelqu'un qui n'a
vraiment pas d'affaire là-dedans. On leur
donne voix au
chapitre, mais elles ne sont pas sur le terrain,
elles ne comprennent
même pas les besoins de l'industrie de la
construction. Elles
servent leur compagnie, leur entreprise
spécifique, elles n'ont
pas de vision globale de l'industrie de la
construction quand elles
font faire des travaux de construction. Les
travailleurs de la
construction ne sont pas leurs
employés, ils sont les employés des
sous-traitants de ces
multinationales.
Mon impression personnelle c'est que cela
à voir
avec le Plan Nord parce qu'on y retrouve une
grande concentration de
multinationales. On sait aussi que le Parti
libéral était
extrêmement fort là-dessus, de se
mettre à genoux
devant les grandes compagnies. Il leur disait
qu'on va tout leur donner
si elles viennent au Québec et maintenant
il leur
a donné une voix au chapitre dans les
négociations avec
les travailleurs de la construction même si
les travailleurs de
la construction ne sont pas leurs employés
directs. Je ne suis
même pas certain que les associations
patronales de la
construction sont contentes de devoir aller
consulter ces compagnies.
C'est un exemple de l'aplatventrisme du
Parti libéral devant les grandes
multinationales.
LML : Quelles
sont
les principales préoccupations de la
FTQ-Construction en vue des
prochaines négociations ?
YO : Nous sommes en
train de
formuler nos demandes. En fait de
préoccupations, ce qui est
important pour nous, c'est de sécuriser le
niveau de vie des
travailleurs de la construction. L'industrie de la
construction est
l'une des industries les plus importantes en ce
moment, mais elle a
été cyclique et on serait fou de
dire
que la situation va demeurer comme elle l'est en
ce moment alors que la
construction roule à fond de train. Sauf
qu'il ne faut pas
attendre que cela baisse pour dire que là,
on va prendre des
moyens pour que nos travailleurs ne subissent pas
une baisse de revenus
drastique ou se retrouvent dans le trouble. On
veut sécuriser le
niveau de vie des
travailleurs. On veut faire face aux augmentations
énormes des
prix des produits pétroliers. Le
travailleur ou la travailleuse
de la construction ne peuvent pas dire qu'ils vont
déménager près de l'usine ou
du bureau parce que
cela va coûter moins cher d'essence. Les
chantiers de
construction sont partout et le travailleur de la
construction peut se
faire dire du jour au lendemain qu'il devra
maintenant faire 40 kilomètres le
matin et 40 kilomètres le soir entre le
travail et la maison. La fluctuation du
prix du pétrole a un impact énorme
sur ses revenus. Alors
on veut sécuriser le niveau de vie de nos
travailleurs afin que
nos familles ne subissent pas les
conséquences des aléas
de l'économie.
On veut aussi bien sûr améliorer les
conditions de travail des travailleurs de la
construction. On pousse
très fort sur le respect de la santé
et de la
sécurité. On est en 2012 et les
décès au
travail continuent de s'accumuler dans le secteur
de la construction.
On continue, avec 6 % de la main-d'oeuvre, de
représenter 25 %
des décès au travail au
Québec. C'est totalement inacceptable. On
est déjà
très actif sur cette question et on va
utiliser tout ce qu'on
peut pour changer cette situation. C'est un aspect
crucial de
l'amélioration des conditions de travail
pour nos travailleurs,
mais on mène plusieurs fronts en même
temps sur cette
question des conditions de travail.
LML :
Comment
la
FTQ-Construction
se
prépare-t-elle
aux négociations ?
YO :
On
a
des
comités
de
travail qui travaillent à chaque table,
qui montent des projets pour chaque secteur ; les
métiers
concernés de chaque secteur se
réunissent pour
préparer des demandes. Notre fonctionnement
est très
démocratique, ce sont tous nos locaux, qui
représentent
des membres de tous les métiers, qui
s'assoient aux
tables et font leurs demandes. On fait des
études sur tout, tout
ce qui peut avoir un impact, les coûts de
l'essence, du
stationnement, on détaille chaque demande.
Chose certaine,
lorsque les négociations vont commencer on
va être
prêt, avec des demandes
détaillées et de bons
arguments pour les soutenir.

La Société
canadienne des
postes: la destruction nationale à l'oeuvre
Chantage pour extorquer des concessions
aux travailleurs des postes
- Louis Lang -
La Société canadienne des postes a
récemment présenté une offre
globale au Syndicat
des travailleurs et travailleuses des postes
(STTP) en disant que c'est
la seule façon d'éviter l'arbitrage
lié à
l'offre finale, un des volets de l'inacceptable
loi spéciale
adoptée par le gouvernement Harper il y a
plus d'un an. Le
processus d'arbitrage est au point mort puisque
les objections du
syndicat au premier arbitre et ensuite au
deuxième, lesquels
avaient été nommés par la
ministre du Travail, ont
été retenues par la Cour d'appel
fédérale.
Dans les deux cas, la Cour a ordonné
à la ministre de
nommer un nouvel arbitre.
Le premier arbitre a été
retiré
parce qu'il n'était pas bilingue et qu'il
n'avait aucune
expérience en relations de travail. Le
syndicat s'est
objecté au deuxième arbitre
lorsqu'il a appris qu'il
avait travaillé pour la
Société canadienne des
postes de 1998 à 2003 à titre
d'avocat pendant le conflit
sur l'équité salariale
avec l'Alliance de la fonction publique du Canada.
Il a aussi
été lié au Parti conservateur
du Canada jusqu'en
2010.
Dans sa décision du mois d'août
2012, le
juge de la Cour fédérale a dit, en
partie : « Dans
le contexte particulier des relations de travail
et de la loi
spéciale, la Cour pense qu'une personne
raisonnable et
sensée pourrait conclure que l'arbitre est
biaisé pour
les deux raisons mentionnées. »
La ministre du Travail n'a pas nommé un
nouvel
arbitre. Bref, depuis l'adoption de la loi
spéciale de retour au
travail, le processus est au point mort parce que
le gouvernement n'a
pas réussi à nommer un arbitre qui
réponde aux
critères légaux qui prévalent
au Canada.
Par conséquent, la convention collective
échue le 31 janvier 2011 est toujours en
vigueur, ce qui incite
le PDG et président de la
Société canadienne des
postes, Deepak Chopra, à déclarer
que la situation est
« catastrophique » et que «
l'avenir de la
société » est en jeu.
C'est à partir de cette prémisse
que la
société a présenté son
offre globale. Dans
une lettre envoyée à tous les
travailleurs postaux, M.
Chopra tente de justifier les nouvelles
réductions et
concessions que veut imposer la
société.
« Soyons clairs, les revenus
qui s'enfuient paient
nos salaires et nos avantages sociaux. La
réalité du
marché d'aujourd'hui est radicalement
différente de ce
qu'elle était en 2011. Par
conséquent, et sans aucun
doute, il n'est plus possible de préserver
ce que nous pensions
pouvoir préserver au début de l'an
dernier. »
L'« offre globale » prévoit de
nouvelles demandes de réductions et de
concessions de la part
des travailleurs, lesquelles ne faisaient pas
partie des demandes lors
des négociations en 2011. En plus de
l'introduction d'une double
grille de salaires, les nouveaux employés
auraient des
congés annuels passablement
inférieurs à ce qui existe. Tout
employé
embauché après le 31 janvier 2011 ne
serait pas
protégé par la
sécurité d'emploi actuelle
avant d'avoir travaillé cinq ans ou plus,
et ce, en emploi
continu en tant qu'employé à statut
régulier. De
plus, les nouveaux employés n'auraient pas
droit à la
sécurité d'emploi dans un
rayon de 40 kilomètres de leurs
installations postales avant
d'avoir travaillé au moins dix ans pour
Postes Canada. Il faut
noter que les clauses touchant à la
sécurité
d'emploi s'appliquent aux travailleurs «
réguliers »
et non aux employés temporaires ou
occasionnels. Puisque la
vaste majorité des employés sont
d'abord
embauchés à titre d'employés
temporaires avant
d'accéder au statut d'employés
réguliers, les
périodes de temps requis pour
répondre aux exigences des
clauses de sécurité d'emploi sont
beaucoup plus grandes.
Aussi, l'offre globale stipule que les
employés
réguliers embauchés le ou
après le 12 septembre
2012 n'auront plus droit à une pause de
repas payé.
(Cette clause s'applique aux travailleurs actuels
et aux nouveaux
travailleurs temporaires.) Aussi les nouveaux
employés ne
bénéficieraient plus d'un
régime de retraite
à prestations déterminées,
mais seraient
placés sur un régime à
cotisations
déterminées.
Pour les employés actuels, l'offre globale
exige
que dès le 1er janvier 2012 leurs services
futurs pris en compte
pour le calcul seront régis par un nouveau
régime de
retraite à cotisations
déterminées, rendant
l'employé admissible à une retraite
anticipée sans
réduction de cotisations à 65 ans
(l'âge actuel
étant
de 60) avec deux ans de service. L'autre
proposition est une pension
intégrale à 60 ans avec 30 ans de
service. Selon la
convention actuelle, c'est 55 ans après 30
ans de service.
L'offre globale porte également atteinte
aux
avantages sociaux des travailleurs, notamment dans
la clause des
cotisations d'assurance-maladie à la
retraite. La
société veut imposer un nouveau
régime pour les
employés qui partent à la retraite
le ou après le
1er janvier 2012. Selon le nouveau régime,
la prime annuelle
serait de 1 642 $ par couverture individuelle et 2
988 $ par couverture
familiale.
Voilà qui coûterait aux
retraités
plus de trois fois plus cher pour
l'assurance-maladie. En ce moment, la
société doit contribuer 75 %
à la section
médicale du régime
d'assurance-maladie
complémentaire et la contribution du
retraité est de 25
%. Le but de Postes Canada est de faire porter le
fardeau de
l'assurance-maladie aux retraités. Cette
attaque sournoise
est dissimulée dans l'offre globale, dans
une disposition
où l'on propose d'aider les
retraités à
s'acquitter des énormes coûts
supplémentaires. La société
propose d'offrir aux
employés qui prennent leur retraite
après le 1er janvier
2013 un « compte de dépenses pour la
santé »
de 1 232 $ par année pour une couverture
individuelle et de 2
241 $ pour une couverture familiale. Elle ne
précise pas pour
combien de temps. Bien que la
société
cherche à se faire rassurante, de telles
propositions sont la
source de beaucoup d'inquiétudes pour les
retraités qui
n'ont aucune garantie d'un régime
d'assurance-maladie abordable
à la retraite.
L'offre globale comporte aussi des changements
à
l'Annexe de la convention sur la question de la
sous-traitance. Les
changements proposés permettraient à
la
société de donner en sous-traitance
le travail
présentement effectué par
vidéocodage et de
réduire le nombre de comptoirs de vente au
détail que la
société
est obligée de maintenir.
L'offre globale reprend évidemment la
demande de
salaires inférieurs pour les nouveaux
engagés, elle
remplace le programme de congés de maladie
par un nouveau
programme d'invalidité à court terme
et elle
réduit le paiement des employés qui
sont en absence
autorisée pour blessures de 100 % à
75 % de leurs
salaires.
On peut voir ce que M. Deepak Chopra a en
tête
quand il parle d'assurer un « fondement
solide » à
la Société canadienne des postes.
Selon lui, la
Société des postes peut uniquement
connaître le
succès si elle s'accapare d'une portion
toujours plus grande de
la
valeur qui est produite par les travailleurs qui
dispensent
le service postal et si elle privatise les
segments les plus
profitables de l'opération et
démantèle le service
postal qui a été établi sur
le principe de la
provision d'un service postal universel à
tous les Canadiens.
La Société canadienne des postes et
le
gouvernement fédéral ont
dilapidé des centaines de
millions de dollars ces 30 dernières
années pour
s'opposer aux employés de services publics
qui avaient
déposé des griefs au début
des années 1980
contre la violation de l'équité
salariale. Durant toute
cette période, tous
les arbitres et tous les juges saisis de l'affaire
ont soutenu la
position des travailleurs à l'effet que le
gouvernement
fédéral avait enfreint ses propres
lois
d'équité salariale. Malgré
tout cela, le Conseil
du Trésor et la Société
canadienne des postes ont
refusé de se soumettre à ces
décisions et ont
gaspillé des tonnes
d'argent et de ressources en portant chaque
décision en appel et
cela jusqu'en Cour suprême où ils ont
été
déboutés une fois de plus.
C'est ironique que la société doive
maintenant payer des centaines de millions de
dollars pour violation de
la loi sur l'équité salariale
à tous ceux et
celles qui ont été privés de
leur dû suivant
le principe d'un salaire égal pour un
travail de valeur
égale.
Aujourd'hui, leur proposition est encore de
créer
deux paliers de conditions, avec de moindres
salaires, paies de
vacances, fonds de pension et pas de lunch
payé pour des
travailleurs engagés après une
certaine date même
s'ils travaillent côte à côte
et accomplissent
exactement les mêmes tâches. Pire
encore, on
essaie de justifier l'injustifiable et de
légaliser ce qui est
illégal en utilisant la loi
fédérale pour forcer
les travailleurs et le syndicat à accepter
volontairement de
renoncer aux droits pour lesquels ils ont combattu
et qu'ils ont
remportés dans le passé.
Cela montre bien l'irrationalité d'un
système qui est incapable de fournir un
avenir décent au
peuple. Loin de sacrifier leur moyen de
subsistance, les travailleurs
des postes et tous les travailleurs canadiens
doivent combattre de pied
ferme toute tentative de les priver de leurs
droits et de les appauvrir.

Levée de bouclier contre
l'offensive antisociale
du gouvernement de l'Ontario
Vigoureuse manifestation à
l'assemblée
annuelle du Parti libéral

Gauche: Devant
l'assemblée annuelle du Parti
libéral de l'Ontario
à Ottawa le 28 septembre. Droite:
Rassemblement
organisé par des étudiants pour
exprimer leur appui aux
enseignants à Queen's Park, Toronto, le
29 septembre.
Le 28 septembre dernier, des enseignants et des
travailleurs de l'éducation et leurs
supporteurs ont
manifesté devant le Palais des
congrès d'Ottawa où
se tenait l'assemblée annuelle du Parti
libéral de
l'Ontario. Les manifestants ont commencé
à se rassembler
devant le Palais des congrès vers 4 h 30,
et à 6 h
30, ils étaient plus de mille à
piqueter des deux
côtés de la rue. Des centaines
d'automobilistes qui
empruntent cette zone achalandée ont
klaxonné en appui
à la manifestation pendant toute sa
durée.
Des employés de l'éducation
engagés
à tous les niveaux du système
d'éducation en
Ontario, ces employés qu'une manifestante a
qualifiés
d'épine dorsale du système, ont
exprimé leur
colère contre la loi 115 du gouvernement
McGuinty, la
prétendue Loi donnant la
priorité aux
élèves qui fait tout le
contraire.
Parmi les organisations d'enseignants et d'autre
personnel de
l'éducation, on comptait la
Fédération des
enseignantes et enseignants de
l'élémentaire de
l'Ontario, la Fédération des
enseignants de
l'élémentaire d'Ottawa-Carleton, la
Fédération des
enseignantes-enseignants des écoles
secondaires de l'Ontario, le Syndicat des
employés de la
fonction publique de l'Ontario, le Syndicat
canadien de la fonction
publique, l'Alliance de la fonction publique du
Canada, le Syndicat des
travailleurs et des travailleuses des postes,
l'Association des
enseignants anglophones catholiques
de l'Ontario et plusieurs étudiants
étaient aussi de la
partie.

Les représentants des syndicats ont
distribué un tract aux
délégués du Parti
libéral intitulé « Les
employés de
l'éducation défendent la Charte
».
Le tract se lit ainsi :
« Chers délégués de
l'assemblée annuelle,
« Nous sommes près de 200 000
enseignants,
secrétaires, employés de soutien,
assistants
pédagogiques, employés des services
alimentaires,
éducateurs en petite enfance, techniciens
de librairie et autres
membres des personnels de soutien qui travaillons
dans les
écoles élémentaires et
secondaires de votre
circonscription
et partout en Ontario. Nous comprenons que vous
désirez que
l'Ontario ait un budget sans déficit. Nous
aussi nous le
voulons. Mais êtes-vous réellement
sûrs que les
électeurs de l'Ontario sont d'accord que
vous retiriez plus de 2
milliards $ du budget des écoles pour
atteindre cet
équilibre budgétaire ?
« Êtes-vous sûrs que les
Ontariens
approuvent que l'on contrevienne du même
coup à la Charte
des droits et libertés, qui est une
contribution de votre parti
au Canada ?
« Nos étudiants ont droit à
ce qu'il
y a de mieux. Ne sacrifiez pas les dépenses
destinées aux
salles de classe et la Charte pour obtenir un gain
politique sans
principe.
« Il y a toujours des façons de
faire
mieux. Prenez position en faveur des droits
démocratiques.
Demandez le retrait de la Loi 115. »
Vers sept heures, des représentants de
divers
syndicats ont pris la parole. Leur message
était on ne peut plus
clair : pas question pour les enseignants et les
travailleurs de
l'éducation de rester les bras
croisés pendant qu'on les
prive de leurs droits et qu'un des meilleurs
systèmes
d'éducation au monde est mis à
mal ! Retirez la loi 115 et restaurez nos droits !
Des orateurs ont
exprimé leur appréciation de l'appui
que les
étudiants leur ont manifesté y
compris dans une
manifestation devant les bureaux de McGuinty qui
se tenait presqu'en
même temps que la manifestation d'Ottawa.
Plusieurs ont dit que
ce n'est pas aux enseignants
et travailleurs de l'éducation «
à payer pour les
péchés de la classe
possédante ». Une
personne a fait rire tout le monde quand elle a
remercié
McGuinty « d'avoir fait des activistes
sociaux de nous tous !
» Un autre a cité McGuinty qui a dit
une fois que son
père avait coutume de dire : « Il n'y
a personne d'entre
nous qui soit aussi fort que nous tous » et
il a ajouté
: « McGuinty, c'est toi qui ne
représente 'personne d'entre
nous' et 'c'est nous tous' qui allons rester forts
» ! Un des
orateurs a bien résumé l'esprit des
manifestants
lorsqu'il a dit : « McGuinty, la seule crise
qui existe dans le
système d'éducation.c'est celle que
tu as créée. Tu ne vas jamais
réussir à
légiférer notre bonne volonté
et notre
coopération. »

Les étudiants manifestent à
Queens' Park
Le 29 septembre, les étudiants de
l'école
secondaire Bramalea à Brampton ont tenu une
manifestation
très réussie devant
l'assemblée législative
de l'Ontario, à Queens' Park, Toronto, en
appui aux enseignants
et travailleurs de l'éducation en Ontario
et pour demander le
retrait de la Loi 115, la prétendue
Loi donnant la priorité aux
élèves.
La manifestation a exprimé la
ferme
conviction des étudiants que cette loi
anti-éducation
doit être défaite parce qu'elle est
injuste,
antidémocratique et qu'elle s'attaque non
seulement aux droits
des enseignants et au droit des étudiants
à
l'éducation, mais aux droits de tous les
travailleurs.
Kayla Smith, une des organisatrices de l'action
et la
maîtresse de cérémonie pour
l'occasion, a dit que
les étudiants reconnaissent le droit des
enseignants et des
travailleurs de l'éducation de
défendre les gains
remportés par leurs
prédécesseurs et que leur
lutte défend les intérêts de
tous les travailleurs
du secteur
public et de la société dans son
ensemble. Elle a
demandé au gouvernement de s'asseoir avec
les syndicats et
négocier de bonne foi avec eux un contrat
équitable. Elle
a ajouté que les étudiants se sont
faits leur propre
idée sur ce qui se passait et qu'ils ne
seront pas
dissuadés par la désinformation
faite par le gouvernement
et les médias, mais vont «
défendre avec grande
fermeté les droits de nos enseignants dans
cette bataille
».
Timothy Yu, un enseignant de Brampton, a aussi
pris la
parole pour saluer les étudiants et dire
combien il est
nécessaire de défier des lois
injustes comme la loi 115
qui nie les droits et prive les gens de leur mot
à dire sur les
affaires qui les affectent.
Peter Tabuns, le député de
Toronto-Danforth et critique du NPD pour
l'éducation, a aussi
appuyé l'action des étudiants et
demandé le
retrait de la loi 115.
Tejas Gandhi, un autre étudiant à
l'école secondaire de Brampton, a dit que
les étudiants
ont commencé à regarder la situation
de plus près
lorsque les enseignants ont cessé de
participer aux
activités parascolaires. Ils ont
réalisé que les
enseignants donnent des milliers d'heures de leur
temps pour aider les
étudiants
et organiser des sports, des clubs et d'autres
activités qui
sont essentielles à leur éducation.
Il a dit que c'est
suite à cet arrêt des
activités parascolaires que
les étudiants ont commencé à
appuyer leurs
enseignants et à organiser des actions pour
les appuyer.

Journée mondiale des
enseignants
Agissons pour l'éducation et pour les
droits de
tous!
- Pierre Soublière -
Le mot d'ordre de la Journée mondiale des
enseignants 2012 est « Agissons pour les
enseignants ! »
La journée mondiale des enseignants a lieu
le 5
octobre de chaque année depuis 1994. Elle a
été
créée par l'Organisation des Nations
unies pour
l'éducation, la science et la culture
(UNESCO) pour
célébrer les enseignantes et les
enseignants partout dans
le monde. Son but est de mobiliser les
gouvernements et
les populations afin que des aides
financières suffisantes
soient accordées pour soutenir le personnel
de l'enseignement
et qu'ainsi l'accès à
l'éducation devienne une
réalité tangible pour les
générations
actuelles et les générations futures
dans tous les pays.
Rappelons que l'objectif de l'UNESCO, en tant
qu'agence
spécialisée de l'ONU, est de «
construire la paix
dans l'esprit des êtres humains à
travers
l'éducation ». Pour renforcer
l'importance d'agir «
pour les enseignants », la directrice
générale de
l'UNESCO, Irina Bokova, déclare : «
Les enseignants
définissent, au bout du compte, notre
capacité collective
à innover, à investir,
à trouver des solutions pour l'avenir. Rien
ne remplacera jamais
un bon enseignant. Rien n'est plus important que
de les soutenir.
»
Le 5 octobre a lieu cette année dans un
contexte
où, loin de se sentir appuyés dans
leurs
démarches, les enseignants et tout le monde
de
l'éducation se sentent bafoués,
lorsqu'ils ne sont pas
ouvertement attaqués de part et d'autre.
Prenons quelques
exemples qui se passent dans notre «
hémisphère
». En Ontario,
le gouvernement libéral de McGuinty,
après avoir
mené des élections partielles sur le
dos des enseignants,
a annoncé des coupures de 2 milliards $
dans l'éducation.
Il s'en prend aux salaires et aux conditions de
travail de tout le
personnel qui oeuvre dans l'éducation et
leur retire le droit de
grève. À Chicago, les
enseignants et le personnel de soutien viennent de
mener une
grève de neuf jours pour défendre
leurs conditions de
travail, mais aussi pour s'opposer à
l'évaluation des
enseignants selon le résultat des
élèves.
L'inspiration de la Coalition avenir Québec
(CAQ) pour ses
propositions visant à faciliter la
privatisation de
l'éducation vient de là, de George
W. Bush plus
précisément. Les enseignants
refusent que des
écoles entières soient
fermées, des enseignants
congédiés et des écoles
à charte mises sur
pied avec une gestion privée dans certaines
d'entre elles.
Plus près de nous, comme de raison, il y a
la
lutte des étudiants du Québec, qui
ont dû endurer
les pires calomnies pour avoir simplement
affirmé le droit
à l'éducation, pour que «
l'accès à
l'éducation devienne une
réalité tangible pour les
générations actuelles de jeunes et
les
générations futures ».
Il est clair que les gouvernements ne jouent pas
leur
rôle de défendre le bien public, dont
l'éducation
et la santé sont les piliers. Ils ne
trouvent jamais les moyens
d'accorder « de l'aide financière
suffisante pour soutenir
le personnel de l'enseignement » et se
tournent même
contre les enseignants pour mettre
fin à des « mauvais rendements
», fictifs ou
réels. Ils laissent une place toujours plus
grande pour que des
intérêts privés viennent
s'imposer dans le domaine
public, restreignant de plus en plus le droit
public. Quant à
nous et tous ceux ci-haut mentionnés, nous
cherchons des
solutions qui défendent l'esprit et la
lettre
de nos droits, dont le droit à
l'éducation, mais aussi le
droit d'affirmer collectivement ces droits. Ce
n'est qu'ainsi que nous
allons défendre l'éducation et
développer «
notre capacité collective...à
trouver des solutions pour
l'avenir ».

Journée mondiale de
l'habitat
Le besoin urgent de faire reconnaître
et garantir
le droit au logement
- Serge Lachapelle -

Le 1er octobre s'est tenue la 26e Journée
mondiale
de l'habitat.
Depuis 1986, les Nations unies soulignent cette
Journée dont le
but est
de susciter un grand nombre d'actions à
travers le monde pour
attirer
l'attention sur les problèmes des mal
logés. Le
thème retenu pour cette
année est « Des villes en changement,
des
opportunités se
construisent ».Cette année encore,
les activistes et la
population de
partout à travers le monde ont tenu des
actions et des
réunions pour
exiger la pleine reconnaissance du droit au
logement.
Lors d'un point de presse tenu à
Montréal,
le Regroupement des
comités logement et associations de
locataires du Québec
(RCLALQ) a
profité de l'occasion pour lancer
officiellement sa campagne
nationale
pour le contrôle des loyers. Le Regroupement
a rappelé que
le droit au
logement fait partie des droits humains
fondamentaux de la
Déclaration universelle des droits de
l'homme.
Le RCLALQ précise que neuf locataires sur
dix,
parmi les ménages
locataires qui consultent un comité
logement, subissent une
hausse
abusive de loyer. Même les logements
insalubres font l'objet
d'augmentation abusive. Entre 2001 et 2011, les
loyers ont
augmenté de
34,5 %, une hausse de 177 $ par mois. Force est de
constater que la
Régie
du logement ne réussit pas à
contrôler les
augmentations. D'autre part,
les hausses de loyers abusives ont des impacts sur
les droits des
ménages locataires. « Quand des
ménages locataires
affectent une trop
grande part de leurs revenus au logement, il ne
reste plus assez
d'argent pour subvenir à leurs autres
besoins comme se nourrir,
se
vêtir,
s'éduquer, et se divertir »,
s'indigne France Émond,
porte-parole du
RCLALQ.
Afin que les droits fondamentaux ne soient plus
bafoués, le RCLALQ
exige via sa campagne nationale, un contrôle
universel et
obligatoire
des loyers. Pour le RCLALQ, tout le
problème réside dans
le fait que le
fardeau du refus d'une augmentation abusive repose
sur les locataires.
Or, selon madame Émond, « la
méconnaissance de
leurs
droits, la peur de représailles, le
harcèlement,
l'intimidation et la
pénurie de logements poussent les
locataires à accepter
les hausses de
loyer. » Afin de contrer les augmentations
abusives de loyer et
protéger le droit au maintien dans les
lieux des locataires, le
RCLALQ
revendique un encadrement des loyers. La
réalisation du droit au
logement
l'exige. En attendant, le RCLALQ soutient qu'il
faut geler les loyers
car les abus doivent cesser immédiatement.
Ce sont ces revendications que le RCLALQ
défendra
toute l'année par
le biais de sa campagne. Dans un premier temps, le
Regroupement
dévoilera en présence des
médias sa compilation
des hausses de loyer
2012. Par la même occasion, le RCLALQ
distribuera des dizaines de
milliers de dépliants informant les
locataires de leur droit de
refuser une augmentation de loyer tout en
conservant leur logement. Des
actions régionales auront lieu à la
fin novembre afin de
porter notre
message aux responsables de l'habitation. Puis,
à l'hiver, le
RCLALQ
organisera une journée d'éducation
populaire sur
l'encadrement des
loyers. Enfin, puisqu'il est du ressort du
gouvernement de garantir le
droit fondamental au logement, le RCLALQ
organisera le 24 avril, lors
de la journée des locataires, une
manifestation nationale pour
exiger
un contrôle des loyers.
En cette Journée mondiale de l'habitat, le
RCLALQ
réitère son
engagement à défendre le droit au
logement. De plus, il
portera la
revendication du contrôle des loyers au
nouveau ministre de
l'habitation, monsieur Sylvain Gaudreault. Il
souhaite que le ministre
soit sensible aux problèmes que vivent les
mal logés.
À Québec, plusieurs groupes de
citoyens,
dont les groupes membres du
FRAPRU réclament que la ville se dote d'une
véritable
politique
d'inclusion pour le logement social. Ils
revendiquent notamment que la
ville réserve 30 % de l'espace disponible
à la
Pointe-aux-Lièvres et à
la Pointe-D'Estimauville pour la construction de
logements
sociaux.
À Chicoutimi, la coordonnatrice de
l'organisme
Loge m'entraide a
profité de la journée pour demander
que le droit au
logement soit
inclus dans la Charte québécoise des
droits et
libertés.
« Le logement n'est pas un bien de
consommation,
ni une marchandise,
c'est un droit. Loge m'entraide va lutter
ardemment dans les prochains
mois et les années à venir pour y
parvenir. Il y a
bientôt 40 ans que
le Québec a adhéré au Pacte
international sur les
droits économiques
sociaux et culturels où il s'est
engagé à
respecter le droit au
logement. Il est temps d'inclure ce droit dans la
Charte
québécoise des
droits et libertés ».
Le Conseil national de direction d'Habitat pour
l'humanité Canada a
publié pour sa part les résultats
d'un sondage qui
révèle que bien que
64 pour cent des Canadiens croient que le logement
sera moins abordable
à l'avenir, peu d'entre eux croient que le
logement est un
problème
dans leur collectivité.
Selon le président du Conseil national de
direction, Brett Marchand,
ces résultats démontrent que quoique
les Canadiens
sachent lire les
signes avant-coureurs, peu d'entre eux peuvent
mesurer l'ampleur des
besoins de logement au Canada.
« Lorsque le coût du logement devient
ingérable, les familles
doivent faire des choix difficiles pour s'en
sortir, du genre servir le
petit déjeuner aux enfants avant qu'ils
aillent à
l'école ou laisser
fonctionner le chauffage pendant la nuit »,
a dit Brett Marchand.
« Le
manque de logements abordables empêche les
familles à
faible revenu de
briser
le cycle de la pauvreté, ce qui augmente
les chances de
dépendance à
long terme aux services sociaux. »
On entend par logement abordable toute situation
où les coûts de
logement — comprenant les versements de loyer ou
les paiements
d'hypothèques, les taxes foncières,
l'électricité, l'eau, le carburant
et autres services municipaux- représentent
moins de 30 pour
cent du
revenu total d'un ménage avant
impôts. Le sondage
révèle que les
ménages
de Colombie-Britannique, d'Alberta et d'Ontario
étaient les plus
susceptibles de dépasser cette limite.
Les autres résultats du sondage
révèlent que 35 pour cent des
répondants ont diminué leurs achats
de nourriture
à cause des coûts de
logement élevés, un pourcentage qui
grimpe à 46
pour cent dans les provinces maritimes.
Un Canadien sur quatre a repoussé le
paiement de
factures afin de payer son loyer.
84 pour cent des Canadiens croient que le
gouvernement
devrait agir en matière de logement
abordable.
« Les Canadiens doivent comprendre qu'il
est
important que le
logement demeure abordable », poursuit Brett
Marchand. «
Nous ne
pouvons plus croire que la situation ne nous
affecte pas. Le
problème
se retrouve dans toutes les villes et tous les
quartiers, parfois
même
à la porte d'à côté.
»
La crise du logement qui se poursuit
démontre que
les forces du
marché ne peuvent résoudre cette
crise. Les activistes et
la population
ont pu constater que ce qui guide ces forces ce
n'est pas de
garantir le
droit au logement, mais d'assurer le profit
maximum le plus rapidement
possible. La construction des condominiums qui est
devenue une
affaire multimillionnaire et qui se fait au
mépris des logements
sociaux en est une preuve concrète.
C'est à l'État que revient la
responsabilité de garantir pleinement le
droit au logement !

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