|
Numéro 101 -
28
septembre 2012
Opposition grandissante aux
attaques
à l'éducation en Ontario
Appuyons les enseignants et
travailleurs
de l'éducation contre les attaques
du gouvernement de l'Ontario
|
OTTAWA
Manifestation à
l'assemblée
annuelle
du Parti libéral de
l'Ontario
Vendredi
le 28 septembre - 14 h 30
Centre des congrès
d'Ottawa, 55 Colonel By Drive
|
|
Opposition
grandissante aux attaques
à l'éducation en Ontario
• Appuyons
les
enseignants et travailleurs de
l'éducation de l'Ontario
• Des
mandats
de grève décisifs
en réponse au diktat gouvernemental
• Les
étudiants
sont aux premiers rangs
de l'opposition à la loi contre les profs
• Les
enseignants et
travailleurs de
l'éducation en action
• Des
enseignants de
Sudbury contestent la
légitimité de «la feuille de
route vers
l'éducation»
Annulation
de
la
hausse
des frais de scolarité au Québec
• Manifestation
pour
célébrer la
victoire des étudiants et annoncer la
poursuite de la lutte
• Un
appel aux victimes
de la répression
politique et policière du printemps dernier
Dénigrement
et
«autoévaluation»
en
Outaouais
• Les
enseignantes et les
enseignants
défendent leur honneur et la dignité
de leur travail -
Pierre Soublière
7e
édition de
la Marche et de la veille commémorative
Sisters in Spirit
•
Brisons le silence sur
les femmes disparues
Opposition grandissante aux
attaques
à l'éducation en Ontario
Appuyons les enseignants et travailleurs de
l'éducation de l'Ontario
Aujourd'hui, le vendredi 28 septembre, des
enseignants,
travailleurs de l'éducation et supporteurs
manifesteront devant
l'endroit où se tient l'assemblée
générale
annuelle du Parti libéral de l'Ontario,
à Ottawa, pour
protester contre l'offensive
déclenchée par le
gouvernement McGuinty contre leurs droits. La
manifestation
a pour thème : « Pour donner le ton
à la fin de
semaine » en préparation pour les
grandes manifestations
appelées à Toronto et ailleurs
devant les bureaux de
comté des libéraux de l'Ontario. Les
organisateurs
appellent tout le monde à « montrer
au premier ministre
McGuinty, à son conseil des ministres, aux
associations
de comté et aux députés
libéraux de
l'Ontario ce que vous pensez des atteintes
à vos droits de
négociation collective ». Toute la
population est
invitée à participer.

Des mandats de grève décisifs en
réponse
au diktat gouvernemental

Des
enseignants du
primaire tiennent des votes de grève le
24 septembre. À
gauche: Ottawa
Carleton; à droite: Hastings et Prince
Edward (Belleville)
Les résultats des votes de grève
entrepris
par les instances de négociation de la
Fédération
des enseignants-enseignantes du primaire de
l'Ontario (FEEO) et de la
Fédération des
enseignants-enseignantes des écoles
secondaires de l'Ontario (FEESO) à travers
la province indiquent
que des majorités décisives
d'enseignants sont favorables
à un mandat de grève qui autorisent
des moyens de
pression allant jusqu'au retrait
complet des services dans les régions
locales si
nécessaire. La plupart des locaux ou
districts ont fait part de
leurs résultats par unité de
négociation.
La FEESO explique que la tenue d'un vote de
grève
ne veut pas dire que celle-ci sera
appliquée dans
l'immédiat. Le président de la
FEESO, Sam Hammond, a dit
aux journalistes : « Ces votes sont de la
plus grande importance
dans les négociations locales mais aussi,
fort de ce mandat de
grève, nos membres
envoient un message clair au gouvernement que le
maintien du statut quo
est chose du passé et que nous ne
laisserons pas passivement un
tel projet de loi répressif et
anticonstitutionnel faire son
chemin. »
La
FEESO dit que d'aller
chercher un mandat de
grève fait partie du processus de
négociation selon la Loi
des
relations
de
travail
de
l'Ontario qui prévoit une
démarche légale des employés
leur permettant non
seulement de faire la grève, mais aussi de
faire la grève
du zèle ou encore de refuser
de faire un travail qu'ils feraient normalement,
même de nature
bénévole.
Le 27 août, la FEESO avait annoncé
qu'elle
reportait tous les votes de grève pour la
première
semaine de septembre sauf dans les cas où
les commissions
scolaires avaient demandé la conciliation.
On avait alors
jugé que certaines percées avaient
été
faites au niveau des négociations locales.
Des votes de
grève
étaient prévus depuis le mois de
juin. La FEESO a
changé sa décision après la
campagne de peur
entretenue par le gouvernement McGuinty à
l'effet que les
enseignants s'apprêtaient à
chambarder la rentrée
scolaire.
Les campagnes de peur sont l'une des tactiques
préférées des partisans de
l'offensive
antisociale. Les libéraux ainsi que les
conservateurs ont
tenté de brandir le spectre d'une
grève
déclenchée au moment de la
rentrée scolaire dans
le but de manipuler l'électorat visé
par les
élections partielles du 6 septembre dans
Kitchener-Waterloo et Vaughan. Cette
hystérie avait comme but de
justifier l'adoption d'une loi draconienne visant
à attaquer les
droits de tous, la prétendue Loi
donnant la priorité
aux élèves. Ce faisant, ils
se sont mis à
croire leurs propres mensonges que le public
n'appuie pas les
enseignants et les
travailleurs de l'éducation. Cette
stratégie s'est
retournée contre eux et alors que les
libéraux — avec
leur soi-disant approche équilibrée
— et les
conservateurs — avec leur soi-disant approche sans
compromis — ont tous
subi des défaites cuisantes aux
élections partielles de
Kitchener-Waterloo. Quant à
l'élection partielle
de Vaughan, elle n'a pas été
déterminante en
termes de donner un quelconque mandat aux
libéraux du fait que
seulement 26 % des électeurs admissibles se
sont prévalu
de leur droit de vote.
Dès que la Loi donnant la
priorité
aux élèves fut adoptée
par l'assemblée
législative et que les commissions
scolaires furent
forcées de la mettre en oeuvre, la FEESO a
remis ses votes de
grève en marche. Plus qu'un vote pour
appuyer un mandat de
grève, c'est un véritable rejet des
manoeuvres de
McGuinty-Hudak visant à attaquer les droits
de tous.
Votes de grève de la FEEO
Keewatin-Patricia
(Kenora, Dryden, Sioux Lookout, Red Lake area):
100%
Superior-Greenstone
(Manitouwadge, Geraldton, Marathon, Nipigon-Red
Rock area): Teachers --
98%, Occasional Teachers -- 100%
Rainbow
(Sudbury, Espanola, Manitoulin area): Teachers --
98%, Occasional
Teachers -- 98%, Designated Early Childhood
Educators (ECEs) -- 95%
Near North
(North Bay, Parry Sound, Sturgeon Falls area):
Teachers -- 91%,
Occasional Teachers -- 97%
Simcoe
(Barrie,
Orillia, Collingwood area): Teachers -- 97%,
Occasional Teachers -- 92%
Designated ECEs -- 86%, Burkvale school
(Penetanguishene) -- 100%
Trillium
Lakelands
(Lindsay, Kawartha Lakes, Haliburton, Muskoka
area): Teachers -- 99%,
Occasional Teachers -- 100%, Designated ECEs --
96%
Renfrew County
(Pembroke, Renfrew, Petawawa, Deep River area):
Teachers -- 95%,
Occasional Teachers -- 87%, Education Support
Personnel -- 91%,
Professional Support Personnel -- 84%
Ottawa Carleton:
Teachers -- 97%, Occasional Teachers -- 96%
Hastings &
Prince
Edward County (Belleville, Trenton,
Picton area): Teachers --
94%, Occasional Teachers -- 93%
Limestone
(Kingston, Napanee area): Teachers -- 99%,
Occasional Teachers -- 97%
Kawartha Pine
Ridge
(Peterborough, Port Hope, Cobourg, Bowmanville
area): 98%
Durham
(Oshawa,
Whitby, Ajax, Pickering area): Teachers -- 98%,
Occasional Teachers --
94%, Designated ECEs -- 98% (Close to 2,000
members voting)
Hamilton
Wentworth:
Teachers
--
97%,
Occasional
Teachers
--
91%, Designated ECEs -- 91%
Grand Erie
(Brantford, Dunnville, Caledonia area): Teachers
-- 97%, Occasional
Teachers -- 93%, Designated ECEs -- 93%
Waterloo Region (Kitchener-Waterloo, Cambridge
area):
Teachers -- 97%, Occasional Teachers -- 97%,
Designated ECEs -- 95%
Lambton Kent
(Sarnia, Chatham-Kent area): 97%
Votes de grève de la FEESO
Thunder Bay:
85%
Algoma
(Sault
Ste. Marie, Elliott Lake, Wawa area): Teachers --
95%, Occasional Teachers -- 89%, Educational
Support Staff -- 78%,
ECEs -- 77%
Bluewater
(Owen
Sound, Meaford, Kincardine, Chesley area):
Teachers -- 98%, Support Staff -- 87%
Simcoe
(Barrie,
Orillia, Collingwood area): Teachers -- 95% (More
than 1,070 of 1,200 teachers voting) Educational
Assistants and
Designated ECEs -- 90%
Trillium
Lakelands
(Lindsay, Kawartha Lakes, Haliburton, Muskoka
area): 99.5%
Renfrew County
(Pembroke, Renfrew, Petawawa, Deep River area):
95%
Kawartha Pine
Ridge
(Peterborough, Port Hope, Cobourg,
Bowmanville area): Teachers -- 90%
Durham
(Oshawa,
Whitby, Ajax, Pickering area): Teachers -- 94%,
Occasional Teachers -- 87%.
Hastings &
Prince
Edward County (Belleville, Trenton,
Picton
area): Teachers -- 92%
Limestone
(Kingston, Napanee area): Teachers and occasional
teachers -- 94%, Professional Student Services
Personnel -- 100%
Hamilton-Wentworth:
Teachers
--
97%,
Occasional
Teachers
--
91%,
Designated ECEs -- 91%
Peel
(Mississauga, Brampton, Caledon area ): Teachers
-- 94.2%,
Occasional Teachers -- 91.4%
York Region
(Richmond Hill, Vaughan, Newmarket, Aurora area):
Teachers/Occasional Teachers -- 94%
Grand Erie
(Brantford, Dunnville, Caledonia area): Teachers
--
95%, Occasional Teachers -- 94.3%, Professional
Student Services
Personnel -- 98%, Educational Support Staff and
ECEs -- 92%
Avon Maitland
(Stratford, Goderich, Exeter area ):
Teacher/Occasional Teachers; Professional Student
Services
Personnel; Office, Clerical, Technical,
Educational Assistants
and ECEs -- "Overwhelming support"
Waterloo:
Teachers/Occasional Teachers -- 93.4%
Thames Valley
(London, St. Thomas, Woodstock area): Teachers,
Occasional Teachers, Professional Student Services
Personnel --
95% (2,000 members voting)
Lambton Kent
(Sarnia, Chatham-Kent area): Teachers -- 99%
Greater Essex
(Windsor, Essex, Leamington area): Teachers --
96%,
Occasional Teachers -- 99%, Educational Support
Staff -- 91%,
Professional Student Services Personnel -- 90%
Vote de
grève de
la FEESO District 9 (Windsor et Essex) le 17
septembre 2012

Les étudiants sont aux premiers rangs
de
l'opposition à la loi contre les profs
Les étudiants partout en Ontario appuient
leurs
enseignants et font mentir la
désinformation médiatique
qui dit qu'ils sont contre les enseignants. Ils
manifestent à
tous les jours et ne manquent pas une occasion
d'exprimer leur
opposition à la loi qui prétend
«donner la
priorité aux élèves» du
gouvernement
libéral
de l'Ontario, une loi qui attaque le droit des
enseignants et
travailleurs de l'éducation de
négocier collectivement
leurs conditions de travail. Ils blâment le
gouvernement pour la
perte des activités extracurriculaires et
considèrent
que les enseignants ont raison de
considérer que cette loi est
une attaque contre les droits
de tous.
Rassemblements et débrayages
Le 19 septembre, des centaines d'étudiants
de
deux écoles secondaires de Belleville ont
débrayé.
Le même jour plus de 200 étudiants de
deux écoles
secondaires d'Ottawa se sont rendus devant les
bureaux de
circonscription du premier ministre ontarien
Dalton McGuinty
sur l'heure du midi. Ils ont fait retentir dans
les rues du
centre-ville leur opposition à la loi qui a
pour nom Loi
donnant la priorité aux
élèves. Sur une
pancarte on lisait: « Mon premier vote ne
sera pas pour
vous ! ». Des étudiants ont dit
à un animateur de
radio qu'ils ne se mobilisaient pas seulement pour
les arts et les sports, ils veulent être une
voix du
côté des enseignants à qui on
interdit de faire la
grève. Plus tôt durant la
journée, quelque 300
étudiants de Richmond, dans la même
région, ont
dressé un camp de protestation sur le
terrain de leur
école.
Le 20 septembre, des étudiants du
secondaire de
Bowmanville, Hanover, Flesherton et Chesley ont
débrayé.
À Bowmanville des centaines
d'étudiants du secondaire ont
marché dans la direction de l'hôtel
de ville où ils
ont tenu un rassemblement très bruyant et
vigoureux et se sont
ensuite rendus devant le bureau du
député conservateur John O'Toole.
(Rappelons que les
conservateurs ont voté en appui à la
loi que ne pouvait
passer seul le gouvernement libéral
minoritaire.) À
Flesherton, plus de 800 étudiants se sont
rassemblés sur
le terrain de jeu derrière l'école
avec des pancartes et
des bannières sur lesquelles on lisait
entre
autres: « Luttons pour les droits
démocratiques»,
«La loi 115 ruine l'esprit scolaire »,
« Professeurs et
étudiants ensemble » et «
McGuinty, cesse d'être
un poltron ». Une soixantaine
d'élèves du primaire
ont également débrayé
à l'école
Flesherton.
Le 21 septembre, les étudiants de Meaford,
Kirkland Lake, Mississauga et Brampton ont
organisé un
débrayage concerté. Le 24 septembre,
une cinquantaine
d'élèves des 7e et 8e années
d'une école
de Peterborough ont quitté leurs classes
vers 14 h pour
participer à une bruyante manifestation
dans la cours
d'école,
avec pancartes et bannières et en scandant:
« Nous voulons
nos sports ! » et « Nous avons notre
mot à dire! ».
En plus des débrayages et manifestations
devant
les bureaux des députés, les
étudiants organisent
différentes initiatives à
l'échelle de la province
pour encourager leurs camarades à se faire
entendre. Ils
organisent également une grande
manifestation provinciale devant
l'assemblée législative à
Toronto le 29 septembre
à 13 h. Ils demandent aux participants de
porter des
vêtements noirs en guise de
solidarité avec les
enseignants et travailleurs de l'éducation.
Pétitions
Une autre initiative des étudiants est la
mise en
ligne de plusieurs pétitions contre la Loi
donnant la
priorité aux élèves et
en appui aux
enseignants. Deux de ces pétitions ont
jusqu'à
présenté recueilli au total plus de
7 500 signatures.
L'une d'entre elles s'intitule « Donnez la
priorité aux élèves: abrogez
la loi 115 ».
Elle se lit en partie comme suit:
« Nous les
étudiants de l'Ontario
croyons
fermement que l'adoption du projet de loi 115 et
en particulier les
dispositions restreignant le droit des enseignants
de faire la
grève sont moralement inacceptables. Une
société
où le pouvoir de faire la grève peut
être
révoqué selon les priorités
du gouvernement du
jour
peu importe les conséquences pour ceux qui
cela touche est une
société en danger. Bien que le
'droit à la
grève' ne soit pas un droit inscrit dans la
constitution, dans
notre pays ce principe est
généralement accepté
comme un principe d'une société
juste et libre avec des
conditions de travail modernes. Sans le droit
de grève, les syndicats deviennent
impuissants. Nous demandons
à l'assemblée législative et
à la ministre
de l'Éducation Laurel Broten de ne pas
oublier ce
qu'étaient les conditions de travail il y a
un siècle et
le rôle que jouent les syndicats et le droit
de protester dans
nos lois modernes »
Elle demande ensuite l'abrogation de la loi 115
et que
les enseignants puissent négocier leurs
conventions collectives.
Elle conclut avec une déclaration à
l'effet que les
signataires « continueront d'exercer leur
droit de grève en
tant qu'étudiants au nom de nos
enseignants, jusqu'à ce
que l'assemblée législative
modifie la Loi donnant priorité aux
élèves
de manière à tenir compte de
l'opinion des
élèves qu'elle prétend
défendre ». Un
postscriptum est ajouté pour expliquer
pourquoi les
étudiants sont si inquiets concernant la
perte
d'activités extracurriculaires: « Il
est également
important de voir à ce que les droits
de nos enseignants soient rétablis pour que
cesse les
grèves du zèle auxquelles on
assiste. Les
étudiants comptent sur les activités
extracurriculaires
pour l'accès à l'université.
»
Dans une autre pétition on lit:
« En adoptant la loi 115, on enlève
aux
enseignants le droit de grève. Les
enseignants ont
décidé de riposter. Parce qu'ils
n'ont plus le droit de
faire la grève et de débrayer,
toutes les
activités extracurriculaires ont
été
annulées comme moyen de riposte contre le
gouvernement. Cela
veut dire qu'il n'y aura pas
d'aide additionnelle pour les étudiants.
Cela veut dire qu'il
n'y aura pas de clubs étudiants. Cela veut
dire qu'il n'y aura
pas de sports d'équipe. Tout ce qui rend
l'école
agréable est annulé.
« Les enseignants travaillent si fort pour
créer ces activités pour nous et ne
devraient pas se
faire flouer par le gouvernement. Toutes les
activités extracurriculaires, toute l'aide
additionnelle, tout le travail que
font les entraîneurs, TOUT CELA EST FAIT SUR
UNE BASE VOLONTAIRE.
ILS NE SONT PAS
PAYÉS POUR CES ACTIVITÉS. Alors
montrons au gouvernement
à quel point nous apprécions le
travail qu'ils vont pour
nous et appuyons-les ! »

Les enseignants et travailleurs
de l'éducation
en action
Rassemblement
devant les
bureaux du député libéral
Glen Murray à
Toronto le 21 septembre 2012
Suivant la première série de
rassemblements les 14, 15 et 21 septembre, les
enseignants et
travailleurs de l'éducation appartenant
à
différents syndicats du secteur de
l'éducation ont
poursuivi leur bataille avec des manifestations
devant les bureaux des
députés libéraux et
conservateurs à Guelph,
Toronto et Oakville.
Le 21 septembre, ils ont également tenu une
militante ligne de
piquetage devant le Caboto Club de Windsor
où le ministre des
Finances et député local Dwigth
Ducan s'adressait aux
membres de la Chambre de commerce à un
dîner donné
par la firme PricewaterhouseCoopers.
Entretemps, les enseignants et le personnel de
soutien
continuent de porter le noir une journée
par semaine et beaucoup
d'enseignants se sont retirés des
activités extracurriculaires.
Manifestation
à
Windsor devant la Chambre de commerce
où le ministre des
finances Dwight Duncan
prononçait un discours le 21 septembre
2012

Des enseignants de Sudbury contestent la
légitimité de «la feuille de
route vers
l'éducation»
Le 21
septembre, le local
de Sudbury de l'Association des enseignants des
écoles
catholiques anglophones de l'Ontario (OECTA)
annonçait dans un
communiqué que l'équipe de
négociation a
voté à l'unanimité de
déposer une plainte
auprès de la Commission des relations de
travail de l'Ontario
contre l'exécutif provincial du syndicat
pour avoir
«manqué à son devoir de
représentation
équitable» en signant un protocole
d'entente avec le
gouvernement ontarien le 5 juillet 2012. Le
gouvernement s'est servi du
protocole signé par l'OECTA sous pression
pour déclarer
que des milliers d'enseignants ont
légalement
adhéré à sa « feuille
de route de
l'éducation ». Dans son
communiqué, le syndicat local
affirme que les membres de l'OECTA et même
ses présidents
ont été privés du droit de
refuser le protocole
d'entente et que cela représente une
atteinte à leurs
droits fondamentaux. Il conteste ainsi la
prétention
mensongère du gouvernement McGuinty que
« 55 000
enseignants et enseignantes de l'Ontario ont
signé la feuille de
route » et soulève des doutes sur la
légitimité de l'entente obtenue sous
pression que le
gouvernement veut maintenant imposer à
l'ensemble de la
commission scolaire.
Kent MacNeil, président de l'unité
des
enseignants du primaire de l'OECTA, écrit
dans le
communiqué: « Nous croyons que dans
notre
société, la démocratie doit
être
suprême. Tous et chacun doivent avoir le
droit de vote. Tous et
chacun doivent avoir voix au chapitre sur leurs
conditions de travail.
Le protocole d'entente enlève ces droits
fondamentaux à
nos membres. Pire encore, avec ce protocole nos
membres perdent
beaucoup plus que tous les autres locaux du
syndicat de la province,
comme le confirme le président provincial,
et pourtant ils n'ont
plus le droit de refuser ce protocole. Dans les
faits, les
présidents de tous les locaux de l'OECTA
avaient
été convoqués à une
réunion
spéciale des présidents en juillet
pour se faire dire que
même si le conseil ne signait pas le
protocole, il serait
ratifié par l'exécutif provincial et
que la chose
était à toute fin pratique conclue.
»

Annulation de la hausse des frais
de
scolarité au Québec
Manifestation pour célébrer la
victoire
des étudiants
et annoncer la poursuite de la lutte
Le 22 septembre à 14 h, près de
3000
étudiants et leurs alliés ont
répondu à
l'appel de la Coalition large pour une
solidarité syndicale
étudiante (CLASSE) et se sont donné
rendez-vous au Parc
Lafontaine pour la septième
manifestation du 22 du mois depuis le début
du mouvement de
grève contre la hausse des frais de
scolarité du
gouvernement Charest. C'était pour
célébrer la
victoire puisque la hausse a été
annulée par le
nouveau gouvernement.
Les porte-parole de la CLASSE ont
réitéré que la victoire est
l'aboutissement du
rapport de force établi durant les six
derniers mois qui devait
se poursuivre. « Cette victoire est une
inspiration pour les
mouvements sociaux à travers le monde qui
combattent
également des mesures
d'austérité. Les gains qu'a
faits
le mouvement étudiant
québécois sont une
exception, pour le moment, et laissent entrevoir
que rien n'est
immuable en politique », a
déclaré Jeanne Reynolds,
co-porte-parole de la CLASSE.
Plusieurs milliers d'étudiantes et
d'étudiants ont adopté des mandats
de grève pour
la journée de du 22 septembre, jour de
cours dans plusieurs
établissements.
Si le mouvement a eu gain de cause sur la
question des
frais de scolarité, la CLASSE rappelle
à nouveau que
d'autres enjeux guettent l'éducation
postsecondaire. Parmi
ceux-ci se trouvent le financement et l'allocation
des fonds en
recherche, l'aide financière aux
études, la
qualité de l'enseignement et la gouvernance
des institutions d'enseignement.
« Nous ne serions pas plus avancés
si le
gel des frais de scolarité était
financé par la
contrition du régime d'aide
financière aux études
ou par des compressions dans les postes de
professeurs », observe
Jeanne Reynolds. « Par ailleurs, de
nombreuses étudiantes
et de nombreux étudiants sont toujours dans
une situation
précaire à cause de la suspension
des versements d'aide
financière aux études pour la fin de
la session d'hiver.
C'est une situation urgente à laquelle le
gouvernement doit
remédier », ajoute Camille Robert,
également
co-porte-parole de la CLASSE.
Avant
que le cortège
ne se mette en branle, les
policiers se sont livrés à une
provocation en tentant de
procéder à l'arrestation d'un petit
groupe de
manifestants et ce, sous le prétexte qu'il
était
habillé en noir et portait des cagoules.
Les manifestants se
sont interposés et ont réussi
à faire
échouer l'arrestation et
chasser les policiers de la manifestation en
criant : pas de policiers
dans nos manifestations !
Les manifestants ont emprunté les rues du
centre-ville et ont à nouveau reçu
l'appui des
résidents et touristes. Au coin de Guy et
Sherbrooke, sans
aucune raison apparente, les policiers se sont
livrés à
une nouvelle provocation en annonçant que
la manifestation
était devenue illégale et en
attaquant les manifestants.
Ils ont invoqué le règlement
municipal adopté le
printemps dernier par la Ville de Montréal
et qui
décrète que les organisateurs d'une
manifestation ont
l'obligation de remettre leur itinéraire
aux policiers avant
même que l'événement ne
débute. Ils ont
procédé à l'arrestation de
deux jeunes de 20 et 24
ans. Le porte-parole
du SPVM a dit qu'ils avaient été
interpellés parce
qu'ils étaient des «
éléments perturbateurs
».
Cette brutalité à l'encontre des
jeunes et
ces arrestations arbitraires font ressortir
à nouveau la
nécessité de tenir une enquête
publique et
indépendante sur le comportement des
policiers. Les
Québécois s'opposent à la
pratique qui permet que
ses policiers se comportent comme pouvoir
au-dessus des autres, sans
compte à rendre au public.
L'éducation est un droit !
Appuyons la juste lutte des étudiants !

Un appel aux victimes de la répression
politique
et policière du printemps dernier
La Ligue des droits et libertés,
l'Association
des juristes progressistes et la CLASSE lancent un
appel aux victimes
de la répression politique et
policière du printemps
dernier au moment où l'on vient d'apprendre
que le Commissaire
à la déontologie policière -
qui a vu les plaintes
augmenter de 14 % en 2012
-, a rejeté 46 % de toutes les plaintes
déposées
durant le conflit étudiant. Plusieurs de
ces dernières
étaient accompagnées de preuves
vidéos et de
témoignages.
Les trois organismes ont confié lors d'un
point
de presse tenu le 27 septembre qu'elles comptent
produire un rapport
sur les violations des droits commises durant la
grève
étudiante. Les victimes et les
témoins de faits sont donc
invités à participer à cette
cueillette
d'information pour ainsi contribuer à
convaincre
le gouvernement Marois de la
nécessité de tenir une
enquête publique. À ce propos,
mentionnons qu'une
pétition mise sur le site de
l'Assemblée nationale en
juin 2012 et réclamant la tenue d'une
enquête publique a
recueilli plus de 11 000 noms en moins d'un mois.
Un collectif de 131
enseignants a fait la même
demande à la mi-septembre, ainsi que
Québec solidaire.
La
grève
étudiante qui a duré un
peu plus de six mois a donné lieu à
3387 arrestations.
Selon le Collectif opposé à la
brutalité
policière (COBP), cela correspond à
trois fois le nombre
d'arrestations couvrant la période de 1990
à 2010.
Rappelons qu'en 2005, le Comité des droits
de l'homme de l'ONU,
préoccupé
par les arrestations de masse, a souligné
que seul un acte
criminel commis pouvait mener à
l'arrestation d'un manifestant.
Quant aux arrestations préventives, la
Ligue des droits et
libertés a déjà
mentionné que cette notion
d'arrestation préventive n'existe pas dans
le droit
québécois.
« Le nouveau ministre de la
Sécurité
publique, Stéphane Bergeron, a
déclaré, la semaine
dernière, qu'il comptait voir s'il y avait
lieu de
déclencher une enquête sur le travail
des policiers. Sa
déclaration nous est apparue bien timide en
regard de la
répression, souvent très brutale,
dont ont
été victimes les manifestants
durant la grève étudiante »,
évalue Nicole
Filion, porte-parole de la Ligue des droits et
libertés.
Rappelons que la Ligue réclame, depuis le
printemps dernier, une
enquête publique sur l'ensemble des
événements qui
se sont produits depuis février 2012.
« La
responsabilité des élus doit
également être
considérée et
les victimes de violations de droits doivent
obtenir réparation.
L'enquête doit aussi être l'occasion
de réaffirmer
la nécessité de préserver la
liberté
d'expression et le droit de manifester »,
indique la porte-parole
de la Ligue.
Les deux autres organisations ont
également
insisté sur l'importance de savoir
d'où sont venus les
ordres durant ces arrestations, dont les
arrestations de masse.
Elles ont mentionné avoir reçu
déjà plus d'une centaine de
témoignages et
souhaitent par cet appel public répertorier
le plus largement
possible les cas de violations de droits survenues
dans plusieurs
villes du Québec, notamment Québec,
Sherbrooke, Gatineau,
Victoriaville et Montréal.
« La grève étudiante a
donné
lieu à des milliers d'arrestations,
fouilles et détentions
arbitraires et abusives », rappelle la
représentante du
comité légal de la CLASSE,
Émilie
Breton-Côté. « Des personnes
ont été
blessées gravement, d'autres ont
été
brutalisées, intimidées,
privées de leur droit de
manifester alors
qu'elles ne faisaient que porter sur la place
publique leur message
à l'égard d'un gouvernement qui
refusait de les entendre.
On ne peut tourner la page sur ces violations de
droits et se taire
», poursuit la représentante.
Ce rapport fera également l'analyse des
dispositifs législatifs et
réglementaires que les
policiers ont invoqués lors de leurs
interventions. « Les
policiers disposent en effet de tout un arsenal
juridique qui leur
confère des pouvoirs d'intervention
discrétionnaires. Ces
pouvoirs peuvent laisser prise aux pratiques de
profilage et, dans le cas des manifestations
étudiantes, c'est
de profilage politique dont il aurait
été question
», indique Me Sibel Ataogul, porte-parole de
l'Association des
juristes progressistes. « L'enquête
publique doit aussi
porter sur ces pratiques de profilage et cibler
les dispositions
législatives et réglementaires
qui favorisent ces pratiques ».
Les personnes voulant livrer leur
témoignage sont
invitées à le faire d'ici le 15
octobre 2012 en
consultant le site de la Ligue des
droits et libertés ainsi que celui de
la CLASSE.

Dénigrement et
«autoévaluation» en Outaouais
Les enseignantes et les enseignants
défendent
leur honneur et la dignité de leur travail
- Pierre Soublière -
Face à une campagne menée par leur
commission scolaire sur la place publique pour
dénigrer leur
travail, les enseignantes et les enseignants de la
Commission scolaires
des Draveurs (CSD) de l'Outaouais refusent de
collaborer à toute
autoévaluation qu'exigeront leurs
directions d'écoles.
Les directions de certaines
écoles ont commencé à
rencontrer un petit nombre
d'enseignantes à la fois pour leur demander
de choisir
elles-mêmes deux compétences selon
lesquelles elles seront
évaluées.
Le processus peut sembler bien anodin, mais il
est le
résultat d'un double discours de la CSD qui
reflète bien
le double discours tenu par le ministère de
l'Éducation.
Pendant la semaine des enseignantes et des
enseignants, par exemple,
que des louanges et des félicitations pour
notre bon travail !
Puis, paf !, à
chaque occasion sur la place publique, attribuer
tous les maux de
l'éducation non pas à un
sous-financement de plus en plus
draconien, mais aux enseignantes en tant que boucs
émissaires.
C'est ce qu'a fait la CSD sur la place publique en
s'inquiétant
des résultats des élèves de
ses écoles tout
en tenant les enseignants
responsables. Les mesures d'évaluation sont
un résultat
direct de ces sorties contre la qualité de
l'enseignement
à la CSD. Voilà pourquoi le
syndicat, dans des rencontres
tenues en début d'année, a
recommandé de refuser
de collaborer à ces évaluations,
d'autant plus que
l'aspect « autoévaluation »
n'est pas prévu
dans les conventions collectives.
Comme a dit une enseignante : « Si je
n'avais pas
chacune des compétences
énumérées, je ne
serais pas ici ». Et une autre : « Si
une enseignante a des
difficultés dans son enseignement — qui
sont liées en
grande partie au manque de ressources humaines
auprès des
élèves — alors c'est du devoir de la
direction
de venir en aide à l'enseignante, et non de
lui nuire ».
Les enseignantes et les enseignants respectent
donc la consigne
syndicale de refuser de choisir elles-mêmes
les
compétences et laissent l'initiative de ces
évaluations-
dont elles rejettent d'emblée le fondement
— entre les mains de
la direction. Ce geste défend aussi
l'intégrité des ententes conclues
entre le syndicat et le
MELS ainsi que les commissions scolaires locales.
Comme dans tous les
endroits de travail en ce moment, l'employeur,
plus souvent
qu'autrement, a tendance à ignorer ou
à contourner ces
ententes, et la pression générale
est qu'elles
disparaissent pour de bon
pour que l'employeur puisse traiter avec «
ses »
employés sur une base individuelle et non
sur une base
collective par le biais de l'organisation
syndicale.
En conclusion, voici un commentaire d'une autre
enseignante qui résume bien les enjeux :
« Nous sommes
appelées à former un
équipe-école et de
travailler dans un véritable esprit
d'équipe. Il en va de
même pour les questions où nous
affirmons nos droits. Il
faut défendre l'intégrité de
nos décisions
comme
une équipe qui se tient. »

7e édition de la Marche et
de la
veille commémorative Sisters in Spirit
Brisons le silence sur les femmes disparues
Le 4 octobre, Sisters in Spirits invite la
population
à participer à sa 7e Marche et
veille
commémorative qui partira du Parc
Émilie-Gamelin à
Montréal à
18 h. C'est à l'initiative de Bridget
Tolley de Kitigan Zibi
Anishabeg que l'on doit cette action. On se
souviendra que le 4 octobre
2005, Gladys Tolley, la mère de Bridget,
a été heurtée et tuée
par un automobiliste
de la Sûreté du Québec.
Personne n'a
été accusé ou tenu
responsable de cette
tragédie, et toutes les demandes pour une
enquête
indépendante ont été
refusées.
Le but de l'événement est d'honorer
la
mémoire des femmes et filles disparues ou
assassinées, de
sensibiliser la population et d'exiger que le
gouvernement soutienne
les démarches des familles et des
communautés. Les
activistes revendiquent notamment le
renouvellement du budget de
recherche de Sisters in
Spirit (SiS), une initiative de l'Association des
femmes autochtones du
Canada, qui a mené des recherches
importantes sur les cas connus
entre 2004 et 2010.
Bien que le travail soit loin d'être
complété, le gouvernement
conservateur insiste pour
remplacer la recherche par l'accroissement des
ressources
policières. Il a choisi d'investir des
ressources dans une base de données
génériques de
personnes disparues, gérée par la
GRC, en plus
d'accroître les pouvoirs de la police en
facilitant
l'émission de
mandats et l'utilisation de dispositifs
d'écoute
électronique. Pour plusieurs activistes, il
est clair que ces
nouveaux privilèges policiers seront
employés par le
gouvernement du Canada pour intensifier la
criminalisation des
communautés autochtones plutôt que
d'améliorer la
sécurité des femmes autochtones.
Selon l'Association des femmes autochtones du
Canada,
600 femmes autochtones ont été
portées disparues
ou ont été assassinées depuis
1980,
approximativement. D'autres organismes et
militantes estiment le nombre
à 3000. Les femmes autochtones sont cinq
fois plus à
risque de périr d'une mort violente que les
femmes non autochtones. Pour Sisters in Spirit,
les politiques
gouvernementales sexistes et racistes, les
stéréotypes
à l'égard des femmes autochtones, le
manque d'attention
médiatique et la négligence des
forces de police sont
tous des facteurs qui contribuent à
perpétuer cette
violence. Elle considère également
que
le cruel manque de données sur le sujet
constitue une autre
forme de violence.
Le
Marxiste-Léniniste lance l'appel
à tous à
participer aux événements du 4
octobre pour aider
à briser le silence sur cette situation et
exiger que justice
soit faite pour les femmes et filles des nations
autochtones et les
Premières Nations de l'ensemble du Canada.

Lisez Le
Marxiste-Léniniste
Site web: www.pccml.ca
Courriel: redaction@cpcml.ca
|