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Numéro 100 - 26
septembre 2012
Au parlement canadien
L'attaque insidieuse de Harper
contre les pensions des députés
Au
parlement canadien
• L'attaque insidieuse de Harper contre les
pensions des députés
Pour un régime
de pensions prosocial
• Discutons de la réforme du
régime de pensions
• Une étude néolibérale
sur les régimes de pension à prestations
déterminées - K.C. Adams
Au parlement canadien
L'attaque insidieuse de Harper
contre les pensions des députés
Les députés du parlement canadien
devraient reconnaître la nécessité d'une
réforme prosociale du régime de retraite et
dénoncer les attaques du gouvernement Harper contre leur propre
régime de retraite. Ils doivent voir que si le gouvernement
Harper s'en prend à eux, c'est pour justifier l'offensive contre
les travailleurs du secteur public et attaquer le droit public en
général et plus spécifiquement pour attaquer le
droit des travailleurs à des régimes de retraite à
prestations déterminées de standard canadien.
On cible d'abord les régimes des
députés pour détourner de la question centrale,
à savoir que le gouvernement a failli à sa
responsabilité de garantir un régime de retraite à
prestations déterminées qui serait la norme pour tous et
pour lequel les prestations proviendraient directement des revenus
généraux recueillis auprès de toutes les
entreprises publiques et privées sur la base du revenu brut. La
politique indépendante de la classe ouvrière prône
des régimes de retraite à prestations
déterminées pour tous. Ce serait un pas important dans
une nouvelle direction. Cela consoliderait l'économie canadienne
et permettrait de garantir la sécurité de tous de la vie
à la mort.
La stratégie antisociale du
néolibéralisme consiste généralement
à attaquer l'universalité des programmes sociaux. Dans le
cas des pensions des députés, on cible un groupe
spécifique qui, ayant le pouvoir de canaliser des fonds
gouvernementaux pour financer ses prestations de retraite, se
trouverait en conflit d'intérêt. C'est aussi un groupe de
personnes parmi lesquelles se trouvent des gens possédant une
richesse personnelle considérable. Alors on les prend à
partie et cela permet d'attaquer l'intégrité du programme
social de régime de retraite à prestations
déterminées.
Harper invoque le fait que onze millions de Canadiens
n'ont aucun régime de retraite pour s'en prendre aux
députés, aux travailleurs du secteur public et aux autres
qui ont des régimes de retraite à prestations
déterminées. C'est une façon pour lui de mousser
son agenda d'austérité néolibérale,
d'exercer une pression à la baisse sur le niveau de vie de la
population pour que l'économie puisse mieux servir à
payer les riches dans un contexte de crises économiques
cycliques.
Le député libéral Marc Garneau a
sauté les yeux fermés dans le piège tendu. Selon
la Presse canadienne, il serait « prêt à faire comme
tous les Canadiens qui doivent accepter que des changements soient
apportés à leur régime de retraite ». Il
affirme que son parti soutiendrait n'importe quelle mesure visant
à réduire le régime de pension parlementaire parce
que « les gens sont très préoccupés par les
régimes de retraite en ce moment ».
Les changements qu'invoquent Harper et Garneau ne sont
pas une amélioration, contrairement à ce qu'on
prétend. Le but visé est d'instituer le principe de
l'abolition des régimes à prestations
déterminées et non pas d'élever le niveau de
sécurité à la retraite. Les gens sont en effet
très préoccupés par les régimes de retraite
et veulent que la question soit résolue dans une direction
prosociale, qui leur est favorable. S'en prendre aux régimes de
retraite des députés ne résoudra aucun
problème de l'économie et ne fera qu'alimenter le barrage
de propagande en faveur de l'abolition des régimes de retraite
à prestations déterminées.
En quoi, monsieur Garneau, faire le jeu de l'attaque de
la dictature Harper contre les pensions dans le secteur public va-t-il
améliorer la sécurité des Canadiens à la
retraite ? En rien. L'attitude conciliante envers l'offensive
néolibérale contre les pensions ne fait
qu'accroître les inquiétudes à ce sujet.
Garneau ajoute pour se justifier: « Nous avons vu
ce que ce gouvernement a l'intention de faire avec [la
Sécurité de la vieillesse], nous connaissons la
fragilité de l'économie, ce qui fait que, oui, nous
sommes tous dans le même bateau et nous sommes prêts
à faire notre part. »
Cette « fragilité de
l'économie» est due en grande partie au fait que le
gouvernement refuse de renouveler l'économie sur la base des
demandes prosociales : Arrêtez de payer les riches ! Augmentez
les investissements dans les programmes sociaux ! Oui à
l'industrie manufacturière, non à la destruction
nationale !
L'objectif du gouvernement est d'appuyer les monopoles
mondiaux et leur droit de priver les travailleurs de leur droit
à un moyen de subsistance et à un régime de
retraite de standard canadien. C'est de barrer la voie à
l'édification d'une économie diversifiée qui
suffit à ses besoins et qui est basée sur le
développement de l'industrie manufacturière. La politique
d'austérité consiste à faire en sorte que
l'économie soit organisée pour payer les riches
même dans des conditions de crise économique.
L'institution de régimes de retraite à
prestations déterminées pour tous donnerait un coup de
pouce à l'économie et contribuerait à la
reproduction élargie. Or, au lieu de cela le gouvernement Harper
a déjà augmenté l'âge de la retraite
à 67 ans, il a permis à plusieurs grands monopoles de se
soustraire à leur responsabilité sur le financement des
caisses de retraite par des manoeuvres de faillite et s'est
lancé dans une grande offensive contre les régimes
à prestations déterminées dans le secteur public
et ailleurs.
William Robson, président de l'Institut Howe, est
outré par un aspect du régime de retraite des
députés, un aspect que la classe ouvrière pourrait
pourtant considérer comme un concept progressiste
lorsqu'appliqué à l'ensemble des Canadiens. Les
prestations des députés ne sont pas financées par
le biais d'un régime d'épargne cherchant constamment un
taux de rendement optimal et vulnérable aux violents ressacs de
l'économie, mais à même les revenus
généraux du gouvernement. Ce concept repose sur le fait
que les prestations des régimes de retraite, tout comme les
salaires, proviennent de la valeur ajoutée produite par la
classe ouvrière au sein de l'économie actuelle.
« Ce qui laisse encore plus perplexe quand on
examine la question du régime de retraite des
députés, dit le président de l'Institut Howe, est
qu'il n'est pas financé, il est tout simplement payé
à même les revenus du gouvernement. Il n'y a pas un cent
pour soutenir ces promesses. L'argent doit venir des revenus
d'impôts. »
Mais voilà
précisément le principal aspect positif, M. Robson! Non
seulement les prestations sont-elles déterminées, mais
elles représentent une réclamation faite à
même l'économie sociale, recueillie auprès des
entreprises actives au sein de l'économie canadienne. Ce concept
de régime de retraite devrait être multiplié et
appliqué à tous les Canadiens. Les régimes de
retraite basés sur l'épargne sont vulnérables et
peuvent s'effondrer à tout moment. Ils ne garantissent rien
lorsque remis en cause et soumis aux pressions des monopoles. Vous
n'avez qu'à demander aux retraités de Nortel ce qu'ils
pensent de la solidité de leur régime d'épargne en
vue de la retraite et de leurs prestations, et la part de ces
épargnes qui peut être convertie en valeur d'usage. Ou aux
retraités et aux travailleurs de Papier Fraser, qui ont vu leur
régime de retraite coupé d'au moins 40 % lorsque
Brookfield Asset Management a eu recours au tribunal de la faillite
pour les priver de leurs prestations de retraite.
Il est important de noter également qu'au beau
milieu de tout ce brouhaha au sujet des régimes de retraite des
députés, le groupe de façade
néolibéral de Harper, la Fédération
canadienne des contribuables, qui a des liens tissés
serrés avec les médias de masse contrôlés
par les monopoles, a reçu l'autorisation de faire voler sa
bannière au-dessus d'Ottawa pour attaquer les régimes de
retraite des députés. Rappelons-nous qu'il y a à
peine deux semaines, la GRC avait forcé l'atterrissage d'un
avion dont la banderole critiquait Harper.
L'Opposition ouvrière dénonce l'offensive
antisociale de Harper contre les régimes de retraite, y compris
ceux des députés, et appelle tous les Canadiens à
intensifier la lutte à la défense des régimes de
retraite à prestations déterminées tels qu'ils
existent, ceux du secteur public et les autres, et à lutter pour
des régimes de retraite à prestations
déterminées garantis pour tous et de standard canadien.

Pour un régime de pensions
prosocial
Discutons de la réforme du régime de
pensions
Pour
un régime de pensions prosocial et une politique
pratique qui ouvre la voie à sa création
Presqu'en même temps, l'agence de notation
Dominion Bond Rating Service (DBRS) a annoncé la mort imminente
des régimes de pensions de compagnies à prestations
déterminées alors que l'Institut C.D. Howe
dénonçait comme étant irrationnel
l'éventail de plans d'épargne du gouvernement
déguisés en pensions et le manque de prestations
déterminées pour les retraités.
Le droit à une
retraite à un standard canadien est quelque chose qui
reçoit beaucoup d'appui au Canada ; la question qui se pose,
c'est comment en faire une réalité par des actes
conscients de politique pratique de la classe ouvrière. L'argent
ne manque pas. Les biens que les travailleurs produisent et les
services qu'ils dispensent sont plus que suffisants pour garantir une
retraite pour tous à des prestations déterminées
à un standard canadien moderne. Les gouvernements refusent de le
faire et ils doivent rendre des comptes pour leur
irresponsabilité sociale. Les grandes entreprises rejettent de
plus en plus les réclamations des travailleurs à une
retraite avec les prestations déterminées qui leur sont
dues et elles nient la nécessité d'une retraite
décente et digne ; on l'a vu avec l'élimination
unilatérale par US Steel de l'indexation des pensions au
coût de la vie et l'utilisation par Nortel, Produits forestiers
Résolu et d'autres de la fraude de la protection de la faillite
pour attaquer les pensions. Les entreprises plus petites disent ne pas
générer suffisamment de valeur ajoutée sur une
base continuelle pour satisfaire les réclamations des
retraités. La classe ouvrière n'accepte pas et ne peut
pas accepter ce régime de pensions qui échoue dans sa
mission ; la classe ouvrière doit ouvrir la voie à une
alternative prosociale et en faire une réalité.
Un capital social sous le contrôle des
travailleurs
Les réclamations des travailleurs au produit
intérieur brut constituent un réservoir immense de
capital social qu'on pourrait mobiliser comme un fonds collectif de
réserve pour les pensions et une source de capital
d'investissement dans des projets sous le contrôle de la classe
ouvrière. Les travailleurs ont d'immenses fonds
d'accumulés dans les fonds de pension à prestations
déterminées, les régimes à contributions
déterminées, les REER et les régimes de pensions
du Québec et du Canada. Ce qu'il faut faire c'est arracher ces
fonds des mains des capitalistes intéressés uniquement
par leur sort à eux et en faire usage sous le contrôle des
travailleurs. Cela voudrait dire restreindre les réclamations
des capitalistes aux épargnes des travailleurs et à toute
valeur ajoutée produite par les travailleurs actifs dans les
projets, coopératives et entreprises financés par les
fonds d'épargne des travailleurs. C'est possible d'utiliser le
capital social sous le contrôle de la classe ouvrière pour
financer des prestations déterminées à la retraite
et bâtir la nation et sa capacité de production dans tous
les secteurs, surtout dans le secteur manufacturier.
Il faut pour cela que les travailleurs
développent leur propre initiative devant le fait que les
monopoles internationaux et leurs représentants et partis
politiques refusent de prendre au sérieux la question des
pensions à prestations déterminées. Les
gouvernements à tous les paliers ont échoué
à résoudre le problème des pensions et les grands
monopoles mènent une campagne pour éliminer les
régimes de pensions à prestations
déterminées des entreprises. Même l'Institut C.D.
Howe pourtant pro-compagnies avertit les travailleurs à revenu
faible et moyen de ne pas mettre d'argent dans les nouveaux
régimes d'épargne-pension du gouvernement parce que
Service Canada va déduire un montant correspondant dans leurs
prestations une fois à la retraite.
Le DBRS quant à lui donne toutes sortes de
raisons, dans un communiqué de presse et une étude qu'il
a commandée, pourquoi les entreprises devraient éliminer
les fonds de pension à prestations déterminées et
les remplacer par tel ou tel régime d'épargne sous le
contrôle des capitalistes. Selon le DBRS, l'échec du
régime de pensions actuel doit être mis sur le compte des
crises économiques récurrentes et de l'incapacité
et du refus des grands monopoles de gérer les fonds de pension
proprement et de résoudre le problème de la retraite des
travailleurs. Selon le DBRS, ces questions dépassent les «
champs de compétence » des entreprises.
Plutôt que de demander des comptes aux
gouvernements pour leur refus d'agir de manière socialement
responsable et de résoudre le problème des pensions, le
DBRS renvoie la balle aux travailleurs individuels et leur dit de
subvenir eux-mêmes à leurs propres besoins en
adhérant à des régimes d'épargne. Le DBRS
qui pense que les « grands industriels » aux salaires
faramineux ne comprennent rien aux pensions se tourne vers les
travailleurs individuels et considère que résoudre
eux-mêmes leur problème de pensions est tout à fait
dans leur « champ de compétences ».
L'Institut C.D. Howe quant à lui trouve que
l'épargne individuelle en vue de la retraite est une
façon absurde de considérer un problème social,
mais il n'a rien à dire concrètement sur comment
transformer le régime antisocial de pensions en un régime
prosocial.
Les travailleurs en ont plus qu'assez de tous ces
manipulateurs et ils sont en train de s'organiser pour forcer
l'économie socialisée et les institutions politiques
à reconnaître et servir leurs intérêts
collectifs.
Joignez-vous à la discussion et contribuez
à la formulation des positions indépendantes de la classe
ouvrière pour bâtir un régime prosocial de pensions
pour tous !

Une étude néolibérale sur les
régimes de pension
à prestations déterminées
- K.C. Adams -
Première partie :
La légende néolibérale du ciel qui tombe sur les
Régimes
de pension à prestations déterminées
Le 17 août, l'agence de notation Dominion Bond
Rating Services (DBRS) a émis un communiqué ainsi qu'une
étude intitulés « Les régimes de pensions :
une actualisation en zone de danger ». Le communiqué et
l'étude sont une attaque en règle contre les droits des
travailleurs à une pension en général et à
des pensions à prestations déterminées en
particulier. L'approche de DBRS est typique de la méthode
néolibérale consistant à décrire une
situation, fictive ou réelle, dans le but de prouver une
conclusion prédéterminée. La description devient
une sorte de légende qu'on répète souvent et en
diverses versions jusqu'à ce qu'elle devienne une
réalité de l'anticonscience. L'histoire se poursuit sans
débat jusqu'à son dénouement antisocial
prédéterminé, qui apparaît alors comme une
conclusion inéluctable.
Cette légende
néolibérale impose une réalité antisociale
qu'on présente comme essentiellement insaisissable, sans
prologue et sans contradictions historiques devant être
résolues pour que la société puisse surmonter les
problèmes auxquels elle est confrontée et avancer. Dans
la légende néolibérale, toutes les politiques et
toutes les pistes d'action sont conformes à une
résolution déjà fixée qui exclut toute
alternative. Le processus en soi empêche toute participation
consciente des individus à l'acte de découvrir. Il
empêche toute discussion, toute élaboration d'un ordre du
jour ou de politique pratique menant à une alternative
prosociale. Le fait de faire obstacle à la classe
ouvrière pour qu'elle ne puisse participer à la politique
pratique de la résolution des problèmes
économiques, politiques et sociaux est un aspect important du
néolibéralisme.
La méthode néolibérale sert en tant
qu'instrument idéologique et politique à imposer
l'offensive antisociale à travers le monde. Par exemple, on
décrit les finances d'un pays comme étant en
piètre état et irrémédiablement
criblées de dettes. En Europe, aux États-Unis, au Canada,
au Québec et en Ontario, la situation du système
impérialiste d'États est à peu près la
même, ainsi va la rengaine. Le seul recours possible selon la
légende néolibérale, un récit de dettes et
de déficits, est l'austérité, s'en prendre aux
programmes sociaux et imposer des concessions à la classe
ouvrière. Toute discussion d'une alternative prosociale est
rejetée et déclarée absurde puisque
l'austérité et les concessions sont les seules issues
à cette légende faite de dettes, de déficits et de
concurrence mondiale. Harper, Charest, McGuinty et tous les autres
reprennent ce mantra néolibéral de la dette et des
déficits, de la nécessité d'être
compétitif sur le marché mondial,
d'austérité antisociale et de concessions comme s'il
allait mener au Saint-Graal du renouveau économique pour les
capitalistes monopolistes. Toute alternative prosociale est strictement
interdite dans la pensée et la politique pratique, puisqu'elle
relève de l'hérésie et est contraire à la
légende néolibérale, laquelle est
répétée ad nauseam dans les
médias de masse.
La légende néolibérale de DBRS
Le communiqué de DBRS annonce son étude
faisant état d'une situation catastrophique pour les pensions
à prestations déterminées, annonçant
à toute fin pratique l'effondrement des régimes de
pension. Suivant une description tirée de son imagination, DBRS
affirme que les pensions à prestations déterminées
sont vouées à disparaître et que chaque travailleur
devra subvenir à ses propres besoins en ayant recours à
des régimes d'épargne à contributions
déterminées sur une base individuelle, ou par le biais du
gouvernement ou d'une compagnie, ce qui offrira aux travailleurs des
prestations indéterminées au moment de leur retraite.
Notez l'émotivité des termes
utilisés dans le communiqué pour embellir la
légende et la rendre en apparence inattaquable :
« L'environnement continu de taux
d'intérêts à la baisse a contribué à
un déficit grandissant du financement des pensions... Plusieurs
régimes et leur taux de financement sont maintenant en zone de
danger... DBRS note qu'en 2011 un nombre croissant de régimes de
pension ont glissé dans cette zone de danger de
sous-financement... Plus des deux tiers des régimes
étudiés au cours de l'année actuelle
étaient considérablement sous-financés... En
raison de cet état pitoyable des pensions, DBRS a
décidé de revoir ses prédictions optimistes au
sujet du financement des pensions... DBRS s'attend à ce que les
régimes à prestations déterminées soient
discrètement démantelés et retirés d'ici
quarante ans... Nous observons que de moins en moins de compagnies
offrent des régimes à prestations
déterminées à leurs nouveaux
employés...L'étude démontre une tendance
grandissante où les employeurs aux États-Unis offrent aux
travailleurs des régimes à contributions
déterminées plutôt qu'à prestations
déterminées, ce qui semble être la tendance au
Canada ainsi qu'à l'étranger. »
La méthode néolibérale n'a pas
comme prérequis que la description des faits soit conforme
à la réalité ni ne se préoccupe-t-elle du
comment et du pourquoi de la « tendance grandissante ».
DBRS définit la « zone de danger pour le
taux de sous-financement...comme étant un taux financé
à moins de 80 % ». Cependant, l'étude de DBRS cite
le Bureau du surintendant des institutions financières, le
principal organisme de réglementation des régimes de
pension privés qui relèvent des champs de
compétence du fédéral, comme suit : « En
2011, le ratio moyen de financement était de 81 % (contre 81,7 %
sur la base des échantillons de DBRS). » « Moyen
» se réfère en général à un
montant ou à un niveau typique de quelque chose. La moyenne de
81,7 % relevée par DBRS est loin du « deux tiers des
régimes » qui seraient « sous-financés de
façon importante ». Un bel exemple de comment les
néolibéraux ne tiennent même pas compte de leurs
propres chiffres.
L'étude de DBRS continue de contredire sa propre
légende en indiquant que « 47 % » des régimes
de pensions à prestations déterminées au
fédéral et au provincial sont « en bonne
santé selon les critères établis par DBRS ».
En dépit de cette conclusion que « 47 % des régimes
sont en bonne santé », DBRS persiste à
prétendre que : « Plus des deux tiers des régimes
étudiés au cours de l'année actuelle
étaient sous-financés de façon importante ».
C'est ce communiqué de presse qui a servi aux médias de
masse dans leurs reportages. Seulement un journaliste ou deux s'est
donné la peine de consulter l'étude comme telle.
Le contenu de divers tableaux et commentaires de
l'étude contredit aussi la légende promue par DBRS
à propos du ciel qui tombe sur les régimes à
prestations déterminées. C'est le cas de la section
« Rendement général de 2002 à 2011 »,
où les tableaux démontrent comment le taux de financement
peut augmenter de façon significative au moindre signe de regain
de l'économie. Des 451 régimes examinés, 374 ont
amélioré leur taux de financement en 2006 et 389 ont fait
de même l'année suivante. De 2004 à 2007, les
cotisations de l'employeur ont baissé tandis que certains
employeurs ont fait des surplus du fait que le taux de financement
s'était grandement amélioré. En 2007, le nombre de
régimes qui étaient sous-financés par plus de 20 %
représentaient environ 13 % du total alors que les
régimes avec surplus ont augmenté de presque 40 %.
Avec le déclenchement de la crise
économique en 2008, les avoirs de la plupart des régimes
ont chuté, provoquant une hausse du taux de sous-financement
semblable à celle provoquée par la crise de 2001, mais
rien qui ressemble de près ou de loin à l'affirmation de
DBRS à l'effet que deux tiers des régimes sont
sous-financés par plus de 20 %. Dans la préface de ce
chapitre, l'étude de DBRS vient contredire encore davantage sa
propre hystérie néolibérale contre les
régimes à prestations déterminées en
déclarant : « Les tableaux suivants démontrent la
volatilité du taux de financement et comment il est
influencé d'abord et avant tout par les facteurs
économiques qui prévalent à chaque période.
» Si l'état des régimes à prestations
déterminées « est influencé d'abord et avant
tout par les facteurs économiques qui prévalent à
chaque période », alors comment le fait de les
éliminer va-t-il résoudre le problème des crises
économiques cycliques ? Les néolibéraux ciblent
les programmes sociaux parce qu'ils veulent transférer la
richesse collective des mains de la classe ouvrière et des plus
vulnérables de la société vers les
détenteurs du capital monopoliste. Leurs politiques et leurs
pratiques antisociales ne font qu'aggraver les contradictions
économiques sous-jacentes qui sont à l'origine des
crises. Les coupures aux programmes sociaux et les concessions
soutirées à la classe ouvrière ne sont pas des
solutions !
La préoccupation et la conscience sociale du
peuple doivent s'intéresser à découvrir pourquoi
les crises économiques sont des événements
cycliques qui ont des conséquences néfastes pour tous.
Cette préoccupation prosociale signifie participer de
façon consciente à la politique et aux actes pratiques
pour combattre les crises économiques cycliques et
découvrir la cause de ces crises pour qu'une nouvelle direction
pour l'économie puisse être trouvée et mise en
marche. Le fait d'attaquer les programmes sociaux tels que les
régimes de pension à prestations
déterminées nécessaires à tous et qui
devraient être garantis dans une société moderne,
ne résoudront pas les problèmes économiques du
pays, mais rendront la situation encore plus précaire pour le
peuple et pour l'économie socialisée.
Deuxième partie :
Défendre les régimes à prestations
déterminées que
nous avons ; lutter pour des régimes à prestations
déterminées pour tous
L'attaque contre les régimes de retraite à
prestations déterminées renforce la direction antisociale
de l'économie, qui n'est pas du tout une solution et qui fait du
tort aux intérêts et aux droits de la classe
ouvrière. La société moderne possède la
capacité productive nécessaire pour soutenir les
régimes de prestations déterminées pour tous
suivant un standard canadien. La question pour la classe
ouvrière est de s'organiser et de s'engager dans la politique
pratique pour transformer la nécessité en
réalité.
L'attaque de DBRS contre les régimes à
prestations déterminées privés et publics
ramène la société en arrière. L'agence
prétend décrire un virage fble vers les régimes
d'épargne-retraite, et donc à
l'imprévisibilité des prestations avec la
possibilité toujours présente d'un épuisement
à court ou à long terme.
DBRS écrit : « Les employés vont
s'appuyer de plus en plus sur leurs épargnes-retraite — le
virage dans la tendance à l'opposé des régimes
à prestations déterminées et le fait que les
prestations de sécurité sociale du gouvernement sont
inadéquates forceront la plupart des employés à
assumer la responsabilité de leur propre planification de la
retraite. »
La classe ouvrière ne peut accepter que cette
tendance est inévitable. Les attaques contre les régimes
à prestations déterminées ne sont pas une
tendance, elles sont une offensive politique et médiatique bien
orchestrée contre les droits des travailleurs. L'Opposition
ouvrière est déterminée à défendre
les pensions à prestations déterminées pour tous.
La tendance progressiste de l'histoire est vers des pensions à
prestations déterminées pour tous garanties par le
gouvernement et financées par une imposition de toutes les
entreprises en fonction de leurs revenus bruts.
L'Opposition ouvrière organise sa propre
politique pratique et campagne médiatique pour défendre
les pensions à prestations déterminées dans le
secteur privé et repousser l'offensive
néolibérale. Ces régimes d'entreprises
privées sont un pas vers les régimes universels à
prestations déterminées garantis par le gouvernement pour
tous suivant un standard canadien.
Troisième partie :
Le but premier des attaques contre les pensions à prestations
déterminées est de priver les retraités de leur
droit à une réclamation au revenu
La grande entreprise cherche à éliminer
ses contributions aux fonds de pension à prestations
déterminées, lesquelles, selon le DBRS, se chiffraient
à 85 milliards $ en 2011. La cible de cet assaut est la
réclamation au revenu de l'entreprise pour qu'il finance les
prestations déterminées. Les grands monopoles veulent que
le revenu qui présentement va aux pensions soit
transféré dans leurs fonds généraux de
revenus et utilisé comme bon leur semble plutôt que de
servir à fournir des pensions à un standard canadien aux
retraités. Tout le bavardage au sujet de l'obligation de
financer les pensions, de leur déficit de solvabilité,
des changements démographiques, de la pertinence ou non que les
entreprises soient impliquées dans le financement des retraites,
ne sert qu'à détourner l'attention de l'offensive
antisociale des monopoles visant à utiliser les revenus
prévus pour les pensions pour payer les riches.
Dans une société moderne les pensions
à prestations
déterminées sont un droit
Selon DBRS, les réclamations au revenu qui
servent à financer les pensions à prestations
déterminées jouent un rôle négatif dans
l'économie. L'Opposition ouvrière conteste cette
affirmation en faisant valoir que le but d'une économie moderne
est de permettre à tous les membres de la société
de vivre dignement à un standard canadien, qu'ils travaillent,
soient incapables de travailler parce que blessés ou malades ou
à la retraite. Une société moderne ne peut pas
avoir comme objectif de rendre certains individus riches par
l'exploitation de la classe ouvrière et espérer que cela
produira des retombées économiques pour les autres
pendant qu'on laisse à la charité le soin de
résoudre les problèmes sociaux et de servir
l'intérêt général de la
société. Un objectif antisocial comme celui-là est
en contradiction avec la base socialisée d'une économie
moderne et avec le fait que les humains ont des droits en vertu de leur
humanité.
Les propriétaires du capital monopoliste sont les
premiers à admettre que leur plus grande priorité est de
défendre et d'étendre leur richesse et leurs empires
personnels et d'ériger un mur entre eux-mêmes et les
problèmes sociaux et l'intérêt
général de la société. Cet objectif et
cette priorité de payer les riches sont en contradiction avec
ceux qui vivent de l'autre côté du mur et qui ont des
droits en tant qu'êtres humains dont le droit à une
retraite décente et digne avec des prestations de pensions
déterminées.
DBRS cherche des raisons pour attaquer les pensions
à prestations déterminées et il applaudit à
leur destruction. Parmi ses raisons, on compte en premier lieu les
crises économiques épisodiques qui secouent
l'économie capitaliste, la concurrence mondiale intermonopoliste
et l'édification d'empire à l'intérieur du
système impérialiste mondial d'États. Au lieu de
s'attaquer à ces problèmes et de les résoudre, et
de donner une nouvelle direction à la société, les
néolibéraux se retranchent derrière une
défense destructrice irrationnelle du statu quo. Ils
déclarent que les crises et l'édification concurrentielle
d'empires internationaux sont quelque chose d'inévitable pour
lequel il n'existe pas d'alternative. Afin de sauver leur propres
empires, leurs propres privilèges de classe et leur
autorité, ils attaquent les programmes sociaux et les
réclamations des travailleurs et notamment leur droit à
des pensions à prestations déterminées.
Dans le but de camoufler la vraie raison pour laquelle
ils s'attaquent aux pensions à prestations
déterminées, qui est de stopper les réclamations
des travailleurs au revenu des entreprises, DBRS a le front de
suggérer qu'en privant les nouveaux engagés des
régimes de pensions à prestations
déterminées, on agit en réalité dans
l'intérêt des nouvelles générations de
travailleurs.
Dans la section intitulée « Une pression
accrue à la fois sur les employeurs et les employés
», DBRS écrit : « Ce tournant en faveur des fonds de
pension à cotisations déterminées va
également permettre de réduire le fardeau des
travailleurs à venir parce que les nouveaux engagés
doivent présentement aider à soutenir
financièrement les retraités qui ont des prestations
déterminées lorsque le fonds est déficitaire.
» Selon le DBRS, les réclamations des travailleurs actifs
et à la retraite au revenu des entreprises constituent une forme
de « pression » tant sur les propriétaires que sur
les travailleurs.
Les salaires des jeunes travailleurs et des travailleurs
plus âgés sont des réclamations légitimes au
revenu des entreprises. Si ce revenu existe, c'est qu'il a
été créé par les mêmes travailleurs
qui présentent une réclamation à ce qu'ils ont
produit. Selon la logique centrée sur le capital de DBRS, les
réclamations des travailleurs au revenu sous formes de salaires,
d'avantages sociaux et de pensions constituent une « pression
» sur eux-mêmes et sur les compagnies. Pour soulager cette
« pression », les néolibéraux demandent aux
travailleurs de faire des concessions en disant que si les entreprises
sont soulagées de la « pression » exercée par
les réclamations des travailleurs en salaires, avantages sociaux
et pensions, elles seront capables de survivre aux crises
économiques périodiques et de s'engager à fond
dans la concurrence mondiale pour bâtir leurs empires respectifs.
Selon les travailleurs, la pression sur le revenu exercée par
les réclamations des propriétaires du capital en vue
d'augmenter continuellement leurs profits est dommageable à
l'économie et aux travailleurs et contraire à
l'intérêt public.
L'Opposition ouvrière déclare que dans la
situation actuelle, il faut établir un équilibre qui
repose sur la reconnaissance des droits de la classe ouvrière.
Les concessions arrachées à la classe ouvrière ne
règlent pas le problème des crises économiques, de
l'édification concurrentielle d'empire à l'échelle
mondiale ou tout autre problème au sein de l'économie
socialisée. Les concessions créent un
déséquilibre. Il faut donner une nouvelle direction
à l'économie et bâtir un équilibre qui
repose sur la reconnaissance des droits de la classe ouvrière.
On ne trouvera pas cette nouvelle direction et cet équilibre
dans les propos de DBRS et sa conciliation avec la négation du
droit de tous à des prestations de pensions
déterminées. L'Opposition ouvrière rejette
l'étude de DBRS avec tout le mépris qu'elle mérite.

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Marxiste-Léniniste
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