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Numéro 91 - 31
août 2012
Développons la politique
indépendante
de la classe ouvrière
  
Pour
une
pleine
pension
sécurisée
pour tous!
• Formation de la Coalition des associations de
retraités du Québec
• Produits forestiers Résolu veut tous
les droits mais pas d'obligations - Pierre Chénier
• Reprise des
activités avec le couteau
sur la gorge chez White Birch
• Les retraités de Résolu au
Saguenay–Lac-Saint-Jean dénoncent la menace de fermeture des
fonds de pension
Nos ressources doivent nous servir
• Les travailleurs de Rio Tinto à Alma
demandent l'annulation de l'entente secrète sur
l'hydroélectricité
Des services de
santé suffisants pour tous!
• Les travailleurs de la santé
dénoncent les
compressions au CSSS de Laval
Pour une pleine pension
sécurisée pour tous!
Formation de la Coalition des associations
de retraités du Québec
Mercredi le 29 août, lors de la manifestation
à Québec de plus de 300 personnes, la vaste
majorité des retraités de White Birch et de Produits
forestiers Résolu, à la défense des pensions, les
organisateurs de l'événement ont annoncé la
formation de la Coalition des associations de retraités du
Québec. Le but de
l'association est la défense des droits des retraités,
peu importe leur provenance. La coalition adopte le carré gris
comme symbole de la résistance et de la détermination des
retraités à protéger leurs droits et leurs acquis.
Les retraités présents à la
manifestation qui avait lieu devant l'usine Stadacona de White Birch
à Québec, étaient ceux de White Birch à
Québec et d'AbitibiBowater, aujourd'hui Produits forestiers
Résolu, de Donnacona, de Clermont et du Saguenay-Lac-St-Jean.
Deux des événements récents qui ont poussé
les
retraités à former la coalition sont l'arrangement conclu
avec la compagnie forestière White Birch sous la Loi sur les
arrangement avec les créanciers des compagnies en vertu duquel
les retraités perdront au moins 30% de leurs pensions et la
menace proférée par Produits forestiers Résolu de
terminer ses fonds de
pension alors qu'ils ont un haut déficit de solvabilité
ce qui réduirait les pensions des retraités de 30
à 40%.
Avant que le rassemblement ne débute, les
discussions allaient bon train parmi les retraités contre le vol
légalisé des pensions des travailleurs qui ont
travaillé toute leur vie et se font réduire leurs
pensions alors qu'ils ont un contrat en mains signé au moment de
leur mise à la retraite qui leur garantissait un montant
défini de pension jusqu'à la fin de leurs jours. Le temps
est venu, disaient les retraités, de forcer les gouvernements
quelle que soit leur couleur politique de sécuriser une pleine
pension pour tous et de cesser de permettre aux grandes entreprises
d'abdiquer leurs responsabilités face aux pensions.
Au nom du Regroupement des employés
retraités de White Birch-Stadacona, son président Gilles
Bédard a agi comme maître de cérémonie et
annoncé la formation de la coalition, une annonce qui a
été chaudement applaudie par tous les participants. Il a
dit notamment que la lutte que les retraités de la White
Birch mènent contre le propriétaire actuel et l'acheteur
potentiel de l'usine pourrait bien se transposer ailleurs, dans
d'autres entreprises et même jusque dans des
municipalités. Il a dit que le virus risque de se propager
à l'ensemble des régimes de retraite et c'est pourquoi la
formation de la coalition arrive à point.
Il a présenté et cédé la parole à
Gilles Papillon, Armand Gauthier et Mathias Dufour, porte-parole
respectivement des retraités d'AbitibiBowater aujourd'hui
Produits forestiers Résolu de Donnacona, du Saguenay-Lac-St-Jean
et de Clermont qui ont exigé que les pensions soient
sécurisées notamment par des changements
aux lois de la protection de la faillite. Des candidats du Parti
québécois et de Québec solidaire et un
député du NPD ont été invités
à dire quelques mots et ils se sont engagés à
aider à la satisfaction des demandes des travailleurs sur la
question des fonds de pension.
Le communiqué annonçant la formation de la
coalition a été lu aux participants et un
représentant du comité des retraités de White
Birch a fourni des explications sur l'arrangement conclu avec la
compagnie en vertu de la LACC. La coalition demande dans son
communiqué que les employeurs soient contraints
par des mesures législatives, tant fédérales que
provinciales, à respecter leurs engagements, que les rentes de
retraite deviennent des créances prioritaires et que les
pouvoirs de la Régie des rentes soient accrus afin qu'elle
puisse exercer un pouvoir de surveillance et d'action réel. En
cette période électorale, la coalition
demande à tous les partis politiques de se prononcer, dès
maintenant, sur les engagements de leur parti à cet égard
et avise le nouveau gouvernement qui sera élu du
mécontentement des retraités et lui demande d'agir dans
l'intérêt de l'ensemble des travailleurs actifs et des
travailleurs retraités du Québec relativement
à la protection des fonds de pension.
Les participants étaient visiblement heureux de
cette action tenue en plein pendant l'élection du 4 septembre et
de la formation de la Coalition des associations de retraités du
Québec. Ils étaient aussi très choqués que
la question des pensions qui est si importante n'a occupé aucune
place dans l'élection jusqu'à
maintenant et est considérée comme une patate chaude par
ceux qui s'apprêtent à former le prochain gouvernement.
Produits forestiers Résolu veut tous
les droits mais pas d'obligations
- Pierre Chénier -
Les travailleurs forestiers et leurs communautés
sont sous la menace et le chantage constants de Produits forestiers
Résolu (PFR). Le monopole forestier demande tous les droits et
toutes les garanties mais ne se reconnaît aucune obligation. Il
exige qu'une part toujours plus grande de la richesse sociale soit
déversée
dans ses coffres, que ce soit les réclamations des travailleurs
en salaires ou avantages sociaux ou les richesses naturelles
forestières ou hydrauliques. Il ne garantit rien en
échange et dans les faits le monopole forestier échoue
à fournir un moyen de subsistance pour un nombre croissant de
travailleurs et de communautés
qui dépendent du secteur forestier pour vivre.
Certains traits ont récemment attiré
l'attention des gens sur le type de chantage et de menaces qui sont
proférées par le monopole forestier.
L'exemple le plus récent est la question des
pensions qui est revenue au premier plan avec les lettres
envoyées par le monopole chez eux à des travailleurs
actifs et à la retraite. Les travailleurs actifs du moulin
à papier de Thunder Bay en Ontario et les retraités du
Saguenay-Lac-St-Jean en ont reçu une chacun
et les médias estiment qu'en tout plus de 20 000 lettres ont
été envoyées par la compagnie. La raison
officielle de l'envoi des lettres est d'informer les gens sur la
situation des fonds de pensions mais c'est le chantage et les menaces
ouvertes (sans parler de la cruauté envers les retraités
souvent âgés) qui s'expriment
dans celles-ci. Sans rien expliquer, PFR dit aux retraités et
aux travailleurs actifs que le déficit de solvabilité des
fonds de pensions de la compagnie est passé de 1,3 milliard $
à 1,9 milliard $ en moins de deux ans. Puis il avertit
qu'advenant qu'il termine les fonds de pension alors que ceux-ci
seraient en position
de déficit, les retraités pourraient perdre entre 30 et
40 % de leurs montants en pensions. Le monopole demande un «
effort collectif » pour rétablir la solvabilité des
pensions sinon c'est le désastre qui risque d'arriver. Pas
besoin d'être sorcier pour comprendre qu'il veut utiliser les
retraités et les travailleurs actifs
pour entre autres faire pression sur le gouvernement pour qu'il lui
accorde des allègements supplémentaires dans ses
paiements de solvabilité et même lui permette de terminer
les fonds de pensions sans la fraude de la loi sur les faillites qui
lui a permis de commettre un vol au grand jour. Les concessions visent
aussi les
travailleurs
actifs en faisant pression sur eux au nom de la sauvegarde de ce qui
reste des pensions et des
moulins que PFR ferme comme bon lui semble. En fait,
Produits forestiers Résolu se positionne pour arracher encore
plus de concessions et là encore c'est un puits
sans fond car il affirme qu'en dernière analyse c'est lui qui
prendra la décision.
De plus en plus, PFR demande des garanties en bois et en
énergie électrique avant même de faire quelque
production que ce soit. Il projette dans
le temps ce qu'il appelle un approvisionnement garanti en bois et en
revenus en tant que producteur d'électricité et en fait
une condition pour
démarrer ou redémarrer la production qu'il avait
arrêtée. Il en fait une condition mais se réserve
le droit absolu de faire ce qu'il veut. Les travailleurs se demandent
si la demande de PFR pour des achats garantis par Hydro-Québec
de son électricité qu'il produit par
cogénération n'est pas une façon de demander un
statut de producteur d'électricité qui n'est même
pas rattaché au fait qu'il doit faire de la production
forestière. Il demande qu'on lui assure un contrat d'achat de
son électricité, il en fait une condition de son
redémarrage, par exemple à Dolbeau-Mistassini, mais il ne
reconnaît pas que ce privilège énergétique
doit être
conditionnel à faire la production forestière et assurer
des moyens de subsistance. Il pourrait fermer la production ou refuser
de la démarrer mais quand même faire son argent à
même la production d'énergie avec un nombre minime de
travailleurs.
Une chose similaire se passe avec
les approvisionnements
en bois. PFR projette dans le temps ses
besoins en approvisionnement et exige qu'ils soient garantis avant
même de commencer à produire. Le but recherché
semble être de demander le droit absolu de fermer d'autres usines
afin de
s'accaparer leur bois au nom de garantir son approvisionnement en
matière ligneuse dans les usines qu'il choisit. Une des
expressions préférées du PDG Richard Garneau et
d'autres dirigeants de l'entreprise est de dire qu'ils devront fermer
ailleurs pour se garantir l'approvisionnement en copeaux, par exemple
pour
les usines de pâtes et papier qu'ils envisagent de maintenir en
production. Récemment les travailleurs du Québec ont pu
voir que les menaces de PFR vont encore
plus loin. Lorsque le gouvernement Charest a investi 35 millions $ dans
l'empire White Birch au nom de la reprise de l'usine de Stadacona,
PRF a immédiatement
rétorqué que l'usine Stadacona ne devrait pas être
autorisée à continuer de produire du papier annuaire
sinon PFR pourrait bien fermer son moulin à papier d'Alma qui
produit le même type de papier !
Le chantage est un modus
operandi
pour
PFR et le monopole met ses menaces
à exécution, fermant ici et là sans aucune
considération pour le bien-être des travailleurs, des
communautés et de l'industrie. C'est un monopole qui a
échoué à assurer le moyen de subsistance dans
les régions où il opère mais il persiste à
exiger qu'une partie toujours plus grande de la richesse sociale lui
soit versée sinon il sévira encore contre les
populations. Cette richesse est perdue à l'utilisation qui
pourrait en être faite si les travailleurs, les
communautés et les nations autochtones en assumaient le
contrôle
et bâtissaient une industrie qui ne sert plus à enrichir
un empire privé mais sert le bien public.
Une chose qui a beaucoup frappé les travailleurs
c'est la demande de PFR d'être un acteur politique au
Québec. À la fin 2011 et au début 2012, le PDG de
l'entreprise a fait une tournée des maires du
Saguenay-Lac-St-Jean les
enjoignant de se joindre à lui dans sa croisade pour garder sa
centrale hydroélectrique Jim-Gray.
Cette centrale lui a été
enlevée par le gouvernement du Québec, du moins en
théorie, quand il a
refusé de s'engager à faire des investissements
précis dans la production forestière dans la
région pour les dix prochaines années. Garneau a enjoint
les maires à se joindre à lui politiquement pour exiger
que le gouvernement
du Québec annule sa décision parce que, dans les
mots mêmes du PDG, «il va falloir que les maires posent
des questions eux aussi, car ça va les toucher. Il faut
continuer le dialogue, car c'est sérieux pour les
communautés, c'est toute la région qui est
concernée. Il faut que les gens saisissent les enjeux et les
conséquences
des gestes posés. »
En ce qui concerne la centrale Jim-Gray, les faits sont
que le gouvernement du Québec a annoncé le 31
décembre 2011 qu'il en reprenait possession parce que PFR ne
veut s'engager à rien, mais sept mois
plus tard la centrale est toujours dans les mains de PFR et personne ne
connaît la nature
des discussions encore une fois secrètes que le gouvernement
Charest a avec le monopole forestier. On entend
dire de part et d'autres que les « négociations »
continuent et le gouvernement Charest ne cesse de répéter
qu'il ne veut pas nuire aux intérêts du monopole et mettre
en danger l'industrie
forestière de la région qui est presque
entièrement entre les mains de PFR. Un signe
d'égalité est mis entre
l'intérêt privé de monopole et
l'intérêt public pour cacher que c'est le
monopole qui met les intérêts de la région en
péril.
Les travailleurs et les communautés s'opposent
aux chantages et aux menaces de Produits forestiers Résolu et
tiennent le gouvernement responsable parce qu'il permet que le monopole
mette la région en danger.

Reprise des activités avec le couteau
sur la gorge chez White Birch
Le 13 juillet dernier, le ministre du
Développement économique, de l'Innovation et de
l'Exportation et ministre responsable de la région de la
Capitale-Nationale, Sam Hamad,a annoncé la réouverture de
l'usine de Québec du monopole forestier White Birch le 2
août. L'usine était fermée depuis le 9
décembre
suite au refus des travailleurs de l'usine d'accepter la batterie de
concessions antiouvrières exigées par les
propriétaires de White Birch.
C'est en février 2010 que White Birch, l'un des
principaux producteurs de papier journal en Amérique du Nord, a
demandé la protection de la faillite aux États-Unis et au
Canada. White Birch opère trois usines au Québec
(Stadacona à Québec, Rivière-du-Loup, et Masson
dans l'Outaouais) et une autre à Ashland,
en Virginie. La protection de la faillite a entraîné une
restructuration sous forme d'un consortium formé par White Birch
lui-même et Black Diamond Capital Management pour faire
l'acquisition des trois usines québécoises. Les tribunaux
du Québec ont accepté la transaction à condition
que le consortium en arrive
à des ententes de principe avec les syndicats
représentant les travailleurs des trois usines.
L'annonce du 13 juillet coïncidait avec la
signature par les trois sections locales du Syndicat canadien de
l'énergie, des communications et du papier
(Rivière-du-Loup, Masson et Québec) des ententes
convenues entre les syndicats et l'employeur et
entérinées il y a quelques mois après par les
travailleurs. L'annonce
coïncidait aussi avec l'octroi d'un prêt de 35 millions $
par le gouvernement du Québec à White Birch qui servira
à financer à 75 % des investissements de 46 millions $
prévus notamment pour élargir la gamme de produits
offerts par l'usine de Québec. On ne sait pas exactement combien
des quelque 600 travailleurs
de l'usine de Québec seront rappelés au travail.
Ce qui est certain c'est que la reprise annoncée
de l'usine de Québec (les deux autres usines ont
continué de produire pendant cette période) s'est faite
alors que les travailleurs des trois usines avaient le couteau sur la
gorge. Depuis plus de deux ans maintenant, les propriétaires de
White Birch s'acharnent à extorquer
des concessions aux travailleurs, surtout en ce qui concerne
les fonds de pension que White Birch voulait simplement fermer. Pendant
deux ans, les travailleurs ont rejeté les concessions dans de
multiples assemblées générales et c'est seulement
il y a quelques mois qu'ils les ont finalement acceptées et
c'est
cette entente qui vient maintenant d'être signée. Les
concessions diffèrent en étendue selon qu'il s'agit de
Rivière-du-Loup, Masson et Québec, mais elles sont
drastiques.
D'après les données fournies par le
syndicat, le point le plus chaud des concessions concerne
l'élimination des régimes de pensions actuels à
prestations déterminées (avec la fin du déficit
actuariel de 300 millions $) et leur remplacement par un nouveau
régime à prestation cible financé à 8 % du
salaire des employés
et 10 % de l'employeur. On prévoit que les conséquences
pour les travailleurs de Rivière-du-Loup et de Masson seront une
perte d'environ 10 % pour les retraités et de 15 % pour les
travailleurs actifs. À Québec les pertes dans les
pensions
seront d'environ 30 % pour les retraités et 50% pour les futurs
retraités.
Il y a aussi d'importantes pertes salariales
équivalant à une baisse de salaire de 10 % sur la
durée du contrat de travail qui est de neuf ans et une baisse de
la
paie de vacances d'entre 2,2 % à 2,4 %.
Les retraités de l'usine de Québec, tout
en se disant contents que les travailleurs retournent à
l'ouvrage, rejettent la coupure de 30 % dans le montant de leurs
pensions. Le président des retraités de l'usine
Stadacona, Gilles Bédard, a dit que son association entend tout
faire ce qui peut être fait légalement pour
contester la coupure. « C'est comme si quelqu' un vient dans mes
poches, prend 100 $ et me dit que je suis chanceux puisqu'il aurait pu
me voler 1000 $ ,c ‘est exactement cela, a-t-il dit aux médias.
On ne blâme pas les travailleurs, nous sommes bien contents pour
eux. Ce qu'on déplore, c'est que le système a permis
de couper dans les économies d'individus qui n'ont pas eu le
droit de parole. C'est ça qui est tragique... Le système
a permis de laisser un multimilliardaire de venir sabrer dans nos
économies. ». Il a ajouté que le tiers des 875
retraités ont plus de 75 ans et retirent moins de 15 000 $
annuellement pour leur régime
de retraite et qu'une coupure de 30 % pour eux va leur créer de
très grands problèmes.
Le ministre Hamad a été le principal
promoteur du point de vue que l'entente est positive et que les
retraités et aussi les travailleurs actifs y ont gagné.
De façon cynique et irresponsable, il a averti chiffres en mains
les retraités que s'ils bloquent la réouverture de
l'usine c'est près de la moitié et non 30 % de
leurs prestations qu'ils perdront. Il a dit que la solvabilité
du régime de retraite de White Birch serait à 57 % sans
une relance de la compagnie ce qui voudrait dire qu'ils perdraient
jusqu'à 43 % de leurs prestations.
Non seulement le ministre a-t-il déclaré
que la perte des retraites était acceptable mais il a
passé en douce sur le fait qu'on a permis à White Birch
de fermer son régime de retraite déficitaire plutôt
que de maintenir le régime et permettre aux propriétaires
d'étaler leurs paiements de solvabilité sur une plus
longue
période comme le gouvernement l'a fait avec AbitibiBowater en
lui donnant un délai de 15 ans. La « solution «
AbitibiBowater est déjà grave source d'inquiétude
pour les travailleurs parce qu'advenant qu'AbitibiBowater se replace
sous la protection de la loi de la faillite, les fonds de pensions
seraient encore plus
sous financés qu'ils ne le sont aujourd'hui. Dans le cas de
White Birch , plutôt que d'étaler le remboursement dans le
temps, on ferme le fonds de pension déficitaire. C'est un pas de
plus de la part de ce gouvernement dans l'endossement du droit de
monopole d'abdiquer leurs responsabilités en ce qui concerne les
pensions. Le ministre, plutôt que de répondre aux
inquiétudes des gens a préféré les
écarter du revers de la main. « Évidemment, a-t-il
dit aux médias, il faut que les entreprises soient en faillite,
il y a plein de conditions pour en arriver là. Pour nous ce
n'est pas une subvention aux régimes de retraite, c'est pour
moderniser
l'usine. »
L'entreprise américaine White Birch, maintenant
placée sous la protection de la Loi sur les arrangements avec
les créanciers des compagnies depuis 2010 pourra maintenant
procéder à la vente de ses trois usines au consortium
formé du Fonds d'investissement Black Diamond et de White Birch
lui-même.

Les retraités de Résolu au
Saguenay–Lac-Saint-Jean dénoncent
la menace de fermeture des
fonds de pension
Les retraités de Produits forestiers
Résolu au Saguenay-Lac-St-Jean dénoncent fermement les
menaces du monopole forestier de fermer les fonds de pension. Le
journal Le Quotidien cite un
extrait d'une des lettres qui ont
été envoyées aux pensionnés :
« Actuellement la compagnie n'envisage aucunement
de mettre fin au régime. Cependant, s'il devenait
nécessaire de terminer le régime pendant qu'il est en
position de déficit de solvabilité et que la compagnie
n'était pas en mesure de combler le déficit, vos
prestations seraient réduites. Cette réduction dans vos
prestations pourrait être plus importante si la cessation du
régime survenait pendant que les mesures d'allégement
s'appliquent. »
Les retraités du Saguenay-Lac-St-Jean ont
publiquement dénoncé la menace de PFR dès qu'ils
ont reçu leur lettre. Ils ont fait référence aux
arrangements qui ont été accordés à
AbitibiBowater (devenu Produits forestiers Résolu) par le
gouvernement du Québec à la fin de 2010 lui permettant
d'étaler sur 15 ans
et non 10 ses paiements de solvabilité dans les fonds de
pension. Cette mesure faisait partie des arrangements par lesquels
AbitibiBowater a émergé des procédures de
protection de la faillite. Les retraités s'étaient vus
accorder le choix entre transférer leur pension à la
Régie des rentes et perdre environ 25 % de leurs
montants de pension (selon le niveau de financement de chacun des
fonds) ou demeurer avec Produits forestiers Résolu, toucher leur
pleine pension pour le moment mais risquer de perdre encore plus
qu'avec la Régie si PFR se replace sous la loi de la protection
de la faillite. Les retraités avaient dit et ils disent encore
que ce n'est pas un choix et que la seule option c'est de garantir les
pensions pour eux et pour tous les travailleurs à la retraite.
Produits forestiers Résolu a maintenant l'audace de dire que son
déficit de solvabilité, qui était de 1,3 milliard
$ lorsqu'il s'est restructuré sous la protection de la faillite
a maintenant atteint
1,9 milliard $ et il s'en prend aux travailleurs actifs et
retraités pour son propre refus de mettre les argents
nécessaires dans les fonds.
« ll était convenu, a dit Armand Gauthier,
le président de l'Association des retraités
d'Abitibi-Consolidated (ARAC), qu'un représentant de la
Régie des rentes du Québec avise le gouvernement
dès qu'il y aurait une baisse de 5 % de la solvabilité.
Nous avons une baisse de 8 % et personne n'a encore parlé. On
parle de Plan Nord et d'économie chaque jour et une
véritable catastrophe se prépare et personne ne semble
s'en préoccuper. » Le président de l'ARAC avait
obtenu des informations concernant la solvabilité de la caisse
de retraite. Malgré son insistance auprès du cabinet de
la ministre de l'Emploi et de la Solidarité
sociale Julie Boulet, la Régie des rentes du Québec a
refusé de bouger, prétextant qu'elle devait attendre les
résultats de l'étude actuarielle quinquennale.
Le président de l'ARAC a ajouté que la
question des pensions doit devenir un enjeu de l'élection
actuelle et que les candidats et les partis doivent prendre une
position tranchée sur le sujet. Les retraités veulent
obtenir des garanties des partis politiques qu'ils auront la protection
du gouvernement contre toute tentative
de Résolu de décréter la terminaison des
régimes de retraite. L'ARAC a commencé à
rencontrer les candidats de la région pour leur demander de
prendre position.

Les travailleurs de Rio Tinto à Alma demandent
l'annulation de l'entente secrète sur
l'hydroélectricité
Le directeur québécois du Syndicat des
Métallos, Daniel Roy, presse les partis politiques en lice dans
la présente campagne électorale de s'engager à
faire cesser le rachat des surplus d'électricité de Rio
Tinto par Hydro-Québec en cas de conflit, et ce, à un
prix supérieur au coût de production.
«De telles ententes
déséquilibrent
les rapports de force. En 2015, l'ensemble des 3500 travailleurs
syndiqués de RTA au Saguenay-Lac-St-Jean renégociera leur
convention collective. Les instances politiques doivent s'assurer que
le scénario vécu cette année lors du lockout des
780 travailleurs à Alma ne puisse
pas se reproduire. Un tel gaspillage de fonds public au profit d'une
multinationale est honteux», fait valoir M. Roy.
Lors du lockout des 780 travailleurs de l'aluminerie
d'Alma, qui a pris fin en juillet dernier, Hydro-Québec a
dû dépenser au bas mot 90 millions $ inutilement pour
racheter l'énergie excédentaire de RTA. Si on reporte ce
montant à l'ensemble de la production énergétique
de RTA, cela équivaut à une somme
de 700 millions $ par année.
«Exploiter notre hydro-élecricité,
c'est un privilège. Nous n'avons aucun problème à
ce que cela fasse partie des avantages consentis à RTA pour
favoriser l'activité économique au Québec. Mais
qu'une compagnie détourne cet avantage pour faire financer un
lockout par les contribuables québécois, cela devient
odieux. Les politiciens doivent s'assurer que cela ne se reproduise
plus!», conclut Daniel Roy.
Le Syndicat des travailleurs de l'aluminium d'Alma a
publié une page publicitaire dans le journal Le Quotidien
à cet effet à l'occasion de la campagne électorale.
Le syndicat y demande l'annulation de l'entente
secrète de 2007 entre le gouvernement du Québec,
Hydro-Québec et Rio Tinto Alcan sur la question des achats par
Hydro-Québec de l'hydroélectricité
excédentaire de RTA en cas de grève ou de lockout. Il
écrit à propos de l'achat de 90 millions $ de
l'électricité
non utilisée par Rio Tinto à Hydro-Québec durant
le lockout : «Ce scandale a assez duré ! Exigeons,
ensemble, plus pour nos ressources. En cette veille d'élection,
le Syndicat des travailleurs de l'aluminium d'Alma exige que le
prochain gouvernement corrige les erreurs du passé en mettant
fin aux ententes secrètes.
»
Dans son message à la
population, le syndicat
remercie tous ceux qui l'ont appuyé dans sa bataille et
présente le problème que crée cette entente
secrète.
« Les Métallos de l'Usine Alma tiennent
à remercier chaleureusement tous les citoyens, syndicats,
politiciens et commerçants qui nous ont soutenus alors que nous
subissions un lockout difficile financé par Hydro-Québec
». Le syndicat rappelle que cet appui a fait toute la
différence et a permis de protéger, pour
le futur, des emplois de qualité en obtenant un plafond de
sous-traitance.
Le 3 mai dernier le syndicat a remis une pétition
de plus de 12,000 noms à l'Assemblée nationale demandant
l'arrêt des achats par Hydro-Québec de
l'hydroélectricité produite par RTA et non
utilisée pendant le lockout.
La pétition disait dans ses considérations
que les ressources naturelles sont un bien qui appartient à
toute la collectivité québécoise; qu'en signant
une entente de continuité en décembre 2006, le
gouvernement a cédé une partie de nos ressources
naturelles à RTA sans que la population du Québec n'ait
été consultée;
que la population du Saguenay-Lac-St-Jean a clairement signifié,
lors d'un référendum en 2005, que toute l'énergie
privée produite dans la région doit servir exclusivement
au développement industriel et à la création
d'emplois; que l'entente de continuité n'a été
rendue publique que plusieurs mois plus tard et que
parallèlement à cette entente, d'autres ont
été signées avec RTA et avec le gouvernement et/ou
Hydro-Québec; que ces ententes sont demeurées
confidentielles à ce jour; qu'Hydro-Québec était
en train d'acheter l'énergie libérée par le
lockout à l'usine Alma et que le gouvernement ne doit pas
prendre partie dans
un conflit de travail.
En conséquence les signataires demandaient que
cesse l'achat ou l'échange d'énergie entre Rio Tinto
Alcan et Hydro-Québec afin de respecter l'équilibre des
forces dans le conflit à l'usine Alma et ils demandaient que
soient rendues publiques toutes les ententes entre RTA, le gouvernement
et Hydro-Québec.
Au nom du gouvernement Charest, le ministre des
Ressources naturelles et de la Faune Clément Gignac avait
répondu que l'obligation d'Hydro-Québec d'acheter les
surplus de RTA était en essence une relation commerciale entre
Hydro-Québec et RTA qui ne pouvait être modifiée
unilatéralement par l'une des
deux parties sans conséquences légales. Il avait
ajouté que la remise en question de l'entente par le
gouvernement du Québec créerait des inquiétudes
chez les grands investisseurs et les amènerait à remettre
en question des projets de développement industriel à
l'échelle du Québec. Il en allait selon le ministre de la
crédibilité du Québec à l'échelle
internationale. Les travailleurs de Rio Tinto Alcan avaient
rejeté ces arguments comme un refus du gouvernement de prendre
ses responsabilités envers la population de la région et
du Québec et ils les rejettent encore.

Des services de santé suffisants
pour tous!
Les travailleurs de la santé dénoncent
les compressions au CSSS de Laval
Le syndicat des travailleurs et travailleuses du Centre
de santé et de services sociaux de Laval (STT CSSSL-CSN) et la
Fédération de la santé et des services sociaux
(FSSS-CSN) ont dénoncé les compressions de l'ordre de 12
millions $ dans les services à la population au Centre de
santé et de services sociaux
de Laval.
Ils rappellent dans un communiqué qu'« en
février 2012, plusieurs membres du gouvernement libéral
se sont présentés au Centre intégré de
cancérologie de Laval (CICL) pour son inauguration. Lors de
cette journée, ils ont annoncé un investissement de 65,9
millions $ en infrastructure et en équipement. On nous
annonçait à ce moment que le bâtiment de
près de 7000 mètres carrés devait desservir la
région de Laval, des Laurentides et de Lanaudière. Cette
annonce s'intégrait dans une stratégie régionale
visant à réduire le temps d'attente à moins de
quatre semaines pour la population de la couronne nord.
« Au début d'août, le CSSS Laval a
annoncé à la partie syndicale des coupures de l'ordre de
12 millions$ suite à des compressions
décrétées par le présent gouvernement. Plus
précisément, le nouveau CICL devait originairement avoir
un budget de 10 millions $ pour son fonctionnement. Toutefois, dans
l'enveloppe
décrétée, il y a un manque à gagner de 40
%, soit 4 millions $. Par conséquent, les temps d'attente
risquent fortement de s'allonger au détriment des gens
souffrants de cancer, contrairement à l'objectif du gouvernement
annoncé en février dernier.
« Au niveau du budget général du
CSSS Laval, l'employeur a aussi annoncé des compressions de 8
millions $. Ces coupures ne pourront faire autrement que de toucher des
services essentiels à la population.
« Le syndicat ne peut faire autrement que de
dénoncer le double discours du présent gouvernement,
alliant investissement dans le béton et désengagement
dans les services directs à la population. Le gouvernement a
annoncé haut et fort qu'il avait augmenté le budget en
santé de Laval de 60 %, mais ce que l'on
remarque dans le concret, c'est que le CSSS Laval se retrouve avec des
coupes de 12 millions$. Comment expliquer cette situation ? »
Pour Luc Bastien, vice-président pour la
région de Montréal-Laval à la FSSS-CSN, « il
est inacceptable que les coupures qui représentent environ 240
équivalents temps complet soient cachées à la
population lavalloise, d'autant plus quand on pense à l'impact
important que celles-ci auront sur les services à la
population ».

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