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Numéro 87 - 1er
août 2012
Une élection
générale au Québec le 4 septembre
Occupons l'espace du changement!
Tous aux urnes le 4 septembre pour
défaire les libéraux!
Une
élection
générale
au
Québec
le
4
septembre
• Occupons
l'espace du changement! Tous aux urnes le 4 septembre pour
défaire les libéraux! - Pierre Chénier, chef du Parti
marxiste-léniniste du Québec
• Charest
et ses politiques
néolibérales accueillis par une manifestation au Vermont
La
corruption
du
gouvernement
Charest
• Promotion du Plan Nord et des candidats
libéraux à coups de millions de dollars
Bilan de la
dernière session de l'Assemblée nationale
• L'offensive antisociale portée
à des niveaux
insoutenables
Une élection
générale le 4 septembre
Occupons l'espace du changement! Tous aux
urnes le 4 septembre pour défaire les libéraux!
- Pierre Chénier, chef du Parti
marxiste-léniniste du Québec -
Aujourd'hui,
le 1er
août, le premier ministre du Québec Jean Charest
a déclenché une élection générale et
annoncé que le scrutin se tiendra
le 4 septembre.
Jean Charest a demandé à
l'électorat d'endosser sa vision qu'il
appelle « emploi et économie, responsabilité et
respect de la
démocratie ». C'est déjà une fraude parce
que le gouvernement Charest
détruit l'économie et les emplois. Il est corrompu et
attaque les
droits des travailleurs, de la jeunesse et du peuple
dans son ensemble.
Le fait qu'ils déclenchent les élections
en espérant utiliser la
criminalisation des étudiants et de leur vision de
société pour se
faire élire et défaire ses adversaires montre à
quel point les libéraux
sont désespérés. Leur ordre du jour de braderie
néolibérale est de plus
en plus intenable et dangereux.
Le Parti marxiste-léniniste du Québec
(PMLQ) présentera 25 candidats
dans cette élection. À son avis, c'est en
défaisant les libéraux que
les travailleurs et notre jeunesse combative vont pouvoir avancer leur
propre vision de société.
Ensemble, ouvrons la voie à un Québec
nouveau qui arrête de payer
les riches, augmente les investissements dans les programmes sociaux et
garantit les droits de tous.
Occupons
l'espace
du
changement
!
Le 4 septembre, tous aux urnes pour défaire les libéraux
!

Charest et ses politiques néolibérales
accueillis
par une manifestation au Vermont
Avant même que ne débutent les travaux de
la 36e rencontre annuelle des gouverneurs de la Nouvelle-Angleterre et
des premiers ministres de l'Est du Canada qui discuteront entre autres
de transports et d'énergie, en plus d'aborder le dossier des
inondations du bassin du lac Champlain, plus d'un millier de personnes
ont manifesté contre les politiques néo-libérales
de ces gouvernements.
Les manifestants ont
défilé dans les rues de Burlington et ont reçu
l'appui de la population. Plusieurs arboraient fièrement le
carré rouge en appui aux étudiants
québécois contre la hausse des frais de scolarité,
tandis que d'autres frappaient sur des casseroles pour reprendre le
mouvement populaire de protestation
au Québec. Les slogans populaires dans les manifestations contre
les libéraux de Charest ont retenti dans les rues de Burlington,
scandés par les manifestants des deux côtés de la
frontière.
« On subit constamment des hausses de droit de
scolarité, qui sont très élevés », a
souligné Marie Salerno, qui vient de terminer ses études
à l'Université du Vermont, à Burlington. Elle a
ajouté qu'elle était très inspirée par la
détermination des étudiants québécois.
Les manifestants sont également
préoccupés par les projets de l'oléoduc
Montréal-Portland et la ligne Northern Pass qui doit permettre
à Hydro-Québec d'exporter de l'électricité
en Nouvelle-Angleterre en passant par le New Hampshire.
Des autochtones du Nord du Québec ont
également profité de l'occasion pour faire part aux chefs
du gouvernement de leurs inquiétudes devant les travaux à
grand déploiement d'Hydro-Québec dans leur région.
Dans une entrevue accordée à Radio-Canada, Justine
Vollant, de la communauté innue de Sept-Îles-
Maliotenam, a dit : « Quand M. Charest vient pour vendre de
l'électricité, on se dit qu'il vend quelque chose auquel
nous sommes opposés. » Il faut rappeler que la
communauté autochtone de la Côte-Nord n'a toujours pas
donné son consentement à la construction des lignes de
transport qui doivent desservir le complexe
hydroélectrique La Romaine.
Des manifestants ont
été sauvagement attaqués par la police, qui a
tiré de nombreuses balles de caoutchouc et utilisé le
poivre de Cayenne.
Quant à Jean Charest, il a défendu son
rôle de commis-voyageur pour les monopoles : « La rencontre
avec les gouverneurs ici, elle est très importante pour nous, a
plaidé M. Charest lors d'un point de presse à l'issue de
la rencontre. C'est vraiment un forum où on fait la promotion de
nos intérêts pour créer de
l'emploi, créer de la richesse. » « Le Québec
et ses partenaires régionaux ont saisi aujourd'hui une occasion
en or d'aller plus loin dans leurs échanges et leurs actions, et
ce, dans des secteurs clés de nos économies, dont
l'énergie et le transport. Je me réjouis que l'expertise
et le savoir-faire du Québec puissent ainsi
contribuer de manière significative à notre
prospérité mutuelle. »

La corruption du gouvernement Charest
Promotion du Plan Nord et des candidats libéraux
à coups de millions de dollars
Les jeudi et vendredi 19 et 20 juillet, Jean Charest a
entrepris une tournée de l'Est et du Nord-Est du Québec.
Il a visité la ville de Fermont et le projet de La Romaine, la
Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine. À chacune de
ces escales il a fait la promotion du Plan Nord et a annoncé des
investissements de plusieurs
millions de dollars. Le journal Le Devoir a calculé
que les libéraux ont annoncé pour 445 millions $ de
projets ne serait-ce que durant cette tournée, dont les annonces
pour près de 215 millions faites dans l'Est du Québec.
De plus, le vendredi 20
juillet, Charest est retourné en Gaspésie où il a
rencontré « l'élite de l'industrie éolienne
de la Gaspésie » pour annoncer qu'à l'automne 2012,
deux appels d'offres pour 700 nouveaux mégawatts (MW) seront
publiés. De ces derniers, 250 MW seront réservés
pour des projets issus des
communautés autochtones.
Il y a été accueilli par près de
150 manifestants aux cris de « On va te trouver une job dans le
Nord ! ».
Puis le 27 juillet, Charest a présenté les
2 candidats qui représenteront le Parti libéral dans le
territoire du Plan Nord. Dans la circonscription d'Ungava, M.
Gérald Lemoyne, maire de Lebel-sur-Quévillon, et dans
Duplessis, sur la Côte-Nord, la mairesse de Fermont, Lise
Pelletier, représenteront le PLQ.
Dans chacune de ces circonscriptions le gouvernement de
Jean Charest a annoncé 200 millions $ pour les
municipalités du Plan Nord et a signé récemment
une entente avec la nation crie sur la gouvernance du territoire. Les
deux candidats se sont engagés à promouvoir et
défendre le Plan Nord.
C'est donc près de 2 milliards $ en
investissements publics que le gouvernement libéral a
annoncé au cours du mois de juillet, dont 1,4 milliard $ dans
les 23 derniers jours. On se dirige vers la tenue d'élections
classiques où le parti au pouvoir va poursuivre les annonces et
la distribution des fonds publics. Voilà
un exemple de corruption que le peuple du Québec méprise
et dont il veut se débarrasser.
C'est ce qui
caractérise depuis 2003 la vie politique du parti
libéral. Les révélations de la Commission
Charbonneau sur la corruption et la collusion dans le secteur de la
construction, ainsi que le financement des partis politiques avec de
« l'argent sale » en provenance des firmes de génie
conseil et les liens avec
la mafia de députés du PLQ, sont d'autres aspects de la
gouvernance de Charest et ne peuvent plus être niés.
Ceux qui acceptent de représenter le PLQ lors des
prochaines élections le font en toute connaissance de cause.

Bilan de la dernière session de
l'Assemblée nationale
L'offensive antisociale portée
à des niveaux insoutenables
La dernière session du troisième
gouvernement consécutif de Jean Charest qui s'est
terminée le 15 juin dernier a exposé encore plus un
gouvernement en contradiction avec les besoins d'une
société moderne et d'une économie au service de la
nation. Voici quelques faits saillants de la 2e session de la 39e
législature de l'Assemblée nationale.
Le discours antisocial se heurte aux étudiants
qui réclament les droits de tous
La 1ère et la 2e sessions de la 39e
législature ont
été marquées par la hausse du ton de la
rhétorique à propos du «manque d'argent »,
du besoin de « changement de mentalité » concernant
les programmes et services publics et du besoin
que « chacun fasse sa part ».
Dans le budget de mars 2011 qui avait pour thème
« Tournés vers l'avenir : un plan pour le Québec
», le gouvernement s'était donné pour objectif
d'éliminer le déficit de 3,8 milliards $ avant la fin de
son mandat. Il allait le faire par la poursuite des mesures
précédentes augmentées d'une hausse de 75 % sur
cinq ans des droits de scolarité, d'une hausse des cotisations
à la Régie des rentes du Québec et de l'abolition
et de la réduction de plusieurs services. La réduction du
déficit allait aussi se faire avec la poursuite des mesures
antérieures comme la « taxe santé », la
hausse de la TVQ, la hausse de la taxe sur l'essence
et la hausse des tarifs d'électricité.
 
Plus de 50 000 personnes ont manifesté dans
les rues de Montréal contre le budget anti-social
déposé par le ministre des Finances le 12 mars 2011.
La « lutte au déficit » avait
été annoncée par le ministre des Finances Raymond
Bachand comme « une révolution culturelle » qui
appelle à un « changement de mentalité » et
à cesser de penser que tout est acquis sur le plan des
programmes et services publics. Les citoyens doivent dorénavant
se voir comme
utilisateurs-payeurs devant être « responsables » et
apprendre à « payer leur juste part ».
Les étudiants du Québec ont
déclenché la grève en février 2012 pour
exiger le retrait de la hausse de 75% sur cinq ans des frais de
scolarité. Le courage des étudiants qui ont mis leur
session en péril et sont descendus dans la rue pour bloquer la
hausse et défendre le droit à l'éducation pour
tous a été une inspiration
pour tous ceux et celles qui luttent pour leurs droits. Les
étudiants ont dit non à l'abandon de la notion d'une
société garante du bien-être de tous.
Non disposé à
reconnaître la légitimité des revendications des
étudiants, le gouvernement a choisi d'invoquer la loi et l'ordre
et a finalement adopté la loi spéciale, une loi de mesure
de guerre qui criminalise le droit de s'organiser et de
résister. On a alors
assisté à un spectacle assez bizarre : les ministres du
gouvernement sont allés sur toutes les tribunes pour dire que
ceux qui s'opposent aux politiques
de leur gouvernement sont « violents » et
«irresponsables ».
L'incohérence des cris continuels de «
violence ! » de la part d'un gouvernement qui répond aux
revendications légitimes de ses citoyens par le silence et la
répression policière n'ont pas manqué d'attirer
l'attention. Il est évident que le gouvernement Charest cherche
à profiter de la situation pour continuer de restreindre,
encadrer et abolir le droit des
Québécois et de leurs organisations de faire valoir leurs
intérêts contre les politiques d'un gouvernement au
service des monopoles mondiaux. (Voir LML du
5 juin 2012 « Qu'y a-t-il derrière la suspension des
libertés civiles par le gouvernement
Charest?»)
Montréal, le 23 février 2012 (Photo: John Jantak)
Les libéraux incapables d'étouffer la
vérité
sur la corruption de leur gouvernement
La 2e session parlementaire a également
été marquée par l'approfondissement de la crise
politique, notamment en ce qui concerne le financement des partis et
l'octroi des contrats dans la construction. Avec l'allocation
de plus de 50 milliards $ pour les infrastructures du Québec sur
cinq ans, des sommes sans précédant, la rivalité
pour les contrats parmi les entreprises privées a
provoqué l'éclatement de scandales au sujet d'enveloppes
brunes reliées au financement obscur des partis politiques.
Le premier ministre Charest a
refusé pendant plus de deux ans de répondre à la
demande d'une commission
d'enquête sur la collusion et la corruption dans la construction.
Le 19 octobre 2011 il a finalement annoncé la formation de la
Commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats
publics
dans l'industrie de la construction (CECI) sous la présidence de
la juge France Charbonneau. La commission a débuté ses
audiences publiques le 8 juin.
Un des principaux témoins appelés,
l'ex-patron de l'Unité anticollusion Jacques Ducheneau, auteur
d'un rapport antérieur sur la collusion dans la construction, a
annoncé le 18 juin, trois jours après l'ajournement de
l'Assemblée nationale, qu'il avait suffisamment de preuves pour
démontrer que jusqu'à 70 % du
financement des partis politiques se fait par des moyens illicites. La
Commission Charbonneau est prévue remettre son rapport final en
octobre 2013.
Braderie des ressources naturelles
Le ministre des Finances Raymond Bachand a
annoncé dans son budget de mars 2012 qu'
« en 2011-2012, les redevances brutes provenant des ressources
naturelles — mines, forêts, eau — atteindront près de 1,2
milliard $, soit près de 500 millions $ de plus que le niveau
moyen des redevances perçues de 2006-2007 à 2009-2010
». Il dit que d'ici 2016, elles atteindront 1,48 milliard $. La
fraude est que le gouvernement
donne l'impression qu'il veut restreindre le pouvoir des monopoles
mondiaux de s'enrichir aux dépens de nos ressources naturelles
sans rien laisser au Québec et ses régions. Mais le
ministre omet de dire que ces redevances « augmentées
» ne sont rien comparées aux milliards que l'État
utilise pour « attirer » les
investisseurs mondiaux, que ce soit par la construction des routes,
ports, aéroports et voies ferrées, ou par l'expansion du
réseau hydro-électrique offert sur un plateau d'argent ou
autres « incitatifs ». Ne serait-ce que dans le cadre du
plan de braderie appelé «Plan Nord », le
gouvernement « bâtisseur » de Jean Charest
prévoit des dépenses de près de 50 milliards $ par
l'entremise d'Hydro-Quebec et 30 autres milliards $ en
infrastructures.
La question des redevances n'est qu'un aspect de la
réforme de la loi sur les mines que le gouvernement Charest a
entreprise pour faciliter l'exploitation de nos ressources par les
monopoles étrangers. Charest avait
déjà présenté un projet de loi sur les
mines à la session précédente mais a dû le
retirer à cause de l'opposition populaire, tant des
communautés des régions minières que des
environnementalistes et de la population en général,
notamment sur la question de l'attribution des claims,
c'est-à-dire les droits d'exploitation des sous-sols
concédés à des entreprises privées pour des
sommes diricules.
Dans son budget de mars 2012, le gouvernement a
créé Ressources Québec avec un fonds de 1,2
milliards $ pour des participations dans des projets d'exploitation des
ressources québécoises. Cette somme servira à
attirer quelque 80 milliards $ en investissement dans le cadre du Plan
Nord et les recettes de ces prises de participation du gouvernement
seront également utilisées à cette fin. «
Ces investissements nous permettront de retirer, comme partenaires des
sociétés, une part plus grande des profits, tout en
assumant une partie du risque qui y est associé », de dire
le ministre des Finances Raymond Bachand.
La stratégie en 4 volets pour la prise de
participation est la suivante: 1) 500 millions déjà
annoncés dans le budget 2011-2012 pour des prises de
participation dans des projets porteurs et structurants sur le
territoire du Plan Nord. L'enveloppe passera de 500 M à 1
milliard sur 5 ans. 2) négociation d'option de participation
dans tous les projets pour lesquels un soutien gouvernemental est
demandé, notamment pour des infrastructures et la
détermination de tarifs d'électricité. 3) les taux
de crédit d'impôt dont peuvent bénéficier
les sociétés réalisant des travaux d'exploration
seront réduits de plus du quart à compter du 1er janvier
2014. Les sociétés qui font de l'exploration dans le
sous-sol québécois pourront, à leur choix,
bénéficier d'une bonification des crédits
d'impôt à l'exploration en échange d'une option de
prise de participation de l'État dans l'exploitation
éventuelle. 4) le gouvernement et Ressources Québec
consacreront jusqu'à 100 millions de dollars au cours des cinq
prochaines années à investir dans l'exploration et la
mise en valeur de sites miniers prometteurs, en partenariat avec des
entreprises privées. Ces derniers investissements seront
réalisés par SOQUEM.
Les ententes secrètes
La dernière session de l'Assemblée
nationale a également permis d'exposer les ententes
secrèts que le gouvernement du Québec conclut avec les
monopoles sur les ressources hydro-électriques qui cèdent
des droits pour des période de 25 ans et plus. C'est au grand
mérite des travailleurs de Rio Tinto à Alma que l'entente
secrète signée en 2007 par le gouvernement du
Québec et le monopole de l'aluminerie a finalement
été divulguée et exposée. Pendant les six
mois qu'a duré le lockout, la compagnie a pu empocher environ 60
millions $ par la vente de son électricité
inutilisée à Hydro-Quebec en vertu de cette entente
secret selon laquelle la société d'État s'engage
à acheter l'électricité non utilisée en cas
de lockout ou grève ou autre cas de «force majeure»,
une fraude totale. Les travailleurs d'Alma ont demandé au
gouvernement de revoir cette entente à cause de l'avantage que
cela conférait au monopole dans une situation de conflit de
travail mais le gouvernement a refusé d'intervenir, disant qu'il
ne pouvait «rien y faire» parce que l'entente avait
été signée en bonne et due forme. Des ententes
semblables ont été signées avec d'autres monopoles
dans le secret et le peuple réclame leur divulgation et leur
annulation. Les travailleurs d'Alma ont dit que même si le
lockout est terminé, ils vont continuer de se battre pour faire
annuler cette entente.

Les travailleurs en lockout de Rio Tinto Alcan
d'Alma lors de la grande manifestation du Jour
de la terre à Montréal le 22 avril 2012.
Une offensive contre les droits des travailleurs
Attaque contre les travailleurs de la construction
et leurs organisations de défense : Le 2 décembre,
l'Assemblée nationale a adopté à
l'unanimité le projet de loi 33, la Loi éliminant le
placement syndical et visant l'amélioration
du fonctionnement de l'industrie de la construction, malgré
l'opposition des deux principaux syndicats de la construction. Un
aspect majeur de la loi est l'élimination du placement syndical
qui servait à combattre la discrimination et le favoritisme des
employeurs et à réduire la concurrence entre les
travailleurs.
La loi prévoit que dorénavant tout placement de
main-d'oeuvre devra se faire par le biais du Service de
référence de main-d'oeuvre de l'industrie de la
construction administré par la Commission de la construction du
Québec, une agence du gouvernement du Québec.
La loi élimine aussi la
procédure établie du 50 % plus un pour la ratification
des conventions collectives, selon laquelle si un ou deux syndicats
représentant ensemble 50% plus 1 de tous travailleurs de la
construction ratifiaient une convention, celle-ci était
ratifiée pour tout le secteur. Dorénavant il faudra que
trois des cinq syndicats oeuvrant dans la construction ratifient une
convention collective, ce qui revient en pratique à donner un
droit de veto à un des syndicats, même s'il est
très minoritaire. Un autre changement dans la loi vise à
établir un état de maraudage permanent dans le secteur en
accordant à un travailleur
individuel la possibilité de changer de syndicat en dehors de la
période ouverte prescrite s'il dit ne pas être bien
représenté.
La loi a été passée au milieu d'une
vaste campagne antiouvrière dépeignant les syndicats de
la construction comme étant corrompus et violents. Cela a servi
à détourner l'attention de la corruption et de
l'intimidation véritables, celles pratiquées par le
gouvernement, les entrepreneurs et les firmes d'ingénierie, et
à masquer la violence et l'intimidation dont sont victimes
à chaque jour les travailleurs du secteur qui affiche des taux
records de blessures et de décès.
Loi sur le régime complémentaire de
retraite : Le 8 juin 2011 l'Assemblée nationale a
adopté le projet de loi 11, Loi modifiant la loi sur les
régimes complémentaires de retraite. Cette loi
abolit le droit public de dire non aux manoeuvres d'AbitibiBowater
(maintenant Papiers forestiers Résolu) pour
se soustraire à ses responsabilités
sur les pensions. Ce projet de loi néolibéral, qui tente
déjà l'appétit des autres monopoles, donne aux
travailleurs retraités d'AbitibiBowater le choix entre deux
options antisociales : la première est de se retirer du
régime de pension à prestations déterminées
et de s'en remettre à la Régie des rentes du
gouvernement,
moyennant une perte de plus de 25 % des prestations, et la seconde est
de rester avec le fonds de retraite d'AbitibiBowater, mais sans
garantie qu'il ne soit jamais entièrement capitalisé ou
qu'il survivra au-delà de quelques années.
  
La loi prolonge de 5 à 15 ans le délai
accordé à AbitibiBowater pour pleinement financer le
fonds de retraite, qui est présentement sous capitalisé
à 30 %. Il ne donne aucune garantie de capitalisation
entière par AbitibiBowater ou que la compagnie ne
déclarera pas faillite et ne laissera pas les retraités
avec des
prestations mêmes inférieures à celles de la
Régie des rentes. Il ne pose aucune condition sur l'utilisation
des revenus d'AbitibiBowater, comme par exemple mettre une limite sur
les réclamations des actionnaires, obligataires et autres
gestionnaires ou sur le choix des investissements futurs. La loi ne
prévoit pas de
mécanisme garantissant qu'AbitibiBowater utilise ses revenus
pour combler le manque à gagner dans le fonds de retraite ou lui
interdisant de dissoudre le fonds complètement dans un proche
avenir en invoquant la loi sur les faillites. En abdiquant sa
responsabilité sociale et en capitulant au droit de monopole, le
gouvernement laisse les travailleurs et leurs organisations sans moyen
de garantir de fonds de retraite ou la viabilité de l'usine.
Projet de loi 80 sur
les régimes volontaires d'épargne-retraite: Le 12
juin la ministre de l'Emploi et de la
Solidarité sociale, Julie Boulet, a présenté le
projet de loi 80 à l'Assemblée nationale du
Québec, la Loi sur les régimes volontaires
d'épargne-retraite (RVER). Le régime variable
d'épargne-retraite (RVER) n'est pas un régime de pension
à prestation déterminée. C'est un REER sous un
autre nom, donc de l'impôt reporté. L'article 3 de la loi
dit qu'un RVER doit, selon les modalités prévues
par règlement, être enregistré auprès de la
Régie des rentes du Québec.
Le 13 juin, le lendemain de l'annonce de la ministre
Julie Boulet, la Standard Life a annoncé sans plus tarder
qu'elle s'engage à offrir des RVER aux Québécois.
« Comme la sécurité financière des
Québécois est l'une de ses principales
préoccupations, la Standard Life s'engage à offrir un
RVER à la majorité
des Québécois qui n'ont pas accès à un
programme d'épargne et de retraite collectif afin de les aider
à épargner pour la retraite. »
Ce nouveau type de régime volontaire
d'épargne-retraite ne va finalement profiter qu' à de
gigantesques institutions financières, des banques
internationales. C'est un autre moyen de drainer l'argent des
travailleurs vers ces institutions. Tout le risque repose sur les
épaules du travailleur. Il comporte une foule
d'inconvénients. Le travailleur voit son revenu diminuer
suite à une nouvelle convention collective de travail, ou il
perd son emploi et ne peut maintenir sa contribution au niveau
antérieur. Son futur de retraité en est menacé,
amoindri. De plus, il n'a aucun contrôle sur ses épargnes,
sur la façon dont elles seront investies et dans quel secteur de
l'économie. C'est le marché
et la spéculation boursière qui vont déterminer le
rendement du régime volontaire épargne retraite.
Résoudre la crise en notre faveur
À l'occasion de l'ajournement de la session, le
Parti libéral de Jean Charest a lancé une campagne
publicitaire dans laquelle le premier ministre affirmait qu'il faut
« prendre des décisions responsables, quelles que soient
les pressions » et qu'« on ne peut jamais être
parfait » mais « j'ai fait le choix de la
responsabilité ». Le Parti libéral mise de toute
évidence sur la poursuite d'une désinformation brutale
sur les problèmes de la société — une attaque en
règle contre la raison et un avilissement de la culture
politique.
Seule la cohérence d'un programme pro-social peut
venir à bout de cette incohérence et ouvrir une voie au
progrès de la société. Les travailleurs du
Québec font face à la nécessité
d'intervenir avec leur propre programme pour donner une nouvelle
direction à l'économie et à la
société. Ils sont placés devant le
défi de formuler un programme pour une économie
indépendante qui suffit à ses besoins, se
développe dans tous les secteurs et toutes les régions et
répond aux besoins toujours plus grands de la population.
Contrairement au dogme officiel qui dit que le gouvernement « n'a
pas d'argent », ils doivent faire valoir que le Québec
abonde en
richesses de toutes sortes et possède une classe ouvrière
instruite et très productive qui peut satisfaire les besoins de
tous et garantir les droits d'une société moderne.

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