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Numéro 85 - 13
juillet 2012
Rio Tinto Alcan
La résistance des travailleurs
met fin
au frauduleux lockout à Alma
Les travailleurs d'Alma
applaudissent à l'annonce du résultat du vote sur la
ratification de l'entente, le 5 juillet 2012.
Rio
Tinto
Alcan
• La résistance des travailleurs met fin
au frauduleux lockout à Alma - Pierre Chénier
Aveos
• Les travailleurs se battent pour leurs
emplois et contre le démantèlement du secteur d'entretien
d'avions
Argentine
• Des compagnies canadiennes affectées
par la restriction du droit de monopole
Rio Tinto Alcan
La résistance des travailleurs met fin
au frauduleux lockout à Alma
- Pierre Chénier -
Marc Maltais,
président du Syndicat des travailleurs de l'aluminium d'Alma,
annonce publiquement la ratification du
nouveau contrat de travail au acclamations des résidants d'Alma
venu entendre le 5 juillet 2012.
Le 5 juillet, les travailleurs de Rio Tinto Alcan (RTA)
à Alma, en lockout depuis plus de six mois, ont ratifié
l'entente de principe conclue quelques jours plus tôt entre le
Syndicat des travailleurs de l'aluminium d'Alma (STAA) et RTA. Les
travailleurs ont discuté de l'entente de principe et voté
à scrutin secret lors de trois assemblées
générales correspondant aux unités
d'accréditation concernées : l'accréditation
horaire, l'accréditation bureau et l'accréditation du
Centre de réfection des cuves. L'accréditation horaire
qui comprend environ 700 travailleurs a voté à 82, 8 % en
faveur de l'entente, l'accréditation bureau (environ 25
travailleurs) à 83,3 % et les travailleurs du Centre
de réfection des cuves, qui sont environ 60, l'ont
endossée à 92,5 %.
Marc Maltais, le
président du syndicat, a
annoncé le résultat du vote dans un point de presse en
fin de soirée le 5 juillet. Il a dit qu'un des aspects
principaux du nouveau contrat est qu'il n'y aura pas de mises à
pied pendant la durée du contrat, soit jusqu'au 31
décembre 2015.
« C'est une victoire. Je ne dirai pas qu'il s'agit
d'une victoire éclatante, écrasante. Nous en avons
laissé, nous avons démontré de l'ouverture, nous
avons fait des deuils et des concessions. Mais, c'est quand même
une victoire syndicale par rapport aux objectifs que nous nous
étions fixés en matière de protection d'emplois et
d'encadrement de
la sous-traitance ». Il a vivement apprécié le
succès de la lutte que le syndicat a menée. « Le
respect est une carence depuis le démarrage de cette
usine-là, Dorénavant, l'employeur ne pourra plus nous
regarder du même oeil. Il sait que nous sommes capables de lui
faire face. »
Marc a dit que le syndicat a été capable
de faire mettre dans le contrat une limite à la capacité
de RTA de donner les emplois des travailleurs en sous-traitance. RTA
utilise la sous-traitance comme un mécanisme pour imposer des
salaires et des conditions de travail à deux paliers dans
l'usine, ce qui force une partie des employés à
travailler
dans des conditions très inférieures à celles des
autres et très inférieures également aux
conditions que des générations de travailleurs ont
réussi à gagner au fil de décennies de luttes. RTA
utilise aussi la sous-traitance pour réduire le nombre de
travailleurs qui sont membres du STAA, ce qui rend plus difficile au
syndicat de mener une bataille
efficace non seulement à la défense des droits des
travailleurs mais également à la défense des
intérêts de la population de la région.
La victoire syndicale sur la sous-traitance, a dit Marc,
se voit à l'inclusion dans la convention collective d'une clause
qui limite à 10 % le nombre des heures de travail que
l'entreprise est autorisée à envoyer en sous-traitance
par rapport aux heures travaillées par les travailleurs
réguliers membres du syndicat. Cela veut dire par exemple qu'une
réduction du nombre d'heures travaillées par le bassin de
travailleurs syndiqués aura comme effet de réduire de
façon proportionnelle les heures de travail envoyées en
sous-traitance. Maltais a dit que c'est un gain pour le syndicat par
rapport à sa demande d'un plafond à la sous-traitance. Le
syndicat demande depuis longtemps que les emplois à des
conditions décentes soient protégés au moyen d'un
pourcentage, d'un ratio, qui peut-être un plancher d'emplois par
rapport aux nombres de tonnes d'aluminium produites par année ou
un arrangement qui met un plafond à la sous-traitance. Marc a
dit que l'entreprise ne
voulait pas bouger sur la question d'inscrire un plancher d'emplois
dans la convention mais que les travailleurs ont été
capables d'aller chercher quelque chose de similaire avec le gain sur
la question de la sous-traitance.
Dominic Lemieux, le représentant régional
de la FTQ au Saguenay-Lac-St-Jean, a dit que c'est une première
chez Rio Tinto, où que ce soit dans le monde, que les
travailleurs ont été capables de mettre par écrit
dans la convention ce genre de limites à la sous-traitance. Il a
dit que cela constitue un gain majeur pour les travailleurs d'Alma et
une contribution à la lutte de tous les travailleurs contre les
grandes entreprises qui essaient d'imposer des salaires et conditions
de travail à deux paliers.
La concession à laquelle Marc s'est
référé en point de presse concerne le Centre de
réfection des cuves. Le CRC qui comprend près de 60
travailleurs est éliminé en tant qu'unité
d'accréditation. Tous les emplois au centre seront
dorénavant des emplois de sous-traitance. Le nouveau contrat
stipule que les travailleurs actuels du CRC seront ou
bien intégrés à la production à l'usine
d'Alma ou dans les autres alumineries de RTA dans la région.
Marc Maltais a expliqué que le syndicat a lutté fort pour
s'assurer que ces travailleurs ne se retrouveront pas sans emplois et
qu'il a gagné sur ce point également.
Il a aussi dit qu'un protocole de retour au travail a
été adopté avec un échéancier de 14
semaines. L'entreprise doit réintégrer tout le monde au
travail dans les 90 jours suivant la signature du contrat. Lors de la
rentrée, il y aura moratoire sur la mobilité de
main-d'oeuvre qui pourra s'étendre jusqu'à 90 jours.
Le président du
syndicat a exprimé son
appréciation du fait que les travailleurs ont été
capables de mobiliser un vaste appui de la part des travailleurs du
Québec, du reste du Canada et de nombres d'autres pays. «
Nous avons réussi à unir des organisations des quatre
coins du globe autour de notre cause, une première au
Québec. Nous voulions
des emplois décents pour notre communauté, pour les
générations futures. C'est maintenant chose faite. Soyons
fiers de ce que nous avons accompli. Notre lutte n'est pas
terminée et demain sera un autre jour. »
Marc a ajouté que même si le lockout est
terminé, le syndicat continue sa bataille contre l'entente
secrète signée en 2007 par le gouvernement du
Québec, Hydro-Québec et Rio Tinto Alcan au moment de
l'achat d'Alcan par RTA. Cette entente secrète stipule entre
autres choses qu'Hydro-Québec doit acheter toute
l'hydroélectricité non utilisée
produite par RTA pendant un lockout ou une grève. On estime que
RTA a reçu environ 60 millions $ de la part
d'Hydro-Québec pour son hydroélectricité pendant
les six mois de lockout. Cela fait plusieurs années maintenant
que le syndicat d'Alma mène une campagne pour demander des
arrangements qui bénéficient à la région en
échange des
grands privilèges hydroélectriques qui sont consentis
à RTA au Saguenay-Lac-St-Jean. Cette campagne se mène
sous le thème :« Leur nécessité :
l'hydroélectricité — Nos ressources, nos emplois : notre
priorité».

Aveos
Les travailleurs se battent pour leurs emplois et
contre le
démantèlement du secteur d'entretien d'avions
Des centaines de
travailleurs d'Aveos manifestent devant les portes de la compagnie
à Montréal, le 20 mars 2012.
Cela fait maintenant plus de 3 mois que les travailleurs
d'Aveos se battent sans répit à la défense de
leurs emplois et contre le démantèlement du secteur
d'entretien d'avions au Canada, un secteur dont Aveos était une
des principales compagnies. Le 18 mars dernier, sans aucun
avertissement, Aveos a fermé ses installations à travers
le Canada,
mettant à pied de façon permanente 2600 travailleurs. Le
19 mars, il a demandé à se placer sous la loi de la
protection de la faillite et sa requête a été
acceptée le même jour. Le 20 mars, la cour qui
préside aux opérations de protection de la faillite
d'Aveos en vertu de la Loi sur les arrangements avec les
créanciers des compagnies
(LACC) a émis un jugement ordonnant la mise en vente de tous ses
avoirs.
Les travailleurs d'Aveos ont mené plusieurs
actions contre cette liquidation. Ils accusent Air Canada, Aveos et le
gouvernement Harper de ne pas prendre leurs responsabilités face
à cette situation.
Air Canada et Aveos se blâment l'un l'autre pour
la chute d'Aveos. Air Canada s'en lave les mains complètement et
continue d'essayer de faire croire que Aveos est une compagnie
complètement indépendante et rien de plus qu'une
entreprise avec laquelle le transporteur aérien fait affaire
pour une partie de son travail d'entretien. Elle impute
la liquidation d'Aveos à la mauvaise gestion de ses dirigeants.
Elle persiste à prétendre qu'Aveos est
indépendante alors qu'Aveos faisait formellement partie d'Air
Canada jusqu'en 2007 lorsqu'elle a été vendue et que les
travailleurs jusqu'à tard en 2011 étaient encore
légalement employés d'Air Canada ; leur fonds de pension
faisait partie des
fonds de pension d'Air Canada jusqu'en juillet 2011 et leurs pensions
sont encore tenues en trust par Air Canada en ce moment ; les hangars
dans lesquels se font l'entretien et la réparation des cellules
d'avions sont toujours la propriété d'Air Canada. Il y a
de nombreux autres exemples qui montrent que le lien entre Air Canada
et Aveos n'a
jamais été rompu, ne serait-ce que le fait que 85 % de
l'entretien lourd des avions d'Air Canada était toujours fait
par Aveos au moment de la fermeture. Aveos pour sa part blâme Air
Canada pour les difficultés financières qu'elle invoque,
accusant le transporteur aérien d'envoyer de plus en plus de
contrats d'entretien lourd à des concurrents.
Mais la colère des travailleurs est
dirigée particulièrement contre l'arrogance et
l'indifférence de gouvernement Harper envers leurs emplois et
leurs droits et envers l'avenir de ce secteur industriel au Canada. Si
on veut un exemple de cette arrogance on n'a qu'à
considérer ces propos tenus à la Chambre des communes par
le ministre des
Transports Denis Lebel le 14 juin en réponse à une
députée de l'opposition qui demandait ce que le
gouvernement entendait faire pour défendre les travailleurs et
le secteur.
« Monsieur le président, comme nous le
disons depuis le début, c'est une question de compagnies
privées. Air Canada possède 2500 employés de
maintenance et d'entretien ; Air Canada possède sa propre
équipe d'entretien, bien sûr ils ont des contrats avec
d'autres compagnies pour faire de la maintenance un peu plus lourde. On
va continuer
à s'assurer que la loi soit respectée, que nos
travailleurs puissent continuer d'avoir des emplois. C'est une question
d'entreprises privées et il y a encore aujourd'hui des
acquéreurs et ça se continue pour les ex-employés
d'Aveos. »

Montréal
le 20 mars 2012
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Le ministre Lebel déforme sciemment la
vérité. En plus du caractère frauduleux de son
affirmation selon laquelle tout c'est une question purement
privée alors que des emplois et un secteur industriel sont en
jeu, il y a cette fausse impression qu'il essaie de donner que tout va
bien et tout se fait légalement parce que les activités
d'entretien se
poursuivent.
Mais les travailleurs et les activités
d'entretien dont ils parlent ne sont pas les mêmes. Les 2500
travailleurs d'entretien auxquels il se réfère sont ceux
qui font depuis longtemps l'entretien léger d'Air Canada en
piste, l'entretien de routine qui se fait entre les vols. Aveos
était responsable de tout l'entretien lourd d'Air Canada, les
cellules des
avions, les moteurs et les composantes comme les trains d'atterrissage.
Ce travail se fait dans des centres séparés et ce sont
ces centres qui viennent de fermer. Le fait que l'entretien lourd est
maintenant effectué par d'autres travailleurs ne remplace pas ce
qui est perdu en fait d'expertise et ne redonne pas leurs emplois aux
travailleurs d'Aveos.
En ce qui concerne la loi dont parle le ministre, il
s'agit de la Loi sur la participation publique au capital d'Air
Canada que le gouvernement Mulroney a adoptée en 1988
suite à la privatisation d'Air Canada. Le ministre Lebel
déforme la vérité une fois de plus quand il dit
que son gouvernement va continuer à s'assurer que la loi
est respectée. Les travailleurs accusent
précisément Air Canada de violer la loi et même le
gouvernement du Québec poursuit Air Canada en cour pour avoir
violé la loi en fermant le centre d'entretien et de
réparation de Montréal.
La loi stipule que le transporteur aérien
privatisé doit « maintenir les centres d'entretien et de
révision dans les villes de Winnipeg et Mississauga et dans la
Communauté urbaine de Montréal » s'il veut
poursuivre ses activités. Est-ce que c'est la même chose
que de maintenir des activités d'entretien en piste comme le
suggère le ministre
Lebel ?
Le ministre fait semblant d'ignorer que les travailleurs
contestent Air Canada et son gouvernement sur cette question et qu'il
en est de même du gouvernement du Québec et de nombre
d'experts qui ont émis l'opinion que lorsque la loi a
été écrite ce sont précisément des
centres comme ceux d'Aveos que les législateurs avaient en
tête quand ils
ont mentionné expressément « centres d'entretien et
de révision ».
Le ministre Lebel joue également avec les faits
quand il dit être informé que des acquéreurs se
sont montrés à acheter les installations d'Aveos et
à redonner leurs emplois aux travailleurs mis à pied. En
début juin, la Cour a révélé qu'aucun
acheteur ne s'est présenté pour acheter dans les
délais fixés par elle la section de l'entretien des
cellules
qui était de loin la plus importante dans les activités
d'Aveos et celle qui employait le plus grand nombre de travailleurs. Le
processus de vente des activités d'entretien des moteurs et des
composantes est présentement en cours et aucun rapport officiel
sur ses résultats n'a encore été publié.
Les travailleurs d'Aveos disent que depuis près
de deux mois ils n'obtiennent même plus de réponse de la
part des représentants du gouvernement quand ils demandent
à les rencontrer et même aucun accusé de
réception à leurs messages par fax ou courriel.
Pendant ce temps les procédures de protection de
la faillite se poursuivent et les travailleurs se font simplement
dépouiller. En début d'avril la Cour a ordonné
à Aveos de payer environ $6 million en salaires et environ 450
000 $ contributions des employeurs. Le paiement été fait
alors que les travailleurs d'Aveos .étaient sans revenus depuis
le
moment de la fermeture, ne recevant ni salaires ni assurance-emploi. Le
paiement a été accordé sous prétexte de
soutenir les travailleurs qui vivaient toutes sortes de
difficultés et notamment des banqueroutes personnelles.
Cependant le montant qui leur a été accordé est
une avance constitue, selon la décision du juge, un paiement sur
les
réclamations prioritaires allant jusqu'à 2000 $ que les
travailleurs peuvent faire en vertu de la LACC pour salaires
impayés , par exemple les paies de vacances et le temps
supplémentaire. Autrement dit, les travailleurs se sont vus
offrir un paiement sur leurs salaires réguliers non encore
payés au moment de la fermeture, lequel élimine le
caractère
prioritaire de leurs autres réclamations en salaires
impayés comme les paies de vacance et le temps
supplémentaire. Cela veut dire qu'ils pourraient très
bien ne jamais recevoir ces montants. Selon un dirigeant
québécois de l'Association internationale des machinistes
et des travailleurs de l'aérospatiale, qui représente les
travailleurs d'Aveos, en
début juin, environ 500 des travailleurs d'Aveos de
Montréal s'étaient trouvé un emploi et plus de
1000 étaient toujours sans travail.
Les pensions sont aussi une grande préoccupation.
Le syndicat a rapporté récemment avoir été
notifié que les fonds de pensions d'Aveos allaient être
liquidés. Le syndicat dit qu'en ce moment il n'est pas possible
d'établir le ratio de solvabilité des fonds de pensions
parce qu'aucune évaluation actuarielle n'en a été
faite. Selon le syndicat cette
situation est reliée à la complexité des fonds de
pensions des travailleurs d'Aveos lesquels jusqu'en juillet 2011
faisaient toujours partie des fonds de pensions d'Air Canada. Encore
aujourd'hui selon le syndicat les pensions sont toujours chez Air
Canada parce que le plan de transition des pensions vers Aveos n'a pas
encore été approuvé par le
Bureau du ministère des Finances qui supervise tous les
régimes de pensions fédéraux. L'approbation finale
et le transfert des fonds devaient se faire en 2013.
Les travailleurs d'Aveos continuent leurs actions, ils
interviennent dans les médias et demandent justice et
défendent en même temps l'avenir du secteur de l'entretien
des avions au Canada.
Les travailleurs d'Aveos
et supporters protestent contre les mises à pied à
Vancouver le 19 mars 2012

Argentine
Des compagnies canadiennes affectées
par la
restriction du droit de monopole
Des compagnies minières canadiennes exploitant
des dépôts de minéraux en Argentine ont
amorcé une campagne contre le gouvernement de ce pays. Cette
ingérence dans les affaires internes de l'Argentine de concert
avec les impérialistes
européens semble annoncer une tentative de préparer et de
provoquer un changement de régime.
Le gouvernement de l'Argentine dirigé par la
présidente Cristina Fernandez a établi certaines
restrictions touchant aux monopoles miniers et autres. La loi stipule
dorénavant que les monopoles doivent se procurer leurs machines,
leur
équipement ainsi que leurs approvisionnements des producteurs
internes. Ces restrictions affectent aussi les monopoles
étrangers et le fait qu'ils sortent leurs profits à
l'extérieur de l'économie et du pays. De façon
générale, le
gouvernement a mis en place un système de contrôle sur
tout mouvement du capital rentrant et sortant du pays. Ces mesures ont
été prises en réaction à une
inquiétante fuite du capital du pays l'année
dernière. Elles visent aussi à modifier
la pratique destructrice de plusieurs compagnies d'acheter des
machines, de l'équipement et des approvisionnements à
l'extérieur de l'Argentine, à partir de sources
étrangères avec qui elles ont des liens d'affaires, tout
en refusant
d'investir leurs profits à l'interne afin de reproduire leurs
opérations ou de développer et de soutenir d'autres
secteurs de l'économie argentine.

Manifestation de
travailleurs d'Amérique centrale contre
Goldcorp à Vancouver le 2 mai 2007
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Les compagnies minières canadiennes, qui sont
intimement liées au capital financier étasunien, sont les
exploiteurs de vastes dépôts de minéraux en
Argentine, y compris de l'or et du cuivre. Les monopoles miniers
reconnaissent qu'ils
utilisent le revenu de leurs mines dans ce pays pour financer des
acquisitions et l'expansion de leurs opérations dans d'autres
pays. Le détenteur canadien du capital Rob McEwen, de McEwen
Mining Inc., qui est lié à Goldcorp de Vancouver,
dit que les restrictions imposées par l'Argentine sur le
mouvement du revenu hors du pays « menacent sa capacité
d'autofinancement » et retarderont le développement de son
projet El Gallo au Mexique. Il a dit que la « capacité
d'autofinancement de la compagnie était maintenant remise en
cause ». « Si nous voulons développer El Gallo et
développer la compagnie sans [retirer de l'argent de]
l'Argentine, nous allons devoir nous tourner à nouveau vers le
marché et
chercher environ 150 million $. »
Le monopole minier canadien Barrick Gold Corp est aussi
actif en Argentine. Il contrôle la mine aurifère de
Veladero dans le nord du pays ainsi que le Pascua-Lama, le projet
aurifère à proximité qui s'étend au Chili
par le biais des
Andes. Un autre capitaliste minier canadien, Geoff Burns, de Pan
American Silver, qui contrôle lui aussi des mines argentines,
menace d'actions non spécifiées le régime de la
présidente Fernandez, « question d'assainir le climat
d'investissement ». Suggérant fortement l'appui à
un changement de régime et à son éventuel
application, il a ajouté, sur une note de mauvais présage
: « Je suis confiant que l'environnement s'améliorera. Je
ne sais pas quand, mais je suis
certain qu'il va s'améliorer. »
Ces commentaires révèlent non seulement
l'intention du capital monopoliste de contrôler la politique de
ces pays où ils investissent, mais aussi son objectif
privé restreint qui exclut le bien-être et
l'équilibre de l'économie du pays
hôte ou l'utilisation du revenu pour contribuer à
résoudre les problèmes plus généraux
auxquels le peuple et son économie socialisée sont
confrontés. Les propos des capitalistes miniers viennent aussi
dans le contexte des efforts de la
présidente Fernandez pour prendre la tête de la
renationalisation du plus grand producteur énergétique du
pays, YPF SA, le soustrayant au contrôle du monopole espagnol
Repsol. D'entreprise publique qu'elle était, YPF a
été privatisée en
1993 et vendue à Repsol en 1999 dans la frénésie
néolibérale qui a mené à l'effondrement
économique de l'Argentine en 2001. On a accusé Repsol de
refuser d'utiliser ses revenus argentins pour les réinvestir
dans le secteur énergétique de ce
pays, tout en retirant du pays la valeur produite par les travailleurs
argentins qui transforment les ressources de la nation en produits
utilisables.
Bénéficiant de l'appui des médias
contrôlés par les monopoles en Espagne, Repsol a
amorcé une campagne d'hystérie en Europe pour diffamer le
gouvernement d'Argentine et exiger un changement de régime. Il a
aussi eu recours au terrorisme
économique, annulant ses contrats de gaz naturel liquifié
(GNL) destiné à ce pays. L'Argentine
bénéficie d'une abondance de ressources
énergétiques, mais elle dépend néanmoins
d'importations de GNL pour répondre à entre 20 et 30 % de
ses
besoins en consommation de gaz naturel. Les agissements hostiles de
Repsol sont coordonnés avec l'occupation militaire des Malvinas
par les impérialistes britanniques et leur contrôle des
champs pétrolifères et gazifères environnants.

"YPF est à
l'Argentine"
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Les monopoles miniers et d'autres monopoles s'opposent
à toute restriction gouvernementale sur leurs opérations,
leur mouvement du capital et leurs habitudes d'approvisionnement. Ils
ont l'habitude de forcer les gouvernements, grâce à
leur vaste richesse et de leurs liens politiques, militaires et
sociaux, à concilier avec le droit de monopole et à
politiser les intérêts privés en opposition au
droit et à l'intérêt publics. Le droit de monopole
et la politisation des
intérêts privés mènent inévitablement
au déséquilibre et à l'insécurité
économiques.
L'Argentine, par contre, a aussi ses alliés
internationaux dans cette lutte, y compris la bonne volonté et
la solidarité de la classe ouvrière et des activistes
anti-impérialistes canadiens, mais aussi les pays avoisinants de
l'Amérique
du Sud et des Antilles qui ont exprimé leur appui à la
politique pratique de l'Argentine consistant à restreindre le
droit de monopole. Dans toute l'Amérique latine il y a un
mouvement qui se lève à la défense de
l'intérêt public, en
opposition aux intérêts privés étroits des
monopoles mondiaux et en appui au devoir souverain des gouvernements
d'exercer un contrôle sur leurs ressources et leur
économie pour le bien du peuple et pour le développement
d'une économie qui
suffit à ses besoins et qui est diversifiée.

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