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Trois autres journées de manoeuvres navales des États-Unis et de la Corée du Sud se tiennent du 23 au 25 juin avec le super porte-avion USS George Washington qui porte près de 90 avions et hélicoptères et 3000 soldats. Le porte-avion est l'un des 10 navires et sous-marins américains à participer à ces exercices de guerre en mer Jaune, entre la Chine et la Corée. La Chine considère que la mer Jaune fait partie des ses eaux côtières et elle a expressément demandé aux États-Unis de ne pas y tenir d'exercices de guerre. Les États-Unis n'ont pas caché le caractère criminel et provocateur de ces manoeuvres qui constituent une préparation pour une guerre d'agression et en tant que tel un crime contre la paix. Mis à part le fait que les exercices de guerre se tiennent près de la frontière de la RPDC et en mer Jaune près de la Chine, les exercices au sol ont pris pour cible de bombardements un drapeau de la RPDC. La date choisie pour les manoeuvres est l'anniversaire du début de la guerre d'agression des États-Unis contre la Corée le 25 juin 2012. De plus, le ministère sud-coréen de la défense, suivant la logique de « la loi du plus fort » des États-Unis, a écrit dans un communiqué que les manoeuvres constituaient un « avertissement sans équivoque » à la RPDC. « La guerre n'est pas finie, dit le porte-parole du ministère. Nous devons nous préparer à l'éventualité du déclenchement d'une guerre à tout moment. » « Nous estimons, a-t-il ajouté, que cet exercice conjoint va être le plus vaste jamais tenu. La Corée du Nord dit que c'est une provocation, mais un militaire ne peut pas être compétent s'il ne s'exerce pas. »
Ce sont les États-Unis qui ont refusé de signer un traité de paix avec la Corée. C'est eux aussi qui organisent ces exercices de guerre provocateurs qui sont une expression de puissance militaire dans la région. Ces exercices visent la Corée et la Chine et ils représentent un grand danger pour tous les peuples de la région et les peuples du monde. Toute préparation à une guerre d'agression, y compris par la propagande, est un crime. C'est en fait considéré comme l'un des pires crimes qui soient. Dans le cadre de la lutte pour protéger la paix mondiale, on doit bannir ces exercices parce que sans eux on ne peut pas mener de guerre. Comme l'a dit le porte-parole sud-coréen, « un militaire ne peut pas être compétent s'il ne s'exerce pas ». Ces exercices de guerre n'avaient rien à voir avec de l'entraînement pour défendre la Corée et la Japon et certainement pas les États-Unis qui sont à des milliers de milles de là. Leur but était l'entraînement pour l'agression, pour l'élévation des tensions entre les Coréens, sinon pourquoi un drapeau de la RPDC comme cible ? Pourquoi impliquer le Japon ? « L'avertissement » qui est servi à
la RPDC et à la Chine est que
les États-Unis sont sur un pied de guerre et entraînent le
Japon dans
ces préparatifs. Ces exercices de guerre sont dangereux et
criminels et
les peuples de la région et le peuple américain s'y
opposent. Les
peuples mettent de l'avant leurs demandes :
Mettez fin à ces exercices de guerre ! Fermez les bases
américaines et
ramenez les troupes américaines aux États-Unis! C'est ce
qu'il faut
faire afin d'assurer la paix et la sécurité des peuples
de la région et
du monde. ![]() ![]() Manifestation contre la guerre à Séoul le 27 février 2012, lors des manoeures militaires annuelles des États-Unis et de la Corée du Sud.
Paraguay La destitution du président est un coup d'État![]() Des manifestants dénoncent l'opportunisme politique de ceux qui ont destitué le président paraguayen, Fernando Lugo, le 22 juin 2012. Suite à un vote de 39 contre 4 et deux abstentions, le Sénat du Paraguay a destitué le président Fernando Lugo. Le peuple s'oppose de façon massive à cette destitution qu'il considère comme un abus illégal du pouvoir et les manifestations se poursuivent devant le palais national. L'Union des nations sud-américaines (UNASUR)[1] et d'autres organisations internationales ont déclaré qu'elles n'appuyaient pas cette destitution et qu'elles ne reconnaîtraient pas un autre président. Le pays pourrait subir des sanctions pour violations au processus démocratique, disent-elles. En conséquence de la décision du Sénat, le vice-président Federico Franco du parti libéral radical authentique a accédé au pouvoir. Son parti n'a pas été au pouvoir au Paraguay depuis les dernières 74 années. Le 22 juin, Franco a prêté serment après approbation de la destitution par le Congrès le 21 juin. Au moment même où ces événements se déroulaient, près de 50 000 personnes continuaient de manifester à l'extérieur de l'édifice où siège le Congrès. Des slogans tels que « La dictature, jamais ! »ont retenti tandis que d'autres demandaient à la police de ne pas agir avec impunité. La presse paraguayenne a laissé savoir que le document qui a servi à la destitution du président Lugo était disponible depuis un bon moment mais n'a été présenté au président qu'à la dernière minute donnant aux avocats de la défense à peine 2 heures pour préparer leur riposte plutôt que les 24 heures stipulées par la loi. Cinq accusations ont été portées contre Lugo 1) Il aurait illégalement permis à des partis politiques de gauche de tenir une assemblée politique sur une base militaire du Paraguay en 2009 ; 2) le cas Nacunday où il a présumément permis à 3000 paysans sans terre (squatters) de s'emparer illégalement d'une grande ferme de graines de soyas de propriété brésilienne ; 3) il aurait signé le Protocole II d'Ushuaia dans le cadre de l'UNASUR sans soumettre le projet à l'approbation du Congrès ; 4) son gouvernement a échoué à capturer le groupe de guérilla [gauchiste] l'Armée du peuple paraguayen ; 5) et le cas des récents meurtres de paysans à Curuguaty. Les arguments mis de l'avant par la poursuite reposent uniquement sur des articles publiés dans les quotidiens locaux. Pour chacun des cas ci-haut mentionnés, le document officiel du ministère public déclare que « toutes les causes sont de notoriété publique et qu'aucune preuve supplémentaire n'est nécessaire ». Dans la condamnation du président par les députés, le ton était imprégné de haine de classe, selon certaines sources. Des déclarations irresponsables ont lié le président Lugo au massacre de paysans à Curuguaty perpétré le 15 juin. Onze paysans et sept policiers sont décédés dans un conflit dans une zone rurale alors que 100 familles cherchaient à occuper une terre appartenant à un grand propriétaire, Blas Riqueline, un ancien sénateur du parti de Colorado. L'incident de Curuguaty n'a pas été pleinement élucidé, « mais des dirigeants de mouvements sociaux ont dénoncé le rôle joué par des tireurs d'élite qui ont fait feu sur les paysans et les policiers. Tout indique qu'il s'agit d'une opération faux pavillon, tactique fréquemment adoptée pour justifier les ingérences et les coups d'État ». Les secteurs privilégiés seraient au coeur du coup selon le présidentAvant la tenue du vote au Congrès le 21 juin, Lugo a dit que les secteurs les plus privilégiés et les plus conservateurs du pays étaient au coeur de la tentative de coup. Lors d'une émission de radio latino-américaine, le président a insisté pour dire que ces groupes avaient agi de concert pour tenter d'éliminer le processus démocratique en vigueur au Paraguay. La popularité de ce gouvernement n'a pas chuté en dépit de toutes les choses que nous avons encore à faire pour la population et pour ces forces privilégiées, la seule façon qui s'offre à eux de nuire au processus démocratique est de destituer le président, a-t-il dit. Lugo a mis en lumière le rejet populaire de ce qu'il a qualifié de coup « express » en invoquant les milliers de personnes manifestant devant le Congrès national et à d'autres endroits au Paraguay. Il a expliqué qu'il s'agit de membres de mouvements paysans, de travailleurs, d'étudiants et du peuple qui ont bénéficié du processus de changement continu et qui rejettent la destitution du dirigeant de l'État. Le président a dit qu'il serait présent au parlement pour confronter les allégations des législateurs dans l'opposition, qui prônent que les choses dans le pays devraient rester telles qu'elles l'ont été depuis des décennies. « Maintenant, avec l'UNASUR et [le Marché commun du Sud] (Mercosur)[2], nous sommes tous unis et croyons fermement aux changements démocratiques et à la solidarité internationale », a-t-il ajouté. L'Organisation des États américains (OEA) a convoqué une réunion pour discuter des évènements au Paraguay. Selon le Conseil permanent, la session spéciale tenue au quartier général de Washington avait comme objectif de mettre les faits sur la table. Le président Lugo doit interjeter appel
auprès
|
![]() Le président Fernando Lugo |
Les médias informent aussi que le président Lugo a interjeté appel concernant l'inconstitutionnalité de la destitution.
L'action en cour aura lieu à la Cour suprême et on y invoquera la violation des droits de Lugo du moment que les sénateurs ont imposé un délai d'exécution sur son droit de répondre aux accusations portées contre lui, ce qui n'a cependant pas empêché les sénateurs de s'empresser à procéder au vote menant à la destitution.
Les ministres des Affaires étrangères des pays membres de l'UNASUR ainsi que le secrétaire général de cette organisation, Ali Rodriguez Araque, ont rencontré le président Lugo le 22 juin pour analyser la crise occasionnée par les efforts du Congrès visant à remplacer le dirigeant de l'État en le destituant.
Le voyage des ministres des Affaires étrangères de l'UNASUR au Paraguay est le résultat d'un accord d'urgence conclu au cours de la réunion sur l'environnement Rio+20 à Rio de Janeiro, au Brésil, accord selon lequel les ministres ont tenté de coopérer afin de trouver une solution permettant d'éviter l'effondrement du système démocratique paraguayen.
Les ministres des Affaires étrangères ont
exprimé de façon catégorique lors de
déclarations antérieures la nécessité de
s'opposer à ce qu'on ait coupé court au mandat que le
président Lugo avait obtenu par son élection et cela neuf
mois avant la tenue des prochaines élections
générales en avril 2013.

Suite à la rencontre de l'UNASUR avec le président Lugo, son secrétaire général, Rodriguez Araque, a dit que ce qui s'était produit au Paraguay affecte la démocratie au sein de l'UNASUR, puisque ce pays préside l'organisation sur une base pro tempore.
Il a dit que les présidents des pays membres de l'UNASUR, ayant pris connaissance de la situation au Paraguay, ont décidé d'y envoyer une mission de ministres des Affaires étrangères afin d'acquérir une connaissance directe de la situation.
Rodriguez Araque a indiqué que les participants à la réunion se sont entendus pour dire que l'un des principaux piliers de la démocratie est l'intégrité de l'administration de la justice et, sur la base de tels paramètres, le respect pour l'application régulière de la loi, assurant que les accusés puissent se défendre, d'autant plus que l'accusé est un président élu par vote populaire.
Le secrétaire général de l'UNASUR a ajouté que des réunions avec les partis politiques, le parlement et quiconque veut contribuer à trouver une solution pacifique à cette crise se poursuivraient le 22 juin.
En réponse à la destitution du président, l'Argentine a rappelé samedi son ambassadeur au Paraguay. La présidente de l'Argentine Cristina Fernandez a qualifié de coup la destitution du président. Suite au geste de l'Argentine, le Brésil a aussi rappelé son ambassadeur pour consultations.
Les gouvernements du Venezuela, de Bolivie, de l'Équateur et de Cuba ont dit le 23 juin qu'ils ne reconnaîtraient pas le nouveau gouvernement. Le gouvernement cubain a qualifié la destitution de Lugo de « coup parlementaire ».
Jose Miguel Insulza, le secrétaire-général de l'OEA, a dit que la destitution de Lugo constituait « une violation de l'application régulière de la loi » et le gouvernement chilien a dit que la destitution de Lugo « contrevenait aux normes minimales de l'application de la loi ».
L'ambassadeur de l'Allemagne au Paraguay Claude Robert Ellner a dit que la destitution de Lugo « était dans les limites de la loi et de la constitution ». L'Allemagne, a-t-il dit, « va maintenir ses accords de coopération avec le Paraguay ».
Le Département d'État américain a
affirmé suivre les développements de près et
appelé les Paraguayens à « agir de façon
pacifique et dans le calme et en accord avec les principes
démocratiques du Paraguay ».

1. L'UNASUR a été fondée en 2008 et est composée de 12 pays de l'Amérique latine : l'Argentine, la Bolivie, le Brésil, le Chili, la Colombie, l'Équateur, le Guyana, le Paraguay, le Pérou, le Suriname, l'Uruguay et le Venezuela. Le Mexique et le Panama y détiennent un statut d'observateurs. L'UNASUR favorise le développement et l'intégration des secteurs politiques, sociaux, culturels, économiques, financiers, environnementaux et infrastructurels des pays membres.
2. MERCOSUR est composé de l'Argentine, du Brésil, du Paraguay et de l'Uruguay.
Mexique
![]() «La patrie ne se vend pas, elle se défend.» |
Le 1er juillet se tiendront des élections présidentielles et législatives au Mexique. À cette occasion le peuple mexicain devra élire un nouveau président, de même que 120 sénateurs et 500 députés. Au total quatre candidats se disputent la présidence. Il s'agit de Enrique Peña Nieto, représentant « Engagement pour le Mexique » qui regroupe le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) et le Parti vert, Andrés Manuel López Obrador (AMLO) du Mouvement progressiste constitué de l'alliance du Parti de la révolution démocratique (PRD), du Parti du travail (PT) et du Mouvement des citoyens (MC), Josefina Vásquez Mota, du Parti action nationale (PAN), actuel Parti à la présidence, et Gabriel Quadri de la Torre, de Nouvelle alliance.
Dans ces élections, l'élite politique et économique tente de donner vie à son système de bipartisme en présentant comme un fait établi que son candidat vedette Enrique Peña Nieto, du PRI, sera le prochain président du Mexique. Rappelons que le PRI a gouverné seul ce pays pour le compte de l'oligarchie mexicaine pendant 71 ans. Il y a douze ans ce parti a dû abandonner le pouvoir au PAN, résultat des pressions des impérialistes étasuniens qui ont déclaré que la « démocratisation » du système politique mexicain était dorénavant incontournable. Le peuple mexicain l'a chassé du pouvoir en 2000, en raison de son accointance avec les impérialistes étasuniens visant entre autres l'intégration économique et politique avec ces derniers, sa répression brutale du mouvement ouvrier, paysan, social et étudiant pendant des décennies, pour avoir privatisé une grande partie de l'économie et paupérisé les travailleurs. C'est à ce moment là que la bourgeoisie a manoeuvré pour faire élire Vicente Fox du PAN, le présentant comme le changement et la garantie d'un non retour à l'autoritarisme du PRI. En fait ce que cherchaient à créer les impérialistes était l'établissement d'un système de bipartisme qui leur permettrait de favoriser le diktat les monopoles en utilisant une monnaie à deux faces style américain.
![]() «Dehors les paramilitaires!» Des résidents du Chiapas opposés à la présence de groupes paramilitaires amés par les États-Unis, qui servent à la répression violente de l'État contre le peuple prétendument pour la lutte contre le trafic de la drogue. |
C'est ainsi que le PAN, parti ultra conservateur, dont le fondateur était un fervent défenseur des thèses fascistes dans les années trente, a accédé au pouvoir en 2000 et s'y est maintenu par force de répression, de corruption et de fraude pour les douze dernières années. Mais après douze années de poursuite des mêmes politiques que le PRI, au cours desquelles le PAN a réalisé l'agenda des impérialistes étasuniens favorisant les grands monopoles, accentuant la privatisation et la libéralisation du commerce, comme avec l'Alliance pour la sécurité et la prospérité de l'Amérique du Nord, après avoir créé un climat de violence, de peur et de répression avec sa guerre contre les narcotrafiquants, causant ainsi des dizaines de milliers de morts et d'assassinats dans tout le pays, son discrédit est tellement grand parmi le peuple mexicain que la bourgeoisie a décidé que le moment était venu d'effectuer un retour au pouvoir du PRI, présentant maintenant ce dernier comme le représentant du renouveau.
Pour les travailleurs, paysans, étudiants et toutes les sections du peuple mexicain, ces élections sont l'occasion de franchir une étape importante dans la lutte pour créer un changement qui ouvre la porte à l'établissement d'une société humaine. Le désir est donc très grand de ne pas permettre l'établissement d'un système de bipartisme en empêchant la prise du pouvoir par le PRI ou le PAN. Dans ce sens des millions de travailleurs, paysans, femmes et étudiants se sont joints à AMLO pour créer le Mouvement régénération national (MORENA). Ce mouvement présente un nouveau projet d'édification nationale reposant sur la souveraineté citoyenne, économique, énergétique et alimentaire. Un projet qui vise à mettre fin à la domination étrangère sur l'économie et la politique du pays et au vol des ressources énergétiques et qui rejette la collaboration militaire avec les impérialistes étasuniens. C'est ce mouvement, avec AMLO à sa tête, qui a été choisi par les partis de gauche pour être le candidat progressiste à la présidence du pays dans ces élections.
![]() Une assembéle «Yo Soy 132» |
En 2006, lors des dernières élections, AMLO, qui en pratique avait gagné l'élection à la présidence, fut empêché d'accéder au pouvoir en raison d'une fraude orchestrée par l'élite économique et politique de la bourgeoisie qui donna le pouvoir à Filipe Calderon du PAN. Suite à cela, AMLO a, pendant les six dernières années, parcouru toute la République mexicaine en visitant chacune des municipalités sans exception et s'attelant à y construire les bases du mouvement MORENA. Durant ces six années le candidat présidentiel López Obrador a défendu vigoureusement la souveraineté énergétique, s'est opposé vigoureusement à la privatisation de l'entreprise d'État pétrolière Pemex et à celle de la compagnie d'électricité fédéral, appuyant ainsi la production nationale de gazoline, des produits raffinés et encourageant la souveraineté alimentaire, d'un pays qui est passé d'exportateur dans le secteur agricole à importateur net de grains et de divers autres aliments. L'aspect le plus important est qu'AMLO a rejeté toute coopération militaire avec les États-Unis dans un moment où les interventions militaires étasuniennes atteignent des proportions alarmantes. C'est ainsi que malgré une persistante campagne de dénigrement contre AMLO, ce dernier participe à ces élections avec un impressionnant appui de plusieurs millions de Mexicains à travers tout le pays et a maintenant la possibilité de remporter les élections du 1er juillet.
En dépit de cela, l'oligarchie suit une tactique qui consiste à utiliser des sondages biaisés pour affirmer que le candidat du PRI, Enrique Peña Nieto, est très en avance dans les préférences et qu'il faudrait un miracle pour qu'il ne soit pas élu, et cela tout en plaçant AMLO toujours en troisième place derrière la candidate du PAN. À ce stade de la campagne électorale, il apparaît très clairement que les deux grands finalistes sont AMLO et Peña Nieto malgré la complète iniquité dans le financement de l'Institut fédéral électoral qui a accordé beaucoup plus de ressources au Mouvement progressiste du PRI qu'à l'alliance du Parti de la révolution démocratique (PRD), du Parti du travail (PT) et du Mouvement citoyen (MC) que représente Lopez Obrador. Ainsi, des 44 millions de spots publicitaires officiels, la grande majorité ont été attribués au PRI et au PAN et cela est sans compter les analystes et annonceurs de nouvelles télévisées qui font activement champagne en faveur de Peña Nieto contre Lopez Obrador.
Malgré tout cela, Andrés Manuel López Obrador est tellement fort que depuis le début du mois de juin la bourgeoisie et ses alliés sont pris de panique à l'idée de perdre le pouvoir et ont commencé une intense guerre sale de dénigrement contre lui. Voyant que cela ne fonctionne pas, ils ont même fait entrer en scène l'ancien président Vicente Fox du PAN, pour qu'il appelle à voter pour le candidat du PRI ! Cela ne suffisant pas, alors le président actuel, Filipe Calderon du PAN, a enfreint la traditionnelle neutralité du président en fonction en période électorale et a fait deux sorties pour appeler à tout faire pour ne pas permettre que gagne López Obrador du mouvement progressiste.
Le 11 mai dernier marque un moment très important dans la présente campagne électorale avec l'entrée en scène de la jeunesse mexicaine dans la campagne électorale. En effet cette journée là le candidat du PRI, Enrique Peña Nieto, s'est vu fortement répudié par les étudiants de l'université Iberoaméricaine venus manifester contre les actes de répression criminelle du candidat du PRI envers la population de la ville de Atenco en 2006. Lors de cette répression, la police envoyée par Peña Nieto, alors gouverneur de l'État de Mexico, a assassiné deux jeunes, violé 26 femmes et emprisonné des centaines de personnes qui s'opposaient à la destruction de leur ville pour la construction d'un aéroport. À partir de ce jour de la campagne électorale, la jeunesse mexicaine est entrée en action formant son mouvement appelé Yo Soy 132 (je suis le 132)[1]. Dans une assemblée à laquelle ont participé des étudiants de 54 universités publiques et privées, ces derniers ont adopté des résolutions exigeant entre autres choses des procès politiques contre le président actuel, Filipe Calderón, contre Enrique Peña Nieto et contre la très corrompue leader du syndicat national de l'éducation, Elbe Esther Gordillo fondatrice du Parti Nouvelle Alliance.
Au cours des récentes semaines, la jeunesse a joué un rôle très positif à travers tout le pays en exigeant l'équité dans les médias de communication et opposant avec beaucoup d'énergie la désinformation de Televisa, principale chaîne mexicaine de télévision privée. Rejetant avec force le parti pris ouvert de Televisa pour le candidat du PRI, Peña Nieto, les jeunes ont organisé des marches dans plusieurs villes du pays et un débat indépendant des candidats, réunissant des centaines de milliers de jeunes. De plus ils se sont inscrits par milliers comme observateurs électoraux afin de contribuer à démasquer les fraudes que tous savent être déjà planifiées par les partis des riches.
Fort de l'expérience de 2006, les forces progressistes, aidées de la jeunesse, mettent à jour très rapidement les activités frauduleuses des partis de la bourgeoisie pour acheter les votes ou manipuler les listes électorales dans toutes les circonscriptions du Mexique. Ainsi alors qu'il ne reste que quelques jours avant le vote, une plainte a été déposée au bureau du procureur général de la République contre le candidat du PRI, Peña Nieto, pour utilisation illégale de fonds provenant de l'étranger dans sa campagne électorale. Le stratagème voudrait que son organisation ait déposé une somme de 54 millions de dollars dans une banque américaine et que les organisateurs de ce parti aient à leur disposition des cartes de crédits leur permettant de sortir l'argent nécessaire pour acheter les votes par milliers. Or, le chat est sorti du sac lorsqu'un propriétaire d'une entreprise de communication américaine est venu réclamer les millions promis par le PRI dans un contrat signé avec lui valant justement 54 millions de dollars. Dans le même temps plusieurs membres de la mafia, des narcotrafiquants et fraudeurs économiques amis proches du candidat du PRI, se retrouvent en ce moment devant la justice.
D'autre part apparaissent des indications très claires que de nouveau se prépare une fraude électorale. En effet, dans diverses régions du pays sont apparus des bulletins d'inscription en double dans les listes de l'Institut fédéral électoral (IFE), de sorte à faire croître la quantité d'électeurs de la campagne de sept fois celle des villes, alors que la migration de la population de la campagne vers les villes est exactement à l'inverse. Cela est sans compter l'achat éhonté des votes et la propagande mensongère et calomnieuse que ne freine pas l'IFE. D'ailleurs, ce dernier ne fait que jurer à qui mieux-mieux qu'il n'y aura pas de fraude cette fois-ci, s'entêtant à exiger des candidats l'acceptation, sans condition ni appel, des résultats tels que déterminés par l'IFE le jour des élections.
Malgré tout cela, le peuple mexicain et sa jeunesse en particulier ne se laisse pas décourager et accentue ses actions à travers le pays afin d'assurer la victoire des forces progressistes. De plus le mouvement de la jeunesse « Yo Soy 132 » a pris l'engagement que peu importe les résultats du 1er juillet, elle allait poursuivre son action politique intense pour que se réalisent les changements démocratiques à la faveur de tout le peuple mexicain.
Notons que pour cette élection du 1er juillet plus de 3 500 000 jeunes entre 18 et 19 ans voteront pour la première fois à une élection présidentielle. Plus de la moitié des citoyens ayant droit de vote le 1er juillet ont entre 18 et 39 ans, représentant plus de 43 millions de personnes sur un total de 79 500 000 d'électeurs inscrits, soit 55 % de la population votante.
1. « Yo Soy 132 » est un mouvement de jeunes qui a été formé à la suite des accusations du candidat du PRI Enrique Peña Nieto qui affirmait que les étudiants venus l'accueillir à l'Université iberoamericaine qui critiquaient son parti au son de slogans comme « Hors d'ici ! » lors de son passage le 11 mai n'étaient pas de véritables étudiants de l'université mais des sympathisants du mouvement progressiste d'AMLO. Les étudiants ont rejeté cette basse accusation et 131 d'entre eux sont apparus sur une vidée montrant leur carte étudiante comme preuve d'inscription en comptant : « je suis le numéro 1 », « je suis le numéro 2 », « je suis le numéro 3 »... jusqu'à 131 pour ensuite demander qui est le 132. Le jour même des dizaines de milliers de jeunes se réclamaient le 132e sur twitter (« Yo soy 132 ») et le mouvement s'est développé jusqu'à inclure maintenant des centaines de milliers d'étudiants et de jeunes travailleurs.
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