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Numéro 76 - 22 juin
2012
Vendredi 22 juin
Tous et toutes à la
Journée nationale d'actions!
Québec - 14 h
Devant l'Assemblée nationale

Information: Facebook
Montréal
-
14
h
À la Place du Canada

Information:
Facebook
• Les
étudiants continuent leur mobilisation et préparent le 22
juin
• La FECQ exige du gouvernement qu'il
règle le conflit
• Des représentants de la FEUQ
invités par des organisations étudiantes et syndicales
à Vancouver
• La CLASSE manifeste à Rio
• Opposition au nouveau règlement
encadrant les manifestations à Québec
• D'autres organisations prennent position
contre la loi 78
• Les manifestations en appui aux
étudiants et contre la loi 78 se poursuivent
Les étudiants poursuivent leur mobilisation
et préparent le 22 juin
Les étudiants et leurs allés ont
mené plusieurs actions à l'approche des manifestations du
22 juin. Sur Facebook, on a invité la population dans plusieurs
villes du
Québec à sortir dans la rue pour une semaine de
manifestations régionales à travers le Québec du
16 au 22 juin pour dénoncer la loi 78 et la hausse des
frais de scolarité. L'invitation souligne
que « cet été,
le mouvement doit devenir synonyme de changement ! Profitons des
vacances estivales pour sortir en famille avec nos casseroles et
dénoncer les mesures antisociales du gouvernement
libéral!»
À Québec, les préparatifs vont bon
train. Le 20 juin plus de 6000 personnes avaient affiché sur
Facebook leur intention de participer à la manifestation du 22
juin. Selon Louis-Phillipe Boulianne, un des organisateurs du
rassemblement, il y aura beaucoup plus de participants. « Au sein
du mouvement, le mot
est vraiment passé qu'il y a une manif à Québec
vendredi. Il y a beaucoup de gens qui descendent de Montréal et
de partout au Québec. »
Il estime que le
nouveau règlement
institué par la Ville de Québec pour décourager et
encadrer les manifestations le soir va inciter encore davantage la
population à marcher dans les rues de Québec. « Le
règlement municipal, c'est comme une loi 78 2.0, dit-il. C'est
clair que ça galvanise beaucoup les gens.»
Le 17 juin, la Fédération étudiante
universitaire du Québec (FEUQ) terminait son 155e
congrès. «Ce sont des étudiants motivés et
déterminés à poursuivre la lutte contre la hausse
des frais de scolarité qui en sont sortis», souligne le
communiqué émis pour l'occasion.
Le plan d'action de la Fédération a
été établi « pour s'assurer que les
propositions de la jeunesse vont être mises de l'avant et pour
s'assurer que les libéraux ne seront pas réélus,
pour arriver à atteindre notre objectif de contrer la hausse des
droits de scolarité », a précisé la
présidente de la FEUQ, Martine
Desjardins.
« Il est clair
que le premier ministre Charest
veut profiter de la crise qui a cours avec les étudiants pour se
faire réélire. S'il pense que l'été va
calmer la colère des étudiants, il se trompe largement.
Nous serons présents durant l'été pour parler aux
gens. Et si le gouvernement libéral veut croiser le fer avec les
étudiants dans le cadre d'une campagne électorale, nous
serons prêts », promet Martine Desjardins.
« On n'a pas cessé de parler de la casse et
de la violence. Il faut revenir aux raisons mêmes qui ont
provoqué le conflit. Une hausse radicale et unilatérale
des frais de scolarité envers des étudiants qui sont
déjà fortement endettés et qui travaillent plus de
19 h à temps plein durant leurs études. Une attaque
directe
envers les étudiants et leurs familles », rappelle-t-elle.
« Ce gouvernement croule sous la corruption et
où les allégations de collusion se multiplient. Pendant
qu'il gaspille l'argent des contribuables au profit des amis du parti,
ils augmentent les tarifs et les frais de scolarité. Il a bien
raison de craindre les étudiants, car nous répondrons
présents aux prochaines élections »,
termine la présidente de la FEUQ.
La CLASSE prépare des conférences qui
pourraient se tenir dans
des salles communautaires un peu partout au Québec, pour
promouvoir l'idée d'une grève sociale qui rallierait
travailleurs, étudiants et organismes communautaires
à des dates ponctuelles. La co-porte-parole de la CLASSE,
Camille Robert, ajoute
que l'association étudiante veut essayer une nouvelle forme de
mobilisation qui impliquerait l'ensemble de la population.
Lors d'un point de presse tenu en matinée du 18
juin, la FECQ a lancé un ultime appel à la
médiation. « Devant l'échec
répété des négociations et le retrait par
le gouvernement de sa propre offre, il devient évident que seul
un processus neutre et crédible tel que la médiation
permettrait aux deux partis d'orchestrer une réelle sortie de
crise », affirme Éliane Laberge, présidente de la
FECQ. « Au-delà de la loi 78 ou
d'élections, seule une entente négociée permettra
de mettre fin à cette crise sans précédent. Il est
de la responsabilité du premier ministre de s'asseoir à
nouveau avec les étudiants, mais cette fois, avec l'aide de
médiateurs chevronnés et d'y rester »,
poursuit-elle, disant souhaiter que le Barreau du Québec
ou l'Institut de médiation et d'arbritage du Québec
(IMAQ) puisse chapeauter le processus.
À Kamloops en Colombie-Britannique, les
étudiants tiendront un rassemblement le 22 juin à 17 h
devant les bureaux de la députée Cathy McLeods. Pour
l'organisateur de l'événement, Chris Albinati, «
les étudiants du Québec sont devenus le visage d'un
mouvement social qu'on voyait venir depuis fort longtemps.
Les frais de scolarité et la dette étudiante sont
simplement devenus un enjeu qui reflète un large sentiment de
frustration face à une économie et à
l'échec des gouvernements à tous les niveaux à
placer le peuple avant les profits. »

La Fédération étudiante
collégiale du Québec
exige du gouvernement qu'il règle le conflit
La Fédération
étudiante
collégiale du Québec (FECQ) a fait connaître le 20
juin les résultats d'un sondage dans lequel 71% de la population
pense que le gouvernement devrait accepter la demande de
médiation des étudiants. « M. Charest tient un
discours contradictoire. Il se targue de prendre des décisions
responsables,
mais il se montre fermé au processus de médiation qu'une
forte majorité de la population appuie et qui permettrait de
mettre fin à une crise qui perdure depuis quatre mois »,
dit Éliane Laberge, présidente de la FECQ. Sur la
question des prochaines élections, elle ajoute: « Le
gouvernement se retrouve face à deux
choix: celui de régler la crise étudiante ou de se servir
de celle-ci à des fins politiques et électorales. Nous
invitons M. Charest à régler le conflit plutôt que
de déclencher des élections sur un fond de crise. »
Le gouvernement répond absent à l'appel
des étudiants
Après un ultimatum de
72 heures, le gouvernement
de Jean Charest répond négativement à l'appel des
étudiants à entreprendre la voix de la médiation
pour mettre fin au conflit étudiant, dit la FECQ dans un
communiqué du 21 juin. Pour la
FECQ, cette réponse démontre de la volonté du
Parti libéral du Québec de faire perdurer volontairement
le conflit étudiant à des fins politiques. «
Comment M. Charest peut-il parler de responsabilité quand son
gouvernement claque la porte des négociations et qu'il refuse
ensuite un processus crédible pouvant mettre
fin à la crise? Si le gouvernement ne prend pas la
responsabilité de régler le conflit, je me demande bien
qui pourra le faire », questionne Éliane Laberge,
présidente de la FECQ.
Rappelons que le 18 juin, la FECQ faisait un appel
à la médiation, seule solution selon elle pour mettre fin
au conflit que traverse le Québec depuis plus de quatre mois.
Malgré cette fermeture, la FECQ garde le cap.
Elle promet que la mobilisation et les actions de sensibilisation se
multiplieront au cours de l'été. Par ailleurs,
l'exécutif national de la FECQ sera en Lac à
l'Épaule afin de peaufiner son plan d'action estival et sa
stratégie pour la reprise des cours. Plus de détails
seront ainsi dévoilés le 29 juin. « Malgré
les vacances, la saison estivale sera très active. On peut
s'attendre à un été étudiant. Nous invitons
d'ailleurs tous les citoyen à se mobiliser contre la hausse des
frais de scolarité, mais aussi contre la fermeture du
gouvernement quant à la recherche de solution pour mettre
fin au conflit », poursuit Mme Laberge.

Des représentants de la FEUQ invités par
des organisations étudiantes et syndicales à Vancouver
Martine Desjardins et Yannick
Grégoire,
présidente et vice-président exécutif de la
Fédération étudiante universitaire du
Québec (FEUQ), se sont rendus à Vancouver à
l'invitation de la Fédération canadienne des
étudiants et la Fédération du travail de la
Colombie-Britannique, le mercredi 19 juin. L'objectif de
la rencontre, tenue à la Bibliothèque publique de
Vancouver, était d'échanger sur les expériences
des luttes étudiantes et de la mobilisation dans les deux
provinces, dans le contexte de l'opposition aux politiques antisociales
des gouvernements. « J'ai voulu expliquer comment les
associations étudiantes sont parvenues
à engendrer cette mobilisation. Par exemple, le fait d'avoir
établi un plan d'action et de l'avoir suivi à la lettre
nous a grandement aidé. Cela dit, beaucoup
d'éléments qu'on ne contrôle pas ont
amplifié ce mouvement. Les erreurs du gouvernement ont souvent
réanimé la colère des Québécois :
les déclarations du
premier ministre, la Loi 78 [...] », a dit Martine Desjardins
dans son intervention à la rencontre.
Katie Marocchi, représentante de la
Fédération canadienne des étudiants, a quant
à elle souligné qu'il a y des leçons à
apprendre du mouvement étudiant du Québec. « Nous
avons des campagnes contre l'augmentation des frais de
scolarité, la réduction du financement de base et sur la
question des bourses. Nos
membres participent aux soirées de casseroles [...] La situation
au Québec est aussi sur la question de défendre nos
droits et la liberté de parole. » Elle a dit aussi que son
organisation pouvait profiter de l'expérience du Québec
pour « renforcer sa capacité à organiser. »
Sur la question des actions à venir, Martine
Desjardins a expliqué que la FEUQ prépare un plan
d'action en cinq temps pour les cinq semaines des élections
provinciales, comme localiser ses actions dans une dizaine de
circonscriptions, dont celle de Michelle Courchesne dans la
région de Québec, où les députés
ont une plus faible majorité.
En ce qui concerne les actions des prochains jours, elle
a dit: « Nous attendons la réponse du gouvernement
à l'ultimatum de 72 heures lancé lundi, qui lui demande
d'accepter un processus de médiation d'ici demain. En attendant,
comme il n'y a plus de cours, on ne mobilise plus les gens sur les
campus, on
va plutôt chercher de la visibilité dans les festivals. On
va profiter du Festival de Jazz et de Juste pour rire, comme nous
l'avons fait pour les FrancoFolies. Nous allons aussi participer
à certaines activités de la Saint-Jean. Nous serons aussi
de la manifestation de vendredi, qui sera une autre importante
manifestation
du 22. »
Les étudiants ont par ailleurs reçu
l'appui de la Fédération des travailleurs de
Colombie-Britannique qui a adopté une résolution qui se
lit comme suit:
«Au moment où il est universellement
reconnu que ce qui est requis pour que notre nation
génère la richesse et permette à tous les jeunes
canadiens de participer à l'économie de demain est le
plus haut niveau d'éducation et d'habileté, il est
inacceptable pour n'importe quel gouvernement de réduire
l'accès aux
collèges et aux universités. Une éducation
abordable et accessible est la clef pour une société
libre et équitable où tous auront la pleine
possibilité de développer leur plein potentiel
indépendamment de leurs revenus.
«Nous nous joignons à nos frères et
soeurs à travers le Canada pour féliciter les
étudiants du Québec qui défendent ce qui est
juste, et lançons l'appel urgent au gouvernement du
Québec de négocier avec les étudiants
québécois pour mettre fin à cette grève, et
maintenir au Québec l'éducation abordable et accessible
pour tous.
«En réponse à la justesse des
actions des étudiants du Québec, le gouvernement du
Québec a passé une législation qui restreint le
droit des citoyens du Québec de s'assembler et de protester
librement. Nous condamnons cette action et appelons le gouvernement du
Québec à retirer la loi 78 et ses restrictions
inconstitutionnelles sur la liberté de rassemblement.»
(Photos:
francouver.ca)

La Coalition large de l'Association pour une
solidarité syndicale étudiante manifeste à Rio
La Coalition large de
l'Association pour une
solidarité syndicale étudiante (CLASSE) annonce sur son
site que le 20 juin, conjointement avec l'Association nationale
étudiante indépendante (ANEL) du Brésil, elle a
organisé une manifestation à Rio, devant l'hôtel de
Copacabana où logeait Jean Charest, en appui
à la lutte étudiante québécoise et contre
le loi 78. La manifestation, en marge du Sommet des peuples de Rio+20
pour la justice sociale et environnementale, a réuni plus de 200
personnes.
« Nous sommes ici pour rappeler à Jean
Charest que le développement durable passe par l'accès
à l'éducation, un environnement sain et le respect des
droits fondamentaux comme le droit à l'association et à
la manifestation », a déclaré Rushdia Mehreen,
déléguée de la CLASSE au Sommet des peuples.
« Jean
Charest doit se rendre compte que, peu importe où il ira dans le
monde, nous et nos alliés n'auront de cesse de lui rappeler
qu'il n'a pas à parader à l'international alors qu'il
saccage nos droits fondamentaux au Québec! », a-t-elle
ajouté.

Opposition à l'adoption d'un règlement
encadrant
les manifestations à Québec
LML dénonce fermement le
règlement municipal adopté par le conseil municipal de
Québec le 19 juin. Ce nouveau règlement encadrant les
manifestations et la présence dans les parcs criminalise les
jeunes. Très peu de citoyens ont eu la possibilité
d'être présents lors de la session extraordinaire du
conseil où le règlement a été
adopté. Ceux qui y étaient ont dénoncé le
fait qu'il leur était impossible de participer: les questions ne
pouvaient être posées qu'après le vote. Seuls trois
élus indépendants ont voté contre ces nouvelles
règles que la Ville voulait voir en vigueur avant la
manifestation du 22 juin et la
Saint-Jean-Baptiste le 24 juin. On pourrait aussi ajouter que ces lois,
comme le règlement anti-masque de la Ville de Montréal et
la loi 78 du gouvernement Charest, sont adoptées au moment
où, au Québec, la mobilisation contre les politiques
antisociales des différents paliers de gouvernement ne
s'arrête pas et que
planent les rumeurs d'élections provinciales d'ici quelques mois.
Le règlement «
sur la paix et le bon ordre
», adopté par la Ville de Québec et son maire,
Régis Labeaume, prévoit notamment des amendes variant
entre 150 $ et 1000 $ pour ceux qui camperont dans un parc municipal
entre 23h et 5h. Ce montant pourrait grimper à 2000 $ en cas de
récidive. Le règlement oblige
aussi les manifestants à fournir leur itinéraire à
l'avance, sans quoi une manifestation sera déclarée
illégale, comme c'est le cas depuis le début des
manifestations étudiantes. De plus, le règlement
interdira également la présence dans un attroupement sur
le domaine public de 23 h à 5 h.
Ce règlement soulève l'indignation de
plusieurs groupes sociaux. « Beaucoup d'organismes comme le
nôtre organisent chaque année des actions, des
manifestations spontanées. Ça se fait parfois dans le
cadre de campagnes électorales. On s'en va interpeller
directement des candidats et, évidemment, on ne s'annonce
pas d'avance à la police de Québec parce
qu'évidemment, notre action serait complètement
neutralisée », explique le porte-parole du Comité
populaire Saint-Jean-Baptiste, Mathieu Houle-Courcelle.
L'organisation a aussi affiché sur son site un
premier questionnement sur ce règlement. En voici un extrait
(les commentaires entre crochets sont du Comité populaire
Saint-Jean-Baptiste):
« RÈGLEMENT R.V.Q. 1959
RÈGLEMENT MODIFIANT LE RÈGLEMENT SUR LA
PAIX ET LE BON ORDRE RELATIVEMENT AUX MANIFESTATIONS,
ASSEMBLÉES, DÉFILÉS ET ATTROUPEMENTS
LA VILLE DE QUÉBEC, PAR LE CONSEIL DE LA VILLE,
DÉCRÈTE CE QUI SUIT :
1. L'article 1 du Règlement sur la paix et le bon
ordre, R.V.Q., 1091 est modifié par l'insertion, avant la
définition de « domaine public », de la suivante :
« « manifestation » : un
rassemblement, un attroupement ou un défilé de personnes
sur le domaine public qui expriment une opinion, un
mécontentement ou un soutien à une personne, un groupe de
personnes ou à une cause; ».
2. Ce règlement est modifié par
l'insertion, après l'article 19, des suivants :
« 19.1. Il est interdit à une personne
d'exercer sur le domaine public une activité mentionnée
ci-après sans avoir obtenu, au préalable, une
autorisation écrite de l'autorité compétente :
[Aucun délai n'est spécifié. Dans
l'arrondissement 1, le délai pour obtenir l'aide de la Ville
pour des activités «communautaires» est de trois
mois. Jusqu'à maintenant, il n'y avait pas de délai si on
ne demandait pas d'aide matérielle. Faudra-t-il avertir trois
mois à l'avance pour une activité communautaire
dans un parc (ex. : un BBQ) ?]
1° construire, ériger, installer,
déposer, maintenir, occuper ou faire construire, ériger,
installer ou déposer une structure, une tente ou toute autre
construction, équipement ou appareil servant ou pouvant servir
d'abri;
[Idem. Faudra-t-il obtenir l'autorisation trois mois
à l'avance pour installer un gazébo ?]
2° préparer, maintenir, allumer ou alimenter
un feu;
3° déposer, maintenir, ou utiliser un
appareil ou un élément appartenant à un appareil
alimenté habituellement par un combustible autre qu'un
combustible solide et servant ou pouvant servir à la cuisson des
aliments ou à se réchauffer;
[Idem. Faudra-t-il obtenir l'autorisation trois mois
à l'avance pour faire un BBQ, une cabane à sucre ou un
marché de Noël?]
Aux fins de l'application du présent article,
l'autorité compétente est l'instance décisionnelle
de la Ville de Québec, la personne ou le fonctionnaire
autorisé à exercer la compétence de la Ville
relative à l'occupation de la partie du domaine public
visée par la demande d'autorisation.
« 19.2. Il est interdit à une personne de
tenir ou de participer à une manifestation illégale sur
le domaine public. Une manifestation est illégale dès que
l'une des situations suivantes prévaut :
1° la direction du Service de police de la Ville de
Québec n'a pas été informée de l'heure et
du lieu ou de l'itinéraire de la manifestation;
[Aucun délai n'est spécifié. Il
arrive parfois, en campagne électorale par exemple, que les
délais soient très courts. Est-il raisonnable de croire
que «la direction du SPVQ» recevra les demandes
après 16h ou les fins de semaine ?]
2° l'heure, le lieu ou l'itinéraire de la
manifestation dont a été informé le Service de
police n'est pas respecté;
3° des actes de violence ou de vandalisme sont
commis.
« 19.3. Il est interdit de se trouver dans un parc
entre 23 heures et 5 heures le lendemain.
[Cet article vise qui au juste, les protestataires ou
les personnes en situation d'itinérance?]
« 19.4. Il est interdit de participer ou
d'être présent à un attroupement sur le domaine
public entre 23 heures et 5 heures le lendemain.
[Cet article vise qui au juste, les protestataires ou
les fêtards ? Sera-t-il interdit de relaxer en groupe sur les
places publiques, par exemple Place d'Youville, les soirs
d'été passé 23h ?]
« 19.5. Il est interdit de gêner la
circulation des citoyens sur un trottoir, une place publique ou un
passage piétonnier ou de les priver de l'utilisation normale
d'une partie du domaine public. ».
[Cet article vise qui au juste, les protestataires ou
les habitués du parvis de l'Église Saint-Roch et de la
Place Jacques-Cartier ? Qui écopera le plus, les militants
étudiants ou les jeunes de rue ?] »
Alors que se tenait le conseil municipal, des dizaines
de personnes, dont des étudiants arborant le carré rouge
et des représentants de groupes sociaux, se sont introduits dans
la salle pour démontrer leur opposition à cette mesure
répressive. Après que la police eut évacué
les manifestants, ceux-ci ont poursuivi
leur action d'opposition dans les rues de la ville. Rapidement, les
policiers ont déclaré leur rassemblement illégal.
Après avoir encerclé les manifestants et sans donner
d'ordre de dispersion, les policiers ont procédé à
l'arrestation de 21 d'entre eux, vers 15 h 30, sur la rue Saint-Jean.

D'autres organisations prennent
position contre la loi 78
L'opposition à la loi
78 du gouvernement Charest
se pousuit. Le lundi 18 juin, à l'ouverture de la 20e session du
Conseil des droits de l'homme, Navi Pillay, haute-commissaire aux
droits de l'homme de l'ONU, s'est dite « alarmée »
par la situation au Québec, en raison de l'adoption de la loi
spéciale 78 et de
son encadrement strict du droit de manifester.
« Des gestes restreignant le droit de
rassemblement continuent de m'alarmer, comme c'est le cas dans la
province de Québec au Canada dans le contexte des manifestations
étudiantes », a-t-elle affirmée.
Ces derniers jours, quatre organisations du
Québec et du Canada ont aussi fait connaître publiquement
leur opposition à cette loi et leur appui au mouvement
étudiant.
École de service social de l'Université
de Montréal
Le 12 juin, l'École de service social de
l'Université de Montréal a adopté la
résolution suivante contre la loi 78 lors de son
assemblée départementale extraordinaire:
« Considérant que :
- la transmission de savoirs académiques ne peut se faire sous
contrainte;
- l'enseignement universitaire repose sur le libre exercice de la
pensée critique;
- la confiance est le socle de la relation pédagogique des
professeurs avec les étudiants;
- l'Université de Montréal et sa direction ont à
coeur le bien-être de l'ensemble de la communauté
universitaire et l'instauration d'un climat favorable à
l'enseignement;
- la loi 78 menace ces conditions essentielles de l'enseignement en
milieu universitaire;
- la loi 78 impose un rôle de délateur aux professeurs et
rend impossible l'exercice de notre profession dans des conditions de
sérénité et la « mission d'excellence
» de notre université;
- la loi 78 confond délibérément et faussement
« accessibilité des établissements » et
« accessibilité à l'éducation
supérieure »;
- la loi 78 restreint l'exercice de certains droits fondamentaux des
enseignants, des étudiants et des citoyens;
- la loi 78 a un effet nuisible pour la santé physique et
mentale, exprimé de façon récurrente et alarmante
par les enseignants, le personnel non enseignant et les
étudiants.
« L'assemblée départementale de
l'École de service social demande au recteur d'exiger de la part
du gouvernement le retrait de la loi 78 et la conclusion d'une entente
négociée avec toutes les associations étudiantes,
satisfaisante pour toutes les parties en cause incluant les
enseignants, afin de permettre la reprise
des cours. »
Le Syndicat des travailleurs et travailleuses des
postes (STTP),
section locale 460
Lors d'une rencontre de presse le 12 juin dernier, Mark
Dogget, porte-parole de la section locale 460 du STTP a dit: « Le
Syndicat des postes a décidé de prendre position à
la suite de la promulgation de la Loi 78
qui enlève à tout individu le droit de se mobiliser et de
revendiquer. Tous les citoyens sont touchés par cette loi. Il
est inconcevable que les gouvernements (en faisant allusion aussi au
fédéral) agissent comme des dictateurs. »
Il a ajouté que des employés de Postes
Canada avaient été suspendus pour avoir porté le
« carré rouge » à Vaudreuil-Dorion et
à Baie-Comeau.
«Tout le monde devrait avoir accès au
savoir et on devrait encourager les gens à aller à
l'université. Ce n'est pas aux jeunes à payer pour les
plus vieux. L'accessibilité au savoir aide à
réduire l'écart entre les riches et les pauvres dans la
société», mentionne pour sa part Richard Martin,
délégué syndical au STTP.
Association des groupes d'intervention en
défense des droits
en santé mentale du Québec et le Regroupement des
ressources
alternatives en santé mentale du Québec
Réunies en assemblée
générale annuelle le 13 juin, l'Association des groupes
d'intervention en défense des droits en santé mentale
du Québec (AGIDD-SMQ) et le Regroupement des ressources
alternatives en santé mentale du Québec (RRASMQ) ont
adopté une résolution demandant le retrait
immédiat de la loi 78 et donné leur appui aux
revendications du mouvement étudiant contre la hausse des frais
de scolarité.
Cette résolution a été
adoptée solidairement,considérant que les objectif et les
dispositions de la loi 78 affectent tous les citoyens, incluant les
personnes vivant ou ayant vécu un problème de
santé mentale.
Dans une société de droit comme
prétend l'être le Québec, les deux regroupements
estiment que les objectifs et les dispositions de la loi 78 sont
inacceptables parce que :
« Ils s'attaquent à des droits et
libertés qui sont au coeur de la démocratie
(liberté d'expression, droit d'association et de manifestation);
Ils nient des droits reconnus par les chartes canadienne
et québécoise des droits et libertés
(d'association, de conscience, d'opinion, d'expression et de
réunion pacifique);
Ils accordent un pouvoir arbitraire aux policiers;
Ils attaquent le droit d'association des
étudiants par des sanctions excessives et
démesurées;
Ils abolissent le droit de grève des
étudiants;
Ils donnent au Ministre de l'Éducation le pouvoir
exorbitant d'ordonner aux établissements d'enseignement, par
simple décret, de cesser de percevoir les cotisations des
associations étudiantes;
Ils visent à attaquer les citoyens plutôt
qu'à les protéger; à dissuader toute personne qui
voudrait faire entendre sa voix avec d'autres dans le cadre d'un
débat public;
Ils visent à mettre fin au débat social
sur le droit à l'éducation et sur la hausse des frais de
scolarité et à tout mouvement de protestation sociale
visant à contester des orientations politiques en toute
matière. »
Guilde canadienne des médias
Réunis en congrès biennal le 10 juin
dernier, les délégués de la Guilde canadienne des
médias (GCM), ont donné leur appui au mouvement populaire
contre la Loi 78 au Québec.
« Les travailleurs canadiens ont besoin du droit
de se syndiquer, de se rassembler et de s'exprimer», affirme
Carmel Smyth, présidente nationale de la GCM. « Nous
traversons une période critique au Canada. Si nous restons
silencieux, nous perdrons nos droits dans nos milieux de travail, et le
droit de nous exprimer
dans la rue et dans nos communautés. »

Les manifestations quotidiennes en appui aux
étudiants et contre la loi 78 se poursuivent
Les étudiants et leurs allés ont
mené plusieurs actions à l'approche des manifestations du
22 juin. À Montréal jeudi il y a eu la 59e marche
nocturne. À chaque soir la manifestation est
déclarée illégale par le Service de police de la
Ville de Montréal (SPVM) mais les étudiants et supporters
continuent de marcher
par centaines et de scander leurs revendications à la
population, avec le rendez-vous habituel à 21 h à la
Place Émilie-Gamelin.
Mercredi une centaine de manifestants qui participaient
à la 56e marche nocturne sont allés à la rencontre
de la foule qui quittait le Théâtre Saint-Denis à
la fin du spectacle des humoristes indignés contre la loi 78.
Deux cent spectateurs se sont joints à la manifestation.
Le spectacle des humoristes indignés a
été un franc succès et en a déridé
plus d'un. François Massicotte a évoqué «
l'arrogance » de Jean Charest : « On dirait qu'il va vomir
quand il dit le mot étudiant ». Avant d'affirmer qu'on a
inventé une casserole pour Mme Courchesne : « la
poêle T-folle »
Daniel Lemire a dit que les policiers n'ont pas compris
comment utiliser le système métrique, soit « la
différence entre maîtriser quelqu'un et lui varger dessus
». Claudine Mercier a dit du premier ministre : « Il est
pour le développement durable, c'est pour ça que le
conflit étudiant, il dure, il dure... »
Mercredi soir à Victoriaville, plus d'une
centaine de personnes, non seulement des étudiants, mais aussi
des enseignants, des retraités, des citoyens de tous horizons
ont répondu à l'invitation de l'Association
générale des étudiants et étudiantes du
cégep de Victoriaville (AGEECV) et de la FECQ en participant
à une marche dans les rues au son des casseroles
« Le but, c'est de montrer qu'on se mobilise, une
fois de plus, même si c'est l'été, contre la hausse
des droits de scolarité, la loi 78 et contre toutes les mesures
antisociales instaurées par le gouvernement libéral de
Jean Charest, a expliqué le président de l'AGEECV Xavier
Hegetschweiler. On veut dénoncer ces
mesures. Donc, on continue, même en été, à
se mobiliser et à poser des actions. La manifestation de ce soir
s'inscrit dans une série de 15 manifestations au Québec,
chapeautées par la FECQ. »
S'adressant à
la foule, le représentant de
l'AGEECV a rappelé le but de la manifestation. «
Victoriaville se mobilise pour montrer sa colère envers les
mesures adoptées par le gouvernement libéral, la loi 78,
la hausse des droits de scolarité et toute la corruption dans
toutes les sphères, c'est inacceptable », a-t-il
lancé.
« Nous démontrons, par ces manifestations,
que la mobilisation se poursuit, même en période estivale,
a renchéri Éliane Laberge, présidente de la FECQ,
et même si le gouvernement semble complètement
fermé. Nous, les étudiants, et plusieurs citoyens, nous
continuons à dire au gouvernement que nous sommes
contre la hausse des droits de scolarité et contre la
façon dont il a géré cette crise-là. »
« Le gouvernement devrait passer moins de temps
à faire de la publicité et prendre davantage de temps
à discuter avec la jeunesse, à discuter avec les
étudiants pour en arriver à une résolution du
conflit. Il s'agirait d'un comportement digne d'un bon gouvernement
», a soutenu Éliane Laberge.
La présidente de la FECQ a remercié les
participants. « Merci d'y être. C'est super important de
voir que, non seulement des étudiants, mais des citoyens de tous
âges et de toutes origines se mobilisent. Mille mercis », a
dit Éliane Laberge.
Elle a observé
que les étudiants se font
pointer du doigt. « On se fait dire que nous sommes seuls, qu'il
n'y en a que quelques- uns qui pensent qu'une hausse des droits de
scolarité n'est pas une bonne idée. Le gouvernement
devrait écouter sa jeunesse », a- t-elle signalé.
Une manifestation comme celle-ci, selon
elle, démontre bien au gouvernement que « ce n'est pas
vrai que les citoyens demeureront assis sur leur « steak »
en regardant les autres décider à leur place ».
« Ces manifestations, a-t-elle conclu,
créent un moment propice pour discuter. Cela démontre
qu'on peut échanger, qu'on a le droit d'avoir des idées.
Cela, il faut le garder en soi et cela nous suivra toute notre vie, car
on en vivra d'autres moments. »
Mardi le 19 juin, invoquant le fait que des
pièces pyrotechniques avaient été allumés,
le SPVM a procédé à l'arrestation de deux
manifestants avant le départ. Le responsable du SPVM a dit :
« Si les gens ne quittent pas, vous allez être tous
arrêtées. » Ce qui n'a pas empêchée la
tenue de la manifestation dans
les rues du centre-ville.
Lees employés de la Grande bibliothèque de
Montréal, sans contrat de travail depuis un an, ont
profité des actions qu'ils mènent à la chaque
mardi pour défendre leurs conditions de travail pour manifester
contre l'interdiction de leur employeur de porter le carré
rouge. Dans une lettre envoyée au PDG de la Grande
Bibliothèque, Guy Berthiaume, président du syndicat, dit:
« Le respect des uns (les usagers) doit-il nécessairement
passer par le silence des autres (vos employés)? Trop souvent
dans ce monde le silence a causé violence et oppression. [...]
Notre voix est désormais réprimée de toute part :
35 heures par semaine sur
notre lieu de travail suite à vos consignes, dans nos rues par
la police, dans les médias de masse qui l'ostracisent, dans les
médias sociaux avec la loi 78. Nous sommes au bord de
l'asphyxie! » Il dénonce le fait que « Depuis
quelques jours, les chefs de service demandent à ces
employés - de manière non officielle
- de ne plus porter ce carré rouge, car ils ne respecteraient
pas l'obligation de neutralité qu'implique le service à
la clientèle dans une institution gouvernementale », et
ajoute: « Mais devons-nous reculer, oublier notre identité
sous couvert de neutralité dès lors qu'un sujet de
société a été décrété
comme suspect par
une idéologie qui est au pouvoir et qui contrevient aux droits
et traités internationaux ? »
 
Manifestation des employés de
la Grande
bibliothèque, 19 juin
À Montréal, une centaine de
manifestants ont amorcé la 56e marche nocturne, le 18 juin. Vers
22 h 30, ils ont rencontré la foule qui quittait le
Théâtre Saint-Denis à la fin du spectacle de la
Coalition des humoristes indignés contre la loi 78. Deux cent
d'entre eux se sont joint à la manifestation.
Le vendredi 15 juin, les membres du groupe de rap Loco
Locass ont invité leurs spectateurs à venir avec leurs
casseroles pour manifester leur appui au mouvement étudiant,
lors de leur spectacle à l'occasion des Francofolies de
Montréal. Ils avaient aussi convié les
représentants de la Fédération étudiante
collégiale
du Québec, de la Fédération étudiante
universitaire du Québec et de la Coalition large pour une
Association syndicale étudiante à partager la
scène avec eux pour faire un discours. Sur scène, un des
chanteurs du groupe a expliqué qu'on leur avait imposé,
suite aux pressions exercées sur les organisateurs des
Francofolies,
que les leaders étudiants ne pouvaient prendre la parole. En
guise de réponse, le groupe a alors demandé aux
dirigeants du mouvement étudiant de se joindre à lui pour
la populaire chanson « Libérez-nous des libéraux
», sous une ovation monstre de la foule. Selon les organisateurs
de l'événement, il s'agirait de la
plus grosse soirée de l'histoire du festival. Des milliers de
personnes ont ensuite quitté le site du spectacle pour prendre
part à la 53e édition de la manifestation nocturne.
Saint-Jean-sur-Richelieu

Rimouski / Coaticook

Québec, Limoilou
Le
Front
régional
d'action à Québec de l'association
pour une solidarité syndicale étudiante
(FRAQ-ASSÉ), et la Confédération des
étudiants et étudiantes de l'Université Laval
(CADEUL) ont organisé une manifestation familiale le
samedi 16 juin. Le rassemblement avait lieu à 13 h, au Cegep
Limoilou.
Émilie
Tremblay,
porte-parole
du
FRAQ-ASSÉ,
a
dit
que c'était un
rendez-vous « de toutes les personnes qui
se sentent concernées par l'éducation et par la
défense de nos principes fondamentaux. »
 
Joliette
Le
16
juin
à 16 h 30, des centaines de personnes se sont
rassemblées Place Bourget, à Joliette. « Nous avons
le devoir de montrer au Québec que les gens habitant en
région sont également outrés par
l’austérité d’un gouvernement corrompu », mentionne
Julien Dubreuil-Théberge, citoyen initiateur de l'action et
co-porte-parole du Front d’action pacifique de défense des
droits et libertés (F.A.P.D.D.L.).



Trois-Rivières
Près
de
300
participants ont répondu à l’appel des
associations étudiantes afin de manifester dans les rues du
centre-ville de Trois-Rivières samedi après-midi.
«Il
y
a
plusieurs
buts à
cette manifestation. En plus de la hausse des frais de
scolarité, le débat se transforme tranquillement vers un
ras-le-bol généralisé de population en raison de
la corruption, de la démocratie déficiente et de
l’éducation en général», signale William
Charbonneau, organisateur de la manifestation.
«Les
citoyens
veulent
se
rassembler
non seulement contre la hausse des droits de scolarité, mais
aussi contre la Loi 78 et la corruption entourant le gouvernement
libéral», ajoute Ann-Julie DuRocher,
vice-présidente aux affaires sociopolitiques de l'Association
générale des étudiants de l’Université du
Québec à Trois-Rivières (UQTR).



(Photos:
LML,
N.
Phébus, M. Sylvestre, J. Lavoie, Boîte Rouge, Eva
Blue,WordPress)

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